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Dossier thématique

Guysia Temeritas

Afficher son soutien au roi au temps de la Ligue
Guysia Temeritas. Displaying Support for the King during the Catholic League
Guysia Temeritas. Manifestar su apoyo al rey en tiempos de la Liga Católica
Estelle Leutrat
p. 99-116

Résumés

Cet article propose d’examiner l’histoire éditoriale d’un placard illustré intitulé Guysia temeritas, outrecuidance guisarde, publié pour la première fois en 1589 à la suite de la mort d’Henri III, puis à plusieurs reprises après le mois de décembre 1594 et l’échec de la tentative d’assassinat d’Henri IV par Jean Chastel. L’analyse du texte et de l’image permet d’identifier l’auteur, Augustin Caillet, d’origine française, qui dut fuir le royaume pour se réfugier à Heidelberg et à Sedan d’où fut élaborée la composition. Ce placard, qui connut une large diffusion, constitue également un exemple précoce de soutien au roi par l’image depuis l’étranger.

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Texte intégral

  • 1 Voir notamment Crouzet (1990), Duprat (2002), Debaggi-Baranova (2012), Martin (2016 : 91-104).
  • 2 Jouhaud (1987 : 309-342), Brunel (2005 : 81-101), Lignereux (2016 : n. 82, 139-140).

1Henri III sorcier se livrant à d’occultes manigances, suppôt du démon, agresseur de nonnes, détrousseur de joyaux dans les églises, grand hypocrite et tyran de la France, tels furent quelques-uns des portraits du souverain forgés par la Ligue et qui marquèrent durablement les imaginaires grâce au médium gravé qui les diffusa à satiété1. Étonnamment, l’estampe ne fut guère sollicitée dans le camp des royaux, soutiens du dernier Valois et de son successeur. C’est seulement à partir de 1593 et la conversion du roi que les presses tourangelles de Maurice Bouguereau firent paraître le Théâtre françois, premier atlas géographique édité en France tout à la gloire d’Henri IV, mais aussi des portraits en feuille du nouveau monarque. La composition intitulée Guysia temeritas, outrecuidance guysarde, exécutée au tout début du conflit n’en prend que plus de valeur (fig. 1). Collectée par Pierre de L’Estoile qui la conserva parmi son recueil des Belles figures et drôleries de la Ligue (L'Estoile, 2016a), elle n’échappa pas au scalpel interprétatif de plusieurs historiens actuels2. Objet hybride à la lisière du placard (38 x 27,8 cm), elle allie une gravure sur bois soignée à un abondant texte typographié disséminé dans l’ensemble de la feuille, comme d’omniprésents parerga de la représentation visuelle. L’image réunit le personnage de Saint Louis allongé à partir duquel s’élève un arbre généalogique à double ramification évoquant les représentations familières de celui de Jessé. La branche de gauche est constituée de la dynastie des Valois et s’achève par le portrait à mi-corps d’Henri III, tandis que celle de droite est dédiée aux Bourbons avec en son sommet Henri de Navarre. Près du tronc, le duc de Guise, sous les traits de Milon de Crotone, trop assuré de sa force, échoue à fendre de ses mains l’arbre qui se referme sur lui comme un étau. Ne pouvant se dégager, il est dévoré par les loups.

Figure 1. Augustin Caillet ?, Guysia temeritas. Outrecuidance guysarde

Figure 1. Augustin Caillet ?, Guysia temeritas. Outrecuidance guysarde

Gravure sur bois anonyme et typographie [lieu d'édition et date de publication non connus] (Paris, BnF, Hennin 961)

© Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

2Nous souhaiterions ici porter le regard vers l’histoire éditoriale de cette feuille imprimée, au prisme des publications successives qui en furent faites sur près de dix ans et qui permettent de retracer son évolution et sa réactualisation au gré des événements. Elles invitent aussi à identifier son auteur et, plus globalement, à préciser le milieu de production dont la composition est issue. Ainsi, s’agira-t-il de mieux saisir comment s’organisent dès 1589 les soutiens au roi de France et le combat contre la Ligue par le biais de l’image gravée.

1585-1589 : l’outrecuidance guisarde et l’union des deux rois

3Le titre disposé au sommet de la feuille, au-delà du bord supérieur, ne laisse aucun doute sur les intentions de l’auteur qui signe « AC ». Il s’agit d’une violente diatribe contre les Guise dont « l’outrecuidance », l’hubris, ou l’excessive confiance en leur force, est dénoncée. Un cartouche aux pieds de l’infortuné athlète précise à l’intention de ceux qui ne l’auraient compris :

« En ce tableau se fait allusion du Duc de Guyse à Milo Crotoniates jadis très renommé luicteur, lequel se confiant par trop en ses forces, entreprit de fendre le tronc d’un gros arbre avec les mains lesquelles, luy défaillant la force, furent prises dedans le boys et iceluy mangé des loups ».

  • 3 Les vers saphiques sont une nouveauté en matière de technique poétique (Brunel, 2005 : 81-101).

