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Chantiers

Les cartulaires-rouleaux français du Moyen Âge : un archipel à explorer

Jean-Baptiste Renault

Notes de la rédaction

Historique
Reçu : 21 avril 2023 – Accepté : 10 novembre 2023

Texte intégral

1. Introduction

1Durant quatre années, le projet ANR JCJC ROTULUS « La mise en rouleau des chartes : les “cartulaires-rouleaux” et leur fonction au sein des réseaux monastiques (France, xie-xve siècles) » (2019-2022) s’est donné pour mission de redécouvrir et faire connaître les cartulaires-rouleaux médiévaux actuellement conservés en France1. Mené à l’université de Lorraine et piloté par Jean-Baptiste Renault, le projet a reposé sur une équipe de quatorze chercheurs, enseignants-chercheurs et archivistes, de plusieurs institutions, épaulés par un comité scientifique et rejoints par un collectif de collaborateurs plus ponctuels2. L’équipe s’est fixé quatre objectifs : recenser les cartulaires-rouleaux, étudier particulièrement ceux issus du monde des réguliers pour comprendre le choix du rouleau, réaliser de nouvelles éditions pour favoriser de multiples exploitations et enfin valoriser nos découvertes.

  • 3 O. Guyotjeannin, « Penuria scriptorum : le mythe de l’anarchie documentaire dans la France du nord (...)
  • 4 Journées d’études : Écrits et dépendances monastiques (xie-xve siècles), Poitiers, 30 septembre 201 (...)
  • 5 La définition du rouleau ici proposée est adaptée d’après D. Muzerelle, Vocabulaire de codicologie  (...)
  • 6 M. M. Cárcel Ortí (éd.), Vocabulaire international…, op. cit., p. 35-36, n° 74.
  • 7 O. Guyotjeannin, L. Morelle et M Parisse (éd.), Les Cartulaires, Paris, 1993 ; P. Bertrand, C. Bour (...)
  • 8 Après l’entreprise d’Henri Stein (Bibliographie des cartulaires français ou relatifs à l’histoire d (...)

2Le projet s’enracine dans des recherches récentes sur le rôle de l’écrit documentaire dans les réseaux monastiques3. Lors de recherches collectives sur les écrits de dépendances, plusieurs cartulaires en rouleau ont été approchés, suscitant un questionnement particulier4. Le rouleau peut être défini comme un ensemble de feuilles d’un matériau souple, assemblé bout à bout et destiné à être enroulé5. La rédaction d’un cartulaire sur cette forme matérielle constitue une éventualité prévue dans la définition du cartulaire que donne le Vocabulaire international de la diplomatique6. Un ample mouvement d’étude sur les cartulaires est actif depuis une trentaine d’années en France – et un peu plus récemment en Espagne7. Mais dans ces recherches, les recueils en rouleau n’ont presque jamais été étudiés pour eux-mêmes. Ce manque d’intérêt s’explique en partie par le fait que les cartulaires-rouleaux sont incomplètement inventoriés, pas toujours bien signalés dans les inventaires d’archives ; en outre, ils sont peu ou mal édités – les éditions existantes, majoritairement de la seconde moitié du xixe siècle, ne répondant plus aux exigences scientifiques actuelles, négligeant largement la prise en compte du support du rouleau et démantelant le contenu8. Le choix du rouleau pour copier des chartes demeure donc une question ouverte.

  • 9 O. de Laborderie, Histoire, mémoire et pouvoir. Les généalogies en rouleau des rois d’Angleterre (1 (...)
  • 10 O. de Laborderie, Histoire, mémoire…, ibid., p. 59-61. J.-B. Renault (dir.), Rotulus : un patrimoin (...)
  • 11 On pense en premier lieu aux rouleaux des morts bien connus grâce à l’édition monumentale réalisée (...)
  • 12 T. F. Kelly, The Role of the Scroll…, ibid., p. 41-73 ; J.-B. Renault (dir.), Rotulus : un patrimoi (...)
  • 13 T. F. Kelly, The Role of the Scroll…, ibid., p. 59-72 et 75-99 ; J.-B. Renault (dir.), Rotulus : un (...)
  • 14 T. F. Kelly, The Role of the Scroll…, ibid., p. 101-123.

3Récemment, la forme du rouleau a suscité l’intérêt de chercheurs sensibilisés à la matérialité des sources9. L’approche croisée de manuscrits relevant de typologies textuelles très variées a stimulé la réflexion sur les différents facteurs ayant pu conduire au choix du rouleau et sur ce qu’implique ce déploiement formel. Plusieurs notions générales émanant de ces travaux ont alimenté la conception d’une exposition « Rotulus, un patrimoine médiéval à dérouler » ; il n’est pas inutile de les présenter. S’il n’est pas toujours économe en parchemin, le rouleau, du moins, est facile à fabriquer et ne requiert pas les compétences techniques demandées par la confection d’un codex10. Léger quand il n’est pas trop long, il est parfois destiné à voyager11. Le choix de la forme peut être, en certains cas, lié au processus même de rédaction, car on l’utilise pour copier des textes dont on ne connaît pas d’avance la longueur – listes de biens ou revenus comme les censiers, listes d’hommes ou d’objets, procédures, enquêtes, dépositions de témoins12. C’est sans doute aussi le cas de certains cartulaires. Enfin, le rouleau présente des avantages quant à l’ergonomie pour visualiser ou montrer des contenus, textes ou images – armoriaux, généalogies et chroniques dotées de diagrammes généalogiques13. Il peut aussi être le support d’une performance – liturgie, poésie, théâtre, partition musicale14. Malgré ces différentes particularités ou potentialités, presque tous les contenus portés sur rouleaux peuvent l’être également sur des cahiers ou codices, réalité qui invite à une grande prudence pour comprendre le choix du rouleau et à se défier de tout systématisme lors de l’interprétation.

  • 15 Base de données Medieval Scrolls [https://medievalscrolls.com/scrolls/#/]. Ce manque, bien compréhe (...)
  • 16 Outre l’utile synthèse d’É. Lalou – « Les rouleaux de comptes sur parchemin en France et en Anglete (...)
  • 17 F. Bougard, « A vetustissimus thomis. Le rouleau 3 d’Arezzo, du primicier Gérard au tribun Zenobius (...)
  • 18 La bibliographie comprend en grande majorité des études où seuls de brefs passages concernent les c (...)

4On manque encore de recensements exhaustifs pour pouvoir appréhender de façon globale la part occupée par le rouleau dans l’écrit au Moyen Âge et, de façon particulière, la proportion de rouleaux pour chaque famille textuelle. Une première tentative en la matière a été lancée, mais ne comprend presque pas de rouleaux d’archives15. Au sein de cette famille des rouleaux « documentaires », les rouleaux de comptes, censiers en rouleau ou rouleaux d’enregistrement (enrôlement) ont bénéficié d’études nombreuses16 ; les rares études relatives à des cartulaires-rouleaux n’ont pas concerné, quant à elles, des exemples français17. Le rôle des cartulaires-rouleaux, leur place dans le mouvement de rédaction de cartulaires et, plus généralement, au sein des pratiques de l’écrit, entre le xie et le xve siècle en France, a donc suscité un questionnement neuf18. Si les études menées dans le cadre du projet ont davantage ciblé les recueils issus du monde monastique, le choix a été fait d’inventorier tous les cartulaires-rouleaux conservés en France. Cette démarche résonne avec l’optique patrimoniale du projet, le situant dans la lignée d’entreprises tel que celle des Chartes originales antérieures à 1121 conservées en France ou l’inventaire des cartulaires mené par l’IRHT. Ainsi, au lieu de se limiter aux recueils issus du royaume de France à une date donnée, l’ensemble des collections françaises a été considéré. La chronologie envisagée part de l’apparition des premiers cartulaires-rouleaux vers le milieu du xie siècle jusqu’à la fin du Moyen Âge, pour laquelle le terminus de 1500 a été adopté – les dernières décennies du xve siècle ne présentant presque plus aucune compilation en rouleau.

