Grâne : forteresse comtale du Valentinois-Diois (xiie-xve siècle)
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Mots-clés :
histoire des élites, archéologie du bâti, castellologie, aristocratie, comte, résidence comtaleKeywords:
history of the elite, building archaeology, castle research, aristocracy, count, residence of the countsPlan
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Historique
Reçu : 31 janvier 2023 – Accepté : 25 octobre 2023
Texte intégral
1. Introduction
1Du plateau basaltique ardéchois aux falaises calcaires des Préalpes occidentales se déploient les comtés de Valentinois et de Diois, une principauté médiévale aussi étendue que discontinue. Du xiie au début du xve siècle, s’appuyant sur un vaste réseau castral qui va se densifiant, les comtes de Valentinois et de Diois de la maison de Poitiers développent un pouvoir semi-itinérant et personnel, dont l’autorité est polarisée autour de quelques forteresses stratégiques choisies dans la moyenne vallée du Rhône : Étoile, proche de Valence ; Baix, en rive droite du Rhône ; Crest, aux portes du Diois et Grâne, au bord de la Drôme (fig. 1).
Fig. 1 – Les comtés de Valentinois et de Diois sous les Poitiers, synthèse empirique des places sous leur domination de 1143 à 1419 (extrait modifié de Bonnefoi, 2022, carte n° 1).
- 1 L’historiographie du xixe siècle évoquait ces « capitales », parfois conjointes de Privas, Marsanne (...)
- 2 Notons le travail d’un érudit local, remarquable pour les périodes moderne et contemporaine, qui of (...)
2Jusqu’à ce travail de master, aucune étude n’était venue questionner avec précisions les modalités de gouvernance de ce territoire de la moyenne vallée du Rhône. La recherche scientifique n’avait pas davantage interrogé le rôle de centres de décision de ces places, ni établi leurs rôles précis, qu’ils soient concurrentiels ou complémentaires1. Grâne en particulier interpelle : comme beaucoup de sites castraux drômois, ce castrum est orphelin de toute étude monographique2 ou de synthèse castellologique, absent de l’inventaire des Monuments historiques et exempt d’une quelconque reconnaissance patrimoniale. Le site, pourtant, interroge, car il n’est pas, contrairement aux trois autres, connecté à la vallée du Rhône ou à une ancienne voie romaine. L’actuel petit village situé à quelque 25 km à vol d’oiseau au sud de Valence apparaît comme l’un des centres importants du gouvernement princier du Moyen Âge central, de sa première mention en 1163 jusqu’à la mort du dernier comte de la maison de Poitiers en 1419, avant que Savoyards et Dauphinois ne se disputent ses murs, symboles de l’exercice de l’autorité princière lorsqu’elle était présente sur place.
3Si Grâne n’est pas le centre de toutes les dynamiques du comté, une monographie de ce site nous a permis d’ouvrir l’horizon sur un paysage médiéval régional bien plus large. Nous avons tenu à ne pas adopter un unique prisme de vision macroscopique, qui réduirait les particularismes locaux formant la réalité de la synthèse historique. Comprendre le site castral dans sa totalité, c’est ainsi questionner Grâne entièrement, l’insérer dans le rouage des mécanismes que ce castrum actionne dans l’entité politique des comtés et dans le mandement qui lui est associé. En résumé, il s’agissait de contextualiser de nouveau dans son espace et son temps un château, conformément à la définition de toute monographie, afin d’observer comment Grâne se distingue en tant que pôle de pouvoir comtal privilégié par l’autorité princière du Valentinois-Diois, du xiie au xve siècle.
2. Ubi comes, ibi (potestas) comitatus
4Avant de traiter les conséquences de la présence directe à Grâne du prince sur les habitants, l’environnement, le bâti et les formes d’expression du pouvoir, il convenait en premier lieu de nous intéresser à la réalité du rôle de la place forte.
- 3 C. Bonnefoi, Grâne : forteresse comtale du Valentinois-Diois (xiie-xve siècle), mémoire de master e (...)
- 4 C. Bonnefoi, Grâne…, ibid., t. 2, carte n° 8.
