N°19 – Le populaire et le moderne / le local et le global : l’art visuel brésilien des années 1950 aux années 1980
Responsables :
• Ana Magalhães (MAC-USP)
• Abigail Lapin Dardashti (CUNY)
Dans les années 1950, les artistes et critiques brésiliens se concentraient sur l’art abstrait non référentiel afin de contribuer à une esthétique universelle. Dans les années 1960, ce discours s’est diffusé pour tenter de réconcilier les traditions locales avec l’art abstrait et universel de manière publique et visible. Par exemple, en 1962 le critique d’art et poète Ferreira Gullar a rejoint le Centro Popular de Cultura après une décennie de travail visant à définir le style de l’art Concreto et Neoconcreto à Rio de Janeiro. Après avoir contribué à ces styles, certains artistes parmi lesquels Hélio Oiticica, Anna Bella Geiger, Lygia Pape, et Lygia Clark créèrent des œuvres d’art de performance et d’installation qui activent l’objet au travers du contact corporel et en impliquant des cultures populaires issues de différentes parties du Brésil. Alors qu’ils avaient pour ambition d’échanger avec d’autres styles de l’avant-garde européenne et américaine, leur iconographie surgissait de pratiques à fort ancrage régional au Brésil. Une réponse au développementalisme des années 1950 – un modèle de développement économique qui marginalise l’humanisme dans l’architecture, par exemple, en faveur d'une industrialisation rapide – l’insertion de la culture populaire dans l’art de l’avant-garde brésilienne et particulièrement l’abstraction après les années 1960 a bouleversé la représentation de l’identité du pays ainsi que la nature des modes d’expression artistique, car, pour la première fois au Brésil, les artistes mélangent l’art populaire avec l’art d’avant-garde.
Ce dossier a pour objectif d’étudier les formes spécifiques d’utilisation du populaire dans la production d’art abstrait et moderne, dans les collections d’art, ainsi que dans les pratiques d’exposition et d’étude dans les années 1950 aux années 1980. Cela afin de démêler les contradictions qui se dégagent des dichotomies du populaire et du moderne, du local et du global.
Par une attention spécifique portée sur les définitions des différentes traditions populaires brésiliennes et sur leur représentation au cours de ces décennies, nous cherchons à comprendre le rôle des différentes cultures vernaculaires dans la définition de l’avant-garde et de la contemporanéité dans cette période au Brésil.
♦ Date limite de soumission : 31 mai 2020,
♦ Contact : bresils-revue@ehess.fr

Agnaldo Manoel dos Santos dans son studio (années 1950)





