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Asie du Sud-Est : Emergence d'une région, mutations des territoires

De Phuket à Lombok : des plages d’Asie du Sud-Est dans la mondialisation touristique

From Phuket to Lombok: Southeast Asian beaches in the globalization of tourism
Emmanuel Jaurand
p. 101-117

Résumés

L’Asie du Sud-Est est un espace-clé pour approcher la mondialisation touristique contemporaine, avec une forte croissance du tourisme international et domestique. Les littoraux sont des interfaces privilégiées pour étudier les dynamiques sociales et les recompositions territoriales liées à la révolution touristique en cours. En particulier, Phuket (Thaïlande), Bali et Lombok (Indonésie) montrent à travers leurs plages le développement de territorialités multiples liées à différents usages et publics. La présence simultanée de plageurs asiatiques et occidentaux, dont les pratiques diffèrent partiellement, fait de ces plages des observatoires privilégiés de la construction du monde comme espace d’interactions sociales et culturelles.

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Texte intégral

1Le littoral constitue une double interface. Il est d’abord une interface entre la terre et la mer, plus large qu’une simple ligne de contact compte tenu des interrelations et échanges physiques et humains qui s’y déroulent. À un échelon spatial moins fin, le littoral est aussi une interface entre deux terres, c’est-à-dire des parties du monde émergées et séparées par les mers. Les mers sont ainsi parcourues par de multiples flux qui ont des terres pour points de départ et d’arrivée : flux commerciaux et migratoires, mobilités touristiques. Le littoral est ainsi un espace de fixation privilégié des flux touristiques internationaux qui relèvent des processus en cours de la mondialisation [Sacareau & al. 2015]. La présence d’aéroports internationaux sur les littoraux, en particulier insulaires, est une condition nécessaire pour leur intégration à la mondialisation touristique, celle-ci étant fondamentalement sélective entre les espaces : ainsi, en Asie du Sud-Est, les îles de Phuket (Thaïlande) et de Bali (Indonésie) sont reliées au reste du monde sans passage obligé par la capitale du pays et leurs aéroports ont un trafic de passagers considérable, respectivement de 17 millions en 2017 et 20 millions en 2016.

2En ce qui concerne la mondialisation touristique, l’Asie du Sud-Est en est un observatoire privilégié car on y trouve des touristes venus de tous les grands foyers émetteurs de touristes du monde, dont une majorité venue du bassin Asie-Pacifique lui-même (de l’Asie orientale à l’Australie) ; derrière viennent les touristes européens, groupe le plus nombreux autrefois, puis les Nord-Américains. Le bassin Asie-Pacifique est aussi celui des trois grands bassins récepteurs du monde dont la fréquentation touristique montre la croissance la plus forte, alimentée par les flux entre pays du bassin et aussi les flux internes à chaque pays, d’importance considérable en Indonésie notamment [Pickel-Chevalier & al. 2018].

3La mondialisation, marquée par le développement de flux et d’interactions de toutes natures entre les parties et les habitants du monde, revêt à travers le tourisme une dimension culturelle et sociale fondamentale [Sacareau & al. 2015]. Pour les pratiques de plages, inégalement anciennes dans le monde, il existe des modèles différents qui circulent avec les touristes qui en sont porteurs. On ajoutera d’une part que plusieurs variantes d’un modèle existent au sein d’une même aire géographique et d’autre part que ces modèles peuvent aussi évoluer pour les individus concernés du fait de l’interaction avec d’autres modèles, à savoir ceux d’autres touristes, y compris les touristes domestiques, et des habitants. Ces modèles concernent à la fois les usages de la plage, le rapport aux éléments naturels (mer et soleil notamment) et les apparences vestimentaires et corporelles, toutes ces dimensions étant largement liées entre elles. Des dynamiques sociales sont ainsi à l’œuvre à l’échelon des plages, avec des interactions entre les individus en coprésence, ne serait-ce que par le regard. Ces dynamiques se comprennent en rapport avec la mondialisation, dans la mesure où elles participent à la construction du monde comme un espace d’interactions [Lévy 2008]. Il existe en termes géographiques une logique d’emboîtement et de domination d’un échelon sur un autre, à savoir l’échelon mondial sur l’échelon local, aussi dénommé phénomène de glocalisation : il désigne l’ensemble des recompositions, culturelles et sociales pour ce qui nous intéresse ici mais aussi notamment économiques avec le cas bien connu des délocalisations à l’étranger, qui affectent les espaces locaux et ne se comprennent qu’en rapport avec l’échelon global, dorénavant primordial.

