La Mission archéologique Rirha bénéficie du soutien financier et matériel du Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères (programme quadriennal 2022-2025), de la Casa de Velázquez (Madrid), de l’Institut National des Sciences de l’Archéologie et du Patrimoine (INSAP, Rabat), de l’Université Montpellier Paul Valéry, du laboratoire Archéologie des Sociétés Méditerranéennes (ASM-UMR5140), du Service de coopération et d’actions culturelles de l’Ambassade de France à Rabat (MEAE) et du CNRS (UMR5140 et UMR7209). De 2013 à 2022, le programme a bénéficié du soutien du LabEx Archimede (ANR-11-LABX-0032-01). En 2024, des actions spécifiques ont été financées grâce au programme IMAGO de l’Institut MIRANDA (ANR-23-EXES-0008, Montpellier Institute for Research-Creation on Art, culture and heritage in a New Digital Age) et grâce au fonds ARPAMED (Archéologie et patrimoine en Méditerranée).
Données scientifiques produites :
https://www.asm.cnrs.fr/les-fouilles/rihra/111-les-fouilles-de-rirha
https://archeocvz.hypotheses.org/category/programmes-pluriannuels/rirha-sidi-slimane-maroc
https://insap.ac.ma/programme-de-recherche/contenu?id=39825
- 1 Nous renvoyons à l’historique des fouilles dans Callegarin et al. (dir.) 2016c, p. 11-23.
1Après des explorations par tranchées et sondages dans les années 1920 (Louis Chatelain) et 1950 (Maurice Euzennat et Armand Luquet)1, les fouilles archéologiques qui se déroulent aujourd’hui sur le site de Rirha, dans la commune rurale de Boumaiz à Sidi Slimane, au nord du Maroc, sont le fruit d’une longue coopération entre les chercheurs marocains et français. Depuis 2005, date du début du premier programme quadriennal mis en place par Mohamed Kbiri Alaoui, Abdelfattah Ichkhakh et Laurent Callegarin, les travaux sont menés sous l’égide de l’Institut national des Sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP) de Rabat, de la Casa de Velázquez et de la Commission des fouilles du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. En 2013, la direction française a été reprise par Claire-Anne de Chazelles puis, à partir de 2017, par Elsa Rocca et Charlotte Carrato, toutes trois membres du laboratoire Archéologie des Sociétés méditerranéennes (UMR 5140).
2Rirha se situe au bord de l’oued Beht, un affluent du fleuve Sebou, et occupe l’extrémité orientale de la plaine alluviale du Gharb, dans l’intérieur des terres (fig. 1). Réserve archéologique protégée depuis 1919, Rirha a été classé au patrimoine national du Maroc en 2001. Ce gisement est occupé sur un arc chronologique large, du ve s. av. J.-C. au xive-xve s. ap. J.-C., couvrant les périodes maurétanienne (ve av. J.-C. à 40 ap. J.-C.), romaine (40 à la fin du iiie), tardo-antique (chronologie à préciser) et médiévale (ixe au xive s.). Cette chronologie est en train d’évoluer concernant le hiatus entre les époques romaine et médiévale.
Fig. 1. Carte de localisation de Rirha.
© Mission Rirha.
3Le site, implanté dans un méandre de l’oued Beht, occupe aujourd’hui une surface de près de sept hectares et a pu atteindre une dizaine d’hectares dans l’Antiquité (fig. 2). Il s’agit d’une agglomération, bâtie exclusivement en terre crue à l’époque maurétanienne, en pierre et terre aux époques romaine et médiévale. La campagne de terrain se déroule chaque année au printemps et s’organise entre fouilles et études spécialisées. Deux secteurs sont en cours d’exploration : l’Ensemble 1 (750 m2), situé à l’extrémité orientale du site, le long de l’enceinte romaine du iie s., et l’Ensemble 5 (250 m2), situé à l’extrémité occidentale, au bord du tell qui surplombe le Beht. La fouille s’effectue en stratigraphie avec le recours à l’archéologie du bâti et à l’analyse des constructions en pierre et en terre crue. L’enregistrement des données de terrain et des études s’effectue dans la base de données interopérable Syslat (développé au sein de l’UMR 5140 ASM) et les données spatiales sont intégrées dans un SIG. Les études paléoenvironnementales sont largement développées grâce à un protocole de prélèvements raisonné et systématique et grâce à la mobilisation précoce d’une équipe pluridisciplinaire. Celle-ci se renforce et se diversifie chaque année : archéozoologie, carpologie, anthracologie, numismatique, instrumentum, céramique, archéométrie, micro-morphologie.
Fig. 2. Plan du site.
© Mission Rirha.
- 2 Variante T.10.1.2.1 dans la classification de J. Ramón Torres (RHA09.150) : Callegarin et al. (dir. (...)
- 3 Callegarin et al. (dir.) 2016d, p. 123.
4Les niveaux maurétaniens ont été étudiés principalement à l’ouest du tell, d’abord dans un sondage mis en place en 1950 (M. Euzennat) qui a été étendu à partir de 2005 pour atteindre en 2023 une fenêtre d’exploration de plus de 250 m², l’Ensemble 5. La reprise du sondage a permis d’observer une séquence stratigraphique de 8,5 m de profondeur qui livre une succession de structures bâties en briques crues (là où l’on voyait des dépôts d’alluvions du Beht dans les années 1950). Ces travaux ont établi que les niveaux les plus anciens sont datables du ve s. (d’après une datation radiocarbone 14C et le mobilier céramique) et non pas de la fin du iiie s. av. J.‑C. comme précédemment avancé. Il s’agit donc d’un établissement maurétanien ancien de la plaine du Gharb, au même titre que ceux de Banasa, Thamusida et Volubilis. Une première fréquentation du site pourrait même remonter au viie‑vie s. av. J.‑C. d’après un fragment d’amphore phénicienne de type Rachgoun 1 retrouvé hors contexte mais dans l’emprise du Sondage ancien 1 de M. Euzennat2. L’implantation d’un habitat proprement dit est confirmée à partir du ve s. av. J.‑C. La production de céramique dès le iiie s. av. J.‑C. est également attestée par la découverte de scories vitrifiées et de fragments de paroi de four3.
- 4 Kbiri Alaoui et al. 2020.
5Depuis 2013, l’exploration de l’Ensemble 5 porte sur les niveaux maurétaniens du iie et du ier s. av. J.‑C. Les travaux menés entre 2013 et 2016 ont concerné les niveaux du ier s. av. J.‑C. tandis que la fouille menée entre 2017-2019 et 2022-2025 s’est concentrée sur les niveaux du iie s. av. J.‑C., ce découpage correspondant à deux phases principales d’occupation avec, pour chacune, des bâtiments à vocation domestique, qui se développent au‑delà de la zone explorée. La phase d’abandon entre l’occupation du iie s. et celle du ier s. av. J.‑C. se déroule en plusieurs étapes : l’effondrement des murs ou leur lente désagrégation, selon les espaces, des réoccupations sporadiques associées à des dépotoirs riches en mobiliers, et enfin un remblai rapporté homogène qui recouvre quasiment toute la zone4. Il faut souligner la permanence de la trame bâtie, durant ces deux siècles, avec certains murs régulièrement réfectionnés qui ont perduré durant plusieurs décennies.
