Sources et bibliographie
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Notes
« [La province fut transformée] par l’influence, très diverse et uniformément répandue, des institutions, du commerce et des comportements romains. Cela changea les modèles de consommation en Égypte : dès le milieu du premier siècle de notre ère, même de riches villageois adoptèrent les goûts romains en matière de vêtement, d’alimentation et de pratiques funéraires » (Rathbone, 2007, p. 718, notre traduction). Cet article résume bien les arguments avancés dès 1989 par cet auteur et d’autres (N. Lewis) contre l’idée alors très ancrée de la place à part qu’aurait occupée le pays dans l’Empire romain. D. Rathbone, en 2007, montre que c’est par Alexandrie et son commerce que l’Égypte s’intègre à l’Empire, ce que nous croyons aussi (cf. Freu, 2022, notamment p. 65-67 et p. 137-163).
Sur le travail du lin en Égypte pharaonique, voir Vogelsang-Eastwood, 1992. Pour le travail de laine et du lin sur le temps long jusqu’à l’époque romaine, voir Droβ-Krüpe, 2011, p. 13-29 (qui traite aussi du coton et de la soie) et Wipszycka, 1965, toujours utile sur certains points. Sur le lin dans l’Antiquité tardive, l’article de référence est désormais Cuvigny, Gascou, 2023 (je remercie vivement les auteurs de m’en avoir communiqué les résultats avant parution).
Pour l’Europe du Nord au Haut Moyen Âge, Andersson Strand, 2011, p. 3, distingue quatre modes de production textile qui peuvent d’ailleurs coexister : la production domestique, l’« household industry » (ou putting-out system), l’artisanat spécialisé attaché à la maison de riches patrons, enfin l’atelier indépendant regroupant des spécialistes travaillant continûment à produire des vêtements et tissus. Je ne considère pas ici le premier mode, non qu’il n’existât pas en Égypte, mais parce qu’il est beaucoup moins décelable dans la documentation écrite. Par ailleurs, l’auteure estime que, dans le deuxième mode, le producteur peut continuer de travailler par intermittence dans une autre activité. En Égypte romaine, le travail par intermittence et le travail de professionnels s’y engageant à vie semblent avoir existé (cf. plus bas pour les fileuses).
Reil, 1913, p. 108-110, avait fait l’hypothèse du Verlagssystem en Égypte romaine, mais pour le Haut-Empire les documents ne permettaient pas vraiment de trancher (Wipszycka, 1965, p. 98-102 et Freu, 2022, p. 142, pour la discussion plus précise sur ce point et sur d’autres aspects de l’historiographie). Sur le putting out system, voir Pfister, 2015, ainsi que Braudel, 1979, II, p. 372-378 ; Braunstein, 1998, p. 28-29.
Pour l’Égypte, voir Droβ-Krüpe, 2020 et 2011, p. 170-181, et pour l’Italie et l’Empire, Hawkins, 2016, p. 49-52.
Bagnall, 2019, p. 22-26, le souligne bien.
Droβ-Krüpe, 2020, p. 130-131, considère ces lettres comme un témoignage de la correspondance entre un tisserand et son client qui fournit la matière première (« the supplier is always the customer […] and never a professional intermediary or merchant entrepreneur ») ; certaines le sont en effet, mais d’autres peuvent être des lettres entre professionnels (R. Bagnall et R. Cribiore le proposent par exemple pour P.Oxy. XXXI 2593, dans leur traduction commentée des Women’s Letters from Ancient Egypt, Ann Arbor, University of Michigan Press, 2006).
Sur l’ars valorisée sur les inscriptions des « artisans » romains où on lit notamment – comme chez certains poètes et philosophes – l’éloge de la main et du savoir-faire du professionnel ; voir Tran, 2013, dont le tableau rejoint celui d’un Sennett, 2008, qui oppose l’artisan au producteur industriel ; sur les contrats d’apprentissage, voir Freu, 2011.
Sur la division du travail, voir la bibliographie dans Freu, 2022, p. 139, n. 239. Les historiens distinguent en général la division horizontale du travail (des métiers distincts pour fabriquer le produit fini en différentes phases) et la division verticale du travail (des tâches distinctes au sein d’un même atelier pour fabriquer le produit).
Pour l’évaluation du nombre d’habitants d’Oxyrhynchos et des autres villes égyptiennes, voir Bagnall, 1993, p. 52-54 ; De Ligt, 2017, p. 291-292.
