Un climat méditerranéen insaisissable
Résumés
L’utilisation de l’expression « climat méditerranéen » ne date que de 1929 dans le Traité de géographie physique d’Emmanuel de Martonne. L’unicité supposée du climat autour de la mer Méditerranée accompagne l’exportation d’un modèle de civilisation à l’époque coloniale. Elle survit sans doute au xxe siècle avec le sun belt des vacanciers urbains. C’est un renversement des représentations des saisons. Depuis l’Antiquité et pendant des siècles, l’hétérogénéité spatiale semblait majeure, car les éléments contraignants furent d’abord hivernaux et éoliens, à cause de la navigation, puis estivaux et thermo-pluviométriques en lien avec l’agriculture.
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Mots-clés :
climat, climats, mer Méditerranée, climat méditerranéen, histoire, Antiquité, explorations naturalistes, période coloniale, géographieKeywords:
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- 1 Christian Grataloup, L’invention des continents et des océans, Paris, Éditions Larousse, 2020.
1Depuis la fin du xixe siècle et le début du xxe siècle, les naturalistes et les géographes ont donné des noms aux climats comme l’avaient fait, dans les siècles précédents, les explorateurs pour les océans et les continents1. Ces qualificatifs s’appuient sur des critères de différenciation rarement questionnés. Certaines dénominations sont physionomiques comme la température (climat froid, climat chaud), d’autres ont trait à la localisation en latitude (climat polaire, équatorial) ou la position au sein des terres émergées (climat continental, océanique, maritime, climat insulaire). Quelques-uns se concentrent sur les paysages associés (climat de montagne, climat désertique, climat d’inlandsis). Parfois, il est question de dynamique atmosphérique (climat de mousson). Un seul doit son nom à une mer : le climat méditerranéen.
- 2 Véronique Mérieux, « Ouverture. Les inventions de la Méditerranée (1798-1930). Mises en lumière c (...)
- 3 Claudia Moatti (dir.), La Méditerranée introuvable, Relectures et propositions, Paris, Éditions K (...)
- 4 Florence Deprest, « L’invention géographique de la Méditerranée : éléments de réflexion », L’espa (...)
2Or, toute individualisation puis dénomination d’un type de climat est une construction spatiale historiquement datée. Elle témoigne des connaissances du moment, de ses horizons géographiques, de ses méthodes, de ses besoins sociétaux qui privilégient tel ou tel caractère considéré antérieurement comme secondaire… Elle répond donc à une gestation sémantique plus ou moins longue2, à une éclosion en lien avec un besoin politico-culturel évident ou inavoué. En 1929, le concept de « climat méditerranéen » est défini. Son rythme binaire, ses grands ciels bleus, ses excès pluvieux… confinent à l’archétype ; ils semblent aller de soi pour bon nombre de nos contemporains3. La géographe Florence Deprest se penche sur l’objet Méditerranée en tant qu’« invention scientifique aux jeux et rejeux construits » à partir des Géographies universelles4. Mais, si l’aire méditerranéenne est analysée, le climat y est peu questionné. Il est intéressant de se demander, en géographe, comment et pourquoi cette représentation d’une unité climatique du bassin méditerranéen a été forgée. Les écrits des « géographes », pas seulement européens, permettent d’éclairer les grandes étapes de sa construction intellectuelle dans l’entrelacs de la longue gestation sémantique qui a accompagné l’invention et l’affirmation du concept d’aire méditerranéenne.
Un klima et des mers en Méditerranée
3La source de la dénomination est souvent attribuée à l’Antiquité grecque et romaine. Certes, le mot klima vient du grec ancien mais il n’a pas le même sens qu’aujourd’hui. Vers 350 av. J.-C., l’astronome Eudoxe de Cnide désigne par ce terme l’inclinaison de l’horizontale d’un lieu par rapport à l’axe des pôles, pour caractériser la latitude. La hauteur des rayons du Soleil au-dessus de l’horizon fixe aussi les limites de l’œkoumène avec l’éloignement du centre du monde. Homère (viiie s. av. J.-C.), peut-être le premier géographe, tout comme Hérodote (ve s. av. J.-C.) situent le centre du monde hellénique, dans la mer Égée, entre Péloponnèse et Ionie. La question de l’existence d’un climat spécifique ne se pose pas, même si hors de cet ensemble, toujours agréable, un marin, un voyageur s’expose soit au froid et aux averses en allant vers le nord, soit à des chaleurs insoutenables et à des sécheresses en allant vers le sud. Ératosthène (iiie s. av. J.-C.) fait progresser les connaissances en affirmant la forme sphérique et la taille de la planète. Ptolémée (iie s. apr. J.-C.) dans La Géographie ou Manuel de géographie propose une image du monde découpé en latitude et en longitude selon « dix climats » puis « sept climats », soit sept zones thermiques sur sa « carte de l’œkoumène » orientée vers le nord. Pline (ier s. apr. J.-C.) reprend ces généralisations héritées des savants grecs. Les deux zones extrêmes s’opposent alors que tout s’équilibre vers Rome, nouveau centre du monde. La région est vue comme idéale par son ambiance mesurée, sa fertilité qui influence les traits de caractère de ses habitants.
4Toutes ces références géographiques savantes n’excluent pas le développement de savoirs empiriques, nés des pratiques dans la « mare aux grenouilles » selon l’expression de Platon (ve s. av. J.-C.) dans le Phédon. Pour les marins romains, les vents et les courants marins sont très contraignants à chaque manœuvre de leurs trières de bois à voile carrée pour la circulation côtière ; un peu moins sans doute, pour garder un cap avec les gros navires de guerre ou de commerce hauturier munis de mats portant des voiles triangulaires. Faute d’instruments, le pilote suit au mieux les instructions météorologiques, nautiques et astronomiques transmises par un ancien. Il obéit à un calendrier strict. L’année se divise en deux périodes selon la tempétuosité. La mare clausum (mer fermée), à partir de novembre, interdit les expéditions lointaines, et autorise seulement le cabotage. Avec la fête du Navigium Isidis en mars, la saison la plus propice commence même si des sautes de vents soudaines persistent.
