Une fenêtre d’observation sur le développement urbain médiéval et moderne de Besançon : étude archéologique des caves du rectorat, 8 et 10 rue de la Convention
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Reçu : 8 août 2023 – Accepté : 3 novembre 2023
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- 1 L. Gonçalves, Une fenêtre d’observation sur le développement urbain de Besançon (25), étude archéol (...)
1Dans le cadre d’un mémoire de master1, une étude archéologique du bâti a été menée sur les élévations de trois caves contiguës. Celles-ci sont situées dans le centre historique de Besançon, sous le palais archiépiscopal, occupé aujourd’hui par le rectorat. L’étude des maçonneries de ces caves a permis de mettre au jour des élévations antérieures aux xiiie-xive siècles, ce qui apporte un éclairage nouveau sur la topographie médiévale de Besançon. Ce travail s’inscrit dans la dynamique de recherche actuelle autour des caves en Europe occidentale.
1. Cadre de l’étude
- 2 PCR porté par M. Čaušević-Bully (université de Franche-Comté) et M.-L. Bassi (ville de Besançon). L (...)
- 3 A. Castan, « Le théâtre de Vesontio et le square archéologique de Besançon », Mémoire de la Société (...)
- 4 S. Humbert, Parking de l’hôtel de Région, rapport de fouille, DRAC de Franche-Comté, SRA, Besançon, (...)
2Depuis le lancement du PCR « Vesontio Christiana » en 20152, le secteur du quartier cathédral de Besançon est le lieu d’investigations renouvelées qui prolongent près d’un siècle et demi de recherches. En 1872 déjà, de premières excavations étaient menées à l’emplacement de l’actuel square archéologique Castan3 ; en 1990, des fouilles de sauvetage étaient entreprises à la faveur de la construction d’un parking souterrain dans l’enceinte de l’hôtel de Région4, entre le square et la cathédrale Saint-Jean, au pied du mont Saint-Étienne (fig. 1).
Fig. 1 – Localisation et plan de Besançon avec l’emplacement des caves étudiées (A et B) ; localisation des caves dans l’ancien quartier Saint-Quentin (C) (DAO L. Gonçalves).
- 5 M. Čaušević-Bully et M.-L. Bassi, Vesontio Christiana, topographie chrétienne de Besançon, rapport (...)
- 6 S. Legendre, « Nos decanus et capitulum Ecclesie Bisuntine ». Le chapitre cathédral de Besançon : u (...)
3Aux vestiges du Haut et du Bas-Empire ainsi exhumés – aqueduc et castellum divisorium, théâtre, podium, maçonneries en opus africanum, etc. – s’ajoutent ceux de l’ancienne église paroissiale Saint-Jean-Baptiste, qui se dressait jusqu’en 1797 en lieu et place du square Castan. Mentionnée dès le début du xiie siècle5, elle appartenait au quartier Saint-Quentin, qui s’étendait en contrebas de la Porte Noire, monument dont la construction remonte à la fin du iie siècle apr. J.-C. et qui servit de délimitation au quartier épiscopal dès l’Antiquité tardive. Ce quartier, bientôt canonial, devint entièrement hermétique aux laïcs au xie siècle6, après la création de voies de contournement du mont Saint-Étienne depuis l’actuelle place Victor Hugo. La portion du cardo, que perpétue aujourd’hui le tracé de la rue de la Convention, fut ainsi progressivement délaissée au profit de ces voies moins abruptes ; le tronçon du cardo menant à la Porte Noire étant alors probablement perçu comme une impasse.
- 7 R. Fietier, La cité de Besançon de la fin du xiie au milieu du xive siècle, étude d’une société urb (...)
- 8 Ces prospections ont été menées dans le cadre du PCR, par les membres afférents. L’enceinte du Bas- (...)
4C’est dans cette rue, au sein de ce quartier, peut-être issu d’un premier faubourg implanté aux portes de la cité épiscopale du haut Moyen Âge et que l’historien R. Fiétier décrit pour les siècles suivants « comme un trop plein, bien actif et vivant7 » en raison de son caractère commerçant et passant, que se situent les trois caves étudiées (cf. fig. 1). Celles-ci ont été repérées lors de prospections urbaines effectuées dans le but de documenter des vestiges éventuels de l’enceinte du Bas-Empire8. Accessibles depuis le rectorat, qui occupe l’ancien palais archiépiscopal (actuel hôtel de Grammont) rebâti au début du xviiie siècle, au 10 rue de la Convention, ces espaces souterrains s’étendent jusque sous l’actuel n° 8, demeure mitoyenne qui appartient aussi au rectorat, mais indépendante du palais (fig. 2 et 3).