Cette classification est une exigence de l’administration, qu’on connaît aussi par l’Édit des prix de Dioclétien daté de 301, où les produits étaient classés selon trois types, α/β/γ : cf. van Minnen, 1986, p. 89.
Ibid., p. 93 pour la citation, ici traduite ; des évaluations assez proches ont ensuite été proposées par Bagnall, 1993, p. 82-83 et Carrié, 2004, p. 30-32.
Strabon, Géographie II, 5, 12 ; Périple de la mer d’Érythrée, § 6 (Adulis et Axoum, exportations d’Ἀρσινοιτικαὶ στολαί), § 24, importations d’étoffes de prix, mais aussi de simples couvertures – lôdikes – par les ports de Muza et Kané/Qana’ au sud de l’Arabie (des tissus romains ont d’ailleurs été retrouvés sur le site de l’antique cité caravanière de Qaryat al-Faw) et § 39, 49, 56 pour la demande des Indiens en tissus romains, simples ou raffinés (comme des taquetés/polymita). Sur ces exportations, voir Wild et Wild, 2014. Pour la datation du Périple, voir l’édition de Casson, 1989 (qui penche pour les années 40-70 ap. J.-C) avec les précisions d’Arnaud, 2012, qui abaisse la datation de l’œuvre au iie siècle, estimant que l’auteur, loin d’être nécessairement un marchand égyptien comme on le croyait, participe plutôt aux débats de la science géographique du début du iie siècle.
C’est un point justement souligné par Flohr, 2014, p. 5.
CPR VII 60, 12-14 (vie/viie siècle). Sur l’importance du port de Damiette dans le commerce du lin, voir J. Gascou dans Cuvigny, Gascou, 2023, § II, 4, 4, 1, 2.
Cardon, 2003, p. 640.
P.Oxy. XIX 2230 avec BL VIII 255.
P.Oxy. LXIV 4434.
P.Graux III 30, col. 7.
P.Bodl. I 16 (arsinoïte, 346 ap. J.-C.). Pour d’autres références de réquisitions de vêtements remboursés par l’État, voir Delmaire, 1989, p. 332-343.
Pour la demande des régions de l’Empire et la transformation de la consommation, voir : Rathbone, 2007 (cité supra), Broekaert, 2016 et Flohr, 2014.
Droβ-Krüpe, 2020, cite le seul texte où la commande est plus précise (BGU VII 1564, où sont détaillées les mesures de quatre vêtements « syriens » blancs pour l’armée de Cappadoce), négligeant les autres textes qui n’évoquent rien de tel.
Sur la standardisation des tuniques, voir Cardon, 2003, p. 626 (« universalité de ce vêtement dans le monde romain »), Carrié, 2004, p. 18, et surtout Cardon, Granger-Taylor, Nowik, 2011, p. 282-306.
Cardon, Granger-Taylor et Nowik, 2011, p. 293-302. La standardisation vaut aussi pour les manteaux (ibid., p. 319-341), chaussettes et chaussures (van Driel-Murray, 2016, qui insiste, p. 134-135, sur le « considerable degree of uniformity in footwear design and technology throughout the Roman period »).
Pour les représentations de l’hypogée de Trebius Justus sur la via Latina, voir Marucchi, 1911, tav. XV, fig. 5. Pour des comparaisons entre les textiles des fouilles et l’iconographie essentiellement orientale, voir Granger-Taylor, 2000, et Cardon, Granger-Taylor, Nowik, 2011, p. 284-293 (et les nombreuses illustrations aux planches des p. 372-395).
Cardon, Granger-Taylor, Nowik, 2011, p. 286-287.
Ibid., p. 282-306, avec les tableaux p. 353-356, et Cardon, 2003, p. 628-631, qui relie la torsion en Z à certains sergés plus rares, produits peut-être sur des métiers à pesons. Je remercie le relecteur ou la relectrice anonyme de ses remarques sur ces points.
Le mot est ainsi employé par Carrié, 2004, Broekaert, 2016, et Pagès, Verna, 2022, qui reprennent les réflexions de Braunstein, 1998, sur l’industrie avant le xviiie siècle.
Vogelsang-Eastwood, 1992, p. 28-29.
Ibid., p. 30-35, pour le métier vertical à l’époque pharaonique. Pour les différents métiers à tisser à l’époque romaine, voir Ciszuk, Hammarlund, 2008, p. 119-133, et Droβ-Krüpe, 2011, p. 38-42.
Carrié, 2004, p. 31-33, et van Minnen, 1986, p. 90 ; Droβ-Krüpe, 2011 ; Flohr, 2014. Sur la pétition des tisserands de Philadelphie, voir P.Phil. 10 (139 ap. J.-C.). Quelques décennies plus tôt, on sait que le village de Philadelphie comptait en tout 88 tisserands (P.Corn. 23, 38).