5La connaissance des états de la « mer intérieure » permet de régionaliser la dangerosité au large et l’hospitalité à la côte selon la facilité à viser les amers, à éviter les écueils, à entrer ou sortir des criques et baies avec les brises de terre et de mer qui suivent le lever et le coucher du Soleil. Des toponymes individualisent les subdivisions spatiales issues des vents : Mare Inferum, Mare Superum, Africum, Gallicum, Genova, Majorca. Les rivages algériens aux rares havres naturels sont qualifiés de mare sarvum importuosum (mer terrible et sans port). À Stromboli, la « côte de bronze » est une « infrangible muraille ». Quant à la mer d’Alboran, à l’est du détroit de Gibraltar, elle terrorise avec ses vents et courants contraires d’ouest, ses remous permanents, tout comme les détroits siciliens de Charybde et Scylla. En mer de Thrace, l’affrontement entre Borée (venu du Nord) et Notus (venu du Sud) marque le changement de saison quand les « étésiens » apparaissent. Homère illustre avec poésie l’importance de la maîtrise de l’air dans le récit de l’outre d’Éole. La libération, par les compagnons d’Ulysse, des vents confinés produit une soudaine tempête, qui les renvoie brutalement en mer.
6Tout au long de l’Antiquité, les savants tentent de décoder les signes du ciel. Dans son traité des Météorologiques, Aristote (ive s. av. J.-C.) identifie tous les phénomènes visibles dans le ciel de jour comme de nuit : outre le vent, l’eau dans l’air, le brouillard, les nuages, la rosée, la pluie, la neige, la grêle, les éclairs, la foudre, l’arc-en-ciel etc. et aussi les flammes ardentes, les étoiles filantes, les comètes… Déjà sous la dynastie Yin (1300 av. J.-C.), cette approche analytique a préoccupé les érudits chinois qui mesuraient la neige, la pluie et le vent avec des instruments. Il n’est pas question de répartition spatiale des météores. Diviser le monde selon des climats est un impensé. L’existence d’un ou des climats méditerranéens n’est pas un sujet de réflexion. Pour Hérodote (ve s. av. J.-C.), l’unité du monde méditerranéen ne semble ni le fruit de ses observations, ni sa préoccupation. L’hétérogénéité du monde connu est fonction de l’altérité, l’étranger, le « barbare ». L’expression « mare nostrum » du géographe Strabon (ier s. apr. J.-C.), par exemple dans « notre mer possède une grande supériorité, et c’est par elle qu’il faut commencer notre tour du monde » traduit une unicité politique et juridique mais pas naturelle… dont témoignent les écrits arabes qui parlent de Bahr al-rûm (mer des Romains).
- 5 Al Idrissi, Nuzhat al-mushtaq fî ikhtirâq al-âfâq [Amusement pour qui désire parcourir les différ (...)
7La Géographie de Ptolémée est traduite en arabe au ixe siècle. La carte de Muhammad Al Idrissi découpe encore au xiie siècle le monde en sept klima et dix sections5. En 1400, un manuscrit de la Géographie arrive à Florence avec l’humaniste byzantin Emmanuel Chrysoloras. Son élève Jacopo d’Angelo le traduit du grec en latin et l’offre au pape Alexandre V en 1409. Des copies manuscrites se répandent dans toute l’Europe si bien que les portulans et les planisphères vont, systématiquement, pendant plusieurs siècles, continuer à zoner les klima selon la hauteur du soleil.
La pluralité climatique des continents bordant la Méditerranée
- 6 Henri de Mondeville, Traité de chirurgie, vol. 2, trad. E. Nicaise, Paris, Germer Baillière et Ci (...)
- 7 Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des (...)
8Au xive siècle, le médecin de Philippe le Bel, Henri de Mondeville (1260-1320), fait usage du mot « méditerranéen » dans son Traité de chirurgie pour qualifier une ambiance assez chaude pour favoriser la reproduction des serpents6. Sans en avoir conscience, il renverse la perspective ; désormais les terres et non plus les mers servent de référence. Mais cela passe inaperçu. D’ailleurs, l’introduction du terme « méditerranéen » dans le dictionnaire Littré en 1872 est très tardive. Elle confirme cette perspective terrestre. La définition : « qui appartient à la Méditerranée, au milieu des terres. Les montagnes méditerranéennes » (vol. 3, p. 491) ne mentionne pas la mer. Dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert, « La Méditerranée s’appelait autrefois la mer de Grèce & la grande Mer ; elle est maintenant partagée en différentes divisions qui portent différents noms »7. Il n’y a toujours pas de référence à un type de climat particulier, a fortiori circumméditerranéen. La division supplante l’unité.
- 8 Jean-François Staszak, « Qu’est-ce que l’exotisme ? », Le Globe, revue genevoise de géographie, n(...)
- 9 Hélène Blais, L’empire de la nature. Une histoire des jardins botaniques coloniaux (fin xviiie si (...)
- 10 Stéphen Liégeard, La Côte d’Azur, Paris, Maison Quantin, 1887.
- 11 Justin Benjamin Chabaud, Les palmiers de la Côte d’Azur. Distribution géographique, culture, desc (...)
