Recherches sur les versions grecques de la Vie d’Hilarion par Jérôme (BHL 3879)
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- 1 Pour une présentation détaillée du dossier, avec renvois à la bibliographie antérieure, on renverra (...)
- 2 Cette recherche a fait l’objet d’un programme européen Marie Curie Individual Fellowship (TRANSFA, (...)
- 3 Sur ce projet, voir aussi le carnet de recherches « Transferts linguistiques et culturels à Byzance (...)
1Les séances de cette année se sont inscrites dans la continuité de la série de conférences « Traduire le “Père des traducteurs”. Recherches sur les versions grecques de la Vie d’Hilarion par Jérôme (BHL 3879) » qui s’est déroulée en 2021-2022 dans le cadre du même séminaire1. Elles ont porté sur l’étude du dossier grec de la Vie d’Hilarion (BHL 3879)2, qui constitue la première étape d’un projet de longue haleine autour de traductions grecques de textes hagiographiques latins durant l’Antiquité tardive et le Moyen Âge. L’originalité de ce projet réside dans la volonté de retracer le parcours des légendes latines traduites et disséminées dans un monde de langue grecque, en l’intégrant dans la problématique plus vaste des transferts culturels et linguistiques entre l’Orient grec et l’Occident latin durant cette période historique3.
- 4 Voir Jérôme, Trois vies de moines (Paul, Malchus, Hilarion), introd. par P. Leclerc, E. M. Morales, (...)
- 5 Pour la Vie BHG 752, nous renvoyons à notre propre édition critique en cours de préparation. Pour l (...)
2Composée par Jérôme à la fin du ive siècle, – et, en tout état de cause, avant 392 –, la Vie d’Hilarion4 a fait l’objet de maintes traductions grecques, dont la plus ancienne, hélas aujourd’hui perdue, remonte à l’époque de Jérôme lui-même. Dans le cadre de nos conférences, nous avons repris l’étude des deux versions grecques principales : la Vie BHG 752, une traduction littéraliste, et la Vie BHG 7535, une adaptation plus libre de la légende latine en langue grecque, à la limite de la métaphrase. Nous sommes en train de préparer la première édition critique de la Vie BHG 752, avec adjonction d’une traduction en français, ainsi que d’un commentaire linguistique et historique. Dans le même temps, nous avons entrepris l’examen parallèle de la Vie BHG 753, une étude qui débouchera sur une édition à nouveaux frais de ce texte important pour appréhender les aléas de la transmission de la légende du moine palestinien dans le monde hellénophone.
3Le travail effectué cette année a permis d’étayer certains constats émis lors de la première série de conférences, mais aussi d’aller plus loin dans l’étude parallèle des deux textes et de poser de nouvelles questions.
Quel rapport entre ces deux traductions ?
4Le premier pan de nos recherches a permis d’affiner le lien entre les versions grecques BHG 752 et 753. Inextricablement liées par leur tradition manuscrite, ces deux traductions furent toutefois rédigées indépendamment. En effet, comme nous avons pu le démontrer l’année dernière, l’absence de fautes conjonctives exclut tout lien direct entre les deux textes. L’examen parallèle des deux traductions permet d’affirmer que ces deux textes non seulement ne partagent pas les mêmes erreurs, mais sont également munis de fautes qui leur sont propres. Voici deux exemples qui illustrent des difficultés liées à la vision pragmatique des choses : l’auteur de la Vie BHG 752 a du mal à se représenter les objets en question.
- La tournure « scyphum fictilem »6, faisant référence à la coupe d’argile dans laquelle buvait Hilarion, est rendue par « πλεκτὸν ποτήριον » dans la BHG 752, traduction qui renvoie plutôt à la vannerie d’osier et est due à une mauvaise compréhension de l’adjectif latin ; dans la BHG 753, nous lisons « ποτήριον ὀστράκινον »7, une traduction plus compréhensible en grec.
- L’expression « in aeris…lamina »8, désignant des plaques métalliques d’airain munies de formules d’incantation, est rendue par « ἐν μετάλλοις χαλκοῦ » dans la BHG 752, ce qui trahit une mauvaise compréhension du texte ; dans la BHG 753, nous lisons « πέταλα χαλκᾶ »9, une formule bien attestée par ailleurs, qui démontre que l’auteur se représente bien l’objet en question.
5L’auteur de la Vie BHG 753 fait parfois le choix de proposer une version grecque très proche de l’original latin, une démarche qui fait partie de sa palette de solutions en termes de réécriture littéraire, lorsqu’il s’agit de moments clés dans le récit. Voici deux exemples, où les deux traductions grecques se rapprochent, tout en restant fidèles à l'original :
- 12 Vie d’Hilarion, ch. 8.10 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 234).
- 13 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 358 (ch. 14.26).
Vie BHL 3879 : Necdum enim tunc monasteria erant in Palaestina12
Vie BHG 752 : οὐδέπω γὰρ μοναστήρια ἦν ἐν τῇ Παλαιστίνῃ
Vie BHG 753 : οὐδέπω γὰρ ἦν μοναστήρια ἐν τῇ Παλαιστίνῃ13.
