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Crânes, cerveaux et têtes moulées. Penser les collections scientifiques des empires (fin XVIIIe-milieu XXe siècle)

Introduction

Klara Boyer-Rossol et Lucia Piccioni
p. 9-23

Texte intégral

  • 1 Mandressi, 2011.
  • 2 Pogliano, 2020.
  • 3 Poskett, 2019.
  • 4 Duda, 2018.

1Dès la fin du xviiiᵉ siècle et au moins jusqu’au début du xxᵉ siècle, la multiplication des voyages d’exploration et l’accélération de l’expansion coloniale à travers le monde se sont accompagnées d’une collecte inédite de données concernant le corps humain. L’attrait des sciences pour les corps s’est manifesté par une approche à la fois comparatiste et expérimentale, à un moment où les frontières entre la médecine, l’histoire naturelle et l’anthropologie physique étaient encore perméables. Dans ce contexte, la tête a focalisé l’attention des savants : on analysait ses principales composantes, c’est-à-dire le cerveau, la boîte crânienne, ainsi que le visage. Considéré depuis l’Antiquité comme le siège de l’intelligence, de l’âme et des émotions1, le cerveau faisait l’objet d’analyses qui atteignirent leur apogée entre 1850 et 1900, parallèlement au développement des théories sur la race2. L’étude de la forme du crâne fut théorisée au xviiie siècle par Franz Joseph Gall (1758-1828), fondateur de la phrénologie (étude des bosses du crâne), et s’est longtemps maintenue à travers la craniologie (étude du poids du cerveau, de l’indice céphalique, etc.). La craniologie a été considérée comme une branche de l’anthropologie physique et en a constitué les fondements théoriques en Europe et aux États-Unis3. Dès le début du xixᵉ siècle, des phrénologues comme Pierre Marie Alexandre Dumoutier (1797-1871) se sont emparés de la technique du moulage pour réaliser in vivo des empreintes faciales des populations rencontrées lors de voyages d’exploration afin d’en reproduire de manière tridimensionnelle la morphologie et de restituer la couleur de leur peau4.

  • 5 Blanckaert, 2003.
  • 6 Reynaud-Paligot, 2015.

2Le corps humain se trouvait pris au centre d’une constellation de théories pseudo-scientifiques telles que la physiognomie, la phrénologie et la craniologie, dans un contexte de débat sur les origines de l’espèce humaine. L’abolition progressive de la traite des esclaves et de l’esclavage a été concomitante de l’essor de la « science des races5 ». Alors que celle-ci faisait converger, durant la première moitié du xixᵉ siècle, divers courants de pensée (des plus réactionnaires à des courants plus progressistes), la raciologie de la seconde moitié du xixᵉ siècle s’est rigidifiée, dans un contexte d’affirmation des identités nationales des États occidentaux6. En établissant des hiérarchies entre des prétendues « races » humaines et en les essentialisant, le racisme scientifique a favorisé la construction d’altérités radicales, dans un contexte d’exacerbation des identités au sein des nations occidentales et d’expansionnisme colonial à travers le monde. Les théories des raciologues ont été au moins en partie élaborées à partir de collections anthropologiques de crânes, cerveaux et moulages faciaux.

  • 7 Lange, 2016.
  • 8 Förster, 2016.

3Crânes, cerveaux et têtes moulées ont été récoltés à grande échelle, analysés puis stockés dans des musées d’histoire naturelle, de médecine, d’anatomie, d’anthropologie et de « cultures du monde » en Europe et aux États-Unis, où ils sont encore conservés aujourd’hui. Alors que la place et l’héritage de ces « collections sensibles7 » suscitent actuellement des débats, notamment autour de la question de leur restitution ou rapatriement8, ces collections ne sont encore pas bien considérées dans leur globalité ni dans leur historicité. Appréhendés de façon isolée, restes humains et objets sont souvent coupés de leurs sources d’identité et de provenance. Or, comme l’attestent les collections anthropologiques de crânes, cerveaux et têtes moulées, leur statut était parfois hybride et leurs trajectoires entremêlées.

