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6. Codicologie, édition et traduction de textes

Émilie Savage-Smith, Simon Swain, Geert Jan van Gelder (éd. et trad.), A Literary History of Medicine – The ʿUyūn al-anbāʾ fī ṭabaqāt al-aṭibbāʾ of Ibn Abī Uṣaybiʿah

Audrey Caire
Référence(s) :

Émilie Savage-Smith, Simon Swain, Geert Jan van Gelder (éd. et trad.), A Literary History of Medicine – The ʿUyūn al-anbāʾ fī ṭabaqāt al-aṭibbāʾ of Ibn Abī Uṣaybiʿah, Leyde, Brill (Handbook of Oriental Studies, The Near and Middle East, 134) 2019, 5 vol. (vol. 1 : Essays / vol. 2-1 et 2-2 : Arabic Edition / vol. 3-1 : Annotated English Translation / vol. 3-2 : Annotated English Translation, Appendices and Indices) ISBN : 978-90-04-41031-2 accessible en Open Access sur le site de Brill : https://dh.brill.com/scholarlyeditions/library/urn:cts:arabicLit:0668IbnAbiUsaibia/

Texte intégral

  • 1  Ce projet a été financé par le Wellcome Trust, une fondation caritative britannique qui encourage (...)

1L’ouvrage ʿUyūn al-anbāʾ fī ṭabaqāt al-aṭibbāʾ (Les meilleurs récits sur les générations de médecins) d’Ibn Abī Uṣaybiʿa (m. 668/1270) est l’une des principales sources arabes sur les médecins en terre d’Islam et même la première histoire exhaustive de la médecine jamais écrite. Largement lu et abondamment cité, cet ouvrage qui rassemble les biographies de 432 médecins, des débuts de la médecine grecque jusqu’au xiiie siècle, ne bénéficiait, jusqu’à présent, d’aucune édition qui prenne en compte l’ensemble des manuscrits connus, ni d’aucune traduction complète en langue européenne. Pour pallier ce manque, une équipe de huit chercheurs britanniques, américains, canadiens, hollandais et allemands (Émilie Savage-Smith, Simon Swain, Geert Jan van Gelder, Ignacio Sanchez, N. Peter Joosse, Alastair Watson, Bruce Inksetter et Franak Hilloowala) a travaillé plusieurs années durant pour proposer une nouvelle édition ainsi qu’une traduction en anglais1. Le résultat de ce travail a été publié en 2019 chez Brill, à la fois en format papier et en format numérique. C’est cette deuxième version, en Open Access sur le site internet de Brill, que nous avons consultée pour proposer ce compte rendu.

2Tout d’abord, l’ouvrage contient une édition précise et complète (volume 2-1 et 2-2) de l’ensemble du texte d’Ibn Abī Uṣaybiʿa, qui tient compte des différentes phases de rédaction et de copie que les éditeurs ont pu mettre au jour grâce à une étude précise des manuscrits. Le texte arabe est accompagné d’une traduction anglaise (vol. 3-1 et 3-2) qui peut, sur la version en ligne, être directement mise en regard de l’édition, ce qui en facilite la consultation et l’étude. Le tout est précédé de plusieurs essais (vol. 1) qui permettent à la fois de comprendre la tradition manuscrite de ce texte, de resituer l’auteur et son œuvre dans le contexte de l’Égypte et de la Syrie du xiiie siècle, et de réfléchir à la manière dont la médecine et les médecins y sont présentés. Le titre anglais, A Literary History of Medicine (Une histoire littéraire de la médecine), choisi par les éditeurs et traducteurs, reflète d’ailleurs leur objectif de rendre plus précisément compte des enjeux littéraires et historiques liés à l’écriture de cette œuvre. En effet, il ressort des différents essais que le projet d’Ibn Abī Uṣaybiʿa n’était pas uniquement de rassembler des éléments biographiques sur les médecins mais de faire l’éloge de sa profession en insistant sur les réalisations éthiques et littéraires de ses prédécesseurs, c’est-à-dire en en faisant de véritables lettrés (udabāʾ). Ainsi, son œuvre n’est pas un livre de médecine, ni un simple dictionnaire biographique, mais elle répond aussi aux codes culturels et littéraires de son temps, ceux de l’adab.

  • 2  L’auteure a également publié, dans la troisième édition de Encyclopaedia of Islam, une mise à jour (...)