4L’image gravée se voulait donc un avertissement en réaction à l’ambition inconsidérée d’Henri de Guise, à la tête de la Ligue, dénoncé comme coupable de vouloir rompre l’arbre dynastique séculaire de la monarchie française, d’écarter du trône l’héritier présomptif et par là-même de briser l’unité du royaume. Si l’on en croit l’auteur, l’élaboration de la composition prit forme très tôt : « Le tout fut fait à Sedan l’an 1585 ». Mais rien ne parut à cette date et le placard fut publié bien plus tard, après le « dernier d’Aoust 1589 », et donc la mort d’Henri III, indication qui clôt l’épître adressée à son successeur. Ainsi, le projet initial de l’auteur qui devait se concentrer autour de la double généalogie fondée sur les travaux du juriste et historien Jean du Tillet, fut-il modifié pour désormais représenter : « la reunion des Roys […] mise pour memorial de la fidelité rendue au Roy defunct par le Roy a present regnant ». On peut toutefois se demander si la composition gravée ne fut pas élaborée avant la mort d’Henri III et la dimension commémorative ajoutée a posteriori. Aucun indice dans l’image n’évoque sa disparition et comme l’a analysé Jean Brunel (2005), les vers saphiques présents dans le cartouche de gauche, proches de la manière de Nicolas Rapin, sont iréniques, insistant sur la paix et l’union des frères3. Peut-être conçus du vivant du Valois, ils pourraient célébrer l’alliance des deux rois à Plessis-Lès-Tours au mois d’avril 1589 (Leveel, 1989 : 137-155). Texte et image déclinent cette thématique de l’entente fraternelle. Un dispositif élaboré relevant de la pensée emblématique lie les deux souverains qui, s’ils ne se regardent pas, dirigent l’un vers l’autre un sceptre prolongé par un phylactère. Celui dans la main d’Henri III porte l’inscription : Fratrem ne desere frater (en frère, n’abandonne pas ton frère), un extrait de l’Énéide de Virgile (X, 600), auquel répond le roi de Navarre qui tend ostensiblement son sceptre vers le Valois : Terra mihi dehiscat prius ima (que la terre m’engloutisse en ses profondeurs), autre allusion à Virgile (IV, 24) reprise notamment par Érasme dans ses Adages, l’assurant ainsi de sa loyauté devant Dieu. Par ailleurs, les portraits des deux souverains, bien qu’émergeant de manière symétrique de corolles disposées sur la cime de l’arbre, sont tout en contraste. Le Bourbon, revêtu d’une cuirasse, a l’épée posée sur l’épaule, image impériale et royale s’il en est, au moins depuis le fameux portrait de Charles Quint par Titien, et dont certains princes allemands s’emparèrent dans le dernier tiers du siècle, ceux-là même dont Henri de Navarre pouvait espérer l’appui (Ghermani, 2009). Au guerrier victorieux se superpose une interprétation sacralisante, l’armure pouvant évoquer celle du chevalier chrétien décrite par saint Paul (Ghermani, 2009 : 250-252). Jusqu’en 1589, peu de portraits d’Henri de Navarre, voire d’Henri IV après son avènement comme roi de France le 2 août, possèdent une telle vigueur. En revanche, Henri III apparaît comme les nombreuses estampes du temps le représentent, vêtu d’un collet à panserons qui laisse paraître les manches agrémentées d’un pourpoint ainsi que le col rabattu et les poignets d’une chemise. Il est couvert du bonnet à la polonaise avec aigrette et paré du cordon de l’ordre du Saint-Esprit, autant de signes distinctifs qui permettent immédiatement de l’identifier. On ne peut que constater l’écart visuel entre les deux corps des princes, chacun, semblant incarner une forme de pouvoir. Toutefois, le parcours qui mène le regard du spectateur du sceptre de Saint Louis au personnage d’Henri III puis à celui d’Henri de Navarre matérialise avec force la continuité dynastique qui unit les trois souverains.

  • 4 Voir une intéressante utilisation de la chaîne dans le Triomphe de Foi, Espérance et Charité d’Adri (...)
  • 5 On ne peut s’empêcher de penser à la vision de Jean dans l’Apocalypse (20, 1-5) à qui apparut un an (...)
  • 6 Henri de Guise est assassiné à Blois le 23 décembre 1588.