6Dans un premier temps, ces rapprochements peuvent nous induire en erreur et laisser penser que les deux traductions sont directement liées. Néanmoins, une lecture parallèle des deux versions grecques placées en regard de l’original latin démontre que la Vie BHG 753 recèle plusieurs traces d’une traduction littéraliste qui se différencie nettement de la Vie BHG 752. Autrement dit, il arrive que les deux versions grecques proposent des traductions proches de l’original latin mais différentes, comme dans les deux cas suivants :
7Il arrive même que la Vie BHG 753 conserve par endroits les traces d’une traduction littérale encore plus proche de l’original latin que la Vie BHG 752, comme en témoignent les deux cas suivants :
- 20 Vie d’Hilarion, ch. 14.6 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 254).
- 21 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 368 (ch. 23.8).
Vie BHL 3879 : diabolum […] tanto eorum ardere odio20
Vie BHG 752 : τὸν διάβολον […] καὶ τοσούτῳ μίσει κατ᾽αὐτῶν χρήσασθαι
Vie BHG 753 : εἰς τοσοῦτον μῖσος κατὰ τῶν ἀνθρώπων ἐξῆπται ὁ διάβολος21.
8Dans le même temps, nous avons pu démontrer que les passages écrits dans un latin alambiqué posent souvent problème aux deux traducteurs. La description de la cabane d’Hilarion, rédigée dans un style particulièrement tordu, n’est pas comprise de la même façon par les deux traducteurs ; ces derniers fournissent deux versions grecques différentes mais problématiques, dans la mesure où elles ne sont pas parfaitement compréhensibles sans recourir à l’original latin.
- 22 Vie d’Hilarion, ch. 4.1 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 224, 226).
- 23 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 353-354 (ch. 9.2-5).
Vie BHL 3879 : extructa deinceps breui cellula, quae usque hodie permanet, latitudine pedum quattuor, altitudine pedum quinque, hoc est, statura sua humiliore, porro longitudine paulo ampliore quam eius corpusculum patiebatur, ut sepulcrum potius quam domum crederes22.
Vie BHG 752 : Μετὰ δὲ ταῦτα βραχύτατον κελλίον ἀνοικοδομήθη, ὅπερ μέχρι τῆς σήμερον μένει · τὸ μὲν πλάτος ποδῶν τεσσάρων, τὸ δὲ ὕψος ποδῶν πέντε, τὸ μῆκος αὐτοῦ χθαμαλότερον · πάλιν δὲ τὸ μῆκος μικρὸν μεῖζον ἤπερ τὸ σωμάτιον αὐτοῦ ὑπέφερεν, ὡς τάφον μᾶλλον ἢ οἶκον εἶναι.
Vie BHG 753 : ἐποίησεν ἑαυτῷ σκηνὴν πλάτους ποδῶν τεσσάρων καὶ ὕψους ποδῶν πέντε, τῆς ἡλικίας αὐτοῦ χαμηλοτέραν δὲ τὸ μῆκος ὅσον ἂν καθεύδων ἠδύνατο χωρῆσαι. Τοιαύτην ἐποίησεν αὐτὴν ἵνα τάφος ᾖ μᾶλλον ἤπερ ἀνάπαυσις. Ἐνταῦθα ἀπὸ ἓξ καὶ δεκάτου ἔτους ἕως εἰκοστοῦ ἔτους ἑαυτὸν ἐγκαθείρξας διετέλει, οὔτε τοῖς καύμασιν οὔτε ταῖς βροχαῖς ἐξελθὼν ἀπ᾽αὐτῆς23.
Quel modèle latin pour les deux traductions grecques ?
9Lors des séances de cette année, nous nous sommes aussi posé la question de l’identification du modèle latin utilisé par les deux traducteurs. Une telle entreprise se heurte à plusieurs difficultés. En effet, il arrive que les deux versions grecques transmettent des variantes sans équivalent dans l’apparat critique du texte latin. Voici quelques exemples qui donnent matière à réflexion.
10Dans le premier exemple, la leçon transmise par la Vie BHG 752 fait penser à la correction proposée par Rosweyde. Il s’agit d’un passage problématique.
- 24 Vie d’Hilarion, ch. 3.12 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 224).
- 25 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 353 (ch. 8.2-3).
Vie BHL 3879 : …uerberans : « Eia, inquit, curre dormitans. »24
curre dormitans : CAv curre aiebat dormitans B, curre cur dormitas r (Rosweyde)
Vie BHG 752 : …τύπτων · ἰά, φησίν, διὰ τί νυστάζεις ;
Vie BHG 753 : …καὶ λέγειν αὐτῷ · τρέχε καλῶς ἵνα μὴ νυστάζῃς25.
11La phrase suivante transmise aussi bien dans la Vie BHG 752 que dans la Vie BHG 753 n’a pas de parallèle dans l’apparat critique de la Vie latine. Sans pouvoir exclure un phénomène de polygénèse où les auteurs des versions grecques seraient intervenus pour corriger le texte, chacun de son côté, il est possible que la tradition grecque remonte à un modèle latin aujourd’hui perdu.
12Dans le dernier exemple, la tournure « ὥσπερ ἐκ συνθέματος » (comme sur un mot d’ordre) est très loin du latin « Conso, quasi consiliorum deo » (en l’honneur de Consus, ainsi nommé Dieu des conseils), et ne trouve pas d’équivalent dans l’apparat critique. La phrase n’est pas traduite dans la Vie BHG 753.
- 28 Vie d’Hilarion, ch. 11.4 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 242, 244).
