Notes
Sans rapport évidemment avec un manuscrit grec dont la cote est P. IFAO 88, plusieurs fois publié, sur lequel cf. Boyaval 1974, p. 61-66.
Daté de Ramsès III (Rʿ-ms-s(w) ḥḳȝ Ỉwnw), le verso du document, qui n’est pas étudié ici, offre, sur une surface salie par endroits, un texte présentement non identifié, dont la teneur comme la paléographie sont sensiblement différentes de celles du recto.
On trouve aussi, et heureusement plus rarement dans cette collection, les éléments d’un même texte disposés dans deux, voire trois cadres différents. Dans le cas présent, aucun fragment hiératique susceptible d’appartenir au P. IFAO H 88 n’a été retrouvé parmi les autres manuscrits de l’Institut.
Le raccord se fait au niveau de la l. 7. Le verso de la pointe dans la partie supérieure du fragment inférieur, visible sur la photographie, garde une trace d’encre qui appartient à la l. 8 du verso, où elle s’insère parfaitement.
Une partie importante de texte semble avoir existé entre ces deux papyrus qui ne constituaient au départ qu’un seul document ; cf. Démarée 2015, p. 335-337. En se référant au texte administratif du verso qu’il date de Ramsès XI, l’auteur corrige l’ordre de lecture des deux manuscrits antérieusement retenu par Leitz (Leitz 1999, p. 3), en partant du P. BM EA 10309 et non plus du P. BM EA 9997, ce qui implique que les fragments B et C figuraient à l’origine dans une page précédente du P. IFAO H 88. Il semble donc plus logique de désigner désormais ce document sous la référence P. BM EA 10309+9997.
Sur la question d’Horus caché par sa mère pour le protéger de son frère, cf. P. BM EA 9961, col. 5-8, Vandenbeusch 2018, p. 188. Conséquence probable des liens historiques entre les deux villes (cf. Vandier 1966, p. 105, n. 2), un épisode similaire de l’enfance d’Horus est dit se passer non plus à Bouto mais « dans la campagne d’Héliopolis, au nord de Hetepet ». Un seul témoin de son récit est connu (Metternich 89-94). Il est alors question du cri poussé par Horus alors qu’Isis se trouvait dans les « Maisons hautes » (Meeks 2006, p. 214, n. 354) en train de faire une libation à Osiris. Rien n’est dit de ce que fit ensuite la déesse. Alertés par le cri d’Horus, ce sont les « portiers auprès de l’auguste persea » (LGG I, 414c) qui accourent auprès de lui. On notera l’emploi du verbe nhp pour exprimer ce mouvement vers le jeune dieu, identique à celui d’Isis accourant vers lui après son agression ; cf. infra, n. 24. Il est aussi utilisé pour traduire le mouvement impétueux du venin dans le corps d’une victime d’une morsure ou d’une piqûre.
Formule 14, l. 168-251, éd. Sander-Hansen 1956, p. 59-70.
Formule IV, éd. Klasens 1952, p. 22-34.
Leitz 1999, p. 3-30 et pl. 1-11.
Jelínková-Reymond 1956, ouvrage cité par la suite sous le titre Djed-Ḥer + no de ligne pour les références textuelles. Présentation synoptique des deux versions dans Leitz 1999, p. 13-15.
Goyon 2012 ; Quack 2013, p. 256-257.
Quack 2021a, p. 391-406. Ivan Guermeur m’informe (courriel du 15 septembre 2022) qu’en ce qui concerne le traité de prophylaxie publié par Goyon (P. Brooklyn 47.218.138), des fragments supplémentaires semblent bien exister, que l’auteur n’a pas reconnus. À propos du traité médical dont il prépare la publication (P. Brooklyn 47218.2), I. Guermeur a retrouvé en 2015, non rangés avec le manuscrit principal, 93 nouveaux fragments dans les réserves du musée : « Il semble en fait que le conditionnement des papyrus que Wilbour avait rapportés d’Éléphantine au cours du voyage vers Paris, puis vers New York, n’a pas été idéal pour les papyrus et quand le container a été ouvert et inventorié par Cooney en 1947, il y avait énormément de fragments épars détachés des rouleaux. »
; Djed-Ḥer, l. 149 :
; P. BM EA 9997, VI, 2 :
.
[...] ỉb.k : si les quelques traces visibles entre Nb-r-ḏr et ỉb.k ne permettent pas une restitution sûre de cette partie de la ligne, celles précédant ỉb.k restent suffisantes pour restituer le verbe wḏȝ ; ces traces sont elles-mêmes précédées de ce qui semble être la queue du cobra au repos
, vestige probable du verbe ḏd. Sur la graphie de ỉb déterminé par le signe
, cf. fragment B, x+2 ; P. BM EA 9997, IV, 7 ; P. Louvre E 3237, 13. Le mot précédent est en lacune partielle dans le fragment IFAO, totale dans le P. BM 9997 et dans un contexte très mutilé dans Djed-Ḥer (
selon la copie d’Eva Jelínková-Reymond [1956], p. 72). Pour la formulation, mais dans un contexte différent, cf. l’intéressant parallèle rédigé sur le sarcophage d’Ânkhnesneferibrê (Wagner 2016, p. 71-72 (l. 66) et 83-84) : Sỉȝ <ḥr> ḏd n Nb-r-ḏr wḏȝ ỉb.k nb nṯrw, « Sia dit au maître de l’Univers : “Que ton cœur soit serein, maître des dieux!” », sans exclure pour wḏȝ ỉb le sens envisageable de « prendre connaissance » (d’un message), appelant son interlocuteur à être réceptif à une nouvelle ; cf. Wb I, 400, 11 ; Meeks 1981, 78.1168. À la lumière de ce court texte, on peut donc avancer que dans cette partie du P. IFAO H 88 et de ses parallèles, le texte est prononcé (ḏd en lacune quasi totale) par Sia à l’adresse du « maître de l’Univers », alias Atoum-Rê, dont Isis est désignée en fin de ligne comme la fille (sȝt[.k]).
Pour la forme du déterminatif
dans le nom d’Isis, avec une queue descendant jusqu’à la partie supérieure de la l. 2, cf. l. 14.
Le mot suivant le nom d’Isis n’est pas clair, on attend l’épithète nṯryt, « divine », bien attestée dans ce texte (P. BM EA 9997, VI, 1 ; VII, 6, 14, et sur laquelle cf. LGG I, 73c-74b), mais difficilement reconnaissable ici (on attendrait un groupe déterminatif différent, cf. l. 20). La présence à la fin du mot du groupe
, n’invite pas à y reconnaître le démonstratif twy. L’adjectif démonstratif féminin dans le texte est d’ailleurs clairement écrit tn à la. l. 9.
Même graphie
de sȝt dans P. BM EA 9997, III, 15.
Ḫsf en lacune, restitué d’après les parallèles. Malgré une graphie
(Djed-Ḥer, l. 149),
(P. BM EA 9997, VI, 2) couramment traduit par le verbe « repousser » à propos du venin, et plusieurs fois mentionné en tant que tel dans le présent texte, la nécessité d’une cohérence dans ce début très lacuneux, toutes versions comprises, incite à reconnaître dans ḫsf le verbe signifiant « s’approcher de », « aller à la rencontre de » (Wb III, 337, 3). Dans la version de Djed-Ḥer, comme celle du P. BM EA 9997, le verbe ḫsf n’est suivi d’aucun complément d’objet (en l’occurrence, le mot mtwt, cf. n. 43), ce qui serait le cas s’il avait le sens de « repousser ». La relation posée ici est celle de deux divinités, Sia et le « maître universel », le premier parlant au second (cf. n. 14).
. Le mot est écrit
dans le P. BM EA 9997, III, 18.
Sur la lecture ỉdt, cf. Müller 2002, p. 430.
Cf. infra, n. 31. Pour le sens de tkn dans ce contexte, associant approche et attaque de l’agresseur, cf. Sauneron 1958, p. 276 (h).
Djed-Ḥer, p. 71-72 et 75-76.
Les sources font surtout état du cri d’Isis en réaction à l’attaque de son fils par le serpent ou le scorpion (Klasens 1952, p. 55 (e 6), moins souvent des lamentations de collectivités divines (cf. Djed-Ḥer, p. 74, n. 2) ; mais dans l’épisode héliopolitain relatif à sa jeunesse (Metternich 89-100), Horus lui-même pousse un cri lors de son agression ; cf. supra, n. 6. Le texte ne manque pas ici d’ambiguïté, ḫrw sgb pouvant traduire le cri de la mère comme celui du fils. Pour la formulation, cf. P. Boulaq 6, V, 1 (Koenig 1981), p. 52 : ḫrw sgb <m> pt rsy mw mr ḫrw Ỉst m-ḏr (écrit m-dȝy) ỉw.s m-bnr ỉw.s gm Ḥr psḥ, « un cri de douleur (s’éleva) <dans> le ciel du Sud : venin ! (c’est) le cri d’Isis quand elle arriva de l’extérieur en trouvant Horus mordu » ; cf. Metternich 44 (var. Panov 2014, p. 56-57 [l. 137 et n. 171]) : ḫrw sgb ʿȝ m Ḥwt Nt ḫrw ḳȝ m Ḥwt-ʿȝt, « un grand cri de douleur (s’éleva) dans le temple de Neith, et une voix forte se trouva dans le Grand-Château » ; Metternich 47 (var. Panov 2014, p. 54 (l. 139), 58) : hy sp 2 ỉ Rʿ (ỉ)sk n sḏm.k ḫrw sbg ʿȝ ḏr wḫȝ ḥr wḏb n ndyt ḫrw sgb ʿȝ m nṯr nb nṯrt nb(t), « Salut ! (bis), ô Rê ! N’as-tu pas entendu un grand cri de douleur dès le soir, sur la rive de Nedit, un grand cri de douleur de tous les dieux et de toutes les déesses ? »
Référence à Horus malgré l’absence d’antécédent. Le texte ne reprend pas dans son début la légende de son enfance à Khemmis/Bouto (Metternich 168-181). Pour lui donner une cohérence, il faut admettre que deux cris sont mentionnés, d’abord celui d’Horus, puis celui d’Isis qui accourt alors (nhp) auprès de son fils. L’épisode de l’enfance d’Horus, caché par sa mère dans les marais de Khemmis (Metternich 168-181) ne signale pas de cri poussé par le jeune dieu ; il est simplement dit qu’Isis trouva son enfant affaissé sur le sol, affaibli, offrant l’apparence d’un empoisonnement. Un cri d’Horus n’est explicitement signalé que dans l’épisode de son enfance dans la campagne d’Héliopolis (Metternich 92). Dans le texte ici étudié, on a donc successivement, selon toute vraisemblance, le cri poussé par Horus (ḫrw sgb r-rwty), la réaction d’Isis qui arrive pour le secourir (nhp), et le cri de la déesse provoquant l’arrivée de Serqet. Dans cette perspective, c’est encore du cri d’Horus qu’il doit être question dans l’évocation du « cri de détresse à l’extérieur des portes » (ḫrw ỉnd r-rwty sbȝ(yw), Djed-Ḥer 149). Jelínková-Reymond 1956, p. 74, n. 2 ne fait état que de celui d’Isis.