Fig. 2 – Vue générale depuis la rue de la Convention sur la Porte Noire, l’ancien palais archiépiscopal (rectorat) et la maison voisine sise au n° 8 (cl. L. Gonçalves).
5Le plan particulier de ces caves, qui présentent des espaces localisés sous l’actuelle voirie, l’hétérogénéité apparente de certaines élévations ainsi que l’observation de traces de taille et d’éléments architecturaux, a priori médiévaux (fig. 4), sont autant d’indices qui suggèrent la conservation de maçonneries bien antérieures au palais archiépiscopal moderne et à la maison attenante, dont la façade pourrait remonter, au plus tard, au tournant des xvie -xviie siècles.
Fig. 4 – Porte fonctionnant avec l’espace sous-rue de la cave III.
Vue depuis l’espace sous-rue (A), photo de détail et relevé du coussinet du piédroit nord (B et C), relevé de la porte depuis l’espace sous-rue avec distinction des traces de taille (D) (cl. et DAO L. Gonçalves).
- 9 V. Viscusi, « Une cave médiévale au 4, rue de la Convention : 2000 ans d’histoire », in M. Čaušević (...)
6Une étude archéologique du bâti effectuée en 1998 sur l’une des caves voisines9, sise au 4, rue de la Convention, est venue conforter ces observations préliminaires et la nécessité d’un examen avancé des élévations de ces espaces. Repris en grande partie au xive siècle avec la construction d’une voûte d’arêtes sur piliers centraux, l’espace souterrain situé au n° 4 présente également des élévations antérieures, attribuables aux xiiie-xive siècles, mais aussi au xie siècle, si ce n’est avant. Ces données, nouvelles en ce qui concerne la connaissance de Besançon au Moyen Âge, ont donc constitué une motivation supplémentaire à l’étude de ces trois caves. C’est donc afin de mieux cerner le développement urbain et la topographie médiévale et moderne de Besançon que cette étude a été engagée, malgré des conditions difficiles en raison de l’état de conservation actuelle des maçonneries, en milieu souterrain et humide, et de l’étaiement d’une partie des caves réalisés au cours de la seconde guerre mondiale pour faire office d’abri lors des bombardements aériens (fig. 5).
Fig. 5 – Vue générale de l’espace III.3 après désobstruction de l’espace et piquetage des enduits. Le système d’étaiement date de 1939 (cl. L. Gonçalves).
- 10 Programme SICAVOR (Système d’information contextuel sur les caves et les cavités d’Orléans) inaugur (...)
- 11 D. Sandron (dir.), Sous les pavés, les caves !, Paris, 2021.
- 12 C. Alix, L. Gaugain et A. Salamagne (dir.), Caves et celliers dans l’Europe médiévale et moderne, T (...)
- 13 V. Viscusi, Inventaire archéologique du bâti antérieur à 1600 : état des lieux au terme d’une premi (...)
- 14 B. Goetz, Les caves du vieux Besançon du Moyen Âge à la Renaissance, mémoire de DEA, université de (...)
7Les caves apparaissent en effet comme des lieux propices à la conservation de vestiges en élévation et, de ce fait, comme des sources archéologiques de premier choix quant à la documentation du fait urbain sur un large horizon chronologique, de l’Antiquité à nos jours. L’engouement pour l’objet archéologique qu’est devenue la cave, longtemps perçue comme un simple objet architectural, s’est notamment traduit ces dix dernières années par l’élaboration de projets de recherches axés sur la question, par exemple à Orléans10 ou encore à Paris11. La tenue récente en 2017 d’un colloque portant sur les caves et celliers dans l’Europe médiévale et moderne confirme ce regain d’intérêt12. À Besançon, l’étude de ces espaces aujourd’hui souterrains s’avère être une porte d’entrée d’autant plus nécessaire que les édifices et les façades antérieurs à 1600 sont rares, ainsi que le montre une étude commandée par les services de l’Inventaire en 200013. En 1977 déjà, un certain nombre de caves médiévales avaient été recensées lors de prospections urbaines14. La présente étude s’inscrit donc dans cette dynamique nouvelle autour de ces espaces invisibles, qui sont aussi les témoins de l’histoire économique des sociétés passées.
2. Les demeures urbaines de la rue de la Convention à travers les archives
- 15 Aux archives municipales de Besançon, il s’agit notamment de la série des travaux publics (DD) et d (...)
- 16 Cf. note 5.
- 17 Besançon, Archives municipales, DD 1 (document accessible via le portail numérique des archives). L (...)