5Dans la partie supérieure, un putto en vol (Sanctus amor) maintient avec fermeté une ancre traversée par une chaîne4 qui empêche les deux surgeons de l’arbre de s’écarter sous l’action du Milon « guysard »5. Ce putto retient de son autre main un cartouche au contenu menaçant qui fait directement écho à celui qui tente de briser l’arbre de la double descendance de Saint Louis : Vae tibi qui laceras coniunctos sanguine fratres (malheur à toi qui déchire des frères unis par le sang). Une banderole qui s’enroule autour du tronc précise : Sic Francia divisa coalescet [sic] (Ainsi la France divisée s’unit). L’identification de Milon de Crotone au duc de Guise frappe par sa pertinence en 1589 dans la mesure où ce dernier, comme le présomptueux athlète, avait été châtié et puni de mort quelques mois plus tôt6. Si la composition a effectivement été élaborée en 1585, elle serait alors prémonitoire. Par ailleurs, hormis les vers saphiques qui semblent bien avoir été rédigés avant la mort du roi, les autres textes font tous référence à la situation qui succède à cet événement et accordent une place essentielle au nouveau souverain, largement acclamé à travers le placard. En particulier, les lignes qui se développent sous l’image expliquent que les quatre fils d’Henri II sont morts sans descendance pour faire place à l’élu de Dieu, « l’oint du seigneur », sauveur de la France d’une ruine imminente. L’auteur n’omet pas de préciser qu’avant de succomber à ses blessures, Henri III a proclamé et reconnu comme seul successeur légitime Henri IV, roi très chrétien, à qui la feuille est dédiée.

6Enfin, le texte disposé sous le trait carré rappelle comment la couronne de France échut au roi de Navarre, reconnu « pour seul et legitime successeur » par Henri III. L’auteur fustige « les grandes persecutions » et « la rage » avec laquelle la « sanglante Ligue » a ruiné le royaume. Il achève sa diatribe par un renvoi au livre biblique de Zacharie (chapitre 4), c’est-à-dire la vision du chandelier d’or et des deux oliviers, soit une assimilation presque messianique d’Henri IV à l’arbre de la royauté. L’olivier, dont la solidité est notamment louée par Pierio Valeriano, est par ailleurs omniprésent dans l’image à travers l’arbre généalogique lui-même et, de manière implicite, grâce à l’extrait du psaume 52 dans le livre que tient Saint Louis (Valeriano, 1615 : 705 ; voir Jouhaud, 1987). D’autres références scripturaires parcourent la composition, bien souvent elles aussi en lien avec l’union fraternelle. Le chapitre 6 des Proverbes de Salomon d’où « la sentence de l’emblème est prise », selon l’auteur, blâme celui dont la perversité est dans le cœur, châtié par Dieu qui « hait celuy qui met debat entre les frères ». L’alliance des deux rois trouve donc ici un prolongement, de même que le châtiment du ligueur qui tente de les séparer. Le psaume 133 associé aux Vers saphics sur la reunion des bons François amateurs de la paix du Royaume et de leur bien célèbre également l’amour fraternel. Enfin, le cinquante-deuxième psaume dans la traduction de Clément Marot et de Théodore de Bèze désigne là encore celui qui sera châtié de n’avoir suivi la voie de Dieu. Le placard apparaît donc comme une constellation de sources vétérotestamentaires et classiques disposée autour de l’image gravée, toutes soutenant l’idée de continuité dynastique.

Augustin Caillet

7Chaque indice, dont ces multiples références scripturaires, converge vers l’identification d’un auteur protestant. L’épître adressée au roi apporte d’autres précisions :

« Ce me fut il y a quatre ans et plus une dure departie comme a plusieurs autres quand la paix du royaume estant rompue par la violence de la Ligue, il me falut fuir en pais estrange abandonnant mes petis moyens estat et pais natal pour y avoir gere et mes ancestres quelques charges honorables par le benefice des Roys predecesseurs de V. M. ».

  • 7 Voir l’exemplaire conservé à Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, QB-1 (1594 (...)
  • 8 Boulliot (1830 : I, 170-175), Prégnon (1856 : 352 et 406).
  • 9 Haag (1881 : 443), Zuber (1995 : 183-184), Behr (2014 : 125-152), Marchand (2020 : 309-339).

8Les contours de l’auteur se dessinent donc peu à peu : un lettré protestant français quittant le royaume pour ses convictions religieuses en 1585, et se réfugiant à Sedan. Toutefois, ce n’est pas de cette ville qu’il publia le placard de la Guysia temeritas en 1589, mais « De H. », comme il le signale à la fin de son épître. Si la feuille ne permet guère une identification plus précise du personnage, une édition plus tardive sur laquelle nous reviendrons, fournit la clé de l’énigme7. Le nom de l’auteur y apparaît en toutes lettres : « A. Callias », soit Augustin Caillet, grécisé en Callias, qui n’est pas un inconnu. Originaire d’Épernay sur les bords de la Marne, il mena des études de droit et occupa dès les années 1560 la fonction de prévôt puis de lieutenant général de la ville8. Il avait dû abandonner sa patrie une première fois en 1572 et se réfugier alors à Heidelberg, capitale du Palatinat du Rhin, où il avait fréquenté notamment les théologiens réformés Immanuel Tremellius et François du Jon. Contraint une seconde fois à l’exil en 1585, il s’établit provisoirement dans la principauté protestante de Sedan avant de rejoindre à nouveau Heidelberg. En 1605, le duc de Bouillon créa au sein de la faculté de théologie de l’académie sedanaise une chaire de jurisprudence qu’il occupa semble-t-il jusqu’à sa mort survenue en 1626, enseignant le droit ecclésiastique9.