Écrit ici
, mais aussi
pour
, correspondant à une évolution graphique de la forme sḏm.n.f du verbe ỉỉ. Sur cette originalité graphique, qui se retrouve dans plusieurs endroits du texte de Djed-Ḥer, aux l. 26, 84 et 144, ainsi que dans plusieurs inscriptions du temple de Dendara, cf. Smith 2013, p. 117-126 ; Herbin, Leitz 2022, p. 65, n. 166.
Sur le rôle de Serqet dans les exorcismes d’animaux venimeux, cf. Sauneron 1989, p. 107 (2) ; Vuilleumier 2016, p. 271, k). Pour la désignation Srḳt wrt, cf. LGG VI, 440b-c. Elle-même, en tant que déesse-scorpion, est qualifiée de nbt psḥ, « maîtresse de la morsure » (Djed-Ḥer, p. 16, n. 2 = LGG VI, 439a, G) ; dans une adresse à son fils Horus, Isis dit : sš n.k Srḳt ḏrt.s ȝḫw.s m sȝw.k, « Serqet étend sa main vers toi ; ses vertus magiques sont ta protection » (Sauneron 1989, p. 106).
Ḥwt-ʿȝt, toponyme de l’Héliopolite, sanctuaire d’Atoum-Rê considéré ici comme le père d’Isis, qui reçoit la désignation de « maître universel », « maître de l’humanité », et auprès duquel elle demande dà être annoncée.
ʿȝw omis dans P. BM EA 9997, VI, 1.
Sur cette amulette de faïence, cf. infra, n. 111.
Nb-r-ḏr (LGG III, 795b et 796a, M, d), seule mention connue en tant que père d’Isis, est ici une désignation de Rê-Atoum.
Ỉm.s pour ỉm.f ? Le groupe indéfinissable entre mỉ et sȝ.s peut difficilement correspondre à la copie
de Daressy (1919), p. 136, qui relève d’une probable erreur de rédaction ou de lecture. Tel qu’il apparaît dans la publication d’E. Jelínková-Reymond, sa forme générale évoque plutôt la préposition ḏr qui, si elle était confirmée, serait précédée de mỉ pour m, mais l’absence de photographie ne permet aucune vérification. La version parallèle du P. BM EA 9997 fait de mỉ la préposition introduisant une comparaison, ce qui incite à reconnaître dans le groupe de la version Djedher le substantif ỉdt ou similaire. Comparée à la leçon ỉm.f de la version britannique, la variante ỉm.s pourrait alors être fautive, car dans les deux cas il faut tenir compte du sens spécifique très probable que revêt dans ce contexte le verbe tkn (cf. supra, n. 21), qui traduit un mouvement ou un acte agressif de l’animal vis-à-vis du petit (sȝ) de la vache-ỉdt.
Nb Ḫmnw : le toponyme est écrit
dans la copie de Daressy 1919, p. 136, S. III, 27),
dans celle de Jelínková-Reymond 1956.
Leitz 1999, p. 12. Le père d’Isis est désigné dans ce texte sous l’appellation de Nb-r-ḏr. C’est la seule mention connue ; cf. supra, n. 14.
LGG III, 795b et 796a, M, d.
Sur Thot comme « fils de Rê » (sȝ Rʿ), cf. LGG VI, 86a, A, w ; comme « aîné de Rê, issu d’Atoum » (smsw n Rʿ pr m Ỉtm), cf. Ritner 1986, p. 96. Noter qu’on ne semble pas le connaître en tant que sȝ smsw de Rê.
La fonction de Thot dans ce contexte est clairement exposée dans Metternich 245 : ỉnk Ḏḥwty sms Rʿ wḏ n.ỉ Tm ỉt nṯrw r snb Ḥr n mwt.f r snb ẖr(y) dmt mỉt(t), « Je suis Thot, l’aîné de Rê ; Atoum, le père des dieux, m’a ordonné de guérir Horus pour sa mère et de guérir la victime de morsure pareillement. » On lit à son propos dans le P. Brooklyn 47.218.48 + 85, III, 2-3 (Sauneron 1989, p. 62 et Quack 1996, p. 308 b, cité infra, n. 43) : ỉw Ḏḥwty ʿpr m ḥkȝw.f ḏbȝ m ȝḫw.f r šn tȝ mtwt, « Thot est venu pourvu de sa magie, équipé de ses formules magiques, pour exorciser le venin » ; en III, 6, le dieu dit à l’adresse du venin : mỉ pr ḥr tȝ ỉnk Ḏḥwty smsw sȝ Rʿ, « Viens, sors à terre ! Je suis Thot l’aîné, le fils de Rê. »
Sur le rôle de Thot dans le combat contre les animaux venimeux, cf. Djed-Ḥer, p. 50, n. 2 ; Sauneron 1989, p. 61-62, § 43 b (1) et 107, § 79 c (2).
P. Chester-Beatty VII vo, 5, 2, Gardiner 1935, pl. 37 et p. 64. L’épithète nb spty, maître des lèvres, attribuée à tort à Sia dans LGG VI, 165, K.b), concerne en réalité Anubis, cité précédemment dans le même texte (P. Chester-Beatty VII vo, 3, 1). Toutefois la bonne référence à Sia comme nb pȝḏ, « maître de la jambe », se lit dans LGG III, 629b.
Sur l’usage de la filiation « fils de » (valable pour le féminin), pour exprimer un simple lien de descendance avec un ancêtre, cf. Herbin 1988, p. 109.
Wḏ écrit wȝḏ : sur la confusion entre les signes hiératiques
et
, cf. Lenzo-Marchese 2007, p. 126, i et n. 378.
La séquence wḏ.n Rʿ r ḫsf.k ... est absente des deux autres versions. Selon toute vraisemblance, Rê, identifiable au « dieu grand » précédemment mentionné (Berlandini 2002, p. 125, n. 104), intervient pour repousser l’agent venimeux défini ici comme « ennemi » et assurer la protection d’Horus. Il est par ailleurs celui qui ordonne de faire un carnage contre « l’ennemi » dans Djed-Ḥer, l. 118-119 et 135. S’il est défini, avec Ptah, comme le créateur du poison, il a aussi comme lui la capacité de l’anéantir (ʿḫm) dans le P. BM EA 10309, I, 9 et socle Behague, formule VIII, p. 40, cf. Leitz 1999, p. 23 et 26.
Écrit
; P. BM 9997, VI, 3 :
; Djed-Ḥer 149 :
. Sur Šp(t)-ỉb, cf. LGG VII, 68c-69a. Dans Metternich 188-190 = socle Behague, formule IV, c 1-[2] (épisode de l’enfance d’Horus à Bouto), la question de la nature de l’animal venimeux est posée : smwn rf ḏȝrt ḥr ḏdm.f ʿwn-ỉb ḥr ḫwn.f, « Peut-être qu’un scorpion l’a piqué, que le serpent-ʿwn-ỉb l’a mordu. »
Cf. Metternich 61 = socle Béhague, formule I, p. 17 = statue Moscou I.1.a.5319, 80, Panov 2014, p. 36 (ligne 80), à propos d’Isis à qui Geb a donné son pouvoir magique r ḫsf mtwt m sḫm.s, « pour repousser le venin de son pouvoir », et comparer la variante r ḫsf mtwt m ȝt.s, « pour repousser le venin dans son moment d’attaque (la morsure) », restituée d’après d’autres versions dans P. MMA 47/218.138, VIII, 2-4, Goyon 2012 p. 46, en complétant les parallèles cités p. 47 avec les références fournies par Panov (p. 48). Pour l’expression ḫsf mtwt, cf. aussi infra, fragment C, x+5 ; P. BM EA 9997, VI, 3 ; P. Turin CGT 54051 ro, II, 8 et IV, 10 (Roccati 2011, p. 68, 8 et 70, 10) ; etc. Sur le « pouvoir » du venin, cf. Djed-Ḥer, p. 19, n. 1. Pour sḫm en tant que verbe, cf. stèle BM 190, 24-25 (Osing 1992, p. 477 et pl. XXX) : n dỉ.k sḫm mtwt m ḥʿw.f, « tu ne permettras pas que le venin ait pouvoir sur son corps » ; P. Brooklyn 47.218.138, x+III, 10 : nn sḫm mtwt m ḥʿwt.f n nḏr hh.s ỉm.f = socle Behague, formule VIII, h 15 : n sḫm mtwt m ḥʿw.f n nḏr hh.s ỉm.f, « le venin n’aura pas pouvoir sur son corps, et sa flamme ne le saisira pas » ; P. Brooklyn 47.218.45+85, III, 3 (Sauneron 1989, p. 61, et Quack 1996, p. 308 b) : ỉw Ḏḥwty ʿpr m ḥkȝw.f ḏbȝ m ȝḫw.f r šnt tȝ mtwt nn sḫm.t (pour sḫm.s) m ʿt nb n mn ms.n mnt, « Thot vient, pourvu de sa magie, équipé de ses formules, afin d’exorciser le venin, de sorte qu’il n’ait pas pouvoir sur un tel né d’une telle. » En relation avec le venin, le verbe ḫsf peut aussi avoir le sens de « (se) retourner », normalement formulé à l’impératif ; cf. infra, fragment B, x+1 et n. 144.
Sur le sens du verbe šp dans ce contexte, cf. Djed-Ḥer, p. 11-12, n. 5. Il s’agit ici pour le venin de s’écouler pour mourir, cf. Metternich 8 ; P. Brooklyn 47.218.138, x+III, 1, 2 et parallèles (Goyon 2012, p. 20-21) : šp.t tȝ mtwt mỉ.t pr ḥr tȝ, « Écoule-toi, ô venin, viens, sors à terre ! » Même formulation dans P. Brooklyn 47.218.45+85, II, 20 (Sauneron 1989, p. 56). La traduction « tu es aveugle » dans le cas de graphie déterminée non par la bouche crachant
mais par l’œil
résulte moins d’une confusion homophonique avec le verbe signifiant « s’écouler » que de l’idée selon laquelle le venin aveuglé devient inopérant, bonne illustration dans P. Brooklyn 47.218.138, x+VI, 10-11 = Metternich 3-4 : šp.t (
) tȝ mtwt (...) šp.t (
) nn mȝȝ.t, « Écoule-toi, ô venin (...), écoule-toi sans voir ! » ; x+VI, 15 : ỉỉ.n.ỉ r ḫsf.t šp.t (
) tȝ mtwt, « Je suis venu pour te repousser, écoule-toi, ô venin ! »
À propos du venin ỉr m ḫm.f, comprendre peut-être ici : sans savoir ce qu’il fait, ou dans l’ignorance de sa victime, sans connaître son identité, cf. P. Brooklyn 47.218.45+85, V, 10-11 (Sauneron 1989, p. 108) : mtwt [pr] n mn ms.n mnt mỉ psḥ.k m ḫm.k, « Venin, [sors] d’un tel né d’une telle, puisque tu (l’)as mordu dans ton ignorance. » Aucun rapport donc avec la perte de conscience (ḫm) dont souffre la victime d’une morsure (Sauneron 1989, p. 128, n. 1 ; Goyon 2012, p. 27, n. 5).
