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Chroniques de la section des Sciences religieuses – année 2023-2024

Mission française des fouilles de Tanis

Frédéric Payraudeau
p. xxxi-xlviii

Texte intégral

I. Rapport sur la LXVIIIe campagne de la mission à Tanis (F. Payraudeau)

1. Situation de la mission

1Les recherches récentes, menées à l’occasion à la fois des soixante ans de la MFFT et des quinze ans de la mort de Jean Yoyotte – qui en fut le directeur pendant vingt ans – ont montré opportunément que la Mission française des fouilles de Tanis n’est que le nouveau nom pris à la fin de 1965 par la mission de Pierre Montet à Tanis/Sân el-Hagar, en place depuis 1928-1929 (voir la contribution de Patrice Le Guilloux en II). Lorsque Jean Yoyotte en reprend la direction et mène sa première campagne en 1965, il signale dans son rapport devant l’Académie des inscriptions et belles-lettres :

  • 1 J. Yoyotte, « Reprise des fouilles de Tanis (avril-mai 1965) », CRAIBL 109ᵉ année, no 2 (1965), p.  (...)

Après huit années d’interruption totale, il se posait au Caire bon nombre de problèmes administratifs et matériels que la Mission a pu résoudre dans des délais assez rapides, mais non sans un effort harassant. L’aménagement à neuf de la maison de San et de son pavillon annexe […]. Comparées à celles que rencontra M. Montet dans ses années d’installation, les conditions de vie ont été radicalement améliorées par les progrès mêmes de l’économie locale : une bonne route goudronnée, dont un diverticule monte jusqu’à l’entrée du tell, permet de joindre Le Caire et San en trois heures d’automobile1.

  • 2 La campagne a eu lieu du 19 septembre au 20 octobre 2024, avec une équipe composée de Frédéric Payr (...)

2Force est de constater que soixante ans plus tard, dans le cadre de la réinstallation de la mission à l’automne 2024, les choses n’ont guère changé ! Après quatre ans d’absence, la MFFT a en effet repris ses activités de terrain lors de la mission de l’automne 2024, toujours dépendante de la Section des sciences religieuses de l’École pratique des hautes études et de l’UMR 8546 (CNRS, EPHE-PSL, ENS-PSL) archéologie et philologie d’Orient et d’Occident (Aoroc), avec l’appui du ministère français des Affaires européennes et étrangères2. Une nouvelle direction a été mise en place, avec Frédéric Payraudeau, maître de conférences (Sorbonne Université) comme directeur et pour directeurs-adjoints Laurent Coulon (Collège de France, EPHE-PSL) et Raphaële Meffre (CNRS, UMR 8546, Aoroc). Plusieurs institutions publiques et privées sont partenaires du projet, notamment l’Ifao, Sorbonne Université, l’UMR 8167 Orient & Méditerranée du CNRS, l’université de Lausanne, le Département égyptien du musée du Louvre, ainsi que le Centre interdisciplinaire de conservation et de restauration du patrimoine (CICRP) de Marseille. La mission bénéficie également de l’aide du Fonds Khéops pour l’archéologie et de la Nouvelle société des amis de Tanis (NSAT).

3Par ailleurs, l’implantation de la mission sur le site de Sân el-Hagar a subi une autre évolution importante : la maison de fouille construite sur une colline à l’ouest du site par Pierre Montet dès 1930, agrandie et aménagée par ses divers successeurs, a été partiellement détruite à la mi-juillet 2023. Seules sont conservées les parties attenantes aux magasins lapidaires, dont on espère qu’elles pourront être préservées comme lieux de travail. Cet état de fait a posé le problème de l’organisation du travail sur place (évacuation du mobilier, du matériel, de la bibliothèque et des copies d’archives, nécessité de trouver un nouveau logement dans le village). Une partie du mobilier, devenue inutile et difficile à stocker, a été vendue, une autre partie, dont quelques vestiges de la période Montet, a pu être ramenée à Sân et est désormais entreposée sur place dans un magasin loué à l’année.

4Le nouveau programme quadriennal prévoyait, en trois axes, des travaux archéologiques ou architecturaux dans les secteurs des portes est, sud et ouest du téménos d’Amon, de la documentation épigraphique dans les magasins lapidaires et dans la nécropole royale, enfin des actions de préservation dans la nécropole royale. Les autorisations émises par le Comité permanent du ministère du Tourisme et des antiquités ont limité le travail aux activités dans la nécropole royale.

2. Travaux dans la nécropole royale

5En l’absence d’autorisations correspondantes, l’étude des 350 fragments de deux temples de Chéchonq V (768-730 av. J.-C.) et la reprise de l’inventaire des blocs ramessides n’ont pu avoir lieu. Les recherches se sont donc concentrées sur la nécropole royale, essentiellement sur la tombe NRT I.

Fig. 1. Plan partiel de la nécropole royale de Tanis (P. Le Guilloux, F. Payraudeau), © MFFT 2024.

