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Varia

Sur la genèse du Traité du Triangle arithmétique

Dominique Descotes
p. 155-180

Texte intégral

  • 1 Ce recueil a été conservé sous les cotes successives B 5568 (R), puis R 1037, aujourd’hui Em0011. (...)
  • 2 Notamment sur le numéro des propositions qui contenaient le raisonnement par récurrence, et les ré (...)

1Le Traité du Triangle arithmétique a longtemps été publié sous la forme bilingue que l’imprimeur Desprez lui a donnée en 1665. Ce n’est que dans l’édition des Grands Écrivains de la France que Léon Brunschvicg a révélé que la Bibliothèque patrimoniale de Clermont-Ferrand possédait un recueil d’imprimés scientifiques de Pascal en provenance de l’Oratoire, qui contenait les pièces d’une impression latine du Triangulus arithmeticus1. Cette découverte a satisfait Léon Brunschvicg et Pierre Boutroux parce qu’elle permettait d’expliquer certaines incohérences dans les références des traités2. Elle permettait de mieux comprendre la genèse du traité de Pascal. Le Potestatum numericarum summa et le De numeris multiplicibus sur la divisibilité des nombres sont les deux plus anciens traités. Pascal aurait ensuite composé le Numeri figurati sur les ordres numériques, qui le conduisait directement au Triangle arithmétique, et à la rédaction du Triangulus arithmeticus et des traités latins qui s’y rattachent. C’est seulement après la composition et l’impression de ces textes brefs que Pascal aurait décidé de supprimer l’ensemble, de le traduire au moins partiellement en français et de le remplacer par un traité bilingue en trois parties :

2Le Triangulus arithmeticus est devenu le Traité du triangle arithmétique, moyennant certaines modifications.

  • 3 J’emprunte le terme élément à l’introduction de Jean Mesnard. Un élément comporte un ou plusieurs (...)

3La section d’Usages du Triangle arithmétique dans différents secteurs comporte deux éléments3. Le premier expose le rapport du Triangle avec les ordres numériques, puis avec les combinaisons : ce sont en fait des extractions traduites des premières pages des tractaculi latins. Un second élément contient deux Usages qui, eux, sont nouveaux : l’Usage du Triangle arithmétique pour les partis qui sert d’ouverture à la géométrie du hasard, et l’Usage du triangle arithmétique pour trouver les puissances des binomes et apotomes qui introduit le Potestatum numericarum summa.

4Le quatrième élément comporte une suite de brefs traités en six cahiers : le traité des Ordres numériques est en français, sauf pour ses dernières pages, les autres sont repris de l’impression latine et greffés à la suite.

5Dans le deuxième volume de son édition (1970), Jean Mesnard tient compte de la différence entre les deux impressions, en publiant séparément le Triangulus arithmeticus et le Traité du Triangle arithmétique.

6La table de correspondance des deux impressions permet d’y voir plus clair.

Triangulus arithmeticus Triangle arithmétique
Triangulus arithmeticus Traité du triangle arithmétique
Divers usages du triangle arithmétique
Usage… pour les ordres numériques (trad. du début du Numeri figurati)
Usage… pour les combinaisons (trad. du début du Combinationes)
Usage pour déterminer les partis
Usage pour trouver les puissances des binômes et apotomes
Numeri figurati, seu ordines numerici Traité des ordres numériques (Prop. 1-11, traduites du Numeri figurati)
De numericis ordinibus tractatus = problèmes du Numeri figurati
De numerorum continuorum productis De numerorum continuorum productis
Numericarum potestatum Numericarum potestatum generalis resolutio
Combinationes Combinationes
Potestatum numericarum summa Potestatum numericarum summa
De numeris multiplicibus De numeris multiplicibus
  • 4 Le volume OC I donne la liste des pièces contenues dans le recueil R 1037/Em0011. Voir la notice d (...)
  • 5 OC II, p. 1332. Une coquille renvoie à la p. 1211 ; lire p. 1208. Il faut noter que ce nouveau Tra (...)

7L’édition de Jean Mesnard (1970)4 présente les deux traités à la suite l’un de l’autre. La coexistence des deux impressions compliquait toutefois le travail d’édition : la table précédente montre que l’impression bilingue reprend plusieurs traités de la version en latin, après le Problema 1 du De numericorum ordinum compositione du Traité des ordres numériques5. Pour éviter les doublons, Jean Mesnard place à l’endroit où la seconde impression rejoint la première un renvoi à celle-ci. L’édition de Michel Le Guern (1998) suit son exemple, avec quelques différences. L’intelligence du texte demande au lecteur un peu d’agilité intellectuelle.

  • 6 Seules les circulaires qui ouvrent et règlent le concours sont alors en latin, mais dès que la pol (...)

8Comment expliquer l’existence de ces deux impressions ? Peut-être faut-il y voir l’effet d’une évolution graduelle de Pascal mathématicien. Le peu qui nous reste de son grand traité des Coniques témoigne qu’il était entièrement en latin, ce qui n’a rien de surprenant de la part d’un jeune géomètre qui se conforme au style usuel des savants pour marquer sa place dans le petit monde de l’académie Mersenne. L’Essai pour les coniques témoigne du reste que Pascal n’a pas encore vraiment trouvé son style géométrique français. Les deux impressions du Triangle arithmétique montrent qu’il a commencé par composer un ouvrage destiné aux savants, mais que ses fréquentations mondaines lui ont inspiré de publier ses inventions sur le Triangle arithmétique et la géométrie du hasard dans une langue accessible aux personnes intéressées par le progrès des sciences. Le progrès stylistique par rapport aux premiers essais de Pascal est frappant : au langage quelque peu archaïque de l’Essai pour les coniques se substitue un français clair, élégant, rigoureux, et surtout parfaitement maîtrisé. L’évolution s’achève avec les Lettres de A. Dettonville, entièrement en français, y compris les opuscules les plus audacieux (la Lettre à Huygens) et les plus laborieux (la Lettre à M. ADDS)6.

Archéologie du Traité du Triangle arithmétique

9La correspondance de Pascal avec Fermat sur la règle des partis (1654), ne se comprend que lorsque l’on prend en compte les choix rhétoriques de leurs auteurs.

  • 7 OC II, p. 1153-1154.

10Jean Mesnard a établi que Pascal avait envoyé un exemplaire du Triangle arithmétique à Fermat, qui en a apparemment été le seul destinataire à l’époque. On sait à coup sûr que c’est l’impression française que Fermat a reçue, car dans sa lettre du 29 août 1654, il accuse réception du Triangle arithmétique dont il mentionne la Conséquence 12 : « si mon calcul ne me trompe, votre douzième conséquence courait la poste de Paris à Toulouse, pendant que ma proposition des nombres figurés, qui en effet est la même, allait de Toulouse à Paris7 ». S’il avait reçu le Triangulus arithmeticus, il aurait mentionné le Consectarium 11 ; ce n’est que dans l’impression française que la référence est juste.

11Mais l’accusé de réception est plus précis : « Vos derniers Traités du triangle arithmétique et de son application », écrit Fermat. Cela n’implique aucunement que Pascal ait envoyé la deuxième impression de ses traités dans son intégralité. La formule de Fermat montre qu’il a reçu plusieurs pièces, le Traité du triangle arithmétique et des textes « d’application ». Ce dernier mot répond bien à ce que Pascal appelle les Usages du triangle arithmétique. Mais il ne dit pas que Fermat a reçu tous ceux que Pascal a composés : il dit seulement qu’il en a reçu un ou plusieurs.