Vie BHL 3879 : Sabinarum raptum Conso, quasi consiliorum deo, quadrigae septeno currant circuitu, et equos partis aduersae fregisse uictoria sit28.
Vie BHG 752 : Τοῦτο δὲ φυλάττεται ἀφ᾽οὗ Ῥωμύλος διὰ τὴν εὐτυχῆ τῶν Σαβίνων ἁρπαγὴν κατέστησεν ἵνα ὥσπερ ἐκ συνθέματος τὰ τέτρωρα ἑβδόμῃ περιόδῳ κατατρέχῃ καὶ τοὺς ἵππους τοῦ ἐναντίου μέρους θραύειν νίκη ἐστίν.
Les Vies BHG 752 et 753 : deux approches traductives différentes
13Cette nouvelle série de conférences nous a également permis de mettre en évidence la singularité de chacune de ces deux traductions, en passant en revue un grand nombre de leurs traits particuliers.
La Vie BHG 752
14Plusieurs exemples supplémentaires sont venus confirmer les particularités de la Vie BHG 752, mises en évidence lors des conférences de l’année dernière. Comme nous l’avons déjà démontré, cette traduction littéraliste adopte presque systématiquement l’ordre des mots de l’original latin :
- 29 Vie d’Hilarion, ch. 10.2 (ibid., p. 238).
Vie BHL 3879 : multorum nasum et aures morsibus amputauerat29
Vie BHG 752 : πολλῶν δὲ τὰς ῥῖνας καὶ τὰ ὦτα δάκνων περιέκοπτεν.
- 30 Vie d’Hilarion, ch. 11.1 (ibid., p. 242).
- 31 Vie d’Hilarion, ch. 11.2 (ibid., p. 242).
- 32 Vie d’Hilarion, ch. 12.2 (ibid., p. 246).
- 33 Vie d’Hilarion, ch. 13.4 (ibid., p. 250).
- 34 Vie d’Hilarion, ch. 13.6 (ibid., p. 250).
- 35 Vie d’Hilarion, ch. 12.9 (ibid., p. 248).
15Elle contient notamment de nombreux calques grammaticaux et syntaxiques, par exemple : totus paralysi dissolutus30 : ὅλως παραλύσει διελύθη ; per naturam mollem31 : διὰ τῆς ἁπαλῆς φύσεως ; moriturae uirginitatis principia32 : προοίμια τῆς ἀπολλυμένης παρθενείας ; in arenis mollibus33 : ἐν ταῖς ἁπαλαῖς ψάμμοις ; ad interrogationem … suspensus34 : ἀναρτηθεὶς τῇ ἐπερωτήσει ; collegam meum amoris daemonem35 : τοῦ κολληγᾶ μου δαίμονος ἐρωτικοῦ.
16Les constructions maladroites y sont légion. Dans l’exemple suivant, l’usage de la préposition « ἐν » est effarant et laisse penser qu’il ne s’agit pas d’un hellénophone :
- 36 Vie d’Hilarion, ch. 10.5 (ibid., p. 240).
Vie BHL 3879 : urbis Ailae, quae mari Rubro imminet36
Vie BHG 752 : πόλεως Ἀϊλᾶ, ἥτις ἐν τῇ Ἐρυθρᾷ θαλάσσῃ κεῖται.
- 37 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 360 (ch. 18.5).
17Elle est également pourvue de plusieurs erreurs portant sur des termes polysémiques, dont le traducteur n’arrive pas à saisir la nuance sémantique. L’usage du verbe εὐλαβεομαι-οῦμαι pour traduire « timeo » est maladroit dans un contexte où l’on s’attendrait plutôt à avoir « φοβεομαι-οῦμαι », comme dans la Vie BHG 753 (ἐφοβήθησαν)37.
- 38 Vie d’Hilarion, ch. 10.7 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 240).
Vie BHL 3879 : Clamor ortus ab omnibus ; timebant enim ne confecta ieiuniis membra collideret38.
Vie BHG 752 : Κραυγὴ οὖν παρὰ πάντων ἐγένετο, εὐλαβουμένων μὴ τὰ ἐξασθενήσαντα ὑπὸ τῶν νηστειῶν μέλη ὁ νεανίσκος συντρίψῃ.
18Les transformations stylistiques, tel le passage du style direct au style indirect, sont rares, par exemple :
- 39 Vie d’Hilarion, ch. 10.13 (ibid., p. 242).
Vie BHL 3879 : Cumque Orion flens diceret : « Accipe et da pauperibus »39.
Vie BHG 752 : Καὶ ὡς Ὠρίων κλαίων παρεκάλει δέξασθαι καὶ δοῦναι πτωχοῖς.
19En effet, dans la plupart des cas où il s’écarte de l’original et qu’il tâche de le compléter, le résultat est souvent incompréhensible et les constructions sont maladroitement complétées :
- 40 Vie d’Hilarion, ch. 10.12 (ibid., p. 240, 242).
Vie BHL 3879 : ut ille uenderet gratiam Spiritus sancti hic mercaretur40.
Vie BHG 752 : ὡς τὸν μὲν πωλῆσαι τὴν χάριν τοῦ ἁγίου Πνεύματος, τὸν δὲ θέλειν ὀνήσασθαι.
20Ici l’auteur de la Vie BHG 752 rajoute l’infinitif θέλειν, alors que normalement on devrait avoir plutôt un participe.