9Ces éléments éclairent un peu mieux le projet initial de Caillet si l’on considère qu’il date bien de 1585. Réformé, fervent calviniste, juriste occupant des fonctions non négligeables au sein de la municipalité d’Épernay, il fut certainement préoccupé par la rencontre qui se produisit dans sa ville entre Catherine de Médicis, Henri de Guise et le cardinal de Bourbon au mois d’avril 1585, immédiatement après la publication du manifeste ligueur de Péronne (31 mars 1585). Un édit royal fut ensuite signé en juillet qui révoquait le régime de tolérance envers les protestants et supprimait non seulement la liberté de culte mais aussi de conscience. Les huguenots avaient six mois pour choisir entre l’exil et l’abjuration. Caillet quitta donc Épernay pour Sedan où il élabora une première version du placard. Cependant, on l’a vu, il dut attendre quatre ans avant que son projet ne prenne réellement forme. Les événements qui révoquèrent tous les précédents édits de pacification durent rendre caduque la composition dont le fondement même reposait sur l’espoir d’une union entre le souverain et le roi de Navarre, contre les Guise. Il fallut le double assassinat de décembre 1588 suivi des rapprochements entre les deux monarques qui aboutirent à la rencontre de Plessis-Lès-Tours pour que la composition initiale recouvre une nouvelle actualité grâce à cet espoir ravivé. À la fin du mois d’août 1589, lors de l’achèvement du placard, Caillet séjournait dans la ville « De H. », c’est-à-dire Heidelberg.

  • 10 Caillet (1591). Si les Emblemata de Caillet parues en 1591 à Heidelberg ne portent aucun nom d’édit (...)
  • 11 Nous renvoyons à l’analyse d’Agnès Guiderdoni (2019 : 3-15).

10Dans son épître au roi, il désigne la composition comme un « emblème […] contre le monstrueux dessein de la rebellion Guysarde ». Le terme prend un relief particulier lorsque l’on sait que Caillet publia deux ans plus tard, dans cette même ville, un ouvrage qui lui valut une mise à l’index, des Emblemata sacra tirés des livres de Moïse10. Celles-ci, non illustrées, se présentent comme des sentences pieuses à partir de passages du Pentateuque11. L’auteur explique qu’il apprécie dans l’emblème ses qualités de concision et d’efficacité. Plusieurs de ses amis lui dédièrent des pièces de circonstance à la fin du recueil tel le médecin et poète allemand Johannes Posthius ou encore le bibliothécaire de la cité palatine Paul Melissus, qui loua notamment la maîtrise de Caillet pour les vers saphiques. Par ailleurs, l’ensemble de la composition gravée de la Guysia temeritas semble élaboré à partir d’un assemblage d’emblèmes puisés de part et d’autre, tels la chaîne, l’ancre et le putto déjà évoqués (Russell, 1995 : 201). L’arbre généalogique forme aussi l’Y pythagoricien, ou bivium, symbole de la vie morale où la voie étroite de droite mène à la félicité, soit à Henri IV chez Caillet. Une telle représentation se retrouve par exemple dès 1584 dans les recueils d’emblèmes de Jean-Jacques Boissard ([1584] : 14-15), un proche de Melissus, de même que le personnage de Milon de Crotone. Les deux hommes qui se connaissaient peut-être, partageaient un même univers visuel et intellectuel. Caillet fréquentait également Paul Perrot de la Sale, auteur de Tableaus sacrez illustrés de gravures sur bois et entièrement structurés autour de l’Ancien Testament, à partir duquel il tire des conclusions morales (Perrot, 1594 ; Zuber, 1995 : 183). Caillet appartient donc à ce milieu protestant calviniste décrit par Alison Adams où l’emblème tient une place essentielle pour penser et ordonner le monde, formidable vecteur d’argumentation religieuse et politique (Adams, 2003 : 293-303).

  • 12 Nous nous permettons de renvoyer à Leutrat (à paraître).

11Bien souvent, le placard est un outil de promotion de soi, une mise en lumière originale de ses vertus par le biais de l’image et du texte12. En insistant sur la forme emblématique, Caillet attirait l’attention sur ses compétences en la matière et préparait le terrain pour son recueil à venir qui était peut-être déjà en gestation en 1589. La Guysia temeritas devait capter le regard et marquer les esprits avec son titre mordant, le personnage de Milon et le portrait des deux rois alliés. L’ensemble, gravé sur bois avec soin, pouvait aisément être gardé en mémoire par celui qui le voyait. Nul doute que les initiales « AC » devaient être tout à fait identifiées dans les cercles réformés du Palatinat, de Sedan, voire du pays messin qui lui est proche. La manifestation de soutien de Caillet au roi de Navarre comme héritier légitime de la couronne a pu aussi rencontrer des encouragements et peut-être une protection ou un appui en terres protestantes.

Porter secours

  • 13 Günd. 8045, fol. 282a. Harms et Kemp (1987 : 100-101).
  • 14 Le titre est inscrit dans l’image au sommet de l’arbre et non plus hors du trait carré.

