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Chantiers

Un recueil numérique pour la sculpture de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, le projet SATHMA

Pascale Chevalier, Aurélie Devillechaise, Anne Flammin, Cécile Gourhand, Pierre-Yves Le Pogam, Anne-Bénédicte Mérel-Brandenburg, Arnaud Millereux, Blandine Nouvel, Amélie Roger, Vincent Rousseau, Christian Sapin, Manon Sauvage-Cerisier et Damien Strzelecki

Résumés

Depuis 2016, le projet SATHMA – Sculpture de l’Antiquité Tardive et du Haut Moyen Âge (ive-xe siècles) –, initié par l’École du Louvre, le musée du Louvre, et désormais porté collectivement avec les UMR du CNRS ArAr et ARTEHIS, a entrepris de relancer sous forme numérique le Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge partiellement publié jusqu’en 1987. La documentation du Recueil général, conservée au Louvre, a été numérisée et plusieurs travaux universitaires ont été OCRisés entre 2017 et 2024. Confortée en 2022 par deux financements – Collex-Persée et Fondation des Sciences du patrimoine –, l’équipe a conçu sous Heurist une base de données, dont la mise en ligne a eu lieu en novembre 2024. Cette publication scientifique renouvelée éclairera sur la longue durée la sculpture tardo-antique et alto-médiévale, rarement étudiée, dans toute sa riche diversité – liturgique, architecturale, funéraire – et une matérialité mieux contextualisée, tant spatialement que temporellement.

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Notes de la rédaction

Reçu : 17 février 2025 – Accepté : 1er juin 2025.

Texte intégral

1. Prologue

  • 1  https://care.huma-num.fr/care/index.php?title=Accueil. Voir P. Chevalier, J. Crochat, A. Flammin, (...)
  • 2  Voir par exemple, P. Chevalier et C. Sapin, « ANR Corpus architecturae religiosae europeae [CARE], (...)
  • 3  VII, 7 – La diocesi di Roma. La III regione ecclesiastica, 2015, Claudia Barsanti, Roberta Flamini (...)
  • 4  À l’adresse suivante : https://corpus.awh.durham.ac.uk/.

1En 2016, des spécialistes de sculpture, collaborant pour certains au volet français du programme CARE (Corpus Architecturae Religiosae Europeae iv-x. saec.) 1, dont il avait été rendu compte en son temps dans la revue 2, ont entrepris de relancer sous forme numérique le Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (ive-xe siècles). La France avait accumulé un retard considérable dans la diffusion de la connaissance dans ce domaine au regard d’autres pays européens. Pour l’Italie, la Fondation du CISAM (Centro Italiano di Studi sull’Alto Medioevo) de Spolète a entamé en 1959 le Corpus della scultura altomedioevale découpé par diocèse. À ce jour, il compte vingt-deux volumes imprimés et l’activité se poursuit à un rythme plus lent, le dernier ouvrage étant daté de 2015 3. En Angleterre, le Corpus of Anglo-Saxon Stone Sculpture a débuté dans la seconde moitié des années 1970 à l’université de Durham sous la direction de Rosemary Cramp. Les treize volumes de l’édition papier, publiés entre 1984 et 2018, sont tous disponibles en ligne depuis 2021 4.

2Initié par l’École du Louvre, le musée du Louvre, et ensuite porté collectivement avec les UMR du CNRS ArAr de Lyon et ARTEHIS de Dijon, le projet SATHMA s’inscrit, quant à lui, dans une entreprise plus générale d’études des sources de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge. Il s’articule d’emblée, en effet, avec le corpus CARE-France sur les églises antérieures à l’an Mil et recense pour l’essentiel la sculpture de ces édifices de culte (mobilier liturgique, fig. 1 ; décor architectonique, fig. 2), mais aussi des monuments funéraires (fig. 3), sans écarter les rares éléments profanes.

Fig. 1 – Ambon provenant de l’abbaye de l’Île-Barbe à Lyon, conservé au musée des Beaux-Arts de Lyon (cl. J. Crochat).

