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2026

La basilique de l’acropole d’Amathonte. Rapport préliminaire des missions d’étude 2022‑2025

De la publication des fouilles anciennes à la redécouverte d’un contexte méditerranéen de la fin de l’Antiquité tardive.
Responsable d’opération : Priscilla Ralli

Entrées d’index

Établissement éditeur :

EFA

Année de lʼopération :

2022, 2023, 2024, 2025

Lieux :

Chypre, Amathonte

Chronologie :

Antiquité tardive
Haut de page

Notes de l’auteur

Date précise de l’opération : 07‑09 octobre 2022 (Limassol) ; 24‑27 octobre 2023 (Limassol, Nicosia) ; 2 mars 2023 (EFA Archives) ; 11 novembre 2023 (Strasbourg) ; 26 septembre-1er octobre 2025 (EFA Archives) ; 15 décembre 2025 (Strasbourg).

Partenariats institutionnels : Département des Antiquités, Chypre

Organismes financeurs :
– MESRI
– MAEAE
– EFA

Établissement éditeur : École française d’Athènes

Établissements porteurs de l’opération : École française d’Athènes

Texte intégral

Remerciements : Je tiens à remercier Mme Véronique Chankowski, directrice de l’École française d’Athènes, et Mme Anna Cannavò, directrice de la mission française à Amathonte, pour m’avoir confié ce dossier de publication en cours. L’avancement de ce travail bénéficie également du soutien de M. Antoine Hermary et de Mme Sabine Fourrier qui, à l’instar de Mme Anna Cannavò, sont profondément engagés sur le site et ont assuré, par le passé comme aujourd’hui, la direction de la mission française à Amathonte. Ma gratitude s’adresse enfin à l’ensemble du personnel des services de l’École française d’Athènes, dont l’accompagnement s’avère précieux pour la mise en œuvre et le développement de ce projet. L’obtention d’une bourse Marie Skłodowska-Curie Actions – Postdoctoral Fellowship (MSCA PF), financée dans le cadre d’Horizon Europe, permettra de poursuivre les recherches sur la basilique d’Amathonte en les intégrant dans un cadre scientifique plus large et résolument comparatif. Le projet sera accueilli par l’University of Cyprus sous la supervision d’Athanasios Vionis et comprendra un séjour de détachement au sein de l’UMR 8167 « Orient et Méditerranée », sous la co‑supervision de Dominique Pieri. Il s’inscrira dans la continuité de la collaboration de longue date avec l’École française d’Athènes et la mission française d’Amathonte.

Introduction

1La basilique de l’acropole d’Amathonte (fig. 1) est un monument qui a été fouillé par l’École française d’Athènes et la mission française à Amathonte entre 1985 et 2000, sous la direction de Jean-Michel Saulnier et de la regrettée Annie Pralong. Bien que ce monument ne soit pas totalement inédit – les résultats préliminaires ayant été régulièrement présentés dans le Bulletin de Correspondance Hellénique à l’issue de chaque campagne1 –, pour diverses raisons il n’a jamais fait l’objet d’une publication définitive. En effet à ce jour, la connaissance de la basilique repose essentiellement sur un long article d’Annie Pralong2, qui demeure la principale référence sur le monument, ainsi que sur une communication antérieure ayant livré une première présentation synthétique3. Si ces travaux ont constitué des jalons fondamentaux, ils ne pouvaient cependant intégrer l’ensemble des données issues des dernières campagnes de fouille, ni proposer une relecture globale du site à la lumière des acquis récents de la recherche. Par la suite, le mobilier provenant des fouilles a été préliminairement présenté à l’occasion d’un colloque consacré aux peu connus viieixe siècles4, tandis que la basilique a été mentionnée dans plusieurs travaux de synthèse consacrés à l’architecture ecclésiastique et aux phases chrétiennes de Chypre5. Plus récemment encore, la sculpture de l’édifice6 ainsi que son aménagement liturgique7 ont fait l’objet d’études spécifiques fondées sur du matériel inédit.

Fig. 1. La colline de l’acropole d’Amathonte et les vestiges de la basilique.

Fig. 1. La colline de l’acropole d’Amathonte et les vestiges de la basilique.

© EFA, Web SIG d'Amathonte.

2Dans ce contexte, la nécessité d’une publication définitive, fondée sur l’ensemble de la documentation archéologique, archivistique et matérielle désormais disponible, s’impose afin de combler cette lacune ; elle est également renforcée par la poursuite des recherches menées sur l’acropole8, ainsi que par la publication récente du volume consacré au temple d’Aphrodite9 et, tout dernièrement, de celui dédié aux fortifications10.

3C’est dans cette perspective qu’en 2022 a été mis en place un nouveau programme de recherche. Celui‑ci vise, dans un premier temps, à reprendre de manière exhaustive l’ensemble de la documentation issue des fouilles anciennes afin de produire une publication de référence mettant à disposition de la communauté scientifique l’intégralité des données relatives au monument. Le principal enjeu de ce travail est de mettre en valeur les résultats des équipes qui se sont succédé sur le terrain, dans le respect du contexte historique et scientifique ainsi que des principes méthodologiques qui ont guidé leurs interventions, tout en proposant un outil scientifique destiné à la recherche actuelle et future.

