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Mémoires, thèses et habilitations

De Goya au « goyesque ». Fondements et fortune de la construction d’une visibilité au musée du Prado (1819-1996)

De Goya a lo «goyesco». Fundamentos y fortuna de la construcción de una visibilidad en el museo del Prado (1819-1996)
From Goya to the “Goyesque”. Foundations and Fortune of the Construction of a Visibility in the Prado Museum (1819-1996)
Eva Sebbagh

Notes de la rédaction

Thèse de doctorat réalisée sous la direction de Madame le Professeur Nancy Berthier (Sorbonne Université), soutenue le 4 décembre 2021 devant un jury composé des professeurs Eugenia Afinoguénova (Marquette University), Pierre Géal (Université Grenoble Alpes), François Mairesse (Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3), Jacques Soubeyroux (Université Jean Monnet - Saint-Etienne) et Cécile Vincent-Cassy (Cergy Paris Université).

Texte intégral

Encore Goya ?

1Le surgissement récurrent du nom de l’artiste dans le champ de la recherche universitaire laisse a priori planer un doute quant à la pertinence de lui consacrer une nouvelle thèse. Francisco de Goya (1746-1828) et son œuvre ont déjà fait l’objet d’un nombre si conséquent d’études qu’il semble en effet pour le moins difficile, aujourd’hui, d’en ajouter une qui contribuerait réellement à mieux connaître l’individu qu’il a été ou l’art qu’il a laissé à la postérité. Disposerait-on, pour ce faire, d’archives inédites le concernant ? Aurait-on déniché un croquis inconnu ? Retrouvé la trace d’une œuvre perdue ?

  • 1 À propos du lien existant entre la fabrique de la valeur en art et le nom propre de l’artiste dès l (...)

2Aucun de ces trois motifs n’est à l’origine du travail de recherche que nous avons entrepris. Il n’y est d’ailleurs presque jamais question de l’homme que fut Francisco de Goya. Le sujet de la thèse évoquée dans les lignes qui suivent n’est pas l’individu né dans le village aragonais de Fuendetodos en 1746, et mort quatre-vingt-deux ans plus tard en exil à Bordeaux. Ce n’est pas non plus sa production officielle en tant que peintre de cour à Madrid, ou l’ensemble de ses œuvres issues d’un élan de création plus intime. Du moins, pas au sens strict du terme, car ce travail ne s’est pas attaché à reconstituer leur contexte de réalisation. C’est le nom « Goya » qui a retenu notre attention. Cette thèse aspire à retracer les différentes étapes qui ont conduit ce nom à déborder de son rôle de marqueur d’identité pour fonctionner communément comme une marque de valeur artistique1.

  • 2 Gaston Bachelard, Le matérialisme rationnel [1953], Paris, Puf, 1972, p. 253-254.
  • 3 Dans le cas de Goya, voir par exemple : José Ortega y Gasset, Papeles sobre Velázquez y Goya [1950] (...)

3En partant du constat que le mot « Goya » a acquis un relief tout à fait inédit dans l’Histoire de l’art mondial et au-delà même de ce champ disciplinaire, l’objectif de l’étude a été de rendre compte du processus qui a permis la transformation du nom de l’artiste en véritable point de repère collectif. Il s’agissait en somme de répondre à la question « Qu’est-ce que “Goya” ? » plutôt que de se demander « Qui est Goya ? », l’emploi des guillemets autour du patronyme ayant bien ici vocation – comme le rappelle justement Bachelard – à être « le signe d’une rupture, d’une discontinuité de sens, d’une réforme du savoir »2. Nous procédions de fait ainsi à un changement de perspective, à un déplacement par rapport à la façon la plus convenue d’aborder la vie et l’œuvre de l’artiste, en nous détachant du balancement entre mythe et réalité qui d’ordinaire prévaut dans l’étude des grands personnages historiques3.

  • 4 Sur ce point, on pourra consulter : Nigel Glendinning, Goya and His Critics, New Haven – Londres, Y (...)