5Puisqu’il est bien admis qu’en histoire la seule constante est le changement, la question de la prééminence de Grâne dans l’auctoritas des princes se doit d’être évaluée sur un temps long historique afin d’observer les grandes tendances et l’évolution des chronologies. Nous avons pour cela réalisé un travail de cartographie des dates topiques des 2 158 actes de pouvoir de la maison de Poitiers – dont 1 281 dates topiques connues3. Cela nous a permis de noter l’apparition, dès le moment où les premiers comtes sont mentionnés dans la première moitié du xiie siècle, de quatre places de pouvoir – Crest, Étoile, Baix et Grâne –, se démarquant largement de toutes les autres. Ces données indiquent un pouvoir semi-itinérant essentiellement basé dans un triangle rhodanien, dont Grâne est le centre, à un jour de voyage de chacun des autres castra. Cette représentation est quasi-constante pour les quatre forteresses jusqu’à la mort du dernier comte en 1419, avec des variations dans lesquelles un château ou un autre est davantage privilégié, selon les dirigeants, mais sans qu’aucun ne disparaisse entièrement. En tout, Grâne représente 10,69 % des dates topiques du chartrier pictavin de Valentinois-Diois, assurant une présence comtale et, donc, leur gouvernement direct et personnel depuis le château. La cartographie de ces informations dans notre mémoire reflète également le rayonnement de ces actes pour chaque place et comte : ainsi les décisions prises à Grâne concernent presque l’ensemble des comtés, profitant des réseaux des vallées de la Drôme, de l’Ouvèze et du Rhône proche4.
- 5 Archives dép. de l’Isère, B 3506, édition dans U. Chevalier, Choix de documents inédits sur le Daup (...)
6Toutefois, l’établissement de ces statistiques et de ces cartes donne une vision légèrement aplanie de la présence comtale. Le temps long historique évoqué plus haut ne doit pas réduire l’importance de l’événement, surtout dans la lecture d’une place politique et militaire. Nous savons que Grâne est concernée par près de huit sièges au Moyen Âge, témoignant de l’importance géostratégique du lieu. Mais, surtout, les arbitrages et enquêtes qui suivent souvent ces conflits fournissent un vocabulaire onomastique unique dans le corpus castral du Valentinois-Diois. En effet, bien qu’il soit fait mention de chambres du comte à Étoile, Privas ou Sauzet, l’hospicium du comte à Grâne est seul mentionné comme « sua residencia [du prince]5 ».
7Cette brève synthèse des données textuelles étudiées et éditées dans le cadre de notre mémoire donne à voir en la forteresse de Grâne une demeure princière fortifiée, centre décisionnel important des comtes. Dans quelle mesure à présent les composantes historiques et architecturales du château reflètent-elles cette réalité de résidence et de siège du pouvoir comtal ?
3. Scripta servant, vestigia manent
- 6 Archives dép. de l’Isère, B 3500, édition dans C. Bonnefoi, Grâne…, op. cit., t. 2.
- 7 Archives dép. de la Drôme, E 958, édition dans C. Bonnefoi, Grâne…, ibid., t. 2.
8Cette réalité généra un ensemble de conséquences et de dynamiques historiques et archéologiques. Les premières ne concernent toutefois pas le castrum intra-muros, mais bien les paysages du mandement granois. En 1309, est ainsi négocié directement avec les habitants un parc cynégétique comtal dans la forêt du Filan, unique cas connu de la région, consacré par un acte officiel de protection de la flore et de la faune au seul profit du loisir du comte. L’inventaire du château de 1419 atteste de ces loisirs aristocratiques avec des activités de fauconnerie et de chasse au gros gibier – les textes du xive siècle évoquent des loups, des sangliers et des cervidés6. L’inertie législative conserve dans cet état le bois, dont la taille et l’ancienneté des arbres sont encore louées au xviiie siècle7.
- 8 Ce rôle des communautés juives au sein des cours féodales a notamment été étudié dans R. Moore, Hér (...)