12Or le silence de Fermat sur plusieurs pièces auxquelles il aurait nécessairement dû répondre s’il avait reçu le volume entier, conduit à en excepter quelques-uns.

  • 8 La liste des titres du recueil montre que ce Traité des ordres numériques est placé dans la troisi (...)

13Dans le Traité des ordres numériques Pascal fait en effet allusion aux travaux de Fermat sur les nombres figurés8 : 

  • 9 OC II, p. 1328. Le Traité des ordres numériques ne doit être confondu ni avec l’Usage pour les ord (...)

Les manières de tourner une même chose sont infinies : en voici un illustre exemple, et bien glorieux pour moi. Cette même proposition que je viens de rouler en plusieurs sortes est tombée dans la pensée de notre célèbre conseiller de Toulouse, M. de Fermat, et, ce qui est admirable, sans qu’il m’en eût donné la moindre lumière, ni moi à lui, il écrivait dans sa province ce que j’inventais à Paris, heure pour heure, comme nos lettres écrites et reçues en même temps le témoignent. Heureux d’avoir concouru en cette occasion, comme j’ai fait encore en d’autres d’une manière tout à fait étrange, avec un homme si grand et si admirable, et qui, dans toutes les recherches de la plus sublime géométrie, est dans le plus haut degré d’excellence9.

  • 10 OC II, p. 1154.

14L’éloge était assez appuyé pour mériter au moins un mot de remerciement de la part de Fermat, d’autant plus que ce passage fait écho à ce qu’il a lui-même écrit dans la lettre du 29 août, comparant « votre douzième conséquence » à « ma proposition des nombres figurés10 ». D’autre part, c’est bien une conséquence que Fermat attribue à Pascal, terme que seul le Traité du triangle arithmétique emploie. S’il avait reçu le Traité des ordres numériques, Fermat aurait dû parler de la Proposition 9.

15Tout aussi significatif est le fait que Fermat ne dise pas un mot de l’Usage du triangle arithmétique pour déterminer les partis, qui apportait pourtant une nouveauté considérable par rapport à l’échange épistolaire de 1654. Or dans les deux lettres de Fermat du 29 août et du 25 septembre, il ne sera question que de la méthode des partis par remontée de cas en cas, que Pascal a expliquée dans sa lettre du 29 juillet 1654. À lire les dernières lettres de Fermat du 29 août et du 25 septembre, on a l’impression qu’il ignore tout de cette application. Il est inconcevable, si Fermat avait eu connaissance de cette méthode, qu’il n’en ait pas écrit un seul mot à Pascal.

16On peut objecter que Fermat a pu réagir à l’envoi des traités de Pascal dans une autre lettre. Mais cette supposition n’est guère recevable : Fermat accuse réception des traités dans sa lettre du 29 août, et sa réponse montre qu’il a lu ce qui lui était envoyé. Sa lettre suivante est datée du 25 septembre : elle répond à celle de Pascal du 24 août, sans mentionner ni l’Usage du triangle arithmétique pour faire les partis ni le Traité des ordres numériques.

  • 11 Voir plus bas les remarques qui s’imposent sur ce sujet.

17Tertio : la seconde impression du Triangle arithmétique comporte quelques incohérences dont on comprendrait mal que Fermat ne les signale pas à son ami. L’une d’elles est le décalage qui existe entre le Traité du triangle arithmétique et le Combinationes. Ce dernier n’a pas été traduit en français, et les références aux Conséquences du Triangle arithmétique y sont toutes inexactes11. Si Fermat, dont on connaît l’intérêt qu’il porte aux combinaisons, avait reçu ce traité, il aurait à coup sûr fait amicalement l’observation à Pascal. Or on ne trouve rien de tel dans ses lettres.

18Quarto : la structure de l’impression du Triangle arithmétique et la pagination de ses pièces appuient aussi cette hypothèse. Revenons à la liste des pièces de l’imprimé original, telle qu’elle figure dans l’édition de Jean Mesnard.

  • 12 La page 12 est blanche et non numérotée. Voir OC II, p. 1288-1299. Je reprends le terme élément, d (...)

19Le Traité du triangle arithmétique occupe les pages 1-11 du premier élément12.

  • 13 OC II, p. 1300.
  • 14 OC II, p. 1300-1302.
  • 15 OC II, p. 1302-1307.

20Le second élément commence par l’avertissement Divers usages du triangle arithmétique dont le générateur est l’unité qui se trouve sur la première page du deuxième cahier13. L’Usage du triangle arithmétique pour les ordres numériques le suit, pages 2-3 de ce deuxième cahier14, auquel succède l’Usage du triangle arithmétique pour les combinaisons, pages 4-8 du deuxième cahier15. Ces trois pièces forment un tout.

  • 16 OC II, p. 1308-1313.

21Le troisième élément associe sur deux cahiers deux Usages entièrement nouveaux : l’Usage du triangle arithmétique pour déterminer les partis qu’on doit faire entre deux joueurs qui jouent en plusieurs parties (p. 1-13 du troisième cahier)16, suivi de l’Usage du triangle arithmétique pour trouver les puissances des binômes et des apotomes (p. 14-16).

  • 17 À partir de cet ouvrage, l’édition de Jean Mesnard renvoie à la première impression du Numeri figu (...)

22Suit un quatrième élément, qui contient le Traité des ordres numériques (p. 1-617), qui remplace le Numeri figurati et contient l’éloge de Fermat mentionné ci-dessus, suivi par les Problèmes du De numericis ordinibus tractatus (p. 7-12 du quatrième cahier), repris intégralement de la première impression. Suivent le De numerorum continuorum productis (p. 13-17 du quatrième cahier), le Numericarum Potestatum generalis resolutio (p. 18-21 du quatrième cahier), le Combinationes (p. 22-33), le Potestatum numericarum summa (p. 34-41), et le De numeris multiplicibus (p. 42-48 du même ensemble).

23Le Traité du triangle arithmétique (premier élément) pouvait donc être matériellement séparé des autres. Quant à l’application dont parle Fermat, il doit s’agir de l’Usage du triangle arithmétique pour les ordres numériques et de l’Usage pour les combinaisons, imprimés ensemble sur un deuxième cahier distinct des autres Usages et des traités suivants. L’envoi de ces pièces à un mathématicien féru de nombres et de combinaisons paraît naturel. Pascal pouvait séparer ces deux ensembles des suivants et les envoyer à Fermat, sans y joindre l’Usage pour les partis et l’Usage pour les puissances des binômes qui se trouvent sur le troisième élément et dont la rédaction, qui n’existe qu’en français, a certainement été plus tardive. La même remarque peut a fortiori s’appliquer au Traité des ordres numériques et aux suivants (quatrième cahier), c’est-à-dire à des textes auxquels Fermat ne fait aucune allusion.

  • 18 OC II, p. 1300 sq.

24La meilleure explication possible de son silence semble être celle-ci : si Fermat a bien été le seul qui ait eu communication du Triangle arithmétique18, Pascal ne lui a envoyé que les deux premiers éléments, savoir le Traité du Triangle arithmétique (12 pages), et l’Usage du Triangle arithmétique pour les ordres numériques (p. 2-3), et l’Usage du Triangle arithmétique pour les combinaisons (p. 4-8).