Fig. 1 – Ambon provenant de l’abbaye de l’Île-Barbe à Lyon, conservé au musée des Beaux-Arts de Lyon (cl. J. Crochat).

Fig. 3 – Sarcophage dit « du Lege Filiciter » (cl. A.-B. Mérel-Brandenburg).

Fig. 3 – Sarcophage dit « du Lege Filiciter » (cl. A.-B. Mérel-Brandenburg).

3Amorcé en 1965 sous l’égide de Jean Hubert, et très partiellement publié par le CTHS (Comité des travaux historiques et scientifiques) sous le nom de Recueil général des monuments sculptés en France pendant le Haut Moyen Âge (ive-xe siècles), l’inventaire de la sculpture haut-médiévale avait été mené jusqu’en 1984 par une équipe du CNRS – le « Groupe d’études préromanes » –, réunie à Paris autour d’André Grabar, à la section des sciences religieuses de l’École pratique des hautes études, et de Jean Hubert, à la tête de la chaire d’archéologie médiévale à l’École nationale des chartes. La collection visait à mettre

à la disposition de tous une documentation complète sur les œuvres sculptées de cette période charnière, qu’elles soient encore en place (décor architectural, sites archéologiques), présentées dans des musées ou conservées dans des dépôts lapidaires.

  • 5  D. Fossard, M. Vieillard-Troïekouroff et É. Chatel, Recueil général des monuments sculptés en Fran (...)

4Quatre volumes ont été publiés par les soins de la section d’archéologie et d’histoire de l’art du CTHS (fig. 4), en coédition avec diverses institutions 5. Après la parution du quatrième tome en 1987, la collection s’est arrêtée.

Fig. 4 – Couverture des volumes 1 et 3 du Recueil des monuments sculptés en France (ive-xe siècles).

Fig. 4 – Couverture des volumes 1 et 3 du Recueil des monuments sculptés en France (ive-xe siècles).

5Cet inventaire a joué un rôle majeur pour faire connaître une production sculptée trop négligée, qui forme un jalon primordial dans la plastique médiévale occidentale. Les quatre volumes parus ne couvrent que sept départements, alors même que l’équipe avait réuni sur l’ensemble du territoire français concerné une documentation considérable encore inexploitée, reflétant un travail sur le terrain resté unique et une méthodologie caractéristique des décennies 1960-1980. Conservées au département des sculptures du musée du Louvre (fig. 5), ces archives, aux trois quarts inédites, représentent un fonds patrimonial scientifique exceptionnel que le projet SATHMA s’est donné pour objectif de valoriser.

Fig. 5 – Vues des archives conservées au département des sculptures du musée du Louvre (cl. A.-B. Mérel-Brandenburg).

Fig. 5 – Vues des archives conservées au département des sculptures du musée du Louvre (cl. A.-B. Mérel-Brandenburg).

6La documentation héritée par le département des sculptures du musée du Louvre avait été collectée par l’équipe qui travaillait avec Jean Hubert et André Grabar : May Vieillard-Troïekouroff, Denise Fossard, Élisabeth Chatel, Colette Lamy-Lassalle et Denise Fourmont. Le musée du Louvre a ainsi réceptionné en 2004 la documentation conservée par May Vieillard-Troïekouroff, composée d’environ 150 boîtes d’archives classées par départements, 50 fichiers, 50 boîtes de photos, 10 cartons de correspondance, puis, en 2009, celle d’Élisabeth Chatel, un peu moins considérable.

  • 6  Actes publiés sous la direction de A.-B. Mérel-Brandenburg et P.-Y. Le Pogam, éd. en ligne [https: (...)