- 5 Elle est citée dans la première moitié du ier s. av. J.‑C. par l’historien Alexandre Polyhistor (da (...)
- 6 Akerraz et al. 1985-1986 ; Akerraz, Brouquier-Reddé, Lenoir 1995, p. 261‑263 ; Callegarin et al. (d (...)
6Quelques indices suggèrent que l’occupation maurétanienne correspondait à un habitat relativement étendu : outre la densité des vestiges et la présence assurée de plusieurs bâtiments dans l’Ensemble 5, au sud du site, au bord de l’oued Beht, des structures en briques de terre crue sont visibles sous un mur bâti en moellons. Cette agglomération, dont les contours et la chronologie restent presque entièrement à définir, a été mise en rapport avec la ville royale de Gilda, située dans le Gharb d’après plusieurs mentions dans les sources antiques5, au même titre que l’établissement de la Ferme Priou, mais aucun élément ne permet aujourd’hui de trancher entre les deux établissements pour la localisation de Gilda6.
- 7 L’usage de premiers moellons en pierre sont identifiés dans un niveau tardo-maurétanien daté du cha (...)
- 8 Callegarin et al. (dir.) 2016e, p. 191‑192.
7L’occupation est continue à Rirha entre le ier s. av. J.‑C. et le ier s. ap. J.‑C., période qui correspond à l’implantation progressive de Rome dans ces territoires, avec la création du municipe de Tingi dès 38 av. J.‑C. et l’annexion de la Maurétanie en 40 ap. J.‑C. qui marque le début de l’ère provinciale dans la chronologie du Maroc antique. À Rirha, la romanisation correspond à la généralisation de l’utilisation de la pierre dans les constructions de la première moitié du ier s. ap. J.‑C., associée à la terre crue pour les élévations sous la forme de pisé essentiellement7. Les structures romaines ont été identifiées en plusieurs points du site et permettent de dessiner une ville d’une dizaine d’hectares, délimitée au iie s. par une enceinte de 400 m de long et d’1,40 m de large qui barre le méandre du nord vers le sud. L’amorce d’une trame viaire orthogonale peut être restituée à partir d’un tronçon de voie d’orientation nord‑sud au centre du site, reconnu dans le sondage 4, au nord‑ouest de l’Ensemble 18. On restitue une porte monumentale implantée sur le tronçon nord de l’enceinte, et, partant, un potentiel axe est‑ouest, élément qui devra être vérifié sur le terrain.
- 9 Callegarin et al. (dir.) 2016e, p. 103‑104.
8Aucun monument public n’a été identifié pour le moment à Rirha à l’exception peut‑être de grands thermes, partiellement dégagés au début du siècle et dont les vestiges sont visibles au sud du site à la faveur de l’érosion de la berge du Beht. L’occupation domestique, quant à elle, est identifiée à l’extrémité occidentale du tell (Ensemble 5) avec des bâtiments interprétés comme un habitat (pièce à vivre et espace de stockage de type réserve)9. À l’extrémité orientale du site, deux domus à péristyle ont été identifiées au début du xxe s. dans les secteurs situés contre l’enceinte du iie s. Celle de l’Ensemble 1 a ensuite été étudiée depuis 2005 jusqu’à aujourd’hui. Si les prospections géophysiques (2005-2007 et 2019-2020) peinent à atteindre les niveaux romains, enfouis sous 2 à 3 mètres de sédiments, des prospections pédestres effectuées avant 2004 et en 2005 ont permis d’inventorier des blocs architecturaux (3 chapiteaux et 2 bases) et des éléments provenant d’installations artisanales ou de production (2 contrepoids, 2 fragments de meule, 1 de pétrin, 1 socle de fixation). Ces blocs épars, trouvés sur le site ou dans le lit de l’oued, sont localisés sur un plan (Carte 5, dans Callegarin et al., 2016, p. 21) mais il faut garder à l’esprit qu’ils ont pu être déplacés (par la charge du fleuve ou pour être remployés).
- 10 Callegarin et al. (dir.) 2016e, p. 34‑38, 211.
- 11 Carrato et al. 2020.
9C’est la fouille de l’Ensemble 1 qui permet d’étudier en détail l’agencement et l’évolution d’un quartier à l’époque romaine. Dans un premier temps, une occupation datée du milieu du ier s. ap. J.‑C. est matérialisée par une zone d’épandage à ciel ouvert, un possible dépotoir en marge du gisement urbain. Le mobilier céramique ainsi que des militaria fournissent un terminus post quem autour de 7510. Ensuite, la structuration de l’espace urbain intervient dans le courant du siècle suivant avec la mise en place d’un mur d’enceinte à l’intérieur duquel est édifiée une domus organisée autour d’un péristyle central orné d’un jardin. À la fin du iie s. et dans le courant du siècle suivant, une installation de production vinicole11 disposée en L est mise en place au nord et à l’ouest de la domus. Elle précède de peu l’édification d’un balnéaire, inséré entre l’enceinte et la domus, qui présente une disposition imposée par le tracé incurvé du rempart ; toutes les salles chaudes offrent un pavement mosaïqué positionné sur les suspensurae des hypocaustes. L’installation vinicole est abandonnée suite à un incendie intervenu à la fin du iiie s. ap. J.‑C.
10On considérait jusque‑là que la ville était abandonnée à la même date, avec le retrait de l’administration civile et militaire romaine vers l’extrême nord de la Tingitane. Pressentie à travers la découverte de mobiliers épars, l’occupation postérieure au iiie s. est ainsi apparue sous la forme de bâti (terre crue notamment) et de structures artisanales modestes (forges) qui viennent réoccuper la partie antérieure de l’édifice en ruine du Haut-Empire. La datation de ces contextes est en cours.
11L’installation d’une nouvelle population, au plus tard au ixe siècle, est signalée par un changement des formes céramiques, des habitudes de consommation et des modes d’occupation. Les vestiges archéologiques comptent deux vastes structures circulaires excavées ayant servi de grenier (Ensemble 5), ainsi que des fosses (silos, dépotoirs) creusées dans les niveaux antiques (Ensemble 1), associées à du mobilier céramique de la période contemporaine du règne d’Idris II (791‑829), qui entretient des liens avec les Omeyyades d’al‑Andalus. Au regard de la chronologie précoce fournie par certaines formes céramiques, Rirha pourrait être considéré comme un cas supplémentaire d’établissement, certes modeste, qui participe, à l’instar du site de Volubilis, à la « renaissance » de la ville au haut Moyen Âge, avec une pérennisation de l’habitat signalée par la présence de céramiques datées du xie siècle (céramique cuerda seca).
12La population réoccupe en partie les ruines de l’agglomération romaine, comme le prouve le réaménagement interne de la domus vers les xie‑xiie s. (Ensemble 1). L’occupation est plus dense durant les périodes almohade-almoravide (xii‑xiiie s.) puis mérinide (xiii‑xive s.), comme le garantissent à la fois le remploi de certaines structures antiques, l’extension de l’emprise spatiale sur la rive gauche de l’oued Beht, en direction de l’ouest, ainsi qu’une impressionnante quantité de fosses-dépotoirs et de fosses-silos disséminées sur l’ensemble du gisement. On note également la présence de plusieurs fours de potiers et des fosses dépotoirs de rebuts de cuisson associées ; l’un des fours, daté du xive siècle, a été intégralement fouillé. D’autres fosses ont visiblement servi de dépotoirs domestiques et ont livré beaucoup de carporestes, de charbons de bois et de faune.