- 41 Vie d’Hilarion, ch. 14.5 (ibid., p. 254).
Vie BHL 3879 : post tantam ferociam tantam subito masuetudinem41
Vie BHG 752 : τὴν τοσαύτην ἀγριοτήτα εἰς τοσαύτην ἡμερότητα μεταβάλλουσαν.
21Ici on s’attendrait plutôt à avoir un participe à la voix passive. En outre, le sujet du participe étant τὸ θηρίον, il s’agirait plutôt d’un participe neutre. Le choix du participe féminin est dû à la fluctuation par rapport au genre grammatical du substantif κάμηλος (ὁ/ἡ).
- 42 Les résultats de cette recherche feront l’objet d’une publication à paraître dans les Cahiers de Bi (...)
22Pour finir, une attention particulière a été prêtée au positionnement du traducteur vis-à-vis de l’hypotexte scripturaire42, qui s’avère être le seul cas où il peut s’écarter de l’original sans commettre de maladresse flagrante. Ses interventions restent toutefois assez limitées et ne sauraient être dissociées de sa démarche générale de traduction, caractérisée par une attitude assez servile à l’égard de l’original latin.
La Vie BHG 753
- 43 G. Genette, Palimpsestes, Paris 1982, p. 13.
23Les conférences de cette année ont été l’occasion de passer au crible les traits caractéristiques de la Vie BHG 753, en termes d’hypertextualité, terme désignant « toute relation unissant un texte B (hypertexte) à un texte antérieur A (hypotexte) sur lequel il se greffe d’une manière qui n’est pas celle du commentaire43 ». Se situant à la limite de la métaphrase, la Vie BHG 753 présente un intérêt particulier du point de vue de la réécriture littéraire. Grâce à une série de nouvelles remarques, nous avons pu affiner notre compréhension des pratiques de réécriture de l’auteur, en mettant en évidence des transformations d’ordre formel, quantitatif ou narratif. En voici quelques exemples.
- 44 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 362 (ch. 18.24).
- 45 Voir par exemple, ibid., p. 365-366 (ch. 21.21) et 368 (ch. 22.19).
24L’auteur de la Vie BHG 753 n’hésite pas à compléter certains épisodes, notamment des récits de miracles, en créant des scènes plus ou moins stéréotypées : par exemple, pour clore le récit de la guérison miraculeuse d’Orion qui s’achève brusquement dans l’original, il ajoute que le miraculé distribue ses biens aux nécessiteux44. Par ailleurs, il s’applique à insérer systématiquement le motif de l’imposition des mains inspiré par Actes 8 dans presque tous les récits de miracles45.
- 46 Ibid., p. 363 (ch. 20.12).
25Ses interventions narratives font parfois preuve d’une inventivité flamboyante. Il propose une réécriture assez imagée de l’épisode de la course de char qui oppose un officier païen de la ville de Gaza à un chrétien originaire de son mouillage Maïouma, en accentuant l’effet des incantations magiques déployées par le cocher païen : Italicus, le cocher chrétien, « lit » dans une coupe d’eau et arrive à visualiser l’effet des sorcelleries opérées par son rival46. Le lecteur n’est pas à une surprise près : l’auteur de la Vie BHG 753 s’amuse parfois à inverser les rôles des personnages de manière étonnante : dans le miracle concernant Orion, un homme au regard farouche habité par le démon et attaché avec des chaînes, ce n’est pas Hilarion qui demande à Jésus de libérer ce captif, comme dans l’original latin, mais le miraculé lui-même :
- 47 Vie d’Hilarion, ch. 10.9 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 240).
- 48 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 361 (ch. 18.12).
Vie BHL 3879 : Cumque ille eiularet et reflexa ceruice terram uertice tangeret : « Domine, inquit, Iesu, solue miserum, solue captiuum ; et unum, ita et plures uincere tuum est47. »
Vie BHG 753 : Εἰς ἑαυτὸν δὲ ἐλθὼν ὁ ἀνὴρ ἐπεκαλέσατο τὸν Κύριον, λέγων · Κύριε Ἰησοῦ Χριστέ, λῦσόν με τὸν ταπεινὸν καὶ αἰχμάλωτον, μίαν ψυχὴν σῶσαι καὶ πολλοὺς πολεμοῦντας τὸ πλάσμα σου νικῆσαι σόν ἐστιν, φιλάνθρωπε δέσποτα48.
26Dans le même épisode, l’auteur de la BHG 753 fait parler le démon lui-même, en ajoutant des tirades en style direct, sans aucun lien avec le texte latin.
- 49 Ibid., p. 361 (ch. 18.9-10).
Διωκόμενος δὲ ὁ λεγεὼν τῶν δαιμόνων ἔκραξε λέγων · ἐξέρχομαι δοῦλε τοῦ Θεοῦ Ἱλαρίων · τί ἡμᾶς βασανίζεις ; Καὶ κλίνας τὴν κεφαλὴν καὶ τῇ κορυφῇ τύψας τὴν γῆν καὶ ῥίψας αὐτὸν ἐπ᾽αὐτὴν ἐξῆλθεν ἀπ᾽αὐτοῦ49.