5Au croisement des questionnements sur les cartulaires et leurs fonctions et des recherches récentes sur les implications de la forme en rouleau, on a cherché à amorcer l’exploration des cartulaires-rouleaux afin de mieux percevoir s’il s’agit d’un genre documentaire en tant que tel. Comment définir le cartulaire-rouleau ? Quels sont ses usages et fonctions possibles ? Ses fonctions sont-elles parfois spécifiques, c’est-à-dire la forme en rouleau a-t-elle été privilégiée pour certains types de compilations ? Pour identifier de premières typologies fonctionnelles, des hypothèses ont été formulées au sujet des nombreux cartulaires-rouleaux bénédictins des xie, xiie et xiiie siècles. La première cible le recours au rouleau dans les réseaux monastiques pour faire circuler l’écrit entre centres et dépendances, la seconde concerne le choix du rouleau pour présenter des dossiers de défense ou des dossiers relatifs à des conflits. Les études ont favorisé les recueils monastiques et canoniaux depuis le milieu du xie siècle jusqu’à la fin du xiiie siècle et se sont nourries du travail d’édition critique mené parallèlement par l’équipe du projet ROTULUS pour les cartulaires-rouleaux des établissements réguliers antérieurs au xive siècle – qui représentent 69 manuscrits sur 174 inventoriés. Parallèlement, quelques études de cas ont ouvert des perspectives vers les xive et xve siècles.

6Nous souhaitons tout d’abord présenter ici les réflexions ayant accompagné l’entreprise d’inventaire et de description des cartulaires-rouleaux, pour évoquer ensuite les principaux résultats scientifiques du projet ainsi que son impact patrimonial. Nous évoquerons enfin des pistes nouvelles afin de stimuler l’exploration du corpus.

2. À la recherche des cartulaires-rouleaux

2.1. Circonscrire

  • 19 Un atelier a été consacré à cette réflexion : « Les cartulaires-rouleaux : définition et contours d (...)
  • 20 T. Roche, « Des rouleaux “ordinaires” ? Panorama des rôles conservés aux Archives départementales d (...)

7Au cours de la phase de dépouillement, il a d’abord fallu réfléchir à une caractérisation stricte de ce que nous entendions par cartulaire-rouleau, pour arriver à une définition à la fois objective, utilisable et rapidement mobilisable. Un examen de cas limites, très variés, a été utile pour mieux circonscrire notre objet d’étude19. Nous avons considéré comme cartulaire-rouleau tout document composé d’au moins deux peaux assemblées (collage ou couture) verticalement et contenant (ou ayant contenu) des copies de plusieurs actes. Cela signifie qu’il pouvait, dans certains cas, s’agir de rouleaux contenant la copie de seulement deux actes, à l’exclusion de ceux n’en comportant qu’un seul. En outre, des peaux uniques portant des traces d’assemblages ont aussi été retenues. En revanche, les peaux uniques portant des copies d’actes, parfois très oblongues et conservées roulées – ou portant des traces d’un tel état antérieur de conservation –, ne répondaient pas à notre définition. Paradoxalement, plus que l’enroulement, la notion d’assemblage nous a paru essentielle pour que l’on puisse parler de rouleau20.

  • 21 M. M. Cárcel Ortí (éd.), Vocabulaire international…, op. cit., p. 38, n° 89 et 90.
  • 22 Par exemple, le rouleau étudié par Sébastien Fray : Aurillac, Archives municipales, FF 2 (édition d (...)
  • 23 Deux exemples ont été présentés par Coraline Rey, des rouleaux de procédures de Cîteaux contenant d (...)
  • 24 Par exemple, l’imposant rouleau de la ville de Bourg-en-Bresse, réalisé en 1404 et long de 14 mètre (...)

8Les rouleaux de copies relevant de pratiques d’enregistrement – copie d’actes au moment de leur émission ou réception – ont également été écartés21. De même, des rouleaux de procédures qui comportaient une compilation d’actes – parfois venant en appui à la suite de dépositions de témoins – n’ont pas été retenus22, même si la compilation d’actes composait une partie essentielle du rouleau23. Il en a été de même de rouleaux-vidimus dans lesquels un acte unique comprenait la copie vidimée de plusieurs actes24. Dans ces deux dernières possibilités, si l’on est bien en présence d’une compilation, l’insertion des documents copiés au sein d’un acte authentique confère à l’ensemble une valeur tout à fait différente de celle d’un simple cartulaire en rouleau. Le critère de l’enchâssement des copies au sein d’un acte nous a paru constituer un élément permettant de dénier à ces documents l’appartenance au genre du cartulaire. Au rebours, les cartulaires juxtaposant plusieurs copies authentifiées par des recognitions notariales ont été retenus. Ils sont comparables à certains cartulaires en codex composés de transcriptions authentiques – munies de marques d’authenticité.

2.2. Identifier

  • 25 Sur les 184 entités matérielles répertoriées et décrites, seulement 84 sont encore roulées, 56 sont (...)
  • 26 On a presque toujours pu repérer des indices, comme l’emplacement des notes dorsales ou une zone co (...)

9Inventorier a nécessité un dépouillement systématique des inventaires et des outils de recherches existants pour toutes les institutions publiques de conservation du territoire métropolitain français. Dans cette démarche, il a fallu surmonter plusieurs biais. Tout d’abord, les cartulaires-rouleaux ne sont que très rarement désignés de cette façon dans les inventaires d’archives. Il arrive qu’ils soient simplement appelés « rouleaux » (ou parfois « rôles) ou qu’au contraire on évoque leur contenu sans préciser leur forme matérielle. Matériellement, le repérage pouvait être gêné par le fait qu’actuellement plus de la moitié des rouleaux ne sont plus roulés (fig. 1)25. Un rouleau peut être plié plusieurs fois à intervalles réguliers afin d’être conservé au sein d’une liasse : c’est le cas d’un peu moins du tiers. D’autres ont fait l’objet d’atteintes matérielles plus radicales : 14 % étaient démontés, parmi lesquels 8,7 % étaient reliés en recueil à la suite d’un démontage, avec parfois découpe préalable des éléments. Les cartulaires-rouleaux encore roulés étant minoritaires (46 %), les indices matériels d’un ancien état de conservation roulé ont été glanés lors de la description en archives26.

Fig. 1. – État matériel de conservation des cartulaires-rouleaux médiévaux conservés en France.

Fig. 1. – État matériel de conservation des cartulaires-rouleaux médiévaux conservés en France.
  • 27 Outre les membres de l’équipe, des correspondants ponctuels ont participé, soit un total de trente (...)

10De nombreuses missions ont été nécessaires pour consulter les rouleaux repérés : outre les quarante-six institutions (et collections privées) conservant des cartulaires-rouleaux, une dizaine a été visitée pour effectuer des vérifications27. Sans surprise, c’est au sein des archives départementales que l’on en rencontre le plus (trente-huit dépôts), mais il faut aussi mentionner les Archives nationales, les archives municipales de Lille et de Cambrai, la Bibliothèque nationale de France, les bibliothèques municipales d’Angers et de Lyon et enfin deux collections particulières – comte de Menthon et comte de Corneillan.

  • 28 Ainsi, la Bibliothèque nationale de France conserve des cartulaires-rouleaux de plusieurs régions : (...)

11Excepté la Bretagne, le Centre et la Corse, la conservation des rouleaux se répartit sur tout le territoire (fig. 2). Toutefois, du fait des aléas de la conservation, cette carte ne peut refléter qu’imparfaitement l’histoire de la production des cartulaires-rouleaux28.

Fig. 2 – Nombre de cartulaires-rouleaux conservés en France dans les collections publiques et privées.

Fig. 2 – Nombre de cartulaires-rouleaux conservés en France dans les collections publiques et privées.

2.3. Décrire

  • 29 É. Papin et J.-B. Renault, Glossaire des termes de description matérielle des rouleaux médiévaux, e (...)

