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Dossier thématique

L’Autriche et les Jeux de Hitler à Garmisch-Partenkirchen et Berlin

Österreich und Hitlers Spiele in Garmisch-Partenkirchen und Berlin
Austria and Hitler’s Olympic Games in Garmisch-Partenkirchen and Berlin
Alfred Pfoser
Traduction de Guillaume Robin, Université Paris Cité et France
p. 175-189

Résumés

La participation de l’Autriche aux Jeux olympiques de Garmisch-Partenkirchen et de Berlin en 1936 était entièrement placée sous le signe de grandes tensions politiques et doit être considérée dans le contexte de l’« accord de Juillet » conclu la même année, qui encourageait l’« annexion évolutive » de l’Autriche au Troisième Reich. L’article rend compte de cas d’humiliation et de soumission, d’enthousiasme et de succès, mais aussi d’échec et de déception.

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Texte intégral

Le développement des Jeux olympiques d’hiver

1Comment se fait-il que le ski alpin n’ait été inclus aux disciplines olympiques qu’à partir de 1936 ? Tout d’abord, le ski alpin en tant que sport de compétition ne se développa que lentement. Jusqu’en 1930, la FIS (Fédération internationale de ski) ne s’occupait que du ski nordique. Ce n’est qu’en 1931, à Mürren en Suisse, que le ski alpin fut intégré pour la première fois au programme des championnats du monde d’hiver. Aux Jeux olympiques d’hiver de 1932, il n’y avait pas encore de courses de ski ; seules les disciplines du hockey sur glace, du patinage artistique, du ski nordique et du bobsleigh étaient inscrites au programme. Depuis 1928 toutefois, les courses Arlberg-Kandahar se déroulaient d’abord exclusivement à Sankt Anton, puis à partir de 1931 en alternance entre Mürren et Sankt Anton. La médaille la plus prestigieuse était celle du combiné, qui additionnait les résultats en descente, slalom, saut à ski et ski de fond. Le slalom ne s’imposa que progressivement. En 1933, encore nombre de spectateurs et de skieurs ne connaissaient pas encore le fonctionnement de cette épreuve.

  • 1 « Ausklang der F.I.S.-Woche », Neue Freie Presse (NFP), 10 février 1933, p. 8.

2En février 1933, les championnats de la FIS, qui furent reconnus plus tard comme championnats du monde, eurent lieu pour la première fois à Innsbruck. Des participants de vingt nations du monde entier se rassemblèrent. L’Anglaise Salé-Baker, grande favorite, ne put toutefois pas y participer en raison d’un accident d’avion en Afrique orientale. Pour souligner l’importance de cet événement, le président fédéral, Wilhelm Miklas, donna une réception à la Hofburg d’Innsbruck. Les organisateurs avaient l’ambition d’offrir la plus grande fête des sports d’hiver à ce jour. Il avait déjà été décidé d’élargir l’éventail des compétitions. Une épreuve de déscente au départ du Glungezer, particulièrement longue et difficile, attendait les skieurs. Dans le combiné, les résultats de la descente, du slalom et du saut étaient additionnés pour établir le classement général. Les skieurs concouraient également par équipe. L’Autriche brilla : Hans Hauser remporta le spécial, Toni Seelos s’imposa comme un invincible slalomeur et Inge Lantschner gagna la descente féminine, tandis que sa sœur s’imposa en slalom1.

  • 2 « Start der F.I.S.-Rennen », NFP (Abendblatt), 6 février 1933, p. 7.
  • 3 « Triumph des österreichischen Skisports », NFP (Abendblatt), 14 février 1933, p. 7 ; « Ausklang de (...)
  • 4 « Ein F.I.S.-Sieg Österreichs », NFP (Abendblatt), 25 février 1935, p. 7.
  • 5 « Weitere Siege beim F.I.S.-Rennen », NFP, 26 février 1935, p. 8.

3Les compétitions de la FIS à Innsbruck en février 1933 voulaient aussi démontrer que l’Autriche était la capitale des sports d’hiver, dotée de stations de ski de haut standing tels que le Semmering, Kitzbühel et l’Arlberg, ainsi que d’excellentes et nombreuses écoles de ski. Les championnats du monde visaient à convaincre les visiteurs de la beauté des Alpes, stimulant ainsi le tourisme autrichien et servaient donc un objectif national2. Les journaux autrichiens débordaient d’enthousiasme sur le thème du « triomphe du ski autrichien3 ». Innsbruck nourrissait des attentes quant à la domination sportive autrichienne, qui devait s’imposer pour les compétitions suivantes. Lors des championnats de la FIS de 1934 à Saint-Moritz, les Autrichiens étaient absents en raison des combats de février 1934. En 1935 à Mürren, bien que les femmes n’aient pas été couronnées de succès, les hommes réalisèrent de bonnes performances : Toni Seelos remporta de nouveau le slalom4 et Franz Zingerle la descente5. Les Jeux olympiques d’hiver de Garmisch en 1936, qui devaient être pour l’Autriche une démonstration de sa force nationale aux yeux du monde, fut bien au contraire un échec retentissant.

Les Jeux d’hiver à Garmisch-Partenkirchen

  • 6 « Olympische Spiele 1936 », dans Österreichisches Sport-Jahrbuch. Handbuch für Sport und Turnen 193 (...)
  • 7 « Sportparlament in Wien » et « Der Olympische Kongreß », dans NFP (Abendblatt), 7 juin 1933, p. 2 (...)
  • 8 Anton Rippon, Hitler’s Olympics: The Story of the 1936 Nazi Games, Barnsley, Pen & Sword Military, (...)