4Le « Goya » dont il est question dans le cadre de ce travail n’a, à cet égard, pas été pensé à l’aune d’une distinction entre ce qui aurait véritablement eu lieu du vivant de l’artiste et ce qui, à l’opposé, relèverait de l’invention de commentateurs4. Le « Goya » qui nous intéresse ici est le produit d’une construction représentationnelle étroitement liée au contexte national espagnol. Il convient par conséquent de l’appréhender comme un objet de recherche disposant d’une historicité propre ne coïncidant pas strictement avec l’existence de l’individu Francisco de Goya, que pourtant il présuppose.

  • 5 L’usage du mot « goyesque » dans ce sens large est observable dès la première moitié du xixe siècle (...)
  • 6  Agustín de la Herrán, Lo goyesco frente a la crítica, Bilbao, La Editorial Vizcaína, 1947 ; Eugeni (...)

5L’adjectif « goyesque » s’est présenté de ce point de vue comme un moyen de confirmer la particularité du fonctionnement du nom de l’artiste dans l’imaginaire collectif. La valeur singulière attachée au mot « Goya » paraît en effet se retrouver dans la capacité de cet adjectif à désigner, au-delà d’un style pictural propre, aussi bien un texte littéraire, qu’une situation, un comportement ou encore une époque5. Une spécificité que ni le « giottesque », ni le « caravagesque », ni aucune autre dérivation adjectivale construite à partir d’un nom d’artiste n’affiche aussi clairement. Or, si certains auteurs ont bien évoqué ce phénomène d’amplification sémantique6, ou plus simplement remarqué la propension du nom « Goya » à s’imposer comme une évidence dans l’esprit de quiconque le convoque, celle-ci n’a jamais constitué un objet d’étude à part entière.

Une visibilité construite sur le temps long

6Mais quelle méthodologie adopter pour étudier de manière objective l’évidence qui se dégage d’un nom ? Peut-on sérieusement voir dans cette évidence autre chose qu’un heureux hasard consacré par l’usage ? Avant même d’entreprendre tout travail de recherche, il s’est avéré nécessaire de se défaire de l’idée que seule la formule « alea iacta est » est fondée à rendre raison d’une renommée. Il a fallu assumer le fait qu’une représentation, dès lors qu’elle est partagée par un groupe, n’est pas seulement une impression intangible ou un phénomène psychologique insondable, mais qu’elle constitue bien au contraire une réalité analysable en tant qu’elle se trouve extériorisée et matérialisée à travers des supports de nature extrêmement variée. Il convenait aussi de restituer à la fortune du nom « Goya » sa qualité de construction représentationnelle historiquement déterminée, bâtie à partir d’une certaine réception de l’œuvre de l’artiste, commencée et développée dans des circonstances à éclaircir.

  • 7 Fernand Braudel, « Faillite de l’histoire, triomphe du destin ? », Mélanges d’histoire sociale, Par (...)

7Or, qui dit « réception », dit aussi « exposition », puisqu’il s’agit en l’occurrence d’un nom indissolublement lié à une production artistique : une double relativité de l’objet étudié, par rapport à une spatialité spécifique et à l’appréciation du public, qui nous a amenée à privilégier une approche étendue à plusieurs générations. De fait, en dépit des nombreux raccourcis qu’il supposait de prendre, seul le choix d’une échelle temporelle aussi large, relevant de l’« histoire profonde » défendue par Fernand Braudel7, était à même de rendre compte de l’évolution d’une visibilité amorcée du vivant de l’artiste – à l’occasion des premières présentations de ses œuvres – et vouée a priori à ne jamais connaître d’achèvement.

  • 8 Par « dispositif », nous entendons ici : « […] tout ce qui a, d’une manière ou d’une autre, la capa (...)

8Les deux pôles de la construction représentationnelle en question, d’exposition et de réception de l’art de Goya, ont également conduit à accorder une importance particulière aux différents dispositifs qui, au fil du temps, ont conditionné l’appréhension collective du nom de l’artiste8. À cet égard, il a été essentiel de clairement distinguer l’espace réel et concret de présentation des œuvres, de l’espace perçu, souvenu et éventuellement raconté par chaque individu s’étant trouvé en présence des créations du maître. D’une part, nos recherches ont dû s’appliquer à préciser les conditions matérielles d’exposition des peintures, dessins et gravures de Goya au public – le cadre privé étant ici d’office exclu pour ne pas perdre la piste de la représentation collective dont nous cherchions à retracer l’émergence. D’autre part, un travail de compilation des sources a été requis pour déterminer dans quelle mesure ce contexte de visibilité de la production de l’artiste avait eu un impact sur l’avènement de son nom au rang de lieu commun de l’Histoire de l’art.