7À un moment où les études sur la sculpture du haut Moyen Âge connaissent une vitalité réitérée, aussi bien grâce aux découvertes archéologiques que par les recherches sur des œuvres déjà connues, parfois re-datées, l’équipe du projet SATHMA a souhaité ranimer l’entreprise du Recueil général, arrêtée précocement. Or, il était déraisonnable de reprendre une édition imprimée. L’édition électronique s’imposait, permettant une plus large diffusion et une meilleure prise en compte de l’évolution de la recherche et des connaissances. Une base de données évolutive se révélait essentielle pour forger une image renouvelée de la sculpture et la faire rayonner. Dans cette perspective de diffusion scientifique, un premier point d’étape a été fait lors des Journées d’études internationales organisées à l’École du Louvre et à l’auditorium du Louvre, à Paris, les 24 et 25 septembre 2020, « Classique et barbare », la sculpture de l’Antiquité tardive et du Haut Moyen Âge (4e-10e siècles). Du corpus aux humanités numériques, dont les actes ont paru en ligne en 2021 sous la forme du numéro 17 des Cahiers de l’École du Louvre 6.

2. Une base de données

2.1. Acquisition des données iconographiques et archivistiques

8La dématérialisation des archives déposées au musée du Louvre du Recueil des années 1960-1980 – l’ancêtre du projet actuel – a constitué la première étape de l’élaboration du corpus en ligne de la sculpture haut-médiévale.

  • 7  M.-P. Flèche, Recherches sur les monuments sculptés du Haut Moyen Âge dans le Nord de la Gaule, do (...)
  • 8  Les archives de Jean Cabanot ont fait l’objet d’un don au laboratoire Ausonius à Bordeaux : 1 870 (...)

9La numérisation entre 2017 et 2024 des données primaires conservées au Louvre – fiches, carnets, relevés, dessins, négatifs photographiques et diapositives, tirages noir et blanc – a été complétée par l’OCRisation de plusieurs travaux universitaires sur la sculpture 7 et par la numérisation de la documentation de chercheurs émérites – Jean Cabanot et Gilbert-Robert Delahaye 8. Ces fonds collectés constituent un dépôt intermédiaire, accessible et exploitable par des spécialistes - chercheurs et étudiants –, dans la perspective d’une publication scientifique du corpus avec la reprise des données, critiquées et enrichies par les connaissances actuelles.

2.2. Conception des notices

  • 9  https://colemon.huma-num.fr/.
  • 10  https://pop.culture.gouv.fr/.

10Parallèlement à ce travail de longue haleine, la structure des notices, déterminée dès 2016, intègre les éléments pertinents compilés par le projet du Recueil général. En sus de sa « carte d’identité », de ses caractéristiques matérielles et décoratives, de la bibliographie afférente, d’une datation argumentée et outre les photographies anciennes, la base de données offrira pour chaque élément sculpté des clichés récents des différentes faces et des relevés graphiques pour certaines pièces. Une attention particulière est portée au matériau, aux détails techniques – traces d’outils et de fixations – participant à la compréhension des gestes des sculpteurs, des mises en œuvre originelles et des réaménagements. Un lien existe dès que c’est possible vers la notice de l’édifice dans le corpus CARE-architecture, dans Col&Mon – base en ligne « Collégiales et Monastères de la France médiévale » 9 – répondant à l’une des exigences du programme, celle de contextualiser la sculpture dans son environnement initial pour lui donner toute sa signification. D’autres liens sont proposés, notamment avec le portail patrimonial du ministère de la Culture (POP) 10. Chacune des notices d’objets ou œuvres de rattachement sera, après sa validation définitive, considérée comme une publication électronique.

3. Le projet SATHMA 2023-2024

  • 11  En 2023, le projet SATHMA, après la réponse à un appel à projet porté par Bénédicte Mérel-Brandenb (...)
  • 12  En 2022, le projet SATHMA, lauréat de l’appel à projet du Groupement d’intérêt scientifique Collex (...)
  • 13  Si le projet a en effet été commencé sur le modèle informatique à interface Wiki, élaboré par le l (...)
  • 14  https://heurist.huma-num.fr/heurist/startup/.
  • 15  Créé par Frantiq – Fédération et ressources sur l’Antiquité constituée en groupement de service du (...)