P.Oxy. XXII 2340 (192 ap. J.-C.). Sur les immunités des tisserands, voir Freu, 2011, p. 28.
P.Giss. I 40, col. II, 27-29.
Sont surtout connus au iie siècle les « marchands de vêtements et courtiers de l’agora de la métropole (du nome) » (ἱματιοπῶλαι καὶ ἑρμηνεῖς ἀγορᾶς μητροπόλεως) à Ptolemaïs Euergetis : BGU VII 1564, 1 (138), avec BL IX 27 ; P.Graux III 30, col. 7, 11-12 (Ptolemaïs Euergetis). En P.Oxy. XIX 2230, ce sont les ἱματιοπῶλαι de la ville d’Hèrakleouspolis qui sont mentionnés dans les années 120. Freu, 2022, p. 141, n. 252, pour une discussion du sens d’ἑρμηνεύς.
Droβ-Krüpe, 2020, citant notamment SB VI 9025 (petite Oasis, iie siècle, lettre d’affaires où, en post scriptum dans la marge, un homme demande à son correspondant qui souhaite une tunique de coton de lui envoyer « le fil de chaîne et les mesures » pour la réaliser, l. 31-32 : πέμψον στήμονα καὶ τὰ μέτρα) ; P.Mert. III 114 (Fayoum, fin iie siècle) où un homme passe commande à deux femmes pour la réalisation de manteaux : il leur envoie « les fils de trame, très fins » et de chaîne et les fils de pourpre. D’autres lettres concernent la production domestique (par exemple P.Oxy. LIX 3991). Voir aussi Wipszycka, 1965, p. 47-78, qui montre les tisserands artisans travaillant de façon indépendante dans leurs ateliers avec peu de main-d’œuvre et répondant à des commandes individuelles.
Pour la mobilité des professionnels et les liens entre villes et campagnes, voir Freu, 2022, p. 301-303 et p. 319-320 (avec la bibliographie antérieure) et Cuvigny, Gascou, 2023, § II,4,1 pour le cas des négociants de lin.
Est-ce le signe d’un boom dans la production ou d’un effet de source ? Il est difficile de le dire. Cuvigny, Gascou, 2023, § I,3,7.
Sur la προχρεία, contrat de travail sous forme de prêt où le travail rembourse les intérêts et/ou avance pour frais de fonctionnement, voir Jördens, 1990, p. 271-295 et Freu, 2022, p. 44-45 et p. 120-122. Irsigler, 1981, p. 178, note que le Verlag repose précisément au Moyen Âge sur ce système.
Les prêts d’espèces aux intérêts remboursés en nature ont été recensés et commentés par Blouin, 2010, et sont tous d’époque tardive (ive-viie). À sa liste donnée en annexe, on ajoutera P.Köln III 151 (Cynopolite, 423), P.Laur. III 75 (Oxyrhynchos, 574), P.Oxy. LXXII 4918 (Oxyrhynchos, entre 494 et 497) et 4922 (Oxyrhynchos, 582).
Le titre et le rang des pragmateutai, ou de ceux qu’ils représentent, les rattachent aux classes moyennes libres voire aux notabilités urbaines. Plusieurs de ces hommes d’affaires ont le rang d’αἰδέσιμοι, « honnêtes hommes » (Cosentino, 1999, part. p. 24-25, pour le sens de ce titre) : SB XXIV 16274, 3-4 (Oxyrhynchos, ve siècle), P.Gen. IV 194 (Arsinoïte, 555) et P.Grenf. II 88, 9-10 (cité des Arsinoïtes, 602). Par ailleurs, le pragmateutès alexandrin Aur. Isak est le fils du palatin Nilos, officier civil des services financiers centraux. Voir Cuvigny, Gascou, 2023, § II, 4,2,2, à propos des deux contrats de prêts consentis par Isak, P.Oxy. VIII 1130 (mai 484) et P.Oxy. LXXII 4918 (entre 494 et 497). D’autres pragmateutai sont des θαυμάσιοι (« hommes admirables »), titre attribué aux fonctionnaires de rang moyen (P.Oxy. LXXII 4922, 5, daté de 582), tandis qu’en 552, deux pragmateutai représentent un Alexandrin qualifié aussi dans le contrat d’« admirabilité » (θαυμασιότης), P.Herm. 30, 5.