4Notre recherche vise ainsi à comprendre en quoi l’appropriation des plages d’Asie du Sud-Est par les touristes du monde nous informe sur les dynamiques sociales et culturelles à l’œuvre dans la mondialisation. Le contexte de cette recherche (cadre géographique, état de la question, terrain et méthodologie) fera l’objet de la première partie. Puis nous verrons quels sont les usagers de ces plages et leurs pratiques, relativement diverses au demeurant, ce qui définit des territorialités, c’est-à-dire des relations particulières à l’espace de la plage. Enfin, il s’agira de se demander s’il existe des différences de pratiques et de territorialités entre les usagers des plages étudiées en fonction de leurs origines.

1. Contexte d’une recherche sur des plages d’Asie du SE

1.1. Place et dynamique du tourisme littoral en Asie du Sud-Est

5L’Asie du Sud-Est abrite plusieurs destinations majeures du tourisme littoral international, certaines de réputation mondiale (fig. 1).

Figure 1 – Tourisme international et destinations balnéaires en Asie du Sud-Est

Figure 1 – Tourisme international et destinations balnéaires en Asie du Sud-Est

Source : OMT 2019. Réalisation : ESO-Angers, Université d’Angers-CNRS 2019

6Il ne s’agit toutefois que d’une partie de l’offre touristique de la région, à côté du tourisme urbain, culturel ou de nature. Même s’il existait déjà des stations littorales à l’époque coloniale, comme au Cambodge, le tourisme a souvent commencé sur d’autres bases, comme à Bali dans l’entre deux-guerres, où les traditions artistiques ont été mises en avant par les colons néerlandais [Pickel-Chevalier 2017].

7Ce tourisme littoral a aussi une part et une ancienneté variables selon les pays (fig.1) : ainsi, Bali et la Thaïlande se distinguent par le tourisme littoral de masse le plus ancien et il y constitue la locomotive du tourisme national. Dans les autres pays, soit le développement du tourisme international de masse sur le littoral est plus récent (Vietnam, Cambodge, Philippines), soit le littoral est davantage fréquenté par des touristes du pays ou venus de l’ASEAN (Malaisie), soit l’offre balnéaire est négligeable (Birmanie).

8La région est en tout cas marquée par de grands projets de développement de stations et de resorts sur les littoraux, du Vietnam à l’Indonésie, en passant par le Cambodge, dans ce dernier cas majoritairement en relation avec une clientèle et des investisseurs chinois (Sihanoukville). En Indonésie, le plan national de développement touristique vise à mieux répartir l’activité et les flux touristiques à travers la promotion de « 10 nouveaux Bali » [Pickel-Chevalier 2019], incluant le projet Mandalika qui organise le développement immobilier de la côte sud de Lombok, réputée abriter les plus belles plages et les meilleurs spots de surf du pays.

9Ce dernier cas montre que la qualité esthétique et paysagère des littoraux, correspondant aux attentes des touristes étrangers et notamment occidentaux en la matière, est mise en avant et utilisée par les acteurs publics et privés dans le cadre des projets d’aménagement et de développement touristique. Certains sites qui correspondent à l’image rêvée du tourisme occidental associant sable blanc, mer turquoise, cocotiers et soleil sont ainsi visés par ces projets ou déjà très fréquentés, au point de faire pour certains l’objet de mesures de restriction d’accès (Ko Phi Phi en Thaïlande, Boracay aux Philippines) : il s’agit ici d’îles qui constituent des déclinaisons du stéréotype de l’île tropicale paradisiaque [Gay 2000]. L’attrait de l’ensoleillement et le calendrier des congés sont des facteurs du rythme saisonnier de la fréquentation touristique des plages sud-est asiatiques : aux Philippines et dans la péninsule indochinoise, la haute saison touristique correspond à la saison sèche centrée sur l’hiver boréal, soit de décembre à mars environ, avec un pic d’affluence entre les fêtes de Noël et du Nouvel An chinois.

1.2. Des recherches géographiques sur les plages d’Asie du Sud-Est

10Dans la recherche géographique française, les plages ont été abordées à travers les territorialités des groupes qui les fréquentent, essentiellement dans le cadre des mobilités de loisirs et de tourisme. Des recherches ont relevé le caractère à la fois atypique et riche d’enseignements de ce territoire en matière de rapports au corps ou au genre [Lageiste & Rieucau 2008].

11Concernant l’Asie du Sud-Est, on dispose de plusieurs études récentes, généralement menées dans un cadre local. Emmanuelle Peyvel a relevé une claire segmentation spatiale à Mui Ne entre la plage des touristes occidentaux et celle des Vietnamiens : ces derniers vont davantage à la plage aux heures les moins chaudes de la journée, s’abritent du soleil, nagent assez peu et s’installent en groupes dans les établissements de restauration du haut de plage [Peyvel 2008]. A Bali, la plage de Kuta, célèbre spot de surf, est davantage un espace partagé par les touristes étrangers et ceux venus du reste de l’Indonésie [Pickel-Chevalier & al. 2018] : mais l’enquête menée par questionnaire y montre que les touristes indonésiens ne s’exposent guère au soleil, préférant observer le panorama et le spectacle offert par les surfeurs et les autres plageurs depuis une place à l’ombre. Pour la Thaïlande, on dispose de deux études récentes. La première est celle de Brenda Le Bigot sur les Full Moon Parties, événements qui rassemblent à Koh Phangan jusqu’à des dizaines de milliers de participants venus du monde entier [Le Bigot 2017]. La seconde est la thèse de Meng Li sur le tourisme chinois à Phuket, dans laquelle il est montré que les touristes chinois n’ont pas la plage comme motif principal de voyage : tout au plus celle-ci sert-elle de décor pour des photographies ou des promenades, sans tenue de plage spécifique [Li 2019].