Le monument au centre du programme de recherche : la basilique

  • 11 Le complexe basilical de l’acropole d’Amathonte a été mis au jour grâce à des campagnes de fouilles (...)
  • 12 L’étude étant encore en cours, dans cet article on tient compte des références métriques et chronol (...)
  • 13 Pralong 1993a, p. 694‑696 ; Pralong 1994b, p. 438‑440.
  • 14 Pralong 1994b, p. 438.
  • 15 Aupert, Balandier 2025, p. 25‑29 ont récemment fait le point sur la bibliographie concernant ces ar (...)
  • 16 Récemment, Panayides 2023, fig. 8.11, p. 105.
  • 17 Il s’agit d’une structure, probablement à vocation agricole, identifiée dans l’arrière-pays du site (...)
  • 18 Pralong, Saulnier 1999, p. 514

4Une dizaine de campagnes de fouilles11 ont permis de mettre en évidence une basilique implantée au sommet de la colline de l’acropole d’Amathonte, culminant à 87 m d’altitude, à l’emplacement des vestiges du temple d’Aphrodite (fig. 2). Il s’agit d’une basilique orientée à l’est, occupant, absides exclues, une surface approximativement carrée de 25 m de côté12. Édifiée à trois nefs et pourvue d’un chevet à trois absides polygonales saillantes, la basilique présente à l’ouest un narthex et un exonarthex, et est flanquée au nord et au sud de nombreuses pièces auxiliaires. À l’ouest et au sud, une cour est aménagée, délimitée et bordée, sur ses côtés nord et est, par d’autres espaces secondaires. Cette articulation spatiale invite à considérer l’ensemble comme un complexe basilical structuré, dans lequel les espaces annexes ne relevaient pas exclusivement de fonctions cultuelles, mais assuraient également des rôles d’accueil, de circulation et d’activités communautaires, participant au fonctionnement quotidien de l’édifice et à son insertion dans le tissu urbain. En fait, l’ensemble du complexe s’organise autour de deux axes principaux qui semblent avoir été soulignés par la réalisation des deux cours. L’axe Est‑Ouest, conforme à la trajectoire habituelle des basiliques, est marqué par un atrium. L’entrée n’a pas été identifiée, mais l’espace central accueillait une citerne13 dont la partie supérieure pouvait remplir une fonction de phialae14. L’axe Nord‑Sud, correspondant à la seule entrée de l’ensemble basilical actuellement connue, constitue un élément topographique majeur. Cette entrée donnait accès au côté méridional de la cour, depuis laquelle un escalier monumental menait à un portique puis à la basilique. Le parcours ainsi structuré permettait au fidèle d’apercevoir, dès l’accès au complexe, les deux grands vases en pierre15 intégrés à la cour. La valeur topographique de cet axe méridional est particulièrement significative, dans la mesure où il prolonge et conserve l’axialité de l’agora de la ville basse, encore en usage et remaniée à l’époque tardo-antique (fig. 3). À la lumière des données relatives à l’organisation urbaine de la cité entre le viᵉ et le viiᵉ siècle, la colline de l’acropole d’Amathonte apparaît en effet comme le centre d’un nouvel espace polarisé principalement vers le littoral16, sans exclure toutefois la présence de structures – notamment à vocation productive – dans l’arrière-pays17. L’implantation et les modalités d’accès à la basilique semblent traduire ainsi une continuité des logiques d’organisation urbaine, intégrant la basilique chrétienne et son espace avoisinant dans un réseau spatial hérité des phases antérieures de la ville. Les pièces annexes développées au Sud‑Est (fig. 2), adossées à la basilique comme celles du côté Nord, peuvent être considérées dans le cadre de cette même logique d’adaptation au tissu préexistant. Leur légère désaxation, identique à celle observée dans les annexes septentrionales, reflète une implantation conditionnée par la topographie du sommet de l’acropole. La partie orientale de ces espaces n’a toutefois pas pu être étudiée, ayant disparu du fait de l’érosion de la falaise. Les annexes Sud‑Est ont livré, sous une fine couche de terre, des fragments de céramique tardive côtelée, du verre ainsi que les vestiges d’une table d’offrande en marbre. Associés à un même type de pavement observé dans les annexes Nord, ainsi qu’à la présence récurrente de banquettes – notamment dans la pièce 39, où l’une d’entre elles atteint 0,50 m de largeur18 –, ces éléments suggèrent des espaces destinés à l’accueil et à la circulation d’un nombre important de personnes.

Fig. 2. Plan de la basilique.

Fig. 2. Plan de la basilique.

© EFA/F. Laroche-Traunecker.

Fig. 3. La ville d’Amathonte durant l’Antiquité tardive.

Fig. 3. La ville d’Amathonte durant l’Antiquité tardive.

© Panayides 2023.

  • 19 Surtout pour ce qui concerne les sols en opus sectile, Pralong 1994b, p. 421‑422.
  • 20 La petite structure maçonnée placée sur l’angle nord‑ouest du presbytère a été mis en relation, par (...)

5En ce qui concerne l’aménagement liturgique et la décoration, la basilique présente à la fois des éléments caractéristiques de la tradition chypriote ainsi que des codes décoratifs étroitement liés aux régions de la Cilicie, de la Jordanie et de la Syrie19, ainsi que de l’Arabie et de la Palestine III20.