9À l’intérieur du castrum – dans son sens méridional, c’est-à-dire la forteresse et le bourg fortifié accolé –, les sources écrites attestent parmi la population de minorités des plus intéressantes : marchands et usuriers juifs et italiens. Cette présence, que l’on observe aussi à Crest, est sans aucun doute le fait d’une existence curiale à Grâne : créanciers et marchands se font ainsi outils de gouvernement féodal et de consommation de produits importés8.
10Au-dessus du bourg fortifié, la forteresse du comte domine (fig. 2). Ce bâtiment pourrait être considéré entièrement comme une forme d’expression matérielle du pouvoir comtal. Cependant, son état de conservation lacunaire ainsi que le manque d’études comparatives avec les autres places fortes des Poitiers limitent la portée de notre étude et les possibilités de clairement distinguer Grâne des autres sites castraux qui ne sont pas des demeures récurrentes du comte.
Fig. 2 – Situation de la colline molassique de Grâne, vue du sud. On distingue les éléments du bâti les mieux conservés ainsi que le bourg castral en contrebas (cl. C. Bonnefoi, 12 mars 2021).
- 9 Pour l’étude complète du bassin carrier de Grâne, voir C. Bonnefoi, Grâne…, op. cit., t. 1, p. 156- (...)
11L’emprise du château est plutôt faible : 2 500 m2 au maximum, bien en deçà de ce que nous estimons pour Crest (6 000 m² pour l’ensemble de l’éperon fortifié) ou Étoile (7 500 m²). L’ensemble bâti est limité par la topographie de la colline molassique, où les fronts de taille de la carrière servent à barrer l’éperon au nord9. La colline, qui domine d’un côté le bourg castral et de l’autre la vallée de la Drôme, est occupée par beaucoup de restes arasés : un bâtiment circulaire en partie sommitale et quelques murs réutilisés pour des terrasses agricoles. Ces derniers sont donc partiellement recouverts, mais offrent encore à l’observateur actuel des trous de boulins, des embrasures d’ouvertures ou des systèmes d’écoulement en place.
Fig. 3 – Caves basses voûtées de la forteresse de Grâne, vue de l’entrée de la galerie axée ouest-est depuis la galerie nord-sud (cl. C. Bonnefoi, 12 mars 2021).
12Quelques murs chemisent le rocher, certains situés au nord avec un grand appareillage soigné et une épaisseur qui, lorsqu’elle se dégage, peut aller jusqu’à près de 2,50 m, laissant à penser qu’ils constituaient les murs d’enceinte du château. Deux autres présentent des systèmes de verrouillage conservés, dont un avec une feuillure taillée dans le roc chemisé. La logique de leur emplacement – aux limites nord et sud-est de la colline – évoque les deux portes connues des textes : l’une donnant à l’intérieur de l’enceinte du bourg castral (sud-est), l’autre vers le secteur extra-muros et la vallée de la Drôme (nord). Les destructions qui suivirent les guerres de Religion et surtout les carrières d’extraction de molasse ont fait disparaître au nord-est une partie de la forteresse (320 m2 au moins). Restent préservés, au-dessus du front de taille occidental de la carrière moderne, les parements internes d’un bâtiment du château coupé en deux, dont la partie orientale manquante reposait sans doute sur le roc aujourd’hui excavé. Toutes les déductions par absence que nous avons pu réaliser ne permettent pas d’apprécier précisément l’aspect initial de la forteresse à cet endroit.
13Seuls trois éléments sont mieux conservés : des salles basses voûtées creusées dans le rocher (cf. fig. 3) et deux murs au sud, conservés intérieurement et extérieurement sur 14 m de hauteur, appelés parfois « tours » par les locaux (cf. fig. 2), mais dont nous pensons qu’il s’agit plutôt d’éléments autrefois insérés dans un bâtiment plus grand. Ces derniers sont les principaux objets qui nous permettent d’apprécier un phasage.