4Ce dossier thématique se propose d’explorer un aspect négligé par les plus récentes études : la complémentarité de ces spécimens scientifiques. Nous proposons ainsi de les « penser » ensemble. Il s’agira notamment de comprendre les raisons qui ont motivé les savants à rassembler crânes, cerveaux et têtes moulées, de manière systématique ou sérielle, et d’étudier la circulation de ces collections, notamment dans les musées d’anthropologie. Le contexte de collecte de ces spécimens de collections scientifiques sera également interrogé.

  • 9 Harrison, 2012.
  • 10 Arzel, Foliard, 2020.
  • 11 Poskett, 2022.
  • 12 Bindman, 2002.

5Les crânes et autres restes humains saisis dans un contexte de colonisation peuvent être qualifiés de « dark trophies9 » ou de « tristes trophées10 ». Ce qui distingue toutefois les restes humains et les visages moulés d’autres butins coloniaux tient à leur caractère reproductible. La reproductibilité technique théorisée par Walter Benjamin (1892-1940) au sujet des œuvres d’art concerne également ces spécimens scientifiques dont les moulages en plâtre et en cire permettent la reproduction et la diffusion massives dans les musées d’anthropologie, et cela à une échelle globale11. Ces corpus forment ainsi un matériel d’étude commun aux anthropologues et font l’objet d’échanges et d’acquisitions internationaux. Les originaux ainsi que les duplicatas de crânes, de cerveaux et de moulages des visages forment des séries ordonnées selon une hiérarchie esthétique qui place l’idéal du corps occidental au plus haut et les autres populations considérées comme des contretypes au plus bas12.

  • 13 Sebastiani, 2019 ; Conklin, 2015 ; Barringer, Flynn (dir.), 1998.
  • 14 Stocking, 1985, p. 3.

6Comme d’importants travaux l’ont démontré, la formation de ces collections et la fondation des musées sont inextricablement liées à l’expansion coloniale et s’articulent à des questions identitaires et raciales13. La trajectoire de ces collections est quant à elle indissociable de l’histoire des musées d’anthropologie, dont la plupart voit le jour pendant le xixe siècle, considéré comme « the museum period14 ». En effet, entre 1861 et 1881, les plus importants musées d’histoire naturelle et d’anthropologie font leur apparition en Europe, à Berlin, Florence, Oxford, Paris, Stockholm et Vienne. Aux États-Unis, voient le jour le Peabody Museum à Harvard (1866), le musée américain d’Histoire naturelle à New York (1869) ainsi que le Smithsonian Institution à Washington (1881).

  • 15 Wise, 2016.
  • 16 M’charek, Schramm, 2020.
  • 17 Levinas, 1972.
  • 18 Deleuze, Guattari, 1980, p. 144.

7Les crânes et les moulages faciaux remplissent progressivement les vitrines de ces musées et incarnent une « épistémologie matérialisée15 » de la race. L’histoire des moulages faciaux permet notamment d’éclairer les processus de réification et de déshumanisation en partie inhérents à ces pratiques scientifiques et muséographiques au xixe siècle. Si la technique du moulage anthropologique est la même que celle des masques funéraires, leur statut ontologique est profondément différent. Alors que le masque funéraire reproduit les traits uniques du faciès afin de commémorer l’être disparu, les moulages anthropologiques effacent les individualités au profit de types « ethniques ». De la même manière, les collections « extra-européennes » de crânes ont été dans leur grande majorité classées de manière anonyme, sans que les noms des individus ne soient associés à leurs restes. Ceux-ci étaient plutôt rattachés à des noms de « races » ou « d’ethnies ». Le visage en tant qu’objet d’enquête rejoint le débat sur la race et la science16. L’un des philosophes majeurs du visage, Emmanuel Levinas, considère cette partie du corps comme une obligation éthique vis-à-vis de l’Autre17. Gilles Deleuze et Félix Guattari la définissent comme éminemment politique et relient la « visagéité18 » au contexte hégémonique européen blanc et aux questions identitaires et raciales. Comme le note David Le Breton, la négation du visage est intrinsèque à tout racisme :

  • 19 Le Breton, 2003, p. 100-101.