11En 2022, lauréat de deux appels à projets, l’un de la Fondation des sciences du patrimoine en 2022 (2023) 11 et l’autre du Groupement d’intérêt scientifique Collex-Persée 2021-2022 (2023-2024) 12, le projet SATHMA entre dès lors dans une nouvelle dynamique. Il abandonne la solution Wiki adoptée par le projet CARE pour s’appuyer sur le nouveau service proposé par l’infrastructure de recherche Huma-Num, appelé Heurist, qui permet aux chercheurs d’élaborer eux-mêmes des bases de données de contenu riche et interconnecté en ligne, sans programmation, de les gérer et de générer un site Web interactif pour la publication et le partage des données 13. La base de données ainsi produite est accessible sur internet avec une interface de production pour les contributeurs et une interface de consultation avec recherche par mots-clés ou géolocalisation, paramétrable, personnalisable et adaptable aux spécificités du corpus présenté. Plusieurs éléments ont été déterminants dans le choix de cette nouvelle option : les recommandations de la science ouverte avec un code logiciel libre ; une communauté francophone très impliquée dans le développement du logiciel et sa conformité aux formats ouverts de description (Dublin-Core) et d’export des données. Il s’agit en effet d’un système de gestion de bases de données développé en 2005 par des chercheurs en sciences humaines et sociales pour des chercheurs en sciences humaines et sociales. Outre son ergonomie, Heurist offre la possibilité de réunir l’objet et tous ses éléments descriptifs dans plusieurs champs – relatifs par exemple à la chronologie, la description iconographique, la technique de taille, etc. – et de les présenter de façon très intuitive. D’autres points ont encore joué en faveur d’Heurist : sa gratuité ; la relative facilité de mise en œuvre par des non-informaticiens grâce à une mise à disposition de l’application dans l’offre de services de l’Infrastructure de recherche Huma-Num 14 ; la perspective d’une interopérabilité avec des réservoirs connexes grâce à des connecteurs avec le logiciel Zotero pour l’intégration de la bibliographie, avec le logiciel Opentheso pour le liage avec le thésaurus Pactols 15 – que l’équipe a adopté comme vocabulaire de référence – et la récupération sur Heurist de données et de métadonnées déposées sur l’entrepôt de données Nakala – par le biais de Digital Object Identifier-DOI ; enfin la possibilité de définir des niveaux d’autorisation différents pour un travail collaboratif sécurisé.

  • 16  L’ingénieure a rédigé deux documents : un premier vadémécum Heurist de vingt-quatre pages, qui rap (...)

12Trois ingénieurs d’études ont été recrutés pour réaliser cette phase du projet. Amélie Roger a eu pour principale mission de concevoir et de développer la base de données SATHMA avec le logiciel Heurist (fig. 6), mettant en œuvre la création de son arborescence en collaboration avec les membres du projet SATHMA, puis celle de l’ensemble des tables et de l’infrastructure de la base de données 16.

Fig. 6 – Exemple de notice dans la base de données du Corpus SATHMA sous Heurist (capture d’écran).

Fig. 6 – Exemple de notice dans la base de données du Corpus SATHMA sous Heurist (capture d’écran).
  • 17  https://corpussathma.hypotheses.org/.
  • 18  Voir, par exemple, le billet de Damien Strzelecki, « Une base de données portant sur la sculpture (...)

13Outre la création attendue par les deux financeurs d’un carnet de recherche Hypothèses 17 (fig. 7), auquel ont ensuite contribué d’autres membres de l’équipe 18, Aurélie Devillechaise s’est chargée la normalisation des données, en constituant avec Blandine Nouvel (CNRS-Centre Camille Jullian & Frantiq) des listes de vocabulaire intégrées dans les menus déroulants de la future base.

Fig. 7 – Capture d’écran du Carnet Hypothèses du projet SATHMA.

Fig. 7 – Capture d’écran du Carnet Hypothèses du projet SATHMA.
  • 19  Ces références bibliographiques ont été extraites des thèses d’Anne Flammin (Nouvelle-Aquitaine, C (...)
  • 20  https://www.zotero.org/groups/5018505/corpus_sathma/library.