1.3. Terrains et cadre méthodologique

12Notre propre étude porte sur des terrains insulaires de Thaïlande et d’Indonésie (fig. 2), pays qui sont respectivement aux premier et quatrième rangs des pays d’Asie du Sud-Est pour les arrivées de touristes internationaux [Jaurand 2019]. Ce sont aussi des pays où le tourisme de masse affecte certains littoraux depuis près d’un demi-siècle, ce qui permet d’y voir clairement les effets des processus de la mondialisation. Le terrain principal est l’île de Phuket, déjà approchée en 2008 dans le cadre de la préparation de mon HDR avec la mise en évidence de territorialités gays dans la station principale de Patong avec une portion de plage appropriée, en position centrale. D’autres campagnes de terrain en 2019 et 2020 ont permis de nouvelles observations sur des publics plus larges. Les autres terrains se situent dans les îles de Bali et de Lombok et n’ont été visités qu’à l’été 2019. Il s’agit ici d’îles majeures du tourisme international, en devenir dans le cas de Lombok, avec une part du tourisme domestique considérable en Indonésie puisqu’à Bali, le nombre de touristes indonésiens dépasse celui des touristes étrangers [Pickel-Chevalier 2019]. Les différences de cadre géographique local des plages retenues ont permis le cas échéant de prendre en compte les pratiques des populations résidentes, noyées dans la masse des touristes dans une grande station comme Patong, mais bien représentées sur la plage d’Amed, village de pêcheurs où le tourisme est une activité complémentaire (tabl. 1).

Tableau 1 - Les terrains d’étude

ILES

PLAGES

CADRE

PERIODE

PHUKET

Patong

Nai Harn

Station

Isolé, avec hôtels et resorts

Avril 2008,

Février 2019,

Mars 2020

BALI

Kuta-Seminyak

Jimbaran

Amed

Station, spot de surf

Gros village de pêcheurs, à fonction touristique

Village de pêcheurs à fonction touristique

Été 2019

LOMBOK

Selong Belanak

Isolé, avec hôtels et spot de surf

Été 2019

13Dans la perspective de géographie sociale et culturelle qui est la nôtre, les plages sont ainsi abordées comme un « théâtre social », selon l’expression de Jean-Didier Urbain : à la fois espaces rêvés, perçus, pratiqués et investis de sens, les plages constituent des micro-territoires construits par le système d’acteurs parmi lesquels figurent les plageurs, groupe fort hétérogène à l’origine de territorialités multiples [Urbain 1995] . L’espace géographique sur lequel nous travaillons n’est pas que la surface de projection de rapports sociaux. Il s’agit d’un espace où la nature est bien présente, comme objet de perceptions et donc de préférences : on rappellera l’importance considérable du rapport aux éléments naturels que sont le soleil et la mer dans les pratiques touristiques littorales, qui passent par le corps, avec des tenues vestimentaires plus ou moins couvrantes révélant certains rapports à ces éléments en plus de normes de pudeur.

14L’enquête de terrain a reposé sur des méthodes qualitatives : observation participante, entretiens non directifs avec des plageurs et cartographie des plages portant sur la répartition de l’occupation, les marqueurs spatiaux, les territorialités liées à des pratiques, etc. La cartographie de la répartition des divers publics selon leurs origines s’est révélée impossible compte tenu d’un mélange fréquent, à l’opposé de la segmentation claire relevée à Mui Ne [Peyvel 2008]. Des méthodes quantitatives ont été appliquées à Patong, notre terrain principal, avec la sélection au nord de la station et au droit du cimetière musulman d’une section de plage de 2000m2 environ, à dessein de mesurer la fréquentation de la plage en fonction de l’heure de la journée (de 7h à 21h), des différents secteurs de cette portion de plage (haut de plage végétalisé, plage non végétalisée, mer) et de l’origine des publics selon une catégorisation adaptée.

2. Quels usagers, pratiques et territorialités pour ces plages tropicales ?

2.1. Touristes et autres usagers de la plage

15Les usagers de la plage sont appelés les plageurs, et non pas les plagistes, terme réservé aux professionnels des plages. Ils diffèrent d’abord par leurs nationalités, leurs origines géographiques, plus ou moins lointaines, le type de mobilité dans lequel s’inscrit leur présence sur la plage et dans l’espace local.

