Hadrien Collet, Le sultanat du Mali. Histoire régressive d’un empire médiéval xxie-xive siècle
Hadrien Collet, Le sultanat du Mali. Histoire régressive d’un empire médiéval xxie-xive siècle, Paris, CNRS éditions, 2022, 480 p., 3 annexes, ISBN : 9782271139795
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1Le sultanat du Mali est indéniablement la formation politique médiévale la plus connue de l’Afrique sub-saharienne avant le xixe siècle, tant dans la culture populaire que chez les historiens. Pourtant, à la différence de l’Éthiopie médiévale, de l’Afrique du Nord, du Borno, ou du pachalik des Arma, il n’existe pas de production documentaire locale et contemporaine du sultanat du Mali. Cette situation paradoxale a entrainé une multiplication des regards « à distance », tant géographique que chronologique. Un travail de déconstruction de ces regards, et des savoirs qui en découlent, était à faire. Il nécessitait à la fois une fine connaissance de l’arabe, des historiographies mameloukes, nord africaines, africanistes, coloniales, post-coloniales, ainsi qu’un fort bagage méthodologique et conceptuel. Avec son ouvrage, Hadrien Collet démontre qu’il maîtrise tous ces champs disciplinaires, et qu’il est possible de multiplier les grands écarts historiographiques pour produire un travail d’une remarquable qualité scientifique et littéraire.
2Le Sultanat du Mali. Histoire régressive d’un empire médiévale xxie-xive siècle est tiré d’une thèse de doctorat soutenue en 2017. Lauréate du prix de la meilleure thèse d’histoire de l’université Paris 1 Panthéon Sorbonne et mention spéciale du jury du prix de thèse de l’IISMM et du GIS Moyen-Orient, c’est peu dire que son édition était très attendue. En trois parties et neuf chapitres, le livre se pose d’emblée comme référence dans le champ des études médiévales de l’Afrique, de l’Islam, et de l’Égypte. Pour reprendre les mots de Bertrand Hirsch, qui préface l’ouvrage, la parution de ce livre est un événement, car il s’agit de la première monographie en langue française sur le sultanat du Mali depuis 1977 (p. 9). Depuis les années 1980, la recherche française avait délaissé les grandes formations étatiques sahéliennes de l’époque médiévale et moderne, pour se tourner – en particulier – vers l’Afrique de l’Est ou les périodes contemporaines.
3Une telle disette, comblée depuis peu par un renouvellement historiographique salutaire, est particulièrement significative pour le Mali, malgré les travaux de François-Xavier Fauvelle et Bertrand Hirsch sur le voyage africain d’Ibn Baṭṭūṭa. En 422 pages, Hadrien Collet reprend le dossier du Mali médiéval à partir de l’étude attentive et successive des différentes strates de la construction de l’histoire du sultanat du Mali, en adoptant une démarche régressive, du xxie au xive siècle. Le livre revient sur les débats historiographiques qui ont agité l’histoire pluri-centenaire de la production du savoir sur le Mali. En particulier, les débats soulevés aux xxe et xxie siècles concernent la localisation de la capitale du Mali (pages 53-56 et 97-100), la véracité du voyage d’Ibn Baṭṭūṭa au Sahel (chapitre 9), la nature du séjour de Mansa Musa au Caire (chapitre 7), ou encore les limites et significations du Takrūr (chapitres 5 et 6). L’ouvrage aborde également le Mali sous l’angle de l’histoire des représentations, de la littérature arabe, de la production manuscrite et historique sahélienne et, enfin, de l’histoire du pouvoir et des mobilités au sultanat du Mali.
