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Comptes rendus

Laurent Fenoy, Chypre, l’île des nations chrétiennes : 1192-1473

Ludivine Voisin
Référence(s) :

Laurent Fenoy, Chypre, l’île des nations chrétiennes : 1192-1473. Geuthner, Paris, 2023. 755 p., 14 fig. – ISBN : 978‑2‑7053‑4110‑7.

Texte intégral

1Le point de départ de cette monographie, issue d’une thèse de doctorat soutenue en 2011 à Montpellier 3, est le « double antagonisme islamochrétien et gréco-latin » qui façonne, selon l’auteur, les rapports entre nations chrétiennes à Chypre : d’une part, l’édification de l’île en refuge chrétien s’inscrit dans un contexte d’affrontement entre chrétiens et musulmans en Terre sainte ; d’autre part, les oppositions entre les autochtones grecs et les Francs sont la conséquence de cette immigration chrétienne depuis la Terre sainte. S’appuyant sur les précédents travaux sur la structuration de la société des Lusignan ou encore sur la démographie en Terre sainte, l’auteur propose de reconstruire les étapes de la formation d’une identité collective à Chypre au Moyen Âge en trois phases. Une première section, intitulée « Chypre, un refuge chrétien pluriséculaire », s’attache à démontrer que les échanges migratoires avec le continent proche s’inscrivent dans une longue histoire mais que la période des Lusignan correspond à un apogée du rôle de Chypre en tant que « pôle migratoire » et de refuge pour les chrétiens qui fuient l’avancée musulmane en Terre sainte. La démonstration, qui couvre le tiers de l’ouvrage (p. 33‑246), s’appuie sur une chronologie serrée et une remise en contexte de la progression musulmane en Terre sainte et du repli des différents groupes chrétiens à Chypre, en distinguant migrations subies et choisies. Dans un premier temps, l’auteur isole trois phases dans la chronologie de l’émigration franque : la persécution de la chevalerie latine et son impossible réimplantation en Terre sainte, du fait des conquêtes musulmanes, provoque un premier mouvement, progressif et différencié en fonction des allégeances politiques des barons, en 1192-1193. Dans ce groupe de Francs, les bourgeois se distinguent en tant qu’« émigrés volontaires », tandis que les clercs émigrent en petit nombre vers Chypre. La « détente » entre Francs et musulmans, qui s’étend de 1193 à 1243, transforme l’île en base arrière économique d’un plan de renforcement des positions militaires et ecclésiastiques sur le continent, contrairement à la croyance selon laquelle les Francs de Chypre ont abandonné la Terre sainte. Les liens entre l’île et le continent se resserrent d’ailleurs par le biais d’alliances matrimoniales entre Ibelin et Lusignan. Enfin, l’apogée du refuge franc survient entre 1244 et 1291, lors de l’exode massif des Francs à Chypre qui devient « un pôle central de l’accueil des réfugiés en Méditerranée », bien que l’auteur reconnaisse qu’il est difficile d’appréhender le phénomène d’un point de vue quantitatif. Il note en outre un essor de l’immigration ecclésiastique, notamment régulière, mais aussi les limites du refuge chypriote puisque les Italiens, à l’exception des Génois et des Vénitiens, préfèrent fuir vers Venise ou ses colonies. D’ailleurs, l’immigration franque n’est guère alimentée par les autres régions grecques soumises aux Francs.