16On trouve ainsi des touristes qui forment tout sauf un groupe homogène. Ils se définissent par le fait qu’ils résident habituellement ailleurs, qu’ils sont en déplacement et s’apparentent à des outsiders dans l’espace local. Ces touristes comprennent des personnes venues du pays (touristes domestiques, en forte croissance dans les pays d’Asie, [Cabasset-Semedo & al. 2010]) et d’autres venues de pays étrangers, très majoritaires en Thaïlande : leurs origines y montrent désormais une prépondérance de l’Asie, avec un quart du total des touristes étrangers venant de l’ASEAN, un autre de la Chine, et un autre pour l’ensemble des touristes européens, russes et du continent américain [Gravari-Barbas & Jacquot 2018]. En dehors des touristes, il faut compter sur la plage avec la présence d’expatriés, dont de nombreux retraités à Bali ou Phuket, d’autres résidents de la localité pour lesquels la plage est un terrain de loisirs de proximité (notamment les enfants) et aussi d’habitants venus exprès à la journée (excursionnistes).

17À la différence de tous ces publics, d’autres catégories de plageurs développent des usages non récréatifs, qui s’accompagnent le cas échéant de marqueurs spatiaux spécifiques. Il s’agit principalement d’activités primaires, qui occupent encore une part non négligeable de la population des pays d’Asie du Sud-Est et pour lesquelles la plage joue un rôle de support. Il s’agit de la pêche artisanale, dont les barques colorées occupent les plages des villages de pêcheurs, de la saliculture, avec des installations sur le haut de la plage à Amed et aussi de l’élevage, l’estran pouvant faire office de voie de passage pour les troupeaux de buffles à Lombok, selon une trajectoire parallèle au rivage et perpendiculaire à celle des surfeurs (photo 1) : on a dans ce dernier exemple un raccourci saisissant de la mondialisation, avec des personnes relevant d’univers sociaux très éloignés et qui se côtoient en un même lieu. Les plages sont aussi le siège de rituels religieux, à travers des offrandes dans le cadre des religions bouddhiste (Thaïlande) et hindouiste (Bali), ce qui s’accompagne d’autels permanents (Phuket) ou démontables (Séminyak). Ces usages et marqueurs d’ordre socio-économique ou culturel, répandus en Asie du Sud-Est, contribuent au « pittoresque » des plages pour les touristes.

Figure 2 – La plage de Selong Belanak (Lombok, Indonésie)

Figure 2 – La plage de Selong Belanak (Lombok, Indonésie)

Troupeau de buffles au premier plan, surfeurs et baigneurs au second plan.

Source : Photo E. Jaurand, août 2019.

2.2. Une pluralité d’usages récréatifs de la plage, une fréquentation variable dans le temps…

18Si on se focalise sur une plage adossée à une grande station balnéaire (Patong, sur la côte ouest de l’île de Phuket), l’usage récréatif est clairement dominant, si ce n’est exclusif ; il vaut d’ailleurs mieux évoquer les usages récréatifs, qui commandent une territorialisation différenciée de la plage, c’est-à-dire un partage de cet espace. En s’inspirant de la catégorisation de l’équipe MIT sur les pratiques touristiques [Equipe MIT 2011] et de celle de V. Coëffé et al. sur les formes d’engagement du corps dans le tourisme [Coëffé & al. 2016], nous pouvons dire que les usages récréatifs de la plage relèvent :

  • du repos : le farniente, au soleil ou à l’ombre, accompagné ou non de la recherche du bronzage, passe par des postures corporelles spécifiques, impensables dans la plupart des autres espaces publics pour celle à l’horizontale ;

  • du jeu : la baignade, les sports nautiques, le jogging, les jeux de ballons réclament davantage d’efforts physiques et mentaux et se développent dans la mer proche ou des parties appropriées de la plage ;

  • de la découverte : de cette catégorie autant que du jeu relève la prise de photographies de paysages sur la plage et par extension, de photographies permettant la mise en scène de soi dans le contexte de la plage ; une partie de ceux qui « découvrent » la plage pour la première fois l’arpentent dans des tenues davantage adaptées à la déambulation urbaine ;

  • de la chalandise : à la vente de nourriture et de boissons dans des stands, à consommer sur place ou à emporter, s’ajoute la vente à la sauvette d’une multitude d’objets ayant ou non un rapport avec la plage : lunettes de soleil, étoffes, vêtements, casquettes et chapeaux, bijoux, sacs, etc. En état de « vacance » ou d’attente, les plageurs sont faciles à solliciter pour les innombrables vendeurs.