25Il n’y a pas lieu de supposer quelque dissimulation de sa part. L’envoi d’une ou plusieurs parties d’un ouvrage avant impression complète n’est pas inhabituel chez lui. Il procèdera de même en 1659, lorsqu’il enverra à plusieurs personnes, et même au jésuite Lalouvère, les pages initiales de sa Lettre à Carcavy avant que les Lettres de A. Dettonville n’achèvent de sortir de l’atelier de l’imprimeur. Peut-être Pascal n’a-t-il pas envoyé la totalité du Traité du triangle arithmétique tout simplement parce que le livre n’était pas encore achevé, et l’Usage pour les partis pas encore imprimé.

26Un fait curieux permet même de préciser cette hypothèse. L’Usage pour les partis s’achève en effet sur cette Conclusion :

  • 19 OC II, p. 1320.

On peut aisément conclure, par le rapport qu’il y a du Triangle arithmétique aux partis qui se doivent faire entre deux joueurs, que les proportions des cellules qui ont été données dans le Traité du triangle ont des conséquences qui s’étendent à la valeur des partis, qui sont bien aisées à tirer, et dont j’ai fait un petit discours en traitant des partis, qui donne l’intelligence et le moyen de les étendre plus avant19.

  • 20 Voir Laurent Kyriacopoulos, « Peut-on tout de même parler d’un “triangle de Pascal” ? », Revue d’h (...)

27En réalité, comme l’a remarqué Laurent Kyriacopoulos dans un bel article20, ce petit discours n’apparaît nulle part dans les exemplaires de l’ouvrage que nous connaissons. Aucune esquisse, aucun brouillon ne témoigne que Pascal en a entamé la rédaction. Aucun exemplaire connu du Triangle arithmétique ne fait écho à cette annonce. Nous examinerons plus bas la portée de cette remarque.

D’une impression à l’autre

28La comparaison matérielle des deux impressions du Triangle arithmétique permet d’approfondir les précédentes observations. Leur portée peut évidemment paraître mineure. Il arrive rarement aux historiens de la science de s’intéresser à la typographie des éditions anciennes. Mais une édition imprimée moderne ne permet presque jamais de rendre exactement ce que l’on pourrait appeler, faute de mieux, le lignage des ouvrages anciens, les différences purement matérielles qui n’entrent pas dans la catégorie des variantes, et que les éditeurs modernes négligent généralement : coquilles, différences dans les places, coupures des mots en fin de ligne, égalité, inégalité et rapport des lignes, passages à la ligne, etc. Pourtant, cette tâche n’est pas sans bénéfice dans le cas des traités latins du quatrième élément du Triangle arithmétique, parce que nous disposons de deux versions différentes : les derniers traités du recueil R 1037 -Em0011 d’une part, et la seconde impression, telle que celle de la BnF publiée sur le site Gallica.

29Si en effet on admet que Pascal a constitué cet ensemble du Traité du triangle arithmétique en détachant purement et simplement des cahiers de l’impression latine pour les greffer sur l’impression bilingue, aucune différence ne devrait distinguer les deux impressions. Or il suffit de les confronter pour vérifier qu’il n’en est rien.

30Premier point : on constate dans certains traités latins (mais non dans tous) des différences dans l’orthographe, le lignage, les coupures de mots, toutes différences mineures qui ne touchent pas le sens, mais témoignent que l’impression initiale a été l’objet d’une véritable recomposition, qui a entraîné des écarts parfois importants. Il n’est donc pas possible que les cahiers qui portent les parties latines de la première impression aient été purement et simplement transportées à la seconde par une simple greffe.

31Second point : certaines modifications sont trop importantes pour être attribuées à l’imprimeur ; elles ne peuvent être dues qu’à Pascal.

32Troisième point : parmi les opuscules latins en question, tous n’ont pas été traités de la même manière ; les uns ont subi d’importantes modifications, d’autres sont demeurés intacts.

  • 21 OC II, p. 1170.

33On ne saurait dire que les cahiers de la première impression aient été en bloc transférés dans la seconde. Jean Mesnard a bien vu le problème, lorsqu’il a noté que « dans la rédaction française beaucoup de parties du texte latin sont reprises, plus ou moins profondément remaniées21 ». Il n’est donc pas possible de se contenter d’une réponse unique pour tous ces tractaculi : il faut reprendre les différents opuscules latins un par un.

Une correction préparée en amont

  • 22 OC II, p. 1209.

34La campagne de correction n’a certainement pas été improvisée. On trouve par exemple dans la section Numericorum ordinum resolutio, à la page 9 du Recueil 1037 -Em001122, le chiffre 7 couvert par un 4 manuscrit ; dans la seconde impression, le chiffre 4 a été imprimé. On voit mal l’imprimeur Desprez prendre l’initiative de corriger les calculs de Pascal. Comme l’exemplaire de Clermont appartenait à la famille, on peut supposer que cette correction est due à l’auteur, qui l’a imposée dans la deuxième impression.

Fig. 1. Bibl. Clermont.

Fig. 1. Bibl. Clermont.

Modification de la ponctuation

35Il est fréquent que la ponctuation varie d’une impression à l’autre. Quoiqu’elles touchent rarement un point important et n’altèrent guère le sens, les modifications ont un intérêt symptomatique, dans la mesure où elles supposent que certains passages, et peut-être certaines pages, ont été recomposés.

36On observe en revanche qu’aucune n’affecte les derniers traités à partir du Numericarum potestatum generalis resolutio.

Modification d’une frise et des titres courants

37Un signe certain de recomposition touche certains éléments ornementaux comme les frises. L’exemplaire de Clermont présente la frise suivante en tête du De numerorum continuorum productis.

38Celle de la seconde impression est différente.

39Certains titres courants ont subi des modifications de l’impression originelle.

  • 23 OC II, p. 1211-1212.

40C’est le cas dans la Résolution des ordres numériques23. À la page 11 de l’exemplaire de Clermont, le titre courant contient le mot TRACTATUS, ce qui, avec la page précédente 10, forme le titre aberrant NUMERICORUM ORDINUM TRACTATUS.

Fig. 5. Recueil 1037-EM0011.

Fig. 5. Recueil 1037-EM0011.

Fig. 6. Recueil 1037-EM0011.

Fig. 6. Recueil 1037-EM0011.

41La seconde impression corrige : on lit à la page 10, NUMERICORUM ORDINUM, et page 11, SUMMA, ce qui forme le titre courant acceptable NUMERICORUM ORDINUM SUMMA.

42De manière semblable, dans l’impression de Clermont, la page 14 porte le titre courant irrecevable DE NUMERICORUM, suivi, page 15, de CONTINUORUM PRODUCTIS. Dans la seconde impression la page 14 porte DE NUMERORUM, et la page 15, CONTINUORUM PRODUCTIS, ce qui corrige l’erreur patente.

Fig. 7. Recueil 1037-EM0011.

Fig. 7. Recueil 1037-EM0011.

Fig. 8. Recueil 1037-EM0011.

Fig. 8. Recueil 1037-EM0011.

Modification du lignage

  • 24 OC II, p. 1212.

43Les modifications du lignage, assez nombreuses dans les opuscules concernés, proviennent parfois de la nécessité de gagner de l’espace. Elles sont souvent dues à des raisons insignifiantes, comme dans l’énoncé du Problema 4 du Numericorum ordinum tractatus, où la césure du verbe imperabitur n’est modifiée qu’en raison du changement de dimension de l’initiale du paragraphe, sans doute destinée à donner du relief à ce problème24.