12Rassembler des données descriptives sur le corpus inventorié a eu pour but de favoriser les exploitations ultérieures, car l’approche de la matérialité, en particulier, constitue un préalable indispensable à l’étude des cartulaires. En puisant dans les ressources de la codicologie, l’équipe a forgé une méthode originale pour la description physique des cartulaires-rouleaux inventoriés, en s’appuyant sur un travail préalable de codification d’un vocabulaire descriptif spécifique29.

  • 30 Ces données résultant du travail collectif sont librement accessibles sur le site ROTULI, généré av (...)
  • 31 Le travail de structuration des données a été mené par Philippe Demonty, Élodie Papin et Jean-Bapti (...)

13Le glossaire réalisé pourra être utilisé pour décrire des rouleaux d’autres types textuels. Publié en ligne sur le site ROTULI, l’Inventaire des cartulaires-rouleaux médiévaux français, fournit des données fiables et vérifiées pour 174 cartulaires-rouleaux – 184 unités matérielles, les manuscrits démontés en éléments ayant fait l’objet de plusieurs fiches30. Après un travail de structuration des données, celles-ci ont été reliées à différents vocabulaires et ontologies afin de partager notre apport méthodologique et lui permettre de servir à nouveau ou d’inspirer d’autres travaux31. Les métadonnées pour la description des cartulaires-rouleaux suivent notamment la sémantique du Dublin Core. Les données ont été structurées et pensées afin d’être interopérables : les institutions de conservation actuelles et les personnes morales médiévales sont reliées à des référentiels – ceux de la Bibliothèque nationale de France, de l’Idref et les référentiels Biblissima – ; les lieux sont géolocalisés et les liens sont donnés vers GeoNames. Toutes les images numériques des manuscrits déjà publiées en ligne sont répertoriées et les liens sont donnés – ARCA-Bibliothèque numérique de l’IRHT, Gallica et aussi différents sites institutionnels, ce qui concerne cinquante-deux entités décrites.

3. Principaux résultats

3.1. Un paysage documentaire éclaté et deux dynamiques successives

  • 32 Chiffre obtenu par addition des cartulaires-rouleaux aux cartulaires-codex antérieurs à 1501 invent (...)

14Le corpus inventorié s’est avéré beaucoup plus important que les estimations esquissées lors du montage du projet. 174 cartulaires-rouleaux conservés en France ont été inventoriés et décrits, soit presque le triple de la soixantaine répertoriée au sein de la base CartulR. L’inventaire permettra de pratiquer des « pesées » de la part des rouleaux sur l’ensemble des cartulaires à l’échelle régionale et selon la chronologie. On peut cependant déjà faire observer que le cartulaire-rouleau n’est pas un genre documentaire massif ni généralisé : d’après une estimation, il ne représente qu’un peu moins de 15 % des cartulaires médiévaux français connus32. Bien qu’au premier abord le cartulaire-rouleau semble souvent relever d’un usage isolé, il est possible de circonscrire des espaces et des périodes où son usage est plus fréquent.

15La chronologie des cartulaires-rouleaux est marquée par un basculement du Sud vers le Nord : l’efflorescence observée dans le midi de la France et le Val de Loire, entre 1050 environ et le début du xiiie siècle, fait place à une dynamique dans la moitié nord du pays, entre vers 1250 et vers 1450 (fig. 3). Cette répartition chronologique devra donner lieu à des éclairages régionaux plus poussés, mais on peut d’ores et déjà remarquer que la dynamique septentrionale correspond, sans doute, à un mouvement plus général en faveur de la rédaction des cartulaires.

Fig. 3. – Deux périodes de rédaction des cartulaires-rouleaux en fonction des régions actuelles – régions où sont localisées les institutions médiévales commanditaires.

Fig. 3. – Deux périodes de rédaction des cartulaires-rouleaux en fonction des régions actuelles – régions où sont localisées les institutions médiévales commanditaires.
  • 33 Ils ont fait l’objet d’une enquête présentée par Yoan Mattalia lors de la journée d’études de Poiti (...)
  • 34 Le mouvement de rédaction observé dans les ordres militaires à la fin du xiie et au début du xiiie  (...)
  • 35 A. Venturini, « Les cartulaires-rouleaux des Cisterciens du Midi de la France (xiie-xiiie siècles)  (...)
  • 36 Voir : É. Papin et J.-B. Renault, « Fonctions des cartulaires-rouleaux : approches sociales et cont (...)

16Les recueils issus du monde bénédictin – qu’il faudrait pouvoir comparer avec l’ensemble des cartulaires produits par ces institutions – représentent un gros tiers du corpus (35 %) et sont majoritaires parmi les cartulaires-rouleaux des xie et xiie siècles. S’interrogeant sur la possibilité d’une diffusion des pratiques, les enquêtes menées au cours du projet ont rarement pu prouver des influences entre établissements. Mais une vague de rédaction de cartulaires-rouleaux semble toucher les commanderies des ordres militaires, principalement en Occitanie, lors du dernier tiers du xiie et le premier tiers du xiiie siècle environ33. Le rouleau n’est toutefois pas la forme exclusive, car cette période correspond à un mouvement plus large de rédaction de cartulaires chez les Templiers et les Hospitaliers ; pour le même espace, sont également rédigés des cartulaires sur simples cahiers ou petits codices34. Les Cisterciens ont parfois recours au rouleau. Excepté pour le Midi, à l’ouest du Rhône, où la pratique est un peu comparable à ce que l’on constate pour les ordres militaires, l’usage du rouleau chez les moines blancs est resté épisodique – seulement dix-sept en tout35. S’il est rare que l’on puisse suspecter une diffusion, en revanche, un certain ancrage de la pratique a pu être mis en évidence au sein de certaines institutions, pour une période longue pouvant aller jusqu’à trois siècles. C’est le cas, par exemple, à Saint-Florent de Saumur et Saint-Victor de Marseille, aux xie et xiie siècles, à Saint-Aubert de Cambrai ou encore à Chaalis, du xiiie siècle au début du xve siècle36. Le fait de conserver des cartulaires-rouleaux aurait pu encourager à en réaliser ultérieurement, cinquante ans ou un siècle après.

  • 37 R.-H. Bautier, « Cartulaires de chancellerie et recueil d’actes des autorités laïques et ecclésiast (...)
  • 38 Les trois cartulaires-rouleaux du comté de Savoie contiennent respectivement 103, 73 et 99 actes – (...)

17À partir du milieu du xiiie siècle, se diversifient les types de commanditaires, avec notamment des recueils pour les clercs séculiers et quelques couvents de mendiants, puis bientôt les princes et les villes. Mais, parallèlement, les monastères bénédictins ou de chanoines réguliers en produisent encore beaucoup. Le milieu urbain a pu parfois constituer une terre d’élection pour le rouleau : ainsi pour la période 1250-1450, on identifie sept cartulaires-rouleaux pour Rouen et jusqu’à seize pour Cambrai. Alors que les principautés se dotent progressivement de cartulaires aux xiiie et xivsiècles37, ceux-ci sont parfois rédigés sur des rouleaux. Divers par leur taille, les cartulaires-rouleaux princiers sont tantôt de petits cartulaires-dossiers, tantôt d’importants cartulaires « féodaux », comme les trois cartulaires-rouleaux du comté de Savoie – rédigés entre 1260 et 1285 – et celui du Forez – extrême fin du xiiie siècle – qui contiennent jusqu’à une centaine d’actes et s’étendent sur plusieurs mètres de parchemin38. À partir du xive siècle, les archives de certaines principautés recèlent plusieurs cartulaires-rouleaux, le plus souvent des compilations-dossiers relatives à un lieu ou une affaire. C’est le cas des comtés de Bourgogne et d’Artois, ainsi que des duchés de Bar et de Lorraine.

3.2. Une approche plus fine des cartulaires-rouleaux monastiques (xie-xiiie siècle)

  • 39 Elle paraîtra sous la forme de quatre volumes papier.