3Le premier essai (chapitre 2, « Ibn Abī ʿUṣaybiʿah: his Life and Career », par Franak Hilloowala) met au jour les informations connues sur la vie de l’auteur. Lui-même médecin issu d’une famille de médecins, Ibn Abī Uṣaybiʿa a été formé au Caire et à Damas avant de se mettre au service du gouverneur de Ṣalkhad, ʿIzz al-Dīn Aybak, en 634/1236. C’est là que les ʿUyūn ont été rédigées pour répondre à une commande du vizir du sultan ayyoubide al-Malik al-Ṣāliḥ (r. 637-647/1240-1249), Amīn al-Dawla (m. 641/1244). L’intérêt de ce premier article2, est de proposer un éclairage sur les relations entre le pouvoir ayyoubide, puis mamelouk, et les médecins ainsi que sur les réseaux qui structuraient cette profession au xiiie siècle en Syrie et en Égypte. Le deuxième essai (chapitre 3, « ʿUyūn al-anbāʾ fī ṭabaqāt al-aṭibbāʾ: Its Genre and Title », par Geert Jan van Gelder) présente le projet global de l’œuvre qui se situe au croisement du dictionnaire biographique et de l’anthologie d’adab. Il apparaît alors que les éléments biographiques rassemblés par Ibn Abī Uṣaybiʿa ne peuvent être dissociés de la manière dont ils sont présentés et organisés. Jusqu’à présent, les ʿUyūn ont surtout intéressé les historiens pour les informations qu’ils fournissent sur les médecins en terre d’Islam. Mais Geert J. van Gelder rappelle que, comme dans tout dictionnaire biographique, l’information proposée par l’auteur est organisée en fonction d’un projet qui est ici de répondre aux exigences éthiques et littéraire de l’adab, la culture des élites à cette époque. En effet, le choix des médecins ainsi que le contenu des notices proposées visent à ériger chaque individu en parangon des vertus reconnues par les élites islamiques, et de mettre en avant leur production littéraire, y compris poétique. Ainsi, Ibn Abī Uṣaybiʿa dépeint les médecins comme des hommes cultivés, au comportement si ce n’est exemplaire du moins très honorable, et entend ainsi fonder la grandeur et la moralité d’une profession qui subissait visiblement les aléas du bon vouloir des sultans et autres puissants, dont dépendaient leur carrière et leur statut. Pour illustrer en quoi les ʿUyūn reprennent les codes littéraires de l’adab, le quatrième essai (chapitre 5, « Written Sources and the Art of Compilation in Ibn Abī Uṣaybiʿah’s ʿUyūn al-anbāʾ fī ṭabaqāt al-aṭibbāʾ », par Ignacio Sanchez) et le cinquième (chapitre 6, « Poetry in ʿUyūn al-anbāʾ », par Geert Jan van Gelder) sont très utiles, l’un parce qu’il revient longuement sur les sources utilisées par l’auteur et sur la manière dont il y fait référence, et l’autre parce qu’il analyse les nombreux vers de poésie que contient l’ouvrage et qui avaient été un peu négligés par les éditions et traductions antérieures. Ces deux chapitres mettent en avant la méthode de compilation de l’auteur qui juxtapose des anecdotes, des poèmes et des éléments biographiques à partir de matériaux collectés dans différentes sources. Les éditeurs proposent également une liste des ouvrages qu’ils ont pu identifier comme ayant servi à la rédaction des ʿUyūn (annexe du chapitre 5). Il est toutefois dommage que ces chapitres n’analysent pas précisément, en prenant l’exemple de quelques extraits, comment cette compilation de données éclectiques produit le sens évoqué par G.J. van Gelder dans le deuxième essai, à savoir l’élaboration d’exempla autant que de biographies.

  • 3  Voir par exemple : P.E. Pormann, E. Savage-Smith, Medieval Islamic Medicine, Edinburgh, Edinburgh (...)