Fig. 9. Recueil 1037-EM0011

Fig. 9. Recueil 1037-EM0011

44Mais d’autres décalages moins insignifiants ont donné lieu à une recomposition plus importante.

45Dans deux tractaculi au moins, on constate de telles variations dans la typographie des lignes, des coupures de mots différentes, voire des passages d’un mot d’une ligne à une autre.

  • 25 Respectivement OC II, dans la première impression p. 1204-1207, et dans la deuxième impression, p. (...)

46Le Numeri figurati est passé en partie dans la seconde impression : Pascal a traduit en français le corps du traité sous le titre Traité des ordres numériques, mais il a laissé en latin les dernières sections, les plus techniques : le De numericorum ordinum compositione, les deux De numericorum ordinum resolutione et le De numericorum ordinum summa25.

  • 26 Voir OC II, p. 1210, et à la page 9 des imprimés originaux.

47Dans le Problema 2, De numericorum ordinum resolutione, du même tractaculus, le lignage de tout un paragraphe a été modifié26.

Fig. 11. Recueil 1037-EM0011.

Fig. 11. Recueil 1037-EM0011.
  • 27 OC II, p. 1210, et p. 10 des originaux.

48Les raisons qui expliquent ces modifications sont diverses, et parfois difficiles à saisir. Mais d’autres modifications se trouvent un peu plus bas dans la même section27, qui confirment en tout cas que l’imprimeur a dû recomposer au moins un paragraphe.

Modifications sur la présentation des énoncés

49Il est difficile de dire si certaines modifications sont dues à une décision de Pascal ou à une initiative de l’imprimeur. Par exemple, dans le passage du Numeri figurati consacré à la composition des ordres numériques, on note quelques différences de détail entre les deux impressions.

50Pascal y prétend avoir « arraché un secret aux nombres », dans un texte ainsi présenté à la page 8 :

  • 28 Jean Mesnard, OC II, p. 1207 traduit le passage comme suit : « À partir de là, nous pouvons, en pa (...)

Hinc autem obiter colligere possumus arcanum numericum, cum enim ambo illi quotientes, 15, sint iidem, constat, divisores esse inter se ut dividendos. Animadvertemus itaque hanc prop.
Si sint duo quilibet numeri ; Productus omnium numerorum primum ex ambobus propositis praecedentium, est ad productum totidem numerorum quorum primus est secundus ex his ambobus, ut productus ex omnibus qui praecedunt secundum ex illis ambobus, ad productum totidem numerorum continuorum quorum primus est primus ex iis ambobus propositis28.

51La deuxième impression apporte de subtiles modifications :

Hinc autem obiter colligere possumus arcanum numericum, cum enim ambo illi quotientes, 15, sint iidem, constat, divisores esse inter se ut dividendos. Animadvertemus itaque.
Si sint duo quilibet numeri ; Productus omnium numerorum primum ex ambobus propositis praecedentium, est ad productum totidem numerorum quorum primus est secundus ex his ambobus, ut productus ex omnibus qui praecedunt secundum ex illis ambobus, ad productum totidem numerorum continuorum quorum primus est primus ex iis ambobus propositis.

52La disparition de hanc prop. et des caractères romains dans la seconde impression répond-elle à une intention de Pascal ou à une initiative de l’imprimeur ? Il est bien difficile de le dire.

Modifications du texte dues à la nécessité de gagner de l’espace

53Plusieurs corrections ne peuvent avoir été faites que sous la direction de Pascal lui-même.

54Certaines modifications tiennent au fait que Pascal a dû ajouter du texte à des endroits qui en étaient déjà chargés. Les répercussions sont parfois importantes.

  • 29 Références : pour la première impression, voir l’exemplaire original de Clermont, p. 7-8 de l’impr (...)

55Dans le De numericis ordinibus tractatus, le Problema 1, De numericorum ordinum compositione, a été en partie réécrit. Dans les deux impressions l’énoncé est le même : « Datis numeri cujuslibet, radice et exponente ordinis, componere numerum29 ». Mais cette section contenait deux Corollaires. Le premier va comme suit :

  • 30 OC II, p. 1205.

Omnis numerus figuratus, ductus in productum numerorum qui praecedunt radicem, aequatur producto totidem numerorum quorum primus est exponens ordinis30.

56Et le second :

  • 31 OC II, p. 1206-1207.

Omnis numerus figuratus, ductus in productum numerorum qui praecedunt exponentem ordinis, aequatur producto totidem numerorum continuorum quorum primus sit radix31.

  • 32 Voir OC II, p. 1329-1330.

57Dans la première rédaction, la section sur la composition des ordres numériques occupait les trois quarts de la page 7. Mais dans la deuxième, où l’ancien Numeri figurati est passé en français, il a fallu placer une frise et une introduction au De numericis ordinibus tractatus latin32 : il ne lui en restait plus que la moitié. Il a fallu condenser considérablement le texte pour ménager la section suivante pour ne pas avoir à étendre la recomposition sur plusieurs pages. Pascal a donc fait supprimer les deux Corollaires, tout en préservant leur substance dans un texte resserré.

Modification des propositions

58Certaines modifications atteignent le sens du texte d’une manière assez inhabituelle. Il est rare en effet que les mathématiciens donnent des indications sur la peine qu’a exigée leur recherche. C’est le cas dans la Conclusion du Numeri figurati. Dans l’exemplaire de Clermont, page 11, Pascal écrit :

Methodus quâ ordinum resolutionem expedio est generalissima, verum non mihi primo sic venit in mentem, quae primum sese obtulit ea est.

59La seconde impression informe le lecteur sur la persévérance dont Pascal témoigné dans son travail.

  • 33 OC II, p. 1213.

Methodus quâ ordinum resolutionem expedio est generalissima, verum ipsam diu quaesivi, quae primo sese obtulit ea est33.

60La suite de cette même Conclusion apporte des précisions d’ordre mathématique. Dans le deuxième paragraphe, Pascal a d’abord écrit :

Si dati numeri quaerebatur radix tertii ordinis, ita procedebam. Sumatur duplum numeri propositi, istius dupli radix quadrata inveniatur, haec quaesita est.

61Cette fois, le remaniement apporte une précision bien nécessaire :

  • 34 OC II, p. 1213.

Si dati numeri quaerebatur radix tertii ordinis, ita procedebam. Sumatur duplum numeri propositi, istius dupli radix quadrata inveniatur, haec quaesita est aut saltem ea quae unitate minor erit34.

62Le troisième paragraphe présente une autre modification significative qui a retenti sur le lignage. Dans la première impression, Pascal écrit :

Si dati numeri quaeritur radix quarti ordinis : Multiplicetur numerus datus per 6, nempe productum numerorum, 1, 2, 3 ; Producti inveniatur radix cubica seu 3 gradus, ipsa satisfaciet.

63La seconde impression supprime la mention seu 3 gradus, mais ajoute une incise entre les mots ipsa et satisfaciet :

  • 35 OC II, p. 1213.

Si dati numeri quaeritur radix quarti ordinis, Multiplicetur numerus datus par 6, nempe per productum numerorum 1, 2, 3 ; producti inveniatur radix cubica, ipsa, aut ea quae unitate minor est, satisfaciet35.

64Ces modifications proprement mathématiques ne peuvent être attribuées qu’à Pascal.