4La désignation de Garmisch-Partenkirchen6 et Berlin comme hôtes des Jeux olympiques avait été entérinée dès 1931. Cependant, la politique d’Hitler après sa prise de pouvoir le 30 janvier 1933 remit en question cette décision, et des appels au boycott commencèrent à se faire entendre. La persécution politique de l’opposition et la discrimination contre les Juifs, ainsi que le retrait de l’Allemagne de la Société des Nations, n’étaient certainement pas en accord avec les principes de l’olympisme. Du 5 au 7 juin 1933, une réunion du Comité international olympique (CIO) eut lieu à l’Académie des sciences de Vienne, où la délégation allemande réfuta toutes les objections et garantit le respect de la Charte olympique ainsi qu’un accès libre aux Jeux pour toutes les races et confessions. Garmisch-Partenkirchen et Berlin furent confirmés comme hôtes des compétitions7. Cependant, un fort mouvement émergent de boycott international, principalement issu des États-Unis et de Grande-Bretagne, s’amplifia suite à la promulgation des lois raciales de Nuremberg le 15 septembre 1935. Le jeune Avery Brundage, président américain du CIO, utilisa son talent diplomatique pour calmer l’opinion publique américaine8. À la grande satisfaction du Troisième Reich, toutes les tentatives visant à empêcher la tenue des Jeux en Allemagne échouèrent.

  • 9 Ibid., p. 69-84 ; Friedrich Fischer, Österreich und die Olympischen Spiele 1936, op. cit.

5Le CIO laissa au pays organisateur des Jeux d’été le choix du site des Jeux d’hiver. Ce n’est que sous la pression de Berlin que les localités de Garmisch et Partenkirchen furent convaincues d’accueillir l’événement. Les deux communes fusionnèrent et l’infrastructure nécessaire fut développée : grands et petits tremplins de saut à ski, patinoire, installations techniques pour les compétitions, ainsi que l’autoroute reliant Munich à Garmisch-Partenkirchen. Bien que ce spectacle géant, destiné à démontrer que l’Allemagne était redevenue une puissance mondiale, eût lieu en été à Berlin, les Jeux d’hiver à Garmisch-Partenkirchen9 (du 6 au 16 février 1936) constituèrent un impressionnant galop d’essai pour les Jeux de Berlin. Chaque jour, des dizaines de milliers de spectateurs assistaient aux compétitions sportives ; pour l’épreuve finale du saut sur le grand tremplin olympique, pas moins de 130 000 spectateurs, venus de toute l’Allemagne à bord de trains spécialement affrétés, étaient présents. La presse internationale rapporta à travers le monde l’imposante cérémonie d’ouverture, l’organisation impeccable, l’enthousiasme populaire pour le sport et la munificence de ce qui fut décrit comme la plus grande fête des sports d’hiver de tous les temps.

6Les nouveaux dirigeants du Troisième Reich ne manquèrent pas l’occasion de profiter de ces festivités « apolitiques » pour montrer au public qui l’avait organisé. Lors de la cérémonie d’ouverture, Adolf Hitler, Joseph Goebbels, Hermann Göring, Julius Streicher et Wilhelm Frick arrivèrent dans leurs limousines, encadrés par des milliers de membres de la SA et de la SS. Près de 80 000 spectateurs acclamèrent l’entrée des plus de mille athlètes et, après l’hymne allemand, entonnèrent également le Horst-Wessel-Lied.

  • 10 Andreas Hafer et Wolfgang Hafer, Hugo Meisl oder Die Erfindung des modernen Fußballs. Eine Biograph (...)
  • 11 « Sport und Heimat », NFP, 29 août 1933, p. 21.

7Avant les compétitions, les attentes sportives étaient énormes en Autriche, et la déception qui suivit les résultats fut à leur mesure. L’Autriche se percevait en effet comme une grande puissance des sports d’hiver, mais les performances et les médailles obtenues, bien que respectables, de furent pas à la hauteur des attentes. Le régime austro-fasciste, à l’instar de l’Italie fasciste (et plus tard de l’Allemagne), utilisa les succès sportifs pour glorifier le pays et renforcer le régime. Engelbert Dollfuß avait tenté de se faire passer pour un fan de football en 193310, et cette tâche revint après sa mort à Ernst Rüdiger Starhemberg, chef du Front patriotique (Heimwehr) et vice-chancelier. En Autriche aussi, le slogan était : « Le véritable sportif est un héraut de l’amour de la patrie, un fidèle serviteur de son pays11. »

8Fin janvier-début février 1936, quelque 140 athlètes et officiels autrichiens se rendirent à Garmisch-Partenkirchen, non loin de la frontière. Lors de la cérémonie d’ouverture, la délégation autrichienne, qui constituait la plus importante délégation étrangère, afficha fièrement son assurance nationale, ce qui fut certainement perçu par les organisateurs, dans un contexte préparant l’Anschluss, comme une provocation implicite. Leur tenue festive officielle se composait de pantalons de ski bleu marine et de bonnets bleus à la norvégienne, ainsi que de pulls rayés rouge-blanc-rouge arborant l’emblème national brodé sur la poitrine.

  • 12 « Österreichs Mannschaft für die Winterspiele », NFP, 26 octobre 1935, p. 11.

9Une grande indignation fut provoquée en amont par le CIO lui-même, qui décida d’exclure de la compétition tous les skieurs qui exerçaient une activité rémunérée comme moniteurs de ski. Cette décision touchait particulièrement les meilleurs skieurs autrichiens et suisses, menant à des protestations et finalement à un boycott. Aucun skieur autrichien ne participa aux épreuves masculines de ski alpin. En revanche, l’Autriche présenta quatre équipes en bobsleigh, une importante équipe de patineurs artistiques (six hommes et six femmes), huit patineurs de vitesse, une équipe de hockey et une équipe pour le ski militaire de patrouille. Les équipes qui concoururent au tir sur glace se démarquèrent lors des compétitions par leur costume traditionnel12.

  • 13 « Die Österreicher sind besser », NFP, 10 février 1936, p. 7.

