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Notes
L’utilisation de l’astérisque après le mot « trans » est une convention récente dans la pensée transféministe qui vise à représenter une multitude d’identités, telles que non-binaire, queer, agender, etc. On reconnaît ainsi que l’expérience trans* n’est pas unique et que chaque corporalité a sa propre manière de se définir.
Letícia NASCIMENTO, Le transféminisme. Genres et transidentités, trad. Paula Anacaona, Paris, Anacaona, 2022, p. 29.
L’épistémologie brésilienne s’empare du néologisme en portugais Cistema (formé de « cisgenre » et de « système ») pour désigner « l’une de ces subversions du langage dans lesquelles l’orthographe correcte du mot “système” est remplacée pour déduire que le “Cistème” dont il est question est hétéro/cisnormatif. C’est-à-dire qu’il exclut la diversité sexuelle et de genre », in Andrea DOMÍNGUEZ, Ángela DUARTE, Daniel GONZÁLEZ et Juliana MARTÍNEZ, coord., Transfeminismos en América Latina, Resumen de Hallazgos, s. l., Sentiido & Heinrich Böll Stiftung, 2021, p. 12). Nous traduisons.
Lorsque Simone de Beauvoir resémantise la catégorie de l’« Autre » à partir de la dialectique du maître et de l’esclave de Hegel, elle soutient que la femme est systématiquement définie par rapport à l’homme, considéré comme la norme, et ainsi reléguée à une position secondaire et dépendante. Ce regard extérieur contribue à la construction de son identité en tant qu’« Autre ». Cf. Simone de BEAUVOIR, Le deuxième sexe, t. I « Les faits et les mythes », Paris, Gallimard, 1949.
Il faut signaler qu’en français, le terme travesti n’est pas accordé en genre car cela pourrait porter à confusion avec le participe passé du verbe travestir. Il ne sera accordé qu’au pluriel. Cf. Note de la traductrice n°2, in L. NASCIMENTO, op. cit., p. 13.
Cf. par exemple les travaux de Gomariz (2021), Maravillas-Moreno (2021), Timossi et Aguirre (2021), Gallego Cuiñas (2022), Lustosa Fernandes et Ramalho de Freitas Brito (2024), entre autres.
L. NASCIMENTO, op. cit., p. 17.
« Ain't I a Woman? », tirée du discours abolitionniste prononcé par Sojourner Truth lors de la Convention des droits des femmes de l’Ohio le 29 mai 1851, est devenue l’une des plus célèbres phrases de l’histoire américaine. Cf. Sojourner TRUTH, « Ain't I a Woman? », Akron, 1851, consulté le 12 mars 2023, https://www.nps.gov/wori/learn/historyculture/sojourner-truth.htm
L. NASCIMENTO, op. cit., p. 20.
Pour Sosa Villada, l’acte d’écrire et le travestissement constituent pour elle une étape indissociable de sa vie. Elle devient travesti et écrivaine en même temps et avec la même force, et c’est à partir de cette dichotomie que l’on peut retracer la manière dont elle conçoit la création littéraire et sa configuration. Cf. Bookcity Milano, Un rito di iniziazione. Camila Sosa Villada in dialogo con Jonathan Bazzi, 09/11/2022, consulté le 14 mai 2023, https://www.youtube.com/watch?v=NR3PhczwwNM&ab_channel=BookCityMilano
Il est primordial de clarifier le terme travesti que Nascimento et Sosa Villada utilisent toutes deux. Dans la version française du livre Le Transféminisme. Genres et transidentités, traduit par Paula Anacaona, une section intitulée « Travesti ou transgenre ? » est inclue où l’on y définit la position de Nascimento en tant que femme travesti, bien que son analyse englobe tous les spectres de l’univers trans*. Nascimento affirme que, bien que l’académie préfère utiliser le terme transgenre pour éviter le sens péjoratif du mot travesti, dans les réalités actuelles, celui-ci peut devenir « une imposition universitaire » et « un terme parapluie qui hygiénise [leurs] identités, comme si être travesti, c’était moche », in L. NASCIMENTO, op. cit., p. 15. Sosa Villada partage ce point de vue. Les deux autrices s’accordent à dire que le travestissement en Amérique latine (le Sud global) diffère de celui en Europe ou aux États-Unis (le Nord global), de sorte que le terme travesti est une identité et une position politique.
Dominique Maingueneau définit la situation d’énonciation comme l’ensemble des circonstances dans lesquelles un énoncé est produit. Pour le linguiste, « les œuvres parlent effectivement du monde, mais leur énonciation est partie prenante du monde qu’elles sont censées représenter. […] La littérature constitue elle aussi une activité : non seulement elle tient un discours sur le monde, mais elle gère sa propre présence dans ce monde. Les conditions d’énonciation du texte littéraire ne sont pas un échafaudage contingent dont celui-ci pourrait se libérer, elles sont indéfectiblement nouées à son sens » in Dominique MAINGUENEAU, Le contexte de l’œuvre littéraire. Énonciation, écrivain, société, Paris, Dunod, 1993, p. 19-20. C’est Maingueneau qui souligne.