8En parallèle de l’étude archéologique du bâti, le dépouillement des archives a permis de renseigner la physionomie passée de la rue ainsi que le statut social des résidents successifs des demeures qui peuvent être associées aux trois caves actuelles. Certaines séries des archives municipales et départementales ont fait l’objet de dépouillements ciblés15, notamment à partir de cotes citées dans le travail de S. Legendre sur l’histoire du quartier canonial de Besançon16. Parmi les documents qui se sont révélés particulièrement utiles, on trouve un plan d’alignement dressé en 1664, qui concerne la partie inférieure de la rue de la Convention jusqu’à la fameuse Porte Noire. La description qui l’accompagne indique qu’il faut la « descouvrir […] afin que de si belles marques de l’Antiquité puissent dorénavant paroistre pour l’ornement de la cité » (fig. 6)17.
Fig. 6 – Plan du projet d’alignement de 1664 consistant à découvrir une partie de la Porte Noire (Besançon, Archives municipales, DD 1).
Les trois maisons voisines de la grande demeure qui jouxte la Porte Noire correspondent à l’emplacement des trois caves étudiées (cl. L. Gonçalves).
- 18 Besançon, Archives départementales du Doubs, G 35. L’histoire de l’hôtel Grammont, ancien palais ar (...)
9Ce document nous a permis d’accéder à un état antérieur à la reconstruction monumentale du palais archiépiscopal par l’archevêque Fr.-J. de Grammont, de 1698 à 1705. On sait, en effet, que celui-ci a « fait réedifier et agrandir par le moyen de deux autres petites maisons particulières attenantes non canoniales » sa demeure initiale, ainsi que l’attestent des lettres patentes du roi, en 173618. On retrouve cette demeure et ces « petites maisons » sur le plan d’alignement où sont également mentionnés les noms des différents résidents (fig. 6). Par rapprochement avec le levé du plan des caves, qui situe deux d’entre elles sous l’hôtel de Grammont, il est possible d’associer ces caves à la maison d’un certain Greyson, ainsi qu’à celle du curé de la paroisse. Par conséquent, la maison actuellement localisée au n° 8, au contact de l’hôtel de Grammont et sous laquelle se situe la troisième cave du corpus, est à rapprocher de la maison de Claude Renaud, serrurier. À partir de ces associations, il a ensuite été possible de suivre au travers des archives modernes le devenir de ces demeures. En revanche, les quelques mentions médiévales de maisons situées dans la rue Saint-Quentin, qui correspond à l’actuelle portion basse de la rue de la Convention, ne fournissent que des localisations très approximatives.
- 19 Ibid.
- 20 Besançon, Archives départementales du Doubs, G 39.
10En dehors du devenir des deux « maisons particulières attenantes19 » que l’on ne peut suivre avant 1664, on apprend qu’en 1670, la maison qui s’apparente à l’actuel n° 8, est acquise par deux couples des mains du serrurier Claude Renaud20. À la suite de cette acquisition, les deux couples se partagent transversalement la maison selon les dispositions suivantes : « le bas d’icelle maison avec le soulier dessus devers devant et la moytié de la voulte qui se partage par le milieu » revient à l’un des couples, tandis que « le dessus de ladite maison avec le soulier devers derrier et l’autre moytié de la voulte qu’est devers derrier et qui prendrat aussy sa sortie devers derrier » revient à l’autre. Cette maison se développe sur trois niveaux : la cave (la voulte), le rez-de-chaussée (le bas) et l’étage (le soulier), ce que confirme un rapide examen de la façade surélevée d’un second étage a posteriori. Il paraissait intéressant de chercher in situ les conséquences de ce partage. La voûte en berceau de cette cave a, de fait, conservé une inscription en capitales noires, associant la date de « 1683 » au nom de « PIERRE », l’un des protagonistes du partage. Cet exemple illustre de manière éloquente la nécessité de confronter les sources d’archives et les observations de terrain.
- 21 À ce propos, se reporter à la thèse de S. Legendre (cf. note 5) ainsi qu’aux nombreux travaux d’Y. (...)
11Hormis ce terminus ante quem, que les documents conservés dans les archives ont permis de contextualiser, il ressort de ces dépouillements qu’il demeure souvent malaisé de distinguer le propriétaire du résident, d’autant plus que leur statut n’est pas toujours le même. Ainsi, au xviie siècle, la demeure sise au n° 8 est la propriété de laïcs avant de devenir, au siècle suivant, une demeure canoniale, puis noble, pour rejoindre en 1842 le patrimoine épiscopal et terminer, en 1907, en propriété de l’État. Les archives ecclésiastiques étant mieux conservées que les archives privées, la proximité avec le quartier canonial s’est finalement révélée être une aubaine dans le récolement d’informations. Dès le bas Moyen Âge, les chanoines ont en effet fréquemment disposé dans leurs prébendes de propriétés en dehors de la clôture juridique du chapitre. Ces propriétés, souvent proches du quartier canonial, étaient occupées par les chanoines ou amodiées à des laïcs21.
