Il existe une symbolique sexuelle très particulière à Claude Simon. Le mot sexuel étant pour une fois à sa place ici, par différence avec érotique, car ce qui caractérise l’écriture de Claude Simon en ce domaine est de drainer, charrier (se gorger, littéralement, de), faire circuler en elle, tout ce qui peut donner le sentiment organique d’une fonction. Organique est important. Nous sommes très loin de tout ce qui peut lier le désir à une transgression (Bataille) ou à une activité pure du regard (Robbe-Grillet), c’est-à-dire à une forme de « séparation » ou de « distance ». Aucune tentation chez Claude Simon d’isoler le corps féminin pour le décrire dans le jeu, le saisir dans des formes étranges, le considérer dans la perspective de l’altérité. Aucune recherche du trouble, du vertige que peut faire naître la maîtrise glacée du regard ou le viol délibéré du langage. L’amour, chez lui, loin de suppose...
Notes de l’auteur
Article initialement paru dans Entretiens (Rodez, Éditions Subervie), n° 31, 1972, p. 121-129, repris sous le titre « Claude Simon et les signes de l’éros », dans Pratique de la littérature. Roman / poésie, Seuil, coll. « Pierres vives », 1978, p. 49-57. Les quelques variantes constatées d’une version à l’autre sont signalées en note. (N.D.E.)
Extrait du texte
Ce document sera publié en ligne en texte intégral en décembre 2026.
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Pour citer cet article
Référence papier
Raymond Jean, « Les signes de l’éros », Cahiers Claude Simon, 20 | 2025, 23-32.
Référence électronique
Raymond Jean, « Les signes de l’éros », Cahiers Claude Simon [En ligne], 20 | 2025, mis en ligne le 31 décembre 2026, consulté le 13 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/ccs/5647 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16bnt
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