Camila SOSA VILLADA, El viaje inútil, Córdoba, A/E, 2019, p. 35-37.
En combinant « bio » (de « biographie ») et « graphie » (de « graphie, écriture »), Maingueneau souligne l’imbrication entre la vie d’une personne et les textes qu’elle produit. La bio/graphie permet d’aller au-delà de la simple narration chronologique d’une vie, elle prend en compte les dimensions sociales, culturelles et historiques qui influencent la construction de l’identité de quelqu’un.e. Cf. D. MAINGUENEAU, op. cit., p. 46.
C. SOSA VILLADA, El viaje inútil, op. cit., p. 15.
Marlene WAYAR, Travesti. Una teoría lo suficientemente buena, Buenos Aires, Muchas Nueces, 2018, p. 83.
L’auteur péruvien dit sur Puig que : « [P]ara todo niño dotado de sensibilidad la vida real suele ser dura, una continua prueba. Pero mucho más en un pequeño pueblo sudamericano impregnado de machismo y prejuicios feroces, para un niño que, con la edad de la razón, se descubre una propensión homosexual, es decir una infamante marca que hará de él un apestado, condenado a la hostilidad, a la violencia y las burlas de compañeros y conocidos, y al desprecio de su propia familia », in Mario VARGAS LLOSA, « Loco por Lana Turner », Letras Libres, n°20, 2000, consulté le 15 décembre 2023, https://letraslibres.com/revista-mexico/loco-por-lana-turner/
C. SOSA VILLADA, El viaje inútil, op. cit., p. 48.
À travers cette notion (que nous traduisons comme « l’enfance lésée »), Wayar fait référence à la situation de vulnérabilité, de marginalisation et de violence à laquelle sont confronté.es les enfants et adolescent.e.s, transgenres et travestis, dès leur plus jeune âge. Wayar affirme que ces enfants sont souvent marqué.e.s par des expériences de rejet par la famille, l’école et la société en général, ce qui entraîne une série de difficultés et de traumatismes qui affectent leur développement personnel et social. Cf. M. WAYAR, op. cit., p. 33.
Ibid., p. 74.
Tel que le sous-tend Djamila Ribeiro, la place de la parole est la position sociale qu’occupe un individu dans la société et qui influence son point de vue et son expérience par rapport à différentes questions. C’est à partir de la place de la parole qu’un individu parle et est entendu. Ribeiro affirme que dans une société marquée par les inégalités sociales, tous les individus n’ont pas la même place dans le discours. Les groupes minoritaires tels que les femmes noires, les populations indigènes et les personnes LGBTQIA+, par exemple, sont historiquement réduits au silence et marginalisés. Cela signifie que leurs voix et leurs expériences sont souvent ignorées ou dévalorisées. Cf. Djamila RIBEIRO, Lugar de fala, São Paolo, Jandaira, 2019.
Julia KRISTEVA, Pouvoirs de l’horreur. Essais sur l’abjection, Paris, Seuil, 1980, p. 9.
Pour Genette la « motivation » est la raison pour laquelle le narrateur fournit les informations indispensables pour montrer une action dans l’histoire comme nécessaire et, donc, plausible. « La motivation est donc l’apparence et l’alibi causaliste que se donne la détermination finaliste qui est la règle de la fiction : le parce que chargé de faire oublier le pour quoi ? et donc de naturaliser, ou de réaliser (au sens de : faire passer pour réelle) la fiction en dissimulant ce qu’elle a de concerté, […] c’est-à-dire d’artificiel : bref, de fictif », in Gérard GENETTE, Figures II, Paris, Seuil, 1998, p. 96.
Camila SOSA VILLADA, Soy una tonta por quererte, Buenos Aires, Tusquets, 2022, p. 19-43.
Ibid., p. 17.
Et non « Martincito » comme le nommait Rita car, aux yeux de son père, l’appeler ainsi revenait à l’infantiliser et à le priver de ses desseins virils : « Se tiene que hacer hombre. Le habla como si fuera una criatura y el maricón no me habla como hombre », in ibid., p. 24. Dans cet ordre d’idées, il convient de citer Halberstam lorsqu’il signale que « les noms établissent des personnages, invoquent des événements et créent des attentes », in Jack HALBERSTAM, Trans*. Brève histoire de la variabilité de genre, Lyon, Libertalia, 2023, p. 25.