10Lors des épreuves masculines de ski alpin, la course en tant qu’ouvreur du slalom de Toni Seelos, entraîneur de l’équipe olympique autrichienne (et allemande), apporta quelque satisfaction à la fierté nationale autrichienne. Il acheva le parcours 5,8 secondes plus vite que le vainqueur officiel de la compétition, l’Allemand Franz Pfnür. La presse autrichienne rappela également qu’une semaine avant les Jeux, Eberhard Kneisl avait devancé le champion de descente, le Norvégien Birger Ruud, lors d’une compétition à Bad Gastein13.

  • 14 « Der Abfahrtslauf der Herren », NFP (Abendblatt), 8 février 1936, p. 7 ; « Der zweite deutsche oly (...)
  • 15 « Haben unsere Skiläuferinnen enttäuscht? », NFP, 9 février 1936, p. 18.

11À Garmisch-Partenkirchen, le slalom et la descente en épreuves individuelles ne furent pas consacrés par des médailles ; les résultats des deux épreuves furent combinés, et le vainqueur reçut la médaille d’or. Chez les hommes, cette distinction revint à l’Allemand Franz Pfnür. Ce succès allemand constitua certainement un motif de contrariété pour la politique sportive autrichienne, car l’équipe allemande, hommes et femmes confondus, se distingua brillamment en remportant cinq des six médailles possibles. Une autre déconvenue touchait à un dilemme fondamental de l’Autriche de cette époque et illustrait la situation précaire du régime austro-fasciste : Gustav Lantscher, natif d’Innsbruck et vainqueur de nombreuses compétitions de ski, avait quitté l’Autriche après les championnats du Tyrol à Hall (en janvier 1934) et les championnats nationaux autrichiens à Mallnitz (en février 1934), en raison de ses convictions nationales-socialistes, pour rejoindre l’équipe du Troisième Reich. Bien que sa performance en descente à Garmisch-Partenkirchen n’ait pas été à la hauteur des attentes, il obtint néanmoins la deuxième place en slalom, ce qui lui valut la médaille d’argent dans le combiné14. Sa sœur, Hadwig Lantscher, également passée dans l’équipe allemande, se classa sixième à Garmisch-Partenkirchen, un résultat nettement supérieur à celui de toutes les skieuses autrichiennes, qui, du point de vue autrichien, firent piètre figure ; leur meilleure performance fut la treizième place en combiné, obtenue par Grete Nißl15.

  • 16 Andreas Tröscher, « Karl Schäfer. Der mit dem Eis tanzt », dans Matthias Marschik et Georg Spitaler (...)
  • 17 « Sepp Bradl. Der Adler vom Hochkönig », op. cit., p. 200-207.
  • 18 « Haben unsere Skiläuferinnen enttäuscht? », op. cit., p. 18.

12La seule médaille d’or autrichienne aux Jeux d’hiver fut remportée, conformément aux pronostics, par Karl Schäfer16 en patinage artistique. Chez les femmes, Hedy Stenuf termina seulement sixième dans cette même épreuve. Un grand mécontentement se fit sentir dans la presse autrichienne à propos des résultats en patinage artistique en couple, car Ilse et Erik Pausin, qui remportèrent la médaille d’argent, étaient les favoris selon le public, mais un juge allemand nota délibérément mal le couple autrichien pour offrir la médaille d’or au couple allemand Herber/Baier. Felix Kaspar obtint la troisième place en patinage artistique masculin, et Max Stiepl se classa également troisième dans l’épreuve de 10 000 mètres de patinage de vitesse, mais ce fut la seule récolte de médailles. Les résultats décevants dans toutes les disciplines alpines marquèrent particulièrement les esprits, et même les sauteurs à ski, dont Sepp Bradl17, qui avait franchi les 100 mètres cette année-là, finirent loin du podium. « Tous les succès sur glace, aucun sur skis18 », résuma un commentateur.

  • 19 « Bei der österreichischen Olympia-Skimannschaft », NFP (Abendblatt), 7 février 1936, p. 7.

13Les reportages journalistiques sur les conditions d’accueil à Garmisch suscitèrent également l’agacement en Autriche : les athlètes, entassés par quatre dans une auberge bruyante, souffrirent de repas trop lourds, peu adaptés à une préparation sportive19. L’exploitation des JO dans les médias allemands après les compétitions ajouta au ressentiment autrichien :

  • 20 « Sport ohne Politik », NFP (Abendblatt), 19 février 1936, p. 3.

Les actualités cinématographiques allemandes ont porté une attention particulière aux Jeux de Garmisch, mais les images des champions autrichiens étaient absentes. Par exemple, lors de la compétition de patinage de couple, les actualités ont montré les gagnants allemands, les Hongrois classés troisièmes et les Anglais sixièmes, mais pas les frère et sœur Pausin, qui avaient pourtant remporté la médaille d’argent et créé la sensation par leurs performances. Mais à qui profitent de telles retouches ? Certainement pas au sport20.

Compétitions de la FIS à Innsbruck

  • 21 « Die Vorarbeiten für die F.I.S. », NFP (Abendblatt), 20 février 1936, p. 7 ; « Innsbruck ruft », N (...)

14En théorie, il ne devait pas y avoir de compétitions de la FIS en 1936 en raison des Jeux olympiques. Cependant, en réaction à l’interprétation stricte des règles sur le sport amateur, la FIS décida d’organiser des compétitions (aujourdhui reconnues comme des championnats du monde) à Innsbruck du 15 au 22 février 1936, près de Garmisch-Partenkirchen, pour permettre aux vrais champions de ski alpin de s’affronter21. Le beau temps favorisa le déroulement des épreuves, bien que le manque de neige créât des difficultés aux organisateurs, entraînant des accidents causés par des racines d’arbres en surface.

  • 22 « Hohe Kunst auf den Skiern », NFP, 23 février 1933, p. 17.