12En 1589, au lendemain de l’assassinat du roi, le contexte est bien différent de celui de 1585 et le placard vise, certes, à témoigner de l’engagement de l’auteur pour Henri IV, mais aussi à diffuser hors du royaume une image d’un souverain dont la légitimité ne peut être contestée alors que le duc de Mayenne, frère cadet de « Milon » et son successeur à la tête de la Ligue, vient de proclamer roi de France le cardinal Charles de Bourbon. D’une certaine manière, avec ses moyens propres, l’initiative de Caillet vient en renfort des efforts diplomatiques menés par les soutiens d’Henri IV pour convaincre les princes allemands d’aider financièrement et militairement le roi. Précisément, une version allemande du placard, non datée, mais qui a probablement été éditée à une période proche, est connue13. Intitulée Guisia temeritas14, le bois est le même, seul le texte a été modifié par endroits : les allusions à l’auteur et à la genèse de son projet ont été retirées et l’ensemble réorganisé dans les différents espaces laissés en réserve. Ainsi, dans le cartouche de gauche où prenaient initialement place les vers saphiques, figurent désormais des vers adressés au lecteur. Le psaume 52 inscrit en français dans le livre ouvert que tient Saint Louis est bien présent mais sa traduction allemande figure dans le cartouche de droite. Enfin, si le texte en prose prend toujours place sous l’image, les trois quatrains ont été remontés dans le cartouche au pied de Milon. Caillet ciblait donc en partie un public allemand qu’il sensibilisait à la cause d’Henri IV.

  • 15 Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, Hennin 956. 369 x 282 cm. L’estampe fig (...)
  • 16 L’opposition vestimentaire entre Henri III et Henri IV est abandonnée, le dernier Valois bien que t (...)

13On ignore si le placard toucha sa cible, mais il fut assurément diffusé dans l’espace germanique, voire au-delà. À Cologne, Michael Eytzinger et Frans Hogenberg prirent pour modèle la composition qu’ils transformèrent en un large triptyque (fig. 2)15. L’image gravée sur cuivre (et non plus sur bois) occupe la place centrale tandis que le texte typographié, une généalogie des Valois et des Bourbons, se développe de part et d’autre. La modification principale concerne l’arrière-plan divisé en deux compartiments : à gauche, l’assassinat d’Henri III par Jacques Clément et en regard à droite, les gardes du roi se précipitant armés sur le duc de Guise pour le tuer, une mise en parallèle de la mort des deux Henri. Des inscriptions gravées en allemand expliquent ce qui est représenté, notamment dans la partie supérieure, où la rencontre de Plessis-Lès-Tours entre le dernier Valois et Henri de Navarre est explicitement mentionnée16. Les vers sous l’image rompent la concorde apparente de la composition : malgré les chaînes qui relient les branches de l’arbre fendu et les accords entre les deux rois, les massacres ne cessent pour autant. L’irréconciliable ne peut être réuni. Le discours n’est donc plus le même que celui du placard de Caillet. Michael Eytzinger, soutien de la politique espagnole, n’omet pas de signaler dans la généalogie, la date du 9 septembre 1585, soit la promulgation de la bulle de Sixte V qui excommunia Henri de Navarre et le déchut de ses droits au trône de France comme hérétique et relaps. Outre la version d’Hogenberg, le placard connut une grande diffusion en terres protestantes, comme en témoigne une autre version publiée à Bâle (fig. 3). La composition, où l’on retrouve la mention de la Guisia temeritas, combine celle d’Hogenberg avec l’assassinat du duc de Guise, à celle de Caillet.

Figure 2. Michael Eytzinger, Généalogie d’Henri IV.

Figure 2. Michael Eytzinger, Généalogie d’Henri IV.

Gravure sur cuivre de Frans Hogenberg, [sl], [sd]. (Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, Hennin 956)

© Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

  • 17 Halle, Kunstmuseum Moritzburg, MOIIF00299.
  • 18 Voir l’introduction de Duplessis (1877).

14Enfin, signalons que les deux exemplaires les plus anciens que nous connaissons actuellement du placard de Caillet proviennent de collections allemandes : l’une est conservée à Halle17, l’autre dans le fonds Michel Hennin de la BnF dont on sait qu’il fut composé en grande partie à partir des achats effectués par le diplomate lorsqu’il suivit Eugène de Beauharnais en Allemagne18. En revanche, Pierre de l’Estoile à l’affût des nouveautés, et qui possédait deux exemplaires plus tardifs du placard, ne disposait pas de cette édition précoce qui dut peu circuler en France.

  • 19 Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, Hennin 1064.
  • 20 Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, Hennin 1066.

