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Résumés des conférences

Recherches sur Nicéphore de Constantinople

Alexis Chryssostalis
p. 241-242

Texte intégral

  • 1 Sur la vie et l’œuvre de Nicéphore, voir la seule monographie composée à ce jour sur cet auteur, P. (...)
  • 2 Projet annoncé dans la collection des Sources chrétiennes. Une édition du texte existe depuis le xi (...)
  • 3 Document transmis uniquement de manière indirecte et fragmentaire dans les Actes du Concile de Nicé (...)

1L’année universitaire 2016-2017 a été la dernière d’un cycle de trois ans consacré à Nicéphore de Constantinople (758-828), érudit byzantin et grand défenseur du culte des images, devenu patriarche de Constantinople en 806, puis contraint en 815 à la démission par l’empereur iconoclaste Léon V1. Ce travail triennal s’est inscrit dans la perspective de la préparation d’une nouvelle édition critique du Contra Eusebium2, traité doctrinal composé par Nicéphore pour réfuter un des testimonia patristiques majeurs des iconoclastes, la Lettre à Constantia attribuée à Eusèbe de Césarée3. Après l’examen de divers documents permettant d’étudier certains points de la vie de Nicéphore (2014-2015) et l’étude de la structure générale du Contra Eusebium ainsi que des traits principaux de son argumentation théologique (2015-2016), le travail pendant l’année 2016-2017 a porté sur le florilège patristique contenu dans ce traité.

  • 4 Sur le genre des florilèges patristiques, leur composition et leur emploi dans les controverses chr (...)
  • 5 Voir le florilège rattaché à l’Apologeticus composé de vingt-six testimonia, dans la Patrologia gra (...)

2Attesté régulièrement depuis le ive siècle, le système du recours aux florilèges patristiques en faveur d’une interprétation dogmatique est largement pratiqué au cours de la querelle iconoclaste (726-843)4. Nous devons à Nicéphore de Constantinople plusieurs listes de ce genre, utilisées par l’auteur soit pour appuyer les thèses iconophiles qu’il défend, soit pour citer les textes des Pères dont se sont servis les iconoclastes pour soutenir leur doctrine. Contrairement à certains florilèges qui constituent une entité autonome, mais néanmoins rattachée à un texte précis de Nicéphore5, celui du Contra Eusebium est incorporé dans le traité (chap. 65-68). Les citations patristiques y sont indiquées de manière explicite et sont souvent introduites par un vocabulaire tiré du texte cité. Le florilège est composé de soixante citations attribuées à quinze Pères de l’Église, organisées en plusieurs ensembles en fonction de la question dogmatique traitée, de sorte que certains Pères se trouvent cités plusieurs fois.

3Le travail accompli dans le cadre du séminaire a permis d’établir, à l’appui des témoins les plus importants du Contra Eusebium, le texte grec de ces citations, qui présente parfois des différences par rapport à celui des éditions complètes de chacun de ces écrits patristiques. D’autre part, la traduction proposée de ces extraits a été revue et corrigée grâce aux remarques des auditeurs. De plus, la recherche menée autour de chacun de ces extraits permettra de repérer, du moins en partie, les sources auxquelles l’auteur a eu recours pour composer ce florilège. En raison de la longueur de ce dernier, son édition, accompagnée d’une traduction française, fera l’objet d’une publication à part.

  • 6 Ces textes sont intitulés Περὶ γέλωτος, Τὸ αἴτιον τετραχῶς, Ὅτι ἡ ψυχή.

4Enfin, deux séances ont été consacrées à la présentation par M. Pietro D’Agostino, doctorant, auditeur du séminaire, de son édition et traduction française de trois textes attribués à Théodore Abū Qurra, théologien de tradition néochalcédonienne contemporain de Nicéphore (v. 750-v. 830)6. Ces écrits se présentent comme des listes de définitions utilisant un vocabulaire d’origine néoplatonicienne complété par l’introduction d’idées dogmatiques chrétiennes et contrastent fort avec le langage théologique, enrichi également de termes philosophiques, mais de forme très élaborée et complexe, de Nicéphore.

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Notes

1 Sur la vie et l’œuvre de Nicéphore, voir la seule monographie composée à ce jour sur cet auteur, P. Alexander, The Patriarch Nicephorus of Constantinople. Ecclesiastical Policy and Image Worship in the Byzantine Empire, Oxford 1958.

2 Projet annoncé dans la collection des Sources chrétiennes. Une édition du texte existe depuis le xixe siècle, établie par le cardinal J.-B. Pitra dans Spicilegium Solesmense I, Paris 1852, p. 371-503.

3 Document transmis uniquement de manière indirecte et fragmentaire dans les Actes du Concile de Nicée II ainsi que dans le Contra Eusebium. Voir ce texte, recomposé en 1702 par J. Boivin, dans H. Hennephof (éd.), Textus byzantinos ad Iconomachiam pertinentes, Leyde 1969, p. 42-44.

4 Sur le genre des florilèges patristiques, leur composition et leur emploi dans les controverses chrétiennes, voir les travaux de M. Richard, en particulier « Notes sur les florilèges dogmatiques du ve et du vie siècle », dans Actes du 6e congrès d’études byzantines, Paris 1950, p. 307-318, et « Les florilèges diphysites du ve et du vie siècle », dans A. Grillmeir, H. Bacht, Das Konzil von Chalkedon, Geschichte und Gegenwart, I, Würzburg 1952, p. 721-748. Sur les florilèges de la période iconoclaste, voir A. Alexakis, Codex Parisinus Graecus 1115 and Its Archetype, Washington D.C. 1996 (manuscrit du xiiie siècle dont le modèle remonte au viiie siècle) et « Some remarks on dogmatic florilegia based mainly on the florilegia of the early ninth century», dans P. v. Deun, C. Macé, Encyclopedic Trends in Byzantium ? Proceedings of the International Conference held in Leuven, 6-8 May 2009, Louvain/Paris/Walpole (MA) 2011, p. 45-55.

5 Voir le florilège rattaché à l’Apologeticus composé de vingt-six testimonia, dans la Patrologia graeca 100 [Paris 1865], 812C-832 et celui comportant soixante-quinze testimonia, rattaché aux trois Antirrhetici, édité dans J.-B. Pitra, Spicilegium Solesmense, p. 336-370.

6 Ces textes sont intitulés Περὶ γέλωτος, Τὸ αἴτιον τετραχῶς, Ὅτι ἡ ψυχή.

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Pour citer cet article

Référence papier

Alexis Chryssostalis, « Recherches sur Nicéphore de Constantinople »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses, 125 | 2018, 241-242.

Référence électronique

Alexis Chryssostalis, « Recherches sur Nicéphore de Constantinople »Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses [En ligne], 125 | 2018, mis en ligne le 28 juin 2018, consulté le 05 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/asr/1987 ; DOI : https://doi.org/10.4000/asr.1987

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Auteur

Alexis Chryssostalis

Chargé de conférences, M., École pratique des hautes études – Section des sciences religieuses

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Droits d’auteur

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