19Ces divers usages ont été relevés pendant la saison touristique et changent aussi en fonction du rythme jour/nuit et de l’heure du jour. Si la journée montre une densité maximale de l’occupation de la plage, celle-ci n’est pas complètement vide la nuit : dans les heures qui suivent le crépuscule, la plage reste fréquentée par des familles qui piquent-niquent ou des couples d’amoureux…sans compter ceux pour lesquels la végétation offre un abri pour dormir, dans un hamac par exemple.

Figure 3 – Usagers de la plage selon les heures de la journée (données E. Jaurand)

Figure 3 – Usagers de la plage selon les heures de la journée (données E. Jaurand)

20L’évolution de la fréquentation de la plage dans la journée est commandée par son intérêt par rapport à tel usage attendu (fig. 3). Globalement, on observe deux pics de fréquentation : un pic secondaire en fin de matinée (vers 11h) et un pic principal avant le coucher du soleil (vers 18h). Le passage du soleil au zénith correspond ainsi à un creux de la fréquentation, ce qui est explicable par l’inconfort ou les risques liés à la trop forte intensité du rayonnement solaire et aussi le départ d’une partie des plageurs du matin pour le déjeuner. Le maximum de fréquentation en toute fin d’après-midi est à relier à l’addition de plusieurs usages : restent encore les personnes qui sont venues dans le courant de l’après-midi pour profiter du soleil et de la mer, tandis qu’arrivent à ce moment là celles qui cherchent à contempler le spectacle du coucher du soleil dans la mer d’Andaman, ce qui est possible sur une plage exposée à l’ouest comme Patong Beach. Après Sylvine Pickel-Chevalier [Pickel-Chevalier 2017], nous avons observé le même rituel sur la plage balinaise de Jimbaran, où le public se promène le long de l’eau ou s’installe sur les tables des restaurants de plage dès 17/18h. L’importance du temps solaire, autant que du temps social marqué par les prises de repas, dans la fréquentation de la plage implique en tout cas de contextualiser toute cartographie des usages du lieu.

2.3. …à l’origine de territorialités différenciées

21Les territorialités désignent ici les relations que les acteurs entretiennent avec la plage, à la fois à travers sa perception mentale et les pratiques qu’ils y développent. Ces dernières se répartissent de façon assez précise et régulière en fonction des qualités des différentes parties de la plage par rapport aux attentes et usages des acteurs. Comme ces derniers sont éminemment variables dans le temps, nous avons choisi de retenir les territorialités sur la plage de Patong correspondant aux heures les plus chaudes de la journée, après le passage du soleil au zénith, soit au début de l’après-midi (13-15h), et par beau temps pendant la saison touristique. Ce moment est marqué par une fréquentation assez importante quoique non maximale, mais fait essentiel, l’occupation de la plage est fort différenciée spatialement en rapport avec les pratiques et les postures corporelles des usagers.

Figure 4 – Carte-modèle de la plage de Patong (Phuket). Situation pendant la haute saison touristique en début d’après-midi

Figure 4 – Carte-modèle de la plage de Patong (Phuket). Situation pendant la haute saison touristique en début d’après-midi

22Notre carte-modèle offre ainsi une représentation synthétique, simplifiée et déformée (pas de proportion ou d’échelle fixe) de la répartition de ces usages, en fait relativement stable d’un jour à l’autre, à égalité de conditions météorologiques et autres (fig. 4) :

  • le haut de la plage montre une forte densité d’occupation. Une bande de végétation arbustive et arborée sur le sable permet à de nombreuses personnes de s’asseoir ou de s’allonger à l’ombre. A côté, la promenade aménagée est très animée : autour des stands de vente de boissons et grillades, les gens se pressent, s’installent où ils peuvent ;

  • sur le secteur découvert de la plage, plus étendu que le précédent, la densité globale est moins forte, surtout au droit des secteurs de baignade non surveillée ; classiquement, le secteur le plus dense est celui au plus près de l’eau car on y bénéficie d’une vue dégagée, d’une distance minimale pour se baigner et surveiller les enfants. On trouve dans ce secteur les personnes les plus dénudées et qui exposent leurs corps au soleil : le creux de fréquentation de milieu de journée y est relativement plus marqué que sur l’ensemble des secteurs, avec pratiquement une division par deux de la fréquentation entre le pic de 11h et le creux de 13h (fig. 3).

  • dans la mer, la densité d’occupation décroît très rapidement à quelques mètres du bord : au contact avec la plage beaucoup de personnes se tiennent debout, voire assis ou allongées, une partie du corps dans l’eau, souvent par petits groupes ; moins nombreux sont ceux qui nagent et qui s’aventurent jusqu’à perdre pied.