Le cas du De numerorum continuorum productis

  • 36 Voir la définition de ces produits OC II, p. 1215 ; dans le R 1037 -Em0011 et l’exemplaire de la B (...)

65À ma connaissance, le De numerorum continuorum productis n’a jamais intéressé grand monde. Sans doute ce fait provient-il de ce que les propositions que Pascal y énonce peuvent être écrites sous la forme de fractions dont le numérateur et le dénominateur sont des produits de nombres entiers dont la simplification est immédiate36. C’est pourtant l’un des plus intéressants du point de vue qui nous occupe.

66Ce traité comporte des modifications significatives qui ont comme les précédentes entraîné des recompositions.

67La Proposition 2 de l’impression latine est la suivante :

Omnis productus a quotlibet numeris continuis, est multiplex producti a totidem numeris continuis quorum primus est unitas.

68La seconde impression souligne le rapport avec les ordres numériques et le Triangle arithmétique, qui manquait dans la première : :

Omnis productus a quotlibet numeris continuis, est multiplex producti a totidem numeris continuis quorum primus est unitas ; et quotiens est numerus figuratus.

69La Proposition 3 est de même farine. Dans l’impression latine, elle revêt la forme suivante :

Omnis productus a quotlibet numeris continuis est multiplex numeri ordinis cujusdam numerici, nempe ejus cujus exponens unitate major est quam multitudo numerorum multiplicatione oritur, radix vero, eadem ac minimus ex his numeris.

Fig. 13. Première impression.

Fig. 13. Première impression.
  • 37 Noter que les i de la première impression sont devenus des j dans la seconde.

70Elle devient, dans la seconde impression37 :

  • 38 OC II, p. 1218. Voir les originaux à la page 14.

Omnis productus a quotlibet numeris continuis est multiplex numeri cujusdam figurati, nempe ejus cujus radix est minimus ex his numeris, exponens vero ordinis est unitate major quam multitudo horum numerorum38.

Fig. 14. Seconde impression.

Fig. 14. Seconde impression.

71Pascal ne procède là qu’à une inversion dans l’ordre de la racine et de l’exposant qui serait de peu d’intérêt, si la référence aux nombres figurés dans la deuxième impression ne remplaçait pas un appel aux ordres numériques dans la première. Mais le mouvement, dans tout le reste des traités de la seconde impression, va en sens directement inverse, remplaçant les numeri figurati par les ordines numerici.

72On retrouvera une substitution analogue dans le Monitum qui suit la Proposition 3. Le texte initial est le suivant :

  • 39 De numericorum sic continuorum productis, R. 1037-Em0011, p. 14.

Ambo divisores in his duabus propositionibus ostensi, tales sunt, ut alter alterius sit quotiens. Ita ut quilibet productus a quotlibet numeris continuis, divisus per productum totidem numerorum ab unitate incipientium, ut secunda propositio docet fieri posse, quotiens erit numerus ordinis enunciati in tertia prop39.

  • 40 OC II, p. 1218.

73La seconde impression reprend les premières lignes de la précédente, mais dans les derniers mots, elle insiste encore sur le lien avec les nombres figurés : « … quotiens sit numerus figuratus in tertia propositione enuntiatus40 ». Cette différence marque-t-elle une intention non déclarée de l’auteur ?

Addition d’une proposition

74Paradoxe amusant, il est une modification qui n’a pas entraîné de bouleversement dans la composition, alors qu’elle est d’une importance considérable : l’apparition, dans la seconde impression du même traité De numerorum continuorum productis, d’une Proposition 7 qui ne se trouvait nulle part dans la première. Comme elle occupe un bas de page vierge dans la première impression, l’ajout n’a rien bouleversé dans la suite.

  • 41 OC II, p. 1220.

Prop. 7. Minimus productus continuorum cujuslibet speciei, ille est cujus multiplicatores ab unitate incipiunt.
V. g. minimus productus ex quatuor continuis factus, ille est qui producitur ex quatuor his continuis, 1, 2, 3, 4, qui quidem multiplicatores 1, 2, 3, 4 ab unitate incipiunt. Hoc ex se et ex praecedentibus patet41.

75Cette proposition a été différemment traitée par les éditeurs.

76L’édition des Grands écrivains de la France ne reproduit que la seconde impression du De numerorum continuorum productis, mais omet même tout le traité dans l’appendice qui révèle l’existence de l’impression latine.

77Jean Mesnard, dans son édition, n’indique pas les différences entre les deux De numerorum continuorum productis. Comme il fournit le texte de la seconde impression, il n’indique pas, entre autres, que la Proposition 7 ne figurait pas à la fin du traité primitif.

  • 42 OC II, p. 1221 et 1228.

78Michel Le Guern enfin a retenu la différence des deux impressions, mais il a réduit cette dernière proposition à l’état de variante, ce qui a quelque chose de gênant, s’agissant d’une démonstration assez importante pour que Pascal ne la laisse pas sans démonstration. L’usage en apparaît dans le diorisme de la Résolution des produits de nombres continus qui sont « obtenus à partir de nombres qui se succèdent en série naturelle » et dans le postulat du Numericarum Potestatum generalis resolutio qui pose que le « plus petit produit d’autant qu’on voudra de nombres continus est celui dont les multiplicateurs commencent par l’unité42 ». La nécessité de cette démonstration ne s’est imposée à Pascal que la première impression achevée, et il n’a pas hésité à l’ajouter, parce qu’elle ne modifiait pas gravement la disposition de la page.

Fig. 15. Première impression.

Fig. 15. Première impression.

Fig. 16. Seconde impression. BnF.

Fig. 16. Seconde impression. BnF.

79Sous des formes différentes, c’est le processus de l’invention chez Pascal qui se trouve ainsi occulté.

Le Numericarum potestatum generalis resolutio et ses suites

80Cependant, cette première conclusion demande à être complétée. Car elle cesse brusquement de s’appliquer à la suite des traités latins qui suivent le De numerorum continuorum productis.

81Dans le Numericarum potestatum generalis resolutio, le Combinationes, le Potestatum numericarum summa et le De numeris multiplicibus, c’est-à-dire dans des opuscules qui appartiennent au quatrième élément, dont ils occupent les pages 18 à 48, on ne trouve aucune des différences que nous avons observées jusqu’ici, quoique dans ce même élément se trouvent aussi, aux pages 1 à 17, des traités qui ont subi des modifications. En d’autres termes, le travail de révision entrepris par Pascal s’est arrêté net après le De numerorum continuorum productis.

82À première vue, il peut sembler étrange que la coupure se situe entre le recto et le verso d’une même feuille, aux pages 17 et 18. Mais on sait que chaque cahier comportait huit pages. Le deuxième cahier de cet élément devait donc être la page 16. La page 17 est la première d’un nouveau cahier : c’est la dernière du De numerorum continuorum productis, et au verso, page 18, la seconde du troisième cahier dans la pagination, mais la première du Numericarum potestatum generalis Resolutio. On constate que la page 17, dernière du De numerorum continuorum productis, ne présente aucune différence d’une impression à l’autre. On peut donc écrire sans paradoxe que l’entreprise de révision s’est arrêtée à la dernière page de ce traité.

Retour sur le Combinationes

83C’est donc sur ces derniers opuscules, laissés vierges de toute correction, qu’il faut s’arrêter.

84Le Combinationes, qui suit immédiatement le Numericarum potestatum generalis resolutio, n’a subi aucune correction.