4Cet éclectisme se reflète dans les sources intellectuelles d’inspirations multiples. À une connaissance fine de la littérature africaniste produite en France, Hadrien Collet associe les avancées de la littérature anglo-américaine sur l’archéologie médiévale malienne (Paulo de Moraes Farias) ou sur les manuscrits de Tombouctou (Mauro Nobili). Il bouscule un certain nombre d’idées arrêtées, comme l’absence de sources médiévales nouvelles, et déconstruit la fabrication des mythes de Mansa Musa, de la « charte du Manden », ou encore du voyage africain d’Ibn Baṭṭūṭa. L’historiographie ouest africaine et marocaine est également largement protagoniste de l’ouvrage. L’usage d’ouvrages et de textes académiques produits dans les universités africaines souligne une qualité rare chez Hadrien Collet : son usage des textes, mais aussi de la littérature académique, en langue arabe. Enfin, Hadrien Collet s’inscrit pleinement dans la continuité de l’école des Annales, en proposant une archéologie du savoir, à même de démêler et de comprendre les multiples transformations des manières d’appréhender le Mali, du xive siècle à nos jours. Pour ce faire, son propos est agrémenté de longues citations issues d’ouvrages charnières de la littérature historique française : Guené, Farge, Dosse, ou encore Offenstadt, ont largement le droit de cité, dans une démarche pédagogique d’une grande richesse. En particulier, l’ouvrage collectif Historiographies. Concepts et débats, dirigé par Delacroix, Dosse, Garcia et Offenstadt, est omniprésent dans le travail de Collet. Ses différentes notices ont été une source d’inspiration au moins aussi importante que les auteurs sahéliens et mamelouks, et permettent à l’ouvrage de dépasser le cadre africaniste pour s’inscrire pleinement dans l’histoire générale.
5L’introduction pose les enjeux et ambitions de l’auteur. Hadrien Collet y aborde la question de l’espace étudié – l’Afrique de l’Ouest – dont les frontières, élastiques, épousent les différents régimes d’historicité : de la Mauritanie à Sokoto, au Nord Nigeria, le terrain souhaité est celui des centres intellectuels où les différents auteurs s’appliquèrent à décrire, évoquer ou écrire l’histoire du sultanat du Mali. De même, à l’époque médiévale, Hadrien Collet étend son champ d’expertise à l’Égypte mamelouke, au Maghreb et à l’Andalousie, pour étudier les commentateurs du pèlerinage du Mansa Musa, et les œuvres d’al-‘Umarī et Ibn Baṭṭūṭa.
6La question de l’islamicité du sultanat, traduite par la déconstruction de l’usage du terme d’empire et l’emploi méthodique de la titulature islamique (sultanat), est également centrale dans la démarche de l’auteur. L’usage du terme sultanat n’est donc pas un ornement (p. 28-29), mais il se pose comme un choix intellectuel fort : celui d’utiliser les termes politiques propres au Mali et à sa production documentaire. État musulman, le Mali est donc un sultanat africain, qui peut certes être qualifié d’empire, mais qui possède son propre langage politique, indépendamment des étiquettes posées dans le cadre de la colonisation. Se faisant, Hadrien Collet s’inscrit dans un courant historiographique fort, déjà entamé pour l’histoire des sultanats du Darfur (O’Fahey), du Kanem et du Borno (Dewrière), et des califats de Sokoto (Last) et de Hamdallahi (Nobili), de l’étude d’une Afrique musulmane, et fermement ancrée et intégrée dans une globalité islamique, à parts égales avec les régions comme le Moyen Orient, l’Afrique du Nord, l’Asie du Sud-Est, et l’Anatolie.
7Sa prise de position est également marquée lorsqu’il s’agit de (re)penser les découpages chronologiques. La justification d’un Moyen Âge Malien, et son souci de parler de l’époque post-médiévale pour évoquer la période allant de la fin du xvie au milieu du xixe siècle, sont des choix réfléchis, qui démontrent une volonté de centrer le propos sur l’Afrique, et de s’éloigner, autant que faire se peut, de l’eurocentrisme qui a tant marqué l’histoire de cet espace. Ces choix ouvrent à un débat plus que salutaire, mais posent aussi quelques questions, sur lesquelles nous reviendrons par la suite.