  • 9 L’expression apparaît dans : Dominique Poulot, Une histoire des musées de France, xviiie-xxe siècle (...)

9Notre travail de recherche s’est ainsi avéré inextricablement lié à une histoire muséographique. Quel que soit l’angle sous lequel nous tentions d’aborder le processus à l’origine de l’introduction puis de l’établissement durable du nom « Goya » dans l’imaginaire collectif, il nous fallait admettre qu’il avait dû en partie se réaliser sous l’action déterminante d’un « geste muséal »9. Le musée, en tant qu’institution pensée dans un souci d’accessibilité, de conservation et de valorisation du patrimoine sur le long terme, est progressivement apparu comme une matrice de la visibilité publique du patronyme auquel nous nous intéressions.

Le musée du Prado, foyer de patrimonialisation

  • 10 À ce propos, voir : Jean Galard et Matthias Waschek (dir.), Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ?, Paris, (...)
  • 11 De ce point de vue, le rôle joué par la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando mérite égalem (...)

10En l’occurrence, le musée du Prado s’est plus particulièrement imposé comme un périmètre de recherche fondamental. Outre le fait qu’il concentre actuellement les créations les plus célèbres de Goya – nous amenant à considérer qu’un chef-d’œuvre puisse effectivement être le produit de déterminations extrinsèques au-delà de sa valeur propre10 –, l’établissement madrilène a été l’un des premiers lieux à présenter en permanence à ses visiteurs plusieurs peintures de l’artiste11. L’étude des catalogues généraux du musée royal a en effet révélé que, dès son inauguration, en 1819, deux toiles du maître étaient accrochées dans la salle des artistes contemporains. Ce nombre s’est ensuite constamment accru au fil des décennies suivantes pour s’élever à 57 tableaux exposés en 1876, après la nationalisation de l’institution et l’incorporation en son sein des collections du Museo de la Trinidad. La collection d’œuvres de Goya n’a d’ailleurs pas cessé de s’étoffer tout au long du xxe siècle : en 1900, 84 productions du peintre étaient visibles dans l’enceinte de l’édifice ; en 1942, elles étaient plus d’une centaine à occuper les murs du musée, et ce chiffre se porta à 133 en 1996.

  • 12 La singularité de ce phénomène d’accroissement de la collection d’œuvres de Goya a souvent été ment (...)

11Notre étude des successives éditions du catalogue publié par le musée du Prado et des multiples témoignages laissés par ses visiteurs depuis le second tiers du xixe siècle, a permis d’établir que ce phénomène d’accroissement, tout à fait singulier dans l’histoire de l’institution madrilène, n’a pas immédiatement donné lieu à une véritable valorisation du nom de l’artiste12. Malgré les différentes propositions de regroupement des créations de Goya dans l’établissement, observables à partir de l’installation d’une salle monographique en 1874, ce n’est qu’à la faveur du premier centenaire de sa mort, célébré sous la dictature de Primo de Rivera en 1928, que son patronyme a définitivement acquis une position-clé dans le parcours de visite du musée. Réparties en ensembles bien distincts sur les trois étages de l’institution pendant plus de deux décennies, les réalisations du maître ont effectivement profité depuis cette occasion d’une visibilité matérielle stable qui a favorisé un ancrage solide du mot « Goya » dans l’imaginaire collectif espagnol.

12Les recherches menées dans le cadre de cette thèse autorisent de plus à affirmer que cette première valorisation muséale est allée de pair avec la constitution d’un véritable champ de savoir autour de la figure de l’artiste et de son œuvre. Au cours des années 1960, un nouveau genre de visibilité textuelle a émergé, découlant en partie de la position forte que Goya occupait dans l’institution muséale. Il a renforcé la légitimité de son patronyme à fonctionner non plus seulement comme un point fixe de l’identité nationale, mais plus généralement comme une marque de la « spécificité espagnole », particulièrement rentable d’un point de vue commercial. Au-delà du champ de l’esthétique, une valeur tout à fait singulière, cumulant différents aspects hétérogènes, et donc propice aux récupérations médiatiques les plus diverses, a ainsi progressivement été attachée au mot « Goya ».