  • 21 Aupert, Balandier 2025, p. 263‑264.
  • 22 Aupert, Balandier 2025, p. 260.

6La construction de la basilique pourrait s’inscrire dans le cadre plus large des réaménagements de l’acropole à l’époque d’Héraclius, contemporains de l’édification de la muraille médiane21. La distribution différenciée des blocs issus du temple d’Aphrodite – peu représentés dans cette muraille mais abondamment remployés dans la basilique – a ainsi été considérée comme un indicateur topographique et chronologique essentiel, éclairant les choix d’implantation et la hiérarchisation des espaces monumentaux sur le sommet de l’acropole22.

Reconstruire les fouilles pour atteindre la publication

7La compréhension du monument en question est indissociable tant de ses vestiges des époques précédentes que de l’histoire des fouilles françaises à Amathonte. Un rappel des principales étapes ayant conduit à la découverte de la basilique (fig. 4) permet d’introduire le site et de poser le cadre méthodologique de la présente étude, en explicitant les choix opérés pour la publication des fouilles, laquelle constitue la première étape d’une nouvelle recherche qui a pour objectif de comprendre la basilique de l’acropole d’Amathonte dans son contexte historique et social. Afin de réunir ces données, le soutien des services topographiques de l’EFA s’est révélé essentiel. La collaboration avec le géomaticien Brieuc Guillaume a ainsi permis de faire le point sur l’ensemble du matériel géoréférencé relatif à la basilique.

Fig. 4. Les vestiges de la basilique découverts durant la fouille du temple d’Aphrodite.

Fig. 4. Les vestiges de la basilique découverts durant la fouille du temple d’Aphrodite.

© EFA/B. Guillaume.

La découverte du monument

8Sous l’égide de l’École française d’Athènes, des fouilles menées par la mission française font l’objet d’un vaste programme de recherche engagé à partir de 197523 sur la colline de l’acropole d’Amathonte avait amené à découvrir les vestiges du temple d’Aphrodite24. Lors des fouilles du temple menées en 1977, des sondages ont été réalisés dans la partie orientale de l’acropole, dans une extension de la zone située autour des célèbres vases en pierre25 (cf. fig. 4, carrés MZ–NA 265 et MX 267). Ces investigations ont permis la mise au jour de deux tronçons de mur en gros blocs de calcaire jaune clair en remploi, parallèles l’un à l’autre et d’épaisseur identique (0,56 m), distincts de toutes les structures identifiées jusqu’alors. La découverte de fragments de sol en opus sectile, de pièces sculptées ainsi que de lampes en verre de type Salamine VI, n° 176, datées du viiᵉ siècle, suggérait l’existence d’un contexte chrétien pour ces couches. Les murs ainsi dégagés, qui semblaient intégrer dans leur espace les grands vases, furent dès lors attribués à une phase « paléochrétienne » et hypothétiquement rattachés à une structure basilicale26. En 1978, la mission consacra l’essentiel de ses ressources à la construction de la maison de fouilles, privilégiant dès lors des interventions ciblées, notamment dans la zone portuaire27. Les activités sur le sommet de l’acropole reprirent en 1979, avec la mise au jour de nouvelles structures murales rattachées à celles découvertes en 1977 et attribuées aux phases paléochrétienne et byzantine. Construites en matériaux de remploi, ces structures tardives, encore partiellement dégagées, furent alors interprétées comme relevant d’un contexte résidentiel. À ce stade de la recherche, le mobilier associé – comprenant notamment un fragment de sculpture à champlevé à décor végétal, comparable à des exemplaires locaux de Salamine et de Kourion et datable de la fin du vᵉ au viᵉ siècle – fut jugé insuffisant pour permettre une datation plus précise28. Lors de la campagne de 1980, un angle du bâtiment tardif, bien que non entièrement fouillé, a été mis au jour et reposait sur les vestiges du temple d’Aphrodite. Dans le même temps, un escalier monumental fut dégagé (cf. fig. 4, carrés MX–MY 262), donnant accès au bâtiment, ainsi qu’une entrée alignée sur les grands vases en pierre, confirmant leur maintien en place à une époque tardive correspondant à celle de l’édifice. Celui‑ci comprenait également une citerne en forme de poire (cf. fig. 4, à la limite des carrés MX–MY 262), reliée par une conduite creusée dans le rocher au trop‑plein d’un bassin maçonné (cf. fig. 4, MX 263), dans lequel seuls des blocs architecturaux fragmentaires furent retrouvés. Au cours de la même campagne, le mur de retour du bâtiment fut dégagé (cf. fig. 4, à l’extrémité nord-ouest du carré MR 260) ; il comportait un sol dallé, un petit portique à piliers en bois (cf. fig. 4, bases identifiées en MS 260 et MR 261), ainsi qu’une cour dallée. La découverte de nombreuses bases d’autel gravées de croix a finalement conduit à interpréter cet ensemble comme une église29. En 1981, la cinquième campagne de fouille, consacrée à la détermination des dimensions du temple, n’a pas contribué à l’avancée de l’étude du bâtiment tardif30. Les activités reprirent l’année suivante avec la mise au jour des fondations d’une structure quadrangulaire mesurant 6 m sur 5,60 m (cf. fig. 4, MR 263, partie nord‑est de MR 264 et moitié du carré MS 263). Construite en blocs de remploi et en moellons posés directement sur le rocher, cette structure quadrangulaire présentait la même orientation que le bâtiment tardif – désormais interprété comme chrétien – auquel elle était parallèle. Le mobilier, la technique de construction ainsi que les tessons de céramique et les fragments de verre indiquaient une datation au viiᵉ siècle, correspondant à la dernière occupation du site, ce qui a conduit à interpréter cette structure comme une tour de guet édifiée dans le contexte des raids arabes31. En 1983, le ministère suspendit exceptionnellement les financements des fouilles, ce qui donnait l’occasion de consacrer les énergies au classement et à l’étude du matériel découvert jusqu’alors, en vue de la publication, prévue pour juin 1984, du premier volume dédié au site d’Amathonte32. Quelques mois plus tard, du 16 septembre au 11 octobre 1985, la première mission visant à mettre en lumière ce qui avait l’air d’être un grand complexe monumental tardif eut enfin lieu, ciblant les structures murales découvertes dès 1977. Il s’agissait de la première de dix missions de fouille menées sur une période d’environ quinze ans et qui s’inscrivent au cœur du programme de recherche présenté ici.