23La fréquentation de la plage de Patong révèle, entre autres facteurs, une prise en considération de la tropicalité par les plageurs, avec une densité maximale au niveau de l’interfaces haut de plage/secteur végétalisé, une arrivée très matinale pour profiter des meilleures places et trouver un peu de fraîcheur, ainsi que l’évitement de la période et du secteur marqués par le rayonnement solaire le plus intense. Cette fréquentation à usage récréatif de la plage a été saisie à travers les pratiques, à l’exclusion pour le moment, de toute considération sur l’origine des plageurs.

3. Existe-t-il des différences d’usages et de territorialités entre plageurs en fonction de leurs origines ?

3.1. Intérêt et difficultés d’un questionnement

24Dans la perspective d’une approche culturelle d’un lieu touristique international, il est légitime, en tout cas d’un point de vue scientifique, de se demander s’il existe des spécificités dans les pratiques des touristes en fonction de leurs origines, géographiques ou ethnoculturelles. La question mérite de la prudence et autant d’honnêteté intellectuelle et nous invite à nous appuyer d’abord sur les observations de terrain, nécessairement ponctuelles.

25Rappelons tout d’abord que le sujet a déjà été abordé par d’autres chercheurs : Emmanuelle Peyvel pour les plages de Mui Ne [Peyvel 2008], Sylvine Pickel-Chevalier pour celles de Bali [Pickel-Chevalier 2017, 2019], et pour élargir le champ, plusieurs collègues angevins à propos des plages chinoises, à travers le programme de recherche « Bronzer en Chine » [Coëffé, Guibert et Taunay 2019]. Cette dernière recherche est aussi intéressante pour l’Asie du Sud-Est compte tenu de la part importante et croissante des touristes chinois. Pour l’essentiel, nous ne pouvons dans les limites de cet article qu’évoquer les résultats de toutes ces recherches par comparaison avec nos propres observations.

26Ces dernières restent fragmentaires et appelleraient des investigations supplémentaires, à travers des questionnaires systématiques, tels ceux menés à Bali [Pickel-Chevalier & al. 2018]. Nous avons privilégié à la fois l’observation participante et la réalisation d’entretiens informels avec des plageurs sélectionnés à partir des pratiques qu’ils déployaient. Nous avons aussi effectué un comptage à base ethnique à titre de test, pour voir s’il donnait un résultat exploitable et significatif, ce qui a été le cas, avec une part limitée de personnes dont l’origine ne pouvait être déterminée (3 % au maximum) : la connaissance de la réalité nous a aussi semblé devoir l’emporter sur toute autre considération en matière de recherche sur les populations [Tribalat 2016]. Notre relevé a porté sur les personnes marchant le long du rivage de la plage de Patong à des tranches horaires différentes de la journée, à savoir de 7h30 à 8h d’une part, de 12h30 à 13h d’autre part, cette dernière tranche correspondant au passage du soleil au zénith au mois de mars. Ces données quantitatives ont été reliées aux observations qualitatives.

3.2. De réelles différences entre groupes de plageurs, mais aussi des attitudes communes et des exceptions

27Nous exposons ici les résultats les plus clairs concernant trois groupes de population bien représentés, à propos de la plage de Patong (Phuket) et de celles de Séminyak et Amed (Bali).

28Les Occidentaux, appelés Orang Bule en Indonésie, ce qui désigne les Blancs [Pickel-Chevalier 2018], constituent la quasi-totalité de ceux qui s’allongent et se dorent au soleil. Il s’agit de la posture corporelle et de la pratique qui singularisent ce groupe, ce qui ne veut pas dire que tous les membres du groupe soient concernés et tout le temps : si entre 12h30 et 13h, la quasi-totalité des promeneurs au bord de l’eau à Patong sont des Blancs (96 % selon notre comptage des 9 et 10/3/2020) et si le secteur en plein soleil de la plage de Patong est bien monopolisé par eux [Li 2019], on en trouve aussi beaucoup dans le secteur à l’ombre… Pour ce groupe divers de par ses origines géographiques (Russes, Européens, Australiens, Nord-Américains, expatriés, etc.), à côté de facteurs d’ordre personnel, plusieurs éléments de contexte ethnoculturels sont à prendre en considération : la valorisation sociale du bronzage des peaux blanches (symbole de vacances réussies), la vision positive du contact avec les éléments naturels développée en Europe dès le 19e s. (Natura Medicatrix) et aussi la banalisation voire la valorisation de la nudité dans les représentations artistiques du christianisme [Jaurand 2008]. On notera également dans ce groupe la fréquence des cellules de plages avec une seule personne, ce qui renvoie à des caractéristiques sociologiques des populations occidentales en général et en contexte touristique en particulier.