6Un des objectifs de la mission était de poursuivre la couverture photographique de la nécropole, sous-documentée eu égard à son intérêt. Une photogrammétrie des extérieurs avait été réalisée dès 2016-2018 par Sébastien Poudroux, mais les intérieurs restaient à traiter. Frédérique Marchand-Beaulieu s’est donc attelée à cette tâche pour un programme prévu sur deux saisons au moins. La priorité a été donnée à la tombe d’Osorkon II et au caveau d’Ânkhefenmout dans la tombe de Psousennès, qui sont tous deux liés directement à des publications en préparation. La couverture photogrammétrique nous permettra d’étudier à la fois l’architecture, le décor et l’évolution de l’état des parois sous l’action des sels avec des images de haute définition et sans être gênés par les obstacles (sarcophages, piliers de soutènement, etc.). Un peu plus de dix mille clichés ont été pris, permettant de générer les modèles 3D et des ortho-images ainsi que des images de détails. Cinq salles ont été totalement couvertes : NRT I salles 1 à 4 ; NRT III salle 3, comprenant les parois (18 parois, 6 passages entre les pièces), les sols (2 sols complets et 4 sols soutenant des sarcophages), les plafonds (6 plafonds dont 2 avec des lacunes) et les sarcophages (4 mais les parois latérales ne sont pas toutes accessibles). Des difficultés se sont évidemment présentées : l’exiguïté de certains espaces empêchant la prise de vue, la discordance entre la nécessité d’avoir un éclairage homogène et la nécessité d’avoir un éclairage rasant pour les parois décorées de scènes et textes hiéroglyphiques. Le résultat obtenu est tout de même très satisfaisant. Les toitures ont été rephotographiées pour faire la jonction entre intérieurs et extérieurs.

Fig. 2. Vue de la salle 1 de NRT I à l’intérieur du modèle 3D, © MFFT, F. Marchand-Beaulieu. L’observation n’est plus gênée par le sarcophage anonyme au milieu de la pièce.

  • 3 P. Montet, La nécropole royale de Tanis, t. I. Les constructions et le tombeau d’Osorkon II, Paris, (...)

7Frédéric Payraudeau a mis à profit l’impossibilité d’accès au magasin pour rouvrir le dossier de l’histoire de NRT I3, en vue d’une publication globale en préparation avec G. Lenzo et R. Meffre. Un inventaire des remplois de granit et de calcaire utilisés par le premier constructeur de la XXIe dynastie puis par Osorkon II (milieu de la XXIIe dynastie) pour bâtir la tombe a été réalisé. L’examen du bâti et des phases de réalisation du décor sur ces remplois a confirmé que le caveau 4 a bien été redécoré sous Osorkon II au moment où ce roi s’approprie ce tombeau et en modifie la configuration. Un piquetage léger a été réalisé sous la XXIe dynastie pour effacer, sans succès total, les éléments de titulatures de Ramsès II. Un ravalement plus profond a été ensuite effectué sous Osorkon II pour ajouter les scènes du Livre de la Terre sur les parois nord et sud. Dans l’antichambre 1 agrandie par Osorkon II, et qui reçut beaucoup plus tard un sarcophage de granit, le dallage a été nettoyé, mais il ne correspond pas du tout au dessin publié par Montet. Dans la seconde partie de l’antichambre, il n’a pas pu être repéré aux endroits où Montet l’indiquait, le nettoyage jusqu’au niveau de pose du sarcophage anonyme, jamais réalisé, devra être poursuivi et laisse quelques espoirs d’identifier le propriétaire.

8Dans le cadre des recherches en cours sur la transmission des textes funéraires entre la fin du Nouvel Empire et l’Époque tardive, une nouvelle étude des textes et décors de la tombe NRT I a été entreprise. Elle était rendue nécessaire par les avancées de la recherche sur cette thématique mais surtout par la mauvaise qualité des relevés épigraphiques des publications de Montet, certes esthétiques, mais parfois fautives, notamment dans le rendu des textes. Par ailleurs la numérisation des dessins réalisés à la fin des années 1980 par Frédérique von Känel, épigraphiste de la MFFT à cette époque, permettait de comparer l’évolution de l’état des parois entre les années 1940, les années 1980 et aujourd’hui.

  • 4 Tombe aujourd’hui conservée au musée égyptien du Caire (Caire JE 88131), avec son mobilier funérair (...)
  • 5 P. BM EA 10554 = G. Lenzo, The Greenfield Papyrus. Funerary Papyrus of a Priestess at Karnak Temple (...)

9Giuseppina Lenzo a donc entrepris une nouvelle étude de ces textes funéraires issus du Livre de l’Amdouat (10e, 12e heures), du Livre de la Terre (scènes 1, 6 et 10), du Livre de la Nuit et du Livre du Jour (extraits), ainsi que du Livre des Morts (chap. 1, 15, 110, 125, 144, 145, 146). Certains de ces éléments icono-textuels se retrouvent sur des monuments ou papyrus de la Troisième Période intermédiaire, à Memphis (tombe du prince Chéchonq, fils d’Osorkon II)4 ou à Thèbes (Papyrus Greenfield de la dame Nestanebetichérou, fille de Pinedjem II)5. Ils constituent donc un témoignage primordial sur la transmission des textes entre les différents centres politico-religieux de l’époque. La saison 2024 a été consacrée aux vérifications des encrages réalisés par Anna Guillou des dessins sur calques de Frédérique von Känel, ainsi qu’à la traduction et au commentaire des textes. Par ailleurs, les scènes de la salle 4 de la tombe (caveau) ne semblaient pas avoir été dessinées dans les années 1980, de même que les scènes et inscriptions des plafonds des salles 1 et 3. Des mesures, photographies et notes ont été prises en vue de la réalisation des dessins à partir des ortho-images. Ces vérifications ont aussi permis de se rendre compte de l’impact des infiltrations d’eau activant les sels dans certains endroits précis (entrée et fond de la salle 2 notamment), mais aussi à chaque jonction de poutre.