14Ces listes de familles d’objets, de types d’objets, de représentations iconographiques, d’outils, de techniques, de matériaux ont fait l’objet de classements et de définitions. Le vocabulaire ainsi rassemblé a été aligné sur le thésaurus Pactols pour une mise à niveau des normes d’interopérabilité du Web sémantique : les termes employés sont venus préciser les définitions des concepts du thésaurus Pactols existants ou les compléter par l’ajout de nouveaux mots-clés. Puis Aurélie Devillechaise a procédé à la collecte des bibliographies relatives aux sculptures de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge par la centralisation de toutes les références généralistes comme spécifiques 19. L’ensemble de ces données, qui recense à ce jour 3 047 références, a été saisi sur la plateforme Zotero selon ses normes bibliographiques (fig. 8) 20.

Fig. 8 – Capture d’écran de la bibliographie SATHMA sous Zotero.

Fig. 8 – Capture d’écran de la bibliographie SATHMA sous Zotero.

15Enfin, Damien Strzelecki a contribué aux modifications de la base de données, à son enrichissement, ainsi qu’au stockage des clichés des objets du corpus dans l’entrepôt numérique de données Nakala (fig. 9).

Fig. 9 – Capture d’écran d’une image des archives du fonds du Louvre déposée dans l’entrepôt de données Nakala.

Fig. 9 – Capture d’écran d’une image des archives du fonds du Louvre déposée dans l’entrepôt de données Nakala.

16Ces photos (plus de 12 000) sont organisées sous forme de collections déterminées selon le fonds et selon le numéro d’INSEE de la commune de provenance de l’objet photographié – plus de 850 collections. Il a également été possible d’établir une relation entre Nakala et Heurist avec un External lookup. Cette interopérabilité permet de déposer et de décrire les données principales du projet et de les rendre faciles à trouver, accessibles et réutilisables sous certaines conditions décrites dans Nakala, tout en permettant un emploi direct dans Heurist.

  • 21  https://heurist.huma-num.fr/Corpus_Sathma/web/15681/17700.

17En dernier lieu, après le travail de transposition fourni en quelques mois par Manon Sauvage-Cerisier, aujourd’hui post-doctorante, qui en a développé les interfaces de production et de consultation, la base de données Heurist est désormais disponible en ligne sous la forme du site Web SATHMA 21 (fig. 10a-b et 11a-c).

Fig. 10a et 10b – Page d’accueil et de présentation du projet sur le site internet du Corpus SATHMA en ligne depuis novembre 2024 (captures d’écran).

Fig. 10a et 10b – Page d’accueil et de présentation du projet sur le site internet du Corpus SATHMA en ligne depuis novembre 2024 (captures d’écran).

Fig. 11a, 11b et 11c – Exemples de notices en ligne validées du Corpus SATHMA (captures d’écran) : 11a. notice illustrée par une fiche du fonds du Louvre (fragment de sarcophage) ; 11b. notice illustrée par une image noir et blanc du fonds du Louvre (chapiteau) ; 11c. notice fondée sur une découverte récente avec photo couleur (fragment d’arc de pergola).

Fig. 11a, 11b et 11c – Exemples de notices en ligne validées du Corpus SATHMA (captures d’écran) : 11a. notice illustrée par une fiche du fonds du Louvre (fragment de sarcophage) ; 11b. notice illustrée par une image noir et blanc du fonds du Louvre (chapiteau) ; 11c. notice fondée sur une découverte récente avec photo couleur (fragment d’arc de pergola).
  • 22  Voir P. Chevalier, A. Flammin, P.-Y. Le Pogam, C. Sapin et A.-B. Mérel-Brandenburg, « Le projet SA (...)

18Elle a été lancée officiellement lors de la journée d’études qui s’est tenue à la Maison des sciences de l’Homme de Lyon le 22 novembre 2024 22 (fig. 12), où onze communications (fig. 13) en comptant les deux introductions et une conclusion – hybride, puisque notre collègue Alain Dierkens l’a faite en ligne depuis Bruxelles – ont permis d’exposer l’héritage scientifique duquel nous sommes partis, les travaux pionniers suivis par toutes les étapes de notre démarche et par ses tout derniers résultats, ainsi que des exemples montrant la variété et l’intérêt des études futures – monographiques ou de détail autant que thématiques ou synthétiques –, rendues possibles et renouvelées par le Corpus SATHMA, à l’échelle de la France, mais dans une réflexion inévitablement européenne.