29Le deuxième groupe que nous distinguons est constitué des plageurs d’origine asiatique, groupe hétérogène évidemment, puisqu’il inclut des ressortissants du pays et des étrangers, et parmi ces derniers des touristes des divers pays d’Asie du Sud-Est et d’Asie orientale (dont la Chine, premier pays émetteur de touristes du monde). Plusieurs observations peuvent être considérées ensemble plus que séparément à propos de ce groupe :

  • en complément de ce qui a été avancé précédemment, ce groupe n’est pratiquement pas représenté sur le secteur découvert de la plage de Patong aux heures les plus chaudes de la journée alors qu’il constitue une part non négligeable des plageurs au moment du crépuscule ou de bon matin. Le comptage des promeneurs au bord de l’eau a donné une part de personnes d’origine asiatique de 3 % pour la tranche 12h30-13h contre 35 % pour la tranche horaire 7h30-8h (9 et 10/3/2020). Aux considérations sur la tolérance au soleil il faut ajouter un facteur d’ordre pratique comme le fait que les personnes en activité, plus susceptibles de fréquenter la plage tôt ou tard dans la journée, sont forcément surreprésentées dans ce groupe ;

  • une partie importante des personnes d’origine asiatique fréquente la plage en tenue de ville (ceux qui ne font que prendre des photos, se promener sur le sable ou contempler le coucher du soleil, mais aussi certaines baigneuses) ou avec des accessoires et vêtements de protection par rapport au soleil : ombrelles, casquettes et chapeaux à longue visière transparente anti-UV pour les femmes ou les hommes, voire facekini pour quelques femmes chinoises ;

  • il existe aussi des plageurs d’origine asiatique, certes peu nombreux, dont les tenues et les pratiques sont en tout point identiques à celles de la plupart des plageurs occidentaux : nous citerons en particulier le cas d’un couple de Japonais d’une quarantaine d’années, sans enfant, allongé sur le sable au soleil vers 16h, en maillot de bain pour lui et bikini pour elle, allant aussi nager avant de se réexposer au soleil.

30Le troisième groupe de plageurs n’est en fait qu’un sous-ensemble du deuxième. Il s’agit, parmi les Asiatiques, des résidents et excursionnistes pour lesquels la plage fait partie de l’univers quotidien. La fréquentation de la plage est souvent régulière, et même quotidienne dans le cas des habitants, comme nous l’avons observé à Amed (Bali) : la plage constitue pour les enfants, principalement les garçons, un terrain de jeu tout proche, pour s’amuser dans les vagues, jouer au ballon, etc.

3.3. Bilan : des pratiques de plage entre modèles collectifs et adaptations individuelles

31Il serait tout aussi injuste d’ignorer le poids des facteurs ethnoculturels dans les pratiques de plages que d’en faire une clé de lecture unique : ils sont à prendre en compte par rapport à un contexte historique donné. Le balnéarisme occidental est un modèle de pratiques construit sur deux siècles et qui continue de se transformer [Granger 2009] ; mais l’ancienneté des pratiques de bains de mer et de plage en Occident y va de pair avec la diversité de ces mêmes pratiques et l’adoption de tenues de bain peu couvrantes et adaptées à la plage et la baignade. En Asie de l’Est et du Sud-Est, le tourisme et la pratique des bains de mer sont de développement plus récent, mais ont déjà une importance considérable [Sacareau & al. 2015] : en Chine comme en Corée du Sud, les plages sont très fréquentées à la belle saison, et au Vietnam, Emmanuelle Peyvel a montré que la plage appropriée par les Vietnamiens à Mui Ne montrait des horaires d’affluence matinaux, une ambiance plus bruyante et des activités centrées sur la convivialité, les repas, etc. [Peyvel 2008]. À Kuta, Sylvine Pickel a relevé que nombre de touristes indonésiens restaient à l’ombre à contempler les surfeurs et le spectacle de la plage fréquentée par les Bule, largement dénudés [Pickel-Chevalier 2019]. On a affaire à des modèles collectifs de pratiques de plage à la fois inégalement anciens et différents entre l’Occident et l’Asie, modèles évidemment en évolution constante, notamment du fait de leur interaction en un même lieu investi par le tourisme international et domestique.

32Si l’on se place à l’échelon individuel, les pratiques réelles développées par les plageurs sont d’une infinie hétérogénéité et ne se laissent pas réduire à l’application simple de modèles collectifs. Ces pratiques expriment à la fois la marge de liberté des acteurs, leurs propres perceptions et intentions et le jeu de facteurs multiples : en plus du rôle de l’âge, du genre, de la forme et de la beauté physiques, de la catégorie sociale, de la maîtrise de la natation, il y a des facteurs circonstanciels liées à la situation ou au rôle dans lequel ces acteurs fréquentent la plage : ces facteurs les conduisent à envisager la plage différemment, comme espace de repos, de jeu ou de représentation. Si les plageurs sont dans un voyage de groupe de type circuit avec un temps forcément limité en chaque lieu, le fait de passer plusieurs heures sur la plage de Patong n’est peut-être pas une priorité par rapport à d’autres centres d’intérêt, comme Meng Li l’a relevé pour les touristes chinois qui « font » Phuket [Li 2019]. En revanche, une incursion rapide sur la plage, immortalisée par la prise de photos se fera de préférence au moment le plus opportun signalé par les guides de voyage, à savoir le coucher du soleil. Bien différente est la situation de touristes individuels en villégiature pour plusieurs jours dans la station de Patong (au sens de lieu où l’on s’arrête), évidemment plus propice au farniente sur la plage.