8La première partie de l’ouvrage s’intéresse aux trajectoires contemporaines de l’histoire du Mali médiéval. Ce chapitre s’inscrit dans la continuité des travaux de Pekka Masonen, qui s’étaient arrêtés au tournant des années 1920 (p. 120), pour y intégrer la production historique du xxe siècle, de la période coloniale à la période post-coloniale. Le premier chapitre se concentre sur la construction de l’historiographie coloniale et orientaliste sur le sultanat du Mali. Après un bref excursus sur les premiers témoignages européens de l’époque moderne, Hadrien Collet traite de la lente construction du triptyque Ghana-Mali-Songhay dans la littérature orientaliste européenne du xixe siècle (p. 46). Le chapitre 2 s’intéresse à la recherche historique qui s’inscrit dans le cadre des processus de décolonisation et de construction des jeunes nations post-coloniales, au Mali et en Guinée notamment. Hadrien Collet retrace l’histoire des principaux acteurs de cette nouvelle historiographie, et de leurs méthodes et ambitions, en se focalisant en particulier sur la figure et le parcours de Manby Sidibé (dont plusieurs textes sont publiés en annexe), qui posa les jalons d’une histoire nationale du Mali entre les années 1920 et 1970 (p. 76-86). Le troisième chapitre étudie les différents courants qui animent la recherche sur le Mali des années 1960 à nos jours. L’essor de l’afrocentrisme, ainsi que l’apparition d’une histoire populaire et mondialisée du Mali avec Internet, sont particulièrement bien traités. L’évocation de la place du Mali dans le rap (p. 138) montre que la popularisation du Mali médiéval passe dorénavant par plusieurs supports, tels le hip hop ou encore les jeux vidéo (Age Of Empires II, ou Crusader Kings III). L’étude de ceux-ci aurait eu toute sa place en conclusion de ce chapitre.
9Ce long passage en revue de l’historiographie contemporaine du Mali, allant du xixe au xxie siècle, laisse le pas à la construction d’une histoire produite par les élites lettrées des « foyers historiographiques en arabe en Afrique de l’Ouest » qui parlèrent du Mali ou du Songhay (p. 174) aux xviie-xixe siècles : Tombouctou, Walata, Sokoto, et Hamdallāhi en particulier. Le chapitre 4 conçoit « une nouvelle histoire postmédiévale » du Mali et propose (p. 168-169) la date de 1493 (coup d’état d’Askya Muhammad) pour marquer la fin du Moyen Âge malien (ou ouest africain) et le début de l’époque postmédiévale. Celle-ci est marquée par l’âge des réformes islamiques et l’âge des révolutions qui agitèrent le Sahel, du Sénégal au Nigeria actuels, en passant par le Mali. Les chapitres 5 et 6 se focalisent sur la place du Mali dans le paysage historique et historiographique du Takrūr, depuis les études sur le Soudan occidental médiéval et ouest-africain (xvii-xixe siècle) jusqu’aux études de la première moitié du xixe siècle. Après être revenu sur les glissements sémantiques et géographiques du terme Takrūr dans la littérature arabe nord-africaine et sahélienne (chapitre 5), l’auteur s’interroge sur les sources (Ibn Baṭṭūṭa) et les innovations qui furent mises à contribution pour écrire un récit diachronique sur le sultanat du Mali depuis Tombouctou. Le travail systématique de déconstruction de ces sources permet à l’auteur de s’interroger sur la possibilité de faire une histoire sociale de Tombouctou à l’aide de ces témoignages (p. 230-237), en rappelant que l’histoire du sultanat du Mali véhicule des ambitions et des objectifs contemporains à la rédaction des chroniques.