15Des athlètes qui avaient participé aux Jeux de Garmisch purent également concourir à Innsbruck. Les résultats confirmèrent les attentes dans les épreuves individuelles de descente et de combiné, le Suisse Rudolf Rominger prit la première place, tandis que l’Autriche remporta la victoire par équipe avec Eberhard Kneisl et Rudolf Matt. La Britannique Evelyn Pinching remporta la descente et le combiné chez les femmes. Spectateurs et personnalités politiques furent particulièrement satisfaits par le slalom grâce aux victoires autrichiennes de Rudi Matt chez les hommes et de Gerda Paumgarten chez les femmes22.

  • 23 « Sport ohne Politik », NFP (Abendblatt), 19 février 1936, p. 3.
  • 24 Ibid.
  • 25 « Hohe Kunst auf Skiern », NFP, 23 février 1936, p. 17 ; « Vierfacher österreichischer Erfolg », NF (...)

16Sur le plan politique, la FIS redoubla de provocation à l’égard du CIO. Les autorités autrichiennes interdirent aux athlètes allemands de participer aux championnats du monde de ski à Innsbruck, en réaction aux Jeux de Garmisch-Partenkirchen. Même la Neue Freie Presse considéra cette décision injuste23. Ernst Rüdiger Starhemberg, en charge du sport autrichien (Sportführer), justifia cette exclusion en expliquant que la participation aux Jeux olympiques avait été une exception en raison de leur caractère international ; en général, l’interdiction mutuelle de participation restait en vigueur entre l’Allemagne et l’Autriche. Les championnats de ski d’Innsbruck devinrent une scène où l’Autriche chercha à se venger des affronts subis à Garmisch24. Des personnalités politiques telles Starhemberg dans ses fonctions de vice-chancelier et le président Wilhelm Miklas furent présentes aux compétitions et à la cérémonie de remise des prix. Lors de cette cérémonie, le président britannique de la FIS souligna non sans ironie le contraste entre le ski et d’autres sports : « Dans d’autres disciplines, il y a toujours des conflits. Mais nous, skieurs, nous restons bons amis, même le CIO n’arrive pas à nous brouiller…25 »

Dans la perspective des Jeux olympiques d’été

  • 26 « Die Olympiade in Deutschland », NFP, 18 juillet 1936, p. 1 et suiv.
  • 27 Ibid., p. 2.

17L’Autriche observait attentivement la situation en Allemagne, consciente que le régime nazi utilisait l’organisation des Jeux pour renforcer sa crédibilité internationale en vue d’objectifs futurs plus graves : l’Anschluss forcé des régions germanophones et une préparation à la guerre. Depuis sa sortie de la Société des Nations (14 octobre 1933), l’Allemagne avait proclamé le service militaire obligatoire (mars 1935), réintégré la Sarre (1er mars 1935) après un plébiscite et occupé la Rhénanie (7 mars 1936). Pendant l’été 1936, une « trève olympique » fut instaurée pour mobiliser toute l’Allemagne autour de l’esprit olympique. On attendait maintenant des Allemands qu’ils vivent cet événement dans la gaieté et qu’ils se présentent comme un peuple pacifique et accueillant dans un État totalitaire. Le régime nazi chercha à camoufler temporairement sa politique d’exclusion des citoyens juifs de la vie sportive : des affiches antisémites furent retirées, le journal Der Stürmer fut suspendu et des athlètes juifs, comme l’escrimeuse Helene Mayer, furent inclus dans l’équipe olympique allemande26. Dans un commentaire lucide, la Neue Freie Presse en Autriche montra un certain scepticisme face à cette mascarade : « La dynamique du parti repose sur une tension permanente, alimentée périodiquement par des “impulsions électriques” destinées à maintenir l’attention des masses27. »

  • 28 Ibid.
  • 29 « Der Vizekanzler für den Olympischen Sport », NFP, 19 janvier 1935, p. 10.
  • 30 Andreas Praher, Österreichs Skisport im Nationalsozialismus. Anpassung – Verfolgung - Kollaboration(...)
  • 31 « Ein Jahr Olympia-Vorbereitung bei Leichtathleten », NFP, 8 décembre 1935, p. 21.
  • 32 Theodor Schmidt, « Österreichs Olympia-Hoffnungen », NFP, 17 novembre 1935, p. 19.

18En janvier 1934, le Comité olympique autrichien confirma officiellement sa participation aux deux Olympiades organisées en Allemagne28. En 1935, les préparatifs pour les Jeux de Garmisch-Partenkirchen et de Berlin battaient également leur plein en Autriche, et le gouvernement alloua un budget spécifique29. Les préparations sportives furent érigées en affaire d’État30. L’entraîneur américain Harald Anson Bruce fut recruté en tant que coach en athlétisme, ce qui se traduisit par d’excellentes performances : les résultats lors des compétitions internationales d’athlétisme contre la Tchécoslovaquie, l’Italie, la Yougoslavie et la Grèce firent naître en Autriche des espoirs de médaille31. Les haltérophiles, rameurs, nageurs et handballeurs autrichiens semblaient également prometteurs pour les classements à venir32. Les officiels autrichiens du CIO ainsi que les médias autrichiens, invités à Berlin en amont, furent fortement impressionnés par les préparatifs de la ville en termes d’organisation et d’architecture. Cette fois-ci, tout devait être parfait. Les dix charmantes maisons réservées à la délégation autrichienne dans le village olympique offraient non seulement des douches et une grande salle de séjour, mais aussi un sauna.

  • 33 « Die Disqualifikation der Schwimmerin Deutsch », NFP (Abendblatt), 9 juillet 1936, p. 7 ; Sandra S (...)

19Peu avant la sélection officielle, les associations sportives juives autrichiennes lancèrent un appel au boycott des Jeux. Judith Deutsch, détentrice de records nationaux en natation, ainsi que Ruth Lang et Lucie Goldner, refusèrent de participer. La direction du sport autrichienne, hostile à ce boycott, les bannit à vie des compétitions (une sanction réduite par la suite à deux ans). Sous la pression, Erich Fincsus, Alfred König et Grete Neumann revinrent sur leur boycott annoncé33.