15La Guysia temeritas devait être le premier maillon d’un groupe d’estampes plus abondant. Caillet préparait : « Quelques emblemes contre le monstrueux dessein de la rebellion Guysarde qui par faulte de sculpteurs [c’est-à-dire des graveurs] n’ont peu encores estre mis en lumiere ». Quatre estampes anonymes présentent une vraie solidarité formelle et iconographique avec le placard et pourraient être rapprochées de celles annoncées par l’auteur. Toutes émanent d’un milieu intellectuel protestant qui soutenait avec ferveur le nouveau roi et s’en prenait avec virulence au parti des Guise. L’image puise dans le langage allégorique, et convoque l’écrit, omniprésent, qui mêle sources bibliques et classiques. Un double titre, en latin et en français, annonce le contenu de la feuille. Dans l’une, le mal, monstre hideux à trois têtes, prend le visage de l’Espagnol, de la Ligue et du pape, un cartouche à ses côtés évoquant une « Guysiomachie »19. Dans une autre composition, le texte sous l’image explique en quelques lignes le contenu de la représentation gravée et le public à qui l’auteur militant destine le placard20 :

« Ce pourtrait des deux gendres ligueurs partagea[n]s les robes et scians le corps de leur belle mere en deux, (spectacle non moins veritable que hideux a voir) est envoyé aux Francois qui ont encor quelque reste d’humanité & affection au pais & aux princes amis et Republiques alliées de France pour leur monstrer combien le secours est necessaire contre ceste fureur a ce quils apportent toutes sortes d’herbes pour la guerir ».

16Ces œuvres peuvent-elles revenir à Caillet ? La question reste ouverte mais sa Guysia Temeritas s’inscrit dans un ensemble plus vaste d’estampes qui ont probablement été exécutées dans le Palatinat ou dans un refuge huguenot en Allemagne, venant en soutien au roi de France.

Figure 3. Anonyme, Le duc de Guise ennemi de la Royauté.

Figure 3. Anonyme, Le duc de Guise ennemi de la Royauté.

Gravure sur bois, [sl], [sd] (Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, Hennin 960).

© Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.

1595 : Jean Chastel et les assassins des rois

  • 21 Paris, BnF, Réserve des livres rares, Réserve GR Fol-LA25-6, fol. 31 v°.

17L’histoire éditoriale du placard d’Augustin Caillet ne s’arrête pas en 1589 et connaît d’autres prolongements. Trois éditions plus tardives sont actuellement connues, toutes postérieures au mois de décembre 1594 puisque le texte fait désormais référence à la tentative d’assassinat d’Henri IV par Jean Chastel. Le roi, qui s’était emparé de Paris au mois de mars, vit ensuite peu à peu le ralliement des autres villes à sa cause. C’est alors qu’un ancien étudiant du collège de Clermont se précipita sur lui, armé d’un couteau, mais ne parvint qu’à le blesser à la bouche. Une première édition intitulée Le prix d’outrecuidance et los de l’Union célèbre toujours le rapprochement des deux rois et le coût à payer, à l’exemple de Milon de Crotone, d’un présomptueux orgueil21. Dans l’exemplaire signé « Callias », conservé dans la collection Fevret de Fontette à la BnF, il est indiqué que les vers ont été composés en mémoire d’Henri III, père de la patrie (fig. 4). On note qu’à nouveau l’auteur propose la forme de l’emblème brève et efficace qui, dit-il, « en un clin d’œil », « instruit l’esprit humain volage et inconstant ». Par ailleurs, le visage d’Henri IV a été modifié et actualisé par le biais d’une cheville, c’est-à-dire d’une insertion partielle dans la matrice en bois. Celle-ci n’a pas été épargnée par les marques du temps et les passages sous la presse comme en témoignent un certain nombre de brisures.

Figure 4. Augustin Caillet, Le prix d'outrecuidance et Los de l'Union.

Figure 4. Augustin Caillet, Le prix d'outrecuidance et Los de l'Union.

Gravure sur bois anonyme et typographie, [sl], [sd]. (Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, QB-1 (1594-1595)).

© Crédit photo : Estelle Leutrat.

  • 22 Paris, BnF, Réserve des livres rares, Réserve GR Fol-LA25-6, fol. 39 v°. Un autre exemplaire est co (...)

18La dédicace, adressée au roi Henri IV, met plus particulièrement en garde contre le danger de « lèze-majesté, le plus horrible et détestable que tout autre et qui a naguere presque subverti ce bel estat ». Dans un autre cartouche, il cite les exemples de Jacques Clément, de Jean Chastel, « et tous semblables parricides qui ont porté et souffert la peine de leur témérité et desloyauté ». Désormais, le cartouche que tient le putto en vol, possède une autre inscription : la célèbre maxime de Terence « Ne quid nimis » (rien de trop), une modération parangon de sagesse depuis saint Augustin. Cette modération s’oppose au « prix d’outrecuidance » annoncé dès le titre de la composition, dans la partie supérieure. Une autre édition du placard, semble-t-il un peu postérieure, signe de son succès, est en tout point identique, mais pourvue d’un intitulé distinct : La maintenue des Roys contre les assassins endiablez22. Enfin, dans le texte présent sous l’image qui reprend en partie la version précédente, il est également question des « assassins des Roys [… qui] sont infiniment execrables, maudits et damnables eternellement ». Ces termes évoquent ceux prononcés contre les jésuites accusés d’avoir guidé la main de Chastel. Au lendemain de l’attentat, Caillet le savait bien, le père Guignard, régent au collège de Clermont, assura avant d’être pendu que les jésuites « n’estoient point assassins de rois, comme on leur vouloit faire entendre » (L’Estoile, 2016b : 3 ; 7 janvier 1595). Il faut aussi se souvenir que dans le même temps, le théologien ligueur Jean Boucher (1595) rédigeait l’Apologie à Jean Chastel dans laquelle il justifiait le geste du jeune étudiant contre, non pas le roi Henri IV, mais un hérétique relaps. Les termes choisis par Caillet font donc écho à une actualité brûlante. Bien que le placard ne mentionne plus les Guise, ni même la Ligue, c’est pourtant bien son spectre qui transparaît à travers les régicides de Clément et de Chastel. L’auteur ne joue-t-il pas également dans le titre sur le terme d’« union » ? En 1595, la Sainte Union des catholiques formée par la ligue occupait encore les esprits. Intituler le placard « le los de l’union », soit la louange de l’alliance des deux rois, c’était rejeter pour Caillet, comme pour les « Bons Français » auxquels s’adressaient les vers saphiques, le serment contre nature formulé par les ligueurs.