9Le regard vers l’intérieur des terres s’explique, dans une moindre mesure, par les centres d’intérêt des météorologistes – comme le démontre Simon Dolet dans sa contribution à ce dossier – mais surtout des naturalistes des xviiie et xixe siècles. Alexandre von Humboldt (1769-1859) se soucie des étagements de la flore des montagnes et des changements dus aux volumes de relief. Il fait dresser la première carte en isothermes afin de les corréler aux frontières entre groupes d’espèces. Le naturaliste genevois Augustin-Pyramus de Candolle (1778-1841) reprend le terme de « méditerranéen » pour qualifier les spécificités des plantes de la France méridionale. Quant aux savants naturalistes de l’expédition de Bonaparte en Égypte, en 1798, comme Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, ils décrivent et dessinent leurs découvertes de la faune et de la flore subtropicale africaine. Mais selon Florence Deprest, les carnets et correspondances qu’en rapportent les scientifiques et naturalistes français (le naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire, l’ingénieur-géographe et archéologue Edme François Jomard, le géologue et géographe Nicolas Desmarest), n’attestent pas encore l’affirmation d’un « climat méditerranéen », d’une « bo-tanique méditerranéenne » ou plus largement d’une « région méditerranéenne ». Tout au long du xixe siècle, les spécimens de plantes et d’animaux rapportés sont vus comme « exotiques », mêlant étrangeté et intérêt8. Il convient de les identifier, les nommer, voire les acclimater. On bâtit des ménageries, des aquariums, des serres dans les jardins des régions jugées trop fraîches, comme à Paris au jardin d’acclimatation créé en 1852. Le jardin d’essai d’Alger, aménagé dès 1832, va accueillir des tentatives d’adaptation, souvent infructueuses en plein air, de plantes venues de l’autre-rive9. Les promenades et les boulevards de la Riviera, que Stephen Liégeard vient d’appeler « Côte d’Azur » en 188710, sont complantés de palmiers. Pour Benjamin Chabaud, en 1915, « le voyageur […] pourrait se croire transporté en quelque sorte sous le beau ciel des tropiques à cause du changement subit et complet de paysage, de climat et de végétation »11.
- 12 Theobald Fischer, Studien über das Klima der Mittelmeerländer, Francfort, Gotha Justus Perthes, 1 (...)
- 13 Wladimir Peter Köppen, « Die Wärmezonen der Erde, nach der Dauer der heissen, gemässigten und kal (...)
- 14 Auguste Griesbach, La végétation du globe, d’après sa disposition suivant les climats ; esquis (...)
- 15 Augustin-Pyramus de Candolle et Jean-Baptiste de Lamarck, Flore française, ou Descriptions succin (...)
10Le constat est implacable : des contraintes drastiques de chaleur et de disponibilité en eau s’exercent sur la flore et la faune. Le froid hivernal contraint à une morte-saison, une dormance plus ou moins longue. La croissance des plantes doit s’effectuer malgré la concomitance de la période chaude en été et du manque d’eau. D’où l’attention portée désormais aux seuils thermiques et pluviométriques qui rendent impossible la croissance de telle ou telle espèce. En 1879-1880, le géographe allemand Theobald Fischer (1846-1910) découpe les contrées du pourtour de la Méditerranée, en s’appuyant, si besoin, sur quelques-uns des facteurs limitants12. Mais c’est Wladimir Köppen (1846-1940) qui va asseoir sa renommée en proposant une méthode de classification des climats, applicable à toute la planète. Elle est remaniée plusieurs fois entre 1884 et 193613. Elle s’inspire de la carte mondiale de la végétation publiée en 1866 dans La végétation du globe, d’après sa disposition suivant les climats ; esquisse d’une géographie comparée des plantes du naturaliste allemand d’Auguste Griesbach (1814-1879)14, et des cinq zones définies par Augustin-Pyramus de Candolle15. Les taxons sont identifiables grâce à la juxtaposition de lettres relatives aux températures et à la pluviométrie. La première se réfère à de grands types de flores-climats : A tropical, B aride, C tempéré, D continental et E polaire. La seconde lettre est donnée selon le régime des pluies. Autour de la mer Méditerranée, Köppen distingue des taxons appartenant à trois de ses cinq grands groupes de climats (ou six avec l’ajout ultérieur des climats de montagne) : les Climats B secs de déserts ou steppes, les climats C tempérés et les climats D continentaux (fig. 1).
Figure 1. Extrait de la carte de Köppen autour de la Méditerranée : Six climats se distinguent : BW : climat désertique (rose-rouge), BS : climat semi aride (orange), CS : climat tempéré chaud avec été sec (jaune a bistre), Cf : climat tempéré chaud sans saison sèche (vert pré), Ds : climat continental froid avec été sec (violet), Df : climat continental froid sans saison sèche (bleu). H. E. Beck, et al., « Present and future Köppen-Geiger climate classification maps at 1-km resolution », Scientific data, vol. 5, no 1, 1-12, 2018, https://www.nature.com/articles/sdata2018214
- 16 Charles Thornthwaite, « The water balance », Climatology, no 8, 1955, p. 1-104.
- 17 Louis Emberger, « Place de la région méditerranéenne française dans l’ensemble méditerranéen », B (...)
- 18 Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Paris, Armand Colin, 1933.
- 19 Pierre Birot, La Méditerranée et le Moyen Orient, vol. 1 « La Méditerranée occidentale », Paris, (...)
11Opérationnelle à terre, la méthode a perduré jusqu’à aujourd’hui puisque presque toutes les classifications climatiques dérivent de celle-ci. Elle a marqué longuement les recherches. L’analyse des contraintes estivales, en particulier dans les colonies d’Afrique du Nord, a donné lieu à un foisonnement d’indices d’aridité, par Thornthwaite16, Emberger17, Gaussen18, ou encore Birot19, pour quantifier l’irrigation nécessaire aux cultures. Mais elle ne peut s’appliquer en mer… Les climats ont nécessairement disparu sur l’eau qui occupe tout de même 72 % de la surface de la planète !