13Les objectifs scientifiques du programme 2022-2025 se placent dans la continuité des quatre quadriennaux précédents et se structurent autour de deux axes principaux recentrés sur la définition de l’agglomération de l’époque maurétanienne au Moyen Âge et sur les questions de production et de consommation. Les recherches sur l’exploitation et l’évolution du milieu, les productions et les techniques de construction se poursuivent pour alimenter ces deux axes.
14Les prospections géophysiques réalisées en 2019 et 2020 ont posé les jalons pour développer une approche à plus large échelle. Des alignements visibles sur la cartographie des anomalies mises en évidence pourraient être attribués à la trame urbaine des époques romaine et médiévale. Ces hypothèses seront vérifiées au fur et à mesure de l’implantation de nouveaux chantiers (programme 2026-2029). La fouille de l’Ensemble 1 apportera également des éléments sur la voirie et la trame urbaine de l’époque romaine dans le quartier oriental.
15Une problématique spécifique est consacrée à la caractérisation de l’habitat du ve au iie s. av. J.‑C. grâce à la fouille extensive d’un quartier maurétanien (Ensemble 5). La fouille phasée en aire ouverte (250 m²) et sur un arc chronologique large constitue une opération inédite au Maroc. Il s’agit de déterminer l’organisation des bâtiments, l’identification fonctionnelle des différents espaces et d’analyser l’architecture en terre. Cette approche a déjà permis de mettre en évidence une succession rapide des réaménagements pour la seule phase du ier s. av. J.‑C., d’observer la transition entre cette occupation, qui s’installe sur des remblais rapportés, et les trois bâtiments sous-jacents datés de la fin du iie s. av. J.‑C. Ceux‑ci se caractérisent par une très bonne conservation du bâti (sols, murs en élévation sur 50 cm, parois de four domestique) et des artefacts (dépotoirs, amphore entière en place sur un sol d’occupation). L’objectif du quadriennal 2022‑2025 est d’étudier les niveaux du iie (en cours de fouille) et d’entamer ceux du iiie s. av. J.‑C. On cherchera à déterminer pour chaque état la répartition des espaces intérieurs et extérieurs, leur articulation, et, à l’échelle des pièces, la nature et la distribution spatiale des activités.
16Le programme vise également à caractériser les formes de l’occupation et leurs spécificités aux époques romaine, tardo-antique et médiévale.
17La ville romaine est étudiée à travers le quartier oriental (Ensemble 1) accolé à l’enceinte. La fouille se poursuit et les efforts portent également sur l’ensemble du quartier résidentiel avec le volet architectural qui vise à la restitution 2D et 3D des différents états, avec une réflexion menée sur les élévations et les toitures. Concernant l’Antiquité tardive, la découverte récente de structures post-antiques dans l’Ensemble 1 permet de s’interroger sur la persistance de l’agglomération au‑delà de la fin du iiie s. Il s’agit de déterminer s’il y a bien un hiatus et selon quelle chronologie, ou si des traces mêmes sporadiques attestent la permanence d’une forme d’habitat, qu’il restera à qualifier. L’occupation du site est avérée entre le ixe s. et le xiv‑xve s. : s’agit‑il d’une agglomération et à quel rythme se développe‑t‑elle ? L’exploration du quartier oriental apportera d’une part de nouveaux éléments sur les formes de l’occupation pour chaque période et, d’autre part, des éléments inédits sur le phasage et la chronologie au sein de la période médiévale.
18Le second axe de recherche a pour objectif de documenter la production et la consommation à Rirha de manière diachronique.
19L’historiographie des recherches menées sur l’agriculture antique d’Afrique du Nord a longtemps souligné l’omniprésence de l’oléiculture. La découverte de l’installation de production de l’Ensemble 1 et des résidus du pressurage de raisin constitue de ce point de vue une exception qui amène à repenser la place de la viticulture notamment dans les Maurétanies. La fouille quasi-exhaustive de l’installation urbaine de Rirha menée dans le cadre des deux derniers quadriennaux fournit aujourd’hui des données inédites sur la fabrication du vin de Tingitane.
20Fortes de la mise en place de nouveaux outils d’étude d’une part et de la définition de certains faciès céramiques d’autre part, réalisées dans le courant du quadriennal 2018-2021, les recherches sur la céramique disposent désormais de bases solides pour pouvoir se développer. La richesse des assemblages de mobiliers céramiques de Rirha et la fiabilité des contextes de fouille ont d’ores et déjà permis d’obtenir une grande précision dans la typo-chronologie des productions locales. Pour rappel, grâce aux recherches récentes, les répertoires des céramiques de Rirha du ier s. av. J.‑C. et ceux de l’époque idrisside (ixe – xe s. ap. J.‑C.) ont été établis. Les efforts engagés sur l’étude des céramiques se poursuivent dans le cadre du quadriennal en cours via la définition des faciès par phase d’occupation et la caractérisation des productions locales.
21L’ensemble des mobiliers retrouvés sur le site de Rirha, en particulier les restes fauniques, carpologiques et anthracologiques, nous renseignent sur l’évolution de l’environnement, l’impact des activités humaines sur les paysages, mais également sur les modes d’exploitation des ressources locales et importées. Les recherches se structurent autour des thématiques suivantes : l’introduction de nouvelles espèces (animales et végétales) ; les pratiques agro-pastorales et alimentaires ; l’étude diachronique du milieu et de la gestion des ressources biologiques. L’objectif est d’établir une première étude diachronique des boisements (composition, gestion, évolution), des productions végétales et animales (agriculture/cueillette, élevage/chasse/pêche), des modes de stockage, transformation et consommation des denrées, de l’époque maurétanienne à la fin de la période médiévale. La chronologie longue du site de Rirha offre en particulier la possibilité d’étudier les phases de transition culturelle (maurétanien/romain ; romain/islamique), notamment concernant l’adoption de nouvelles espèces, de leur statut socio-économique et de nouvelles pratiques de consommation.
22Exploré dès 1955 dans un sondage profond (Sondage ancien 1 de M. Euzennat), la fouille en a été reprise en 2005 et s’est poursuivie jusqu’à aujourd’hui. À l’époque maurétanienne, ce quartier correspond à un ensemble bâti en terre crue, interprété comme un habitat pour les iie et ier s. av J.‑C. (fig. 3) Les investigations des années 2005-2012 ont permis de dater les niveaux les plus anciens du ve s. av. J.‑C. et ont mis en évidence une longue chronologie d’occupation jusqu’au xiv‑xve s. Depuis 2013, la fouille porte essentiellement sur les bâtiments en terre crue d’époque maurétanienne. L’enjeu de ce chantier est d’étudier l’occupation de cette période sur une large fenêtre d’exploration, qui couvre désormais plus de 250 m², et de fouiller donc de façon extensive (et non par sondages) tout en progressant par phase et par état d’architecture. Après l’exploration des niveaux du ier s. av. J.‑C. (2013-2016, monographie en préparation), l’équipe (coord. E. Rocca, M. Kbiri Alaoui, avec A. Authier et S. Adroit) se concentre depuis 2017 sur les niveaux du iie s. et du iiie s. av. J.‑C.