Conclusion : des lieux du monde pour une société de plage non homogène

33Sur les plages d’Asie du Sud-Est étudiées, les jeux des acteurs d’en bas révèlent des dynamiques socio-culturelles en rapport avec la mondialisation. Ces plages apparaissent comme des lieux privilégiés de coprésence de personnes venues d’horizons lointains et proches, et sont ainsi des « lieux du monde » [Violier 2011]. Elles permettent des interactions entre gens venus du monde entier ne serait-ce, a minima, que par la vue et le regard. Les individus relevant de groupes nationaux ou culturels différents peuvent avoir des manières d’être différentes dans ce lieu commun. C’est l’occasion, au cours d’un séjour touristique ou pour les habitants, d’une confrontation à l’altérité, à travers des modèles de pratiques variées et en interaction du fait de la coprésence. Ce n’est là qu’un exemple parmi d’autres des phénomènes de diffusion ou d’appropriation culturelle à l’œuvre dans les activités récréatives. Il ne faudrait pas retenir la vision de groupes de touristes étanches entre eux ou même uniformes du point de vue des pratiques de plages : elles montrent une relative diversité dans les pratiques parmi les touristes chinois à Patong ou les Indonésiens dans leur propre pays, de même que chez les Occidentaux.

34Les modèles esthétiques en matière de bronzage sont classiquement à l’opposé entre Occident et Asie, où l’on valorise la peau blanche, mais des éléments d’évolution existent concernant par exemple les pratiquants du surf sur les rivages asiatiques [Coëffé, Guibert & Taunay 2014]. Il existe ainsi un processus d’hybridation culturelle à l’œuvre chez les populations asiatiques pour lesquelles l’appropriation de la mer et l’apprentissage du tourisme sont des réalités sociales récentes. Néanmoins, pour l’instant, la recherche systématique de l’exposition au soleil pour elle-même en étant allongé sur la plage semble rester l’apanage de certains touristes occidentaux, qui déploient cette pratique à l’identique sur les plages de l’Europe et d’une bonne partie du monde. Si des plages d’Asie du Sud-Est fonctionnent comme des lieux communs et présentent l’image d’une société-monde, c’est-à-dire constituée personnes de tous horizons, elles ne correspondent pas encore à une société de plage globale ou universelle par ses pratiques.

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Bibliographie

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Violier, P. (2011) – « Les lieux du monde », EspacesTemps.net, mis en ligne le 22 août 2011.

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Table des illustrations

Titre Figure 1 – Tourisme international et destinations balnéaires en Asie du Sud-Est
Crédits Source : OMT 2019. Réalisation : ESO-Angers, Université d’Angers-CNRS 2019
URL http://journals.openedition.org/bagf/docannexe/image/8057/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 176k
Titre Figure 2 – La plage de Selong Belanak (Lombok, Indonésie)
Légende Troupeau de buffles au premier plan, surfeurs et baigneurs au second plan.
Crédits Source : Photo E. Jaurand, août 2019.
URL http://journals.openedition.org/bagf/docannexe/image/8057/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 112k
Titre Figure 3 – Usagers de la plage selon les heures de la journée (données E. Jaurand)
URL http://journals.openedition.org/bagf/docannexe/image/8057/img-3.png
Fichier image/png, 102k
Titre Figure 4 – Carte-modèle de la plage de Patong (Phuket). Situation pendant la haute saison touristique en début d’après-midi
URL http://journals.openedition.org/bagf/docannexe/image/8057/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 220k
URL http://journals.openedition.org/bagf/docannexe/image/8057/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 121k
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Pour citer cet article

Référence papier

Emmanuel Jaurand, « De Phuket à Lombok : des plages d’Asie du Sud-Est dans la mondialisation touristique »Bulletin de l’association de géographes français, 98-1 | 2021, 101-117.

Référence électronique

Emmanuel Jaurand, « De Phuket à Lombok : des plages d’Asie du Sud-Est dans la mondialisation touristique »Bulletin de l’association de géographes français [En ligne], 98-1 | 2021, mis en ligne le 01 juillet 2022, consulté le 08 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/bagf/8057 ; DOI : https://doi.org/10.4000/bagf.8057

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Auteur

Emmanuel Jaurand

Professeur de géographie, Université d’Angers, UMR CNRS 6590 Espaces et Sociétés (ESO), 11, Boulevard Lavoisier 49045 ANGERS Cedex 01 – Courriel : emmanuel.jaurand[at]univ-angers.fr

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