4Les deux dernières études apportent des précisions sur le contenu médical de l’ouvrage et sur la manière dont l’auteur présente l’histoire de sa profession. Le sixième essai (chapitre 7, « The Greek Chapters and Galen », par Simon Swain) est un commentaire suivi des six premiers chapitres des ʿUyūn, qui traitent de l’origine de la médecine jusqu’à l’émergence de l’Islam. Simon Swain insiste longuement sur le rôle donné à Galien, le médecin de Pergame (v. 129-201), par Ibn Abī Uṣaybiʿa et décrypte minutieusement les récits que ce dernier propose. Les résultats de cette étude permettent de reconstituer la manière dont les auteurs arabes ont construit et réinterprété la biographie des médecins antiques du viiie au xiiie siècle, et de comprendre comment ils ont érigé Galien en figure tutélaire de toute une profession. Le dernier essai (chapitre 8, « The Practice of Medicine as Seen through the ʿUyūn al-anbāʾ », par Emilie Savage-Smith) récapitule les données fournies par Ibn Abī Uṣaybiʿa sur la pratique médicale. Même si les médecins sont au cœur de cette œuvre, la médecine elle-même n’y est abordée que de manière secondaire, et les informations qu’elle contient à ce sujet ne sont guère exhaustives pour l’historien qui a à sa disposition des traités médicaux en arabe bien plus complets. Le lecteur non spécialiste mais curieux de ces questions trouvera dans cet essai quelques informations, mais les autres travaux d’Emilie Savage-Smith, spécialiste de la médecine arabe, sont à ce titre beaucoup plus intéressants3.

  • 4  Ibn Abī Uṣaybiʿa, ʿUyūn al-anbāʿ fī ṭabaqat al-aṭibbā’, éd. A. Müller, Le Caire-Königsberg, 1299/1 (...)
  • 5  August Müller avait lui aussi utilisé cette version comme base de son édition. La nouvelle édition (...)

5Si ces essais permettent de présenter de manière très utile l’œuvre d’Ibn Abī Uṣaybiʿa, c’est surtout l’édition, et de manière complémentaire la traduction, qui constitue le plus gros travail et l’apport le plus intéressant de cette publication. En effet, les ʿUyūn al-anbāʾ fī ṭabaqāt al-aṭibbāʾ sont connues en Europe depuis le xviiie siècle, avec une première traduction latine réalisée par Salomon Negri (m. 1729) à partir de deux manuscrits conservés à la Bodleian Library d’Oxford et copiés par Henry Wild de Norwick (m. 1721). Depuis, l’équipe de chercheurs qui a travaillé sur ce projet a recensé au moins dix-huit traductions, toutes partielles. La première édition, qui servait jusqu’à présent de référence, est celle publiée par August Müller en 18844, qui avait lui-même reconnu que son travail était incomplet car il n’avait pas pu avoir accès à tous les manuscrits. Aucune des éditions publiées par la suite dans le monde arabe n’avait jusqu’à présent réussi à combler ce manque. C’est désormais chose faite, et de manière très intéressante car les éditeurs ont clairement mis en avant l’évolution de la tradition manuscrite dans leur édition. Le troisième essai (chapitre 4, « The Textual and Manuscript Tradition of Ibn Abī Uṣaybiʿah’s Work », par Ignacio Sanchez) présente les recherches les plus récentes et les découvertes que l’équipe a pu faire en étudiant un manuscrit conservé à la Süleymaniye à Istanbul (Şehid Ali Paşa, Ms. 1923), qu’A. Müller ne connaissait pas. Ce manuscrit contient en fait deux versions du texte des ʿUyūn, l’une copiée à partir d’une copie d’un autographe de l’auteur (texte principal) et l’autre copiée à partir d’un autre autographe (signalé par l’ajout de notes marginales), ce qui permet de mieux comprendre les autres versions identifiées dans la trentaine de manuscrits connus. À partir de là, les éditeurs arrivent à une nouvelle compréhension de l’histoire de ce texte, de sa composition et de sa diffusion et dégagent trois grandes versions. La version 1 du texte est celle qui a été composée pour le vizir Amīn al-Dawla avant sa mort en 641/1244, elle contient la dédicace au vizir et les neuf dernières biographies du chapitre 15 (15.52-60) sont manquantes car elles concernent des médecins qui n’étaient pas encore en activité à cette époque-là. La version 2 correspond notamment au texte principal du manuscrit Şehid Ali Paşa, la dédicace n’y apparaît jamais. Cette version contient 72 biographies nouvelles par rapport à la précédente, mais 57 sont manquantes. L’hypothèse d’Ignacio Sanchez est que cette version a été copiée à partir d’un brouillon de l’auteur alors qu’il travaillait à compléter la version 1. L’absence d’une partie du contenu de la version 1 est peut-être due au fait qu’il travaillait à partir de plusieurs brouillons et que celui qui a donné naissance à la version 2 n’était pas destiné à être diffusé ainsi. Quoi qu’il en soit, cette version 2 date d’avant la mort de l’auteur (668/1270) et a été rédigée après la mort du vizir auquel était dédicacée la première version (641/1244). La version 3 est elle aussi datable de cette période et correspond à l’addition de la version 1 et de la version 2 (c’est notamment le texte complet du manuscrit Şehid Ali Paşa). La plus ancienne attestation de cette version datant de 669/1271 (British Library, Ms. Add. 23364), elle est vraisemblablement issue de la révision complète de son œuvre par l’auteur juste avant sa mort. La version 2 ne serait donc qu’un extrait de ce travail de révision. À cela il faut ajouter que quelques biographies ont été complétées par des copistes et ne sont donc pas d’Ibn Abī Uṣaybiʿa. C’est par exemple le cas de celle d’Ibn al-Nafīs que les éditeurs ont quand même tenu à présenter en annexe de l’édition (appendice 1). La version 3 étant la plus complète et la plus récente, c’est sur elle que les éditeurs ont fondé leur nouvelle édition5. Toutefois, ils ont pris soin de signaler explicitement les variantes et de proposer des éditions complémentaires pour les passages qui varient significativement d’une version à l’autre. Enfin, les biographies ajoutées et retranchées dans les différentes versions sont listées à la fin du troisième essai (vol. 1, annexe du chapitre 4). Cette liste nous a toutefois posé quelques problèmes, car certaines des informations qu’elle fournit ne sont pas concordantes avec celles que les éditeurs donnent dans l’édition elle-même. Par exemple la biographie de ʿAbd Allāh al-Ṭayfūrī (8.10) est signalée dans cette liste comme présente dans la version 1 et dans la version 3, mais absente dans la version 2, alors que l’éditeur de ladite biographie indique qu’elle est présente dans les trois versions. Nous avons noté que ces informations contradictoires étaient récurrentes, et cela pose au moins un problème de clarté.