3. Étude archéologique et proposition de phasage des élévations
12Après les premières observations effectuées sur l’ensemble des élévations des trois caves, l’étude archéologique du bâti a été recentrée sur les maçonneries de la cave III, en particulier celles des espaces III.3 et III.4 qui présentaient davantage d’intérêt scientifique (cf. fig. 3 et fig. 7).
13Un sondage a également été mené au sein de ce dernier espace qui est localisé sous la rue de la Convention. Cette cave oblongue, accessible depuis la cave II, est située à une altitude légèrement inférieure à celle-ci du fait de la déclivité est-ouest du terrain et est orientée perpendiculairement à la rue, de la même manière que le bâtiment situé à l’aplomb, qui correspond au n° 8 de rue de la Convention. En dehors de l’espace III.4, qui se développe sous la voirie, l’emprise de la cave coïncide avec celle du bâtiment. Cette cave mesure près de 16,5 m de long pour 5,8 m de large ; l’intrados de la voûte en berceau se situe à 3,9 m de hauteur. L’étude des élévations a permis la distinction de six états (cf. fig. 7 et fig. 8), dont la chronologie relative est confortée par des éléments typo-chronologiques – traces de taille, modénature architecturale et mobilier.
Fig. 8 – Proposition de phasage des maçonneries : états 2, 3, 4 et 5. Les états 1 et 6 ne sont pas figurés (DAO L. Gonçalves).
3.1. État 1 : structure(s) antérieure(s) aux xiiie-xive siècles (phase 1)
- 22 Le mobilier céramique a été soumis à l’examen de C. Goy, céramologue médiéviste à l’Inrap. L’un de (...)
14Cet état est à associer à une maçonnerie comprise dans la partie inférieure du mur latéral ouest de la cave III et qui mesure 2,8 m de long sur 0,73 m de hauteur. Cette maçonnerie se caractérise par un appareil qui remploie de petits moellons rectangulaires réguliers ainsi que des blocs, d’un calcaire blanc et dur, à peine équarris, de 30 cm de côté. Trois tessons, tous antiques, ont été prélevés dans les joints22, et l’une des pierres en position de remploi présente des traces d’une bretture probablement antique, en comparaison avec celles observées sur les vestiges du square Castan. Si cette maçonnerie sert de support aux élévations de l’état 2, aucun indice ne permet de la dater avec certitude ni de l’interpréter. L’inclusion volontaire (remplois lapidaires) ou involontaires (tessons) d’éléments antiques nous invite néanmoins à poser l’hypothèse d’une datation précoce de ces maçonneries, qui pourraient techniquement avoir été mises en place dès l’Antiquité tardive. En revanche, le remploi de matériaux de construction antiques étant une pratique pérenne jusque dans le courant du bas Moyen Âge, ce que démontrent les maçonneries de l’état 3 (cf. infra), cette simple observation demeure donc insuffisante pour confirmer une telle hypothèse de datation.
3.2. État 2 : structure(s) antérieure(s) aux xiiie-xive siècles (phase 2)
15Les élévations concernées appartiennent aux murs latéraux est et ouest de la cave III, hors espace III.4, et se développent jusqu’à la naissance de la voûte en berceau (cf. état 4). Ces maçonneries, en petit ou moyen appareil régulièrement assisé, usent d’un calcaire beige et dur grossièrement équarri. La maçonnerie du mur ouest présente notamment, sous un revêtement plus tardif (cf. état 4), un revêtement de mortier de chaux brun-ocre badigeonné de rouge, qui s’interrompt avec l’arrachement de l’élévation au nord lors de l’insertion de la porte menant à l’espace sous-rue (cf. état 3). Un tesson médiéval, nécessairement postérieur au xie siècle, a été trouvé dans l’un des joints de la maçonnerie du mur latéral est. Les élévations opposées de la cave, relativement distinctes, ne se poursuivent pas jusqu’au fond de la parcelle actuelle. Ces deux murs se terminent au nord par des arrachements qui suggèrent qu’à l’origine ceux-ci devaient se poursuivre. Ces arrachements sont chaînés à des maçonneries de l’état 3.
- 23 Cf. note 8.