Écrit
, graphie probable de ḳn (ỉr, wd —, Wb V, 48, 3).
La suite immédiate de n hb est en lacune dans les deux versions (Djed-Ḥer, l. 150 :
; P. BM EA 9997, VI, 4 :
) ; Leitz 1999, p. 16 : « without sending out … -snake ».
šd est d’un usage fréquent dans les exorcismes du venin, cf. Wb IV, 561, 21 ; Metternich 8 ; Djed-Ḥer, l. 118, 150, 151, 178 et p. 76, n. 6 ; Leitz 1999, p. 16, n. 87 ; Sauneron 1989, p. 54, (3) ; cf. aussi infra, Lignes 4-[5].
Kȝ + r, cf. ligne 5, la construction similaire kȝ.tw n.k + r. Noter ici la forme
du percnoptère
graphié
dans le substantif hh (l. 10), face à
(l. 1),
(l. 5) et
(l. 9).
Le signe
laisse peu de doute sur la transcription
. Rien qui évoque l’une ou l’autre des deux versions parallèles. Traces indistinctes au-dessous de lui (signe
?). Un rapport avec ḫpry comme désignation de serpent est peu probable (Wb III, 267, 11), de même comme graphie du théonyme Ḫprỉ (LGG V, 713c ; Borghouts 1971, p. 142, n. 333 : « this Chepri-snake »). Il semble s’agir ici d’un terme féminin, suivi comme dans les autres versions de l’épithète wr[t]. Une graphie Tpt commençant avec
= t <tȝ (Fairman 1943, p. 230 no 199 et 272, LIV) n’est pas confortée par les traces subsistantes.
Cette lecture Nḥb-kȝ se déduit du trait horizontal noir au-dessous de tm.k écrit en rouge, et dans lequel il convient de voir la fin de la queue d’un serpent, cf. l. 3 dans le mot ʿḥʿ où le déterminatif
est aussi de forme horizontale très allongée. Du n attendu après ʿḥʿ il ne reste qu’une trace dans la partie supérieure gauche de la queue du serpent. La nécessaire restitution de ỉr, transcrit ici
(plutôt que
) laisse à penser que le tracé de cette queue se poursuivait au-dessous de ce groupe.
Cf. n. 54.
Texte corrompu. On lit :
. Comprendre comme proposé dd bȝw.k dd ḫʿw[.k], avec antéposition inexplicable (un modèle en colonnes ?) du pluriel
devant
pour
et
.
Tp(y)t wrt : LGG VII, 397c-398a. La leçon Niwt wrt du P. BM EA 9997, qui n’offre pas de sens dans ce contexte, résulte probablement d’une confusion graphique entre le signe de la tête
et celui de la ville
. Cette « grande Première », est une désignation littérale du « grand uræus » (Wb V, 293), défini dans le papyrus magique de Londres et de Leyde (XII, 16) comme « le grand de magie, l’uræus divin » ; cf. Griffith, Thompson 1904, p. 90.
Sur le dieu serpent Nehebka dans la littérature magique, cf. Goyon 1975, p. 386, n. 2.
Sens incertain dans ce contexte. Sur nḥb (Wb II, 291, 7-13), cf. Caminos 1954, p. 426 ; Meeks 1981, 78.2173.
Sur Horus comme victime des animaux venimeux, cf. Koleva-Ivanov 2005, p. 59-73.
Écrit
. La référence à Djed-Ḥer est la seule fournie par le Wb (IV, 92, 14), avec le sens supposé de « sich aufbreiten » qu’on peut attendre d’un poison diffusé dans un corps ; en l’occurrence il ne semble pas exact, comme le laissent deviner d’autres attestations du mot. Les variantes
et
fournies par la version antérieure du P. BM EA 9997 permettent une traduction plus précise et mieux adaptée au contexte. Le Wb (IV, 239, 5-6) cite deux exemples tirés du temple de Médinet Habou, écrits
et
(KRI V, 33, 5 et 64, 12) avec le sens de « capturer », « prendre au piège » des animaux (dans : m, m-ẖnw). Pour évoquer un venin « retenu » ou « enfermé » dans un corps, le choix du verbe sḫbḫ correspond donc parfaitement, et c’est probablement l’idée exprimée aussi dans Djed-Ḥer avec le verbe
. Cette graphie apparaît donc comme une altération tardive d’un ancien sḫbḫ à la suite d’une métathèse graphique assez fréquente dans le groupe
entre le
et le
. Sous la forme
, le mot est encore mentionné dans un passage malheureusement incomplet du P. BM EA 9997 (VII, 4-6, cf. infra, Ligne 18) évoquant l’agression d’Horus par le serpent-nbsty dont il est dit : sḫbḫ.n.f r wnm [...]. L’idée semble être qu’après avoir marché sur la queue du serpent, celui-ci a « enfermé » le jeune dieu, « retenu », voire « capturé » (en l’enlaçant ?), ce qui suppose la restitution après le verbe du pronom dépendant wỉ (c’est Horus qui parle). La traduction de C. Leitz (1999), p. 19 « it coiled itself up to eat [...] », fait implicitement référence au verbe sbḫ « umschliessen » du Wb IV, 91, 13 et 16.
LGG I, 561c.
LGG VII, 175a.
ḏȝy, « opposant », terme fréquent dans la littérature magique.
Cf. supra, Lignes 3[-4], où ce passage est cité.
Meeks 1981, 78.32.80.
Sur la lecture, cf. Djed-Ḥer, p. 76, n. 14.
Sur l’usage du verbe ṯtf à propos du venin (Wb V, 412, 18), cf. Djed-Ḥer, p. 76, n. 15 ; P. BM EA 10309, II, 18.
Sur pnw, « souris » ou « rat » , cf. Meeks 2012, p. 537, n. 193.
On notera l’aspect particulier du déterminatif
, figurant la partie supérieure d’un oiseau au bec non crochu et dont les plumes du cou sont hérissées (pour exprimer l’idée de peur ?). L’image est censée correspondre ici au hiéroglyphe
(tête de vautour, Gardiner H 4, et Pal II, no 231, rendu
dans la version parallèle du P. BM EA 9997, VI, 8 et
dans le même manuscrit, VII, 5. Pour une tête de vautour similaire mais non identique, cf. Jurjens 2021, p. 194, fig. 10.
Ce mot de genre féminin, peu attesté (une liste incomplète dans Arpagaus 2009, p. 19, n. 3), dérive probablement du verbe *pȝg, « s’accroupir » qui évoque l’attitude caractéristique du batracien ; cf. Mathieu 2004, p. 381. Largement amputé dans le fragment de l’Ifao (
), il est écrit
dans le P. BM EA 9997, VI, 8, seul exemple connu de cette graphie sous l’influence phonétique du verbe pgȝ déterminé par les bras
(Wb I, 562, 1-7), avec la présence guère explicable d’un
(de valeur n ?, cf. Drioton 1943, p. 330). Pour la graphie
dans la copie de Djed-Ḥer incluant un n, cf. Leitz 1999, p. 17, n. 93 ; Wilson 1997, p. 378. Il s’agit d’une graphie de pȝgg(t), avec l’alternance bien attestée n/ȝ, sur laquelle cf. de Meulenaere 1988, p. 237 (c) ; Watson 1980, p. 41-57 ; Vernus 1986, p. 142 (k) ; Peust 1999, p. 127-132. Curieusement, la leçon de Djed-Ḥer conserve à la fois le n et le ȝ.
Écrit ici
, le mot nhd (< n + hd, Ward 1979, p. 230, 1) est signalé par le Wb (II, 288, 4) en relation avec les vaisseaux-mtw, avec une référence au P. Ebers 855h (= 100, 21) où il est graphié
). Bien connu comme verbe signifiant « trembler » (Meeks 1981, 78.2163), le terme a été depuis longtemps rapproché de l’intensif nhdhd de même signification (Wb II, 288, 8, « zittern »). La version de Djed-Ḥer lui substitue nhp, un verbe mentionné dans GrMed I, p. 47 à propos des tremblements des vaisseaux, comme terme comparable à nhd. Pour un sens transitif de nhp en rapport avec le venin, cf. Metternich 29 : nhp.n.f tȝ mtwt r tȝ, « (Khonsou), il a précipité à terre ce venin » ; var. Djed-Ḥer, l. 173-174 (Khonsou de Thèbes), nhp.n.f tȝ mtwt nty m ḥʿw nb n mỉwt tn, « il a précipité (à terre) ce venin se trouvant dans chaque membre de cette chatte ». On le trouve aussi comme participe à valeur adjectivale, cf. Djed-Ḥer l. 118 = Kakosy 1999, p. 44, col. 7 = Panov 2014, p. 65 (var.) : šd.k n.ỉ tȝ mtwt nhp ntt m ʿw nbw n s pn ntt ẖr-dmt, « Tu chasseras pour moi ce venin jaillissant qui est dans tous les membres de cet homme victime d’une morsure » ; Panov 2014, p. 36 : ḫsf ḫt ḥȝ.t tȝ mtwt nhp <...>, « tourne-toi, arrière, ô venin jaillissant <...> ».
mswʿʿw. Sous l’influence de la graphie
dans P. BM EA 9997, VI, 8, Christian Leitz (1999, p. 17, n. 94) reconnaît dans cette désignation « the young of the … ?...-fowl (?) », isolant ainsi un substantif pluriel ʿʿw désignant un oiseau non identifié. Cette option est suivie par Jocelyne Berlandini (2002, p. 127, n. 136), et plus récemment par Stefan Bojowald (2010, p. 260-262) pour qui il s’agit d’une graphie métathétique de ʿwʿ attesté dans les Textes des sarcophages (Meeks 1981, 78.0663) ; E. Jelínková-Reymond (1956, p. 77, n. 2), voit dans
le mot msyt (Wb II, 143, 3 : « Art Wasservögel ») une identification contestée depuis par Bernard Mathieu (2004, p. 382, no 14).
: apparemment un hapax, cf. Wb IV, 161, 12 (« ein kleines Tier ») ; Wassell 1991, p. 99.
La terre, ici quasi divinisée malgré son absence de déterminatif dans ce passage (cf. LGG VII, 334b-c), doit naturellement sa désignation de « père » à son identification à Geb. Dans une précédente incantation (P. BM EA 9997, III, 14), il est fait état d’une lamentation d’Isis : ỉỉ n.ỉ ỉt(.ỉ) tȝ (écrit
) mwt.ỉ Nwt, « venez à moi, (mon) père Terre, ma mère Nout ». Dans un contexte différent, la graphie
se lit dans le P. Brooklyn 47.218.138, x+XVI, 21 où elle est interprétée par Jean-Claude Goyon (2012, p. 121 et 123, n. 17), comme une abréviation de Tȝ-tnn, hypothèse improbable dans le cas présent.
Écrit
; cf. la graphie au singulier
un peu plus bas (P. BM EA 9997, VI, 11) ;
(P. BM EA 10309, II, 13 et ostracon DeM 1681, x+5 (après correction).