6Afin de parachever l’édition critique renouvelée et exhaustive des ʿUyūn, les éditeurs ont également édité et traduit les notes marginales trouvées dans les différents manuscrits (appendice 2). Cet appendice est extrêmement précieux non seulement pour les textes jusque-là inédits qu’il contient, comme un poème d’Avicenne sur le vin, mais aussi parce qu’il rend accessible cette dimension essentielle des manuscrits médiévaux qui n’apparaît que très peu dans les éditions. Enfin, pour rendre accessible à de très nombreux chercheurs le texte d’Ibn Abī Uṣaybiʿa et la riche tradition manuscrite qui nous l’a transmis, l’ensemble de l’édition et des appendices ont été traduits en anglais. Malgré les qualités littéraires de l’œuvre, les traducteurs ont fait le choix de proposer une traduction plutôt littérale, y compris pour les poèmes, en précisant en note la portée littéraire de telle ou telle formule. Les cinq volumes sont complétés par une bibliographie assez exhaustive et un glossaire des poids et mesures très utile.

  • 6  K. Hirschler, The Written Word in the Medieval Arabic Lands: a Social and Cultural History of Read (...)
  • 7  F. Bora, « A Mamluk Historian’s Holograph. Messages from a Musawwada of Taʾrīkh », Journal of Isla (...)
  • 8  Al-Maqrīzī, Musawwadat Kitāb al-Mawāʿiẓ wa-l-iʿtibār fī ḏikr al-ḫiṭat wa-l-āṯār, éd. F. Sayyid, Lo (...)

7Cette publication qui est amenée à devenir la nouvelle édition et traduction de référence des ʿUyūn al-anbāʾ fī ṭabaqāt al-aṭibbāʾ d’Ibn Abī Uṣaybiʿa, témoigne de l’importance du travail collectif pour renouveler l’approche de sources connues depuis longtemps mais dont il reste encore beaucoup à apprendre. Le principal apport de cette équipe a été de reprendre l’étude de la tradition manuscrite et d’obtenir des résultats nouveaux et utiles à l’histoire du livre médiéval. Ils viennent notamment compléter les études réalisées ses dernières années par Konrad Hirschler sur les bibliothèques et les livres à l’époque ayyoubide et mamelouke6, ou encore celles réalisées sur le Taʾrīkh al-duwal wa-l-mulūk d’Ibn al-Furāt7 et sur les Khiṭaṭ d’al-Maqrīzī8. Enfin, le recours à une publication Open Access est plus que bienvenu pour faciliter l’accès à une source majeure de la littérature arabe médiévale. La qualité de cette version pourrait toutefois être améliorée. L’onglet recherche est très difficile à manier et ne fonctionne pas la plupart du temps, et il n’est pas toujours aisé de se rendre au passage souhaité.