Fig. 3. Vue générale de l’Ensemble 5 en 2024.
© Mission Rirha.
- 12 Voir la périodisation proposée par A. Akerraz et A. El Khayari dans Kably M. 2011, p. 81 et suiv.
23Si l’encadrement de la fouille s’est fait en 2023 à effectif réduit, il faut souligner l’apport du travail des céramologues (sous la direction de M. Kbiri Alaoui) effectué pendant la campagne, en parallèle de la progression sur le chantier. Ces efforts conjoints ont permis de bien caler chronologiquement les niveaux en cours de fouille et de mieux comprendre le phasage sur le site, qu’il convient d’indiquer ici. Les occupations relèvent du Maurétanien III (iiie s. à 33 av. J.‑C.), avec les phases G à B, et du Maurétanien IV (33 av. J.‑C. à 40 ap. J.‑C.)12 avec la phase A (30 av. – 20 ap. J.‑C.).
24En 2023 (A. Authier, F. Z. Bouchouaf), l’objectif était de vérifier l’attribution des structures et des couches aux phases E (125 à 100 av. J.‑C.), F (150 à 125 av. J.‑C.) et G (175‑150 à 130‑120 av. J.‑C.), d’entreprendre la fouille des contextes de F, d’en établir un plan préliminaire et de confronter les faciès céramiques afin de bien établir le phasage entre les différents états d’architecture (fig. 4). L’effort a porté sur les espaces centraux, orientaux et nord qui ont été explorés par moitié, afin de bien comprendre la stratigraphie et de caler chronologiquement l’occupation. L’aile occidentale a été laissée de côté car les niveaux les plus anciens avaient été atteints en 2022. La zone nord en revanche n’avait pas été investie et il s’agissait de la raccorder aux occupations centrales et méridionales. À l’issue de la campagne 2023, un nouveau phasage a pu être déterminé. Il est en effet apparu que les niveaux les plus anciens se rapportent à une occupation des deux premiers tiers du iie s. av. J.‑C., notée désormais G, tandis que les aménagements de la pièce centrale correspondent à un remaniement ponctuel (sous-phase F1 et F2). Enfin, au nord subsistait un remblai dont la datation est clairement à rattacher à l’état E.
Fig. 4. Plan de l’Ensemble 5 à la phase F.
© Mission Rirha, 2025.
25En 2024 (S. Adroit, R. Badri, J. Moreau, C. Sarradin, M. Tsami), la présence d’une équipe renforcée a permis d’avancer de façon significative. L’objectif principal était de terminer la fouille des niveaux les plus récents (phase F), résiduels au nord, et de poursuivre celle des espaces explorés par moitié en 2023, relevant de la phase G. La campagne 2024 a permis d’avancer dans la compréhension de l’îlot aux phases E, F et G ; les contextes sont bien calés en stratigraphie et le phasage a été établi sur l’ensemble de la fenêtre de fouille. Les niveaux les plus récents (état E) ont été définitivement explorés dans la fenêtre d’étude. Le plan d’architecture et l’organisation des espaces à l’état F sont bien compris et les niveaux d’occupation contemporains ont, a priori, tous été fouillés, à part des remblais d’aménagement des murs de l’état F, sur certains secteurs. En fin de campagne, on a obtenu en définitive une vision relativement complète du plan de l’état G, qui prend progressivement forme.
26L’un des objectifs lors de la prochaine campagne sera de démonter les murs attribués sans équivoque à l’état F afin d’accéder aux structures sous-jacentes et d’obtenir une vision d’ensemble du plan de l’état G.
27La fouille de ce quartier permet ainsi de faire progresser les connaissances dans le domaine de l’habitat et des modes de vie aux périodes maurétaniennes III et IV. Sept états d’architecture en adobes (A à G), qui se succèdent tous les 25 ans, ont été mis en évidence au cours du ier et du iie siècle av. J.‑C. Durant cette période, on enregistre une forte permanence de la trame bâtie à travers la superposition des parois (fig. 5). Les bâtiments sont constitués de plusieurs pièces dont certains sols sont marqués par des foyers (fig. 6). Les aménagements intérieurs, nombreux au iie s. av. J.‑C. (niveaux archéologiques bien préservés), plus limités au ier s. av. J.‑C., sont essentiellement des foyers de type lenticulaire ou sommairement préparés avec de l’argile, voire, plus rare, un four bâti, et des fosses-cendriers. La fonction des pièces peut être déterminée, certaines ayant servi de façon répétée pour des activités culinaires (préparation, broyage, cuisson), tandis que d’autres, apparemment vides et propres, ont pu être utilisées pour le stockage ou pour le repos des occupants. Au ier s. av. J.‑C., une partie des activités domestiques et en particulier les cuissons s’effectuait dehors, contre les maisons.
Fig. 5. Vue de l’élévation conservée de murs du iie s. av. J.‑C., Ensemble 5.
© Mission Rirha, 2023.
Fig. 6. Vue d’un foyer aménagé de la phase F, Ensemble 5.
© Mission Rirha, 2023.
- 13 Callegarin et al. (dir.) 2016e, p. 30‑97, 119‑149 ; voir aussi Callegarin et al. 2018 pour les ther (...)
28Partiellement dégagé dans les années 1920, ce secteur, dont l’exploration a été reprise dès 2005, couvre désormais une surface de près de 800 m2. À l’époque romaine, il se compose d’une domus à péristyle, d’un ensemble thermal appuyé contre le rempart et d’une installation vinicole. L’ensemble de ces vestiges se rapporte à une période comprise entre le début du iie s. et la fin du iiie s., marquée par un incendie. Ce quartier recouvre des vestiges des ier et iie s. Après un hiatus chronologique, la zone de l’Ensemble 1 est réoccupée entre le ive s. et le xive s. ap. J.‑C. Cette fréquentation est matérialisée par un grand nombre de fosses (récupération, dépotoir, silos) creusées dans les niveaux de démolition antiques, par les vestiges d’un atelier de potiers (fours et dépotoirs), ainsi que par les restes fugaces de murs et de niveaux de sols. Les trois secteurs de la domus, des remparts et des thermes ayant fait l’objet d’une publication13, le programme en cours (coord. C. Carrato avec V. Nodot, J. Pech et Th. Boumadiane) se concentre sur l’exploration de l’installation vinicole romaine, de sa réoccupation à l’époque tardo-antique/alto-médiévale et des occupations médiévales sus‑jacentes (fig. 7).
Fig. 7. Vue générale de l’Ensemble 1 en 2024.
© Mission Rirha.
- 14 Callegarin et al. (dir.) 2016e, p. 32‑33.
29Après un premier phasage du secteur établi dans la publication de 201614, depuis 2020, un nouveau phasage a été proposé. À ce jour, 9 phases d’occupations ont été identifiées sur l’Ensemble 1 : on enregistre une phase maurétanienne (1J), une phase de transition tardo-maurétanienne (1I), trois phases romaines (1E‑1H), une phase de transition tardo-antique/alto-médiévale (1D), trois phases islamiques (1A‑1C).