- 20 Konrad Malte-Brun, Géographie complète et universelle nouvelle édition, continuée jusqu’à nos jou (...)
- 21 Jean Brunhes, « Les limites de notre cage », Le Correspondant, 10 décembre, 1909, p. 833-862, p. (...)
- 22 Élisée Reclus, Nouvelle géographie universelle, vol. 2 « La France », Paris, Hachette, 1885, p. 4 (...)
- 23 Ibid., p. 47.
- 24 Federico Ferretti et Philippe Pelletier, « Sciences impériales et discours hétérodoxes : Élisée R (...)
12Aucune unité climatique des pourtours méditerranéens n’est entrevue. La diversité est justifiée par le contact de trois continents. Des géographes aussi différents que Konrad Malte Brun (1775-1826) dans sa Géographie Universelle 20, en 1856, Jean Brunhes (1869-1930)21, en 1909, l’affirment. Même Élisée Reclus (1830-1905) dans son chapitre préliminaire de quatorze pages consacré à la mer Méditerranée dans la Nouvelle Géographie Universelle parle de « jonction entre trois masses continentales de l’Europe, de l’Asie et de l’Afrique »22. Il minimise le rôle de la nature et fait l’éloge du primat de l’inventivité humaine. La mer n’est qu’un véhicule des sociétés « où l’Europe, telle qu’elle est aujourd’hui, a pris son origine »23. L’altérité climatique a pu motiver, à la suite des idées médicales de l’époque, le soutien au départ de sa fille Magali pour recouvrer la santé sous le climat sec et ensoleillé de l’Algérie. Elle alla donc s’installer au pied du Dahra dans la vallée de l’oued Tarzout24.
13Le pied mis sur les côtes algéroises en 1830 n’a pas vraiment modifié l’image des climats, même mieux identifiés, de part et d’autre de la mer. Il a renforcé l’impression métropolitaine d’unité du bassin occidental de la Méditerranée, à cause des migrations dans l’empire français.
L’unicité climatique sans référence à la Méditerranée
- 25 Paul Vidal de la Blache, Atlas général Vidal-Lablache. Histoire et géographie, Paris, Armand Coli (...)
- 26 Marie-Claire Robic, « Un système multi-scalaire, ses espaces de référence et ses mondes. L’Atlas (...)
- 27 Paul Vidal de la Blache, Atlas général Vidal-Lablache…, op. cit., p. 56.
14Après la période des aventuriers-explorateurs, les sociétés de géographes ont largement soutenu les entreprises coloniales à partir de la seconde moitié du xixe siècle. La géographie cherche alors à s’institutionnaliser comme une science et à se démarquer de l’amateurisme de ces sociétés semi-savantes. Après la défaite de 1871, deux historiens, Émile Levasseur (1828-1911) et Louis-Auguste Himly (1823-1906), font le constat d’une insuffisance des savoirs géographiques en France. Pierre Foncin (1841-1916) rédige une série de livres à succès chez Armand Colin. Dans l’enseignement supérieur, Paul Vidal de la Blache (1845-1918) enseigne la géographie historique à l’Université de Nancy (1872-1877) puis, en 1878, il vient à Paris à l’École Normale Supérieure. Il fait paraître en 1885 une série de cartes murales destinées à l’affichage dans toutes les salles de classe. Il est nommé en Sorbonne en 1898 sur une « chaire de géographie ». Il fonde alors une discipline universitaire autonome de l’histoire, dont l’objectif est de rendre intelligibles les hétérogénéités de l’œkoumène, en rompant avec le déterminisme strict de l’école allemande de Karl Ritter (1779-1859). Il s’appuie sur la création d’une revue : les Annales de géographie publiée chez Armand Colin à partir de 1892 et fait paraître un Atlas général 25. C’est, selon Marie-Claire Robic, l’« acte inaugural de la géographie scientifique moderne »26. Parmi les seize feuilles générales, celle intitulée « Courants & Climats » (fig. 2) identifie un type de climat spécifique tout autour du bassin, excepté le nord de l’Adriatique et le nord de la mer Noire27. Le lecteur ne peut qu’y voir l’aire de croissance de l’olivier et ses limites. La mise en valeur de l’unité est renforcée par la présence de quatre cartes historiques de la première partie intitulées : « VII au Ve s. av. J.-C. », « la conquête romaine », « l’empire romain », et enfin « Bassin méditerranéen ». Sur la carte des climats, le terme de climat méditerranéen n’est pas employé. L’auteur préfère climat des « régions chaudes tempérées », bien distinct de celui des régions chaudes à température très variable et du climat tempéré maritime à faible amplitude. Le qualificatif de « chaudes tempérées » est un oxymore à moins d’entendre par tempérée non la modération thermique mais la latitude moyenne.
15C’est donc en 1890 que, pour la première fois, est définie et tracée sur une carte une unité climatique du pourtour méditerranéen. Pour Vidal de la Blache, la spécificité naît de ses paysages d’apparence « naturelle ». Partagés entre ager et saltus, ils ont été modelés au cours des siècles par l’introduction et l’hybridation de plantes cultivées comme l’olivier et la vigne, associés au blé et au mouton. Le travail acharné de paysans a permis de dépasser les contraintes climatiques pour engendrer une « civilisation de l’olivier ». Les géographes de l’école vidalienne sont « possibilistes » : la nature, et donc le climat, ne conditionne pas tout. Ils vont dès lors construire une imagerie de l’espace méditerranéen. L’amphithéâtre naturel s’inscrit dans une géohistoire longue et spécifique que Fernand Braudel en 1949, après Élisée Reclus, qualifie de « creuset civilisationnel ». Mais en même temps, envisager désormais une unité naturelle issue de la mise en valeur « réussie » d’un milieu contraignant par des sociétés rurales permet de légitimer la colonisation française qui s’étend sur l’ensemble de la rive sud de la Méditerranée occidentale de 1830 à 1912 et qui s’étendra même, entre 1925 et 1930, avec le Mandat en Syrie et au Liban.