27Certaines expansions stylistiques et narratives servent à renforcer le caractère dramatique du récit, tout en créant une sorte de mise en scène. Dans l’exemple ci-dessous, l’auteur de la Vie BHG 753 se hâte de préciser que le vieillard était en train de se reposer dans sa cellule, et qu’Orion était accompagné de sa femme et de ses enfants, informations absentes de l’original :
- 50 Vie d’Hilarion, ch. 10.3 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 238).
- 51 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 359 (ch. 17.7).
- 52 Vie d’Hilarion, ch. 10.13 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 242).
- 53 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 361 (ch. 18.18).
Vie BHL 3879 : Quem postquam fratres uidere, perterriti – erat enim mirae magnitudinis – nuntiauerunt Patri50.
Vie BHG 753 : ἰδόντες δὲ αὐτὸν οἱ ἀδελφοὶ ἐφοβήθησαν καὶ ἔφυγον ἔσω, καὶ εἰσελθόντες ἐμήνυσαν τῷ ἁγίῳ περὶ αὐτοῦ · ἦν γὰρ ἐν τῷ κελλίῳ ἡσυχάζων51.
Vie BHL 3879 : Cumque Orion flens diceret : « Accipe et da pauperibus »52…
Vie BHG 753 : Προσέπεσεν οὖν μετὰ τῆς γυναικὸς αὐτοῦ καὶ τῶν τέκνων κλαίων καὶ παρακαλῶν ἵνα δέξηται καὶ δῷ τοῖς πτωχοῖς53.
- 54 Voici quelques exemples : κρίνου, δαιμόνων γένος…εἰς τὸ ἑτοιμασθέν σου ἀκοίμητον πῦρ καταστρέφου (i (...)
28L’usage de la Vie d’Antoine, l’une des sources principales de la Vie latine à laquelle recourt de son côté aussi l’auteur de la Vie BHG 753, se trouve à l’origine d’amplifications stylistiques et de développements diégétiques. Ainsi, la lutte contre les démons, l’une des thématiques chères à l’auteur de la Vie BHG 753, est largement inspirée de la Vie d’Antoine. Le champ lexical afférent, souvent associé aux actes de sorcellerie, revient constamment dans sa réécriture, notamment dans le cadre de récits de miracles54. Dans d’autres cas, la mise à profit de la Vie d’Antoine débouche sur des expansions diégétiques beaucoup plus importantes. Pour clore le miracle de guérison de la vierge saisie par le démon, l’auteur de la Vie BHG 753 met dans la bouche d’Hilarion un discours destiné au démon, complètement absent du latin et lui permettant de rebondir sur un passage autour du pouvoir exercé par les démons sur les hommes et les animaux, emprunté à la Vie d’Antoine (29, 1-5 et 30, 3), également absent du latin. Cet emprunt littéraire reflète une bonne connaissance du texte d’Athanase d’Alexandrie, car l’auteur de la Vie BHG 753 pioche les informations dans des endroits différents du récit.
- 55 Vie d’Hilarion, ch. 12.10 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 248).
- 56 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 365-366 (ch. 21.20-26).
- 57 Athanase d’Alexandrie, Vie d’Antoine , introduction, texte critique, trad., notes et index par G. J (...)
- 58 Ibid., p. 218, 220.
Vie BHL 3879 : Et magis reddita sanitate increpuit uirginem, cur fecisset talia, per quae daemon intrare potuisset55.
Vie BHG 753 : Λέγει αὐτῷ ὁ ἅγιος · φιμώθητι τὸ λοιπὸν καὶ ἔξελθε ἀπ᾽αὐτῆς · πρὸς τὸ γὰρ γνῶναι τοὺς παρόντας τὴν ἀσθενῆ καὶ ἄτονον δύναμίν σου ἐπετράπη σοι εἰπεῖν ταῦτα. Καὶ ἐπιθεὶς τὰς χεῖρας αὐτοῦ ἐπὶ τὴν κεφαλὴν τῆς παρθένου ἐν τῷ ὀνόματι τοῦ Κυρίου Ἰησοῦ ἐκαθάρισεν αὐτήν, καὶ ἤρξατο ἐγκαλεῖν αὐτῇ ἐπὶ τῶν παρόντων · διατί ἔδωκε καιρὸν τῷ ἀκαθάρτῳ καὶ μιαρῷ δαιμόνι εἰσελθεῖν εἰς αὐτήν ; Ἀπολυθεῖσα δὲ ἐπανῆλθεν εἰς τὸν οἶκον αὐτῆς.
Ἔλεγεν δὲ ὁ ἅγιος πρὸς τοὺς παρόντας, ὅτι ἐὰν μὴ ἡμεῖς δῶμεν καιρὸν καθ᾽ἑαυτῶν τοῖς ἀκαθάρτοις δαίμοσιν, οὐδὲν ἰσχύουσιν ἡμῶν, ἀλλ᾽οὐδὲ ἀλόγων ζῴων ἐξουσίαν ἔχουσιν ἄνευ τοῦ συγχωροῦντος Θεοῦ. Καὶ γὰρ κατὰ τῶν κτηνῶν Ἰὼβ αἰτήσας ἔλαβεν (Job 1, 14-22) · ὁμοίως δὲ καὶ κατὰ τῶν χοίρων, ὡς ἐν τοῖς ἁγίοις Εὐαγγελίοις γέγραπται (Mt 8, 28-33). Ἡμῖν δὲ τὴν κατ᾽αὐτῶν ἐξουσίαν ἔδωκεν ὁ Κύριος λέγων · ἰδοὺ δέδωκα ὑμῖν ἐξουσίαν πατεῖν ἐπάνω ὄφεων καὶ σκορπίων καὶ ἐπὶ πᾶσαν τὴν δύναμιν τοῦ ἐχθροῦ (Luc 10, 19). Ἐξουσίαν δὲ παρὰ τοῦ Κυρίου κατ᾽αὐτῶν λαβόντες, καθαροὺς ἑαυτοὺς ἀπὸ παντὸς μολυσμοῦ σαρκὸς καὶ πνεύματος φυλάξωμεν, καὶ οὐδὲν ἰσχῦσαι καθ᾽ἡμῶν οἱ πονηροὶ δαίμονες δύνανται56.