Les missions 2022-2025 : matériel, méthodologie à suivre, outils numériques à adopter

  • 33 À l’occasion de cette mission, qui s’est déroulée entre le 7 et le 9 octobre 2022 à Limassol, il a (...)
  • 34 Le 2 mars 2023 une visite de repérage a été menée pour une première prise de contact avec les matér (...)
  • 35 La mission à Limassol et à Nicosie s’est déroulée du 24 au 27 octobre 2023.
  • 36 Ces deux missions à Strasbourg ont eu lieu les 11 novembre 2023 et 15 décembre 2025.
  • 37 Archimede – UMR 7044.
  • 38 Centre Camille Jullian – UMR 7299.

9Les missions d’étude menées entre 2022 et 2025, diverses par leur nature et leur durée, illustrent la pluridisciplinarité à l’œuvre dans ce programme de recherche. La nécessité de reconstituer – et, partant, de comprendre – les fouilles anciennes implique en effet une connaissance directe du site, de son mobilier et de ses vestiges, des documents attestant les opérations menées, ainsi que des personnes qui y ont participé. Une première visite sur la colline de l’acropole d’Amathonte, effectuée en octobre 2022, a permis d’établir un contact initial avec le monument, son environnement spatial, ainsi qu’avec certains membres de la mission française à Amathonte33. Cette mission a été suivie d’un premier aperçu de la documentation relative aux fouilles, conservée dans les archives de l’École française d’Athènes34. Un séjour plus long à Chypre, en 2023, a permis de procéder à la quantification des matériaux issus des fouilles de la basilique. Cette opération a bénéficié de l’achèvement de l’aménagement des nouveaux entrepôts de la mission française à Amathonte, déplacement rendu nécessaire par la rénovation de la maison de fouilles35. Par ailleurs, une première rencontre à Strasbourg en 2023, suivie d’une seconde en 2025, a permis d’échanger avec Françoise Laroche-Traunecker – architecte des dernières missions de fouille de la basilique de l’acropole – et de consulter ses archives personnelles36. À l’issue de ces échanges, il est apparu clairement que l’aboutissement de la publication des fouilles anciennes nécessitait de pouvoir s’appuyer sur une connaissance directe du chantier, condition rendue possible par la constitution d’un groupe de travail associant d’anciens membres de la mission. Bien que susceptible d’évoluer à l’avenir, cette équipe repose ainsi sur l’expertise de chercheurs ayant une expérience de terrain acquise au cours d’une ou de plusieurs campagnes. L’équipe actuelle comprend donc Fryni Hadjicristophi et Françoise Laroche-Traunecker37, déjà mentionnées, ainsi que Marie-Dominique Nenna38, qui prennent en charge respectivement l’étude des pavements et des tuiles, de l’architecture, et des vitres. Leur connaissance directe du terrain constitue un atout majeur pour l’exploitation et l’analyse critique des archives. Enfin, en 2025, une mission d’étude de plus longue durée a été menée dans les archives de l’École française d’Athènes afin d’achever la numérisation de la documentation déposée et de disposer d’un accès facilité à l’ensemble du matériel issu des fouilles.

Le matériel

10Le corpus à étudier se compose principalement de la documentation d’archives, du mobilier archéologique et des vestiges du monument (fig. 5). La documentation graphique et photographique comprend plus de 500 dessins et plus de 2600 photographies réalisées au cours des fouilles, aujourd’hui conservés dans la planothèque et la photothèque de l’École française d’Athènes, aux côtés des carnets de fouille et de divers dossiers archivistiques déposés dans la même institution. Le corpus d’archives s’est récemment enrichi grâce à la rénovation de la maison de fouilles d’Amathonte, qui a permis de retrouver les originaux de certains carnets relatifs au chantier, jusque‑là connus uniquement par des photocopies conservées à l’EFA. Le mobilier archéologique issu des fouilles constitue un ensemble quantitativement important. À l’exception des objets inventoriés et déposés au musée de Limassol, il est majoritairement conservé dans les nouveaux dépôts de la mission. Les entrepôts de Limassol abritent environ 140 caisses contenant des fragments de céramique, d’amphores, de verre et de vitres, ainsi que de nombreuses étagères sur lesquelles sont conservés des éléments de sculpture architecturale et liturgique. La prise en compte conjointe de ces ensembles documentaires a conduit à l’élaboration d’une approche méthodologique intégrée.