Figure 2. Extrait de la planche de l’Atlas général, Paul Vidal de la Blache, Atlas général Vidal-Lablache. Histoire et géographie, Paris, Armand Colin, 1894, p. 56. Les régions en bistre du pourtour méditerranéen correspondent aux climats chauds tempérés
Le climat méditerranéen finalement énoncé il y a seulement un siècle
16En 1929, le gendre de Vidal de la Blache, Emmanuel de Martonne (1873-1955), accole le nom climat et l’adjectif méditerranéen dans le Traité de géographie physique :
- 28 Emmanuel de Martonne, Traité de géographie physique, vol. 1 « Notions générales, Climats, Hydrogr (...)
Le régime normal dans la zone subtropicale est celui qui est particulièrement bien réalisé dans le bassin de la Méditerranée, le climat méditerranéen. On peut le caractériser ainsi : saison froide relativement tempérée troublée par le passage des dépressions barométriques qui apportent des pluies ; saison chaude avec des températures égales ou même supérieures à celles des pays tropicaux, avec une atmosphère plus tranquille et des périodes de sécheresse qui peuvent durer plusieurs mois. C’est bien ce que nous observons en Provence et cette description en raccourci s’applique aussi au climat de l’Italie péninsulaire, à celui des côtes de l’Espagne, de l’Algérie et de la Tunisie28.
- 29 Pierre Singaravélou (dir.), L’empire des géographes, géographie, explorations et colonisation (xi (...)
- 30 Diana K. Davis, Les mythes environnementaux de la colonisation française au Maghreb, Seyssel, Cha (...)
17Comment ne pas contextualiser ce baptême au regard de la colonisation, d’autant que la géographie, et sa sous-discipline la climatologie, ont conforté l’idée d’une unité de la Méditerranée : « là-bas, c’est chez nous » accompagnant les transferts d’hommes et de marchandises nord-sud (départements ou protectorat du Maghreb) puis est-ouest (mandats Syrie Liban). Pierre Singaravélou a montré l’important développement de ces finalités aménagistes pour certains et idéologiques pour d’autres comme le professeur de géographie coloniale à la faculté des lettres de Paris, Marcel Dubois (1856-1916), véritable militant, associé à Vidal de la Blache lors de la création des Annales de géographie 29. D’ailleurs, le premier article du premier numéro de cette revue est un texte de Pierre Foncin intitulé : « La France extérieure en 1891 » dans lequel il explique les raisons d’une « Grande France » : « à partir de 1830, une ère nouvelle s’est ouverte… nous avons renoué avec cette politique coloniale traditionnelle patiemment ourdie par François Ier ». La propagande, qui a débuté à la fin du xixe siècle, culmine vers 1930. Elle se manifeste d’abord par les festivités à Alger et Paris pour la célébration du centenaire du débarquement en Algérie, puis par l’organisation de l’Exposition coloniale internationale de 1931 à Paris30. Trente-quatre millions de visiteurs s’y rendent. Cette campagne est entretenue aussi par les images des régions desservies par le PLM et son Train bleu, qui valorisent la proximité, et folklorisent le ciel, et donc le climat et les paysages d’Algérie et de Tunisie. La rive sud est vue, depuis la métropole, comme un prolongement des pays européens.
- 31 Alfred Fierro, Histoire de la météorologie, Paris, Denoël, 1991.
- 32 Julius Hann, Handbuch der Klimatologie, Stuttgart, Engelhorn, 1882.
- 33 Martine Tabeaud, « La climatologie : un champ disciplinaire séculaire de la géographie », dans Al (...)
- 34 Emmanuel de Martonne, Traité de géographie physique, op. cit., p. 271.
- 35 Glenn Thomas Trewartha, An introduction to climate, New York, Mac Graw Hill, 1937.
18À partir de 1922, l’Union géographique internationale s’organise et décide de réunions régulières de ses trente-quatre commissions, dont l’une est dédiée à la climatologie. Les échanges s’accélèrent entre chercheurs des divers continents31 : le « père de la climatologie », l’autrichien Julius Hann32, l’allemand Fritz Möller, les américains Herbert Riehl, Charles Thornthwaite et Glenn Trewartha, le français Alfred Angot, entre autres33. Les météorologistes et climatologues anglo-saxons rechignent à cette dénomination de « climat méditerranéen » pour l’étendre à d’autres régions situées entre 30 et 40° de latitude en façade ouest des continents : Afrique du sud, Australie, Californie, Chili. Emmanuel de Martonne consacre sept pages au climat méditerranéen dans son Traité de géographie physique. Il prend comme exemple la Provence et admet des formes de dégradation en montagne et des « variétés » en Amérique, Afrique, et Australie34. Glenn Trewartha (1896-1984) les classe, en 1937, en « subtropicaux à été » sec dans An introduction to climate 35. Il conteste même le qualificatif pour les rives nord de la Méditerranée dans The earth’s problem climates en 1961.
- 36 Philippe Vallette, La documentation géographique, no 8142 « Les climats, une géohistoire », Paris (...)
- 37 Maurice Striffling, « Perspectives nouvelles de la climatologie », Géocarrefour, vol. 43, no 4, L (...)
- 38 Boris Dzerdzeesky, « Fluctuations of general circulation of the atmosphere and climate in the XXt (...)