2Les chrétiens orientaux adoptent, quant à eux, différentes stratégies dans cette première phase : fuite en territoire musulman, retour en Arménie pour les Arméniens ou encore émigration à Chypre, surtout à partir de 1244. Les chrétiens orientaux continuent de migrer vers Chypre après 1291 pour échapper aux guerres, désordres sociaux et économiques, catastrophes sanitaires ou naturelles et troubles intercommunautaires qui surgissent dans le sultanat mamelouk. La présence plus visible des chrétiens non-chalcédoniens dans la correspondance ecclésiastique, après les années 1320, confirme que la présence melkite ne faiblit pas à Chypre, tandis que les Nestoriens, Jacobites, Coptes et Éthiopiens émigrent de plus en plus, à partir de différents points ‒ Cilicie, Syrie du nord, Tripoli, Éthiopie ‒ et suivant des stratégies différenciées en fonction du statut politique du groupe : chrétiens sous domination musulmane, chrétiens autonomes (Maronites) ou indépendants (Arméniens) adoptent des « parcours migratoires » différents. L’auteur rejette l’hypothèse d’une immigration maronite massive avant les xive‑xve siècles et souligne les mobilités polycentriques des Arméniens.

3Dans la deuxième et plus courte section de l’ouvrage (p. 247‑418), intitulée « Triomphe et inflexion du nouvel ordre chiprois 1192-1324 », l’enquête entend démontrer que la question du vivre-ensemble des chrétiens à Chypre ne surgit pas immédiatement après la conquête dans la mesure où elle est une réponse aux espoirs déçus de reconquête de la Terre sainte. De même, les dynamiques d’intégration de différents groupes chrétiens à Chypre ne triomphent qu’à partir de 1310, soit à la fin de l’usurpation d’Amaury de Tyr. Dans un premier temps, l’historien approfondit sa réflexion sur l’émigration depuis le continent vers Chypre en distinguant les conditions qui favorisent ou limitent ces déplacements au départ et à l’arrivée : il décrit la « politique active d’accueil des réfugiés » mise en place par les Lusignan et les Hospitaliers afin de transborder les populations. Toutefois, le droit au refuge dépend aussi des besoins des vainqueurs en termes de main-d’œuvre et de stratégie politique, ainsi que des moyens économiques des prisonniers. Le « droit de fuir » entraîne des « discriminations » entre riches et pauvres, jeunes et vieux, hommes et femmes. Arrivés à destination, les populations déplacées peuvent bénéficier d’« élans de solidarité spontanés » comme le démontrent les donations faites aux démunis dans les actes notariés de Sambuceto ou encore les nombreux couvents féminins de Nicosie qui accueillent des veuves. La philanthropie royale se manifeste quant à elle par le financement d’hôpitaux et la mise en place d’une politique de rééquilibrage de la vie économique dans un contexte de pression démographique des réfugiés et de crise frumentaire, par exemple en 1296. Afin d’intégrer les nouveaux venus, les Francs importent le principe de la personnalité des lois et le corpus juridique hiérosolymitain en le recomposant à l’initiative du groupe des Chiprois, parmi lesquels Philippe de Novare : dans ce nouvel ordre, les cercles proches du pouvoir se distinguent par leur obédience romaine ; pour les couches inférieures de la société coexistent un droit public franc et un droit privé propre à chaque communauté. Différentes dynamiques d’intégration sont offertes, rendant l’île attractive.

4Toutefois, la pression migratoire, surtout à partir de 1265, provoque des troubles jusque dans les années 1320 : s’agissant des Francs, ne pouvant inféoder tous les chevaliers, les Lusignan créent une division au sein de la noblesse en fonction de son ancienneté dans l’île et donc de la nature et de la qualité de son fief, engendrant une frustration. Le refus des barons de passer en Terre sainte, en 1271-1273, augure une intégration conflictuelle de la dernière vague de nobles réfugiés. L’usurpation d’Amaury de Tyr (1306-1310), frère d’Henri II, est la conséquence de cette politique de distribution des fiefs. Le consensus entre la noblesse et le roi est rétabli par la suite au sein d’un « proto-État […] dont la modernité réside dans l’acceptation du pouvoir royal comme garant de l’intérêt d’un groupe social élargi ». L’intégration des bourgeois, même Génois et Vénitiens, reste en revanche limitée. Quant aux clercs latins, ils préfèrent redéployer leur activité vers l’Occident ou la Grèce, à l’image des ordres monastiques ou religieux-militaires, ou bien immigrer depuis l’Occident à la faveur des nominations pontificales.