18Les soixante-neuf cartulaires-rouleaux des établissements réguliers antérieurs au xive siècle ont, en outre, fait l’objet d’une édition critique. Ils représentent un total de 1 546 unités documentaires39. Outre les quarante-cinq recueils des bénédictins, l’édition concerne sept rouleaux cisterciens, huit pour des chanoines réguliers – dont deux pour des maisons de Prémontrés – et trois pour des Clarisses. Cette réalisation comble un vide, car 60 % des cartulaires-rouleaux concernés sont inédits et, pour les autres, les éditions existantes sont presque toujours dépourvues d’apparat critique et de tradition documentaire. L’approche ecdotique et l’examen du contenu ont nourri la réflexion sur les typologies fonctionnelles des cartulaires-rouleaux. Les hypothèses émises en amont du projet ont ciblé un possible rôle du cartulaire-rouleau dans le fonctionnement des réseaux monastiques – circulation entre maisons mères et dépendances – et, d’autre part, un usage pour recevoir des dossiers documentaires relatifs à des conflits.

  • 40 T. Roche, « Les cartulaires-rouleaux en Normandie : panorama d’une pratique (xie-xve siècles) », in(...)

19L’importance numérique des cartulaires-rouleaux relatifs à des dépendances monastiques a été confirmée : parmi ceux des bénédictins près de la moitié concerne des dépendances, ils sont vingt-huit sur soixante et un entre le xie et le xve siècle – vingt compilations relatives à des dépendances bénédictines antérieures au xive siècle ayant fait l’objet d’une édition. Les indices d’une circulation du rouleau du prieuré vers le centre ont parfois pu être explorés et, à cet égard, il était crucial d’établir le plus finement possible la tradition des actes. Dans certains cas, la rédaction de cartulaires-rouleaux relatifs à des prieurés aurait pu constituer un moyen de rassembler des informations dans le cadre des processus de formation et d’organisation des réseaux institutionnels. De façon plus inattendue, des logiques de dossier, assez comparables, ont pu être identifiées en milieu monastique pour plusieurs types de compilation : rouleaux documentant notamment la perception des revenus d’un office monastique ou d’un hôpital lié au monastère, ou relatifs à l’administration d’une propriété ou d’une unité d’exploitation (granges cisterciennes)40.

  • 41 L. Morelle, « Instrumentation et travail de l’acte : quelques réflexions sur l’écrit diplomatique e (...)
  • 42 J.-B. Renault, « Envois documentaires et gestion des dépendances monastiques : les cartulaires-roul (...)

20Les recherches récentes ont mis en lumière les multiples innovations monastiques dans la sphère documentaire aux xie et xiie siècles41. Mais parmi celle-ci, on n’avait pas encore identifié la place particulière du cartulaire-rouleau. En différents lieux, il a pu constituer un déploiement formel que l’on choisissait ponctuellement d’adopter pour répondre à des besoins de gestion de l’écrit comme de gestion par l’écrit. Ainsi au sein du réseau de Saint-Victor de Marseille aux xie et xiie siècles, plusieurs compilations semblent avoir été dressées pour actualiser la connaissance du patrimoine de dépendances monastiques après une période d’acquisitions, tandis que d’autres résultaient plutôt d’une sélection de documents à transcrire en vue d’un envoi à l’abbaye mère42.

  • 43 M. Parisse, « Écriture et réécriture des chartes : les pancartes aux xie et xiie siècles », Bibliot (...)
  • 44 C. Senséby, « Codex, pancartes et rouleaux : choix documentaires en Val-de-Loire (xie-xiiie siècles (...)
  • 45 Trois exemples ont été particulièrement étudiés : S. Lafaye, « BNF, Baluze 380 n° 5 : un témoin des (...)

21Au sein de certains ensembles institutionnels monastiques, le rouleau a été plus fréquemment employé, comme à Saint-Florent de Saumur et Saint-Victor de Marseille aux xie et xiie siècles, mais plus occasionnellement au sein des réseaux de La Chaise-Dieu ou Cluny. Parallèlement, plusieurs de ces abbayes ont un recours fréquent à la pancarte-cartulaire – notamment à Saint-Florent, Saint-Victor et Marmoutier43 – et, d’autre part, ces institutions ont également réalisé d’importants cartulaires-codex. C’est pourquoi, afin de mieux percevoir son rôle et ses possibles spécificités par rapport à d’autres types d’outils, le cartulaire-rouleau a été comparé et confronté à d’autres compilations coexistant dans son écosystème documentaire, pancartes-cartulaires ou cartulaires en codex44. Comme les pancartes-cartulaires, le cartulaire-rouleau consiste souvent en un dossier d’actes copiés se rapportant à un dénominateur commun, un lieu, une affaire. Des interactions entre les différents types de compilations, ou au contraire parfois une juxtaposition sans connexion, ont pu être mises en évidence. Grâce au travail d’édition, les cartulaires-rouleaux monastiques ont ainsi pu être replacés dans leur contexte archivistique et documentaire. Parfois chaînon d’une tradition – notamment quand son contenu est ensuite copié dans un cartulaire-codex – le cartulaire-rouleau constitue au contraire, dans des cas assez nombreux, le réceptacle d’actes qui ne semblent pas avoir été copiés ailleurs. Cela se produit notamment lorsqu’il accueille la transcription de toutes les pièces relatives à une affaire, ou parfois à des biens lointains ou dépendances très excentrées45.

  • 46 L. Viaut, « Du cartulaire au dossier de défense. Regards sur la fabrique d’un rouleau dans le Périg (...)
  • 47 T. Fournier-Fujimoto, « Le rouleau de Saint-Étienne de Caen relatif à Cambes et Hérouville (xiie si (...)
  • 48 Voir note 22.

22Par ailleurs, l’avantage du rouleau pour mettre en scène le déroulement d’un conflit ou en narrer par le détail les étapes a été puissamment mis en évidence46. De nombreux cartulaires-rouleaux relatifs à des conflits sont de petite taille, donc facilement montrables, la tendance à l’allongement s’observant surtout au xiiie siècle. Il a pu s’agir de dossiers de défense réalisés à titre préventif sans que l’on sache toujours s’il a y eu ou non contestation47. Exemple étonnant de porosité documentaire, on retrouve parfois une compilation d’actes insérée dans certains rouleaux d’enquêtes ou procédures, développés surtout à partir du xiiie siècle48. En définitive, les rôles assignés au rouleau ont varié et ont évolué, navigant entre gestion patrimoniale, gestion d’archives et gestion de conflits.

  • 49 J.-B. Renault, « Atelier “Actes brefs ou abrégés dans les cartulaires-rouleaux” (Nancy, 6 octobre 2 (...)
  • 50 M. Hélias-Baron, « Les rouleaux de Chaalis… », op. cit.
  • 51 P. Bertrand, Les écritures ordinaires. Sociologie d’un temps de révolution documentaire (entre roya (...)

23De nouvelles pistes de recherches se sont ouvertes. La première a concerné la présence d’actes brefs ou abrégés dans les cartulaires-rouleaux à la suite d’un constat mené lors du travail d’édition, principalement pour des rouleaux bénédictins des xie et xiie siècles49. Le rouleau, en Normandie, Massif central, Roussillon ou Provence a pu constituer un terrain propice pour recevoir des actes brefs liés à des acquisitions domaniales, qu’il s’agisse d’actes véritablement résumés lors de la transcription ou d’actes nativement brefs (notices de traditions), sans que l’on puisse toujours déterminer s’il s’agit effectivement de transcriptions ou de primo-inscriptions. Une seconde piste de recherche tient au fait que parfois la production de cartulaires-rouleaux ne constitue que l’un des multiples usages de cette forme au sein d’un même établissement, comme à l’abbaye cistercienne de Chaalis, où chez les chanoines réguliers de Saint-Aubert de Cambrai, entre le xiiie et le xve siècle50. Il s’agirait de replacer les cartulaires-rouleaux au sein de l’importante production de rouleaux dans le nord de la France à la fin du Moyen Âge et particulièrement entre 1250 et 1350 afin d’explorer l’hypothèse de possibles porosités documentaires entre les types d’outils employant la forme alternative que représente le rouleau, dans le cadre de la « Révolution de l’écrit »51.