Fig. 5. Détail du carnet de fouilles de la campagne 1985.

Fig. 5. Détail du carnet de fouilles de la campagne 1985.

© EFA/Carnet V_2021020_02_01_01.

La méthodologie

11L’étude d’un site fouillé anciennement implique un changement de paradigme dans la pratique archéologique. À l’intervention matérielle et irréversible sur le terrain succède un travail de reconstitution fondé sur l’analyse critique des traces laissées par la fouille elle‑même : carnets, photographies, plans, schémas et mobilier. Ces supports, détachés de la matérialité immédiate du geste archéologique, deviennent les vecteurs d’une nouvelle lecture du site et participent à des modes renouvelés de production et de transmission du savoir. Dans ce contexte, l’analyse des archives ne constitue pas une simple étape préparatoire, mais s’impose comme un dispositif central de la recherche. Lorsqu’il s’agit de publier des fouilles anciennes conduites par d’autres équipes, les archives forment le véritable lieu d’élaboration scientifique, où se recompose le chantier et où se construit l’interprétation archéologique.

12La diversité des documents conservés dans les archives impose une approche méthodologique spécifique, dans laquelle l’archive ne constitue pas un simple support de mémoire, mais devient le substitut même du terrain. En l’absence d’une expérience directe de la fouille, la documentation – carnets, plans, photographies, schémas et inventaires – se substitue à la matérialité du chantier et devient le lieu principal de l’observation archéologique. La numérisation de ces documents permet ainsi de recréer un espace de travail équivalent au terrain, fondé sur la reconstitution de l’organisation en carrés adoptée lors des fouilles du temple d’Aphrodite39 et sur la restitution des données mises en évidence selon la méthode Wheeler40, à partir des couches de terre visibles dans les bermes conservées au sein du quadrillage. La reconstitution numérique du chantier rend possible l’analyse des opérations et des stratégies de fouille, tout en facilitant les phases de synthèse et d’interprétation. La numérisation et la transcription des carnets de fouille, aujourd’hui presque achevées, participent pleinement à ce processus, en permettant de reconstituer le déroulement des opérations et d’en saisir la logique interne, méthodologique et stratégique. Ce travail favorise la constitution d’ensembles de données (datasets) exploitables pour une reconstruction numérique cohérente des fouilles. Dans cette perspective, la documentation iconographique dans certains cas déjà numérisée par l’École française d’Athènes au sein du catalogue Archimage41 s’intègre naturellement à ce dispositif, tandis que l’inventaire du mobilier réalisé en 2023, complété par une couverture photographique systématique, prolonge cette approche en associant étroitement archives et vestiges matériels.

Les outils numériques

13La gestion et l’exploitation des données issues des anciennes fouilles ont nécessité la mise en place d’une base de données dédiée. Le logiciel HEURIST42 se révèle particulièrement adapté à cet objectif, dans la mesure où il permet de concevoir une structure en adéquation avec les spécificités du site et avec la nature hétérogène de la documentation disponible. Cette souplesse est déterminante pour l’étude d’un chantier fouillé anciennement, notamment lorsque les chercheurs actuels n’ont pas forcément participé directement aux opérations de terrain. La transcription progressive des documents d’archives permet la constitution de datasets intégrés dans HEURIST, rendant possible une véritable numérisation du chantier.

14Les fonctionnalités d’HEURIST permettent de mettre en relation ces données stratigraphiques avec le mobilier conservé dans les entrepôts de Limassol, grâce à l’inventaire réalisé en 2023, lequel prend en compte la dénomination précise de chaque étagère, plateau et sac. La prise de photographies de l’ensemble des plateaux, bien qu’elle constitue une étape préliminaire par rapport à l’analyse détaillée du mobilier céramique et amphorique, offre d’ores et déjà une première appréciation des matériaux disponibles. La possibilité d’insérer dans la base de données la documentation graphique et photographique disponible (photographies, dessins, plans et schémas) pourra contribuer à la reconstitution structurée du chantier de la basilique de l’acropole. Les images du monument déjà accessibles dans la base Archimage43(cf. supra) seront intégrées ultérieurement par des liens directs vers leurs notices correspondantes dans le catalogue des archives de l’École française d’Athènes, renforçant ainsi la précision et l’exhaustivité de la reconstitution numérique. Le recours à HEURIST répond également à des exigences d’interopérabilité, notamment avec les systèmes d’information géographique, en particulier le SIG d’Amathonte44, projet lancé en 2014 par Anna Cannavò et Lionel Fadin, qui rassemble l’ensemble des phases d’occupation du site (fig. 6). La disponibilité de plans de fouille déjà géoréférencés représentera, à cet égard, un apport décisif pour la compréhension et l’interprétation des données issues des archives.

Fig. 6. Le SIG d’Amathonte : les vestiges tardoantiques de la ville.