10La troisième partie opère un déplacement temporel et spatial. D’un côté, Hadrien Collet se rapproche au plus près du Mali, puisqu’il s’intéresse à la production documentaire contemporaine du Mali médiéval. On y croise notamment le souverain du Mali Mansa Musa en personne, interlocuteur privilégié d’Abū al-Ḥasan ‘Alī, témoin oculaire se trouvant au Caire, et interrogé par la suite par al-‘Umarī (p. 334). De l’autre, cette partie est avant tout une histoire intellectuelle de l’Égypte mamelouke et du Maroc : en se penchant sur les écrits décrivant le sultanat du Mali ou le pèlerinage de Mansa Musa, l’auteur offre un regard original et tout à fait novateur sur les cercles savants, politiques et religieux de l’Afrique du Nord. Le chapitre 7 sur le pèlerinage de Mansa Musa interroge longuement la notion d’événement, en s’arrêtant sur le séjour de Mansa Musa au Caire, tel qu’il a été rapporté par les historiens de l’époque mamelouke. Ce travail d’ampleur se construit autour de la succession longue, mais nécessaire, de descriptions du pèlerinage, par l’historiographie baḥrite (de Damas et du Caire), et par les historiens de l’époque circassienne. Pour chaque auteur, Hadrien Collet procède à une courte biographie, ainsi qu’au lien entre l’auteur et l’événement, tout en tissant le fil des connexions entre ces différents auteurs. Entre les lignes, il nous apporte des avancées historiographiques majeures sur les enjeux autour du pèlerinage, comme la visite au calife abbasside ou les enjeux économiques du séjour du Caire (p. 256, 264). On aurait aimé, à la fin, un résumé comparatif et analytique de l’ensemble de ce corpus mais, fidèle à son projet littéraire, H. Collet s’en tient à nous donner les matériaux et ses clefs de lecture.
11Le chapitre 8, « Une puissance mondiale de l’Islam », porte sur les Masālik d’al-‘Umarī, texte canon pour l’histoire du Mali médiéval. Ce chapitre est brillant, car il interroge de manière rigoureuse les différents régimes de vérité (p. 351) qui s’imbriquent dans le récit construit et finement élaboré par al-‘Umarī, en fonction de la hiérarchisation de ses sources d’information et de sa méthode historique. L’analyse du fihrist (table des matières, p. 323-326), ainsi que l’organisation du chapitre sur le Mali (p. 331-332) est très convaincante et inspirante. Elle nous permet de mieux saisir le cheminement intellectuel d’al-‘Umarī, de donner sens à un projet d’écriture souvent critiqué pour ses supposées incohérences. Le dernier chapitre traite de l’apport du voyageur Ibn Baṭṭūṭa, et de la construction à quatre mains, en compagnie d’Ibn Ǧuzzay, de l’œuvre intitulée Tuḥfat al-nuẓẓār, trop souvent nommée Rihla. Dans la lignée des chapitres précédents, Hadrien Collet procède à une recherche systématique de l’auctorialité de l’œuvre. Il avance que la Tuḥfat al-nuẓẓār est à la confluence entre attentes d’un lectorat, recherche de respectabilité d’Ibn Baṭṭūṭa, et exigences du sultan mérinide, qui accueille le voyageur (p. 395). De la même façon que pour al-‘Umarī, il procède de manière méthodique à une catégorisation des informations fournies par les passages sur le Mali, tout en intégrant le récit dans l’architecture générale du projet littéraire. Au-delà du débat sur la véracité de son voyage au Mali (deux sous-sections prennent les arguments opposés dans un dialogue original, p. 381-394), l’étude d’Hadrien Collet permet de confirmer que le témoignage d’Ibn Baṭṭūṭa « demeure donc l’un des meilleurs textes pour le Mālī au xive siècle » (p. 416).