Il faut d’abord supprimer l’humanité du visage pour s’autoriser à mépriser, de même que la possibilité du mépris ôte à l’autre la chance du visage. Le racisme pourrait se définir presque élémentairement par la négation du visage de l’Autre, dans la mesure où celui-ci est privé de sa différence infinitésimale pour se muer en représentant anonyme cristallisant en lui la catégorie haïe19.

8Alors même que les identités individuelles de crânes et de visages moulés ont été souvent effacées au profit de catégories raciales qu’ils étaient censés incarner, l’identification est utilisée par certains musées européens conservant de telles collections comme un prérequis pour toute demande de restitution.

  • 20 Juhé-Beaulaton, Leblan (dir.), 2018.
  • 21 Dias, 2004.

9Si les essais ici réunis portent sur des études de cas circonscrits aux cerveaux, aux crânes ou aux moulages anthropologiques pour démontrer de quelle manière ces artefacts participent à la construction de catégories raciales, cette introduction veut mettre en lumière la complémentarité de ces spécimens. Lors d’expéditions scientifiques, des collecteurs (explorateurs-naturalistes, mais aussi médecins militaires ou encore administrateurs coloniaux)20 ont rassemblé des crânes et parfois réalisé parallèlement des moulages faciaux sur le vivant (ou post mortem). Une fois ces exemplaires ramenés dans les laboratoires d’anthropologie des métropoles occidentales, ils continuent à être étudiés et conservés comme un ensemble cohérent : ils sont notamment utilisés pour effectuer des mensurations21 et font l’objet de comparaisons.

10La gravure satirique intitulée Calves’ Heads and Brains or a Phrenological Lecture (Têtes et cerveaux de veaux ou un exposé phrénologique) tourne en dérision toute une panoplie des représentations matérielles et visuelles de têtes, de crânes, de cerveaux ainsi que de visages présentée par un phrénologue à l’allure de dandy et au crâne dégarni et bossu, perruque à la main, lors d’une conférence publique (Fig. 1). On peut observer sur la table l’exemplaire d’un buste en plâtre de Gall reconnaissable par les sections numérotées localisant les « facultés affectives » et « intellectuelles » humaines, tandis que des sculptures représentant des personnages illustres tels que Scott, Shakespeare, Clive et Tremaine sont posées sur le sol. D’autres bustes qui illustrent différents états – la faculté d’observation, la Fourberie, l’Orgueil, le Sommeil, etc. – décorent la pièce. Deux crânes sont identifiés par les noms de Thurtell – un meurtrier exécuté en 1824 – et Pollard. Enfin, ces spécimens matériels dialoguent avec des tableaux de portraits phrénologiques accrochés au mur.

Fig. 1 – Henry Thomas Alken, Calves’ Heads and Brains or a Phrenological Lecture [Têtes et cerveaux de veaux ou un exposé phrénologique], gravure à l’eau-forte, 24,3 x 32 cm, 1826

Fig. 1 – Henry Thomas Alken, Calves’ Heads and Brains or a           Phrenological Lecture [Têtes et cerveaux de veaux ou un exposé           phrénologique], gravure à l’eau-forte, 24,3 x 32 cm, 1826

The British Museum, 1895,0617.455.

  • 22 Daston, Galison, 2007.
  • 23 Blanckaert, 2013.
  • 24 A. de Quatrefages, Hamy, 1882, p. 394.