C. SOSA VILLADA, Soy una tonta por quererte, op. cit., p. 27.
Camila SOSA VILLADA, Las malas, Buenos Aires, Tusquets, 2019, p. 7.
Dans le cadre du TEDx Córdoba 2014, Camila Sosa Villada a donné une conférence intitulée « Profunda humanidad », où elle a partagé sa vision de l’art, de l’identité et de la recherche de la vérité à travers l’expérience personnelle. Dans cette intervention, l’autrice a raconté comment son père lui avait prédit un destin funeste si elle optait pour une vie dans le monde des travestis. Cf. TEDx Talks, « Profunda humanidad. Camila Sosa Villada. TEDxCordoba », 29/10/2014, consulté le 14 janvier 2022, https://www.youtube.com/watch?v=KQDRKphX23M&ab_channel=TEDxTalks
C. SOSA VILLADA, Las malas, op. cit., p. 64.
J. HALBERSTAM, op. cit., p. 90.
Claudia RODRíGUEZ, Manifiesto horrorista y otros escritos, Santiago de Chile, Isidora Cartonera & Juanita Cartonera, 2015, p. 11. Nous traduisons.
Michel FOUCAULT, À l’épreuve du pouvoir, Villeneuve-d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2013, p. 95.
C. SOSA VILLADA, El viaje inútil, op. cit., p. 47-48.
Pour Mikhaïl Bakhtine, au lieu d’apparaitre d’une manière omnisciente, l’auteur établit une attitude dialogique avec les personnages, ce qui engendre un roman polyphonique, c’est-à-dire avec une pluralité des voix et des consciences. Ces voix ne sont pas simplement des porte-paroles de l’auteur, mais des personnages qui semblent presque vivre leur propre vie au sein du texte. Cf. Mikhaïl BAKTHINE, La poétique de Dostoïevski, Paris, Seuil, 1970, p. 32-33.
C. SOSA VILLADA, Soy una tonta por quererte, op. cit., p. 11.
Ibid., p. 13.
Dans sa chronique intitulée « Qui défend l’enfant queer ? », Paul B. Preciado explique que l’enfant est « l’artefact biopolitique garant de la normalisation de l’adulte. La police du genre surveille le berceau des vivants à naître, pour les transformer en enfants hétérosexuels. [...] Si tu n’es pas hétérosexuel, c’est la mort qui t’attend »., in Paul B. PRECIADO, « Qui défend l’enfant queer ? », Libération, 14/01/2013, consulté le 14 juin 2024, https://www.liberation.fr/societe/2013/01/14/qui-defend-l-enfant-queer_873947/
L. NASCIMENTO, op. cit., p. 89.
Pour Foucault, le discours n’est pas simplement un moyen de communication neutre, il est inscrit dans un système de pouvoir qui détermine ce qui peut être dit, comment il peut être dit et par qui il peut être dit. Cf. Michel FOUCAULT, L’ordre du discours, Paris, Gallimard, 1971.
C. SOSA VILLADA, El viaje inútil, op. cit., p. 15.
Camila SOSA VILLADA, La novia de Sandro, Buenos Aires, Tusquets, 2015, p. 17.
C. SOSA VILLADA, El viaje inútil, op. cit., p. 33.
John M. CARVALHO, « “Strange Fruit”: Music between Violence and Death », The Journal of Aesthetics and Art Criticism, vol. 71, n°1, 2013, p. 111–119.
Née aux États-Unis au début du XIXe siècle et particulièrement liée à l’expansion territoriale américaine, l’expression « Manifest Destiny » (ou « destino manifiesto » en espagnol) évoque l’idée d’une destinée évidente ou inéluctable qui justifie des actions souvent violentes de l’État pour s’approprier des terres mais aussi des corps.
Cf. Grada KILOMBA, Memórias da plantação: episódios de racismo cotidiano, Rio de Janeiro, Cobogó, 2019.
L. NASCIMENTO, op. cit., p. 68.
Ibid., p. 78.
C. SOSA VILLADA, Soy una tonta por quererte, op. cit., p. 57.
Ibid., p. 127.
Cf. bell HOOKS, Feminism Is for Everybody: Passionate Politics, Cambridge (MA), South End Press, 2000. bell hooks a souhaité écrire son nom en minuscules pour signifier qu’il fallait se concentrer sur ses œuvres et non sur ses qualités personnelles.
L. NASCIMENTO, op. cit., p. 79.
Ibid., p. 114.
Ingrid MONSON, Freedom Sounds. Civil Rights Call Out to Jazz and Africa, New York, Oxford University Press, 2007, p. 72.