  • 13 Cette période correspond à la réalisation de plusieurs grands chantiers de rénovation du bâtiment, (...)

13Le rôle crucial joué par le musée du Prado dans la cristallisation, la consolidation et la promotion de ce relief atypique du nom de l’artiste – simultanément artistique, identitaire, économique et plus largement culturel – est indéniable. Il permet même de justifier la place structurelle que le nom « Goya » en est venu à occuper dans l’institution madrilène. L’étude de la période de crise traversée par le musée entre les années 1970 et 1980 a pleinement permis de le vérifier13. Le choix de maintenir les œuvres du maître dans l’édifice de Villanueva, en dépit de l’existence de plusieurs projets de « Museo Goya » pour résoudre le problème d’espace rencontré par l’institution, puis la réélaboration de la muséographie de l’établissement autour de la collection exceptionnelle qu’elles formaient, à partir de 1995, ont achevé de pérenniser l’ancrage du nom de l’artiste dans l’imaginaire collectif, et ce, alors même que l’exposition temporaire « totale » organisée par le Prado à l’occasion de la célébration du 250e anniversaire de la naissance du maître, en 1996, s’apprêtait à lui faire atteindre de nouveaux sommets de visibilité.

  • 14 Edgar Morin, Introduction à la pensée du complexe, Paris, Seuil, 2005, p. 9 et 21.

14Notre thèse a finalement démontré que, loin de l’évidence avec laquelle Goya s’impose aujourd’hui à tous les esprits, son statut d’invariant résulte d’une longue élaboration qu’il ne faut pas hésiter à qualifier de « complexe »14. Le « Goya » dont il a été question tout au long de ce travail est en fin de compte à appréhender en regard de l’interaction de trois régimes de visibilité – matériel, textuel et médiatique – mis en place de manière concomitante dans l’enceinte du musée du Prado au cours des xixe et xxe siècles. Il ne fait, à cet égard, plus aucun doute que l’établissement muséal madrilène a fonctionné comme un espace catalyseur, un véritable foyer de patrimonialisation du mot « Goya ». Il l’a inscrit dans un cadre institutionnel qui peu à peu l’a mis en condition de faire collectivement sens. L’hétérogénéité des trois régimes de visibilité distingués a justifié que notre étude, rattachée au champ de l’histoire culturelle, se positionne au croisement de plusieurs disciplines et prenne en considération un ensemble très hétéroclite de sources, composé aussi bien d’articles de presse que de récits de voyage, de publications savantes, d’ouvrages de fiction, et même d’archives iconographiques ou audiovisuelles. Plusieurs pistes de prolongement se sont d’ailleurs ébauchées au fil de nos avancées, du fait de l’ampleur du domaine exploré. Comment, en effet, ne pas envisager de transposer ce travail de recherche à d’autres espaces qui ont contribué à donner une visibilité à l’œuvre de Goya ? Et pourquoi ne pas étendre l’étude à d’autres « grands » noms exposés au musée du Prado, voire à d’autres situations semblables de valorisation patrimoniale observables dans d’autres contextes nationaux, de sorte à proposer une approche comparative ? Autant d’histoires en germe qui semblent promettre cette thèse à de plus amples développements.

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Notes

1 À propos du lien existant entre la fabrique de la valeur en art et le nom propre de l’artiste dès la seconde moitié du xviiie siècle, voir notamment : Charlotte Guichard, La griffe du peintre. La valeur de l’art (1730-1820), Paris, Seuil, 2018, en particulier p. 16 et 29.

2 Gaston Bachelard, Le matérialisme rationnel [1953], Paris, Puf, 1972, p. 253-254.

3 Dans le cas de Goya, voir par exemple : José Ortega y Gasset, Papeles sobre Velázquez y Goya [1950], Madrid, Alianza Editorial, 1980. L’un des aspects de la vie de l’artiste qui a le plus fait couler d’encre, sa relation avec la duchesse d’Albe, a également été envisagé de ce point de vue : Manuela B. Mena Marqués et Gudrun Mühle-Maurer, La duquesa de Alba « musa » de Goya : el mito y la historia, Madrid, El Viso, 2006.