3. Protection et conservation

10Un programme de conservation et de protection de la nécropole royale avait été lancé dans le programme quadriennal précédent, sans pouvoir aboutir à une solution définitive sauf pour la tombe de Chéchonq III (NRT V), désormais couverte et isolée. Il se poursuit donc, en collaboration avec le musée du Louvre et le CICRP et grâce au soutien du Fonds Khéops pour l’archéologie.

  • 6 S. Duberson et al., Synthèse sur la conservation et la restauration des reliefs peints de la nécrop (...)

11Ce programme vise à protéger les autres tombes royales de l’impact des eaux pluviales, tant par infiltration verticale que par ruissellement latéral, ainsi que par la remontée de la nappe phréatique. Entre 2017 et 2020, un diagnostic approfondi a été réalisé afin de définir des actions de conservation appropriées6. Au cours de la saison 2024, des discussions ont été relancées avec les autorités locales pour affiner le projet. Un consensus a été atteint sur la nécessité d’ériger une toiture et de mettre en place un système de pompage avant d’engager des opérations de conservation sur les murs extérieurs et intérieurs des tombes. Ce projet de toiture doit couvrir 900 m² sur plusieurs tombes, dont NRT I, II, III et IV, mais sa mise en œuvre est suspendue à l’obtention de financements et à la validation technique, qui nécessite des vérifications archéologiques qui n’ont pas pu être réalisées cette année.

12Concernant les travaux de protection, ceux-ci se sont donc concentrés sur le remblaiement partiel par Simone Nannucci de l’espace extérieur autour des tombes. En particulier, des efforts ont été réalisés pour améliorer l’écoulement des eaux pluviales dans la zone entre NRT I et NRT III, à l’ouest. Le sol de cette zone, en raison de sa morphologie concave et des remblais des années 1980, favorisait la stagnation des eaux et leur infiltration dans les tombes adjacentes. Pour y remédier, le creux a été comblé avec une superposition de sable, de briques crues, d’une bâche imperméable et d’un sédiment limoneux, créant ainsi une pente pour l’évacuation de l’eau. Divers trous dans la maçonnerie extérieure latérale ont été comblés par des mortiers ou des murets de calcaire. Parallèlement, un travail sur les maçonneries des couvertures des tombes NRT I et III a été effectué sous la direction de Philippe Bromblet et Lucie Antoine pour limiter les infiltrations d’eau. Tous les joints entre les dalles de toiture en calcaire ont été réparés avec un mortier approprié pour faciliter l’écoulement des eaux. Des interventions spécifiques ont été menées pour sécuriser les « trous de voleurs », à la fois en extérieur et en intérieur, en les documentant et en les comblant pour améliorer leur étanchéité.

13En ce qui concerne la conservation des parois intérieures, l’objectif principal de la mission 2024 était de reprendre contact avec le terrain après quatre ans d’inactivité et de dresser un état des lieux des tombes. Le diagnostic a révélé que la situation restait stable par rapport à 2020, mais que des problèmes persistent, notamment la dégradation des mortiers à cause de la cristallisation des sels dans certaines zones. Plusieurs actions spécifiques ont été engagées pour prévenir ces dégradations. Cela inclut la consolidation urgente des zones vulnérables, la fermeture des ouvertures pour limiter les mouvements d’air et les infiltrations, ainsi que la mise en place de tests pour de nouveaux mortiers temporaires, appelés « joints sacrificiels ». Ces joints permettent de protéger les reliefs des tombes en absorbant les sels, tout en étant facilement remplaçables une fois que des traitements plus définitifs pourront être appliqués.

14À la fin de la campagne, un protocole de travail a été signé avec le directeur de l’inspectorat local et les autorités de conservation archéologique régionales, permettant d’assurer la coordination des actions de conservation.

4. Activités hors terrain

15Les membres de la mission ont également poursuivi leurs activités hors du terrain, soit en raison de la fermeture des magasins lapidaires, soit en préparation d’une publication.

16L’étude des 220 fragments des tombes privées de la XXIe dynastie, ébauchée par Frédérique von Känel dans les années 1980 et reprise par Frédéric Payraudeau et Raphaële Meffre depuis 2014 est pratiquement terminée, malgré le retard accumulé en raison de l’impossibilité d’accès à la documentation lors de la saison 2018 et depuis 2020. La rédaction du chapitre sur l’architecture des tombes a permis d’approfondir la question de l’allure de ces tombes à partir des vestiges architectoniques épars (bases de colonnes, murs-pignons, éléments de chaînage, pyramidion). En collaboration avec Volha Aukhimovich-Mens (architecte HMONP), des reconstitutions 3D ont été élaborées permettant de préciser certaines caractéristiques architecturales des tombes d’élites telles qu’elles ont pu exister à Tanis (fig. 3).

Fig. 3. Reconstitution hypothétique d’une tombe d’élite de la XXIe dynastie à Tanis, © MFFT, F. Payraudeau, V. Aukhimovich-Mens.

17La reprise de l’étude de la tombe d’Osorkon II comprend, en plus des recherches épigraphiques, un réexamen du mobilier funéraire des six personnes au moins inhumées dans la tombe (le roi Osorkon II, son père Takélot Ier, son fils le prince Hornakht, et trois personnages inconnus). Raphaële Meffre et Giuseppina Lenzo ont repris en octobre 2024 le dépouillement des inventaires (Journal d’entrées et Registre temporaire) du musée égyptien du Caire, activité poursuivie avec Frédéric Payraudeau en février 2025.