11Dès que ces artefacts et restes humains sont reproduits dans des ouvrages d’anthropologie ou lorsqu’ils intègrent les réserves des musées ou les espaces d’exposition ouverts au public, ils changent de statut. Dans les ouvrages anthropologiques, les images jouent un rôle de premier plan dans l’établissement d’une objectivité scientifique22. Dans Crania ethnica (1882), Armand de Quatrefages et Ernest Hamy juxtaposent les dessins de certains bustes moulés à des crânes appartenant aux collections du Muséum d’histoire naturelle de Paris. Le dialogue entre les représentations de ces deux objets d’étude vise notamment à restituer aux crânes un visage incarné, plus intelligible. Par exemple, l’association (Fig. 2 a et b) entre le dessin du crâne de Saartje Bartmann, connue sous le nom de Vénus Hottentote23, à celui de son moulage réalisé en 1816 par Merlieux à partir du corps sans vie de cette jeune femme, sert à renvoyer à une « physionomie […] bien caractéristique24 ».

Fig. 2. a et b. – Armand de Quatrefages, Ernest-Théodore Hamy, Crania ethnica. Les crânes des races humaines : décrits et figurés d’après les collections du Muséum d’histoire naturelle de Paris, de la Société d’anthropologie de Paris et les principales collections de la France et de l’étranger, ouvrage accompagné de 100 planches lithographiées d’après nature par H. Formant, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1882, p. 393-394

Fig. 2. a et b. – Armand de Quatrefages,           Ernest-Théodore Hamy, Crania           ethnica. Les crânes des races humaines : décrits et figurés d’après           les collections du Muséum d’histoire naturelle de Paris, de la           Société d’anthropologie de Paris et les principales collections de           la France et de l’étranger, ouvrage accompagné de 100 planches           lithographiées d’après nature par H. Formant, Paris, J.-B. Baillière           et fils, 1882, p. 393-394

Muséum national d’histoire naturelle, 420 – 1.

  • 25 Driver, 2018.
  • 26 Hall, 1996 ; Stoler, 1997.

12Lorsque ces objets de collection sont exposés dans les musées, ils deviennent pour un plus large public la preuve tangible de l’existence des races. La photographie de la galerie de Paléontologie du Muséum d’histoire naturelle de Paris, prise en 1908, montre notamment le dialogue entre les collections des moulages réalisées par les frères von Schlagintweit en Inde et au Népal25 et les vitrines exposant des séries de crânes et de squelettes consacrées à la Polynésie (Fig. 3). Nélia Dias, dans son présent essai, souligne que cette association répondait plus à une contrainte spatiale qu’à une réelle cohérence. C’est justement cet amalgame visuel d’artefacts et de restes humains provenant de zones géographiques éloignées qui crée une idée d’altérité aussi vague qu’efficace, en neutralisant les contradictions théoriques des discours sur la race26.

Fig. 3 – Détail de la photographie d’Auguste Dollot, « Galerie de Paléontologie. Éléphant de Durfort », 23 novembre 1908

Fig. 3 – Détail de la photographie           d’Auguste Dollot, « Galerie de Paléontologie. Éléphant de Durfort »,           23 novembre 1908

© MNHS, IC, 4514.

  • 27 Redman, 2016 ; Suman, 2018 ; Willoughby, 2022.

13Le dossier regroupe cinq textes qui concernent des études de cas relatives aux contextes européen et australien. Il vient compléter une bibliographie centrée principalement sur l’histoire des sciences en Angleterre et aux États-Unis27.

14Maxime Guttin part de l’étude de cas de Louis-Antoine Desmoulins (1794-1828) pour mettre en lumière l’incohérence intrinsèque aux pratiques d’étude du cerveau. Il traite ainsi une question fondamentale qui traverse également les autres essais : l’articulation entre une démarche qui se veut scientifique et l’établissement d’une « science de la raciologie ».