30L’objectif de la campagne 2023 (V. Nodot, R. Icard, T. Boumadiane) était d’une part d’atteindre le niveau de sol contemporain de l’installation vinicole antique dans les espaces XXI, XIX et XVII (phase 1E4), et, d’autre part, d’ouvrir une extension de la fenêtre de fouille vers le nord et l’ouest afin de délimiter les espaces de production (fig. 8).
Fig. 8. Plan de l’Ensemble 1 à l’époque romaine.
© Mission Rirha, 2025.
31Au sein des espaces XXI et XIX, les structures médiévales et tardo-antiques (phases 1C et 1D) ainsi que les niveaux de démolition antiques et tardo-antiques (phases 1D1 et 1E1) ont été fouillés. Dans la pièce XXI, on signalera la découverte du muret périmétral du contrepoids nord, symétrique à celui du pressoir sud, ainsi que du piédroit d’une porte là où l’on s’attendait à trouver un escalier symétrique à celui menant à la maie sud. La découverte d’un coffret sur un niveau de poutres calcinées daté de la phase 1D1 soulève de plus des interrogations sur la restitution de l’élévation, car la présence de ce mobilier sous-entendrait que la salle des machines accueillant les manœuvres des praelum disposait d’un étage. Dans le couloir XIX, deux nouveaux dolia ont été mis au jour ; l’un porte un graffite avant cuisson et l’autre une marque peinte, qui constitue un témoignage rare de l’organisation interne de la production (fig. 9). À l’extrémité septentrionale de la pièce XVII, deux portes ont été mises au jour, ce qui est venu confirmer la connexion directe de cet espace avec le nord et l’ouest.
Fig. 9. Vue des dolia dans le couloir de circulation de l’installation vinicole, Ensemble 1.
© Mission Rirha, 2023.
32L’extension de la fenêtre de fouille implantée au nord‑ouest de l’Ensemble 1 a couvert une surface en forme de « L » d’environ 70 m2 afin d’explorer les espaces vers le nord et vers l’ouest auxquels ces deux portes donnent accès. Au sein de ce nouveau sondage, la fouille a permis d’explorer les niveaux archéologiques des époques médiévales (fig. 10). Un mur et un niveau de circulation datés des époques médiévales ont été observés aux côtés de trois nouvelles fosses.
Fig. 10. Plan de l’Ensemble 1 à l’époque médiévale.
© Mission Rirha, 2025)
33Les travaux menés en 2024 sur le terrain (J. Pech, M. Deret, S. Py, U. Schuller) ainsi que sur l’étude des mobiliers céramiques (A. Mateos Orozco, H. Naji) ont contribué de façon significative au phasage de l’Ensemble 1, en particulier en ce qui concerne la fourchette basse, avec deux sous‑phases individualisées au sein de l’occupation mérinide (xiiie‑xive s.). La datation du mobilier associé à la phase 1D constitue également un jalon important. Elle permet de s’interroger sur le hiatus entre les occupations antiques, scellées par l’incendie de la fin du iiie s., et le réinvestissement du secteur au haut Moyen‑Âge.
34En 2024, les travaux se sont concentrés sur trois espaces : la pièce XVII, avec l’étude exhaustive du mur occidental, et, dans l’extension ouverte, la rue (XXII) et les espaces XXIV/XXV (phases 1A à 1E). Ces espaces ont été fouillés grâce à l’implantation de deux tranchées perpendiculaires d’1 m de large, afin d’accéder rapidement à la stratigraphie complexe des occupations à travers le relevé de quatre sections transversales, tout en sécurisant la fouille. L’exploration a apporté des données inédites sur les contextes médiévaux, mettant en évidence une succession de quatre occupations postérieures à l’Antiquité. Celles‑ci sont matérialisées par des structures en creux ainsi que des niveaux de circulation et des éléments bâtis (murs, bases, trou de poteau). De plus, le sommet de certains murs antiques et de niveaux de démolition a été atteint. Dans la fenêtre de fouille antérieure à 2023, toutes les structures postérieures à la phase 1E1 ont été dégagées, ce qui a permis de collecter une série d’échantillons destinés à appuyer la datation de la phase tardo-antique 1D, de poursuivre l’analyse du quartier romain de la phase 1E et d’avoir accès à l’ensemble des vestiges de l’installation de production vinicole dans les espaces XXI, XIX et XVII.
35À l’issue de ces deux campagnes, un certain nombre de points restent à éclaircir. Il conviendra d’une part d’achever l’étude du réseau d’évacuation de la pièce XVII, et d’autre part de poursuivre la fouille dans l’extension de manière à caractériser la nature des espaces qui se développent au nord et à l’ouest, et à définir leur éventuelle appartenance au complexe de production. Ces travaux alimenteront parallèlement les connaissances sur les occupations médiévales, car la fouille s’attachera à appréhender en plan les phases observées en coupes.
36Comme chaque année, l’inventaire exhaustif de l’ensemble des mobiliers découverts en 2023 et en 2024 a été réalisé au fur et à mesure de la fouille. Ce tableau renseigne la nature (céramique, os, métal, monnaie, etc..), le type, le nombre de fragments, le nombre d’individus et le numéro d’inventaire de chaque objet. En 2023, 6019 fragments correspondant à un minimum de 1728 objets ont été découverts ; en 2024, on dénombre 3181 objets. L’inventaire en format Excel est formaté de façon à pouvoir être importé dans le module MOBI de la base de données Syslat de Rirha. Les inventaires des campagnes depuis 2017 ont également été incorporés, la base est donc désormais à jour.
37Dans ce registre, il faut signaler que la réserve de Rirha (maison de fouilles) a été réorganisée. On y conserve une partie du mobilier (2009-2024, à l’exception de 2017-2018), l’autre partie étant dans les locaux de l’INSAP à Rabat. Depuis 2017, les mobiliers sont triés par année, par type et par US. Dans la perspective de rassembler sur un seul site le mobilier (2005-2008 et 2017-2018), les caisses ont été reconditionnées en vue de l’uniformisation et de l’accès au mobilier pour les études.
38En 2023 et 2024, l’équipe de céramologues s’est étoffée et la méthodologie a évolué avec l’étude désormais menée pendant la campagne de fouille et non plus lors d’une mission de post-fouilles à l’automne. Cela permet pour certaines périodes de rattraper le passif et pour d’autres de dater les contextes au fur et à mesure de la fouille. La méthodologie est désormais bien établie avec le remplissage de fiches d’études, la réalisation des dessins et l’établissement de la chronologie en parallèle de la fouille.
39En 2023 et 2024, une étude des contextes de l’Ensemble 5 fouillés en 2022 et 2023 par M. Kbiri Alaoui, F. J. Blanco Arcos et H. Hassini a permis d’établir l’évolution des faciès céramiques des phases E, F et G et le phasage chrono-stratigraphique. En 2024, l’étude des contextes médiévaux par A. Mateos Orozco et H. Naji a connu une avancée significative. Les travaux se sont concentrés sur l’étude des ensembles clos (fosses et niveaux de sols) issus des fouilles de 2019 et 2023 de l’Ensemble 1. Laissée en souffrance depuis quelques années, la reprise des études sur la céramique médiévale devenait indispensable afin d’éclaircir la chronologie des différentes phases précédemment identifiées. Le mobilier étudié renseigne les faciès céramiques des phases 1D, 1C et 1A.