4 Sur ce point, on pourra consulter : Nigel Glendinning, Goya and His Critics, New Haven – Londres, Yale University Press, 1977.

5 L’usage du mot « goyesque » dans ce sens large est observable dès la première moitié du xixe siècle, voir notamment : Bartolomé José Gallardo, « La Tía fingida ¿es novela de Cervantes? », El Criticon, papel volante de Literatura y Bellas Artes, n° 1, Madrid, Imprenta de I. Sancha, 1835, p. 34. Pour des exemples d’emploi plus récents : Francisco Sánchez-Blanco, La Ilustración goyesca. La cultura en España durante el reinado de Carlos iv (1788-1808), Madrid, Centro de Estudios Políticos y Constitucionales, 2007.

6  Agustín de la Herrán, Lo goyesco frente a la crítica, Bilbao, La Editorial Vizcaína, 1947 ; Eugenio d’Ors, El vivir y el arte de Goya. Goya y lo goyesco a la luz de la historia de la cultura, Madrid, Libertarias Prodhufi, 1996, p. 301-342.

7 Fernand Braudel, « Faillite de l’histoire, triomphe du destin ? », Mélanges d’histoire sociale, Paris, t. 6, 1944, p. 71-77.

8 Par « dispositif », nous entendons ici : « […] tout ce qui a, d’une manière ou d’une autre, la capacité de capturer, d’orienter, de déterminer, d’intercepter, de modeler, de contrôler et d’assurer les gestes, les conduites, les opinions et les discours des êtres vivants » (cf. Giorgio Agamben, Qu’est-ce qu’un dispositif ?, Paris, Payot & Rivages, 2014, p. 31).

9 L’expression apparaît dans : Dominique Poulot, Une histoire des musées de France, xviiie-xxe siècles, Paris, Éditions La Découverte, 2005, p. 6. À ce sujet, voir aussi du même auteur : Patrimoine et musées : l’institution de la culture, Paris, Hachette, 2001.

10 À ce propos, voir : Jean Galard et Matthias Waschek (dir.), Qu’est-ce qu’un chef-d’œuvre ?, Paris, Gallimard, 2000.

11 De ce point de vue, le rôle joué par la Real Academia de Bellas Artes de San Fernando mérite également d’être mentionné même s’il nous a été impossible d’en rendre pleinement compte dans le cadre de cette thèse.

12 La singularité de ce phénomène d’accroissement de la collection d’œuvres de Goya a souvent été mentionnée, sans pour autant être envisagée au-delà du cadre d’une histoire des collections du musée du Prado, voir par exemple : Margarita Moreno de las Heras, Goya. Pinturas del Museo del Prado, Madrid, Museo del Prado, 1997 ; Pierre Géal, La naissance des musées d’art en Europe (xviiie-xixe siècles), Madrid, Casa de Velázquez, 2005, p. 376-378 ; José Manuel Matilla et Javier Portús Pérez, El grafoscopio. Un siglo de miradas al museo del Prado (1819-1920), Madrid, Museo Nacional del Prado, 2004, p. 39.

13 Cette période correspond à la réalisation de plusieurs grands chantiers de rénovation du bâtiment, notamment pour installer l’air conditionné et l’éclairage électrique dans toutes les salles (cf. Pedro Moleón Gavilanes, Proyectos y obras del Museo del Prado. Fuentes documentales para su historia, Madrid, Museo del Prado, 1996, p. 107-109).

14 Edgar Morin, Introduction à la pensée du complexe, Paris, Seuil, 2005, p. 9 et 21.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Eva Sebbagh, « De Goya au « goyesque ». Fondements et fortune de la construction d’une visibilité au musée du Prado (1819-1996) », Cahiers de civilisation espagnole contemporaine [En ligne], 28 | 2022, mis en ligne le 07 février 2022, consulté le 07 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ccec/12786 ; DOI : https://doi.org/10.4000/ccec.12786

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