5Essentiellement bourgeois, les chrétiens orientaux bénéficient d’une autonomie et d’une liberté en matière de rite et de doctrine mais ils peinent à s’intégrer socialement et économiquement du fait du déclin de leur activité économique et de leur refus de se convertir au rite latin. La seule exception réside dans les alliances matrimoniales entre élites franque et arménienne. L’arrivée des nombreux réfugiés de Terre sainte provoque enfin une crise sociale et morale qui affecte les Grecs. D’après l’auteur, la menace d’un séparatisme conduit les Francs à établir un ordre féodal oppressif pesant sur la masse des parèques. L’Église grecque est « spoliée », entre 1192 et 1205, par les rois qui usent des confiscations de terres pour territorialiser leur pouvoir. L’auteur nuance toutefois en précisant que les spoliations touchent aussi les laïcs grecs et les Vénitiens et qu’elles profitent aux seigneurs laïcs, et non à l’Église latine. Quoiqu’il en soit, d’après l’auteur, l’Église grecque est maltraitée par les Lusignan qui la soumettent totalement afin de réguler la société, prévenir les séditions et affermir leur autorité. La responsabilité des Lusignan est clairement affirmée par l’auteur, qui remet en question l’image des rois temporisateurs des exigences pontificales véhiculée dans la littérature scientifique. Sous la pression du pouvoir royal et de l’Église surgissent des « dynamiques latinophobes » : l’entrée en religion des parèques grecs est le signe de cette « insubordination » des Grecs. Le clergé grec devient l’« organisation cardinale d’une opposition nationale grecque à l’envahisseur latin » et l’« instauration d’un ordre religieux intransigeant » mène au « drame de Kantara » en 1231. Contrairement aux historiens qui ont expliqué cet unicum par la faiblesse du pouvoir royal, l’auteur insiste sur la responsabilité du pouvoir franc. Autres preuves de la violence exercée à l’encontre des Grecs, l’exil de l’archevêque Néophytos, que l’auteur situe en 1231, et l’installation de Dominicains chargés de lutter contre l’hérésie : « les Chiprois utilisent les dispositions inquisitoriales naissantes pour terroriser la population et asseoir définitivement la territorialisation de leur pouvoir », entrant dans un « processus de radicalisation ». Toutefois, à partir des années 1250, les Lusignan protègent les Grecs des exigences de l’Église latine, favorisant une « renaissance » de l’Église mais aussi une altération du lien entre clercs et fidèles après la promulgation de la Bulla Cypria qui doit « amener les Grecs à l’Union » : pour preuve, alors qu’en 1306, beaucoup de Grecs s’exilent en terre musulmane, en 1254, des « Grecs [sont] animés par une volonté unioniste ». Une partie du clergé grec serait donc devenue catholique et unioniste du fait de son acceptation de l’obédience romaine. À l’inverse, la continuité du pain levé est, selon l’auteur, le signe de la réticence des Lusignan à faire appliquer la Bulla Cypria. Cette « ambivalence » du pouvoir royal permet la mise en place d’un modus vivendi qui sonne la fin de l’« intransigeance de l’ordre chiprois » : les donations et la traduction grecque de la Bulla Cypria sont la preuve de ce succès selon l’auteur, qui conclut cette deuxième partie sur la primauté de la dynamique d’intégration des chrétiens sur le temps long.