18Laurent Coulon a poursuivi ses recherches sur les cultes d’Osiris dans le Delta, finalement mal connus en dehors de quelques grands centres ayant fait l’objet de monographies (Athribis, Behbeit el-Hagar, Imet). À défaut de pouvoir accéder aux magasins lapidaires, Laurent Coulon a principalement mené cette année une recherche sur les documents liés aux cultes osiriens de Bousiris, site « matrice » pour le Delta, dans le cadre de son séminaire EPHE-PSL (voir sa contribution dans ce même volume).

19Le classement, la numérisation et l’exploitation des archives de la mission, qui comprennent les archives de la Mission Montet (1929-1964) et les archives de la MFFT (1964-2024, avec une lacune 1984-2013), ont été poursuivis par François Leclère (EPHE-PSL) et par Patrice Le Guilloux. Le projet Anta (Archives numériques de Tanis) dont l’objectif est à terme une mise en ligne d’une partie des archives et une exploitation plus systématique de celles-ci est toujours dans une phase de préparation. Patrice Le Guilloux et François Leclère ont néanmoins poursuivi la saisie des métadonnées dans la base pour le fonds photographique de la Mission Montet conservé à l’EPHE-PSL. Cette exploitation des archives diverses permet également de documenter l’histoire de l’exploration du site. P. Le Guilloux a ainsi rédigé, en collaboration avec M. L. Bierbrier († février 2024), des notices destinées aux futures éditions du Who Was Who in Egyptology, Oxford, en vue d’y faire entrer d’anciens membres de la Mission Montet (Lucienne Epron, Jean-Louis Fougerousse, Marcel Jacquemin, Alexandre Lézine). Parallèlement, il a également mis la dernière main à un troisième ouvrage de publication d’archives privées relatives à l’exploration de Tanis, cette fois celles de Georges Goyon, chef de travaux de la Mission Montet (Souvenirs de Tanis [III]. Georges Goyon. Photographies et documents divers [1931-1956]).

5. Manifestations

20La mission a participé activement à l’exposition commémorant les quinze ans du décès du professeur Jean Yoyotte, directeur d’études à l’EPHE puis professeur au Collège de France, qui dirigea la MFFT de fin 1963 à 1985. L’exposition, organisée par Laurent Coulon (Collège de France, EPHE-PSL, Aoroc) et Marine Yoyotte (Arscan) s’est tenue du 21 juin au 19 juillet 2024, à l’Institut des civilisations du Collège de France. Deux vitrines et deux posters y présentaient l’œuvre de Jean Yoyotte à Tanis à partir de documents d’archives sélectionnés et présentés par Cécile Bernal-Beauger, Patrice Le Guilloux et François Leclère. Une journée d’étude était également organisée dans le cadre de cet événement, le 1er juillet 2024 à l’Institut des civilisations. La MFFT était représentée par P. Le Guilloux et Frédéric Payraudeau, ce dernier présentant une communication intitulée « Jean Yoyotte et 80 ans d’aventures tanites ».

6. Publications

21F. Leclère, P. Le Guilloux, « Les fouilles d’Auguste Mariette et du Service de conservation des antiquités de l’Égypte à Tanis », dans J. L. Podvin, D. Devauchelle (dir.), Mariette, deux siècles après, Lille, 2025, p. 167-196.

22F. Payraudeau et al., « Tanis (2024) », Bulletin archéologique des Écoles françaises à l’étranger 5 (2024), à paraître en ligne.

II. De la « Mission Montet » à la « Mission française des fouilles de Tanis » : histoire d’une transition7

  • 7 Patrice Le Guilloux, collaborateur scientifique de l’UMR 8546, Aoroc (CNRS, ENS-PSL, EPHE-PSL).

23L’année 2024 marque le soixantième anniversaire des relations unissant la section des Sciences religieuses de l’EPHE-PSL à la direction des fouilles de Tanis. Il convenait à cette occasion de retracer l’histoire, parfois complexe, du cadre institutionnel de la mission archéologique créée par Pierre Montet en 1929 et confiée en 1963 à Jean Yoyotte, quelques mois avant son élection, le 12 janvier 1964, à la direction d’études « Religion de l’Égypte ».

  • 8 Journal officiel de la République française – Lois et décrets, no 61, 101 (29-30 avril 1929), p. 50 (...)
  • 9 Quatre courtes campagnes furent également menées par la même mission en 1947-1949 et 1951 sur le si (...)

24La loi du 27 avril 1929 « portant ouverture au ministre de l’instruction publique et des beaux-arts d’un crédit de 200 000 fr., pour permettre de reprendre d’urgence les fouilles archéologiques commencées par Mariette dans le Tell de Tanis, en Égypte »8 est habituellement considérée comme l’acte fondateur de la mission archéologique française œuvrant sur le Tell Sân el-Hagar (Tanis)9, dont la charge échut initialement, par un arrêté ministériel du 10 août 1929, à Pierre Montet, professeur à l’université de Strasbourg. Interrompue à plusieurs reprises pour des raisons politiques ou diplomatiques, la « Mission Montet », nom de convenance attribué par l’usage, fut immédiatement soumise à l’examen administratif, financier et scientifique de la commission de l’Institut français d’archéologie orientale du Caire (Ifao), qui avait obtenu en 1907 la concession des ruines de Tanis, mais sans que celle-ci ne fût suivie d’effets sur le terrain. La documentation conservée dans les archives de l’EPHE-PSL et de quelques autres établissements – Archives nationales, Institut de France, Ifao et université de Strasbourg pour l’essentiel –, montre que la loi de 1929 ne fut en réalité que l’aboutissement d’un processus engagé par Montet deux ans plus tôt auprès de certaines institutions, en vue de rouvrir un chantier fouillé au xixe siècle par le Service des Antiquités de l’Égypte (SAE) et l’Egypt Exploration Fund (EEF).

