J’ai rencontré Claude Simon assez tard dans ma vie de lecteur, en 2013 ou 2014, si je me souviens bien. Pour lire Céline ou Thomas Bernhard, bien des années auparavant, j’avais dû m’y reprendre à plusieurs fois : je commençais Mort à crédit ou Oui, que m’avait conseillé ma professeure de philosophie de terminale, et j’étais arrêté dans ma lecture au bout de quelques pages comme si je m’enlisais dans des sables mouvants qui me faisaient suffoquer. Je savais que, pour l’instant, ces textes n’étaient pas faits pour moi et qu’il me faudrait attendre le moment où s’ouvrirait un chemin qui me mène vers eux. Quand ce moment est venu, il me fut impossible de me rappeler pourquoi j’avais éprouvé tant de difficultés lors de mes tentatives précédentes.
Rien de tel ne m’est arrivé avec La Route des Flandres. À ma première lecture, j’ai eu le sentiment paradoxal de découvrir une contrée inconnue et pourtant étrangement...