Incidents lors du passage de la flamme olympique à Vienne

20Dans le but de préparer les Jeux olympiques d’été de Berlin (du 1er au 16 août 1936) et d’accroître leur visibilité, les représentants allemands du CIO avaient imaginé quelque chose de nouveau et d’original : une course de relais sur 3 000 kilomètres destinée à attiser l’enthousiasme populaire. Le symbole antique de la flamme visait à rappeler le lien profond entre les Jeux de la Grèce antique et ceux de l’époque moderne, entre l’Antiquité et la nouvelle Allemagne. La flamme, allumée à Olympie grâce à un miroir ardent et aux rayons du soleil grec, fut transportée à travers l’Europe, ne s’arrêtant que brièvement pour des cérémonies de consécration dans les capitales, jusqu’à son arrivée le 1er août à l’entrée orientale du complexe olympique de Berlin, où elle resta allumée comme symbole de paix jusqu’au dernier jour des Jeux.

  • 34 « Olympische Symbole », NFP (Abendblatt), 26 juin 1936, p. 7.
  • 35 « Wiener Olympia-Aufnahmen », NFP, 16 juillet 1936, p. 12.

21Vienne, l’une des étapes, prépara en grande pompe l’accueil de la flamme olympique. Des dizaines, voire des centaines de milliers de spectateurs de toutes les provinces furent invités à se rassembler le 29 juillet sur le Ring et sur la Heldenplatz. Le comité d’organisation du Comité olympique autrichien annonça qu’il mobiliserait toutes ses ressources pour faire de cette cérémonie un acte solennel et symbolique, afin de transmettre au public l’esprit olympique34. Depuis la mi-juillet 1936, une équipe de tournage dirigée par Leni Riefenstahl se trouvait à Vienne pour filmer les répétitions des porteurs autrichiens de la flamme. Cependant, la présence imprévue de cameramen lors des entraînements des athlètes autrichiens suscita des réserves35. Pour prévenir tout incident, la section du Ring entre Schwarzenbergplatz et l’université fut fermée au public, et des billets d’entrée furent distribués aux spectateurs du cortège et du relais de la flamme.

  • 36 Ernst Rüdiger Starhemberg, Memoiren, Vienne-Munich, Amalthea, 1971, p. 271-275.
  • 37 « Österreichische Sportembleme », NFP, 21 juillet 1936, p. 11.
  • 38 « Das Olympische Feuer », NFP, 30 juillet 1936, p. 1 et suiv. ; « Die Mittwochdemonstrationen », NF (...)

22Le 29 juillet 1936, ce qui se produisit à Vienne fut un choc pour le gouvernement. Les nationaux-socialistes parvinrent en effet à saboter le cortège et la cérémonie en se procurant un grand nombre de billets d’entrée (d’après le responsable sportif Starhemberg, quelque 30 00036). Bien que l’emploi de l’uniforme et des symboles nazis fût interdit, les partisans signalèrent leur affiliation politique en portant des chaussettes blanches. La parade sur le Ring se déroula encore sans encombre, le cortège des sportifs arborant les nouveaux emblèmes olympiques de l’équipe autrichienne37. Mais à l’arrivée de la flamme sur la Heldenplatz pour le moment de consécration, l’impensable survint. Des acclamations résonnèrent : « Sieg Heil », « Heil Hitler ». Lors de l’interprétation de l’hymne de Haydn, les perturbateurs entonnèrent le Deutschlandlied au lieu des paroles de Kernstock. Lorsque Starhemberg prit la parole, il fut immédiatement hué. Le chaos s’installa et des forces de sécurité furent appelées en renfort. La police arrêta au total 155 personnes, dont les deux tiers étaient des jeunes sans antécédents judiciaires38.

  • 39 « Große Kundgebung der Vaterländischen Front », NFP, 1er août 1936, p. 1 et suiv. ; « Große vaterlä (...)
  • 40 « Die Seltenheit österreichischer Kriegsfilmaufnahmen », NFP, 30 juillet 1936, p. 7.

23Berlin se dissocia officiellement de ces incidents viennois, les condamnant comme une action marxiste. Une grande manifestation du Vaterländische Front fut organisée le lendemain pour démontrer que ces sympathisants nazis étaient des cas isolés39. Les menaces et les avertissements adressés à Berlin et aux fauteurs de troubles nazis autrichiens furent bien accueillis dans la presse locale, mais ils étaient déconnectés de la réalité. Le nouveau projet d’Hitler, l’Anschluss par voie évolutive et progressive, était déjà en cours. Le gouvernement autrichien croyait qu’avec la signature récente de l’accord de juillet (Juliabkommen), la paix et l’harmonie s’instaureraient dans les relations austro-allemandes. Dans les cinémas, le film de guerre Schulter an Schulter (Côte à côte40) d’Erwin Wratschko (1936) venait de sortir, et les communiqués politiques annonçaient la restauration de « relations amicales », la prétendue reconnaissance de l’indépendance autrichienne, et la levée des restrictions sur les échanges touristiques avec Allemagne. Ce qui était officiellement présenté comme une réconciliation avec le camp national ne représentait en réalité qu’un changement de cap d’Hitler. Les incidents sur la Heldenplatz étaient un signe que les nationaux-socialistes comptaient exploiter les nouveaux espaces d’action qui s’ouvraient à eux.