  • 23 Il s’agit du château de Thoisy-la Berchère (Côte-d’Or) en Bourgogne-Franche-Comté.
  • 24 Ajoutons que lors de son entrée à Lyon en septembre 1595, Henri IV put admirer une colonne à la sem (...)

19En guise de conclusion toute provisoire, la Guysia temeritas, œuvre complexe, savante, imprégnée à la fois de culture antique et de l’écriture sainte, montre comment se mit en place, à l’étranger, un soutien actif par l’image à Henri IV alors que jusqu’en 1594, les exemples exécutés en France demeurent rares. On pourrait aussi rappeler que c’est en Angleterre que parut l’un des premiers portraits à large diffusion du roi de Navarre par Théodore de Bry (Perot, 1984 : 251-263). C’est à l’étranger encore, à Rome, au mois de mai 1590, qu’un autre portrait du roi fut brandi à travers la ville par des soutiens du souverain dispersés dans dix-huit carrosses (Audisio, 2006 : 379-390). L’œuvre de Caillet fut importante par sa date précoce, l’efficacité visuelle de son contenu et sa large postérité. Sans doute fut-elle aussi considérée par ceux qui en firent l’acquisition en 1589 comme un signe d’appartenance ou de ralliement au nouveau roi. On sait combien les questions entourant la légitimité d’Henri IV en 1589, mais encore en 1595, étaient primordiales et combien ses partisans cherchèrent à convaincre et persuader qu’il était bien le monarque choisi par Dieu. Caillet, comme nombre de ses coreligionnaires, défendit avant tout la monarchie de droit divin et, d’une certaine manière, déconfessionnalisa le conflit en mettant comme cause première la défense du Royaume, de l’État – il emploie le terme dans l’épître au roi. L’action d’Augustin Caillet fut, sinon décisive, pour le moins marquante étant donné le nombre de rééditions du placard après 1594. Si la diffusion de la version de 1589 semble s’être faite hors du royaume, dans les pays germaniques, celles postérieures, ont largement circulé en France comme en témoignent le recueil de Pierre de L’Estoile mais aussi des adaptations peintes. L’une d’elles se trouvait dans la chapelle édifiée en 1610 du château de Thoisy-la-Berchère (Courtépée, 1781 : 316-317)23, appartenant alors à la famille Marcilly-Cypierre qui défendit avec ferveur Henri IV durant les troubles et dut trouver dans la composition élaborée par Caillet la perpétuation d’un souvenir, la réactivation d’une victoire et sans doute aussi l’adhésion enthousiaste au roi de droit divin tout juste disparu24 (Christin, 2006 : 97-112 ; Van der Linden, 2020 : 78-96).

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Notes

1 Voir notamment Crouzet (1990), Duprat (2002), Debaggi-Baranova (2012), Martin (2016 : 91-104).

2 Jouhaud (1987 : 309-342), Brunel (2005 : 81-101), Lignereux (2016 : n. 82, 139-140).

3 Les vers saphiques sont une nouveauté en matière de technique poétique (Brunel, 2005 : 81-101).

4 Voir une intéressante utilisation de la chaîne dans le Triomphe de Foi, Espérance et Charité d’Adriaen Collaert d’après Maarten de Vos (Philippe Galle éditeur). Leesberg, Diels, 2005 : 1073.

5 On ne peut s’empêcher de penser à la vision de Jean dans l’Apocalypse (20, 1-5) à qui apparut un ange qui descendait du ciel avec une grande chaîne en la main pour assujettir le diable et le précipiter dans l’abîme. Par ailleurs, l’emblème 72 de Georgette de Montenay propose une composition autour de la chaîne céleste (Joudrier, 2020 : 366).