14Nous pouvons estimer que l’ensemble sud du massif était occupé par un seul grand bâtiment qui reliait ces deux « tours », d’au moins trois étages, et qui enserrait toute la largeur de la colline, avec une série de fenêtres à croisée orientées au sud. Parmi elles, une ouverture à coussièges est conservée, seule trace d’un espace aristocratique – lieu social et de lecture – intérieur. Les grands éléments d’accueil de la parure architecturale – tour maîtresse, portes, tours d’enceinte –, potentiels témoins de la présence du comte, ne sont plus assez visibles. L’architecture générale de la forteresse présente quelques traces d’investissements techniques et esthétiques : un bossage rustique sur des organes remarquables, des marques lapidaires. Mais rien dans la monumentalité ne traduit vraiment une présence particulière de la haute aristocratie demeurant et gouvernant dans ce château.
15Pourtant, des salles basses voûtées, creusées dans le roc, se font particulièrement remarquer (cf. fig. 3). Elles présentent deux entrées desservant deux grands espaces qui se coupent à angle droit, selon un plan qui évoque une croix latine asymétrique. Ces galeries sont excavées dans la molasse en profitant d’une veine intercalaire marneuse. Des niches carrées de 2,30 m de côté environ sont disposées de part et d’autre de ces couloirs rupestres en croix (fig. 4), le tout étant coiffé de ce qui a pu être, à l’origine, des berceaux irréguliers.
Fig. 4 – Plan des salles basses voûtées du château de Grâne, au sud-ouest de la colline fortifiée (extrait modifié de Bonnefoi, 2022, planche n° 2).
- 10 J. Chevalier, Mémoires pour servir…, op. cit., p. 187.
- 11 C. Bonnefoi, Grâne…, op. cit., t. 1, p. 48.
- 12 Archives dép. de l’Isère, B 3500, édition dans C. Bonnefoi, Grâne…, ibid., t. 2.
16L’investissement esthétique que traduit le plafond retaillé en voûtes et non laissé brut d’extraction, sa taille réduite et sa localisation au cœur de la forteresse, semblent exclure que ce lieu soit issu d’une entrée en cavage de carrière qui aurait eu pour but d’exploiter en hiver une roche particulièrement gélive. L’absence de traces thermiques ou de supports d’éclairages muraux, la disposition régulière des niches ménageant autant d’espaces distincts et homogènes (en « magasins ») et le nombre de dix niches – réparties en trois groupes (4, 3 et 3) – sont autant d’indices suggérant que ces salles basses étaient le lieu de conservation du « trésor » des comtes. Nous savons, en effet, qu’une centralisation économico-financière de la gestion des comtés existait à Grâne, pour le xive et le début xve siècle au moins. Les comptes de châtellenies de tout le Valentinois-Diois y étaient réunis et contrôlés par un officier10. Des biens monnayables y étaient entreposés et utilisés pour des dépenses exceptionnelles. L’inventaire du château de 1419 mentionne un certain nombre de coffres remplis d’objets précieux et de bijoux de grande valeur. À ce trésor monnayable, il faut, semble-t-il, ajouter un ensemble de trois coffres contenant des reliques. Enfin, la mention du trésor comprend également les archives du comté qui étaient presque intégralement conservées au château de Grâne. La présence de ce véritable outil de pouvoir (écrit) fait de la forteresse un objectif de guerre justifiant sa prise en 1422 par les Savoyards, qui s’empressent de rapatrier ces « sept grands coffres de sapins rehaussés de noyers aux fortes serrures » à Chambéry11, où leur détention appuiera les revendications du duc. Par l’inventaire, nous connaissons la taille de ces coffres qui contenaient l’instrumentis publicis : chacun d’entre eux mesurait unnus cane antiquam12, soit environ 2 m, un peu moins que la longueur d’une niche qui pouvait ainsi contenir un coffre au minimum. La disposition même des salles basses avec quatre alcôves sur une branche et trois sur chacune des deux autres, nous permet de proposer d’y voir le lieu de conservation (peut-être originel) des sept coffres d’archives, des trois coffres de reliques et des contenants d’objets précieux, en un espace soigné, au cœur de la forteresse.