85Il aurait pourtant mérité une révision. Le problème est latent depuis les premières pages du Triangle arithmétique, du fait que la génération des nombres placés dans les cellules n’est pas la même dans les deux impressions. Dans la version latine, dans le premier rang parallèle, par construction « chaque cellule contient l’unité ». C’est aussi par construction que le premier rang perpendiculaire ne contient aussi que des unités. Dans ces conditions, Pascal n’avait pas à démontrer le fait que le premier rang parallèle est entièrement composé d’unités.

  • 43 Dans le texte latin, cette forme de genèse est le premier Consectarium, OC II, p. 1179.
  • 44 En fait, la possibilité d’une cellule G quelconque n’est pas exploitée dans le cours du traité, Pa (...)

86En revanche, la rédaction française témoigne de la volonté de Pascal de prendre des distances à l’égard des nombres figurés, et de les réduire à un cas particulier de la genèse du Triangle arithmétique. Dans la version française, la cellule G peut, au moins en théorie, contenir n’importe quel nombre entier positif. D’autre part, le mode de génération des cellules change : le nombre de chacune est égal à la somme des deux cellules voisines, en haut et à gauche43. Si bien que, contrairement à la version latine, où l’arbitraire portait sur deux suites de nombres tous égaux à l’unité, la seconde le réduit au choix d’un seul nombre dans la cellule G44.

  • 45 OC II, p. 1289.

87Mais comme cela n’est plus établi par construction, il devient de ce fait nécessaire de démontrer que « toutes les cellules du premier rang parallèle et du premier rang perpendiculaire sont pareilles à la génératrice45 ». Par conséquent, le Triangle arithmétique compte une Conséquence de plus que le Triangulus arithmeticus.

Impression latine (L) Impression française (F)
Par construction La première cellule d’un rang quelconque est l’unité. Dans le premier rang parallèle, chaque cellule contient l’unité. Dans les rangs perpendiculaires, la première cellule est l’unité. (‬F C1) Une cellule quelconque égale la somme des cellules du rang précédent, comprises entre la coradicale et la première inclusivement. (F C2) Le nombre de chaque cellule est égal à celui de la cellule qui la précède dans son rang perpendiculaire, plus à celui qui la précède dans son rang parallèle. (L C1)
Cons. 1 Chaque cellule est égale à la prochainement plus petite du même rang, plus à la prochainement plus petite coradicale. (F Construction) Toutes les cellules du premier rang parallèle et du premier rang perpendiculaire sont pareilles à la génératrice. (L Construction)
Cons. 2 Chaque cellule est égale à la somme de celles qui procèdent de la racine précédente dans les rangs successifs depuis le sien jusqu’au premier inclusivement. (F C3) Chaque cellule est égale à la somme de toutes celles du rang parallèle précédent comprises depuis son rang perpendiculaire jusques au premier inclusivement. (L Construction)
Cons. 3 Chaque cellule diminuée de l’unité est égale à la somme des cellules comprises entre son rang et ses coradicales exclusivement. (F C4) Chaque cellule égale la somme de toutes celles du rang perpendiculaire précédent comprises depuis son rang parallèle jusques au premier inclusivement. (L C2)
Cons. 4 Les cellules réciproques sont égales entre elles. (F C5) Chaque cellule diminuée de l’unité est égale à la somme de toutes celles qui sont comprises entre son rang parallèle et son rang perpendiculaire. (L C3)
Cons. 5 Chaque cellule est égale à sa réciproque. (L C4)

88C’est d’autant plus étonnant que ce décalage rend le traité quasi impropre à la publication. On sait que la méthode de Pascal consiste à démontrer les propositions sur les nombres figurés et les combinaisons en les mettant en correspondance avec les Conséquences du Triangle arithmétique. Dans l’impression latine, les démonstrations se succèdent sans obstacle, car dans chaque proposition du Combinationes, Pascal indique à quel Consectarium elle renvoie. La seconde impression est beaucoup plus problématique. Le Numeri figurati traduit en français est devenu le Traité des ordres numériques, dont les références ont été correctement harmonisées avec le nouveau Triangle arithmétique. Mais le Combinationes, lui, n’a pas bénéficié du même traitement, de sorte que la nouvelle première Conséquence du Triangle arithmétique en a rendu d’un coup toutes les références inexactes.

Le Combinationes renvoie au Triangulus arithmeticus il devrait renvoyer dans la deuxième impression au
Propositio 1 Consectarium 4 Conséquence 5
Propositio 2 Consectarium 17 Conséquence 18
Propositio 3 Consectarium 10 Conséquence 11
Propositio 4 Consectarium 13 Conséquence 14
Propositio 5 Consectarium 11 Conséquence 12
Propositio 6 Consectarium 12 Conséquence 13
Propositio 7 Consectarium 7 Conséquence 8
Propositio 8 Consectarium 6 Conséquence 7
Propositio 9 Néant
Propositio 10 Consectarium 8 Conséquence 9

89Bien entendu, il n’est pas impossible de rétablir les véritables correspondances avec le Triangle arithmétique. Mais Pascal pouvait-il se permettre de publier un traité dont les références internes fussent aussi systématiquement erronées ? Le lecteur qui, à l’époque, lisait le traité de Pascal, sans avoir aucune connaissance de l’existence ni de la structure du Triangulus arithmeticus, devait se demander par quelle aberration ou quelle malice Pascal avait persisté à le renvoyer systématiquement à une démonstration erronée. Le contraste est choquant avec le Traité des ordres numériques, exempt de références inexactes, dont la traduction montre bien que Pascal voulait mettre au net l’ensemble de son livre. Mais c’est un fait qu’il n’a même pas entamé le Combinationes.

90Quant au Potestatum numericarum summa, s’il a reçu un Usage propre, il n’a pas subi la moindre correction, pas plus que le De numeris multiplicibus.

91La conclusion qui s’impose est que Pascal avait bien entamé une campagne de révision de l’ensemble des petits traités latins, qui s’est arrêtée brusquement avec la Résolution générale des puissances numériques et le Combinationes.

  • 46 L’auteur en propose une ingénieuse divination pour les partis, rédigée dans le style de Pascal.
  • 47 Voir l’éd. J. Mesnard, OC III, p. 837-867, qui fournit les documents sur cette suite des recherche (...)

92Quel relief prend alors la conclusion de Laurent Kyriacopoulos sur l’existence et l’absence du petit discours sur les partis, manquant dans le Traité du Triangle arithmétique, dont il a été question plus haut. Il estime qu’il visait à un but identique à celui des autres traités, savoir la résolution des problèmes respectifs sans passer par le triangle arithmétique46. En fait, il n’est pas certain que l’intention de Pascal était d’aligner ce petit discours sur les Problèmes qui terminent les autres traités : il porte, selon son auteur, sur les conséquences des proportions des cellules qui ont été données dans le Traité du Triangle, en vue de donner l’intelligence et le moyen de les étendre plus avant. Cette indication semble plutôt annoncer un développement de l’emploi du Triangle arithmétique pour les partis qu’une méthode qui permette de s’en passer. Cette différence n’aurait rien d’étonnant : l’objet de l’Usage pour les partis est très différent des autres tractaculi, et il appartient à un autre temps de la rédaction. Faute de document, il est impossible de conclure. Mais quoi qu’il en soit, il n’est guère contestable que Pascal ait projeté de composer un développement qui manque dans l’état actuel du Triangle arithmétique. Peut-être Pascal n’a-t-il pas eu le loisir de le composer. Et s’il a pu l’écrire, peut-être l’a-t-il supprimé ou tout simplement perdu. Mais la correspondance qu’il a entretenue après sa conversion en 1656-1657 témoigne que ses travaux étaient beaucoup plus avancés que ne le montre l’Usage pour les partis47.