Fig. 6. Le SIG d’Amathonte : les vestiges tardoantiques de la ville.

© EFA/A. Cannavò, L. Fadin.

15Enfin, la base de données pourra constituer un outil central pour le travail collectif, en facilitant l’intégration des recherches menées par les différents membres de l’équipe, y compris lorsque celles‑ci reposent sur des approches méthodologiques distinctes.

16Parallèlement, la structuration numérique des données (carnets, photographies, dessins, plans) permettra de réfléchir à leur diffusion. Cette numérisation répond aux exigences des autorités archéologiques et de la communauté scientifique, tout en favorisant l’avancée de la recherche face aux défis contemporains, comme ceux révélés par la crise pandémique, et en conservant fidèlement le contexte de leur collecte.

Fonction, topographie et insertion de la basilique dans les recherches actuelles : perspectives

  • 45 Pralong 1993b ; Pralong 1994. Eleni Prokopiou (2013, p. 260), sur la base de la Vie d’Agios Epiphan (...)
  • 46 Stewart 2013.
  • 47 Stewart 2013.
  • 48  Metzger 2024. À partir du fragment mis au jour lors des fouilles de la basilique de l’acropole d’A (...)
  • 49 Bien qu’aucune source n’atteste explicitement le culte de reliques spécifiques en ce lieu, M. Metzg (...)

17La détermination de la fonction de la basilique constitue l’un des objectifs de ce programme de recherche. Les propositions avancées ont envisagé le complexe basilical de l’acropole d’Amathonte comme un monastère45, en raison des nombreuses pièces annexes, ou comme la cathédrale tardive46. Cette dernière hypothèse avait toutefois été écartée par Annie Pralong qui, forte de sa connaissance directe du monument acquise lors des fouilles, soulignait à juste titre que l’absence d’un baptistère constituait un critère déterminant contre une telle interprétation. La possibilité que la basilique de l’acropole fût la cathédrale tardive d’Amathonte reposait sur la présence d’une salle à abside semi-circulaire (cf. fig. 2, n. 10) située au nord de l’abside septentrionale de la basilique (cf. fig. 2, n. 6), dans laquelle semblait possible reconnaitre un espace réservé dans le pavement en opus sectile (cf. fig. 2, n. 11) qui pourrait indiquer l’emplacement d’une ancienne cuve baptismale désormais disparue. Si on développe cette hypothèse, la salle située à l’ouest (cf. fig. 2, n. 9) pourvue de banquettes adossées à l’ensemble de ses murs serait alors à considérer en tant qu’espace destiné aux catéchumènes en attente de recevoir le sacrement, administré dans la zone circulaire d’environ 1 m de diamètre. Dans cette perspective, la zone en demi-cercle aménagée autour du pavement en opus sectile correspondrait à l’espace de déplacement du célébrant et du baptisé au cours de la liturgie, un mouvement symbolique souvent associé à la renaissance après la mort et s’effectuant de l’ouest vers l’est dans un espace qui apparaît en effet particulièrement restreint. Toutefois, l’absence de sondages sous le pavement – difficilement réalisables – empêchait de vérifier l’existence éventuelle de conduites d’eau, et aucun dispositif d’adduction ou d’évacuation n’est visible à la base de la structure semi-circulaire (fig. 7). Ces éléments ont été pris en compte dans l’hypothèse selon laquelle la cuve baptismale aurait disparu, sans pour autant permettre de confirmer pleinement cette interprétation47. Très récemment, le reliquaire en forme de sarcophage à acrotères mis au jour lors de la campagne de 1989 a été mis en relation avec cette même chapelle à abside semi-circulaire, construite au nord de l’abside nord de la basilique48. Cette nouvelle lecture a mis l’accent sur la cavité circulaire observable dans le cul‑de‑four de la chapelle, laquelle, par sa position, se situait à hauteur du regard des fidèles. Selon cette interprétation, l’importance de cet espace aurait été soulignée par l’aménagement, dans sa partie orientale, d’un sol légèrement surélevé, décoré de deux panneaux d’opus sectile d’une qualité nettement supérieure à celle du pavement du naos. L’analyse conjointe de ces différents éléments a conduit à interpréter cette chapelle comme un lieu destiné à la vénération de reliques, bien qu’il ne soit pas possible d’en déterminer l’identité49.

Fig. 7. La pièce au nord de l’abside centrale.

Fig. 7. La pièce au nord de l’abside centrale.

© EFA/Ph. Collet.

  • 50 Panayides, Jacobs 2023.

18La publication des fouilles anciennes de la basilique de l’acropole d’Amathonte constitue ainsi une étape indispensable, mais non un aboutissement, dans la compréhension de ce monument et de son insertion dans les dynamiques méditerranéennes de la transition entre l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge. En replaçant la construction et la fréquentation de la basilique, situées dans la première moitié du viiᵉ siècle, dans le cadre d’une long late Antiquity50, incluant désormais le viiiᵉ siècle, cette recherche invite à réévaluer les modalités de l’occupation et de la fréquentation de ce site chypriote face aux transformations politiques, sociales et religieuses de l’époque.

  • 51 Chrysos 2023 ; Deligiannakis 2023.
  • 52 Papacostas 2015.
  • 53 Papacostas 2015, p. 117.
  • 54 Pralong 1994b, p. 454.
  • 55 Zavagno 2023 ; Zavagno 2024.