Vie d’Antoine 29, 1-5 : Ἐὰν δέ τις τὰ τοῦ Ἰὼβ λογίσηται, καὶ εἴπῃ · […] γινωσκέτω πάλιν ὁ τοιοῦτος, ὡς οὐκ ἦν ὁ διάβολος ὁ ἰσχύων, ἀλλ᾽ὁ θεὸς ὁ παραδοὺς αὐτῷ πρὸς πεῖραν τὸν Ἰώβ. Ἀμέλει μηδὲν δυνάμενος ποιῆσαι, ᾔτησε καὶ λαβὼν λοιπὸν πεποίηκεν. Ὥστε καὶ ἐκ τούτου μᾶλλον καταγνωστέος ἐστὶν ὁ ἐχθρὸς ὅτι, καίτοι θέλων, οὐδὲ καθ᾽ἑνὸς ἴσχυσεν ἀνθρώπου δικαίου […] Καὶ οὐ θαυμαστὸν εἰ κατὰ τοῦ Ἰὼβ οὐκ ἴσχυσεν ὅπου γε οὐδὲ κατὰ τῶν κτηνῶν αὐτοῦ ἐγένετο, εἰ μὴ συγχωρήσας ἦν ὁ θεός. Ἀλλ᾽οὐδὲν κατὰ χοίρων ἔχει τὴν ἔξουσίαν. « Παρεκάλουν » γάρ, ὡς ἐν τοῖς εὐαγγελίοις γέγραπται, τὸν Κύριον « λέγοντες · Ἐπίτρεψον ἡμῖν ἀπελθεῖν εἰς τοῦς χοίρους. » Eἰ δὲ μηδὲ χοίρων ἔχουσιν ἐξουσίαν, πολλῷ μᾶλλον τῶν κατ᾽εἰκόνα θεοῦ γεγενημένων ἀνθρώπων οὐκ ἔχουσιν ἐξουσίαν57.
Vie d’Antoine 30, 3: Διὰ τοῦτο γὰρ καὶ πάντα ποιοῦσιν, ἵνα μὴ ἔχωσι τοὺς πατοῦντας αὐτούς. Ἴσασι γὰρ τὴν κατ᾽αὐτῶν δοθεῖσαν χάριν τοῖς πιστοῖς παρὰ τοῦ Σωτῆρος, λέγοντος αὐτοῦ : « Ἰδοὺ δέδωκα ὑμῖν ἐξουσίαν πατεῖν ἐπάνω ὄφεων καὶ σκορπίων, καὶ ἐπὶ πᾶσαν τὴν δύναμιν τοῦ ἐχθροῦ58. »
- 59 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 363 (ch. 20).
- 60 Ibid., p. 364 (ch. 21).
- 61 Ibid., p. 363 (ch. 20).
29Réduction et amplification ne menant pas des existences séparées, mais allant de pair, l’auteur de la Vie BHG 753 procède également à une « opération d’élagage/émondage » qui consiste à supprimer les parties inutiles afin d’alléger le texte. Ainsi, il laisse tomber des realia auxquels ses destinataires ciblés ne seraient pas sensibles : la terminologie technique liée à la course de chars59, le culte rendu au dieu Esculape60 – synthèse de magie thaumaturgique et de divinatio thérapeutique qui se pratiquait surtout à Épire et en Dalmatie –, une digression sur la fête romaine des consualia61.
30Sur le plan formel, même si la Vie BHG 753 donne à première vue l’impression d’être écrite dans un meilleur grec que la Vie BHG 752, elle n’est pas exempte de problèmes linguistiques, à commencer par des répétitions, comme dans l’exemple suivant :
- 62 Ibid., p. 358 (ch. 15.1-3).
Γυνή τις ἀπὸ Ῥινοκουρούρων τυφλωθεῖσα ἀπὸ δεκαετοῦς χρόνου, καὶ πάντα τὰ ὑπάρχοντα αὐτῆς ἰατροῖς προσαναλώσασα καὶ μηδὲν παρ᾽αὐτῶν ὠφεληθεῖσα, ἀλλά, καθὼς περὶ τῆς αἱμορρούσης ἐν τοῖς ἁγίοις Εὐαγγελίοις γέγραπται, μᾶλλον εἰς τὸ χεῖρον ἐλθοῦσα, χειραγωγουμένη προσήχθη αὐτῷ δεομένη καὶ λέγουσα τὴν αἰτίαν τοῦ πάθους καὶ τὸν χρόνον, καὶ ὅτι πάντα τα ὑπάρχοντα αὐτῆς τοῖς ἰατροῖς προσαναλώσασα οὐδὲν ὠφελήθη62.