Les performances autrichiennes aux Jeux de Berlin

  • 41 « Die Olympischen Spiele 1936 », dans Österreichisches Sport-Jahrbuch. Handbuch für Sport und Turne (...)
  • 42 « Quartiere im Olympischen Dorf bestellt », NFP (Abendblatt), 22 novembre 1935, p. 7.
  • 43 Oliver Hilmes, Berlin 1936. Sechzehn Tage im August, Munich, Siedler, 2016, p. 25.
  • 44 « 4844 Olympiakämpfer in Berlin », NFP (Abendblatt), 31 juillet 1936, p. 6.
  • 45 Armin Fuhrer, Hitlers Spiele. Olympia 1936 in Berlin, Berlin, Bebra, 2011, p. 23-41 et p. 133-138.

24Tandis que la confusion régnait à Vienne, les Jeux olympiques s’ouvraient le 1er août 1936 à Berlin41. L’Autriche y participa avec 270 athlètes42. L’impression fut profonde – non seulement pour la délégation autrichienne – face à l’envergure du complexe olympique : le stade de 100 000 places, le Reichssportfeld, le théâtre en plein air de style antique Dietrich-Eckart, la tribune du stade aquatique, les tours fines ornées de la cloche olympique… Tout était parfaitement agencé, témoignant de la perfection technique et organisationnelle et de la foi en l’avenir de l’Allemagne nazie. La cérémonie d’ouverture, parfaitement chorégraphiée, fut centrée sur Hitler, qui ne prononça qu’une phrase (« Je déclare ouverts les Jeux de Berlin pour célébrer la XIe Olympiade de l’ère moderne »). Selon le rapport du diplomate autrichien Stephan Tauschitz à Vienne, les spectateurs autrichiens se distinguèrent dans le stade par leurs « Heil Hitler » et « Sieg Heil » particulièrement enthousiastes43. Les athlètes étrangers, y compris les Autrichiens, furent traités avec un soin particulier, dans une ambiance de fraternité internationale. Le grand réfectoire de 5 000 places44, avec ses 38 cuisines nationales, devint le symbole de cette hospitalité. Partout dans le Reich, l’État et le parti avaient déployé une vaste propagande pour attirer des millions d’Allemands à Berlin et assurer une ambiance sur fond d’applaudissements enthousiastes lors de chaque manifestation. Près de 100 000 visiteurs étrangers assistèrent également aux Jeux, malgré les restrictions de change. Ces Jeux devinrent un événement médiatique majeur, y compris en Autriche, où des retransmissions en direct, dans vingt-huit espaces publics, introduisirent le nouveau médium de la télévison45.

  • 46 « Österreichs Olympische Ehrentafel 1936 », NFP, 27 août 1936, p. 10.
  • 47 Andreas et Wolfgang Hafer, Hugo Meisl oder Die Erfindung des modernen Fußballs, op. cit., p. 296-29 (...)
  • 48 Josef Metzger, « Herma Bauma. Buche und Eiche », dans Matthias Marschik et Georg Spitaler (dir.), H (...)
  • 49 « Der Olympiasieg österreichischer Kunst », NFP (Abendblatt), 5 août 1936, p. 3.
  • 50 « Österreich in Ton und Bild – Ausklang der Olympischen Spiele », NFP, 20 août 1936, p. 10.

25Après la cérémonie de clôture le 16 août 1936, le bilan des deux semaines de compétition fut positif. Le Comité olympique autrichien qualifia les Jeux de réussite, et un accueil enthousiaste fut réservé aux athlètes autrichiens, qui avaient remporté plus de médailles que jamais : 7 médailles d’or, 31 d’argent, et 8 de bronze46. Les pagayeurs impressionnèrent particulièrement et un haltérophile en catégorie poids léger obtint également l’or. Les footballeurs amateurs, remarquablement préparés par Jimmy Hogan, reçurent la médaille d’argent après un match final inspiré contre les demi-professionnels italiens47. Mais l’équipe dut aussi faire face à quelques déceptions : en athlétisme, aucun Autrichien ne monta sur le podium, et Herma Baumer, légèrement blessée et pourtant détentrice d’un record d’Europe, ne se classa que quatrième48. Les médailles dans les épreuves artistiques (medaille d’or pour Hermann Kutschera avec son projet de stade de ski, l’argent pour Rudolf Hermann Eisenmenger avec un tableau intitulé Coureurs devant la ligne d’arrivée, le bronze pour Hermann Stieglitzer et Herbert Kastinger pour leur projet de complexe de sports mécaniques, cyclistes et équestres49) ne reçurent qu’une attention modeste dans la presse quotidienne. Néanmoins, les sportifs furent largement célébrés à leur retour avec des cérémonies, des hommages, des cadeaux (montres en or et en argent), et les actualités, projetées dans tous les cinémas autrichiens, présentèrent abondamment les images de Berlin, témoignant de la satisfaction nationale et rappelant que la délégation autrichienne s’était « dignement distinguée aux côtés des autres nations50 ».

  • 51 « Offizielle Absage des Fußball-Länderkampfes », NFP, 20 juin 1933, p. 10.
  • 52 « Der geplante Österreich-Start deutscher Skiläufer », NFP, 30 décembre 1933, p. 7.
  • 53 « Start österreichischer Sportler in Deutschland », NFP, 12 janvier 1934, p. 8.

26Les relations sportives entre l’Autriche et l’Allemagne se caractérisèrent par leur instabilité et leurs contradictions durant les années 1933-1938, sur fond de tensions politiques et de propagande nazie croissante. À partir de 1933, ces relations subirent des pressions de plus en plus intenses, notamment avec l’instauration de la taxe de 1 000 RM (Tausend-Mark-Sperre) pour les Allemands voyageant en Autriche, la montée du terrorisme nazi et l’interdiction du NSDAP en Autriche. Dès lors, les échanges sportifs commencèrent à s’essouffler. Le 25 juin 1933, un match de football entre les deux pays fut annulé, l’ÖFB (la Fédération de football autrichienne) ayant envoyé une dépêche à Berlin exprimant ses regrets que « la tension actuelle ait malheureusement déteint sur le domaine sportif51 ». Dès juin, l’Allemagne avait interdit à ses rameurs de participer à une compétition à Vienne, tout en autorisant une tournée autrichienne de son équipe de water-polo. Ces initiatives restèrent toutefois isolées, et les participations des sportifs autrichiens en Allemagne cessèrent de fait. À la fin de 1933, une demande inhabituelle de la Fédération allemande de ski de concourir en Autriche suscita la surprise, notamment parce qu’elle s’accompagnait d’exigences telles que l’exécution de l’hymne allemand et le hissement du drapeau nazi. Cette requête reçut une réponse tiède, les autorités autrichiennes indiquant qu’une telle démonstration pourrait « provoquer des manifestations en Autriche52 ». Il y eut aussi des contre-exemples : ainsi les coureurs de bobsleigh autrichiens furent-ils autorisés à participer aux Championnats du monde de janvier 193453.