Bien que les déterminatifs soient en lacune partielle dans le P. BM EA 9997, on y reconnaît le bras armé
au-dessus duquel devait figurer le signe
. Passage corrompu dans Djed-Ḥer, lu
et précédemment
dans l’édition de Georges Daressy (1919, p. 137, l. 33-34). Bien que mutilé, le groupe
se devine nettement sur le fragment IFAO H 88. Sur le sens « ouvrir » sans complément d’objet, cf. Wb I, 312, 7-8.
Et non sȝt.k (Leitz), cf. infra, n. 110.
Les graphies de dbt, au singulier
(Djed-Ḥer) ou au pluriel
(P. BM EA 9997), permettent théoriquement plusieurs traductions. Excluant ici une référence à un « bloc » de divers matériaux, on pourrait envisager ici le mot dbt définissant une boîte, un coffre (Wb V, 434, 7 ; Janssen 1975, p. 203-204 ; Meeks 1980, 77.5013, et 1982, 79.3544). Une graphie de ḏbȝt désignant un sarcophage serait aussi concevable. La présence du verbe wn, « ouvrir » n’exclut pas en effet théoriquement une désignation du coffre ou du sarcophage. On notera toutefois que dans Djed-Ḥer, la graphie du mot dbt écrit
(
pour
?) se distingue bien de ḏbȝt, « sarcophage », toujours écrit
(l. 80, 87 et 137). Par ailleurs, la mention d’un sarcophage n’offrirait guère de sens ici. Un autre terme homographe, ḏbt, désignant la brique (Wb V, 553, 7 –554, 17), correspond davantage au contexte et pourrait faire plus précisément référence ici à un mur en brique (Harris 1961, p. 30) comme lieu d’habitation du serpent. Un passage des Textes des Pyramides (246a), cité supra (Lignes 4-[5]) va dans ce sens : le serpent y est traité de ỉššw ỉnb ḳȝʿ ḏbt (
), « celui que crache le mur et celui que la brique vomit », référence probable à son repaire constitué de murs en brique ; cf. Sauneron 1989, p. 137, n. 4.
Tel qu’il apparaît dans la copie de E. Jelínková-Reymond, le groupe
est à l’évidence corrompu. Selon toute vraisemblance, on doit y reconnaître, à la lumière des autres versions, le pronom dépendant tw auquel succèdent le signe
(valeur ỉt), la corbeille à anse
puis le signe de la terre
.
Graphie corrompue
selon la copie de E. Jelínková-Reymond (1952, p. 72) ; Daressy 1919, p. 137 (l. 34) :
. Lecture restituée mwt.k probable, qui répond ici à ỉt.k.
Écrit
.
Traduit « down on your face » par Adolf Klasens (1952, p. 54). Pour la construction et le sens de ḥr ḥr + suffixe, avec probable élision du verbe ḫr, « tomber », cf. Borghouts 1973, p. 141 et n. 2 ; Meeks 1982, 79.2013 ; Ogdon 1989, p. 66 ; Kucharek 2010, p. 273-274 ; Quack 2018, p. 56, n. 119. L’incantation ne s’adresse pas ici au scorpion en tant qu’animal venimeux, mais au venin personnifié, une particularité non relevée par A. Klasens dans son commentaire (1952 p. 81, b 4).
Ce terme ʿḫm est fréquemment utilisé métaphoriquement dans des expressions telles que ʿḫm sḏ / ḫt / hh / tȝw pour exprimer l’extinction de la chaleur ou de la brûlure suscitée par la piqûre ou la morsure d’un animal venimeux (cf. n. 97). Pour son usage direct avec le venin-mtwt, cf. van de Walle 1972, p. 77 (p).
Même fonction de l’eau du Noun, cf. Koenig 2005, p. 91-92, citant le passage de la formule VIII, h 31-32 du socle Béhague (Klasens 1952, p. 44 et 61).
st štȝt (écrit
) : une désignation vague et ambiguë dont l’identification est incertaine. Dans un contexte différent, on la retrouve dans la formule V du socle Behague à propos d’Isis mnḫt mdt m st štȝt, « au discours excellent dans la place secrète ». Plusieurs versions parallèles (listes dans Perdu 2013, p. 103 et Panov 2014, p. 48, donnent la variante st štȝw. Cette « place secrète » est encore mentionnée dans le P. Brooklyn 47.218.138, x+III, 17, dans un contexte lacuneux, cf. Goyon 2012, p. 26.
L’emploi de la préposition ḥr après ḫtḫt, duplicatif de ḫt, «reculer » (Wb III, 353, 13 – 354, 5), semble ignoré des dictionnaires. On peut hésiter ici entre les sens de « reculer sur » ou « reculer de ». Pour l’usage du mot en rapport avec le venin, cf. P. Brooklyn 47.218.48 + 85, V, 1 (Sauneron 1989, p. 105 et 107 [11]) ; Metternich 85.
Dans la version de l’IFAO, ligne 8, le groupe
ne permet pas d’y reconnaître la fin du mot ʿḏ pourtant attendu à cette place (on aurait une disposition
des signes initiaux). Elle ne peut correspondre ici qu’au substantif šʿd
. C’est donc la totalité de la séquence ỉw.k n ʿḏ qui est omise dans cette version.
C’est ce même verbe psg qui est évoqué dans l’action d’Horus vis-à-vis du venin, cf. P. Brooklyn 47.218.138, x+VI, 10 et parallèles (Goyon 2012, p. 36 et 157-158). Pour l’idée exprimée dans ce passage, cf. P. Bremner‑Rhind, XXVI, 17, dans une imprécation contre Apophis : pgs.tw ḥr.k tnw sḫȝ.tw.k, « On crache sur toi chaque fois que tu es évoqué. » Pour les crachats sur le venin, cf. aussi Massart 1957, p. 180 ; Ritner 1997, p. 85-87.
Sur cette incantation, cf. aussi P. Brooklyn 47.218.138, x+III, 1, 2 ; la stèle Genève E 925 en fait une formule conclusive ; cf. Gasse 2004, p. 28 et 33 (ay).
De msw il ne subsiste plus que le début du signe
, ce qui impose de considérer ʿnḫ comme un verbe, contrairement à la version de Djed-Ḥer. On ne peut exclure toutefois une possible omission de la préposition n. Sur les enfants de Serqet, cf. Sauneron 1989, p. 19 (8) ; LGG III, 427c. Compte tenu de sa nature, il devrait s’agir de scorpions, mais la déesse étant aussi mère du serpent Bṯt-ḥnp, plusieurs sources considèrent les msw Srḳt comme des serpents, définis ici comme ỉmyw ỉȝt.sn, « ceux qui sont dans leur butte » (LGG I, 260c-261a). Ces enfants agissent contre Horus (P. Brooklyn 47.218.138, x+III, 19). On notera l’ambiguïté de la désignation ỉmyw ỉȝt.sn qui peut aussi s’appliquer aux vaisseaux-mtw (graphie différente du venin-mtwt), dont la forme sinueuse évoque celle de petits serpents considérés à la fois comme vecteurs de mort à cause du venin produit par les enfants de Serqet et comme vecteurs de vie, en raison des formules magiques de la déesse et évidemment du sang qui y circule. Dans un autre passage du texte (fragment B [x+1-2 et parallèles]), il est clairement question des « vaisseaux qui sont dans leur(s) butte(s) » (mtw ỉmyw ỉȝt.sn). Sur la relation entre la vie et « ceux qui sont dans leur(s) butte(s) », cf. P. Brooklyn 47.218.138, x+IV, 10 (Goyon 2012, p. 28) : ỉḫ ʿnḫ ỉmyw ỉȝt.sn ʿḥʿ r.k Ḥr m ʿnḫ, « Alors ceux qui sont dans leur(s) butte(s) vivront. Dresse-toi donc, Horus, en vie ! » Pour Serqet pourvoyeuse de vie, cf. P. Brooklyn 47.218.138, x+IV, 7 cité infra, et x+IV, 11 (cf. fragment C, x+3) ; aussi Metternich 181-183 : ỉw n.ỉ st rḫt m nỉwt.s rpʿtt ww.s ỉw.s n.ỉ r.s ẖr ʿnḫ mḥ ỉb.s ỉrw ḥr ḫt.s, « Une savante dans sa ville est venue à moi, princesse dans sa région ; elle est venue à moi, porteuse de vie, le cœur entièrement rempli de son art. » Comme désignation de l’habitat des serpents, cf. Borghouts 1971, p. 64, n. 90.
La restitution [nṯr]t est favorisée par la présence du démonstratif tn, peu attendu après le théonyme Srḳt implicitement désignée ici. Quatre autres occurrences de nṯrt tn se lisent dans le P. BM EA 9997, II, 1, 9, 14-15 et 16.
Peut-être rien dans cette lacune.
La circulation du venin et l’inflammation qui en résulte vont de pair, cf. ostracon DeM 1046, 6-8 (Rouffet 2009, p. 1) : mỉ ḥr tȝ nn pḫpḫ (
) tȝ mtwt mỉ ḥr tȝ nn ptpt (
) m ʿwt nb n mn ms.n mn[t], « Viens à terre sans circuler, ô venin, viens à terre sans mettre le feu dans aucun membre d’un tel né d’une telle » et le parallèle partiel P. Turin CGT 54051 ro (= 1993), II, 9-10 (Roccati 2011, p. 68) : mỉ ḥr tȝ n pḫpḫ m ʿwt nb(t) n mn ms n mnt, « Viens à terre sans circuler dans aucun membre d’un tel né d’une telle. » On peut ajouter P. Turin CGT 54052 ro, III, x+5 (Roccati 2011, p. 83) : mỉ ḥr tȝ nn pḫpḫ (
) [...], « Viens à terre sans circuler [...] » ; P. BM EA 10309, I, 1 : [...] nn pḫpḫ.k (
) m ʿt nb(t)n mn ms.n mnt, « [...] tu ne circuleras dans aucun membre d’un tel né d’une telle. » Le sens admis de ptpt, « piétiner » (Wb I, 563, 9-16 ; Koenig 1982, p. 289-290 [k]), suivi dans l’ostracon DeM 1046 de la préposition m, ne convient guère dans cette séquence où le mot est déterminé du signe de la flamme et non des jambes. En rapport avec le venin, on trouve encore ce verbe dans Metternich 4 et parallèles (cf. Perdu 2013, p. 110, n. x et Panov 2014, p. 48) : n ṯs.t r ḥrt ptpt.t r ẖr(t), « tu ne t’élèveras pas vers le ciel, (mais) tu t’écraseras sur le sol », probable référence à l’impossibilité de « monter » (dans le corps, cf. n. 167 pour les différents usages de ʿḥʿ), et pour la notion de bas (pour définir le sol), cf. socle Behague, formule VIII, h 21 (Klasens 1952, p. 42) : ʿn.t mtwt hȝ r ẖrt, « retourne-toi, venin, tombe sur le sol ! » ; aussi formule V, p. 37, g 8-9 (Klasens 1952, p. 37) : nn ṯs.t r ḥrt [hȝ].t r ẖrt, « tu ne monteras pas vers le firmament (mais) tu tomberas sur le sol » ; P. Boulaq 6, ro, VI, 5 (Koenig 1981, p. 67) : tȝ mtwt hȝb tw r ẖrt, « ô venin, tombe sur le sol ! » ; VII, 1-2 (Koenig 1981, p. 73) : ptr {ỉ}mỉ r-bnr tȝ mtwt {ḥr} ? hȝy r ẖrt tȝ mtwt nty m ỉb Rʿ, « vois, sors, ô venin ! Tombe sur le sol, ô venin qui es dans le cœur de Rê ! » ; sur la joie générale résultant d’une descente au sol du venin, donc de son inefficacité et de sa mort, cf. P. Brooklyn 47.218.138, x+III, 13 (Goyon 2012, p. 23) : ỉr ỉw tȝ mtwt r ẖrt wnn rȝw-prw m ḥb, « si le venin se dirige vers le sol, les sanctuaires seront en fête », et pour l’idée, x+VIII, 23-24 (p. 45). Dans le cas présent, le verbe
semble bien être un hapax mais il exprime, concernant le venin, l’idée double de circulation et d’inflammation. Déterminé par un couteau, il traduit celle de destruction (Wilson 1997, p. 379-380). Sur l’usage du verbe ptpt dans ce contexte, cf. Schwechler 2014-2015, p. 134-136. On notera aussi qu’au couple pḫpḫ/ptpt correspond dans le P. BM EA 9997 et la statue de Djed-Ḥer le couple pḫpḫ/ʿbḫḫ, ce dernier terme étant analysé par C. Leitz comme une variante de bḫḫ (« glühen », « brennen », Wb I, 472, 1) et traduit (avec un doute) ; « without inflaming » (Leitz 1999, p. 17, n. 103). Il s’agit alors évidemment ici de brûlure suscitée par le venin (pour l’emploi de bḫḫ dans ce contexte, cf. statue Louvre E 10777, 3-4, citée infra, fragment B, x+2). Graphie tronquée dans P. BM 9997 VI, 12 ; Djed-Ḥer l. 154 :
. Pour pḫpḫ, cf. aussi Rouffet 2009, p. 4-5 ; P. Genève MAH 15274 ro, VI, 7 (Massart 1957, p. 179 et pl. XXXIII et Bojowald 2003, p. 14) : ỉw(.ỉ) n.k m ỉỉt n ʿḫy n pḫpḫ n ḏrt, « (Je) suis venu à toi comme arrive l’oiseau-ʿḫy, comme circule le milan. »
Écrit
, d’où la possibilité d’un pluriel non marqué rendu dans les traductions des formules parallèles. Sur les variantes graphiques du mot dans ce texte, cf. supra, n. 73.