16Ces murs, qui ne semblent donc pas être antérieurs au xie siècle, mais qui, en revanche, précèdent les maçonneries des xiiie-xive siècles (cf. état 3), appartiennent à une construction qui n’est pas caractérisable. Rien ne permet de connaître, en effet, le niveau du sol contemporain de la construction de ces élévations et donc de confirmer l’hypothèse qui voudrait que, à l’instar de ce qui a été observé au n° 4 de la rue de la Convention23, il s’agisse de structures partiellement, voire pas du tout enterrées. Ces maçonneries pourraient tout aussi bien correspondre aux murs d’un ou plusieurs bâtiments qu’à des murs de clôture qui matérialiseraient des limites parcellaires.
3.3. État 3 : xiiie-xive siècles
3.3.1. Étape 1
17À l’extrémité des caves I et II, un espace est localisé sous la voirie, à l’instar de ce qu’on observe pour la cave III. Ce volume indépendant suggère l’existence d’un bâtiment autrefois avancé sur la rue. Cet espace possède des caractéristiques communes avec celui de la cave III : voûte en berceau parallèle à l’ancien cardo et percée d’une ouverture quadrangulaire contemporaine de sa construction ; accès par le biais d’une porte présentant des traces de bretture. L’examen des maçonneries permet de restituer une pièce originellement plus grande, qui s’étendait probablement jusqu’au contact de l’espace sous-rue de la cave III, bâti dans un second temps. Cette observation témoignerait ainsi de l’existence d’un unique bâtiment, dont la division serait la résultante d’un partage plus tardif (cf. état 4). Ainsi, la parcelle initiale aurait pu mesurer près de 7 m de large. Cependant, aucun élément ne permet de savoir s’il s’agit d’une construction ex nihilo ou de l’agrandissement d’un édifice préalable dont il n’a été observé aucun vestige.
3.3.2. Étape 2
18À la suite de la construction d’un premier bâtiment qui empiète sur la rue, un second bâtiment est (ré)édifié à l’ouest selon un schéma similaire : un espace indépendant prolonge en direction du nord les élévations préexistantes des états 1 et 2. À l’issue du sondage effectué au sein de cet espace, l’altitude du substrat sur lequel reposent les élévations a permis de renseigner le niveau de circulation de cet espace ainsi que de celui qui le précède, au sud. La restitution de la hauteur originelle de la porte qui mène à l’espace indépendant coïncide par ailleurs avec ce niveau (cf. fig. 7). Cette porte se fermait depuis l’intérieur de l’espace sous-rue, ce qui suppose donc l’existence d’un autre accès, comme un escalier (fig. 9).
Fig. 9 – Proposition de restitution de l’accès à la cave aux xiiie-xive siècles (état 3) (DAO L. Gonçalves).
19Cette hypothèse est corroborée par l’examen de la maçonnerie de l’ancien mur de cave nord ainsi que par la trémie aujourd’hui condamnée et située dans le prolongement de la porte. La descente d’escalier restituée prenait appui sur le mur de cave nord à 1,5 m au-dessus du substrat, ce qui indique un espace a minima semi-enterré.
- 24 D’après une copie de 1770 du document original (Besançon, Archives départementales du Doubs, G 533)
- 25 Besançon, Archives départementales du Doubs, G 313.
20Si la datation est avancée au moyen des traces de tailles – bretture, taillant droit et gradine – associées à la modénature de certains éléments architecturaux (cf. fig. 4), le remploi de petits moellons quadrangulaires ainsi que de blocs en pierre de Vergenne, calcaire tendre utilisé dans les édifices antiques de Vesontio, semble caractéristique et propre à cet état. Un tesson attribuable aux xiiie-xive siècles a également été retrouvé dans un joint de l’une des maçonneries. Beaucoup d’incertitudes demeurent néanmoins quant à ces deux « maisons » avancées sur la rue, notamment au sujet de leur emprise exacte au sud. Comment était couvert ce premier niveau, a priori semi-enterré, en dehors des voûtes en berceau des espaces indépendants ? Combien de niveaux supportaient ces espaces ? Et ces niveaux, étaient-ils maçonnés ou en pan de bois ? La fonction de ces espaces, que l’on peut interpréter comme étant des caves, pose également question. La proximité avec l’ancienne place Saint-Quentin – actuelle place Victor Hugo –, réputée pour sa halle et ses bancs de bouchers, suggère l’hypothèse d’une fonction mercantile et/ou artisanale, ce que le plan de 1664 ne semble pas démentir avec la mention d’un « ban des bouche [sic] » à côté de la porte de la maison moderne située à l’aplomb de la cave I (cf. fig. 6). L’existence des ouvertures quadrangulaires dans les voûtes des espaces indépendants conforte cette supposition, car ce sont des aménagements propices à la manutention de denrées entre la cave et le rez-de-chaussée. Enfin, quelques rares archives médiévales indiquent l’existence d’un pressoir dans une maison de la rue Saint-Quentin, à proximité de la Porte Noire, en 124024, tandis qu’en 1311 un four est mentionné dans l’une des maisons de la rue25.