  • 54 « Der Vizekanzler für den Olympischen Sport », NFP, 19 janvier 1935, p. 10.

27Il est suprenant que, malgré l’analyse lucide des développements inquiétants dans le Troisième Reich, l’Autriche et la communauté sportive internationale aient maintenu leur engagement envers les Jeux olympiques organisés par l’Allemagne. Il est difficile de savoir si le président autrichien du CIO, Theodor Schmidt, ou le gouvernement envisagèrent sérieusement un boycott des Jeux. Les déclarations officielles ne laissaient transparaître aucun indice en ce sens, bien que, en toute logique, un boycott aurait pu être envisagé54. À partir de 1935, la politique sportive autrichienne, dirigée par Ernst Rüdiger Starhemberg et le CIO autrichien, engagea clairement les athlètes et les responsables à élever leurs performances pour les Jeux olympiques, indépendamment des tensions entre les deux pays. L’Autriche s’aligna ainsi sur les positions de la communauté sportive occidentale, jugeant qu’un boycott l’aurait isolée. N’y avait-il d’ailleurs pas eu un drapeau nazi hissé lors du match amical de football entre l’Angleterre et l’Allemagne à Londres le 4 décembre 1935 ? Parallèlement, les dirigeants austro-fascistes devaient également se rendre à l’évidence que les Jeux olympiques du Troisième Reich pouvaient aussi susciter l’admiration pour le national-socialisme en Autriche. Garmisch-Partenkirchen et Berlin, en tant que vitrines sportives de la nouvelle Allemagne, se révélèrent être pour l’Autriche (du moins rétrospectivement) un élément important dans un Anschluss mental désormais en marche.

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Notes

1 « Ausklang der F.I.S.-Woche », Neue Freie Presse (NFP), 10 février 1933, p. 8.

2 « Start der F.I.S.-Rennen », NFP (Abendblatt), 6 février 1933, p. 7.

3 « Triumph des österreichischen Skisports », NFP (Abendblatt), 14 février 1933, p. 7 ; « Ausklang der F.I.S.-Woche », NFP, 15 février 1933, p. 8.

4 « Ein F.I.S.-Sieg Österreichs », NFP (Abendblatt), 25 février 1935, p. 7.

5 « Weitere Siege beim F.I.S.-Rennen », NFP, 26 février 1935, p. 8.

6 « Olympische Spiele 1936 », dans Österreichisches Sport-Jahrbuch. Handbuch für Sport und Turnen 1936, Vienne, Österreichischer Sportverlag, 1936, p. 31-54 ; Friedrich Fischer, Österreich und die Olympischen Spiele 1936, mémoire, université de Vienne, 1994 ; Klaus Zeyringer, Olympische Spiele. Eine Kulturgeschichte von 1896 bis heute, Francfort/M., Fischer, 2018, vol. 2, « Winter », p. 87-106.

7 « Sportparlament in Wien » et « Der Olympische Kongreß », dans NFP (Abendblatt), 7 juin 1933, p. 2 et 7.

8 Anton Rippon, Hitler’s Olympics: The Story of the 1936 Nazi Games, Barnsley, Pen & Sword Military, 2006, p. 40-56.

9 Ibid., p. 69-84 ; Friedrich Fischer, Österreich und die Olympischen Spiele 1936, op. cit.

10 Andreas Hafer et Wolfgang Hafer, Hugo Meisl oder Die Erfindung des modernen Fußballs. Eine Biographie, Göttingen, Die Werkstatt, 2007, p. 296-298.

11 « Sport und Heimat », NFP, 29 août 1933, p. 21.

12 « Österreichs Mannschaft für die Winterspiele », NFP, 26 octobre 1935, p. 11.

13 « Die Österreicher sind besser », NFP, 10 février 1936, p. 7.

14 « Der Abfahrtslauf der Herren », NFP (Abendblatt), 8 février 1936, p. 7 ; « Der zweite deutsche olympische Sieg », NFP, 10 février 1936, p. 7.

15 « Haben unsere Skiläuferinnen enttäuscht? », NFP, 9 février 1936, p. 18.

16 Andreas Tröscher, « Karl Schäfer. Der mit dem Eis tanzt », dans Matthias Marschik et Georg Spitaler (dir.), Helden und Idole. Sportstars in Österreich, Innsbruck, StudienVerlag, 2006, p. 167-175.

17 « Sepp Bradl. Der Adler vom Hochkönig », op. cit., p. 200-207.

18 « Haben unsere Skiläuferinnen enttäuscht? », op. cit., p. 18.

19 « Bei der österreichischen Olympia-Skimannschaft », NFP (Abendblatt), 7 février 1936, p. 7.

20 « Sport ohne Politik », NFP (Abendblatt), 19 février 1936, p. 3.

21 « Die Vorarbeiten für die F.I.S. », NFP (Abendblatt), 20 février 1936, p. 7 ; « Innsbruck ruft », NFP (Abendblatt), 21 décembre 1935, p. 7.

22 « Hohe Kunst auf den Skiern », NFP, 23 février 1933, p. 17.