31Par ailleurs, la place de certains mots n’est pas toujours naturelle et les juxtapositions sonnent bizarrement à l’oreille d’un hellénophone : nous avons l’impression d’avoir affaire à des gloses insérées a posteriori dans le texte, comme les termes « οἱ κύριοι σειρὰς δήσαντες ἀσφαλῶς », « ὀστράκινον » et « ῥήματα » dans les exemples ci-dessous.
- 63 Ibid., p. 368 (ch. 23.2).
- 64 Ibid., p. 363 (ch. 20.11).
- 65 Ibid., p. 364 (ch. 21.5).
κάμηλον γὰρ τὴν λεγομένην βάκτρωνα, ὑπερμεγέθη, ὑπὸ ἀγρίου δαίμονος πληγεῖσαν, οἱ κύριοι σειραῖς δήσαντες ἀσφαλῶς, ὑπὸ τριάκοντα ἀνδρῶν κρατουμένην ἤγαγον πρὸς αὐτόν63…
ἀλλ᾽ἐκέλευσεν τὸ ποτήριον αὐτοῦ, ἐν ᾧ ἔπινεν, ὀστράκινον, πληρωθῆναι ὕδατος καὶ δοθῆναι αὐτῷ64.
…καὶ ποιήσας πέταλα χαλκᾶ ἔγραψεν εἰς αὐτὰ τὰς τῶν δαιμόνων μορφὰς καὶ τὰ τῆς τοιαύτης ἀσεβείας σύμβολα, ῥήματα, καὶ ὀρύξας ὑπὸ τὰς φλίας τοῦ οἴκου τῆς παρθένου, ἀφανῶς καταχώσας αὐτά, ἀπῆλθεν65.
32L’attitude de l’auteur de la Vie BHG 753 vis-à-vis de l’hypotexte scripturaire permet de confirmer certains traits caractéristiques de sa position traductive et de son remaniement littéraire. Les Écritures se trouvent au cœur de sa démarche de réécriture donnant lieu à des transformations formelles, quantitatives, ainsi que narratives, en y décelant différents degrés d’intervention.
*
33Dans le sillage des séances tenues pendant l’année académique 2021-2022, les conférences de cette année ont permis de marquer des avancées importantes dans l’étude du dossier grec de la Vie d’Hilarion. La richesse du dossier illustre à quel point les auteurs hellénophones se sont intéressés à ce moine très tôt. Les auteurs des versions grecques BHG 752 et 753 engagent un dialogue singulier avec leur modèle, ce qui est révélateur de leur façon d’aborder l’œuvre de traduction. Une étude approfondie des deux textes, placés en regard de l’original latin, permet de glaner de nombreux indices sur le transfert de la légende latine vers le monde hellénophone, et de réfléchir autour de tout ce que l’on a pu perdre comme texte au fil des siècles.
Notes
1 Pour une présentation détaillée du dossier, avec renvois à la bibliographie antérieure, on renverra à A. Lampadaridi, « Traduire le “Père des Traducteurs”. Recherches sur les versions grecques de la Vie d’Hilarion par Jérôme (BHL 3879) », Annuaire EPHE-SR 130 (2023), p. 351-362.
2 Cette recherche a fait l’objet d’un programme européen Marie Curie Individual Fellowship (TRANSFA, HORIZON 2020 no 892782), hébergé à l’Institut de recherches historiques de l’EIE (Athènes), en partenariat avec la Société des Bollandistes (Bruxelles). Voir https://cordis.europa.eu/project/id/892782/fr. Elle bénéficie actuellement du soutien de la British Academy (Newton follow-on funding scheme NA 22/100003: Linguistic and Cultural Transfers in Byzantium: translating and rewriting a Latin legend into Greek).
3 Sur ce projet, voir aussi le carnet de recherches « Transferts linguistiques et culturels à Byzance » : https://transfbyz.hypotheses.org/.
4 Voir Jérôme, Trois vies de moines (Paul, Malchus, Hilarion), introd. par P. Leclerc, E. M. Morales, texte critique par E. M. Morales, trad. par P. Leclerc (SC 508), Paris 2007, p. 11-119 (introduction) et 212-219 (édition critique et traduction).
5 Pour la Vie BHG 752, nous renvoyons à notre propre édition critique en cours de préparation. Pour la Vie BHG 753, nous renvoyons à l’édition de R. F. Strout, « The Greek versions of Jerome’s Vita Sancti Hilarionis », dans W. A. Oldfather (éd.), Studies in the text tradition of St. Jerome’s Vitae Patrum, Urbana 1943, p. 347-394.
6 Vie d’Hilarion, ch. 11.8 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 244).
7 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 363 (ch. 20.11).
8 Vie d’Hilarion, ch. 12.3 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 246).
9 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 364 (ch. 21.5).
10 Vie d’Hilarion, ch. 10.14 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 242).
11 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 362 (ch. 18.20).
12 Vie d’Hilarion, ch. 8.10 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 234).
13 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 358 (ch. 14.26).
14 Vie d’Hilarion, ch. 10.3 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 238).
15 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 359 (ch. 17.8).
16 Vie d’Hilarion, ch. 10.2 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 238).
17 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 359 (ch. 17.5).
18 Vie d’Hilarion, ch. 13.5 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 250).
19 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 367 (ch. 22.12).