3.4. État 4 : xvie-xviie siècles
21Si le partage transversal en 1670 de la maison sise au n° 8 de la rue de la Convention ne donne pas lieu au morcellement physique de la cave, la maison attenante semble, en revanche, connaître un partage plus marqué, qui se matérialise au travers de la séparation longitudinale de la cave. Ce partage s’effectue avant 1664, date à laquelle sont déjà figurées sur le plan d’alignement deux petites maisons relativement avancées sur la rue par rapport à leur voisine, le n° 8, dont la façade semble avoir été reculée bien avant, peut-être à la fin du xvie siècle, ainsi que pourrait le laisser penser une niche qui présente un linteau délardé en une accolade irrégulière. C’est aussi à cette période que ces espaces sont couverts de voûtes en berceau et que la cave du n° 8 est pourvue d’un accès, aujourd’hui condamné, donnant sur la rue par le biais d’une volée de marches. Cet accès est surmonté d’un arc surbaissé et chanfreiné, taillé dans un calcaire blanc et qui a été régularisé au taillant droit. Ces espaces, s’ils n’étaient pas déjà entièrement enterrés, le deviennent à cette occasion. De la même façon, c’est également au cours des xvie-xviie siècles que se fixe l’emprise du bâti actuel avec l’agrandissement de ces espaces, et donc des maisons situées à leur aplomb, en arrière de la parcelle. Les deux maisons médiévales s’effacent ainsi progressivement du paysage, ce dont témoignent les niveaux de démolition observés dans le sondage. Ceux-ci sont liés à la reprise partielle de la voûte de l’espace sous rue du n° 8 à l’occasion de l’aménagement du nouvel accès inséré dans des maçonneries médiévales.
3.5. État 5 : début du xviiie siècle
22Au tournant du xviiie siècle, l’intégration des bâtiments à l’aplomb des caves I et II dans le projet de construction de l’hôtel de Grammont les fait définitivement disparaître du paysage urbain, bien que leurs caves demeurent. Des reprises sont effectuées sur les extrémités nord des deux voûtes en berceau ainsi que dans les murs de cave nord, en raison du nouveau tracé d’alignement édicté en 1664, qui induit ici un léger désaxement par rapport aux façades des maisons précédentes.
3.6. État 6 : milieu du xixe siècle à aujourd’hui
23La physionomie des façades sur rue ainsi que l’emprise du bâti n’évoluent plus. Seule la maison sise au n° 8 de la rue de la Convention est surélevée d’un étage tardivement, peut-être lors de son achat par l’archevêque dans le courant du xixe siècle. Cette stabilité est lisible dans les élévations des caves, les modifications principales consistant en des bouchages d’accès et en l’aménagement de ces espaces en abri anti-bombardements aériens – étais et voûtes en rondins de bois, murs de refends maçonnés et barres de fer.
4. Synthèse et perspectives
24L’histoire urbaine de la paroisse Saint-Quentin, qui se développe au pied de l’ancien quartier canonial de Besançon, s’éclaircit progressivement, étude de cas après étude de cas. Si certaines périodes échappent matériellement à notre compréhension, à l’instar du haut Moyen Âge, il en est d’autres qui offrent suffisamment de vestiges conservés en élévation dans les caves pour que l’on puisse restituer l’histoire bâtie d’un lieu en particulier. Dans la présente étude, c’est à partir des xiiie-xive siècles que la trame de l’histoire est moins discontinue et plus assurée. Grâce aux résultats de l’étude archéologique effectuée il y a une vingtaine d’années sur les maçonneries de la cave située au n° 4 de la rue de la Convention, il est possible de percevoir l’histoire générale de cette ancienne portion du cardo, depuis le bas Moyen Âge jusqu’à aujourd’hui. Les vestiges des périodes antérieures sont épars et difficilement interprétables.