La restitution de J.-C. Goyon (2012, p. 27) : Srḳt, est infondée. Mêmes titres de la déesse dans P. BM EA 10309, II, 16, cité infra, fragment B, x+3.
Restitution ḥr nb d’après le parallèle du P. BM EA 10309, II, 16, cf. Quack 2011, p. 414 et fragment B, x+3.
Suffixe restitué d’après les parallèles. Pour la graphie vocalisée
du substantif hh, non rencontrée par ailleurs, cf. la forme
dans P. Anastasi II, III, 3, peut-être le copte ϩⲁϩ selon Osing 1976, p. 252 (cf. CDD lettre H, p. 96). Sur la forme spéciale du
hiératique, cf. supra, n. 49. Bien que, d’après les parallèles, un suffixe de la 2e personne du féminin soit attendu après le substantif hh, ce qui semble être un sous le signe de la flamme
en est probablement la partie inférieure, cf. Pal. II, no 394 ; P. BM EA 9997, II, 9 (Leitz 1999, pl. 2) ; voir aussi, par ex., P. BM EA 9997, VI, 12 (Leitz 1999, pl. 6), où la flamme est suivie du suffixe .t écrit
. Ce suffixe est donc à restituer à la l. 10. Un doute subsiste cependant pour certains documents d’époque tardive, cf., par ex., Goyon 2002, pl. III, 3 ; IV, 5.
Cf. aussi Metternich 8 : šp.k ḫft(y) ʿn.t tȝ mtwt, « Écoule-toi, ennemi, retourne-toi, ô venin ! »
Bien que non relevé par le Wb, le déterminatif de l’homme armé dans le mot ʿḫm est d’un usage assez fréquent, cf. ostracon DeM 1603, 6 (Posener 1980, pl. 51) ; P. BM EA 9997, III, 7 ; VI, 12 ; P. BM EA 10042, VII, 2 ; P. Brooklyn 47.218.138, x+III, 1, 2, 3 ; x+VII, 16 ; etc. Pour l’usage de ce terme en rapport avec le venin, cf. supra, n. 81.
Du mot en lacune, probablement dr (d’après les parallèles), il ne reste plus que le déterminatif
; šd est plus rare mais aussi possible, cf. P. Genève MAH 15274 ro, VI, 9 : šd.ỉ tȝw(.t) ʿḫm(.ỉ) hh.t, « J’écarte ta brûlure, (j’)éteins ta flamme. »
Sur la « brûlure », le « feu » du venin à chasser, cf. Djed-Ḥer, p. 19, n. 3 ; P. Brooklyn 47.218.48+85, II, 25 (Sauneron 1989, p. 57), où est évoquée la « brûlure de tes flammes » (tȝw n hhw.k) ; P. BM EA 9997, II, 9 (tȝw n hh.s) ; statue Naples 1065, Kákosy 1999, p. 132, col. 9-10 ([r ʿḫm] tȝw.s r dr hh[.s]).
sȝḳ.t mỉ ỉnr : l’image est unique ; on peut lui comparer l’expression sȝḳ snṯr pour désigner l’encens congloméré (cf. Quaegebeur 1993, p. 29-41, en particuier p. 41-43).
Restituer tȝw d’après la leçon du P. BM EA 9997, plutôt que mtwt (Djed-Ḥer, p. 73). Le texte s’adresse au venin.
Un parallèle partiel et très lacuneux se lit au P. BM EA 10309, I, 9-11, Leitz 1999, pl. 9.
Psḏt est considéré comme un substantif collectif et repris par un pronom au pluriel : Barucq, Daumas 1980, p. 88, m ; Assmann 2005, p. 102 ; Lorton 1994, p. 171 ; Kucharek 2010, p. 202.
Restitutions d’après un discours similaire d’Isis à l’adresse du venin, dans P. Brooklyn 47.218.138, x+VII, 16-17 (Goyon 2012, p. 42-43), avec parallèles et variantes.
Du verbe ʿḫm en lacune seul subsiste le déterminatif
.
.
On a vu (supra, n. 91) qu’un substantif écrit
et désignant le sol est mentionné dans les imprécations contre le venin, mais l’absence de contexte et surtout de parallèles ne permet pas d’y reconnaître le même terme.
Noter toutefois que dans un passage très voisin mais non parallèle du P. BM EA 9997 (VI, 14-15), une communauté non définie s’exprime aussi à la 1re personne du pluriel (une référence aux « deux sœurs » précédemment citées dans P. BM EA 9997, VI, 13 ?).
Sur cette séquence, cf. Müller 2002, p. 430. Pour le mot gmw, écrit ici dans sa forme féminine moins attestée gmwt, cf. Wb V, 169, 14-16 et Sauneron 1989, p. 129 (1).
Quoiqu’elle ne soit pas systématique (cf. graphie
de mwt, fragment C, x+6), la présence ici de l’œuf dans le groupe
impose une transcription
mwt et non
sȝt (Leitz 1999, p. 18 et n. 107). On retrouve ce même groupe dans P. BM EA 9997, VI, 9, cité supra, Ligne 7 ; cf., par ex., la graphie • de sȝt dans la filiation de Maât sȝt Rʿ, « fille de Rê » dans P. BM EA 10309, II, 17. L’expression snb n mwt.f n’est attestée semble-t-il que dans les documents magiques, et spécialement dans des opérations de guérison de morsures ou de piqûres d’animaux venimeux ; cf. Djed-Ḥer, p. 18, n. 10 ; aussi P. BM EA 10085, 1 (Leitz 1999, pl. 47 et Müller 2006, p. 450) : [... šm.f] snb n mwt.f mỉ šm [Ḥr snb n mwt.f] Ỉst dwȝw n psḥ[.f], « [... il marchera], guéri pour sa mère, comme marchera [Horus, guéri pour sa mère Isis, le matin où il a été mordu » (ou : comme marchera Horus vers sa mère Isis, une fois guéri, cf. infra) ; P. Genève MAH 15274 ro, V, 6 (Massart 1957), p. 179 et pl. XXXI = P. Turin CGT 54051 vo, III, 5 (Roccati 2011, p. 76 : ʿḥʿ nty psḥ {n} snb n mwt.f mỉ ỉr.n Ḥr snb n mwt.f Ỉst grḥ n psh.f, « Celui qui a été mordu se lève, guéri pour sa mère, comme a fait Horus, guéri pour sa mère Isis, la nuit où il a été mordu », var. P. Turin CGT 54051 vo, III, 13-IV, 1, à propos d’un berger (mnỉw) victime d’une morsure : ʿḥʿ.f snb n mwt.f mỉ ʿḥʿ Ḥr snb n mwt.f grḥ psḥ.f, « Il se lève guéri pour sa mère comme se lève Horus guéri pour sa mère, la nuit où il a été mordu » ; Djed-Ḥer l. 30 (cf. statue Turin 3030, Kakosy 1999, p. 73, col. 9) : dr.n(.ỉ) ḏw nb r.f ʿḥʿ s pn nty ẖr dmt snb n mwt.f, « J’ai écarté tout mal de lui et cet homme victime de morsure se lève, guéri pour sa mère. » Au terme de la 5e d’une série de formules pour exorciser le scorpion (rȝw nw šn ḏȝrt), gravées sur la statue Caire JE 69771 (Drioton 1939, p. 74 = KRI V, 263, 6), prend place la sentence [ʿnḫ Ḥr] snb n mwt.f Ỉst, « [Horus vivra,] guéri pour sa mère Isis ». On en trouve six mentions sur la stèle Metternich où sont évoqués en parallèle Horus et sa mère Isis, puis la victime de morsure et sa propre mère (l. 236-237 ; 239-240 ; 241-242, sous la forme r snb Ḥr n mwt.f Ỉst, r snb ẖry dmt n mwt.f ; mais il arrive que le nom de la mère de la victime ne soit pas évoqué (l. 243-244 et l. 245 citée supra, n. 36) ; statue Moscou I.1.a.5319, 82, Panov 2014, p. 37 : kȝ snb s pn nty ẖr ḏbʿw.(ỉ) n mwt.f mỉtt, « Cet homme qui est sous mes doigts sera guéri pour sa mère également » ; statue Turin 3030, 4, Kákosy 1999, p. 72 : ʿḥʿ s ẖr ḏbʿ r-ntt ẖr(y) ḏbʿw.ỉ snb n mwt.f, « L’homme se dresse sous (mon) doigt, c’est-à-dire celui qui est sous mes doigts sera guéri pour sa mère » ; statue Moscou I.1.a. 5319, 82, Panov 2014, p. 37 : kȝ snb s pn nty ẖr ḏbʿw.(ỉ) n mwt.f mỉtt, « Cet homme qui est sous mes doigts sera guéri, pour sa mère également » ; P. BM EA 9961 vo, 48-49 (Vandenbeuch 2018, p. 189) : ʿnḫ nḫn [mwt tȝ mt]wt kȝ snb Ḥr n mwt.f Ỉst, « L’enfant vivra et [le ven]in [mourra] ; alors Horus sera guéri pour sa mère Isis » ; P. Strasbourg BNU 124, 2, Pries 2020, p. 63, 64, n. 2 et pl. 13 : [... ʿwt ?].f nbt r snb Pr-ʿȝ ʿnḫ-wḏȝ-snb n mwt.f mỉtt [...], « [...] tous ses [membres] afin que soit guéri Pharaon vie-force-santé pour sa mère également. »