Morelli, 1997, p. 25 et n. 64. Sur l’inégalité d’apports en capitaux sur laquelle se fonde le putting out system, voir Pfister 2015, § 4.
Voir Cuvigny, Gascou, 2023, I,2,4,1, renvoyant à Girard, 1813, p. 539-542, qui a vu au Fayoum à l’époque de l’expédition napoléonienne la chaîne opératoire suivante : arrachage, égrenage, rouissage, séchage, broyage de la tige, teillage et peignage de la filasse. L’opération devait être identique en Moyenne-Égypte. En Haute-Égypte, en revanche, l’étape du teillage n’existait pas, ce que Pierre-Simon Girard attribue à la plus grande abondance de l’eau vers Lycopolis (Assyout) et donc à une dégradation de la fibre simplement par le rouissage de la plante durant vingt jours (je remercie Hélène Cuvigny de m’avoir signalé ce texte important par courriel, le 27 avril 2023).
P.Oxy. VIII 1130 (4 mai 484).
P.Yale IV 186, 1-6 (Oxyrhynchite, viie siècle), édité récemment par R. Duttenhöfer et étudié par Cuvigny, Gascou, 2023 ; en P.Köln III 151 (Cynopolite, 423), un moine prête deux sous d’or dont la moitié est remboursée en stippion, c’est-à-dire en filasse de lin « au prix du marché », lignes 13-14 (c’est-à-dire apparemment sans intérêts).
La lettre d’affaires CPR VII 60 (Arsinoïtôn Polis, vie/viie siècles) avec Cuvigny, Gascou, 2023, § I,4,1. Ajoutons, avec l’éditeur du texte, H. Zilliacus, que la lettre évoque au début, dans sa partie fragmentaire, l’intérêt d’un prêt ainsi qu’un contrat d’avance écrit (lignes 3 et 5 : « au sujet des intérêts de [ce qui a été prêté] » et « du contrat de prêt qu’ils ont passé à l’écrit avec moi »).
Bagnall, 1977, interprétant BGU XIII 2332. Ajoutons qu’un contrat similaire de vente à terme de vin, écrit sur tablette comme exercice d’apprenti notaire (cf. Fournet 2022, qui présente ce codex de tablettes du ve siècle, encore inédit, conservé à la British Library, BL Add. Ms. 33369), parle bien d’ἡμιολία, c’est-à-dire d’intérêts à 50 %, propres aux prêts en nature (cf. la loi de Constantin datée de 326, CTh. II, 33, 1). Le taux légal des prêts en espèces, la centesima, est quant à lui de 12 % jusqu’à Justinien et même de 6 % après 528 (CI IV, 32, 26).
P.Yale IV 186, 7-8 (le lin teillé est payé au prix très bas de 1 sou pour 60 livres ; on peut donc concevoir un prix moyen du marché d’un sou pour 40 livres, où le remboursement serait de 3 200 livres pour le principal + 1 600 livres pour les intérêts) ; même prix en CPR VII 60, 6-7. Pour les valeurs métrologiques, voir Cuvigny, Gascou, 2023, § II,1.
SB XXIV 16274, 1-6. Les recherches de Cuvigny, Gascou, 2023, § Ι,4,3 et I,4,4, montrent qu’à la ligne 1, il faut restituer stippocheiristès plutôt que stippourgos de l’ed. pr., car ce dernier technonyme y est inconnu dans ce nome et que les deux semblent synonymes.
Cuvigny, Gascou, 2023, § I,3,1 : « στιππίον désigne le lin en fibre dans tous ses états : “grosse filasse” seulement broyée, filasse plus ou moins traitée, long brin destiné à la filature de qualité. » Par ailleurs κογχιστής, longtemps compris comme un teinturier, est désormais décrit par Cuvigny, Gascou, 2023, § I,4, 3-4, comme un polisseur.
P.Grenf. II 87, 17-22 (mai 602) et P.Bodl. I 41, 13-15 (BL XI 45 pour la datation : février 604) ; l’article de Cuvigny, Gascou, 2023, § I,4,4, cite d’autres textes d’Oxyrhynchos dans lesquels apparaissent des στιπποκογχισταί, regroupés en corporations (P.Oxy. XVI 1943, fin ve siècle ; P.Oxy. XVI 1980, daté de 557 et P.Oxy. LXXVII 5122, de 552).
P.Oxy. XII 1414, 1-16, avec les corrections de A. H. M. Jones, reprises en BL III, 136-137, et le commentaire de Gällnö, 2013, p. 165. Sur l’anabolicon en Égypte, voir Delmaire, 1989, p. 337-341. Pour le nombre de fileuses nécessaires pour approvisionner un tisserand (au moins 4 pour 1 dans l’Antiquité), voir Wild, 2003, p. 41-42.