19La distinction désormais largement admise entre raids arabes et invasions invite à réexaminer les modalités d’interprétation des transformations observées dans la fréquentation des sites. Dans le cas d’Amathonte, l’absence de sources mentionnant des destructions imputables aux Arabes contraste avec les données stratigraphiques, qui indiquent un arrêt de l’occupation à la fin du viiᵉ siècle51. Le déplacement d’une partie de la population vers la ville voisine de Néapolis52 suggère ainsi des recompositions spatiales et démographiques qui ne relèvent pas nécessairement d’un épisode de rupture violente, mais plutôt de dynamiques d’adaptation à un contexte politique et économique en mutation53. Dans cette perspective, les quelques fragments de céramique omeyyade mis au jour dans la basilique de l’acropole54, bien qu’insuffisants pour attester une occupation dense ou continue, revêtent une importance particulière. Ils invitent à nuancer l’idée d’un abandon total du site et suggèrent une fréquentation résiduelle, voire ponctuelle, dans les premières décennies du viiiᵉ siècle. Ces indices, aussi ténus soient‑ils, ouvrent la voie à une lecture plus graduelle des processus de déprise et de réorganisation. Le réexamen critique des données issues des anciennes fouilles, confronté aux apports récents de l’historiographie et aux comparaisons avec d’autres contextes insulaires et littoraux de la Méditerranée orientale, ouvre de nouvelles perspectives de recherche. Il permet notamment d’interroger le rôle de la basilique de l’acropole d’Amathonte dans les réseaux d’échanges, de circulation et de pratiques religieuses qui structuraient encore, au viiiᵉ siècle, la koinè byzantine entre l’Empire et le califat55. Dans cette optique, Amathonte apparaît comme un observatoire privilégié pour approfondir l’étude des recompositions territoriales, des formes d’implantation monumentale et des continuités comme des ruptures qui caractérisent la Méditerranée orientale à l’aube du Moyen Âge, appelant à des recherches comparatives et interdisciplinaires à l’échelle régionale et méditerranéenne.

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Notes

1 Pralong, Saulnier 1986, p. 884‑899 ; Pralong, Saulnier 1987, p. 741‑754 ; Hermary, Petit, Schmid 1988, p. 872 ; Pralong, Saulnier 1989, p. 860‑878 ; Pralong 1990, p. 994‑996 ; DBouëtiez et al. 1991, p. 751‑759 ; Pralong 1991, p. 759‑766 ; Pralong 1994a, p. 485‑491 ; Pralong 1995, p. 705‑710 ; Pralong, Saulnier 1999, p. 502‑514.

2 Pralong 1994b.

3 Pralong 1993.

4 Touma 2001.

5 Procopiou, Xydas 2013 ; Papakostas 2013 ; Stewart 2013.

6 Nicolaou 2023.

7 Metzger 2024.

8 Cannavò, Benech, Rajab 2025.

9 Hermary, Schmid 2021.

10 Aupert, Balandier 2025.

11 Le complexe basilical de l’acropole d’Amathonte a été mis au jour grâce à des campagnes de fouilles menées en 1984, 1985, 1986, 1988, 1989, 1990, 1992, 1993, 1994 et 1998, comme cela a été indiqué dans Pralong Saulnier 1999.

12 L’étude étant encore en cours, dans cet article on tient compte des références métriques et chronologiques indiqués dans Pralong 1994b ; Aupert 1996.

13 Pralong 1993a, p. 694‑696 ; Pralong 1994b, p. 438‑440.

14 Pralong 1994b, p. 438.

15 Aupert, Balandier 2025, p. 25‑29 ont récemment fait le point sur la bibliographie concernant ces artefacts.

16 Récemment, Panayides 2023, fig. 8.11, p. 105.

17 Il s’agit d’une structure, probablement à vocation agricole, identifiée dans l’arrière-pays du site d’Amathonte, à environ un kilomètre au sud‑ouest du village d’Agios Tychonas, dans le secteur d’Asvestoton, et datable de la première moitié du viiᵉ siècle, Fourrier, Hermary 2009 ; Hermary 2010.

18 Pralong, Saulnier 1999, p. 514

19 Surtout pour ce qui concerne les sols en opus sectile, Pralong 1994b, p. 421‑422.

20 La petite structure maçonnée placée sur l’angle nord‑ouest du presbytère a été mis en relation, par Doria Nicolaou, avec des structures similaires observables dans les églises de ces deux territoires, Nicolaou 2013, p. 163.

21 Aupert, Balandier 2025, p. 263‑264.

22 Aupert, Balandier 2025, p. 260.

23 Cette nouvelle mission de l’Ecole française d’Athènes est annoncée et motivée par Aupert 1975.

24 La découverte du temple remonte à la campagne de 1979, quand une partie de son mur externe a été mise au jour, Aupert, Hermary 1980.

25 Hellmann 1977, p. 800 ; cf. supra, n. 100

26 Hellman, Hermary 1978, p. 940‑941.

27 Aupert 1979, p. 725.

28 Hellmann, Hermary 1980, p. 805‑806.

29 Hermary 1981, p. 1028.

30 Hermary, Aupert 1982, p. 745.

31 Queyrel et al. 1983, p. 955.

32 Hermary, Aupert 1984, p. 967. Le premier volume consacré aux fouilles de l’acropole amathoussienne a été publié en 1984, Aupert, Hellmann 1984.