15Deux contributions portent sur les moulages. Le texte de Nélia Dias, évoqué plus haut, étudie les collections des moulages faciaux anthropologiques conservées en France pour explorer la place réservée à ces artefacts dans les Instructions pour les voyageurs et en analyser les processus de coloration ainsi que leur mise en exposition. L’essai d’Anna-Maria Begerock, d’Hilary Howes et de Veronika Tocha met à jour la plus récente bibliographie sur les moulages de crânes et des masques anthropologiques et, en partant de l’étude des collections australiennes, problématise la question de leur statut. Cette étude soulève enfin la question fondamentale de la restitution de ces artefacts aux communautés d’origine. Alors qu’ils sont délaissés dans les discours actuels sur les demandes de rapatriement, les moulages contiennent parfois des traces génétiques – particules de peau ou de cheveux. Les auteures interrogent ainsi le double statut des visages moulés sur nature, à la fois artefacts et restes humains. À travers trois études de cas, les auteures analysent l’aspect matériel, immatériel, idéologique ainsi que financier de ces spécimens : les moulages de crânes d’individus australiens conservés dans la collection Rostock ; les moulages faciaux réalisés par Otto Finsch, leurs moules à Berlin et leurs copies dans les collections du monde entier ainsi que les moules et les moulages de figures « ethnographiques » à Berlin et à Fribourg.

16L’approche proposée par Anna Szöke relève de la plus récente orientation de l’histoire globale des sciences. En prenant comme point de départ la collection du Musée d’histoire naturelle de Vienne, l’auteure démontre que la fabrication de catégories raciales issue du processus de construction de l’idée de nation est indissociable de l’histoire globale. Elle s’appuie notamment sur la notion de « transimpérialité » et met ainsi l’accent sur les liens et les transferts entre les peuples, les objets, les collections et les connaissances.

17Enfin, le texte de Ricardo Roque examine comment l’esclavage se poursuit épistémiquement et politiquement à travers les inscriptions sur les crânes réalisées par les collectionneurs. L’auteur prolonge ainsi l’approche du material turn et invite le chercheur à prendre en compte tous les aspects matériels impliqués dans la collecte et la conservation de ces restes humains mis en collection. Il analyse les inscriptions sur les crânes qui indiquent par exemple l’âge, le sexe, la provenance, la « tribu » ou le type de race, le statut social, le mode de vie ou encore l’état de santé de la personne défunte – comme une procédure de marquage textuel par laquelle les os et l’histoire d’une personne sont saisis par le collectionneur et transformés en spécimen de musée.

18Ce numéro spécial d’Artefact se veut une invitation à étudier collectivement l’histoire des cerveaux, des crânes et des moulages faciaux. Il met en lumière les liens entre sciences et dominations, en particulier les relations entre les collections et les discours scientifiques, et les entreprises coloniales et impériales. L’ambition de ce dossier est enfin de soulever les problématiques actuelles autour de l’héritage de tels objets de collection, qui concernent autant leur conservation et exposition dans les musées que, dans certains cas, leur restitution aux pays de provenance ou aux communautés se reconnaissant une filiation avec ces objets et ces restes humains.

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Sources et bibliographie

Source

Quatrefages Armand de, Hamy Ernest-Théodore, Crania ethnica. Les crânes des races humaines : décrits et figurés d’après les collections du Muséum d’histoire naturelle de Paris, de la Société d’anthropologie de Paris et les principales collections de la France et de l’étranger, ouvrage accompagné de 100 planches lithographiées d’après nature par H. Formant, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1882.