3.3. Un objet patrimonial

  • 52 Les articles grand public et actions de médiation sont signalés dans le Carnet Rotulus https://rotu (...)
  • 53 É. Papin et T. Roche, « La conservation des rouleaux du Moyen Âge à nos jours. Compte-rendu de la T (...)
  • 54 A. Daronnat et L. Deuche, « La restauration de la Grande Pancarte de l’abbaye Saint-Martin de l’Ile (...)
  • 55 Angers, Bibliothèque municipale, ms. 844, 845, 846, 847, 848 A et 848 B. L’édition a été menée par (...)
  • 56 Voir la présentation dans [https://rotulus.hypotheses.org/516], à savoir à Nancy, Évreux, Paris, Li (...)
  • 57 Par exemple, la journée d’études Retour aux Sources, « Rotulus. Écrire sur rouleau au Moyen Âge », (...)

24Le projet ROTULUS a eu également un impact dans le domaine culturel en faisant connaître les cartulaires-rouleaux en tant qu’objet patrimonial52. Il s’agissait d’une part de collaborer avec le monde de la conservation pour favoriser le signalement et la connaissance de ces manuscrits, d’autre part, de partager largement nos découvertes auprès du grand public. Ainsi, à partir des diagnostics établis lors des missions de collectes en archives, une réflexion a été menée sur la conservation des rouleaux à l’occasion d’une table ronde spécifique53. Après les contacts liés au travail d’inventaire, la publication en ligne des descriptions facilite la sensibilisation des acteurs de la conservation à la forme en rouleau ainsi qu’aux contraintes et spécificités qui lui sont liés. Une collaboration entre les chercheurs du projet ROTULUS et les Archives départementales du Rhône a préparé puis accompagné la restauration de deux importants cartulaires-rouleaux du xive siècle, en particulier le rouleau de l’abbaye de l’Île-Barbe, le plus long cartulaire-rouleau conservé en France – plus de trente-quatre mètres54. Pour favoriser l’accessibilité à ces manuscrits, des échanges ont été entretenus avec les institutions de conservation pour permettre des numérisations. Un cartulaire imposant, celui de l’abbaye Notre-Dame du Ronceray d’Angers, composé de six rouleaux, a fait l’objet d’une numérisation en collaboration entre la Bibliothèque municipale d’Angers et l’IRHT, après son étude détaillée pour ROTULUS55. Enfin, conçue dans le cadre du projet, l’exposition « Rotulus, un patrimoine médiéval à dérouler » circule depuis la fin de l’année 2022, notamment dans des institutions de conservation et universités56. L’exposition se prête aux personnalisations par la présentation de sélections de rouleaux médiévaux, ainsi qu’au déploiement d’un événementiel lié – visites, conférences, actions en direction des scolaires57. Le rouleau, objet de curiosité, constitue aisément un point de départ pour partager des connaissances autour des pratiques et usages de l’écrit au Moyen Âge.

4. Conclusion

25Une des leçons apportées par le projet est de veiller à faire une place aux formes minoritaires de l’écrit. Elles ne doivent pas être oubliées lorsque l’on s’interroge de façon globale sur les pratiques de l’écrit ou la Literacy d’une société. De multiples îles ont été découvertes ou redécouvertes, l’exploration ne fait que commencer. Les réalisations du projet ROTULUS constituent un point de départ : les données sur la matérialité des cartulaires-rouleaux et la masse documentaire que représente l’ensemble des cartulaires édités invitent à de nouvelles recherches. En dépit d’une certaine hétérogénéité, l’exploitation scientifique du corpus a permis de décrire et caractériser de multiples exemples de recours au rouleau pour dresser des compilations de chartes. Des groupes de manuscrits en fonction des types d’usages, ainsi que des périodes plus favorables à la production de cartulaires-rouleaux ont été déjà bien circonscrits. En poursuivant et en approfondissant la contextualisation historique et documentaire, il serait possible de mieux percevoir encore le rôle ou plutôt les rôles confiés au cartulaire-rouleau. Les recueils des ordres militaires (fin xiie-début xiiie siècle), en Occitanie et Auvergne-Rhône-Alpes, ou les recueils des principautés, d’une géographie plus éparse, mériteraient ainsi de nouvelles études. Des enquêtes régionales sur les pratiques de l’écrit, notamment la rédaction de cartulaires, sont encore nécessaires pour mieux soupeser la part des rouleaux et donc la contextualiser. Le monde foisonnant des rouleaux conservés pour l’actuelle région Hauts-de-France s’offre à l’ogre-historien. Plus qu’il n’a encore été possible de le faire, il s’agirait de confronter les différents usages du rouleau lors de son apogée septentrional au moment de la « Révolution de l’écrit » et d’essayer de percevoir s’il y a des interactions, voire des influences entre les différents types documentaires – cartulaires, inventaires de chartes et autres listes, censiers et rentiers, notamment. Œuvre collective, le projet ROTULUS a été rythmé de surprises et de belles découvertes : les membres de l’équipe et contributeurs plus ponctuels ont manifesté un enthousiasme partagé dans la démarche d’exploration et d’érudition. Que cette convergence d’apports individuels permette de poursuivre et d’ancrer les recherches dans des bases solides !

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Notes

1 Voir le résumé sur le site de l’ANR : https://anr.fr/Projet-ANR-18-CE27-0022. Que soient remerciés Madeleine Hénin et Claire Lamy pour la relecture de cet article ainsi qu’Alexis Rambour et Jean-Daniel Mougeot pour la préparation et la révision de la carte (fig. 2).

2 Équipe ROTULUS : Léonard Dauphant (maître de conférences, CRULH/université de Lorraine), Philippe Demonty (expert près la Commission royale d’histoire de Belgique), Hubert Flammarion (membre associé du CRULH/université de Lorraine), Sébastien Fray (maître de conférences, université Jean Monnet Saint-Étienne), Maria Hillebrandt (docteure, université de Münster), Marlène Hélias-Baron (ingénieure de recherches, IRHT-CNRS), Claire Lamy (maîtresse de conférences, Sorbonne Université), Paul-Henri Lécuyer (Archives départementales du Maine-et-Loire), Anne Massoni (professeure, université de Limoges), Élodie Papin (ingénieure d’études, CRULH/université de Lorraine), Jean-Baptiste Renault (ingénieur d’études, CRULH/université de Lorraine), Thomas Roche (directeur des Archives départementales de l’Eure), Chantal Senséby (maîtresse de conférences HDR, université d’Orléans), Cécile Treffort (professeure, université de Poitiers), Laura Viaut (maîtresse de conférences, université de Paris 1 Panthéon Sorbonne). L’équipe a été renforcée par deux chercheuses intervenant comme prestataires : Tamiko Fournier-Fujimoto et Caroline Carlon, ainsi qu’une stagiaire puis vacataire, Alexie Rambourg. Comité scientifique : Sébastien Barret (chargé de recherches, CNRS-IRHT), Paul Bertrand (professeur, université catholique de Louvain), Miguel Calleja-Puerta (professeur, université d’Oviedo), Véronique Gazeau (professeure, université de Caen Normandie), Laurent Morelle (directeur d’études à l’EPHE), Benoît-Michel Tock (professeur, université de Strasbourg), Nicholas Vincent (professeur, université d’East Anglia).