17Les textes fournissent d’autres informations sur des espaces du château qui le distinguent quelque peu des autres sites des comtés : une chapelle castrale – distincte de l’église paroissiale du castrum – ; un verger (virgulto) dans la forteresse, que nous localisons dans le cinctus inférieur sud ; au moins trois aulæ, dont au minimum deux seraient contemporaines ; une chambre du comte qui sert de lieu d’audience et un parloir. Le mobilier décrit dans l’inventaire est composé de riches bijoux et tissus, sans compter le matériel de chasse déjà cité.
18Tous ces éléments sont autant d’indices qui permettent d’entrevoir la présence princière. Néanmoins, la possible surinterprétation ou sous-interprétation de ces données, l’absence de fouilles et surtout d’études comparatives avec Crest, Baix, Étoile ou avec les autres châteaux moins centraux de vassaux proches, limitent pour l’instant ces hypothèses.
4. Conclusion
19Durant le second Moyen Âge, le pouvoir des comtes de Valentinois-Diois de la maison de Poitiers apparaît comme étant semi-itinérant et basé sur un réseau de places de pouvoir de la moyenne vallée du Rhône. Loin d’être en concurrence, celles-ci sont complémentaires et permettent ensemble de mettre en relief les modalités de l’exercice du pouvoir comtal. Principalement, Crest accueille la haute cour de justice ainsi que les grandes assemblées des vassaux, Étoile présente une porte ouverte sur Valence et le Rhône, tandis que Baix fait office de relais du pouvoir pour tous les vassaux de la rive droite. Au centre du triangle formé par ces trois forteresses, Grâne s’inscrit dans ces logiques de gouvernement personnel de l’auctoritas princière : c’est une résidence comtale continûment du xiie au xve siècle. La vie de la haute aristocratie implique des loisirs (cynégétiques), du personnel et un équipement aristocratique plus au moins discernable dans le mobilier ainsi que dans le bâti. Mais la forteresse ne se limite pas à la seule présence comtale, qui pourrait s’exprimer par un simple pavillon de chasse régulier. Le castrum se distingue spécifiquement par la détention du « trésor » comtal, composé d’au moins deux éléments apparents : un « trésor doré », avec finances et reliques, et un « trésor écrit » rassemblant les archives des comtés de Valentinois et Diois. Ces trésors se retrouvent centralisés et protégés – au moins aux xive et xve siècles – par les murs, tours et portes de Grâne.
20Cette architecture, en grande partie militaire, est donc le symbole matériel – ostentatoire pouvons-nous penser – et constant du pouvoir du comte, qui n’est pas toujours présent. Des campagnes de fouilles sédimentaires permettraient sans doute d’y déceler les particularismes enfouis qui échappent à l’étude et de composer les premiers jalons d’une carte archéologique castrale à différents niveaux de lecture pour éclairer ce territoire rhodanien encore grandement méconnu pour le Moyen Âge.
Notes
1 L’historiographie du xixe siècle évoquait ces « capitales », parfois conjointes de Privas, Marsanne, Chalancon ou Sauzet, à la suite de ce que nous pouvons appeler un « sentiment de lecture des textes anciens », sans n’avoir jamais étudié précisément le sujet. L’ouvrage de synthèse de référence, quoique très ancien, sur les comtés, est celui de J. Chevalier, Mémoires pour servir à l’histoire des comtés de Valentinois et de Diois, t. 1 (Les anciens comtes de Die et de Valence, Les comtes de Valentinois de la maison de Poitiers), Paris, 1897.