6Dans une ultime section intitulée « Le temps des Kypriotes 1324-1473 » (p. 419‑640), l’historien entend démontrer que le modèle de coexistence mis en place par les Lusignan est imparfait puisqu’il mène à la cession de l’île aux Vénitiens. Le règne d’Hugues IV (1324-1359) voit la naissance d’une nouvelle nation, les Kypriotes, sujets fidèles au roi quelle que soit leur confession. Et pourtant, l’assassinat de Pierre Ier, en 1369, révèle un antagonisme entre une noblesse « de souche » et une noblesse « allogène » ou « migrante » qui reçoit des fiefs, des offices et des titres de Terre sainte afin de compenser son déclin démographique. L’échec du pouvoir face à ses élites entretient la dispersion des forces militaires, mise en cause dans la défaite de Choirokoitia, en 1426, contre les Mamelouks. Parallèlement, les Vénitiens s’imposent dans le commerce du sel et du sucre, surtout à partir de 1435-1445. Quant aux Grecs, la période 1340-1473 correspond à un étiolement des exigences de l’Église latine et à une affirmation de l’influence de la royauté. Le concile de 1340 est, selon l’auteur, une étape fondamentale dans l’instauration, sous la férule du pouvoir royal, d’un strict cloisonnement confessionnel dans le but d’éradiquer les oppositions religieuses, sources de fragmentation sociale. Aux yeux de l’auteur, la mainmise des Lusignan sur les affaires ecclésiastiques, dès le milieu du xive siècle, et le désintérêt croissant de la papauté pour l’île entraînent une redéfinition de l’Union en tant que « dispositif garant de la survie des particularismes religieux de chaque communauté ». Enfin, le dynamisme des chrétiens orientaux dans les activités commerciales facilite leur incorporation aux hiérarchies urbaines, aux rouages de l’administration, au pouvoir et à l’Église. Cette ascension passe par l’« adoption du rite latin » ou « latinisation » qui fait de ces parvenus des « élites uniates » au contraire des Grecs. Bien que ces derniers utilisent ces mêmes mécanismes d’ascension et que la condition juridique de la masse paysanne grecque s’améliore, les autochtones stagnent dans une position de « marginalité » qui « prolonge […] le système de confessionnalisation » et « risque d’armer un sentiment national grec au détriment de la domination franque ». Aux yeux de l’auteur, un élan national grec se manifeste à la défaite de Choirokoitia qui trouve ses racines dans la frustration et la crispation du peuple grec.

7Finalement, le modèle de coexistence chypriote consiste à « vivre ensemble sans se confondre ». La distribution spatiale des groupes chrétiens à différentes échelles révèle un « intense brassage culturel ne débouchant pas sur une fusion des nations ». Dans le domaine des arts, des lettres, des langues et de la vie intellectuelle, la « compénétration » ne mène que très rarement au « syncrétisme ». Derrière le plurilinguisme se cache en réalité une « ségrégation » des pratiques linguistiques, révélatrice d’une « opposition marquée aux dynamiques assimilatrices » vers une « hyper-identité » kypriote. Les « multiples résistances » sont le signe d’une société insulaire fragmentée. Le modèle chypriote brouille certes la frontière entre appartenance culturelle et catégorisation sociale mais il maintient celles qui séparent les communautés chrétiennes. Il est, d’après l’auteur, un « tournant de l’histoire culturelle de la Méditerranée orientale médiévale » mais son échec mène à la disparition de la royauté franque dans l’île.

  • 1 Quelques titres récemment publiés sur l’histoire ecclésiastique et sur la structuration de la socié (...)