23 « Sport ohne Politik », NFP (Abendblatt), 19 février 1936, p. 3.

24 Ibid.

25 « Hohe Kunst auf Skiern », NFP, 23 février 1936, p. 17 ; « Vierfacher österreichischer Erfolg », NFP, 23 février 1936, p. 17 ; « Sport soll Vergnügen sein… », NFP, 24 février 1936, p. 7.

26 « Die Olympiade in Deutschland », NFP, 18 juillet 1936, p. 1 et suiv.

27 Ibid., p. 2.

28 Ibid.

29 « Der Vizekanzler für den Olympischen Sport », NFP, 19 janvier 1935, p. 10.

30 Andreas Praher, Österreichs Skisport im Nationalsozialismus. Anpassung – Verfolgung - Kollaboration, Berlin, De Gruyter Oldenbourg, 2022, p. 77-84.

31 « Ein Jahr Olympia-Vorbereitung bei Leichtathleten », NFP, 8 décembre 1935, p. 21.

32 Theodor Schmidt, « Österreichs Olympia-Hoffnungen », NFP, 17 novembre 1935, p. 19.

33 « Die Disqualifikation der Schwimmerin Deutsch », NFP (Abendblatt), 9 juillet 1936, p. 7 ; Sandra Schmoliner, Boykott der Olympischen Spiele 1936 – Zu den Biographien von Judith Deutsch, Ruth Langer und Lucie Goldner vor dem Hintergrund antisemitischer Tendenzen gegen jüdische SportlerInnen, mémoire, université de Vienne, 2005 ; John Bunzl (dir.), Hoppauf Hakoah. Jüdischer Sport in Österreich. Von den Anfängen bis zur Gegenwart, Vienne, Junius, 1987, p. 117-119 ; Matthias Marschik, « Judith Deutsch. Die große Abwesenheit », dans Matthias Marschik et Georg Spitaler (dir.), Helden und Idole, op. cit., p. 186-191 ; et voir Matthias Marschick, « „Wir boykottieren nicht Olympia, sondern Berlin“. Drei jüdische Schwimmerinnen schreiben Geschichte », dans Diethelm Blecking et Lorenz Peiffer (dir.), Sportler im „Jahrhundert der Lager“. Profiteure, Widerständler und Opfer, Göttingen, Die Werkstatt, 2012, p. 188-193.

34 « Olympische Symbole », NFP (Abendblatt), 26 juin 1936, p. 7.

35 « Wiener Olympia-Aufnahmen », NFP, 16 juillet 1936, p. 12.

36 Ernst Rüdiger Starhemberg, Memoiren, Vienne-Munich, Amalthea, 1971, p. 271-275.

37 « Österreichische Sportembleme », NFP, 21 juillet 1936, p. 11.

38 « Das Olympische Feuer », NFP, 30 juillet 1936, p. 1 et suiv. ; « Die Mittwochdemonstrationen », NFP, 31 Juillet 1936, p. 6.

39 « Große Kundgebung der Vaterländischen Front », NFP, 1er août 1936, p. 1 et suiv. ; « Große vaterländische Kundgebung in Wien », NFP, 1er août 1936, p. 4.

40 « Die Seltenheit österreichischer Kriegsfilmaufnahmen », NFP, 30 juillet 1936, p. 7.

41 « Die Olympischen Spiele 1936 », dans Österreichisches Sport-Jahrbuch. Handbuch für Sport und Turnen 1937, Vienne, Österreichischer Sportverlag, 1937, p. 21-79 ; Klaus Zeyringer, Olympische Spiele. Eine Kulturgeschichte, Francfort/M., Fischer, 2016, vol. 1, « Sommer », p. 234-266.

42 « Quartiere im Olympischen Dorf bestellt », NFP (Abendblatt), 22 novembre 1935, p. 7.

43 Oliver Hilmes, Berlin 1936. Sechzehn Tage im August, Munich, Siedler, 2016, p. 25.

44 « 4844 Olympiakämpfer in Berlin », NFP (Abendblatt), 31 juillet 1936, p. 6.

45 Armin Fuhrer, Hitlers Spiele. Olympia 1936 in Berlin, Berlin, Bebra, 2011, p. 23-41 et p. 133-138.

46 « Österreichs Olympische Ehrentafel 1936 », NFP, 27 août 1936, p. 10.

47 Andreas et Wolfgang Hafer, Hugo Meisl oder Die Erfindung des modernen Fußballs, op. cit., p. 296-298.

48 Josef Metzger, « Herma Bauma. Buche und Eiche », dans Matthias Marschik et Georg Spitaler (dir.), Helden und Idole, op. cit., p. 215-221.

49 « Der Olympiasieg österreichischer Kunst », NFP (Abendblatt), 5 août 1936, p. 3.

50 « Österreich in Ton und Bild – Ausklang der Olympischen Spiele », NFP, 20 août 1936, p. 10.

51 « Offizielle Absage des Fußball-Länderkampfes », NFP, 20 juin 1933, p. 10.

52 « Der geplante Österreich-Start deutscher Skiläufer », NFP, 30 décembre 1933, p. 7.

53 « Start österreichischer Sportler in Deutschland », NFP, 12 janvier 1934, p. 8.

54 « Der Vizekanzler für den Olympischen Sport », NFP, 19 janvier 1935, p. 10.

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Pour citer cet article

Référence papier

Alfred Pfoser, « L’Autriche et les Jeux de Hitler à Garmisch-Partenkirchen et Berlin », Austriaca, 98 | 2024, 175-189.

Référence électronique

Alfred Pfoser, « L’Autriche et les Jeux de Hitler à Garmisch-Partenkirchen et Berlin », Austriaca [En ligne], 98 | 2024, mis en ligne le 01 juin 2025, consulté le 05 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/austriaca/9440 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16m72

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Auteur

Alfred Pfoser

Vienne, Autriche

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