93En d’autres termes, le Traité du triangle arithmétique, qui était en cours de réforme, doit rejoindre les rangs des ouvrages inachevés de Pascal.

94Dernier problème : peut-on rendre raison de ces mutations subies par le Traité du Triangle arithmétique, du projet de révision à son échec ?

95Si Pascal s’est lancé dans la traduction et l’enrichissement de son traité, c’est très vraisemblablement qu’ayant découvert la liaison entre triangle arithmétique et géométrie du hasard, il a pris conscience que son ouvrage enrichi d’un traité des partis pourrait attirer l’attention de lecteurs appartenant, non pas seulement aux cercles savants, mais aussi aux personnes du monde amateurs de jeux. Ce projet supposait qu’il s’engage dans une traduction du latin, langue savante, au français, au moins pour les opuscules principaux.

96Qu’est-ce qui a provoqué l’abandon de cette entreprise ?

97Depuis le xviiie siècle, on répète après Voltaire et Condorcet que Pascal a quitté les sciences parce qu’au cours de la nuit de feu, il s’est converti au jansénisme. Je ne tiens pas à discuter ici la seconde partie de cette affirmation sur la conversion au jansénisme. Les travaux de Philippe Sellier lui ont ôté tout fondement. D’autre part, Jean Mesnard a solidement montré que Pascal n’a pas, avec sa conversion, abandonné les sciences : il a continué à conférer indirectement avec Fermat et Huygens sur la doctrine des partis, et il a publié en 1658 ses écrits sur la roulette. S’il a renoncé à quelque chose, c’est à la recherche de la gloire par la publication de ses inventions mathématiques. L’orgueil avec lequel il annonçait ses « inventions » dans sa dédicace à l’académie Le Pailleur lui est sans doute apparu a posteriori comme une manifestation de libido sciendi. Au moment où il travaillait sur son livre, il traversait une période de sécheresse spirituelle, dont il avait fait confidence à sa sœur Jacqueline, et qui s’acheva sur la nuit du Mémorial. Il n’en faudrait guère plus pour que l’on attribue l’arrêt de la révision du Triangle arithmétique à la conversion de nuit du 23 novembre 1654. Mais il est dangereux de simplifier les choses. Dès la fin 1654, Jacqueline écrivait à sa sœur que Blaise hésitait sur le « genre de vie » qu’il devait choisir.

  • 48 Lettres de Jacqueline à Gilberte du 8 décembre 1654 et du 25 janvier 1655, OC III, p. 67 et p. 71.

Il s’ouvrit à moi d’une manière qui me fit pitié, en m’avouant qu’au milieu de ses occupations qui étaient grandes, et parmi les choses qui pouvaient contribuer à lui faire aimer le monde, et auxquelles on avait raison de le croire fort attaché, il était de telle sorte sollicité de quitter tout cela, et par une aversion extrême qu’il avait des folies et des amusements du monde et par le reproche continuel que lui faisait sa conscience, qu’il se trouvait détaché de toutes choses d’une telle manière qu’il ne l’avait jamais été de la sorte, ni rien d’approchant ; mais que d’ailleurs il était dans un si grand abandonnement du côté de Dieu qu’il ne se sentait aucun attrait de ce côté-là48.

98L’aversion à l’égard des « choses qui pouvaient contribuer à lui faire aimer le monde » est peut-être ce qui a éloigné Pascal de la publication de son projet mathématique, plus que la conversion elle-même.

Conclusion

  • 49 J’ai par exemple tenté de montrer ce que le resserrement de la typographie de quelques pages de la (...)

99Il ne faut évidemment pas attendre de l’étude de la typographie des éditions anciennes plus qu’elle ne peut donner49. Quoique les irrégularités dans les textes relatifs au Triangle arithmétique révèlent certaines techniques de Pascal, les conclusions de la présente étude sont essentiellement négatives : que le Traité du Triangle arithmétique est inachevé, que Pascal comptait lui ajouter des prolongements dont la nature est fort incertaine, et que nous ne pouvons guère savoir exactement ce qu’il aurait été, si Pascal avait abouti dans son entreprise de révision. Mais elles permettent de ne pas prendre ce qui n’était que travail déjà avancé, mais inachevé, pour ce qu’il ne sera jamais. Certaines éditions des Pensées ont déjà montré ce qu’engendrait l’illusion de pouvoir finir à la place de Pascal les textes qu’il a laissés imparfaits.

100Mais cela ne nous ôte pas la possibilité de rêver à ce qu’aurait pu être le Traité du Triangle arithmétique « complet ».

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Notes

1 Ce recueil a été conservé sous les cotes successives B 5568 (R), puis R 1037, aujourd’hui Em0011. Il est signalé dans le tome III de l’édition des Grands écrivains de la France, p. 609-610, mais avec des lacunes (notamment pour le De numerorum continuorum productis). Ce recueil est apparemment unique. Il n’est décrit avec précision que dans le premier volume de l’édition par Jean Mesnard de Blaise Pascal, Œuvres complètes, Paris, Desclée De Brouwer, 1964, tome I, p. 274-276. Les pièces peuvent en être téléchargées dans une excellente résolution sur le site Overnia de la Bibliothèque du Patrimoine de Clermont-Ferrand, dans la section intitulée Un provincial nommé Blaise Pascal. L’édition de Jean Mesnard, à laquelle nous renvoyons, est signalée dans le présent article par le sigle OC, suivi du numéro du tome.

2 Notamment sur le numéro des propositions qui contenaient le raisonnement par récurrence, et les références du traité Combinationes dont il sera question ci-dessous.

3 J’emprunte le terme élément à l’introduction de Jean Mesnard. Un élément comporte un ou plusieurs cahiers, selon l’importance des traités qui y sont imprimés. L’introduction de Jean Mesnard, OC II, p. 1167 donne la distribution des tractaculi en quatre éléments d’importance différente.

4 Le volume OC I donne la liste des pièces contenues dans le recueil R 1037/Em0011. Voir la notice du Triangle arithmétique dans OC II, p. 1166-1175. Notons en passant que la page de titre du traité latin a été perdue dans ce recueil, de sorte qu’on ne peut le désigner que par le titre courant, Triangulus arithmeticus. Celle du Triangle arithmétique manque aussi ; mais on peut s’appuyer sur l’exemplaire mis en ligne par la BnF pour le connaître : Traité du Triangle arithmétique, avec quelques autres petits traités sur la même matière, Par Monsieur Pascal.

5 OC II, p. 1332. Une coquille renvoie à la p. 1211 ; lire p. 1208. Il faut noter que ce nouveau Traité des ordres numériques manque dans le R 1037/Em0011 de Clermont, sans que rien n’explique cette lacune.

6 Seules les circulaires qui ouvrent et règlent le concours sont alors en latin, mais dès que la polémique interne commence, Pascal revient au français.

7 OC II, p. 1153-1154.

8 La liste des titres du recueil montre que ce Traité des ordres numériques est placé dans la troisième partie de l’imprimé, après le dernier Usage, savoir l’Usage pour trouver les puissances des binômes.