  • 10 P. Le Guilloux, « De Pierre Lacau à Pierre Montet : la difficile reprise des fouilles de Tanis dans (...)
  • 11 P. Montet, « Les Ruines de San. Rapport à Monsieur le Ministre de l’Instruction Publique sur une Mi (...)

25L’indépendance d’esprit et la forte hostilité qui l’opposait à Georges Foucart, directeur de l’Ifao de 1914 à 1928, incitèrent Montet à placer sa nouvelle mission sous l’égide de la faculté des lettres de l’université de Strasbourg, où il enseignait depuis 1919, plutôt que de réactiver l’ancienne concession de 1907, ce qui ne manqua pas d’irriter certains de ses collègues10. Grâce au soutien de Pierre Lacau, directeur du SAE, et de Jacques Cavalier, directeur de l’Enseignement supérieur au ministère de l’Instruction publique et signataire des premières demandes d’autorisation de fouilles, Montet obtint pourtant dès le 10 mai 1928 la permission du SAE de se rendre à Tanis pour y effectuer des relevés, sondages et déblaiements superficiels, en prélude à ses futures recherches. Cette courte campagne préliminaire, qui débuta le 11 mai 1928, ne fut pas intégrée dans le comput de celles menées ensuite par la Mission Montet, bien qu’elle marquât le véritable début des travaux conduits à Tanis par le fouilleur11.

26Après être parvenu à constituer, non sans difficulté, une équipe qui lui resta longtemps fidèle, Montet poursuivit régulièrement ses prospections sur le site, supportées financièrement par une allocation annuelle du ministère de l’Instruction publique (renommé Éducation nationale en 1932), augmentée d’une subvention du musée du Louvre et de subsides réunis au sein d’une association fondée en 1929 à l’université de Strasbourg, la « Société des amis de Tanis ». L’apogée des activités eut lieu au cours des XIe et XIIe campagnes (1939-1940) avec la découverte de la nécropole royale des XXIe et XXIIe dynasties, parachevée en 1946.

27Durant la Seconde Guerre mondiale, la situation administrative évolua sensiblement. Le service des missions archéologiques, qui dépendait auparavant de la direction de l’Enseignement supérieur du ministère de l’Éducation nationale, fut transféré en 1940 au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), créé l’année précédente au sein du même ministère – en remplacement de l’ancienne Caisse nationale de la recherche scientifique –, dont le directeur signa les demandes déposées auprès du SAE pour l’obtention des renouvellements des concessions de fouilles. Celle de la mission de Tanis fut approuvée pour l’année 1941, mais les circonstances ne permirent pas à la campagne d’avoir lieu. En janvier 1942, le régime de Vichy scinda en deux commissions l’organisation de l’archéologie française : la XVe pour le territoire métropolitain et la XVIe pour les fouilles hors de France. L’interruption des campagnes de terrain entre 1941 et 1944 fut mise à profit par Montet, qui documenta à Paris ses découvertes récentes avec le concours de deux jeunes assistants, Serge Sauneron et Jean Yoyotte, âgés d’une quinzaine d’années lorsqu’ils offrirent leurs services au savant, en 1943-1944.

  • 12 Il était déjà auparavant utilisé par Montet lui-même dans certaines correspondances ou attestations

28Dès 1945, au lendemain de la guerre, fut créée auprès de la nouvelle Direction générale des relations culturelles, scientifiques et techniques (DGRCST) du ministère des Affaires étrangères une « Commission consultative des fouilles et missions archéologiques », transférant ainsi la responsabilité de l’archéologique française à l’étranger du ministère de l’Éducation nationale (ex-XVIe Commission du CNRS) au Quai d’Orsay. Le secrétariat général fut d’abord confié à René Dussaud, grand promoteur des fouilles tricolores au Proche-Orient depuis les années 1920, puis, de 1946 à 1959, à son collègue et disciple Claude Schaeffer, tous deux proches soutiens de Montet et de la « Mission archéologique française de Tanis », nom sous lequel elle apparut désormais dans les pièces administratives12, avec parfois omission de l’un ou l’autre des adjectifs. Une sous-commission, présidée par Lacau, traitait plus précisément des chantiers d’Égypte et d’Éthiopie. Les subventions du Louvre s’évanouirent à la même époque, tout comme la Société des amis de Tanis qui n’avait pas survécu aux derniers bouleversements de l’université de Strasbourg. Montet put toutefois retourner sur le site dès 1945 et y poursuivre chaque année ses fouilles, avec une équipe partiellement renouvelée, jusqu’en 1951. Celles-ci conduisirent notamment à la mise au jour en 1948 d’un lac sacré enserré dans le téménos d’Amon qui, par les nombreux blocs remployés inclus dans sa maçonnerie, fournit une formidable moisson épigraphique et iconographique, et devint dès lors le principal centre d’intérêt des archéologues.

  • 13 Selon la formule employée par Edmond Faral, administrateur du Collège de France, dans une lettre ad (...)

29Entre-temps, Montet avait succédé à Lacau, le 1er mai 1948, à la chaire d’égyptologie du Collège de France. Son enseignement portant sur les « Monuments et inscriptions de Tanis et du Delta oriental », d’une part, et les fouilles de Tanis ne pouvant plus être parrainées par l’université de Strasbourg, d’autre part, celles-ci furent implicitement considérées comme « une dépendance de sa chaire »13 et la Mission Montet continua de faire parvenir ses demandes au SAE au nom de la direction de l’Enseignement supérieur du ministère de l’Éducation nationale, le Quai d’Orsay sursoyant de son côté au financement.