On peut rapprocher cette expression d’autres tournures similaires. Dans la première des formules de la statue Caire JE 69771 mentionnée plus haut (Drioton 1939, p. 67 = KRI V, 262, 4), il est dit du petit Horus (Ḥr šr) : ḥn.f snb n mwt.f, « Qu’il aille, guéri, vers sa mère ! » (à rapprocher de P. BM EA 10105, 1-2, Leitz 1999, pl. 48, nfr au lieu de snb ; pour le verbe ḥn, cf. Peust 2007, p. 67-80) ; à comparer avec la fin de la 9e formule (Drioton 1939, p. 82 = KRI V, 268, 3, sans la mention de snb) : ỉmy ỉw sȝ.ỉ Ḥr n mwt.f, « Que mon fils Horus aille vers sa mère ! » ; P. Chester-Beatty VII, ro, 4, 3-4 : mỉ.t n.ỉ šd.t nn n mrw nty m ḥʿwt n mn ms.n mnt mỉ šmt Ḥr n mwt.f Ỉst grḥ n psḥ.f : « Viens à moi, et écarte ces humeurs maladives qui sont dans les membres d’un tel né d’une telle, de même qu’Horus marcha vers sa mère Isis la nuit où il a été mordu » ; cf. aussi Metternich 220 = socle Behague, spell IV, f 6-7 (Klasens 1952, p. 28), où Thot, à qui Isis vient d’exposer son programme d’action pour la protection d’Horus (Metternich 212-219), lui répond : ỉỉ.n.ỉ m pt ẖr ṯȝw n ʿnḫ r sb(ȝ)ḳ nḫn n mwt.f, « Je suis venu du ciel porteur du souffle de vie pour faire revivre l’enfant pour sa mère » ; Metternich 246-247 = socle Behague formule IV, f 31 : ḏd.n Ỉst nṯrt dỉ.k r.f n ỉmyw Ȝḫ-bỉt mnʿwt ỉmyw P ḥn n.k n.sn wr sp 2 ḥr swḏȝ nḫn n mwt.f, « Isis la divine dit : donne des instructions à son sujet aux habitants de Khemmis, les nourrices qui sont dans Pé ; ordonne-leur fortement de protéger l’enfant pour sa mère » ; Metternich 188 : ḥḥ sp ḫp(r) nn ḥr.f ʿnḫ Ḥr n mwt.f, « Cherche la raison pour laquelle cela est arrivé, et Horus vivra pour sa mère. »
Sur l’amulette-wȝḏ n ṯḥnt, associée à Thot en tant que « maître d’Hermopolis » cf. supra, Ligne 1 et la référence à Djed-Ḥer, l. 148. Pour d’autres attestations de cette « amulette de faïence » dans un contexte magique, en rapport avec le cou (nḥbt), cf. socle Behague, formule VIII, h 9, Klasens 1952, p. 41 = Drioton 1927, p. 134 (l. 9) ; P. Brooklyn 47.218.138, x+III, [5], Goyon 2012, p. 21 ; autres mentions dans LdM ch. 125, 49 et 52 (Lepsius) ; Quack 2022, p. 62, 155 et 191 à propos des amulettes-wȝḏ.
Wb III, 340, 9.
Sur ce passage, cf. Leitz 1999, p. 18, n. 108 ; Fischer-Elfert 2015, p. 106. L’expression classique est mnḫ ḥr šs / nwt, « suspendre à une corde » (Wb II, 87, 9 ; P. BM EA 10309, II, 7) ; cf. Meeks 1981, 78.3819 ; P. Brooklyn 47.218.138, x+III, 16, Goyon 2012, p. 23 et 25), P. BM EA 10309, II, 7.
Transcription de ce passage revue par Quack 2011, p. 414. Sur le champ des sauterelles, cf. Meeks 2006, p. 67-68, n. 116.
La restitution, fondée sur le parallèle du P. BM EA 9997, n’est peut-être pas nécessaire, cf. P. BM EA 10309, II, 7 : dỉt r ḫḫ n s, « À placer au cou d’un homme. »
Pour la restitution, cf. Wb III, 153, 8 ; Roccati 2011, p. 71, 5 : m sš mȝʿ m ḥḥ n sp ; LdM (Lepsius), ch. 18, 40 : m sš mȝʿ ḥḥ n sp ; 19, 16 : m sš mȝʿt ḥḥ n sp ; 20, 8 ; 31, 12 ; 72 11 ; 89, 7 ; 100, 8 ; 101, 8 ; 125, 69 ; 134, 10 ; 144, 35 ; 148, 5, 22 ; 155, 4 ; 157, 3 : m sš mȝʿ(t) ḥḥ n sp ; P. Louvre N 3283, VII, 13 ; etc.
Sur cette formulation, cf. Quack 1996, p. 306, a.
Sur la tournure ỉ-ỉn, cf. Szczudlowska 1970, p. 75 (15, 9) ; Meeks 1980, 77.0110 ; Kucharek 2010, p. 69-70 ; Schenkel 2017, p. 231-279.
Écrit
(Wb II, 201, 5).
Traduction incertaine. Le Wb (V, 549, 23), enregistre un substantif ḏwt-ỉb avec le sens de « Traurigkeit ». Leitz 1999, p. 19 : « I (?) cause, the refusers to be deaf, those who hear with saddened heart. » Voir aussi Müller 2002, p. 431 (VI, 17).
Pour la paléographie du groupe
, cf. fragment C, x+3 dans le mot ʿwy.
Pour la formulation et sur le cri d’Horus, cf. supra, n. 6.
Dét :
; Wb III, 45, 14 (« Luft zufächeln »).
La lacune suivant le verbe ḥw est trop petite pour restituer l’expression complète ḥw ṯȝw r/n fnḏ, sur laquelle cf. el-Sayed 1975, p. 12 (m).
Ỉrk (Meeks 1980, 77.0407) rajouté dans l’interligne supérieur. Sur l’interprétation de ce passage, cf. Müller 2002, p. 431.
Après le m, vestige d’un
au-dessus duquel devait figurer un
. Pour sḫs + m, « aus einem Ort laufen », cf. Wb III, 473, 5.
Écrit
. L’expression ne semble pas attestée par ailleurs, ainsi que le substantif ỉḥw, à rapprocher probablement, à défaut d’un verbe, d’un autre substantif écrit
ỉḥw connu par une seule mention dans la sagesse de Ptahhotep (cf. Burkard 1988, p. 23), dont le sens « faiblesse » (de la vieillesse, s’agissant de Ptahhotep, mais pas nécessairement, puisqu’il s’agit ici d’une collectivité d’enfants), devra être précisé à la lumière de nouveaux exemples. Pour le mot ḏȝmw, cf. Meeks 1982, 79.3620. C’est probablement à cette collectivité que font référence les « compagnons » mentionnés ci-après.
Restitution probable. Du mot, il ne reste plus que le déterminatif
. Pour sḫs, cf. Wb III, 472, 10 – 473, 9.
Écrit
, précédé de l’article
nȝ. Peut-être selon Leitz 1999, p. 19, n. 110 une graphie de la plante à usage médical nỉȝỉȝ désignant la menthe, une mention à ajouter si confirmée à la liste dressée par Long 1984, p. 145. La plante-ỉnỉw figure parmi les remèdes utilisés pour contrer les effets d’une morsure de serpent ; cf. Sauneron 1989, p. 70 (III, 14) et 79 (III, 25). Malgré un contexte assez obscur, l’usage de cette plante pourrait expliquer sa relation avec Horus victime du venin.
Un collège divin ? Cf. n. 127. Pour le mot ḫnms entrant dans des désignations de divinités, cf. LGG V, 756b-c.
Du verbe en lacune il ne reste plus que le déterminatif
. Sur le sens général de tkn, cf. supra, n. 21. Son régime peut être transitif ou intransitif. Pour son fréquent usage en rapport avec un serpent ou son venin, cf. par ex. Wagner 2016, p. 461, l. 94 : n tkn rȝ nb psḥ ỉm.s, « aucune bouche qui mord ne parviendra à elle » ; sarcophage Louvre E 13017, Vernus 1978, p. 110 : nn tkn s(w) rȝ nb psḥ, « aucune bouche qui mord ne l’attaquera » ; P. Brooklyn 47.218.48, V, 26 (Sauneron 1989, p. 122 : nn tkn mtwt ỉm.f, « le venin ne parviendra pas en lui »).
Sur le mot, cf. Postel 2003, p. 382.
Sur ce verbe, cf. n. 58.
Le signe de la jambe se lit nettement après la lacune qui suit wnm, un verbe dont les attestations, concernant l’activité d’un serpent, manquent singulièrement (on le rencontre surtout dans le cas de remèdes à absorber par la victime d’un animal venimeux).
Sur ce verbe, cf. infra, n. 176.
Sur la comparaison du venin coulant comme l’inondation, cf. P. Chester-Beatty VII ro, 7, 8 et le parallèle avec variante du P. BM EA 10085, 9-10 (Leitz 1999, pl. 47).
. Sur le mot cf. Wb I, 159, 7 (qui lit ʿ) : « eingedämmter Kanal » ; Meeks 1981, 78.0603 ; la lecture ʿmw est proposée par Osing 1998, p. 106, n. L’image sert à illustrer la rapidité et la violence de l’attaque contre Horus.
mỉ.n, mȝȝ.n : sur le n comme marque néo-égyptienne de l’impératif pluriel, cf. Kucharek 2010, p. 339.
Sur cette lecture, cf. Müller 2002, p. 431.
Sur la graphie de snw/snwt impliquant les éléments
suivis ici des groupes déterminatifs
et
, cf. Wb IV, 150. La quasi-identité paléographique entre les signes
(Pal. II no 596) et
(Pal. II no 521) n’interdit pas toutefois la possibilité de reconnaître dans les mots
et
des collectivités masculines et féminines globalement désignées sous le substantif
(Wb IV, 512, 8-9) ; c’est l’option retenue par Müller 2002, p. 431.
Ou : mỉ[.t] « Viens », en supposant la mention d’un nom de déesse dans la lacune (Maât ?) avec deux désignations relatives à Rê (peut-être dans ce cas sȝt Rʿ sn(w)t Rʿ, « la fille de Rê, l’égale de Rê »).
. Une « sœur » de Rê pose question ici. Elle est enregistrée dans le LGG VI (374b) sans identification et sans autres références que celles du P. BM EA 9997, VII, 7 et 10309, III, 6 et 7. Pour la lecture snwt et la traduction « égale », cf. infra, n. 199.