33 À l’occasion de cette mission, qui s’est déroulée entre le 7 et le 9 octobre 2022 à Limassol, il a été possible de rencontrer Sabine Fourrier (HiSoMA) et son équipe, alors engagées dans des fouilles à Larnaca, ainsi que Fryni Hadjicristophi qui, à ce moment au Département des Antiquités de Chypre, avait déjà fait partie de l’équipe des anciennes fouilles de la basilique.

34 Le 2 mars 2023 une visite de repérage a été menée pour une première prise de contact avec les matériaux conservés à la planothèque et à la photothèque de l’École française d’Athènes.

35 La mission à Limassol et à Nicosie s’est déroulée du 24 au 27 octobre 2023.

36 Ces deux missions à Strasbourg ont eu lieu les 11 novembre 2023 et 15 décembre 2025.

37 Archimede – UMR 7044.

38 Centre Camille Jullian – UMR 7299.

39 Aupert 1976, p. 908‑910.

40 Cette pratique s’inscrit dans une tradition des fouilles de l’École française d’Athènes remontant à 1955, lors de l’implantation des premières fouilles d’Argos sur le terrain Bakaloyannis ; voir à ce propos, Darcque 1996.

41 https://archimage.efa.gr/?r=accueil, consulté le 20/01/2026.

42 https://heurist.huma-num.fr/heurist/startup/, consulté le 21/01/2026.

43 https://archimage.efa.gr/?r=accueil, consulté le 20/01/2026.

44 https://sig-amathonte.efa.gr. La réalisation de cet outil a été présenté dans Cannavò 2024.

45 Pralong 1993b ; Pralong 1994. Eleni Prokopiou (2013, p. 260), sur la base de la Vie d’Agios Epiphanios, suggère d’interpréter l’ensemble basilical de l’acropole d’Amathonte comme le monastère fondé par ce même Epiphanios. En tenant compte des infrastructures annexes à la basilique, Tassos Papacostas (2015, p. 99) avance l’hypothèse d’une interprétation du complexe comme monastère ou lieu de pèlerinage, possiblement associé à saint Jean l’Aumônier.

46 Stewart 2013.

47 Stewart 2013.

48  Metzger 2024. À partir du fragment mis au jour lors des fouilles de la basilique de l’acropole d’Amathonte, l’auteur a proposé un parallèle avec un exemplaire entier comparable découvert dans la basilique de Katalymata Ton Plakoton.

49 Bien qu’aucune source n’atteste explicitement le culte de reliques spécifiques en ce lieu, M. Metzger (2024) rappelle que les récits de pèlerins se rendant en Terre sainte faisaient nécessairement étape à Amathonte pour rejoindre Alexandrie, où était vénéré Agios Menas ; la présence de nombreuses ampoules liées à ce culte dans le port amathoussien va dans le même sens.

50 Panayides, Jacobs 2023.

51 Chrysos 2023 ; Deligiannakis 2023.

52 Papacostas 2015.

53 Papacostas 2015, p. 117.

54 Pralong 1994b, p. 454.

55 Zavagno 2023 ; Zavagno 2024.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. La colline de l’acropole d’Amathonte et les vestiges de la basilique.
Crédits © EFA, Web SIG d'Amathonte.
URL http://journals.openedition.org/baefe/docannexe/image/15852/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 319k
Titre Fig. 2. Plan de la basilique.
Crédits © EFA/F. Laroche-Traunecker.
URL http://journals.openedition.org/baefe/docannexe/image/15852/img-2.png
Fichier image/png, 338k
Titre Fig. 3. La ville d’Amathonte durant l’Antiquité tardive.
Crédits © Panayides 2023.
URL http://journals.openedition.org/baefe/docannexe/image/15852/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 561k
Titre Fig. 4. Les vestiges de la basilique découverts durant la fouille du temple d’Aphrodite.
Crédits © EFA/B. Guillaume.
URL http://journals.openedition.org/baefe/docannexe/image/15852/img-4.png
Fichier image/png, 647k
Titre Fig. 5. Détail du carnet de fouilles de la campagne 1985.
Crédits © EFA/Carnet V_2021020_02_01_01.
URL http://journals.openedition.org/baefe/docannexe/image/15852/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 250k
Titre Fig. 6. Le SIG d’Amathonte : les vestiges tardoantiques de la ville.
Crédits © EFA/A. Cannavò, L. Fadin.
URL http://journals.openedition.org/baefe/docannexe/image/15852/img-6.png
Fichier image/png, 276k
Titre Fig. 7. La pièce au nord de l’abside centrale.
Crédits © EFA/Ph. Collet.
URL http://journals.openedition.org/baefe/docannexe/image/15852/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 311k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Priscilla Ralli, « La basilique de l’acropole d’Amathonte. Rapport préliminaire des missions d’étude 2022‑2025 » [notice archéologique], Bulletin archéologique des Écoles françaises à l’étranger [En ligne], Chypre, mis en ligne le 15 mai 2026, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/baefe/15852 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16kk8

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Auteur

Priscilla Ralli

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