40Le recensement de la documentation sur les études céramiques a été poursuivi (2019 à 2024). Cet inventaire liste, par année et par US, les fiches d’étude, leur état de saisie sur Syslat, les clichés, les dessins papiers et les dessins vectorisés.
41En 2022, la majeure partie d’une amphore a été mise au jour dans un niveau d’occupation de la phase G (espace 70) de l’Ensemble 5. Le sédiment retrouvé à l’intérieur et à proximité de ce contenant présentait un aspect blanchâtre. Pour déterminer l’origine minérale ou organique de cette substance, une analyse (menée par M. Bouchard du Centre d'Analyses et de Recherche en Art et Archéologie-CARAA) au microscope optique ainsi qu’une EDS (rayons X) a été réalisée. Les résultats obtenus ont permis de conclure à la présence de silicates, donc d’éléments organiques pouvant faire l’objet d’une analyse DRX. L’analyse métabolomique du contenu de l’amphore a été confiée à N. Garnier qui a déterminé la présence d’arundoïne, c’est‑à‑dire de palmier. L’étude devra être poursuivie et croisée avec les données carpologiques pour interpréter cette découverte.
- 15 Voir les études numismatiques dans : Callegarin 2016a ; Callegarin 2016b.
42Les monnaies ont été étudiées par L. Callegarin en 2023 et 2024. La première année a été consacrée au numéraire de la campagne 2019 (14 monnaies se répartissant entre la période maurétanienne et le xixe s.). En 2024, l’étude a concerné les monnaies des campagnes 2022 à 2024 (39 pièces, de la période maurétanienne au xixe s.). L’inventaire a été versé dans le module MON de la base de données Syslat. L’étude montre notamment une circulation monétaire à l’époque tardo-maurétanienne (fin du iie – ier siècle av. J.‑C.)15 et confirme, pour l’instant, l’absence de numéraire pouvant se rapporter à l’Antiquité tardive.
43Un inventaire détaillé des mobiliers métalliques issus des fouilles 2022-2023 a été réalisé par R. Icard en 2023. Il totalise 41 objets pour 2022 et 92 pour 2023 et renseigne en particulier le matériau, le domaine, les dimensions et propose une description, suivie d’une identification lorsque l’état de l’objet le permet. Cet inventaire ainsi que celui des années 2007 à 2019 (étude d’Y. Maniez) ont été versés dans le module OBJ de la base de données Syslat. R. Badri a ensuite réalisé une harmonisation des fiches issues de l’intégration des données d’Y. Maniez (849 fiches) pour lesquelles il a reclassifié les informations (rubrique « Description ») dans les catégories appropriées (dimensions, type d’objet, fonction, domaine). Il a saisi l’inventaire de 2024 dans le module OBJ. Une campagne de photographies a également été réalisée pour les objets mis au jour en 2022, 2023 et 2024.
44Dans le cadre du projet IMAGO obtenu auprès de Miranda (Université de Montpellier Paul Valéry, ANR‑23-EXES‑0008), un stage a été effectué par C. Oudin pour terminer la mise à jour des données de l’instrumentum dans Syslat en associant les clichés d’Y. Maniez avec les fiches des objets provenant des campagnes de fouilles 2007 à 2019.
- 16 Callegarin et al. (dir.) 2016e, p. 54‑56.
- 17 Ce travail a bénéficié du soutien du Labex ARCHIMEDE au titre du programme « France 2030 » ANR‑11-L (...)
45Le coffre aux bacchantes, provenant des fouilles de 2011 et de 2016 dans l’Ensemble 116, a été restauré entre mars 2022 et avril 2023 par l’entreprise A‑Corros, sous la supervision de M. Crouzet (fig. 11)17. Ce travail s’est déroulé en trois temps : radiographie et caractérisation des éléments métalliques, conservation-restauration, étude d’un mode de présentation et soclage sur structure métallique (par L. Montesino). Le coffre a ensuite été retourné au Maroc, à l’INSAP (Rabat).
Fig. 11. Le coffre aux Bacchantes (iiie s.) restauré, conservé à l’INSAP, Rabat.
© Mission Rirha, 2023.
46Le nettoyage destiné à mettre en évidence la surface de l’objet a été réalisé en tenant compte de ses particularités mécaniques et physico-chimiques. La difficulté de l’exercice tenait principalement à la finesse de la tôle d’habillage et à la corrosion avancée des éléments ferreux. Par la suite, les fragments ont été chimiquement stabilisés, protégés à l’aide de vernis et des retouches ont été appliquées de manière à atténuer les variations de couleurs d’un même matériau. Cette seconde étape s’est achevée par une photogrammétrie exhaustive de l’objet destiné à faciliter son étude en évitant les manipulations, absolument proscrites pour garantir sa conservation.
47La réflexion engagée sur le mode de présentation a abouti à un soclage sur cadre métallique afin de suggérer les dimensions initiales du coffre, mais également eu égard à l’intérêt manifeste des deux faces de l’objet. Les 18 fragments composant la plaque y sont tenus au moyen de tiges métalliques fixées sur une plaque de Plexiglas transparente, elle‑même attachée à la face antérieure du cadre parallélépipédique. Un protocole de démontage et de montage a été établi à destination des institutions qui exposeront l’objet.
48En l’état actuel, le coffre ainsi présenté sur son socle dispose de 12 médaillons, sur les 21 présents à l’origine, dont 8 sont encore ornés de leur bacchante. Désormais l’habillage et son système de serrurerie peuvent être décrits et étudiés plus précisément, ces deux thèmes ayant déjà fait l’objet de deux mémoires de Master à l’Université de Montpellier Paul‑Valéry en 2023 (N. Derouiche et C. Mazzella).
49Grâce à l’obtention d’un financement auprès de la fondation Arpamed en 2024, une seconde phase de restauration a été entreprise sur 8 autres médaillons et sur des fragments de médaillons (buste de bacchante ou disque). Une mission d’étude préalable destinée à sélectionner les éléments à restaurer a été réalisée par M. Crouzet à Rabat dans les locaux de l’INSAP (30 mai au 4 juin 2024), assistée d’I. Pieri, étudiant en conservation-restauration à l’université Panthéon-Sorbonne. Les fragments à restaurer ont été pris en charge : déballage, remontage à blanc, recherches de correspondances avec la partie restaurée, relevés, photographies, interventions ponctuelles de consolidation ou collage, emballage numéroté des fragments. Les éléments ont été exportés en janvier 2025 et la restauration a été achevée en novembre 2025.
50Dans l’installation vinicole de l’Ensemble 1, la fouille de l’espace XXI a conduit à la mise au jour d’un objet composite associant éléments métalliques et planche de bois, ayant subi l’exposition au feu de l’incendie de la phase 1E1. La fouille et le prélèvement, conduits par R. Icard, ont suivi un protocole précis en concertation avec M. Crouzet (A‑Corros). Au total, 47 éléments en bronze provenant de cet objet ont été prélevés dont certains ont pu être reconnus, comme des clous, des cornières, des appliques circulaires ou encore une anse.