- 39 Viktor Doubentsov et Nadia Davodova, « Atlas russe des cartes aéro-climatiques et des cartes des (...)
- 40 Pierre Pédelaborde, Le climat du bassin parisien. Essai d’une méthode rationnelle de climatologie (...)
- 41 Meteorological Office, Weather in the Mediterranean, Londres, Hillmann and Sons, 1962, 2 vol.
19Au milieu du xxe siècle36, l’unité climatique de l’aire méditerranéenne se délite avec les méthodes de la climatologie synoptique appelée aussi climatologie dynamique, qui met en avant les masses d’air et la circulation des flux37. Elle naît principalement à l’Académie des sciences de Moscou avec les travaux de Boris Dzerdzeesky (1898-1971)38. Il préconise la reconnaissance de types de temps dans leur succession habituelle ou exceptionnelle. La méthode donne lieu à la publication d’atlas39. Elle est reprise en France en particulier par Pierre Pédelaborde (1911-1992)40. Elle permet une climatologie à terre comme en mer. Pour ce qui concerne le bassin méditerranéen, le Meteorological Office publie une synthèse intitulée Weather in the Mediterranean, en deux volumes41. Les auteurs, à partir de cinq types de temps, privilégient un découpage ouest-est. Il est déterminé dans le bassin occidental par l’importance du creux dépressionnaire dans le golfe de Gênes. Au contraire, de la partie sud-orientale au « climate influenced by the continents of Africa or south-west Asia » (p. 188) alors que l’inversion des masses d’air selon les saisons autonomise un sous-ensemble égéen.
- 42 Johann Chapoutot, « Nazisme, environnement, écologie », La pensée écologique, vol. 4, 2019, p. 26 (...)
- 43 Werner Terjung, « Physiologic Climates of the Conterminous United States : A Bioclimatic Classifi (...)
- 44 Jean-Pierre Besancenot, Les bioclimats humains en façade méditerranéenne de l’Europe. Étude géogr (...)
20En même temps, après la seconde guerre mondiale, partout dans le monde, des recherches de climatologie appliquée, en particulier à l’agriculture, répondent aux besoins d’amélioration des rendements des plantes cultivées. Dans le champ des recherches finalisées, la climatologie médicale occupe une place à part. D’une part, elle renoue avec le passé et la tradition des « topographies ». Mais, d’autre part, une très grande prudence est de mise compte tenu de l’utilisation génocidaire des théories raciales des nazis42. Aux États-Unis, quelques chercheurs quantifient les effets des climats sur le corps humain, en particulier Werner Terjung43. À partir de la Californie, au climat proche de celui du bassin méditerranéen, il classe les ambiances nord-américaines selon le degré de confort humain. Son indice mêle les effets de la température, de l’humidité relative, du froid lié au vent et du rayonnement solaire. En Europe, Jean-Pierre Besancenot propose également un indice, même s’il avoue que « les répercussions psychiques du climat se dérobent à la mesure »44.
- 45 Annick Douguedroit, « The “scientific revolution” of the climatology during the second half of th (...)
- 46 Larry Gates, « The physical basis of climate », Proceedings of the World Climat Conference, 12-23 (...)
21Dans les années 1970, Annick Douguedroit45 parle de révolution pour expliquer le nouveau paradigme de « l’état du système climatique » selon l’expression de Gates46. Ce ne sont pas les variantes des climats qui sont objets d’études mais les variances du climat. Cette nouvelle perspective accompagne la conviction, largement partagée en dehors des chercheurs, d’un changement climatique inédit de la composition et du fonctionnement de l’atmosphère dans son ensemble. La modélisation à l’échelle planétaire (dite globale) relègue les études régionales ou infra-régionales au second plan.
- 47 Alain Corbin, Le Territoire du vide. LOccident et le désir du rivage (1750-1840), Paris, Flammari (...)
- 48 Christophe Granger, La saison des apparences, Paris, Anamosa, 2017.
- 49 Christophe Granger, « (Im)pressions atmosphériques. Histoire du beau temps », Ethnologie français (...)
22L’unité climatique se délite avec la climatologie synoptique, qui met en avant masses d’air et circulation des flux. Pourtant en Europe, l’image du climat méditerranéen persiste. Faut-il y voir un effet du désir des urbains pour le rivage en été comme l’a bien montré Alain Corbin47, une conséquence du nouveau rapport du corps au soleil avec « la culture météorologique des vacances » selon Christophe Granger48 ? Tout au long du xxe siècle, pour les Européens, les rivages méditerranéens deviennent un sun belt, aux cieux estivaux toujours bleus. Ce « beau temps » garanti est exploité après les congés payés par le Club Med (ex Club Méditerranée)49, qui installe son premier village à Majorque en 1950. Avec son logo, le trident de Poséidon, il essaime ensuite dans tout le bassin : France, Italie, Grèce, Turquie, Maroc, Tunisie, etc. Ce farniente au Soleil est remis en cause par l’Organisation mondiale de la santé qui alerte sur les cancers dus à l’excès d’exposition aux rayons ultra-violets. Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) met en garde contre l’aridification du bassin méditerranéen et les canicules récurrentes dans un futur proche. De plus, la mer fait figure trop souvent de cimetières pour les migrants… L’héliotropisme méditerranéen a-t-il « du plomb dans l’aile » ?
- 50 Martine Tabeaud, « Des “climats” en Méditerranée au climat méditerranéen : une lente construction (...)
- 51 Maximilien Sorre, « La notion de micro-climat », Bulletin de l’Association de Géographes Français(...)
