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Comptes rendus

René MILLAR CORBACHO.- Santidad, falsa santidad y posesiones demoníacas en Perú y Chile, siglos XVI y XVII, estudios sobre mentalidad religiosa

Santiago de Chile, Ediciones Universidad Católica de Chile, 2009.- 451 p.
Bernard Lavallé
p. 227-228
Référence(s) :

René MILLAR CORBACHO.- Santidad, falsa santidad y posesiones demoníacas en Perú y Chile, siglos XVI y XVII, estudios sobre mentalidad religiosa.- Santiago de Chile, Ediciones Universidad Católica de Chile, 2009.- 451 p.

Texte intégral

1L’auteur de ce livre est bien connu des spécialistes de l’histoire religieuse péruvienne, à la fois pour ses recherches sur l’Inquisition de Lima mais aussi, à partir de celles-ci, pour diverses études sur la sainteté, véritable ou feinte, aux XVIe et XVIIe siècles. Dans ce livre, René Millar C. reprend d’ailleurs plusieurs de ces travaux antérieurs mis à jour et y ajoute trois études inédites.

2L’étude de la sainteté au Moyen Âge en Europe a donné lieu à des ouvrages qui ont fait date. Par la suite, dans leur sillage d’autres ont vu le jour, notamment au Mexique et au Pérou, ces études s’étant développées grâce à l’essor des nouvelles approches et des voies ouvertes par l’histoire des mentalités, l’histoire culturelle et celle du genre, puisque les personnages concernés étaient souvent des femmes.

3La première partie du livre (les quatre premiers chapitres) traite de cas de sainteté que l’on pourrait qualifier de classiques et reconnus (par exemple Sainte Rose de Lima ou le père Urraca très vénéré à l’église de la Merci à Lima). L’auteur y montre bien comment d’abord se constituait la reconnaissance, sinon officielle, du moins populaire de cette sainteté, l’évolution de la politique du Saint-Siège en la matière (cas du père F. Pedro Bardecí (1640-1700) dont la sainteté ne fut pas officialisée), comment elle était représentée et vécue par les contemporains, en quoi elle constituait une forme d’idéal et ce que les gens de l’époque pouvaient en attendre dans leur propre vie.

4Viennent ensuite deux études sur des cas de sainteté «factice», ou discutée et finalement non reconnue, que l’on connaît grâce à l’Inquisition qui eut à en traiter. Le premier est celui d’un groupe de femmes contemporaines de Sainte Rose. René Millar se centre sur deux personnages qui jouèrent un rôle essentiel dans cette affaire, le docteur Castillo et la religieuse Jerónima de San Francisco qui prétendaient tous deux jouir de dons surnaturels liés à l’oraison contemplative. Le problème est d’essayer de déceler ce qui se cachait derrière ces manifestations, une véritable expression mystique ou seulement une utilisation suspecte de ses apparences. Pour mieux les comprendre, l’auteur replace les protagonistes dans le bouillonnement spirituel de la première moitié du XVIIe siècle péruvien, les stimulations en la matière des institutions civiles et cléricales (en particulier la Compagnie de Jésus qui n’était pas tout à fait sur la même ligne que Rome), une société très réceptive à ce genre de manifestations et d’une façon générale à toutes les formes d’émotion exacerbée.

5La dernière partie du livre étudie des cas de possession démoniaque, une individuelle, celui d’une jeune liménienne à la fin du dernier tiers du XVIe siècle,

6María Pizarro, qui fut à son époque très connue et souleva bien des réactions parmi les autorités comme chez ses contemporains. L’autre est une épidémie de possession collective très intéressante, survenue au cours du dernier tiers du XVIIe siècle (1674-1681) dans le couvent de Santa Clara à Trujillo. Dans ces deux cas, René Millar étudie tout particulièrement le rôle des directeurs de conscience qui semble avoir été très important mais aussi (surtout dans le cas trujillano) celui des lectures plus ou moins assimilées qui paraissent avoir joué une action déterminante dans le comportement de ces fidèles assez particulières.

7Il s’agit d’un ouvrage fort agréable à lire, très bien documenté, aux analyses toujours très suggestives, et qui cherche sans cesse à mettre en relation ce qu’il présente avec la réflexion de la collectivité scientifique sur ce genre de questions. En offrant un éventail à bien des égards significatif, René Millar montre bien la diversité des situations auxquelles donnait lieu le contexte à la fois religieux et émotionnel de l’époque, les problèmes auxquels l’Église était confrontée quant à la reconnaissance officielle qu’elle pouvait leur accorder en relation avec les attentes ou les peurs de la société, et quant à la sanction à apporter aux dérives, plus ou moins manifestes, qui pouvaient alors se manifester.

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Pour citer cet article

Référence papier

Bernard Lavallé, « René MILLAR CORBACHO.- Santidad, falsa santidad y posesiones demoníacas en Perú y Chile, siglos XVI y XVII, estudios sobre mentalidad religiosa », Caravelle, 95 | 2010, 227-228.

Référence électronique

Bernard Lavallé, « René MILLAR CORBACHO.- Santidad, falsa santidad y posesiones demoníacas en Perú y Chile, siglos XVI y XVII, estudios sobre mentalidad religiosa », Caravelle [En ligne], 95 | 2010, mis en ligne le 01 décembre 2010, consulté le 15 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/caravelle/7498 ; DOI : https://doi.org/10.4000/caravelle.7498

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