51Cet ensemble cohérent à la forme quadrangulaire est composé d’éléments métalliques fixés sur une ossature en bois, qui prend la forme d’un meuble. La présence de cornières, d’une anse, d’éléments décoratifs et d’une probable serrure évoque un coffret dont la longueur et la hauteur approximatives sont données par l’espacement des cornières, soit une cinquantaine de centimètres de long pour une trentaine de haut.
52Les travaux de tamisage des prélèvements sédimentaires par flottation et de tri préliminaire sont conduits systématiquement depuis 2012 durant la campagne de terrain. Ils bénéficient de la mise en place en 2017 d’une machine à flottation qui permet de traiter de plus gros volumes de sédiment et plus rapidement les prélèvements. À Rirha sont prélevés en totalité les sédiments des structures de combustion mais sont également échantillonnés les comblements de fosses, les sols, les dépotoirs et, selon les problématiques de la fouille, certains remblais. Ce protocole a été appliqué de façon différenciée selon les périodes mais il est désormais harmonisé. En 2023, le tamisage a été assuré par J. Ros, R. Péronnet, F. Z. Badri et R. Fariat à des fins de formation (86 prélèvements provenant des contextes de 2018, 2019, 2022 et une partie de 2023, soit 1056 litres de sédiment concernant 106 US). En 2024, 28 prélèvements, issus de 2018, 2023 et une partie de 2024 (soit un total de 448 litres concernant 25 US), ont été tamisés par R. Péronnet qui a formé H. Kbiri Alaoui. Un tri préliminaire a aussi été effectué à la loupe binoculaire (NIKON SMZ650, matériel de l’UMR 7209 BioArch CNRS‑MNHN Paris) sur le terrain et poursuivi à Paris au Museum national d’histoire naturelle, notamment dans le cadre d’un stage d’initiation à la carpologie d’H. Kbiri Alaoui au laboratoire d’archéobotanique de l’UMR BioArch à Paris avec M.‑P. Ruas.
53En 2023, des noyaux d’olive entiers et bien préservés par carbonisation ont été extraits directement à vue dans trois US de l’Ensemble 1 et transmis à J.‑F. Terral à Montpellier pour leur analyse en morphométrie géométrique (voir ci‑dessous). L’étude carpologique réalisée par M.‑P. Ruas s’est concentrée sur l’examen des refus de flottation de 7 prélèvements ; deux provenant de l’Ensemble 1 et cinq issus de l’Ensemble 5. Les restes carpologiques extraits ont été identifiés de façon préliminaire sans dénombrement. Ils se composent de graines, de fruits et de parties d’infrutescence (rachis d’épi de céréales, pédicelle de fruit), de fragments de tiges herbacées mais aussi de restes de matière organique amorphe indéterminée (mésocarpe de fruit ou pâte issue d’une préparation culinaire). Les vestiges carpologiques sont en majorité carbonisés et, pour une part ténue, minéralisés. Ont été identifiés, toutes périodes confondues, 39 taxons végétaux qui complètent le spectre agro-vivrier de la période maurétanienne. En 2024, M.‑P. Ruas a initié H. Kbiri Alaoui à l’analyse carpologique sur des échantillons provenant de 15 US de l’Ensemble 5 datées de la période maurétanienne, correspondant à 7396 restes carpologiques. 76 taxons de plantes cultivées et cueillies et 61 taxons de la flore sauvage ont été identifiés. Ces résultats, ajoutés aux travaux précédents, font atteindre 25 US étudiées pour la période du iie s. av. J.‑C. Ils révèlent la diversité des productions locales et des indices d’une arboriculture fruitière à cette période, les différents milieux environnants exploités à travers la flore sauvage maurétanienne, ainsi que des activités de transformation des plantes dans l’agglomération.
54En 2023, l’étude anthracologique en laboratoire, coordonnée par J. Ros et C. Vaschalde, a été réalisée sur des charbons de bois issus de 3 prélèvements provenant de l’Ensemble 1 (phases tardo-antiques et médiévales) : comblement d’une fosse, des fragments de bois carbonisés prélevés au contact de 2 coffres identifiés dans les niveaux d’incendie antique et un foyer médiéval daté du ixe – xie s. ap. J.‑C. L’étude a porté sur un ensemble de 533 charbons de bois et a permis l’identification de 18 taxons.
55En 2024, les données anthracologiques ont fait l’objet de recherches pour un mémoire d’un mémoire de Master préparé par J. Moreau (Université Montpellier Paul‑Valéry), encadré par Chr. Vaschalde et N. Rovira, et analysées à l’ISEM dans le cadre d’un stage. L’étude s’est concentrée sur des prélèvements de l’Ensemble 5 afin de compléter les résultats des recherches précédentes, en se focalisant sur les phases les plus anciennes atteintes lors de la fouille. L’étude a porté sur 336 charbons issus de 4 contextes maurétaniens datés de la première moitié du iie s. av. J.‑C. Elle a permis d’esquisser, pour cette période, une première reconstitution du paysage végétal et d’aborder la question de son exploitation et des aires d’approvisionnement en bois. Ces perspectives sont développées dans un mémoire de M2, soutenu en juin 2025, sur des contextes similaires.
56Le levier (praelum) du pressoir sud de l’installation de production vinicole romaine (Ensemble 1), conservé grâce à l’incendie survenu à la fin du iiie s., fait l’objet d’une étude dendrochonologique par B. Brossier, J. Ros et Chr. Vaschalde depuis 2021. L’étude s’est poursuivie en 2023 et en 2024. Elle a permis d’établir le patron de croissance. Une datation wiggle matchnig a été entreprise en collaboration avec François Blondel (université de Genève).
- 18 Testas J., en cours à l’université de Montpellier, UMR5554 : « Le patrimoine biologique et culturel (...)
57Pour caractériser la diversité ancienne des fruitiers au Maroc antique et médiéval, et son évolution au cours du temps, des approches classiques de biométrie et de morphométrie géométrique sont actuellement développées sur certains vestiges carpologiques du site (coord. J.‑F. Terral, J. Testas, S. Ivorra, M.‑P. Ruas). Cet outil a été utilisé avec succès en Méditerranée, sur des vestiges archéologiques de vigne (Vitis vinifera, pépins), d’olivier (Olea europaea, noyaux), de cerisiers (Prunus avium et P. cerasus, noyaux), de dattier (Phoenix dactylifera, graines), ou encore d'orge (Hordeum vulgare, caryopse), permettant une caractérisation plus fine des processus de domestication et de diversification variétale de ces espèces. Les études menées à Rirha sont encourageantes, d’importants lots de noyaux d’olives ayant été découverts et ces vestiges, déjà photographiés, font actuellement l’objet d’une analyse. Ces travaux sur la diversité ancienne de l’olivier sont dirigés par J.‑F. Terral (Univ. de Montpellier, UMR5554) dans le cadre du projet Défi‑clé Science du Passé « PatrimOlea : Histoire et valorisation du patrimoine variétal de l’olivier en Occitanie méditerranéenne : approche multiscalaire et intégrative d’un héritage culturel et biologique exceptionnel », et constituent une application directe et originale des développements méthodologiques et analytiques publiés prochainement dans la thèse de Juliette Testas18.