25L’hypothèse de l’existence d’un faubourg alto-médiéval aux portes de la cité haute épiscopale ne peut être ni confirmée, ni infirmée : l’étude des maçonneries ainsi que le sondage n’apportent aucun élément à ce propos. Certes, des structures conservées en élévation se révèlent antérieures aux xiiie-xive siècles (état 3), mais rien ne permet de les dater plus précisément. Ces élévations plus anciennes semblent tout de même dessiner la limite sud de l’ancien cardo. Ces murs correspondraient à des bâtiments, sinon à des murs de clôture, disposés perpendiculairement à l’axe. Ces vestiges esquissent donc en creux une occupation localisée au sud du cardo et dont l’habitat serait massé en avant de la parcelle. Seules des datations physico-chimiques pourraient permettre de dater ces élévations avec certitude. Ainsi, la recherche de charbons, éventuellement conservés dans les mortiers ou les enduits observés, serait à privilégier pour une datation au radiocarbone de certaines maçonneries, notamment celles des états 1 et 2.
26Aux xiiie-xive siècles, des bâtiments qui empiètent sur la rue sont construits. Ils disposent d’un espace a priori semi-enterré, dont la fonction de stockage, liée à une activité marchande, reste sujette à confirmation. Les espaces situés sous la rue sont isolés du restant de la cave par une porte soignée en plein cintre ou aux coussinets ouvragés. Ces constructions dessinent une rue plus étroite et témoignent probablement du dynamisme économique, voire démographique, aux abords de la place. Les filières d’approvisionnement en matériaux de construction privilégient les ressources locales – calcaire oolithique du Jurassique – voire à proximité directe – remplois issus des édifices antiques.
27Durant la période moderne, les façades sont reculées, les bâtiments agrandis vers l’arrière de la parcelle et la rue élargie. Les propriétés sont divisées, aussi bien longitudinalement que transversalement. Au xviiie siècle, avec la construction de l’hôtel de Grammont et la destruction de l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste, la rue revêt sa physionomie actuelle.
28Au regard des résultats de ce travail universitaire, on ne peut que souhaiter une poursuite des efforts de recherches sur la compréhension de la topographie médiévale de Besançon, notamment à partir de l’étude archéologique des caves.
Notes
1 L. Gonçalves, Une fenêtre d’observation sur le développement urbain de Besançon (25), étude archéologique du bâti des caves du rectorat aux n° 8 et 10, rue de la Convention, mémoire de master, université de Franche-Comté, Besançon, 2021.
2 PCR porté par M. Čaušević-Bully (université de Franche-Comté) et M.-L. Bassi (ville de Besançon). La présente étude a été menée dans le cadre de ce PCR.
3 A. Castan, « Le théâtre de Vesontio et le square archéologique de Besançon », Mémoire de la Société d’émulation du Doubs, 1872, p. 461-513.
4 S. Humbert, Parking de l’hôtel de Région, rapport de fouille, DRAC de Franche-Comté, SRA, Besançon, 1989 et L. Vaxellaire, Parking de l’hôtel de Région, rapport de fouille, DRAC de Franche-Comté, SRA, Besançon, 1990.
5 M. Čaušević-Bully et M.-L. Bassi, Vesontio Christiana, topographie chrétienne de Besançon, rapport de fouille programmée, DRAC de Franche-Comté, SRA, Besançon, 2017, p. 17.
6 S. Legendre, « Nos decanus et capitulum Ecclesie Bisuntine ». Le chapitre cathédral de Besançon : un corps social et son insertion dans l’État bourguignon (1404-1477), thèse de doctorat d’histoire, dir. P. Demouy, université de Franche-Comté, Besançon, 2011, p. 65.
7 R. Fietier, La cité de Besançon de la fin du xiie au milieu du xive siècle, étude d’une société urbaine, Lille, 1978, t. 1, p. 43.
8 Ces prospections ont été menées dans le cadre du PCR, par les membres afférents. L’enceinte du Bas-Empire est supposée avoir été remployée au cours du haut Moyen Âge pour servir de limite au quartier épiscopal. Voir également la mise à jour récente sur cette question : A. Saggese, M.-L. Bassi et T. Chenal, « Les fortifications de Besançon durant l’Antiquité tardive, révision du dossier et proposition d’une nouvelle hypothèse », Bulletin du Centre d’études médiévales d’Auxerre, 27.1 (2023), en ligne [http://journals.openedition.org/cem/20243].
9 V. Viscusi, « Une cave médiévale au 4, rue de la Convention : 2000 ans d’histoire », in M. Čaušević-Bully et M.-L. Bassi, Vesontio…, op. cit., p. 71-108.
10 Programme SICAVOR (Système d’information contextuel sur les caves et les cavités d’Orléans) inauguré en 2015 et piloté par le Pôle d’archéologie d’Orléans.
11 D. Sandron (dir.), Sous les pavés, les caves !, Paris, 2021.
12 C. Alix, L. Gaugain et A. Salamagne (dir.), Caves et celliers dans l’Europe médiévale et moderne, Tours, 2019.
13 V. Viscusi, Inventaire archéologique du bâti antérieur à 1600 : état des lieux au terme d’une première enquête, rapport, Service de l’Inventaire de Franche-Comté, 2002.