30Le 29 novembre 1951, un couperet s’abattit sur les fouilles françaises : en représailles au refus de la France d’accorder un visa à un professeur de l’université du Caire, désigné pour diriger un futur institut culturel égyptien à Alger, le ministre égyptien de l’Instruction publique, Taha Hussein Pacha, suspendit les autorisations de fouilles pour tous les archéologues français et leur interdit de se rendre en Égypte, tandis que les bâtiments de leurs missions devaient être évacués et mis sous scellés. Ce grave incident diplomatique, sans précédent, s’inscrivait dans le sillage du mouvement nationaliste croissant qui aboutit le 23 juillet 1952 au renversement du roi Farouk et à la fin de la mainmise française sur la direction du SAE.

31L’interdiction se prolongeant, la Commission des fouilles du ministère des Affaires étrangères encouragea les égyptologues français à ouvrir de nouveaux chantiers dans les pays voisins ou historiquement liés à l’Égypte. Sur la suggestion de Schaeffer, Montet se tourna vers la Cyrénaïque et le site d’Apollonia, où il mena quatre campagnes de fouilles entre 1953 et 1956. Élu à l’Académie des inscriptions et belles-lettres (AIBL) en 1953 et profitant d’une circulaire égyptienne qui allait autoriser, à partir de 1954, les archéologues français à effectuer certains travaux ne comportant pas de fouilles, Montet proposa en mai 1953 à Mustapha Amer, premier directeur égyptien du SAE, de s’intéresser aux blocs de remplois présents dans la maçonnerie du tombeau de Chéchonq III, découvert à Tanis en 1940. En retirant ces blocs décorés et en les remplaçant par d’autres anépigraphes provenant du lac sacré, le chef de mission n’effectuait aucune fouille, mais de simples « travaux de complément », qui lui permettaient néanmoins de reprendre pied sur le site. L’autorisation lui fut finalement accordée et une XXe campagne put avoir lieu en avril 1955, au cours de laquelle Bernard Groslier, importé de la mission de Cyrénaïque, put organiser le démontage du puits de la tombe. L’autorisation fut reconduite en avril 1956 et la suite des opérations de démontage et remontage des blocs fut assurée cette fois par Georges Goyon, compagnon de longue date du fouilleur de Tanis, assisté de la fille aînée de ce dernier, Pernette Montet-Lézine. Cette XXIe campagne fut la dernière que dirigea Montet, âgé de soixante-dix ans et admis à la retraite du Collège de France.

32Ce départ en pension ne fut pourtant pas à l’origine de la fin de ses travaux de terrain. De nouveau, les missions archéologiques eurent à subir les effets collatéraux d’événements politiques durant la crise de Suez. La désastreuse opération « Mousquetaire », orchestrée par les Français et les Britanniques, entraîna le 1er novembre 1956 la proclamation de la loi martiale par les autorités égyptiennes et la mise sous séquestre immédiate des biens et comptes bancaires des ressortissants des deux pays. La France ferma son ambassade au Caire et confia la défense de ses intérêts à la légation suisse.

  • 14 Une grande partie des échanges épistolaires relatifs à ce dossier est conservée dans les archives d (...)

33Trois ans plus tard, malgré les conséquences persistantes de la crise, le ministre égyptien de la Culture, Tharwat Okacha, sollicita auprès de l’Unesco une aide internationale afin de documenter les temples de Nubie menacés par la construction du Haut-Barrage d’Assouan. La France, par l’entremise de l’Ifao, y prit part et Montet tenta alors de profiter de cette ouverture aux missions étrangères pour relancer celle de Tanis. En accord avec la Commission des fouilles, informée que l’Égypte examinerait favorablement les requêtes issues des pays ayant répondu à l’appel de son ministre, il envoya le 6 mars 1960 à Anouar Shoukry, nouveau directeur du SAE, une demande de relance des fouilles du lac sacré et contacta personnellement Tharwat Okacha, qui lui suggéra « de faire parvenir la demande de la mission de Tanis par l’intermédiaire de l’Institut français du Caire », comme Montet en fit part aussitôt au ministre français de l’Éducation nationale, Louis Joxe14.

34Sans nouvelles après plusieurs mois, Montet confia deux missives supplémentaires, destinées au ministre Okacha et à Anouar Shoukry, à son collègue Jean-Philippe Lauer, autorisé à travailler en Égypte car employé par le SAE. Le 12 novembre 1960, l’architecte-fouilleur de Saqqarah l’informait que Shoukry acceptait la réouverture du chantier de Tanis, sous réserve « que cela soit demandé au nom d’un organisme scientifique (université, musée, etc.) ». Montet se tourna alors vers l’AIBL et son Secrétaire perpétuel, Alfred Merlin qui, dans une lettre adressée au directeur du SAE le 17 février 1961, assura officiellement le parrainage de son académie pour « les travaux de la Mission de Tanis que dirige notre Confrère, M. Pierre Montet ».