12En filigrane, Le sultanat du Mali repose sur une approche fine des sources, et l’emploi de méthodologie diverses. Les cartes, l’analyse de l’auctorialité, ou encore l’usage de la lexicométrie (p. 286) renforcent son argumentation, et ouvrent de nombreuses pistes pour la recherche future. Surtout, son ouvrage offre aux futurs historiens de l’Afrique médiévale les clefs historiographiques pour appréhender les sources mameloukes. L’étude de la paratextualité des sources, mais également des historiens du xixe, xxe, et xxie siècles, permet de faire dialoguer des écoles historiographiques qui sont rarement assemblées dans un même ouvrage : les spécialistes de l’Afrique (musulmane), les spécialistes de l’histoire coloniale et post-coloniale, et les spécialistes des pays islamiques (Afrique du Nord et Moyen Orient).
13Au-delà de quelques erreurs d’édition, un seul écueil concerne le choix de séparer en deux sections la bibliographie, avec une section « Africaine » et une autre concernant les « autres ». Bien que relativement intuitive dans son usage, cette séparation qui place les études sur l’Afrique du Nord (Maghreb et Machrek) dans la catégorie « Autre » vient implicitement remettre en question l’un des messages forts de ce livre, à savoir que l’histoire de l’Afrique ne doit pas envisager le Sahara comme une barrière, mais comme un liant, un espace d’échange aux passerelles multiples.
14Pour conclure, l’ouvrage a le mérite d’aborder des sujets essentiels, tels que les réécritures de l’histoire, les débats sur les usages des sources orales dans l’histoire médiévale et, in fine, sur la validité des grandes périodisations historiques lorsque l’on étudie les sociétés non-européennes, telles que les sociétés islamiques d’Afrique sub-Saharienne. Le choix du terme « post-médiéval » pour traiter de la période équivalent à l’époque moderne prête à débat. Ainsi, qualifier le terme moderne d’épineux (p. 33), pour lui substituer la tout aussi problématique expression « post-médiéval », utilisée dans tout l’ouvrage, est un choix qui aurait mérité d’être plus développé. Cette objection, soulevée par un moderniste, ne manquera pas de faire sourire. Néanmoins, le terme « post-médiéval » pose deux problèmes : celui d’une centralité du Mali médiéval dans l’histoire de l’Afrique de l’Ouest avant le xixe siècle, qui a tendance à marginaliser d’autres espaces et d’autres périodes historiques tout aussi essentiels ; et celui d’une exception quelque peu forcée du continent africain, vis-à-vis d’une histoire moderne (early modern) plus globale, qui a provincialisé l’Europe mais peine encore à y intégrer l’Afrique. Or, comme il est si justement rappelé dans l’ouvrage : l’Ouest-Africain « vibre avec le rythme du monde et n’est pas un isolat désynchronisé que l’Europe serait venue reconnecter » (p. 156). Dès lors, pourquoi ne pas utiliser l’appellation d’époque moderne pour l’histoire du continent africain, au même titre que pour celle de l’Europe, de l’Asie et de l’Amérique ?
15Ces remarques sont, en soi, très anecdotiques par rapport à l’économie générale de l’ouvrage, et témoignent de réflexions stimulantes qui sont le fruit d’une lecture passionnée. Le travail d’Hadrien Collet est, mutatis mutandis, d’une grande qualité et rigueur, d’un point de vue littéraire, intellectuel, et scientifique. Le Sultanat du Mali pose des jalons pour l’avenir, et place son auteur parmi les plus importants spécialistes du Moyen-Âge africain, mais aussi de l’Égypte mamelouke. Cette hybridité est là sa plus grande force, tout comme celle de cet ouvrage.
Pour citer cet article
Référence électronique
Rémi Dewière, « Hadrien Collet, Le sultanat du Mali. Histoire régressive d’un empire médiéval xxie-xive siècle », Bulletin critique des Annales islamologiques [En ligne], 37 | 2023, mis en ligne le 15 mars 2023, consulté le 13 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/bcai/2565 ; DOI : https://doi.org/10.4000/bcai.2565
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