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Notes

1  Ce projet a été financé par le Wellcome Trust, une fondation caritative britannique qui encourage la recherche médicale, et soutenu par les universités d’Oxford et de Warwick qui ont rassemblé cette équipe de chercheurs (ALHOM Team).

2  L’auteure a également publié, dans la troisième édition de Encyclopaedia of Islam, une mise à jour de la notice sur Ibn Abī Uṣaybiʿa, qui reprend la plupart des éléments de cet essai : F. Hilloowala, « Ibn Abī Uṣaybiʿa », dans Encyclopaedia of Islam (3e éd.), éd. K. Fleet, G. Krämer, D. Matringe, J. Nawas, E. Rowson, Leyde, Brill, 2019, consulté en ligne le 29 juillet 2020 : http://dx.doi.org.janus.bis-sorbonne.fr/10.1163/1573-3912_ei3_COM_30677

3  Voir par exemple : P.E. Pormann, E. Savage-Smith, Medieval Islamic Medicine, Edinburgh, Edinburgh University Press, 2007 (reimpr. 2010) ; E. Savage-Smith, « Médecine », dans R. Rashed (dir.), Histoire des sciences arabes, vol. 3, Technologie, alchimie et sciences de la vie, Paris, Éditions du Seuil, 1997, p. 155–212 (trad. de Encyclopedia of the History of Arabic Science, vol. 3, Technology, Alchemy and Life Sciences, Londres, Routledge, 1996, p. 903-962) ; E. Savage-Smith, « Ṭibb », dans Encyclopédie de l’Islam (2e éd.), Leyde, Brill, 2002, vol. 10, p. 474-484.

4  Ibn Abī Uṣaybiʿa, ʿUyūn al-anbāʿ fī ṭabaqat al-aṭibbā’, éd. A. Müller, Le Caire-Königsberg, 1299/1882-1301/1884, 2 vol.

5  August Müller avait lui aussi utilisé cette version comme base de son édition. La nouvelle édition n’est donc pas radicalement différente de la sienne, car le texte garde à peu près la même structure. Mais la nouvelle compréhension des différentes versions a permis des ajustements, et nous avons effectivement constaté une lecture plus claire de certains passages.

6  K. Hirschler, The Written Word in the Medieval Arabic Lands: a Social and Cultural History of Reading Practices, Édinbourg, Edinburgh University Press, 2012 ; Id., Medieval Damascus : Plurality and Diversity in an Arabic Library: the Ashrafiya Library Catalogue, Édinbourg, Edinburgh University Press, 2016.

7  F. Bora, « A Mamluk Historian’s Holograph. Messages from a Musawwada of Taʾrīkh », Journal of Islamic Manuscripts 3/2 (2012), p. 119–153.

8  Al-Maqrīzī, Musawwadat Kitāb al-Mawāʿiẓ wa-l-iʿtibār fī ḏikr al-ḫiṭat wa-l-āṯār, éd. F. Sayyid, Londres, al-Furqān Islamic Heritage Foundation, 1995 ; voir également les travaux de Frédéric Bauden sur al-Maqrīzī : plusieurs articles intitulés « Maqriziana… » ; ou encore ce récent ouvrage : F. Bauden, E. Franssen (éd.), In the Author’s Hand: Holograph and Authorial Manuscripts in the Islamic Handwritten Tradition, Leyde, Brill (Islamic History and Civilization, 171), 2020.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Audrey Caire, « Émilie Savage-Smith, Simon Swain, Geert Jan van Gelder (éd. et trad.), A Literary History of Medicine – The ʿUyūn al-anbāʾ fī ṭabaqāt al-aṭibbāʾ of Ibn Abī Uṣaybiʿah », Bulletin critique des Annales islamologiques [En ligne], 35 | 2021, mis en ligne le 01 mai 2021, consulté le 12 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/bcai/461 ; DOI : https://doi.org/10.4000/bcai.461

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Auteur

Audrey Caire

Doctorante, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne – UMR 8167

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