Fig. 12 – Affiche de la journée d’études SATHMA du 22 novembre 2024.

Fig. 12 – Affiche de la journée d’études SATHMA du 22 novembre 2024.

Fig. 13 – Vue de l’une des communications de la journée d’études SATHMA du 22 novembre 2024 (A.-B. Mérel-Brandenburg et A. Devillechaise).

Fig. 13 – Vue de l’une des communications de la journée d’études SATHMA du 22 novembre 2024 (A.-B. Mérel-Brandenburg et A. Devillechaise).

19Outre toutes les multiples requêtes cartographiées ou non qu’offre le site Web en accès libre, il affiche quelques avertissements d’usage. Le lecteur notera d’emblée que la base de données SATHMA n’est pas un produit fini : plusieurs milliers de fiches sont en ligne, mais autant attendent d’être validées par l’équipe, elles n’apparaîtront sur le site qu’à l’issue de cette validation. Elle continue donc très régulièrement à être enrichie. Elle intégrera également les nouvelles découvertes archéologiques. Ce corpus numérique, diffusé auprès des chercheurs, des étudiants, des professionnels du patrimoine et de l’archéologie et d’un large public, est souvent inédit. Il constitue une forme de publication de travaux de recherche et doit être considéré comme un catalogue imprimé, dans le respect des auteurs qui en assurent la conception et la rédaction – les modalités de citation sont dûment expliquées. Cette base de données se veut également collaborative : toute personne susceptible d’apporter de nouveaux éléments – objets inédits, mises à jour, photos libres de droits, références bibliographiques actualisées ou toute autre modification – est invitée à nous faire part de sa contribution par le biais du formulaire de contact fourni sur le site.

4. Épilogue ou perspectives

20L’originalité de la démarche qui anime l’équipe SATHMA (fig. 14) tient dans la publication scientifique en ligne, dans un espace collaboratif, des données concernant la sculpture de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, encore trop rarement étudiée et dispersée dans les musées, les dépôts archéologiques, les collections privées, les églises... en France, voire parfois à l’étranger.

Fig. 14 – Les membres de l’équipe présents à la journée d’études SATHMA du 22 novembre 2024.

Fig. 14 – Les membres de l’équipe présents à la journée d’études SATHMA du 22 novembre 2024.

21Le programme SATHMA l’éclairera d’une part sur la longue durée (ive-xe siècles), dans toute sa diversité – liturgique, architecturale, funéraire – et sa matérialité augmentée par l’apport de l’archéométrie et des sciences expérimentales – caractérisation des matériaux : pierre, terre cuite, stuc, bois, etc. ; photogrammétrie… –, d’autre part en améliorant sa contextualisation spatiale et temporelle grâce à l’interopérabilité avec des bases de données qui éclaireront les contextes de découverte. Enfin, le but du projet est aussi de sensibiliser la communauté des chercheurs et leurs institutions de tutelle – universités, musées, laboratoires de recherche, opérateurs d’archéologie préventive, services du ministère de la Culture et de l’Inventaire, etc. – de l’intérêt d’intégrer et d’approfondir les études sur la sculpture de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge pour en (re)découvrir la richesse, ainsi que celui de poursuivre et de s’investir dans ce programme, aujourd’hui opérationnel grâce à la base de données SATHMA.

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Notes

1  https://care.huma-num.fr/care/index.php?title=Accueil. Voir P. Chevalier, J. Crochat, A. Flammin, P.-Y. Le Pogam, A.-B. Mérel-Brandenburg, A. Millereux et C. Sapin, « Le projet CARE-France : dernières avancée et extension de la base de données en ligne au domaine de la sculpture », in G. P. Brogiolo, J.-P. Caillet, P. Chevalier, S. Mustač, M. Jurković et C. Sapin (éd.), CARE (Corpus Architecturae Religiosae Europeae) – Meaning and Use of Corpora, Zagreb, 2018 (Hortus Artium Medievalium, 24), p. 8-13.