14 B. Goetz, Les caves du vieux Besançon du Moyen Âge à la Renaissance, mémoire de DEA, université de Franche-Comté, Besançon, 1979. Dans le cadre de son DEA, B. Goëtz avait pu visiter près de 1 500 caves dans le centre historique de Besançon. Des essais de typo-chronologies, notamment de voûtement, de supports et de chapiteaux avaient été proposés.
15 Aux archives municipales de Besançon, il s’agit notamment de la série des travaux publics (DD) et de la sous-série liée aux documents touchant à l’organisation de la défense passive, durant la seconde guerre mondiale (4H). Aux archives départementales du Doubs, ce sont essentiellement les archives du clergé séculier (série G) qui ont été utilisées.
16 Cf. note 5.
17 Besançon, Archives municipales, DD 1 (document accessible via le portail numérique des archives). Le texte décrit les modalités de l’alignement à accomplir et joint le plan.
18 Besançon, Archives départementales du Doubs, G 35. L’histoire de l’hôtel Grammont, ancien palais archiépiscopal, a été documentée par les travaux d’A. Deridder, bien que la plupart des sources écrites ne soient pas citées.
19 Ibid.
20 Besançon, Archives départementales du Doubs, G 39.
21 À ce propos, se reporter à la thèse de S. Legendre (cf. note 5) ainsi qu’aux nombreux travaux d’Y. Esquieu sur les quartiers canoniaux.
22 Le mobilier céramique a été soumis à l’examen de C. Goy, céramologue médiéviste à l’Inrap. L’un de ces tessons correspond à de la sigillée de la Graufesenque des ier-iie siècles.
23 Cf. note 8.
24 D’après une copie de 1770 du document original (Besançon, Archives départementales du Doubs, G 533).
25 Besançon, Archives départementales du Doubs, G 313.
Haut de pageTable des illustrations
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| Titre | Fig. 1 – Localisation et plan de Besançon avec l’emplacement des caves étudiées (A et B) ; localisation des caves dans l’ancien quartier Saint-Quentin (C) (DAO L. Gonçalves). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20564/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 328k |
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| Titre | Fig. 2 – Vue générale depuis la rue de la Convention sur la Porte Noire, l’ancien palais archiépiscopal (rectorat) et la maison voisine sise au n° 8 (cl. L. Gonçalves). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20564/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 576k |
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| Titre | Fig. 3 – Plan général des trois caves (DAO L. Gonçalves). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20564/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 192k |
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| Titre | Fig. 4 – Porte fonctionnant avec l’espace sous-rue de la cave III. |
| Légende | Vue depuis l’espace sous-rue (A), photo de détail et relevé du coussinet du piédroit nord (B et C), relevé de la porte depuis l’espace sous-rue avec distinction des traces de taille (D) (cl. et DAO L. Gonçalves). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20564/img-4.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 444k |
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| Titre | Fig. 5 – Vue générale de l’espace III.3 après désobstruction de l’espace et piquetage des enduits. Le système d’étaiement date de 1939 (cl. L. Gonçalves). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20564/img-5.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 640k |
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| Titre | Fig. 6 – Plan du projet d’alignement de 1664 consistant à découvrir une partie de la Porte Noire (Besançon, Archives municipales, DD 1). |
| Légende | Les trois maisons voisines de la grande demeure qui jouxte la Porte Noire correspondent à l’emplacement des trois caves étudiées (cl. L. Gonçalves). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20564/img-6.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 524k |
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| Titre | Fig. 7 – Coupe longitudinale phasée de la cave III (DAO L. Gonçalves). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20564/img-7.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 288k |
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| Titre | Fig. 8 – Proposition de phasage des maçonneries : états 2, 3, 4 et 5. Les états 1 et 6 ne sont pas figurés (DAO L. Gonçalves). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20564/img-8.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 368k |
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| Titre | Fig. 9 – Proposition de restitution de l’accès à la cave aux xiiie-xive siècles (état 3) (DAO L. Gonçalves). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/20564/img-9.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 449k |
Pour citer cet article
Référence électronique
Lucie Gonçalves, « Une fenêtre d’observation sur le développement urbain médiéval et moderne de Besançon : étude archéologique des caves du rectorat, 8 et 10 rue de la Convention », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA [En ligne], 27.2 | 2023, mis en ligne le 15 mars 2024, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/cem/20564 ; DOI : https://doi.org/10.4000/cem.20564
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Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-SA 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.
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