35Le mois suivant, Montet se rendit au Caire pour représenter l’Institut de France, à l’occasion des fêtes du centenaire de l’Institut d’Égypte. Il s’entretint avec le ministre Okacha et Anouar Shoukry, et obtint la permission de se rendre à Tanis pour effectuer des réparations urgentes à la maison de fouilles, toujours placée sous séquestre. Grâce à ces entrevues, il reçut le 11 mai 1961 l’autorisation accordée par le Comité permanent du SAE pour « la demande de l’Institut de France concernant la continuation de vos travaux de déblayage et de vos études du Lac Sacré de Tanis ». La Mission Montet pouvait enfin revenir sur le site et reprendre les fouilles laissées en suspens depuis dix ans. Une nouvelle campagne fut programmée pour les mois de novembre 1961 à mars 1962 et la subvention de 30 000 NF demandée au Quai d’Orsay fut acceptée. Toutefois, la campagne n’eut pas lieu car, en dépit d’annonces encourageantes du gouvernement égyptien, le séquestre se durcit et envisagea de vendre les biens présents dans la maison des fouilleurs pour payer les frais de gardiennage du site. Dans une note non datée, Montet faisait part de sa vive inquiétude, alors même que les conditions semblaient les plus favorables pour « constituer une mission avec les meilleurs éléments possibles ».

36Le séquestre se prolongea en 1962 et Montet, appelé l’année suivante à présider l’Institut de France, fut trop accaparé par les cérémonies du tricentenaire de l’AIBL pour poursuivre les démarches auprès du SAE. Pourtant, après sept ans d’attente, le séquestre fut enfin levé en septembre 1963. Immédiatement, la Commission des fouilles revint vers lui et André Parrot, remplaçant de Schaeffer, lui demanda de faire connaître ses intentions au sujet de la mission de Tanis, dont il était toujours considéré comme le directeur.

37Deux documents montrent que c’est au cours du mois suivant que Montet désigna son successeur. Le premier est un courrier adressé à Anouar Shoukry le 2 octobre 1963, dans lequel Montet expliquait au directeur du SAE que « [s]on adjoint, M. Jean Yoyotte, a l’intention de faire un voyage éclair en Égypte vers la fin de l’année. Il compte aller vous saluer et prendre un rapide contact avec Tanis. Je vous prie de bien vouloir l’accueillir comme l’unique représentant de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres ». Trois semaines plus tard, le 23 octobre, dans une lettre destinée cette fois à Parrot, relative à une ancienne facture impayée, Montet précisait que l’affaire serait traitée par « M. J. Yoyotte qui me remplace à la Mission ». De fait, une fiche manuscrite de Yoyotte nous apprend qu’il eut effectivement une entrevue avec Shoukry le 7 janvier 1964 et qu’il visita Tanis deux jours après. À l’évidence, cette date fut retenue pour l’officialisation de sa nouvelle fonction de directeur de la mission auprès des autorités égyptiennes.

  • 15 J. Yoyotte, « Reprise des fouilles de Tanis (avril-mai 1965) », CRAIBL 109ᵉ année, no 2 (1965), p.  (...)

38Mais si le chef en avait changé, la Mission archéologique française de Tanis restait la même. Elle cessa simplement d’être désignée par le nom de son fondateur et emprunta une nouvelle appellation d’usage en devenant dans les publications, à partir de 1965, la « Mission française des fouilles de Tanis (MFFT) ». Pour bien souligner la continuité avec l’œuvre de Montet autant qu’avec celle de la mission qu’il avait créée en 1929, Yoyotte évoqua, lorsqu’il put reprendre les travaux de terrain au printemps 1965, une XXIIe campagne de fouilles, et non une Ire de la MFFT, qui eût marqué une rupture, voire une cession de l’existence de la précédente. Dans le compte rendu qu’il en fit15, il indiqua sans ambiguïté « la prolongation de la concession obtenue sous le patronage de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres [i.e. celle du 11 mai 1961] », et ce fut logiquement que ses premières fouilles s’orientèrent vers le lac sacré, seule zone du site sur laquelle portait l’autorisation de 1961.

  • 16 Voir Archives nationales (Pierrefitte), le dossier coté 20190568/49 : École pratique des hautes étu (...)

39Il est donc inexact d’affirmer, comme cela nous arrive parfois, que la Mission Montet prit fin en 1956 ou que la MFFT fut créée en 1964. Cette année-là, la responsabilité de la mission de Tanis échut officiellement à Jean Yoyotte, tout juste nommé directeur d’études à l’EPHE, mais ce changement de direction – et de dénomination usuelle l’année suivante – n’entraîna pas de modification statutaire de la mission proprement dite. Avec circonspection, Yoyotte attendit la reprise effective des campagnes pour proposer au Conseil de la Ve Section de l’EPHE de patronner ses fouilles, ce qui lui fut accordé le 9 janvier 196616.

40Toutes ces opérations se déroulèrent du vivant même et avec l’appui de Pierre Montet, dont le rôle dans la remise en route du chantier fut, tout autant que celui de Jean Yoyotte, décisif. Aujourd’hui encore, la numérotation des campagnes de fouilles de la MFFT intègre les vingt et une dirigées par Montet, et c’est en 2029 qu’il conviendra de célébrer le centenaire de la Mission archéologique française de Tanis.

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Notes

1 J. Yoyotte, « Reprise des fouilles de Tanis (avril-mai 1965) », CRAIBL 109ᵉ année, no 2 (1965), p. 391-398.

2 La campagne a eu lieu du 19 septembre au 20 octobre 2024, avec une équipe composée de Frédéric Payraudeau (égyptologue, Sorbonne Université, directeur), Simone Nannucci (archéologue), Giuseppina Lenzo (égyptologue, université de Lausanne), Frédérique Marchand-Beaulieu (photogrammètre, CNRS-Aoroc), Philippe Bromblet (géologue, CICRP), Sophie Duberson (restauratrice, musée du Louvre), Lucie Antoine (restauratrice indépendante), Islam Mohamed Ezzat (ingénieur, Ayn Shams University), Ebeid Mahmoud Hamed (restaurateur, Ifao), Abdelaziz Mohamed Ahmed (restaurateur, Mota). Des réunions ponctuelles ont fait intervenir Nicholas Warner (architecte de conservation, ARCE) et Ramsès Nosshi (architecte, Mada). Le ministère du Tourisme et des Antiquités (Mota) était représenté par Moselhy Sayed, inspecteur, sous la supervision de Omar Hassib, directeur de la circonscription de Sân el-Hagar. Faute d’autorisation pour ouvrir les magasins, R. Meffre (CNRS-Aoroc) et L. Coulon (EPHE-PSL, Collège de France).