58En 2024, T. Oueslati a réalisé l’étude archéozoologique sur les contextes de la campagne 2023, la microfaune issue de l’Ensemble 5 en 2024 et un lot de gastéropodes terrestres issus d’une fosse islamique de l’Ensemble 1 fouillée en 2018. Au total, 16 contextes ont ainsi pu être étudiés. Les ossements correspondent à des déchets d’assiette, des rejets de consommation, des vidanges de foyers. L’étude concernant l’Ensemble 5 permet d’appuyer l’interprétation des espaces, indiquant des ossements rongés par les chiens ou les charognards, correspondant potentiellement à des zones extérieures, ou, à l’inverse, des restes osseux sans transformation, indiquant plutôt des espaces qui ne leur étaient pas accessibles. L’identification de la présence de poulets, de rats et de souris dans les niveaux maurétaniens et la date de leur apparition sur ce site constitue une des thématiques de recherche particulièrement investie19.
59Une étude du bâti du quartier de l’Ensemble 1 (domus, thermes, installation artisanale) a été réalisée en 2023 par V. Mathieu. Elle a pris la forme d’une restitution 3D (logiciel SketchUp pro) qui intervient en appui aux plans et coupes en 2D. La maquette virtuelle permet d’aborder la restitution des volumes (hauteur des pièces, mode de couvrement, voûté ou non, des pièces thermales) et des toitures (nombre et sens des pans inclinés, orientation des faîtages, ruptures entre pans inclinés, hauteur des rives d’égout, éventuelles toitures terrasses…) ; l’analyse et le dimensionnement des structures porteuses, tant les charpentes pour les toitures que les poutraisons de plancher ; la restitution des niveaux altimétriques des circulations, en particulier ceux des étages et leur éventuelle desserte par des escaliers (calcul du nombre de marches, du linéaire de l’escalier…) ; la modélisation volumétrique raisonnée des différents états archéologiques et architecturaux de la domus.
60Six états architecturaux/archéologiques ont été identifiés entre le début du iie s. ap. J.‑C. et la fin du iiie s. ap. J.‑C. En 2024, deux premiers états de la domus à péristyle ont été modélisés avec des propositions de variantes, en particulier pour les toitures ou le traitement de certaines baies.
61En 2024 a été menée en parallèle une analyse des maçonneries ouest de l’espace XVII (mur occidental de l’installation vinicole) par J. Pech. Cet espace, dont la genèse remonte sans doute au début du iie s. ap. J.‑C., se présente comme un espace ouvert, indépendant de la domus à cette époque. Il est ensuite privatisé et incorporé au complexe architectural de l’Ensemble 1, avant d’être intégré à partir de la fin du iie s. à l’espace de production vinicole. Cette analyse des élévations permet de réfléchir à l’échelle de l’îlot et du développement urbain de Rirha pendant un siècle d’occupation.
62La documentation de terrain, les études architecturales et en archéologie du bâti ainsi que les relevés topographiques générés depuis 2005 ont alimenté la réalisation d’une maquette physique du quartier romain de l’Ensemble 1 réalisée par Fabrice Laliberté (fig. 12). Ce travail, initié fin 2022, livre une restitution ouverte, sans toiture, du complexe domus, ensemble thermal, installation vinicole. Le parti a été pris de représenter en écorché les vestiges tels que découverts en fouille, à l’échelle du 1/40e. Les intérieurs sont visibles, les pressoirs et les décors ont ainsi été restitués avec une mise en situation de personnages au sein de ces espaces.
Fig. 12. Vue de la maquette au 1/60e de l’Ensemble 1 : le quartier oriental à l’époque romaine.
F. Laliberté, 2023.
- 20 E. Rocca, M. Kbiri Alaoui, C. Carrato, « Recherches archéologiques à Rirha (Maroc). Une agglomérati (...)
- 21 C. Carrato, M. Kbiri Alaoui, E. Rocca (org.), Bilan des travaux menés à Rirha entre 2021 et 2024. R (...)
63L’année 2023 a été marquée, outre la campagne de fouille et d’étude en mai, par la finalisation des travaux de la première phase de restauration du coffre aux bacchantes à A‑Corros (Arles) et la livraison du coffre à Rabat et son soclage. Les travaux de l’année se sont terminés par un séjour d’étude à l’INSAP à Rabat, notamment pour mettre en place le renouvellement de la convention désormais tripartite qui lie l’INSAP, la Casa de Velázquez et le laboratoire ASM-UMR 5140 (CNRS‑UMPV-Ministère de la Culture). En 2024, outre la campagne de terrain tenue en avril‑mai, l’équipe a participé aux Primeras Jornadas Europeas de Arqueología organisées à Madrid par la Casa de Velázquez (24‑25 juin) pour présenter les travaux menés à Rirha20. La fin de l’année 2024 a vu l’organisation d’un séminaire intitulé « Actualité des recherches archéologiques pluridisciplinaires »21 au laboratoire ASM à Montpellier les 21 et 22 novembre avec la présentation de dix communications, la projection du film « Rirha, site antique et médiéval du Maroc » (réalisation J.‑M. Touzin) et la présentation de la maquette physique du quartier romain de l’Ensemble 1.
64Deux publications sont parues : l’une, dans la revue Archaeological Anthropological Sciences, rend compte des résultats d’analyses morphologique, morphométrique géométrique et génétique sur des dents de souris découvertes à Rirha dans les contextes maurétaniens22. L’autre, issue d’une participation au colloque de l’AIECM3 de Grenade en 2021, publie un lot de céramiques médiévales issues des fouilles de l’Ensemble 1 entre 2012 et 201723.
65Parmi les actions de valorisation, il faut citer la réalisation d’un film par F. Belmessieri sur la restauration du coffre aux bacchantes. Débuté en avril 2023, ce projet a impliqué la réalisation d’interviews et un tournage lors des travaux menés en avril 2023 dans les locaux d’A‑Corros à Arles puis la prise d’images lors du soclage du coffre dans les bureaux de l’INSAP à Rabat. Le documentaire, d’une quinzaine de minutes, a été finalisé début 2026.
66Ce film pourra accompagner les actions de diffusion des recherches auprès du grand public, tout comme la maquette physique de l’Ensemble 1 ainsi que la restitution 3D du même quartier, mentionnées ci‑dessus. Ces deux supports sont complémentaires et si le premier permet d’évoquer les modes de vie et de production à Rirha à l’époque romaine, le deuxième pourra être présenté au public par le biais de bornes interactives dans le cadre d’une exposition par exemple. Dans le même domaine, des illustrations de restitution sont en cours pour documenter le quartier de l’Ensemble 5 et celui de l’Ensemble 1. Tous ces supports de valorisation sont des projets de longue haleine qui pourront, nous l’espérons, être montrés lors d’une exposition.
67Durant ces deux années, les travaux menés dans le cadre du programme Rirha ont été riches sur le terrain, en laboratoire et sur le plan de la valorisation, grâce à l’investissement sans faille de l’ensemble des membres chercheurs, étudiants mais aussi personnels des différentes institutions qui nous soutiennent. L’année 2024 a vu le renouvellement de la convention qui lie l’INSAP, la Casa de Velázquez et le laboratoire ASM. L’engagement de ces trois institutions pour les fouilles à Rirha rend compte de l’évolution du programme qui connaît, en 2025, sa vingtième année de recherches. Nous tenons à remercier ici tous les collègues et les personnels qui nous permettent de présenter ces résultats et de poursuivre ces travaux engagés de longue date.