6 Henri de Guise est assassiné à Blois le 23 décembre 1588.

7 Voir l’exemplaire conservé à Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, QB-1 (1594-1595).

8 Boulliot (1830 : I, 170-175), Prégnon (1856 : 352 et 406).

9 Haag (1881 : 443), Zuber (1995 : 183-184), Behr (2014 : 125-152), Marchand (2020 : 309-339).

10 Caillet (1591). Si les Emblemata de Caillet parues en 1591 à Heidelberg ne portent aucun nom d’éditeur, le matériel typographique revient en revanche au célèbre libraire et imprimeur originaire de Douai, Jérôme Commelin, qui s’établit lui aussi à Heidelberg et republie notamment les Mémoires de la Ligue de Simon Goulard en 1590. Le placard pourrait-il émaner de l’atelier de Commelin ? On se plairait à le croire mais l’hypothèse demeure bien fragile.

11 Nous renvoyons à l’analyse d’Agnès Guiderdoni (2019 : 3-15).

12 Nous nous permettons de renvoyer à Leutrat (à paraître).

13 Günd. 8045, fol. 282a. Harms et Kemp (1987 : 100-101).

14 Le titre est inscrit dans l’image au sommet de l’arbre et non plus hors du trait carré.

15 Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, Hennin 956. 369 x 282 cm. L’estampe figure dans la version tardive du De leone Belgico d’Eytzinger paru à Cologne en 1596 (Eytzinger, 1596 : entre les p. 441 et 442 ; Schäfer, 2016).

16 L’opposition vestimentaire entre Henri III et Henri IV est abandonnée, le dernier Valois bien que toujours coiffé de son bonnet à la polonaise, est lui aussi revêtu d’une armure. Le modèle du roi Henri IV, peut-être plus reconnaissable pour le public de Cologne, est un portrait d’après Théodore de Bry (lui-même d’après François Brunel) qui a beaucoup circulé en Allemagne. Voir Perot (1984 : 251-263).

17 Halle, Kunstmuseum Moritzburg, MOIIF00299.

18 Voir l’introduction de Duplessis (1877).

19 Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, Hennin 1064.

20 Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, Hennin 1066.

21 Paris, BnF, Réserve des livres rares, Réserve GR Fol-LA25-6, fol. 31 v°.

22 Paris, BnF, Réserve des livres rares, Réserve GR Fol-LA25-6, fol. 39 v°. Un autre exemplaire est conservé à Londres, British Library, 1853.e.5(40). Caillet s’est-il souvenu des propos d’Anne du Bourg qui, s’adressant à Henri II, rappela que « la cause de Nostre Seigneur Jesus Christ […] doit estre maintenue des Roys », comme le rapporte Antoine de Chandieu (1563 : 316) ?

23 Il s’agit du château de Thoisy-la Berchère (Côte-d’Or) en Bourgogne-Franche-Comté.

24 Ajoutons que lors de son entrée à Lyon en septembre 1595, Henri IV put admirer une colonne à la semblance de celle de Trajan célébrant ses exploits militaires. Dans sa partie inférieure était représenté le « secours que Le Roy à present régnant donna au feu Roy assiegé et presque pris dedans Tours », complété du même vers de Virgile (Fratrem ne defere frater), déjà présent dans la planche de Caillet. La reprise de cette même citation n’était évidemment pas fortuite, alors que la composition qu’il avait initiée, n'avait cessé de circuler, sous ses différents avatars, de 1589 à cette même année 1595. Pierre Matthieu ([1595] : 89).

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Table des illustrations

Titre Figure 1. Augustin Caillet ?, Guysia temeritas. Outrecuidance guysarde
Légende Gravure sur bois anonyme et typographie [lieu d'édition et date de publication non connus] (Paris, BnF, Hennin 961)
Crédits © Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
URL http://journals.openedition.org/assr/docannexe/image/85197/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 751k
Titre Figure 2. Michael Eytzinger, Généalogie d’Henri IV.
Légende Gravure sur cuivre de Frans Hogenberg, [sl], [sd]. (Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, Hennin 956)
Crédits © Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
URL http://journals.openedition.org/assr/docannexe/image/85197/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 399k
Titre Figure 3. Anonyme, Le duc de Guise ennemi de la Royauté.
Légende Gravure sur bois, [sl], [sd] (Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, Hennin 960).
Crédits © Source : gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France.
URL http://journals.openedition.org/assr/docannexe/image/85197/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 601k
Titre Figure 4. Augustin Caillet, Le prix d'outrecuidance et Los de l'Union.
Légende Gravure sur bois anonyme et typographie, [sl], [sd]. (Paris, BnF, département des Estampes et de la Photographie, QB-1 (1594-1595)).
Crédits © Crédit photo : Estelle Leutrat.
URL http://journals.openedition.org/assr/docannexe/image/85197/img-4.jpg
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Pour citer cet article

Référence papier

Estelle Leutrat, « Guysia Temeritas », Archives de sciences sociales des religions, 213 | 2026, 99-116.

Référence électronique

Estelle Leutrat, « Guysia Temeritas », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 213 | janvier-mars 2026, mis en ligne le 01 juin 2026, consulté le 19 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/assr/85197 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16fpb

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Auteur

Estelle Leutrat

Criham, Université de Poitiers
Saprat, École Pratique des Hautes Études PSL

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Droits d’auteur

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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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