20 Vie d’Hilarion, ch. 14.6 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 254).
21 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 368 (ch. 23.8).
22 Vie d’Hilarion, ch. 4.1 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 224, 226).
23 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 353-354 (ch. 9.2-5).
24 Vie d’Hilarion, ch. 3.12 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 224).
25 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 353 (ch. 8.2-3).
26 Vie d’Hilarion, ch. 10.15 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 242).
27 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 362 (ch. 18.22).
28 Vie d’Hilarion, ch. 11.4 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 242, 244).
29 Vie d’Hilarion, ch. 10.2 (ibid., p. 238).
30 Vie d’Hilarion, ch. 11.1 (ibid., p. 242).
31 Vie d’Hilarion, ch. 11.2 (ibid., p. 242).
32 Vie d’Hilarion, ch. 12.2 (ibid., p. 246).
33 Vie d’Hilarion, ch. 13.4 (ibid., p. 250).
34 Vie d’Hilarion, ch. 13.6 (ibid., p. 250).
35 Vie d’Hilarion, ch. 12.9 (ibid., p. 248).
36 Vie d’Hilarion, ch. 10.5 (ibid., p. 240).
37 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 360 (ch. 18.5).
38 Vie d’Hilarion, ch. 10.7 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 240).
39 Vie d’Hilarion, ch. 10.13 (ibid., p. 242).
40 Vie d’Hilarion, ch. 10.12 (ibid., p. 240, 242).
41 Vie d’Hilarion, ch. 14.5 (ibid., p. 254).
42 Les résultats de cette recherche feront l’objet d’une publication à paraître dans les Cahiers de Biblindex 5 (2024) : « Traduire et réécrire le texte des Écritures dans deux versions grecques de la Vie d’Hilarion (BHG 752 et 753) par Jérôme ».
43 G. Genette, Palimpsestes, Paris 1982, p. 13.
44 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 362 (ch. 18.24).
45 Voir par exemple, ibid., p. 365-366 (ch. 21.21) et 368 (ch. 22.19).
46 Ibid., p. 363 (ch. 20.12).
47 Vie d’Hilarion, ch. 10.9 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 240).
48 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 361 (ch. 18.12).
49 Ibid., p. 361 (ch. 18.9-10).
50 Vie d’Hilarion, ch. 10.3 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 238).
51 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 359 (ch. 17.7).
52 Vie d’Hilarion, ch. 10.13 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 242).
53 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 361 (ch. 18.18).
54 Voici quelques exemples : κρίνου, δαιμόνων γένος…εἰς τὸ ἑτοιμασθέν σου ἀκοίμητον πῦρ καταστρέφου (ibid., p. 361 [ch. 18.8]) ; ἐπὶ τῇ ἐχθίστῃ τῶν αἱμοβόρων δαιμόνων κατὰ τοῦ εὐσεβοῦς ἀνδρὸς βλάβῃ… ἀπὸ τῆς βλάβης τῶν φθοροποιῶν δαιμόνων (ibid., p. 363 [ch. 20.3-4]) ; περιεργείαις διαβολικαῖς, τῇ τοῦ κατέχοντος αὐτὸν δαίμονος ὀρέξει καιόμενος, τῇ ὑπερβολῇ τῆς διαβολικῆς ἐκείνου συμμαχίας (hapax) αἰχμάλωτον (ibid., p. 364 [ch. 21.1-3]) ; τῇ ἐπιστασίᾳ τοῦ πυριφλέκτου καὶ φθοροποιοῦ δαίμονος (ibid., p. 364-5 [ch. 21.6]) ; ἐκ τοῦ βασκάνου δαίμονος, ὁ μιαρὸς καὶ ἀκαθαρτος δαίμων, ἐνυπνίων φαντασίαις ἐνέπαιζον ἀνθρώπους (ibid., p. 365 [ch. 21.8-10]) ; κακομήχανε διάβολε, εἰς τοιοῦτον σκεῦος εἰσελθών…ἀναιδέστατε (ibid., p. 368 [ch. 23.4-5]).
55 Vie d’Hilarion, ch. 12.10 (Jérôme, Trois vies de moines, p. 248).
56 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 365-366 (ch. 21.20-26).
57 Athanase d’Alexandrie, Vie d’Antoine , introduction, texte critique, trad., notes et index par G. J. M. Bartelink (SC 400), Paris 1994, p. 216, 218.
58 Ibid., p. 218, 220.
59 R. F. Strout, « The Greek versions », p. 363 (ch. 20).
60 Ibid., p. 364 (ch. 21).
61 Ibid., p. 363 (ch. 20).
62 Ibid., p. 358 (ch. 15.1-3).
63 Ibid., p. 368 (ch. 23.2).
64 Ibid., p. 363 (ch. 20.11).
65 Ibid., p. 364 (ch. 21.5).
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Référence papier
Anna Lampadaridi, « Recherches sur les versions grecques de la Vie d’Hilarion par Jérôme (BHL 3879) », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses, 131 | 2024, 415-426.
Référence électronique
Anna Lampadaridi, « Recherches sur les versions grecques de la Vie d’Hilarion par Jérôme (BHL 3879) », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses [En ligne], 131 | 2024, mis en ligne le 23 juillet 2024, consulté le 12 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/asr/5153 ; DOI : https://doi.org/10.4000/122xh
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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
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