8Cette vaste synthèse, agréable à lire, adopte une perspective élargie, considérant l’ensemble des chrétiens et leurs relations à Chypre. Toutefois, le schéma des rapports entre Grecs et Latins que propose l’auteur doit être davantage nuancé1. L’historien questionne le rôle des Lusignan dans les affaires ecclésiastiques, associant la territorialisation de leur pouvoir à la soumission totale de l’Église grecque par l’Église latine dans la perspective de prévenir toute « opposition nationale grecque », et ce, dès les premières décennies du xiiie siècle. Bien qu’il revienne à l’historien de faire parler les sources, il demeure délicat d’interpréter des documents lacunaires. Par exemple, il paraît excessif de considérer la fuite des parèques grecs des domaines pour entrer au monastère, en 1220, comme une « résurgence » de « l’hostilité des autochtones » ou encore le signe d’un « séparatisme » grec, autrement dit, d’attribuer aux paysans des motivations politiques en l’absence de toute autre preuve. L’analyse des relations entre Églises, dans la perspective unique de la politique d’union des Églises dans l’île, est aussi discutable. Utilisant, sans les définir, les termes « unioniste », « uniate » et « catholique », l’auteur applique les tentatives d’union entre la papauté et le patriarcat de Constantinople à la situation chypriote alors qu’il rappelle ailleurs que l’Église de Chypre est autocéphale. Il s’étonne d’ailleurs qu’« alors même qu’ils sont reconnus catholiques, les ecclésiastiques non latins continuent de devoir montrer publiquement leur obédience à la hiérarchie latine ». On peut arguer que, justement, n’étant pas « catholiques », les Grecs doivent prouver leur obéissance canonique à l’Église latine, attitude qui ne prouve en rien leur adhésion à l’Union des Églises. D’une manière générale, la restitution des rapports entre Églises grecque et latine sous l’angle unique de la contrainte et de l’oppression omet la tolérance du rite grec par l’Église latine, les droits conservés par la hiérarchie épiscopale grecque ainsi que les autres ressorts de la politique ecclésiastique, notamment pontificale, à l’égard des Grecs, et qui ne relèvent pas de la contrainte : protection des biens et des personnes ou encore exercice d’une justice d’appel. Enfin, sur la forme, l’utilisation abondante, en particulier dans la première partie, d’expressions contemporaines ‒ « question sociale des réfugiés », « parcours migratoire », « soldes migratoires », etc., ainsi que celles que nous avons placées entre guillemets plus haut ‒ est d’autant plus déstabilisante qu’elle n’est jamais discutée. L’utilisation systématique des termes « réfugiés » et « fugitifs » pour désigner les nouveaux venus à Chypre est parfois problématique, comme le note l’auteur au sujet des Génois et des Vénitiens. Malgré tout, on peut reconnaître que ce vocabulaire permet à l’auteur de mettre en évidence des aspects que les sources ignorent, ou formulent autrement, et de donner chair à ces groupes qui quittent la Terre sainte pour Chypre dans des conditions bien souvent dramatiques. Le récit ne sombre d’ailleurs jamais dans le pathos : la contextualisation serrée de l’émigration vers Chypre, la citation systématique des sources dans le corps du texte et la mise en évidence de stratégies différenciées permettent à l’auteur de se détacher d’une vision linéaire et inévitable des migrations et donc d’un déterminisme qui entretiendrait la victimisation des chrétiens orientaux. En dépit des nombreuses réserves que l’on peut formuler à l’égard du récit des relations entre Églises grecque et latine, cette synthèse contribue de manière convaincante à l’histoire des chrétiens orientaux et des mobilités en Méditerranée orientale.

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Notes

1 Quelques titres récemment publiés sur l’histoire ecclésiastique et sur la structuration de la société manquent dans la bibliographie : citons, par exemple, M. Ritter, « Cyprus and the Great Western Schism: a re‑evaluation of the obedience(s) of the Latin church of Cyprus at the time of the Great Western Schism (1378-1417) on the basis of documents in the Camera Apostolica in the Vatican archives (ASV) ». Επετηρίς Κέντρου Επιστημονικών Ερευνών Κύπρου 39, 2016-2018, p. 217‑255 ou encore M. Salzmann, Negotiating power and identities: Latin, Greek and Syrian élites in fifteenth-century Cyprus. Mayence, 2021.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Ludivine Voisin, « Laurent Fenoy, Chypre, l’île des nations chrétiennes : 1192-1473 », Cahiers du Centre d’Études Chypriotes [En ligne], 55 | 2025, mis en ligne le 06 octobre 2025, consulté le 16 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/cchyp/2215 ; DOI : https://doi.org/10.4000/151ck

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