Quartier d’entraide à Bruxelles. Construire des liens entre utilisateurs
Notes de la rédaction
Ceci est le communiqué de presse relatif à l'article de Octavia Kint, Lieselot Degraeve, An-Sofie Smetcoren et Liesbeth De Donder publié le 11 juin 2026. Accéder la publication.
Et si vivre mieux et en meilleure santé passait aussi par le fait d’être moins isolé ? De cette idée en apparence simple et de bon sens, de véritables politiques publiques ambitieuses ont été mises sur pied ces dernières années. De nombreux projets de « quartiers d’entraide » ont ainsi vu le jour, principalement en Flandre et en Région bruxelloise. En 2022, par exemple, 132 « quartiers d’entraide » ont été lancés grâce au soutien financier de l’Autorité flamande, dont cinq à Bruxelles. Concrètement, ces projets s’attachent à créer des liens entre les habitant·es ou entre les services professionnels et les habitant·es dont la santé requiert des besoins particuliers.
Mais comment cela peut-il s’organiser et avec quels résultats ? C’est ce que les chercheuses, autrices du numéro 218 de Brussels Studies, se sont attachées à comprendre en collaboration avec des professionnel·les de terrain et en discussion avec les habitant·es et utilisateur·ices dans une recherche en co-création financée par Innoviris. Octavia Kint, An-Sofie Smetcoren, Liesbeth De Donder (Society and Ageing Research Lab, VUB) et Lieselot Degraeve (Kenniscentrum Welzijn Wonen Zorg) y tirent les leçons de l’organisation du projet MaN’aige. Celui-ci a pris vie dans deux quartiers centraux de Bruxelles partageant une même spécificité (Notre-Dame-aux-Neiges et place des Martyrs) : ils sont fort utilisés mais hébergent très peu de résident·es.
Ces trois années d’expérience ont d’abord confirmé qu’il fallait sortir d’une approche stricte du soin et l’élargir à une vision plus englobante de bienveillance. Dans un quartier d’entraide, les organisations présentes ou actives endossent une responsabilité sociale plus large à l’égard de leur cadre de vie. Par exemple, une maison médicale peut participer à un projet de potager dans le but d’améliorer la qualité de vie de tous·tes. Les autrices montrent ensuite à quel point des interventions dans l’espace public peuvent constituer un levier puissant pour former de nouveaux réseaux, identifier les besoins et nouer des relations qui peuvent (parfois) déboucher plus tard sur un soutien plus ciblé. Elles ont pu observer que même de petites interventions, comme la mise en place de bacs pour potager, ont donné lieu à des collaborations : des ateliers avec les enfants de l’école des devoirs, des initiatives pour les entretenir, récolter des semences et des plantes et échanger des connaissances. Enfin, les chercheuses invitent à garder un regard critique dans l’organisation de quartiers d’entraide en accordant une attention explicite aux structures de pouvoir et aux inégalités structurelles qui restent à l’œuvre.
Elles rappellent également qu’un des enjeux est de poser la limite entre une entraide et le transfert des responsabilités liées aux soins vers des acteur·ices qui ne sont ni équipé·es ni soutenu·es pour ce faire. Si les quartiers d’entraide peuvent répondre (temporairement) à des besoins concrets en matière de soins et de bien-être dans le quartier, ils ne sauraient apporter une solution structurelle à un système de soins défaillant.
Pour citer cet article
Kint, O., Degraeve, L., Smetcoren, A.-N. et De Donder L., « Quartier d’entraide à Bruxelles. Construire des liens entre utilisateurs », Brussels Studies [En ligne], Collection générale, no°218, mis en ligne le 11 juin 2026, URL : https://journals.openedition.org/brussels/9248
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Tatiana Debroux, Rédactrice en chef :
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