3 P. Montet, La nécropole royale de Tanis, t. I. Les constructions et le tombeau d’Osorkon II, Paris, 1947 ; P. Brissaud, « Les fouilles dans le secteur de la nécropole royale (1984-1986) », CahTan 1 (1987), p. 7-43.

4 Tombe aujourd’hui conservée au musée égyptien du Caire (Caire JE 88131), avec son mobilier funéraire : G. Lenzo, R. Meffre, F. Payraudeau, La tombe memphite du prince héritier Chéchonq et son matériel funéraire, Le Caire, Institut français d’archéologie orientale, 2023.

5 P. BM EA 10554 = G. Lenzo, The Greenfield Papyrus. Funerary Papyrus of a Priestess at Karnak Temple (c. 950 BCE), Louvain, Peeters, 2023 (British Museum Publications on Egypt and Sudan 15).

6 S. Duberson et al., Synthèse sur la conservation et la restauration des reliefs peints de la nécropole de Tanis, Paris, 2020, mémoire inédit ; É. Hubert-Joly, J.-M. Vallet, Étude des peintures murales de la nécropole royale de Tanis par imagerie scientifique, Marseille, 2020, mémoire inédit du CICRP.

7 Patrice Le Guilloux, collaborateur scientifique de l’UMR 8546, Aoroc (CNRS, ENS-PSL, EPHE-PSL).

8 Journal officiel de la République française – Lois et décrets, no 61, 101 (29-30 avril 1929), p. 5010-5011.

9 Quatre courtes campagnes furent également menées par la même mission en 1947-1949 et 1951 sur le site de Behbeit el-Hagar, dans la partie centrale du Delta du Nil.

10 P. Le Guilloux, « De Pierre Lacau à Pierre Montet : la difficile reprise des fouilles de Tanis dans le premier tiers du xxe siècle », dans F. Relats-Montserrat (dir.), Pierre Lacau. Un égyptologue à la tête des antiquités égyptiennes, à paraître.

11 P. Montet, « Les Ruines de San. Rapport à Monsieur le Ministre de l’Instruction Publique sur une Mission à Tanis (mai 1928) », BFLS 7, 1 (1928), p. 1-9.

12 Il était déjà auparavant utilisé par Montet lui-même dans certaines correspondances ou attestations.

13 Selon la formule employée par Edmond Faral, administrateur du Collège de France, dans une lettre adressée au ministre de l’Éducation nationale et au directeur du Service universitaire des relations avec l’étranger, le 24 janvier 1950 (archives du Collège de France, 16 CDF 310/12B).

14 Une grande partie des échanges épistolaires relatifs à ce dossier est conservée dans les archives de la Mission Montet à l’EPHE-PSL. Les éléments présentés dans la suite de l’article en sont issus.

15 J. Yoyotte, « Reprise des fouilles de Tanis (avril-mai 1965) », CRAIBL 109ᵉ année, no 2 (1965), p. 391-398.

16 Voir Archives nationales (Pierrefitte), le dossier coté 20190568/49 : École pratique des hautes études, Section des Sciences religieuses. Procès-verbaux des séances du Conseil. Cahier no 4 du 8 novembre 1959 au 26 avril 1974, p. 73. Je remercie Cécile Bernal-Beauger, responsable du pôle archives à l’EPHE-PSL, de m’avoir orienté vers ce dossier.

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Table des illustrations

Légende Fig. 1. Plan partiel de la nécropole royale de Tanis (P. Le Guilloux, F. Payraudeau), © MFFT 2024.
URL http://journals.openedition.org/asr/docannexe/image/5430/img-1.png
Fichier image/png, 2,9M
Légende Fig. 2. Vue de la salle 1 de NRT I à l’intérieur du modèle 3D, © MFFT, F. Marchand-Beaulieu. L’observation n’est plus gênée par le sarcophage anonyme au milieu de la pièce.
URL http://journals.openedition.org/asr/docannexe/image/5430/img-2.png
Fichier image/png, 684k
Légende Fig. 3. Reconstitution hypothétique d’une tombe d’élite de la XXIe dynastie à Tanis, © MFFT, F. Payraudeau, V. Aukhimovich-Mens.
URL http://journals.openedition.org/asr/docannexe/image/5430/img-3.png
Fichier image/png, 940k
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Pour citer cet article

Référence papier

Frédéric Payraudeau, « Mission française des fouilles de Tanis », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses, 132 | 2025, xxxi-xlviii.

Référence électronique

Frédéric Payraudeau, « Mission française des fouilles de Tanis », Annuaire de l'École pratique des hautes études (EPHE), Section des sciences religieuses [En ligne], 132 | 2025, mis en ligne le 03 septembre 2025, consulté le 16 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/asr/5430 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14mf2

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Auteur

Frédéric Payraudeau

Directeur de la Mission française des fouilles de Tanis,
avec une contribution de Patrice Le Guilloux

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