Sur cette lecture, cf. Müller 2002, p. 431.
En dépit de sa graphie
ḫsf est probablement ici le verbe signifiant « se retourner » (dans injonction au venin : Wb III, 337, 13, citant Metternich 46 et 61) ; statue Moscou I.1.a.5319, 80, Panov 2014, p. 36), et à analyser comme un impératif.
En l’absence de toute indication concernant le début et la fin des lignes, les restitutions proposées en p. 259, tant pour le fragment B que pour le fragment C, ne préjugent pas de leur bonne répartition entre ces lignes. Les graphies suivent conventionnellement celles des P. BM EA 9997 et 10309, d’époque ramesside comme le P. IFAO H 88, mais il va de soi qu’elles ont pu être différentes dans le manuscrit original.
ʿwy.ỉ ḥr.f : cf. infra, fragment C, x+3 : ʿwy.ỉ ḥr.k [...], « mes mains sont sur toi [...] ». Sur la protection d’une victime de morsure ou de piqûre par la main d’un guérisseur placée sur elle, cf. Djed-Ḥer, p. 17, n. 6 ; P. Brooklyn 47.218.138, x+IV, 3 (Goyon 2012, p. 27) : sȝ.t pn ʿnḫ ʿwy.ỉ ḥr.f, « ce fils vivant qui est le tien, mes mains sont sur lui » ; aussi x+IV, 11 (Goyon 2012, p. 29) : ʿwy.ỉ ḥr.k nn mt.k, « mes mains sont sur toi et tu ne mourras pas » ; P. BM EA 9961 col. 33-35 (Vandenbeuch 2018, p. 189) : wȝḥ Ỉst ʿwy.s ḥr [nḫnw].s r sʿnḫ gȝw ỉḥty tȝ mtwt Dfn mỉ.t ḥr tȝ, « Isis étendit ses mains sur son [enfant] pour faire revivre celui qui est étroit de gorge (= qui manque d’air). Poison de Defen, viens à terre ! » Le geste est aussi une possible allusion au « travail des deux mains » (kȝt ʿwy) mentionné dans le P. Brooklyn 47.218.48 et 85, I, 25 (Sauneron 1989, p. 17 et 19, n. 6), lors d’une application d’onguent sur la victime d’une morsure ; cf. aussi V, 13 (Sauneron 1989, p. 110). Au lieu des mains, on trouve aussi la mention des doigts (ḏbʿw) du guérisseur, sous lesquels se trouve le patient ; cf. statue Moscou I.1.a.5319, 82, Panov 2014, p. 37, et statue Turin 3030, 4, Kákosy 1999, p. 72, textes cités supra, n. 110.
On rapprochera la dernière partie de cette séquence, en posant une équivalence entre les particules ỉḫ et kȝ, du passage P. BM EA 9997, VI, 11 et de Djed-Ḥer, l. 154, cités supra, fragment A, Ligne 9.
Écrit
. Sur les variantes graphiques, cf. supra, n. 73.
Le signe
est tronqué mais sûr. Pour cette restitution, cf. P. Brooklyn 47.218.138, IV, 10, cité supra, n. 88. Les deux mentions de ỉḫ dans P. BM EA 9997, IV, 1 et 11, dans lesquelles aucune confusion n’est possible entre les signes
et
, infirment une lecture ỉḫr (Müller 2002), p. 432.
Restitution d’après P. BM 10309, II, 11 + P. Brooklyn 47.218.138, fragment 37, 1 (Goyon 2012, pl. XVIII).
Pour bȝg, « être faible », synonyme de gnn, cf. Sauneron 1989, p. 113 (1) ; en rapport avec le cœur, cf. Drioton 1939, p. 73 ; Djed-Ḥer, p. 19, n. 2.
Plutôt qu’une construction transitive avec forme sḏm.n.f, inattendue ici (Leitz 1999), p. 29 : « I have spat out the poison », comparable pour le sens à psg.f tw, « il crache sur toi » ( Roccati 2011, p. 128), un impératif ḳȝʿ n.t est plus adapté au contexte, à l’instar de la fréquente formule šp.t tȝ mtwt, « écoule-toi, ô venin ! » (Klasens 1952, p. 40, h 4, 5 et parallèles).
Sic pour sḫsḫ.t. C’est un des nombreux verbes utilisés pour traduire la circulation ou l’écoulement du venin dans le corps ; on trouve aussi pḫpḫ (Djed-Ḥer, l. 154), ʿḳ (Metternich 58), pẖr (Sauneron 1989, p. 107 [10] ; sḳd (Sauneron 1989, p. 108 [5,10]) ; swȝ (ibid. [5,12]) ; (P. Brooklyn 47.218.138, x+III, 11) ; nmỉ (x+III, 11 ; šȝỉs (Metternich 58, cf. Klasens 1952, p. 21, cité supra, fragment A, Ligne 7) ; swtwt (P. Genève MAH 115274, IV, 5) ; wn et wsṯn (Goyon 2012, p. 38 [VI, 14-15] ; nhp (Metternich 61 et 119) peut-être aussi ʿȝʿ (+ r, Van de Walle 1972, p. 72 et 74-75 [c]). Pour le verbe sbḫ, sḫbḫ, traduisant l’état du venin enfermé dans le corps, cf. supra, n. 58.
Le mot est déterminé par le bout de chair
.
Certaines restitutions proposées dans Goyon 2012, pl. IV pour la ligne 4, ainsi que les traductions correspondantes, ne sont aucunement justifiées. L’auteur n’a pas tenu compte du fragment 37 reproduit dans la pl. XVIII de sa publication, dont la l. 4, bien que très mutilée, laisse deviner la mention du verbe
sḫsḫ présent dans le parallèle du P. BM EA 10309 ; cf. Quack 2013, p. 272.
Plutôt que [nn bȝg.t] ỉb.f (Goyon : « [... tu n’épuiseras pas] son cœur »), bȝg n’étant pas connu comme verbe transitif ; cf. Quack 2013, p. 261.
Le singulier tȝ mtwt, écrit
semble bien relever d’une confusion du rédacteur. La bonne leçon se lit au P. BM EA 10309, II, 14, citée supra. Dans l’ostracon DeM 1681, la suite du texte est malheureusement en lacune après ỉm[...] mais on doit observer que dans tous les cas, quelle que soit l’interprétation de cette fin de séquence, il est question du pluriel ỉmyw ỉȝt.sn, incompatible avec le singulier tȝ mtwt, tant pour le fond que pour la forme. Une construction génitivale (« le venin de ceux qui sont dans leurs buttes » reste dans ce contexte très improbable.
Djed-Ḥer, p. 19, n. 2 ; Lefebvre 1930, p. 93.
Avec le sens de « commander », wḏ + r suivi d’un infinitif n’est signalé dans le Wb (I, 394, 15) que pour les époques tardives. Cf. supra, p. 5, Ligne 2 : wḏ.n Rʿ r ḫsf.k, « Rê a ordonné de te repousser » ; Djed-Ḥer, l. 113 et 135 : (Rê) wḏ.f r ỉr šʿd.k, « Il a ordonné de faire ton massacre. »
Avis différent dans Quack 2013, p. 261 (x+IV, 6).
L’usage du verbe ỉṯ, écrit
, employé ici absolument, est rare dans ce contexte où il est en rapport direct avec le venin (mtwt) qui « prend possession » de sa victime ; sur cette notion, cf. Gunn 1941, p. 147-148. Pour l’association des deux termes, cf. P. Turin CGT 54051 ro, III, 7 (Roccati 2011, p. 69) = P. Chester-Beatty XI, I, 12 – II, 1 (Gardiner 1935, pl. 64, lacune partielle), à propos de Rê : ỉr s<p>ty.fy ḥr ktkt ʿwt.f nb(t) ỉsdd mtwt ỉṯ.n.s m ỉwf.f mỉ ỉṯ Ḥʿpy m ḫt.f (
), « Ses lèvres tremblaient, tous ses membres frissonnaient, le venin s’est emparé de ses chairs comme Hâpy s’empare de ce qui l’entoure. »
pour
ẖsy.t ?
Écrit
comme partout dans ce manuscrit (P. BM EA 9997 + 10309).
Écrit
. La déesse a le pouvoir de repousser le venin (ḫsf mtwt) ou son attaque (ḫsf ȝt), cf. supra, n. 43 et infra, n. 175. Le substantif ḫsft, « die Strafe, Bestrafung » (Wb III, 338, 1) ne semble pas devoir être retenu.
Le trait transversal traversant le
appartient à un mot de la ligne supérieure aujourd’hui en lacune.
Littéralement « <t’>entourer ».
Le verbe ʿḥʿ, en rapport avec le venin (d’un serpent ou d’un scorpion), peut revêtir plusieurs sens. Comme impératif (Wb I, 218, 10), mais pas exclusivement, il signifie « arrête-toi », « ne bouge pas », souvent suivi dans ce cas par l’intensif sp 2, cf., par ex., P. Turin CGT 54051 vo, II, 3 ; V, 4, 9, 10 et VI, 4 (Roccati 2011, p. 75, 78 et 79 ; P. Leyde I 349, I, 3 (De Buck, Stricker 1940, p. 56 ; P. Genève MAH 15274, III, 9 ; IV, 4, 5 ; V, 7 ; VI, 3 (Massart 1957, p. 177-179) ; P. Brooklyn 47.218.138, x+II, 9 (Goyon 2012, p. 19, dont la traduction : « Dresse-toi, dresse-toi donc » va à l’encontre du propos de la déesse). Le verbe ʿḥʿ, qui signifie « prendre place », « siéger », est couramment et justement rendu par le terme « monter », un terme qui traduit la victoire du venin sur sa victime. Inversement, à sa « descente » (hȝ) sur le sol ou à son « écoulement » (šp), fréquemment mentionnés, correspondent son impuissance et sa mort (cf. supra, n. 91). Sur l’usage de ʿḥʿ dans ce contexte, cf. P. Genève MAH 15274, II, 1-6 : nn ʿḥʿ.t m + partie du corps ; P. BM EA 10309, I, 18 : nn ʿḥʿ mtwt m ḥʿt.f, « le poison ne montera pas dans son corps » ; cf. aussi la série d’apostrophes au venin exposées dans le P. Brooklyn 47.28.138, x+VI, 19 – VII, 14 et parallèles (Goyon 2012, p. 39-41) évoquant les risques encourus s’il venait à monter (ʿḥʿ) dans les parties du corps de Pharaon, dont une longue liste est dressée.
(Wb I, 12, 4-6).
Sur la transcription du groupe hiéroglyphique, cf. supra, n. 94.