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Notes

1 Mandressi, 2011.

2 Pogliano, 2020.

3 Poskett, 2019.

4 Duda, 2018.

5 Blanckaert, 2003.

6 Reynaud-Paligot, 2015.

7 Lange, 2016.

8 Förster, 2016.

9 Harrison, 2012.

10 Arzel, Foliard, 2020.

11 Poskett, 2022.

12 Bindman, 2002.

13 Sebastiani, 2019 ; Conklin, 2015 ; Barringer, Flynn (dir.), 1998.

14 Stocking, 1985, p. 3.

15 Wise, 2016.

16 M’charek, Schramm, 2020.

17 Levinas, 1972.

18 Deleuze, Guattari, 1980, p. 144.

19 Le Breton, 2003, p. 100-101.

20 Juhé-Beaulaton, Leblan (dir.), 2018.

21 Dias, 2004.

22 Daston, Galison, 2007.

23 Blanckaert, 2013.

24 A. de Quatrefages, Hamy, 1882, p. 394.

25 Driver, 2018.

26 Hall, 1996 ; Stoler, 1997.

27 Redman, 2016 ; Suman, 2018 ; Willoughby, 2022.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Henry Thomas Alken, Calves’ Heads and Brains or a Phrenological Lecture [Têtes et cerveaux de veaux ou un exposé phrénologique], gravure à l’eau-forte, 24,3 x 32 cm, 1826
Crédits The British Museum, 1895,0617.455.
URL http://journals.openedition.org/artefact/docannexe/image/14350/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Fig. 2. a et b. – Armand de Quatrefages, Ernest-Théodore Hamy, Crania ethnica. Les crânes des races humaines : décrits et figurés d’après les collections du Muséum d’histoire naturelle de Paris, de la Société d’anthropologie de Paris et les principales collections de la France et de l’étranger, ouvrage accompagné de 100 planches lithographiées d’après nature par H. Formant, Paris, J.-B. Baillière et fils, 1882, p. 393-394
URL http://journals.openedition.org/artefact/docannexe/image/14350/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 671k
Crédits Muséum national d’histoire naturelle, 420 – 1.
URL http://journals.openedition.org/artefact/docannexe/image/14350/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 816k
Titre Fig. 3 – Détail de la photographie d’Auguste Dollot, « Galerie de Paléontologie. Éléphant de Durfort », 23 novembre 1908
Crédits © MNHS, IC, 4514.
URL http://journals.openedition.org/artefact/docannexe/image/14350/img-4.jpeg
Fichier image/jpeg, 216k
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Klara Boyer-Rossol et Lucia Piccioni, « Introduction », Artefact, 19 | 2023, 9-23.

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Klara Boyer-Rossol et Lucia Piccioni, « Introduction », Artefact [En ligne], 19 | 2023, mis en ligne le 11 décembre 2023, consulté le 12 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/artefact/14350 ; DOI : https://doi.org/10.4000/artefact.14350

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Auteurs

Klara Boyer-Rossol

Klara Boyer-Rossol est membre du Centre international de recherche sur les esclavages et post-esclavages (CIRESC), CNRS-USR 2002. Elle est historienne de l’Afrique, spécialiste des traites et des esclavages à Madagascar. Lauréate du prix de thèse 2016 du Comité national pour la mémoire et l’histoire de l’esclavage et de plusieurs bourses postdoctorales, elle s’est intéressée ces dernières années à explorer les liens entre esclavages, colonisation et circulation des savoirs et des collections naturalistes dans le Sud-Ouest de l’océan Indien. Co-directrice et co-éditrice du livre Les esclavages en Afrique (à paraître chez Karthala), Klara Boyer-Rossol est actuellement curatrice d’une exposition autour de la collection de bustes anthropologiques de Froberville pour le Musée intercontinental de l’esclavage de l’île Maurice.

Lucia Piccioni

Lucia Piccioni est chargée de recherche au CNRS dans le laboratoire Centre Alexandre-Koyré (CAK). Lauréate du prix de la meilleure thèse de l’EHESS en 2016, elle a obtenu plusieurs bourses de recherche – Deutsches Forum für Kunstgeschichte, Center for Italian Modern Art, Académie de France à Rome-Villa Médicis, musée du quai Branly, bourse Marie-Skłowska-Curie à l’European University Institute. Outre sa première monographie Art et fascisme. Peindre l’italianité, 1922-1943 (2021), elle a publié plusieurs articles dans des revues internationales. Ses recherches interrogent le rôle des représentations visuelles et matérielles des corps dans les processus de racialisation qui marquent l’histoire européenne et globale entre 1850 et 1940.

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