3 O. Guyotjeannin, « Penuria scriptorum : le mythe de l’anarchie documentaire dans la France du nord (xe-première moitié du xie siècle) », in O. Guyotjeannin, L. Morelle et M. Parisse (éd.), Pratiques de l’écrit documentaire au xie siècle, Bibliothèque de l’école des chartes, 155, 1997, p. 11-44. L. Morelle, « Instrumentation et travail de l’acte : quelques réflexions sur l’écrit diplomatique en milieu monastique au xie siècle », Médiévales [En ligne], 56 | printemps 2009, mis en ligne le 21 septembre 2011, consulté le 13 mars 2024. URL : http://journals.openedition.org/medievales/5537 ; DOI : https://doi.org/10.4000/medievales.5537 Plusieurs membres de l’équipe ROTULUS ont abordé la production documentaire d’un important réseau monastique, notamment lors de travaux doctoraux : C. Lamy, L’abbaye de Marmoutier (Touraine) et ses prieurés dans l’Anjou médiéval (milieu du xie siècle-milieu du xiiie siècle), thèse de doctorat, Université Paris 4, 2009 ; J.-B. Renault, L’écrit diplomatique en Provence et à Saint-Victor de Marseille (ca. 950-ca. 1120), thèse de doctorat, université de Strasbourg, 2013. P.-H. Lécuyer, Pratiques et usages de l’écrit diplomatique à Saint-Florent de Saumur (ca. 950-1203), thèse de doctorat, université d’Angers, 2018. En outre, cette approche traverse plusieurs études relatives au Val de Loire et à ses marges dans : C. Senséby (dir.), L’écrit monastique dans l’espace ligérien (xe-xiiie siècle) : singularités, interférences et transferts documentaires, Rennes, 2018.

4 Journées d’études : Écrits et dépendances monastiques (xie-xve siècles), Poitiers, 30 septembre 2015 [https://cescm.hypotheses.org/4100] et colloque international Écrits et dépendances monastiques II : transferts d’archives, ixe-xve siècles, Paris, du 1er au 2 février 2018 [https://originaux.hypotheses.org/152], organisés par C. Lamy et J.-B. Renault.

5 La définition du rouleau ici proposée est adaptée d’après D. Muzerelle, Vocabulaire de codicologie : répertoire méthodique des termes français relatifs aux manuscrits, Paris, 1985, p. 58, n° 142.01 ; voir également celle de M. M. Cárcel Ortí (éd.), Vocabulaire international de la diplomatique, Valence, 1994, p. 29, n° 38, ainsi que la notion d’« extended-sheet forms » suggérée dans J.-P. Gumbert, « Book-form classes a proposal », Gazette du livre médiéval, 60 (2013), p. 102-106, aux p. 102-103.

6 M. M. Cárcel Ortí (éd.), Vocabulaire international…, op. cit., p. 35-36, n° 74.

7 O. Guyotjeannin, L. Morelle et M Parisse (éd.), Les Cartulaires, Paris, 1993 ; P. Bertrand, C. Bourlet et X. Hélary, « Vers une typologie des cartulaires méridionaux », in D. Le Blévec (dir.), Les cartulaires méridionaux, Paris, 2006, p. 7-20 ; P. Chastang, « Cartulaires, cartularisation et scripturalité médiévale : la structuration d’un nouveau champ de recherche », Cahiers de civilisation médiévale, 49 (2006), p. 21-32. E. E. Rodriguez Diaz et A. M. Claret Garcia Martinez (éd.), La escritura de la memoria : los cartularios, Huelva, 2011. V. Lamazou-Duplan et E. Ramirez Vaquero (éd.), Les cartulaires médiévaux : écrire et conserver la mémoire du pouvoir, le pouvoir de la mémoire/Los cartularios medievales : escribir y conservar la memoria del poder, el poder de la memoria, Pau, 2013. A. Sánchez Mairena, « La investigación sobre los cartularios en España. Iniciativas para establecer un marco teórico », in Estudios José Manuel Ruiz Asencio, Valladolid, 2014, p. 639-650. R. Furtado et M. Moscone, From Charters to Codex : studies on cartularies and archival memory in the Middle Ages, Bâle, 2019.

8 Après l’entreprise d’Henri Stein (Bibliographie des cartulaires français ou relatifs à l’histoire de France, Paris, 1907), les dépouillements de l’IRHT avaient permis d’en repérer une soixantaine, cf. P. Bertrand (dir.), CartulR – Répertoire des cartulaires, Orléans, 2006, en ligne [https://telma-repertoires.irht.cnrs.fr/cartulr/page/presentation]. Pour les îles britanniques, les cartulaires-rouleaux n’ont pas été omis dans la dernière édition de G. R. C. Davis, Medieval cartularies of Great Britain and Ireland, Londres, 2010. Pour les éditions de cartulaires-rouleaux, voir notre aperçu bibliographique sur l’usage des rouleaux dans l’Occident médiéval [en ligne] : https://crulh.univ-lorraine.fr/node/1042. Un bilan historiographique plus développé sera présenté dans J.-B. Renault, « La rédaction des cartulaires-rouleaux dans la France médiévale : premier bilan d’un inventaire », in Id. (dir.), Le cartulaire-rouleau dans la France médiévale (xie-xve siècles). Recueil de travaux du projet ROTULUS, à paraître.

9 O. de Laborderie, Histoire, mémoire et pouvoir. Les généalogies en rouleau des rois d’Angleterre (1250-1422), Paris, 2013, notamment, p. 47-79. M. Maniaci, « Rotoli medievali greci e latini (e non solo) : tipologie, funzioni, prospettive di ricerca », La Bibliofilía, 120-3 (septembre-décembre 2018), p. 353-376. S. G. Holz, J. Peltzer et M. Shirota (éd.), The Roll in England and France in the Late Middle Ages, Berlin/Boston, 2019. T. F. Kelly, The Role of the Scroll. An Illustrated Introduction to Scrolls in the Middle Ages, New York, 2019. É. Doublier, J. Johrendt et M. P. Alberzoni (éd.), Der Rotulus im Gebrauch. Einsatzmöglichkeiten, Gestaltungs varianz, Deutungen, Vienne/Cologne/Weimar, 2020. N. Kössinger, Schriftrollen. Untersuchungen zu deutschsprachigen und mittelniederlandischen Rotuli, Wiesbaden, 2020.

10 O. de Laborderie, Histoire, mémoire…, ibid., p. 59-61. J.-B. Renault (dir.), Rotulus : un patrimoine médiéval à dérouler, catalogue d’exposition, Nancy, 2022, p. 33-39.

11 On pense en premier lieu aux rouleaux des morts bien connus grâce à l’édition monumentale réalisée par Jean Dufour, mais on pourrait évoquer aussi les procès-verbaux de visites conventuelles. J.-B. Renault (dir.), Rotulus : un patrimoine…, ibid., p. 27-31. T. F. Kelly, The Role of the Scroll…, op. cit., p. 51-53.

12 T. F. Kelly, The Role of the Scroll…, ibid., p. 41-73 ; J.-B. Renault (dir.), Rotulus : un patrimoine…, ibid., p. 43-45.

13 T. F. Kelly, The Role of the Scroll…, ibid., p. 59-72 et 75-99 ; J.-B. Renault (dir.), Rotulus : un patrimoine…, ibid., p. 41-43.

14 T. F. Kelly, The Role of the Scroll…, ibid., p. 101-123.

15 Base de données Medieval Scrolls [https://medievalscrolls.com/scrolls/#/]. Ce manque, bien compréhensible, transparaît aussi à la lecture de M. Maniaci, « Rotoli medievali greci e latini… », op. cit.