Cf. Bagnall, Worp 2011, p. 233-240, qui éditent deux déclarations (inv. P99.2D et inv. P99.2A) provenant de la même famille du village de Kellis (Oasis de Dakhla) : dans la première (15 août 132), une certaine Talaeis, épouse de Tithoès, paysan (γεωργός), se fait recenser comme fileuse, κλωθ( ), tandis que ses deux filles sont âgées de 2 et 3 ans. Dans la seconde (mai-juin 146), la mère de 50 ans et ses deux filles de 17 et 16 ans s’enregistrent toutes comme fileuses. Une déclaration contemporaine provenant du Delta montre deux fileuses mariées à des villageois et âgées de 60 et 65 ans : P. Hamb. I 7 (132), 13-14 et 17. Voir aussi Wipszycka, 1965, p. 20, qui compare la situation romaine à celle des villages de la frontière de Gaza dans les années 1920, où « la majorité des femmes » pratiquaient le filage du lin.
P.Oxy. LXIII 4353, 10-11. En ce début du ive siècle, un autre employé dont on ignore le métier est embauché dans un atelier de la capitale du Fayoum : P.Mich. IX 574.
P.Herm. 30, 6-7 et 21 (avec les révisions de Cuvigny, Gascou, 2023, § II,1,3). Par son formulaire, le texte fait penser aux contrats d’embauche sur emploi public (Freu, 2022, p. 149 et p. 178-180). Le contrat avait-il trait à des commandes publiques ou à du travail dans les grands établissements publics (gynaecea), créés à partir de la Tétrarchie pour livrer une partie des vêtements destinés aux soldats et aux fonctionnaires ? Ce n’est pas impossible.
Embauche de tarsikarioi contre avance : P.PalauRib. 14 (sans doute Oxyrhynchos, février 431) ; P.Rein. II 105 (Oxyrhynchos, 29 août 432) ; P.Mil. II 56 (Oxyrhynchos, vie siècle).
À Oxyrhynchos, en 543, un patron traîne ainsi son employé devant le juge civil (« défenseur ») de la ville, l’accusant d’avoir déserté son atelier (on ignore le métier) : SB XX 15090, 2-5. Une lettre des ve/vie siècles, publiée en BASP 50 (2013), p. 154-155 par R. McConnell, est un ordre de recherche et de mise aux fers de cinq tisserands de lin fugitifs dont l’un au moins est esclave.
Comparer P.Oxy. LXIII 4353, 10-11 (salaire de 120 drachmes journalières) à P.Oxy. XXXVIII 2859, 11-13, daté de 301 (250 dr journalières).
P.Herm. 30, 9, avec Freu, 2022, p. 250 ; il est cependant difficile de savoir si on a affaire à un salaire complet ou non, les salaires uniquement en espèces coexistant à l’époque tardive avec les salaires mixtes. Voir la comparaison des données entre secteurs économiques dans Freu, 2022, p. 271-276, ainsi que Morelli 2004, p. 73-74 sur la faiblesse des revenus des ouvriers du textile, secteur par ailleurs assez féminisé (filage, mais aussi tissage).
Freu, 2022, p. 197, avec des développements dans Freu, à paraître. Notons que sur les presque cinquante contrats d’apprentissage égyptiens, plus de la moitié concernent le tissage et aucun le teillage (voir Freu, 2011).
Hawkins, 2016, p. 66-129, estime ainsi que les artisans préféraient les « subcontracting networks » aux « integrated firms ».
SB I 4503 (janvier 605 ou 607) : embauche d’un marchand de fils teints salarié (μίσθιος πορφυροπώλης) chargé de représenter son employeur auprès d’autres salariés (πρὸς τῶ[ν] | ἄλλων μισθίων, lignes 16-17), marchands ou producteurs. Voir Pfister, 2015, sur cette décentralisation et l’emploi de sous-contractants pour certaines affaires.
Braudel, 1979, II, p. 372-374 ; Irsliger, 1981, p. 176-177, sur la division du travail dans le système du Verlag ; Braunstein, 1998, p. 34-35 (l’existence de tisserands villageois a préparé le terrain à la « construction d’un réseau commercial qui se greffe sur la vie quotidienne des villages et fait des professionnels du textile ou de la métallurgie, les soldats de l’industrie »).
Voir en ce sens Andersson Strand, 2011, ou Pagès, Verna, 2022.
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