2 Notons le travail d’un érudit local, remarquable pour les périodes moderne et contemporaine, qui offre, pour le château médiéval, une très appréciable synthèse bibliographique : R. Serre, Grâne : histoire d’un village du Val de Drôme, t. 1 (Des origines à 1800), Crest, 1992, p. 13-34. Pour le corpus pictavin dans le département de l’Ardèche, on dispose de nombreuses études castrales, en premier lieu les travaux fondateurs de P.-Y. Laffont, Atlas des châteaux du Vivarais (xe-xiiie siècles), Lyon, 2004 (DARA, 25). Sur la rive opposée, citons les travaux de Michèle Bois, notamment : M. Bois, « Crest (Drôme) – La Tour », Archéologie médiévale, 22 (1992), p. 490. Aucun de ces ouvrages ou études castellologiques ne s’intéresse précisément aux Poitiers. Toutefois, d’autres études importantes, régionalisées ou sur un temps limité, participent grandement à l’historiographie de la principauté, comme celle de Michèle Bois : Le sud du département de la Drôme entre le xe et le xiiie siècle : l’organisation du terroir : fortifications et structures d’habitat, thèse de doctorat d’histoire, sous la dir. de G. Démians d’Archimbaud, université de Provence, Aix-en-Provence, 1993. Les travaux de Pierre-Yves Laffont font également un état des lieux de la principauté avant le xive siècle : P.-Y. Laffont, Châteaux du Vivarais, pouvoirs et peuplement en France méridionale du haut Moyen Âge au xiiie siècle, Rennes, 2009. Pour les dernières décennies qui voient les Poitiers à la tête des comtés, l’étude d’Hadrien Gandon aborde les principales thématiques : H. Gandon, D’Aymar VI à Louis II : la fin de la dynastie des Poitiers et la disparition du comté de Valentinois (1345-1426), mémoire de master 2 en histoire et archéologie comparées des sociétés médiévales, université Lumière Lyon 2, Lyon, 2010.
3 C. Bonnefoi, Grâne : forteresse comtale du Valentinois-Diois (xiie-xve siècle), mémoire de master en histoire et archéologie médiévale sous la dir. de D. Martinez, université Lumière Lyon 2, Lyon, 2022, t. 2, tableaux 1-14, graphiques 1-10.
4 C. Bonnefoi, Grâne…, ibid., t. 2, carte n° 8.
5 Archives dép. de l’Isère, B 3506, édition dans U. Chevalier, Choix de documents inédits sur le Dauphiné, publiés d’après les originaux conservés à la Bibliothèque de Grenoble et aux archives de l’Isère, Lyon, 1874, p. 276.
6 Archives dép. de l’Isère, B 3500, édition dans C. Bonnefoi, Grâne…, op. cit., t. 2.
7 Archives dép. de la Drôme, E 958, édition dans C. Bonnefoi, Grâne…, ibid., t. 2.
8 Ce rôle des communautés juives au sein des cours féodales a notamment été étudié dans R. Moore, Hérétiques : résistances et répression dans l’Occident médiéval, Paris, 2017.
9 Pour l’étude complète du bassin carrier de Grâne, voir C. Bonnefoi, Grâne…, op. cit., t. 1, p. 156-168.
10 J. Chevalier, Mémoires pour servir…, op. cit., p. 187.
11 C. Bonnefoi, Grâne…, op. cit., t. 1, p. 48.
12 Archives dép. de l’Isère, B 3500, édition dans C. Bonnefoi, Grâne…, ibid., t. 2.
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| Titre | Fig. 1 – Les comtés de Valentinois et de Diois sous les Poitiers, synthèse empirique des places sous leur domination de 1143 à 1419 (extrait modifié de Bonnefoi, 2022, carte n° 1). |
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| Titre | Fig. 2 – Situation de la colline molassique de Grâne, vue du sud. On distingue les éléments du bâti les mieux conservés ainsi que le bourg castral en contrebas (cl. C. Bonnefoi, 12 mars 2021). |
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| Titre | Fig. 3 – Caves basses voûtées de la forteresse de Grâne, vue de l’entrée de la galerie axée ouest-est depuis la galerie nord-sud (cl. C. Bonnefoi, 12 mars 2021). |
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| Titre | Fig. 4 – Plan des salles basses voûtées du château de Grâne, au sud-ouest de la colline fortifiée (extrait modifié de Bonnefoi, 2022, planche n° 2). |
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Pour citer cet article
Référence électronique
Clément Bonnefoi, « Grâne : forteresse comtale du Valentinois-Diois (xiie-xve siècle) », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA [En ligne], 27.2 | 2023, mis en ligne le 15 mars 2024, consulté le 15 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/cem/20494 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cem.20494
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