16 Outre l’utile synthèse d’É. Lalou – « Les rouleaux de comptes sur parchemin en France et en Angleterre (xiiie-xive siècles) », éd. en ligne [https://irht.hypotheses.org/558], consulté le 27 janvier 2023 –, citons : V. Weiss, « Les rouleaux de gestion domaniale parisiens au Moyen Âge : un support en voie de disparition », in M. Zerdoun Bat-Yehouda et C. Bourlet (éd.), Matériaux du livre médiéval, Turnhout, 2010, p. 87-113 ; H. Dewez, « Le Rouleau comme support des comptes manoriaux au prieuré cathédral de Norwich (mi-xiiie – mi-xive siècles) », Comptabilités, 2 (2011), éd. en ligne [https://journals.openedition.org/comptabilites/400], consulté le 26 octobre 2016 ; N. Ruffini-Ronzani, « Comptes en rouleau, comptes en registre. L’évolution des pratiques documentaires de la Cour des mortemains de Hainaut dans la première moitié du xive siècle », Annales du Cercle archéologique du canton de Soignies, 40 (2012), p. 63-80 ; C. Guilleré et J.‑L. Gaulin, « Des rouleaux et des hommes. Premières recherches sur les comptes de châtellenies savoyards », Études savoisiennes, 1 (1992), p. 51-108 ; N. Vincent, « Rouleaux ou registres ? Choix et usages de l’enregistrement. La chancellerie Plantagenêt (xiie-xiiie siècle) », in O. Guyotjeannin (éd.), L’art médiéval du registre. Chancelleries royales et princières, Paris, 2018, p. 55-70 ; Id., « Enrolment in Medieval English Government », in S. G. Holz et alii (éd.), The Roll in England…, op. cit., p. 103-146.

17 F. Bougard, « A vetustissimus thomis. Le rouleau 3 d’Arezzo, du primicier Gérard au tribun Zenobius », in S. Allegria et F. Cenni (éd.), Secoli XI e XII : l’invenzione della memoria, Montepulciano, 2006, p. 113-150 ; S. Allegria, « Un rotolo-cartulario dell’Archivio capitolare di Arezzo. Tra documentazione e storia », in in S. Allegria et F. Cenni (éd.), Secoli XI…, ibid., p. 103-112 ; É. Papin, « Les cartulaires de l’abbaye de Margam. Le processus de cartularisation et l’administration des biens monastiques au pays de Galles au xiiie siècle », in H. Dewez (éd.), Du nouveau en archives. Pratiques documentaires et innovations administratives, Saint-Denis, 2019, p. 11-24, en ligne [https://journals.openedition.org/medievales/9757].

18 La bibliographie comprend en grande majorité des études où seuls de brefs passages concernent les cartulaires-rouleaux [http://crulh.univ-lorraine.fr/node/1042].

19 Un atelier a été consacré à cette réflexion : « Les cartulaires-rouleaux : définition et contours d’un genre documentaire », Poitiers, 10 mai 2019 [https://rotulus.hypotheses.org/165].

20 T. Roche, « Des rouleaux “ordinaires” ? Panorama des rôles conservés aux Archives départementales de l’Eure », in S. G. Holz et alii (éd.), The Roll in England…, op. cit., p. 21-51, particulièrement p. 25-27.

21 M. M. Cárcel Ortí (éd.), Vocabulaire international…, op. cit., p. 38, n° 89 et 90.

22 Par exemple, le rouleau étudié par Sébastien Fray : Aurillac, Archives municipales, FF 2 (édition dans R. Grand, « Les plus anciens textes romans de la Haute-Auvergne », Revue de la Haute-Auvergne, 2 (1900), n° XVII, p. 51-169).

23 Deux exemples ont été présentés par Coraline Rey, des rouleaux de procédures de Cîteaux contenant des copies d’actes relatifs à l’Angleterre (Dijon, Archives départementales de la Côte-d’Or, 11 H 23 et 11 H 25).

24 Par exemple, l’imposant rouleau de la ville de Bourg-en-Bresse, réalisé en 1404 et long de 14 mètres (Bourg-en-Bresse, Archives municipales, AA 16).

25 Sur les 184 entités matérielles répertoriées et décrites, seulement 84 sont encore roulées, 56 sont pliées, 15 sont désormais à plat, 16 sont actuellement démontées et reliées sur onglet ; 6 sont découpées et pliées ; 4 sont simplement démontées ; 3 sont égarées ; un est inconnu.

26 On a presque toujours pu repérer des indices, comme l’emplacement des notes dorsales ou une zone couverte de crasse au verso de la première peau. Parfois, le repérage des lacunes a même permis d’établir que le rouleau était roulé lorsqu’il a subi certaines atteintes.

27 Outre les membres de l’équipe, des correspondants ponctuels ont participé, soit un total de trente contributeurs.

28 Ainsi, la Bibliothèque nationale de France conserve des cartulaires-rouleaux de plusieurs régions : Hauts-de-France, Normandie, Lorraine, Bourgogne, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie. Les cartulaires-rouleaux relatifs à des prieurés sont parfois conservés dans les fonds des abbayes mères et donc dans des dépôts départementaux relativement distants des prieurés en question. Maints cartulaires-rouleaux, réunis sous l’Ancien Régime aux sièges d’anciennes circonscriptions de l’ordre de Malte, se trouvent actuellement à Toulouse, mais également à Lyon et Marseille.

29 É. Papin et J.-B. Renault, Glossaire des termes de description matérielle des rouleaux médiévaux, en ligne [https://rotulus.hypotheses.org/306].

30 Ces données résultant du travail collectif sont librement accessibles sur le site ROTULI, généré avec Omeka S et mis en ligne en novembre 2022 [https://rotuli.univ-lorraine.fr/s/rotuli/page/welcome]. Construit avec l’aide du service numérique de l’université de Lorraine, le site a bénéficié du travail d’Élodie Papin, alors ingénieure d’études au CRULH.

31 Le travail de structuration des données a été mené par Philippe Demonty, Élodie Papin et Jean-Baptiste Renault.

32 Chiffre obtenu par addition des cartulaires-rouleaux aux cartulaires-codex antérieurs à 1501 inventoriés par l’IRHT.

33 Ils ont fait l’objet d’une enquête présentée par Yoan Mattalia lors de la journée d’études de Poitiers, « Codices et rotuli. Les cartulaires en Aquitaine au Moyen Âge », dont le compte rendu est accessible en ligne [https://rotulus.hypotheses.org/247].

34 Le mouvement de rédaction observé dans les ordres militaires à la fin du xiie et au début du xiiie siècle a surtout été mis en évidence pour l’espace provençal, mais on l’observe aussi bien en Occitanie. D. Le Blévec et A. Venturini, « Cartulaires des ordres militaires, xiie-xiiie siècles (Provence occidentale-Basse vallée du Rhône) », in O. Guyotjeannin et alii (éd.), Les Cartulaires…, op. cit., p. 451-465.

35 A. Venturini, « Les cartulaires-rouleaux des Cisterciens du Midi de la France (xiie-xiiie siècles) », in J.-B. Renault, Le cartulaire-rouleau…, op. cit.

36 Voir : É. Papin et J.-B. Renault, « Fonctions des cartulaires-rouleaux : approches sociales et contextuelles d’un genre documentaire, Colloque ROTULUS, 25-26 mars 2021, Compte-rendu », in Carnet de recherche Rotulus : mettre l’écrit en rouleau au Moyen Âge, 2021, en ligne [https://rotulus.hypotheses.org/415] ; P.-H. Lécuyer, « Les cartulaires-rouleaux de Saint-Florent de Saumur et ses prieurés (xie-xvesiècles) », in J.-B. Renault, Le cartulaire-rouleau…, op. cit. ; M. Hélias-Baron, « Les rouleaux de Chaalis… », op. cit.

37 R.-H. Bautier, « Cartulaires de chancellerie et recueil d’actes des autorités laïques et ecclésiastiques », in O. Guyotjeannin et alii (éd.), Les Cartulaires…, op. cit., p. 363-377.

38 Les trois cartulaires-rouleaux du comté de Savoie contiennent respectivement 103, 73 et 99 actes – conservés à Turin, ils ne figurent pas dans le corpus défini dans ROTULUS ; voir leur étude dans B. Andenmatten, La maison de Savoie et la noblesse vaudoise (xiiie-xive siècles). Supériorité féodale et autorité princière, Lausanne, 2005, p. 130-139 –, et celui du comté de Forez 105 actes – voir la notice en ligne [https://rotuli.univ-lorraine.fr/s/rotuli/item/4600].