C. SOSA VILLADA, El viaje inútil, op. cit., p. 97.
Conceição Evaristo, écrivaine afro-brésilienne, a inventé le terme « escrevivência » pour définir sa production littéraire unique. L’« escrevivência » est une philosophie, une épistémologie et une ontologie qui mêle l’expérience personnelle et collective des femmes noires brésiliennes d’ascendance africaine et la lutte contre le racisme structurel. Il s’agit d’un récit qui mêle le « je » individuel et le « nous » collectif, reconnaissant le pouvoir de l’expérience partagée et de la lutte commune contre l'oppression. Cf. Conceição EVARISTO, « Gênero e etnia: uma escre(vivência) de dupla face », in Nadilza MOREIRA, Liane SCHNEIDER, coord., Mulheres no mundo: etnia, marginalidade, diáspora, João Pessoa, Editora Universitária – UFPB, 2005, p. 201-212.
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Julia Serano définit la trans-misogynie comme suit : « Quand une personne trans est ridiculisée ou discréditée avant tout pour son appartenance au genre féminin ou ses expressions de féminité et non pas seulement pour sa non-correspondance aux normes de genre, elle devient alors victime d’une forme spécifique de discrimination : la trans-misogynie », in Julia SERANO, Manifeste d’une femme trans et autres textes, Paris, Cambourakis, 2020, p. 25.
Cf. MONTOYA, Víctor, « La tradición oral latinoamericana », Letralia. Tierra de Letras, nº108, 2004, consulté le 23 janvier 2025, https://letralia.com/108/ensayo03.htm.
Cf. María Luz ENDERE et Mariano MERCEDES, « Reflexiones acerca de la protección del patrimonio intangible a nivel internacional, regional y su proyección en Argentina », Dimensión Antropológica, n°58, 2013, p. 33-59.
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C. SOSA VILLADA, Las malas, op. cit., p. 21.
Ibid., p. 17.
« La police » : terme issu de l’argot argentin et uruguayen (lunfardo). Cf. le site du Diccionario de la Real Academia Española, consulté le 7 janvier 2022, https://dle.rae.es/cana
Luz Aurora PIMENTEL, El relato en perspectiva, Mexico, Siglo XXI, 1998, p. 47.
C. SOSA VILLADA, Las malas, op. cit., p. 78-81.
Susy SHOCK, Crianzas. Historias para crecer en toda la diversidad, Buenos Aires, Muchas Nueces, 2016, p. 27.
C. SOSA VILLADA, Las malas, op. cit., p. 86.
Ibid., p. 159.
Notons l’important changement de nom du même personnage, qui va de pair avec notre analyse : nous passons d’une femme muette, sans droit de parole, c’est-à-dire immanente et statique, à un oiseau qui chante et s’envole, autrement dit à des actions qui incitent à l’expression et au mouvement.
Ibid., p. 103.
On estime que l’espérance de vie des travestis en Argentine se situe entre 35 et 40 ans, ce qui est nettement inférieur à la moyenne nationale d’environ 77 ans. Cf. María Ayuso, « Con un promedio de vida de 40 años: por qué la comunidad travesti trans es la más vulnerable de la Argentina », 24/08/2022, La Nación, consulté le 21 février 2024, https://lc.cx/asJzZy
C. SOSA VILLADA, Las malas, op. cit., p. 104.
Selon la page « lupanar » du CNRTL, consultée le 12 janvier 2023, https://lc.cx/dInOKn
C. SOSA VILLADA, Las malas, op. cit., p. 56.
« Je suppose que dans toute société la production du discours est à la fois contrôlée, sélectionnée, organisée et redistribuée par un certain nombre de procédures qui ont pour rôle d’en conjurer les pouvoirs et les dangers, d’en maîtriser l’événement aléatoire, d’en esquiver la lourde, la redoutable matérialité », in M. FOUCAULT, L’ordre du discours, op. cit., p. 11.
L. NASCIMENTO, op. cit., p. 74.
Ce qui rejoint entièrement la pensée de Nascimento : « La lutte contre le Cistème moderne de genre continu, en dénonçant les violences brutales par lesquelles nous, dissidentes de genre, sommes destituées de notre humanité », in ibid., p. 37.
Par ce concept, Donna Haraway remet en question l’idée traditionnelle d’une objectivité scientifique neutre et universelle, en soulignant que toute connaissance est produite à partir d’une position spécifique, façonnée par les expériences, les valeurs et les perspectives de l’individu ou du groupe qui la produit. Cf. Donna HARAWAY, Ciencia, cyborgs y mujeres: la invención de la naturaleza, Madrid, Cátedra, 1991.
Cf. Anne BARRÈRE et Danilo MARTUCELLI, Le roman comme laboratoire. De la connaissance littéraire à l’imagination sociologique, Villeneuve d’Ascq, Presses Universitaires du Septentrion, 2009.
C. SOSA VILLADA, Las malas, op. cit., p. 90-91.
Ibid., p. 118.
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