La place du suffixe masculin dans l’interligne supérieur est peut-être l’indice d’une hésitation du rédacteur. Une erreur pour le suffixe féminin est ici très probable. Le substantif ẖst, écrit ici
comme l’adjectif correspondant ẖsy, « vil », « lâche », ne peut en effet concerner que l’agresseur d’Horus, Seth (cf. LGG VI, 54a-b) ou, dans le cas présent, le venin personnifié, cf. P. Vatican inv. 38576 (ex no 36), II, 3-4 (Suys 1934, p. 71 : tȝ mtwt ẖsy nn nḫt.t šp.t nn mȝȝ.t, « Ô venin misérable, inexistante est ta force, tu es aveugle et ne vois pas » ; Metternich 4 : ẖs.t n ʿḥȝ.k, « Tu es lâche et ne combats pas. »
Ou « pour te dominer », en admettant un régime transitif (rare si avéré) de sḫm, ou simplement une omission du m : Wb IV, 248, 19-21 ; Meeks 1980, 77.38.01 ; 783758 ; Wilson 1997, p. 903.
La fin de la phrase et l’absence de la préposition r après wḏ invitent à y voir, malgré une même graphie
, un autre verbe que précédemment, à savoir ici wḏ, « commander », suivi d’un complément d’objet, celui-ci étant soit le substantif ʿḥʿ, « arrêt » (donc lecture ʿḥʿ {n}.t), soit une partie de l’expression toute faite ʿḥʿ n.t signifiant « arrête-toi », ce qui, pour le sens, revient au même. Pour ʿḥʿ avec le sens de « s’arrêter », cf. n. 167.
L’unique signe
suivant le
dans nḥm se retrouve, régulièrement dédoublé, dans la graphie
attestée dans P. BM EA 9997, II, 1 ; III, 16 ; IV, 11 ; VIII, 2 ; P. BM EA 10309, II, 17.
La ressemblance entre le signe de l’oreille et celui des jambes marchant (Pal. II, nos 158 et 120) explique la présence erronée du déterminatif
dans le mot. Il s’agit ici de la faculté de marcher plutôt que d’entendre.
Cf. l’expression plus courante ḫsf ȝt, « repousser une attaque » (l’acte et son moment), P. Leyde I 348 ro, VI, 6, Borghouts 1971, p. 21 et pl. 6 ; socle Behague formule IV, Klasens 1952, p. 35, g 4-5 et statue Moscou inv. I.1.a 5319, 114, Panov 2014, p. 50 : ḫsf tȝ mtwt m ȝt.s, « Repousser le venin dans son attaque. » Pour le sens de ȝt indiquant à la fois l’attaque (« striking power ») et l’instant où elle se produit (« moment »), cf. Gardiner 1948, p. 15.
La graphie wnḫ, concernant l’activité d’un serpent, est qualifiée de fautive selon le Wb (I, 324, 14) qui y reconnaît le verbe ḫwn, « piquer ». Avec plus de nuance, C. Leitz (1999, p. 29, n. 172) y reconnaît une possible erreur pour ḫwn ; difficile en effet de trancher ici à la lumière des rares exemples actuellement disponibles, et qui tous appellent, cohérence oblige, une même traduction. On peut noter ici, pour certains, l’usage occasionnel d’une préposition (r, ḥr, m). Les deux leçons se lisent dans des manuscrits d’époques différentes. La leçon wnḫ se lit deux fois dans le P. BM EA 10309, II, 18 (
) et III, 1 (
), une fois dans le P. BM EA 9997, VII, 4 (
), et ḫwn est attesté à deux reprises dans le P. Brooklyn 47218.138, IV, 9 (
) (époque saïte). Mais les deux leçons peuvent aussi coexister sur un même document, ce qui s’accorde mal avec l’idée d’une simple erreur. Ainsi, le P. Turin CGT 54051, ro (XXe dynastie), fournit les deux formes en III, 5 (
) et IV, 4 (
), cf. Roccati 2011, p. 69 et 70. Peut-être conviendra-t-il d’expliquer autrement que par une simple erreur ou une banale variante métathétique la raison de cette distinction formelle des deux graphies.
Sur cette phrase, cf. supra, n. 88 et fragment B, x+1.
Pour la forme hiératique du signe
dans ce fragment, cf. infra, début de la l. x+6.
Le trait transversal visible devant le
, au début de la l. x+5, est la partie inférieure du serpent
, en lacune à la l. x+4, déterminatif probable du substantif rpyt précédant le théonyme Maât, écrit en noir comme dans la version de Brooklyn. La restitution du texte dans la partie lacuneuse précédant la l. x+4 est fondée sur le parallèle partiel du P. BM EA 10309, plus proche de version du fragment de l’Ifao que de celle plus tardive du P. Brooklyn 47218.138.
Les restitutions, fondées sur la leçon du P. Brooklyn pour la clarté de l’exposé, sont évidemment susceptibles d’offrir des variantes entre les deux manuscrits.
La mention de twt au lieu de rpyt implique la restitution d’une divinité masculine.
Fischer-Elfert, Hoffmann 2020, p. 74, n. 177.
Sur l’orpiment-ḳnw, cf. Sauneron 1989, p. 15 (3). Pour son usage dans les dessins sur étoffe, cf., par ex., Rituel de l’embaumement, VII, 13 et VIII, 19 (Töpfer 2015, p. 157, 175 et 165, k).
Trace petite mais probable d’un
écrit en rouge contrairement au reste de la formule, ce qui est inattendu. La présence de ce petit trait horizontal dans la partie basse de la ligne exclut d’y reconnaître le fragment d’un qui serait le début d’une nouvelle formule (ky rȝ).
Le suffixe .f renvoie au « talisman » selon J.-C. Goyon, mais l’antécédent masculin dans le texte se laisse mal identifier.
Restitution probable.
Par ex. : Urk. VI, 61, 19 ; P. Brooklyn 47.218.138, XV, 10 ; P. Caire CG 58027, III, 13 ; LdM ch. 19, 16 (Lepsius) ; etc.
Noter la simplicité des graphies dans le fragment de l’Ifao, et cf. LGG IV, 246a-247b. Cette parèdre de Noun est peu mentionnée à son côté. Dans la 12e heure du Livre de l’Am-Douat, elle est suivie de Noun (Hornung 1994, p. 836).
Par ex. : CT III, 263 d (spell 227) ; III, 264 f (spell 227) : IV, 382 b (spell 349) ; VI, 185 b (spell 575) ; VI, 309 b (spell 682) ; VI, 310 l (spell 682) ; 311d (spell 682) ; VII, 45 n (spell 840) ; etc. Cette confusion a pu être favorisée par une lecture Nww de la divinité masculine, retenue aujourd’hui dans plusieurs lexiques (Wb, ALex., etc.). Pour un net cas de distinction graphique entre les désignations des déesses, cf. P. Salt 825, XIV, 5-6 (Derchain 1965, p. 142 et pl. XIV, dans la séquence Gb Nwt (
) Nwn (
) Nwnt
) sḳd m sp wʿ, « Geb, Nout, Noun, Nounet se déplacent ensemble ». Pour une distinction fonctionnelle entre les deux déesses, cf. LdM ch. 79, Budge 1898, p. 176 : ḥʿʿ nṯrw mȝȝ.sn sw m prw nfrw r ẖt n Nwnt (
) ms.n sw mwt.f Nwt (•), « Les dieux se réjouissent quand ils le voient dans (ses) belles sorties hors du corps de Nounet, après que sa mère Nout l’a mis au monde. »
Cf., par ex., Budge 1898, p. 4, 7-8 : ỉt.k
mwt.k
; p. 13, 4 : mwt.k
, ỉt.k
.
Liste des sources dans Stewart 1967, p. 64-65 (exclure F, G, H, I, J, omission partielle en D et E) ; aussi Tacke 2013/1, p. 232 et 2013/2, p. 203, où l’on trouvera d’autres versions parallèles. Dans un contexte différent : P. Vienne ÄS 3871, VI, 24 (Spiegelberg 1918, p. 90, 8).
Assmann 1983, p. 248, Text 180,
Assmann 1983, p. 255, Text 183.
Eldamaty 2005, p. 56 et 59.
Gardiner 1935, pl. 54.
Nwnt : LGG III, 550b-551a. L’entrée différente dans le LGG (IV, 246a-c) pour le mot Nnt, « der Gegenhimmel » est discutable pour nombre de références citées.
Cf. toutefois, pour l’époque ramesside, P. BM EA 10042, ro, IV, 1 (Leitz 1999, pl. 15), où il est dit d’Amon-Rê-Horakhty, précédemment défini comme « créé par l’Ogdoade lors de la Première fois » (ỉr.n nȝ Ḫmnw nw pȝwt tpy), qu’« il se lève hors du Noun et de Nounet » (wbn.f m Nwn Nwnt
).
Les tracicules précédant sn(w)t sont identifiables comme étant possiblement celles du pronom indépendant 1re personne, écrit
cf. fragment B, x+3. La place est trop réduite pour insérer après ʿwt.f les mots ỉnk Rʿ comme dans la version de Brooklyn.
Bien que l’on trouve par ailleurs la même graphie hiératique (cf. Quack 2013, p. 263)
dans le substantif snt désignant la « sœur » (P. BM EA 10042, vo, I, 2, Leitz 1999, pl. 2), cette traduction pose problème dans le cas présent où Isis s’identifie explicitement à Rê, quand elle n’est pas donnée comme sa fille, «issue de son corps». Une lecture snwt du mot
, imposée par le contexte, est donc retenue ici, avec le sens d’« égale », « double », qu’on retrouve dans d’autres endroits du texte avec des graphies variables : cf. P. BM EA 9997, VII, 7 (
Rʿ), P. Brooklyn 47218.138, x+IV, 15 (
n Rʿ) et x+IV, 17(
n Rʿ). Toutefois, quand Nephtys s’adresse à Isis, le mot
snt désigne bien la « sœur » (P. BM EA 10309, II, 12 ; LGG VI, 374b).
Sur l’usage de la copule pw pour introduire une glose, avec le sens de « cela signifie », cf. Malaise, Winand 1999, § 468 et 615.
Seules quelques traces subsistent en fin de ligne après ỉnk. Au regard de la version du P. BM EA 10309, III, 6, la restitution
de l’éditeur et la traduction qui s’ensuit « je suis celle qui donne » sont à reconsidérer.
Cette expression, non retrouvée formellement par ailleurs, est à rapprocher des tournures similaires plus connues intégrant les mots ḥʿw wʿ, Wb III, 39, 10, « Eines Leibes (sein mit jmd) », cf. Meeks 1980, 77.2607 (ḥʿ wʿ ḥnʿ.tn et Meeks 1982, 79.1899 (m ḥʿ wʿ).
Emploi du .t pour le suffixe .ỉ (Quack 2013, p. 261), comme le montre ici l’exemple st.ỉ pw (P. BM EA 10309, III, 7) face à st.t pw (P. Brooklyn 47.218.138, x+IV, 17 ; aussi peut-être supra, B, x+1 : sȝ.t (P. Brooklyn 47.218.138, x+IV, 2), face à sȝ.ỉ, « mon fils » (P. BM EA 10309, III, 13).
Trace possible du • au-dessus de la lacune succédant à ỉm.
La bibliographie sur cette fonction est fournie. Pour les principales références, cf. Engelmann, Hallof 1996, p. 103-146 et n. 1 ; Bardinet 2021, p. 42 et 52-62 ; Quack 2018, p. 91-95 ; Quack 2021b, p. 76-81 à propos des différentes charges du prêtre-ouâb de Sekhmet dans le Livre du temple.
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