39 Elle paraîtra sous la forme de quatre volumes papier.

40 T. Roche, « Les cartulaires-rouleaux en Normandie : panorama d’une pratique (xie-xve siècles) », in J.-B. Renault (dir.), Le cartulaire-rouleau…, op. cit. ; M. Hélias-Baron, « Les rouleaux de Chaalis : des documents polymorphes pour des usages multiples (xiiie-xve siècles) », in J.-B. Renault (dir.), Le cartulaire-rouleau…, ibid.

41 L. Morelle, « Instrumentation et travail de l’acte : quelques réflexions sur l’écrit diplomatique en milieu monastique au xie siècle », Médiévales, 56 (2009), p. 41-74. C. Senséby (dir.), L’écrit monastique…, op. cit. Voir aussi les références données note 1.

42 J.-B. Renault, « Envois documentaires et gestion des dépendances monastiques : les cartulaires-rouleaux de Saint-Victor de Marseille et de son réseau institutionnel (xie-xiie siècles) », in Id. (dir.), Le cartulaire-rouleau…, op. cit. Les rouleaux relatifs au Monastier-Chirac et à Saint-Geniez de Marseille documentent ainsi l’action des responsables de dépendances : le premier procède de plusieurs phases de rédactions correspondant à des périodes d’administration par des prieurs – J. Belmon, « Les débuts d’un prieuré victorin en Gévaudan : Le Monastier-Chirac (xie-xiie siècles) », Bibliothèque de l’École des chartes, 152-1 (1994), p. 5-90, particulièrement p. 9-10 –, le second se fait principalement l’écho d’une ample campagne d’acquisitions puis d’ajouts. Ce n’est pas le cas, en revanche, de deux autres rouleaux victorins : le cartulaire-rouleau du prieuré de Sant-Miquel del Fai, qui semble plutôt résulter d’un processus de sélection documentaire en vue d’un envoi à la maison mère, et le rouleau de Groseau, réalisé vers 1059 pour transmettre à l’abbaye mère la copie de deux actes liés à la fondation du monastère au viie siècle. Ces quatre rouleaux seront édités dans J.-B. Renault (dir.), Recueil des cartulaires-rouleaux…, op. cit., t. 1, à paraître.

43 M. Parisse, « Écriture et réécriture des chartes : les pancartes aux xie et xiie siècles », Bibliothèque de l’École des chartes, 155-1 (1997), p. 247-265 ; M. Parisse, P. Pégeot et B.-M. Tock (éd.), Pancartes monastiques des xie et xiie siècles, Turnhout, 1998.

44 C. Senséby, « Codex, pancartes et rouleaux : choix documentaires en Val-de-Loire (xie-xiiie siècles) », in J.-B. Renault, Le cartulaire-rouleau…, op. cit. P.‑H. Lécuyer, « Les cartulaires-rouleaux de Saint-Florent… », op. cit. J.-B. Renault, « Envois documentaires et gestion, op. cit.

45 Trois exemples ont été particulièrement étudiés : S. Lafaye, « BNF, Baluze 380 n° 5 : un témoin des relations entre les abbayes Saint-Martial de Limoges et Cluny durant les années 1085-1088 », in J.-B. Renault (dir.), Le cartulaire-rouleau…, ibid. ; F. Boutoulle, « Cartulaire-rouleau de l’abbaye Sainte-Croix de Bordeaux relatif au prieuré de Saint-Macaire », in J.-B. Renault (dir.), Recueil des cartulaires-rouleaux…, op. cit., t. 2, à paraître ; X. Mignon, Le cartulaire-rouleau de l’abbaye Saint-Pierre de Solignac (1147-1149) : édition et commentaire historique, mémoire de master 1, sous la direction d’A. Massoni, université de Limoges, 2022.

46 L. Viaut, « Du cartulaire au dossier de défense. Regards sur la fabrique d’un rouleau dans le Périgord du xiiie siècle », in J.-B. Renault, Le cartulaire-rouleau…, op. cit. ; X. Mignon, X. Mignon, Le cartulaire-rouleau…, ibid.

47 T. Fournier-Fujimoto, « Le rouleau de Saint-Étienne de Caen relatif à Cambes et Hérouville (xiie siècle) », in J.-B. Renault, Le cartulaire-rouleau…, op. cit.

48 Voir note 22.

49 J.-B. Renault, « Atelier “Actes brefs ou abrégés dans les cartulaires-rouleaux” (Nancy, 6 octobre 2021), Compte-Rendu », in Carnet de recherche Rotulus…, op. cit., en ligne [https://rotulus.hypotheses.org/454], consulté le 27 janvier 2023.

50 M. Hélias-Baron, « Les rouleaux de Chaalis… », op. cit.

51 P. Bertrand, Les écritures ordinaires. Sociologie d’un temps de révolution documentaire (entre royaume de France et Empire, 1250-1350), Paris, 2015. Ainsi, par exemple, la fonction principale de certains cartulaires-rouleaux du Nord et du Pas-de-Calais aurait pu être de réunir des informations pour la perception des cens, ce qui les rapproche des nombreux censiers en rouleau conservés dans cet espace.

52 Les articles grand public et actions de médiation sont signalés dans le Carnet Rotulus https://rotulus.hypotheses.org/ ou la page Facebook du projet.

53 É. Papin et T. Roche, « La conservation des rouleaux du Moyen Âge à nos jours. Compte-rendu de la Table-ronde des journées ROTULUS, Angers, 14 novembre 2019 », in Carnet de recherche Rotulus…, op. cit., en ligne [https://rotulus.hypotheses.org/267], consulté le 27 janvier 2023. Voir également le chapitre « Un patrimoine à préserver et à valoriser », in J.-B. Renault (dir.), Rotulus : un patrimoine…, op. cit., p. 61-64.

54 A. Daronnat et L. Deuche, « La restauration de la Grande Pancarte de l’abbaye Saint-Martin de l’Ile-Barbe (1367), AD Rhône 10 G 3408 », in Carnet de recherche Rotulus…, op. cit., en ligne [https://rotulus.hypotheses.org/558].

55 Angers, Bibliothèque municipale, ms. 844, 845, 846, 847, 848 A et 848 B. L’édition a été menée par C. Senséby. Voir une première présentation dans É. Papin, « Trésor du mois. Le cartulaire-rouleau de l’abbaye du Ronceray », 2019, éd. en ligne [https://commulysse.angers.fr/Actualite/p73/Tresor-du-mois-le-cartulaire-rouleau-de-l-abbaye-du-Ronceray].

56 Voir la présentation dans [https://rotulus.hypotheses.org/516], à savoir à Nancy, Évreux, Paris, Limoges, Poitiers, Angers, Épinal, Chamarandes-Choignes, Alençon, Troyes…

57 Par exemple, la journée d’études Retour aux Sources, « Rotulus. Écrire sur rouleau au Moyen Âge », sur le site parisien des Archives nationales, le 13 mars 2023 [programme : https://rotulus.hypotheses.org/619] ou les visites, conférences et ateliers réalisés à Angers [https://archives.maine-et-loire.fr/decouvrir-et-apprendre/decouvrir-les-expositions/exposition-en-cours/rotulus-un-patrimoine-medieval-a-derouler#c2194] et Épinal [https://archives.vosges.fr/action-culturelle/exposition].

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Table des illustrations

Titre Fig. 1. – État matériel de conservation des cartulaires-rouleaux médiévaux conservés en France.
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20412/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 172k
Titre Fig. 2 – Nombre de cartulaires-rouleaux conservés en France dans les collections publiques et privées.
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20412/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 408k
Titre Fig. 3. – Deux périodes de rédaction des cartulaires-rouleaux en fonction des régions actuelles – régions où sont localisées les institutions médiévales commanditaires.
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20412/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 120k
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Pour citer cet article

Référence électronique

Jean-Baptiste Renault, « Les cartulaires-rouleaux français du Moyen Âge : un archipel à explorer »Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA [En ligne], 27.2 | 2023, mis en ligne le 15 mars 2024, consulté le 03 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/cem/20412 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cem.20412

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Auteur

Jean-Baptiste Renault

Archives Henri Poincaré, université de Lorraine

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-SA-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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