23L’association du substantif climat et de l’adjectif qualificatif relatif à la Méditerranée dans l’expression « climat méditerranéen » n’a que cent ans50. La notion de klima est restée longtemps associée uniquement à la latitude alors que le bassin méditerranéen apparaissait comme un ensemble de mers plus ou moins tempétueuses en hiver. Après la guerre franco-prussienne de 1870, la géographie s’institutionnalise. La climatologie, une de ses sous-disciplines, caractérise l’état moyen de l’atmosphère en fonction de la localisation, selon la définition de Maximilien Sorre51 reprise de Julius Hahn. Les géographes découpent la planète en régions climatiques aux frontières thermo-pluviométriques qui limitent la durée de la saison végétative. Rompus aux observations de terrain, au maniement d’échelles spatiales et temporelles variées, ils recherchent les causalités naturelles des faits sociaux. C’est ainsi qu’au xxe siècle, à l’époque coloniale, l’identification d’une aire civilisationnelle méditerranéenne va conduire à penser un « climat méditerranéen » valorisant de plus en plus l’été.
24Si, à un moment donné, les manières de voir les contraintes climatiques influencent fortement la collectivité en particulier avec l’enseignement scolaire, à l’échelle des temps historiques, elles ne sont pas immuables. Il n’est pas certain qu’aujourd’hui, et a fortiori demain, l’unité supposée du climat (au sens atmosphérique du terme) ne va pas disparaître derrière les barrières des climats politiques… pour construire une nouvelle manière de concevoir la mer Méditerranée et ses rives.
Notes
1 Christian Grataloup, L’invention des continents et des océans, Paris, Éditions Larousse, 2020.
2 Véronique Mérieux, « Ouverture. Les inventions de la Méditerranée (1798-1930). Mises en lumière croisées », Cahiers de la Méditerranée, no 103, 2021, p. 15-33.
3 Claudia Moatti (dir.), La Méditerranée introuvable, Relectures et propositions, Paris, Éditions Karthala, 2020.
4 Florence Deprest, « L’invention géographique de la Méditerranée : éléments de réflexion », L’espace géographique, vol. 31, no 1, 2002, p. 73-92.
5 Al Idrissi, Nuzhat al-mushtaq fî ikhtirâq al-âfâq [Amusement pour qui désire parcourir les différentes parties du monde], 1154. Voir également The Bodleian Library, Mss. Pococke 375, Livre de Roger, fo 3v-4.
6 Henri de Mondeville, Traité de chirurgie, vol. 2, trad. E. Nicaise, Paris, Germer Baillière et Cie., 1893, p. 126-127.
7 Denis Diderot et Jean Le Rond d’Alembert, Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, vol. 10, Paris, Briasson, David, Le Breton, Durand, 1751, p. 299.
8 Jean-François Staszak, « Qu’est-ce que l’exotisme ? », Le Globe, revue genevoise de géographie, no 148, 2008, p. 7-30.
9 Hélène Blais, L’empire de la nature. Une histoire des jardins botaniques coloniaux (fin xviiie siècle - années 1930), Ceyzérieu, Champ Vallon, 2023.
10 Stéphen Liégeard, La Côte d’Azur, Paris, Maison Quantin, 1887.
11 Justin Benjamin Chabaud, Les palmiers de la Côte d’Azur. Distribution géographique, culture, description des genres, Paris, La Maison Rustique, 1915, p. V.
12 Theobald Fischer, Studien über das Klima der Mittelmeerländer, Francfort, Gotha Justus Perthes, 1879.
13 Wladimir Peter Köppen, « Die Wärmezonen der Erde, nach der Dauer der heissen, gemässigten und kalten Zeit und nach der Wirkung der Wärme auf die organische Welt betrachtet », Meteorologische Zeitschrift, vol. 1, 1884, p. 215-226 ; « Das geographische System der Klimate », dans Wladimir Peter Köppen et Rudolf Geiger, Handbuch der Klimatologie, vol. 1, Berlin, Teil C. Borntraeger, 1936.
14 Auguste Griesbach, La végétation du globe, d’après sa disposition suivant les climats ; esquisse d’une géographie comparée des plantes, trad. Piotr Tchikhatchov, Paris, J. B. Baillère et fils, 1866.
15 Augustin-Pyramus de Candolle et Jean-Baptiste de Lamarck, Flore française, ou Descriptions succinctes de toutes les plantes qui croissent naturellement en France, disposées selon une nouvelle méthode d’analyse, et précédées par un Exposé des principes élémentaires de la botanique, 6 vol., Paris, H. Agasse, 1815.
16 Charles Thornthwaite, « The water balance », Climatology, no 8, 1955, p. 1-104.
17 Louis Emberger, « Place de la région méditerranéenne française dans l’ensemble méditerranéen », Bulletin de l’Association des Professeurs de Biologie et Géologie de l’Enseignement public, CRDP Poitiers, vol. 2, 1966, p. 153-165.
18 Henri Gaussen, Géographie des Plantes, Paris, Armand Colin, 1933.
19 Pierre Birot, La Méditerranée et le Moyen Orient, vol. 1 « La Méditerranée occidentale », Paris, PUF, 1953.
20 Konrad Malte-Brun, Géographie complète et universelle nouvelle édition, continuée jusqu’à nos jours, d’après les documents scientifiques les plus récents. Les derniers voyages et les dernières découvertes, Paris, Morizot, 1856, 7 vol.
21 Jean Brunhes, « Les limites de notre cage », Le Correspondant, 10 décembre, 1909, p. 833-862, p. 848-849 pour la Méditerranée.
22 Élisée Reclus, Nouvelle géographie universelle, vol. 2 « La France », Paris, Hachette, 1885, p. 47, zone méditerranéenne, page 178.