9 OC II, p. 1328. Le Traité des ordres numériques ne doit être confondu ni avec l’Usage pour les ordres numériques, ni avec le Numeri figurati latin. Pascal a traduit le Numeri figurati en français ; il en a ensuite séparé le début pour en faire l’Usage ; puis il a placé sous le titre de Traité des ordres numériques la suite de sa traduction parmi les autres traités. Il a enfin accroché à ce dernier une reprise partielle de son Numeri figurati originel en latin (la composition, la résolution et la somme des ordres numériques).

10 OC II, p. 1154.

11 Voir plus bas les remarques qui s’imposent sur ce sujet.

12 La page 12 est blanche et non numérotée. Voir OC II, p. 1288-1299. Je reprends le terme élément, dont use Jean Mesnard. Chaque élément contient un ou plusieurs cahiers continus.

13 OC II, p. 1300.

14 OC II, p. 1300-1302.

15 OC II, p. 1302-1307.

16 OC II, p. 1308-1313.

17 À partir de cet ouvrage, l’édition de Jean Mesnard renvoie à la première impression du Numeri figurati, de sorte que la numérotation des pages devient inutile pour nous ; seule celle de l’imprimé original présente ici un certain intérêt.

18 OC II, p. 1300 sq.

19 OC II, p. 1320.

20 Voir Laurent Kyriacopoulos, « Peut-on tout de même parler d’un “triangle de Pascal” ? », Revue d’histoire des mathématiques, 6, 2000, p. 167-217.

21 OC II, p. 1170.

22 OC II, p. 1209.

23 OC II, p. 1211-1212.

24 OC II, p. 1212.

25 Respectivement OC II, dans la première impression p. 1204-1207, et dans la deuxième impression, p. 1330-1332 ; et pour les trois derniers, p. 1208-1211, p. 1211-1212 et 1212-1213.

26 Voir OC II, p. 1210, et à la page 9 des imprimés originaux.

27 OC II, p. 1210, et p. 10 des originaux.

28 Jean Mesnard, OC II, p. 1207 traduit le passage comme suit : « À partir de là, nous pouvons, en passant, arracher un secret aux nombres. Puisque les deux quotients, 15, sont pareils, il est clair que les diviseurs sont entre eux comme les dividendes. Notons donc cette proposition : Soient deux nombres quelconques : le produit de tous les nombres qui précèdent le premier des deux proposés est au produit d’autant de nombres commençant par le second des deux comme le produit de tous ceux qui précèdent le second des deux au produit d’autant de nombres continus commençant par le premier des deux proposés. »

29 Références : pour la première impression, voir l’exemplaire original de Clermont, p. 7-8 de l’imprimé original du Numeri figurati ; voir OC II, p. 1204. Pour la deuxième impression, voir OC II, p. 1330 ; sur les exemplaires originaux de cette deuxième impression du De numeris ordinibus, voir p. 7-8 du De numericis ordinibus tractatus.

30 OC II, p. 1205.

31 OC II, p. 1206-1207.

32 Voir OC II, p. 1329-1330.

33 OC II, p. 1213.

34 OC II, p. 1213.

35 OC II, p. 1213.

36 Voir la définition de ces produits OC II, p. 1215 ; dans le R 1037 -Em0011 et l’exemplaire de la BnF, p. 13. Contrairement aux opuscules qui le précèdent, l’édition de Jean Mesnard ne signale pas les différences entre les deux impressions de ce traité, et se contente d’en proposer le texte de la seconde. L’édition de Michel Le Guern les propose sous la forme de variantes. Voir plus bas.

37 Noter que les i de la première impression sont devenus des j dans la seconde.

38 OC II, p. 1218. Voir les originaux à la page 14.

39 De numericorum sic continuorum productis, R. 1037-Em0011, p. 14.

40 OC II, p. 1218.

41 OC II, p. 1220.

42 OC II, p. 1221 et 1228.

43 Dans le texte latin, cette forme de genèse est le premier Consectarium, OC II, p. 1179.

44 En fait, la possibilité d’une cellule G quelconque n’est pas exploitée dans le cours du traité, Pascal se bornant à l’étude du triangle de génératrice 1.

45 OC II, p. 1289.

46 L’auteur en propose une ingénieuse divination pour les partis, rédigée dans le style de Pascal.

47 Voir l’éd. J. Mesnard, OC III, p. 837-867, qui fournit les documents sur cette suite des recherches sur les partis ; A.W.F. Edwards, Pascal’s Arithmetical Triangle, Oxford University & Charles Griffin, New York & Londres, 1987 ; et Ernest Coumet, « Sur le calcul ès jeux de hasard de Huygens. Dialogue avec les mathématiciens français (1655-1657) », in Œuvres d’Ernest Coumet, éd. Thierry Martin et Sophie Roux, Presses Universitaires de Franche-Comté, 2016, p. 437-452. Jean Mesnard et A.W.F. Edwards insistent également sur la part prépondérante que Pascal a prise dans les débats et les découvertes de cette période. Sur la réévaluation de la contribution de Pascal dans le domaine des partis, voir p. 842.

48 Lettres de Jacqueline à Gilberte du 8 décembre 1654 et du 25 janvier 1655, OC III, p. 67 et p. 71.

49 J’ai par exemple tenté de montrer ce que le resserrement de la typographie de quelques pages de la Lettre à Carcavy permettait d’en reconstituer l’état primitif. Voir Dominique Descotes, « Genèse des Corollaires 1 et 2 de la Lettre à Carcavy de Blaise Pascal », Revue d’Histoire des sciences, 51/1, 1998, p. 127-138.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. Bibl. Clermont.
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Fichier image/jpeg, 91k
Titre Fig. 2. BnF.
URL http://journals.openedition.org/cbp/docannexe/image/387/img-2.jpg
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Titre Fig. 3.
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Titre Fig. 4.
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Titre Fig. 5. Recueil 1037-EM0011.
URL http://journals.openedition.org/cbp/docannexe/image/387/img-5.jpg
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Titre Fig. 6. Recueil 1037-EM0011.
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Titre Fig. 7. Recueil 1037-EM0011.
URL http://journals.openedition.org/cbp/docannexe/image/387/img-7.jpg
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Titre Fig. 8. Recueil 1037-EM0011.
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Titre Fig. 9. Recueil 1037-EM0011
URL http://journals.openedition.org/cbp/docannexe/image/387/img-9.jpg
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Titre Fig. 10. BnF
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Titre Fig. 11. Recueil 1037-EM0011.
URL http://journals.openedition.org/cbp/docannexe/image/387/img-11.jpg
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Titre Fig. 12. BnF.
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Titre Fig. 13. Première impression.
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Titre Fig. 14. Seconde impression.
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Titre Fig. 15. Première impression.
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Titre Fig. 16. Seconde impression. BnF.
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Pour citer cet article

Référence papier

Dominique Descotes, « Sur la genèse du Traité du Triangle arithmétique »Courrier Blaise Pascal, 41-42 | 2020, 155-180.

Référence électronique

Dominique Descotes, « Sur la genèse du Traité du Triangle arithmétique »Courrier Blaise Pascal [En ligne], 41-42 | 2020, mis en ligne le 16 février 2022, consulté le 09 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/cbp/387 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cbp.387

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Auteur

Dominique Descotes

IHRIM, Université Clermont Auvergne

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