23 Ibid., p. 47.
24 Federico Ferretti et Philippe Pelletier, « Sciences impériales et discours hétérodoxes : Élisée Reclus et le colonialisme français », L’espace géographique, vol. 42, 2013, p. 1-14.
25 Paul Vidal de la Blache, Atlas général Vidal-Lablache. Histoire et géographie, Paris, Armand Colin, 1894.
26 Marie-Claire Robic, « Un système multi-scalaire, ses espaces de référence et ses mondes. L’Atlas Vidal-Lablache », Cybergeo : European Journal of Geography, 2004, en ligne.
27 Paul Vidal de la Blache, Atlas général Vidal-Lablache…, op. cit., p. 56.
28 Emmanuel de Martonne, Traité de géographie physique, vol. 1 « Notions générales, Climats, Hydrographie », Paris, Armand Colin, 1929, p. 266-272 pour le climat méditerranéen.
29 Pierre Singaravélou (dir.), L’empire des géographes, géographie, explorations et colonisation (xixe-xxe siècle), Paris, Belin, 2019.
30 Diana K. Davis, Les mythes environnementaux de la colonisation française au Maghreb, Seyssel, Champ Vallon, 2013.
31 Alfred Fierro, Histoire de la météorologie, Paris, Denoël, 1991.
32 Julius Hann, Handbuch der Klimatologie, Stuttgart, Engelhorn, 1882.
33 Martine Tabeaud, « La climatologie : un champ disciplinaire séculaire de la géographie », dans Alexis Metzger (dir.), Le climat au prisme des sciences humaines et sociales, Paris, Éditions Quae, 2021, p. 108-127.
34 Emmanuel de Martonne, Traité de géographie physique, op. cit., p. 271.
35 Glenn Thomas Trewartha, An introduction to climate, New York, Mac Graw Hill, 1937.
36 Philippe Vallette, La documentation géographique, no 8142 « Les climats, une géohistoire », Paris, CNRS éditions, 2021.
37 Maurice Striffling, « Perspectives nouvelles de la climatologie », Géocarrefour, vol. 43, no 4, Lyon, 1968, p. 431-435.
38 Boris Dzerdzeesky, « Fluctuations of general circulation of the atmosphere and climate in the XXth century », dans Changes of climate, Paris, UNESCO et OMM, 1963, p. 285-295.
39 Viktor Doubentsov et Nadia Davodova, « Atlas russe des cartes aéro-climatiques et des cartes des trajectoires et des fréquences d’occurrence des cyclones et anticyclones dans l’hémisphère austral », Bulletin synoptique de l’Institut central de prévision du temps, 1964.
40 Pierre Pédelaborde, Le climat du bassin parisien. Essai d’une méthode rationnelle de climatologie physique, 2 vol., Paris, Th. Génin, 1957-1958.
41 Meteorological Office, Weather in the Mediterranean, Londres, Hillmann and Sons, 1962, 2 vol.
42 Johann Chapoutot, « Nazisme, environnement, écologie », La pensée écologique, vol. 4, 2019, p. 26-30.
43 Werner Terjung, « Physiologic Climates of the Conterminous United States : A Bioclimatic Classification Based on Man », Annals of the Association of American Geographers, vol. 56, no 1, 1966, p. 141-179.
44 Jean-Pierre Besancenot, Les bioclimats humains en façade méditerranéenne de l’Europe. Étude géographique des effets physiologiques, psychiques et pathologiques d’une ambiance climatique, Dijon, Publications du Centre de Recherches de Climatologie, 1987.
45 Annick Douguedroit, « The “scientific revolution” of the climatology during the second half of the XXth century : the paradigm of the state of the climate system », Annales de l’Association internationale de Climatologie, vol. 2, 2005.
46 Larry Gates, « The physical basis of climate », Proceedings of the World Climat Conference, 12-23/02, WMO, no 537, 1979, p. 112-131.
47 Alain Corbin, Le Territoire du vide. LOccident et le désir du rivage (1750-1840), Paris, Flammarion, 1990.
48 Christophe Granger, La saison des apparences, Paris, Anamosa, 2017.
49 Christophe Granger, « (Im)pressions atmosphériques. Histoire du beau temps », Ethnologie française, vol. 34, 2004, p. 123-129 ; Martine Tabeaud, « Voyage sous des cieux pas toujours bleus, Sous le climat qui fait chanter tout le Midi », La Vie-Le Monde, no 29 « L’histoire de la Méditerranée », 2019, p. 16-17.
50 Martine Tabeaud, « Des “climats” en Méditerranée au climat méditerranéen : une lente construction géographique au fil du temps », dans Paysages méditerranéens sous influences. Comprendre, s’adapter modeler, Paris, Société nationale d’horticulture de France, mai 2023.
51 Maximilien Sorre, « La notion de micro-climat », Bulletin de l’Association de Géographes Français, no 301-302, 1961, p. 162-169.
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| URL | http://journals.openedition.org/cdlm/docannexe/image/19884/img-2.png |
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| Titre | Figure 2. Extrait de la planche de l’Atlas général, Paul Vidal de la Blache, Atlas général Vidal-Lablache. Histoire et géographie, Paris, Armand Colin, 1894, p. 56. Les régions en bistre du pourtour méditerranéen correspondent aux climats chauds tempérés |
| URL | http://journals.openedition.org/cdlm/docannexe/image/19884/img-3.png |
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Pour citer cet article
Référence papier
Martine Tabeaud, « Un climat méditerranéen insaisissable », Cahiers de la Méditerranée, 111 | 2025, 165-176.
Référence électronique
Martine Tabeaud, « Un climat méditerranéen insaisissable », Cahiers de la Méditerranée [En ligne], 111 | 2025, mis en ligne le 20 juillet 2026, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/cdlm/19884 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16lo1
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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
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