2  Voir par exemple, P. Chevalier et C. Sapin, « ANR Corpus architecturae religiosae europeae [CARE], saec. IV-X », Bulletin du Centre d’études médiévales d’Auxerre, 15 (2011), en ligne [https://journals.openedition.org/cem/11944].

3  VII, 7 – La diocesi di Roma. La III regione ecclesiastica, 2015, Claudia Barsanti, Roberta Flaminio, Alessandra Guiglia.

4  À l’adresse suivante : https://corpus.awh.durham.ac.uk/.

5  D. Fossard, M. Vieillard-Troïekouroff et É. Chatel, Recueil général des monuments sculptés en France pendant le haut Moyen Âge (ive-xe siècles), t. 1 (Paris et son département), Paris, 1978 ; É. Chatel, ibid., t. 2 (Isère, Savoie et Haute-Savoie), Paris, 1981 ; J. Sirat, ibid., t. 3 (Val-d’Oise et Yvelines), Paris, 1984 ; C. Deroo, M. Durliat et M. Scellès, t. 4 (Haute-Garonne), Paris, 1987.

6  Actes publiés sous la direction de A.-B. Mérel-Brandenburg et P.-Y. Le Pogam, éd. en ligne [https://journals.openedition.org/cel/16383]. Une partie des communications a été filmée à l’auditorium du Louvre, dont certaines sont accessibles en ligne [https://www.louvre.fr/louvreplus/classique-et-barbare-0] : « Classique et barbare », la sculpture de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge (ive-xe siècles) du corpus aux humanités numériques.

7  M.-P. Flèche, Recherches sur les monuments sculptés du Haut Moyen Âge dans le Nord de la Gaule, doctorat d’histoire de l’art et archéologie, dir. N. Duval, Paris IV-Sorbonne, 1990 ; A. Flammin, Recherches sur la sculpture du vie au xe siècle entre Loire et Gironde, doctorat d’histoire de l’art, dir. P. Skubiszewski, Poitiers, 1999 ; A.-B. Mérel-Brandenburg, La sculpture de l’Antiquité tardive en Languedoc méditerranéen et Roussillon (ive-viiie s.), doctorat d’histoire de l’art, dir. F. Baratte, Paris-IV Sorbonne, 2007 ; L. Foulquier, Dépôts lapidaires, réutilisations et remplois. Pour une nouvelle approche de la christianisation et des sanctuaires de l’ancien diocèse de Clermont au Moyen Âge, doctorat d’histoire de l’art, dir. B. Phalip, Université Clermont Auvergne, 2008 ; J. Crochat, Le mobilier liturgique dans les diocèses médiévaux de Grenoble, Lyon et Vienne à l’époque carolingienne, master 2 d’histoire de l’art et archéologie, dir. A. Baud, Lyon 2-Lumière, 2015.

8  Les archives de Jean Cabanot ont fait l’objet d’un don au laboratoire Ausonius à Bordeaux : 1 870 occurrences ont été répertoriées par Léopoldine Lecler, encadrée par Aurélia Braud, responsable des numérisations, et Julien Baudry, responsable du service d’appui à la recherche et productions scientifiques de l’université de Bordeaux Montaigne. Les 1 440 occurrences du fonds de Gilbert-Robert Delahaye (1943-2022) sont, quant à elles, déposées aux Archives départementales de la Seine-et-Marne à Provins.

9  https://colemon.huma-num.fr/.

10  https://pop.culture.gouv.fr/.

11  En 2023, le projet SATHMA, après la réponse à un appel à projet porté par Bénédicte Mérel-Brandenburg de l’École du Louvre, a reçu une dotation d’un montant de 55 000 euros de la Fondation des sciences du patrimoine. Ce travail a ainsi bénéficié d'une aide de l'État gérée par l'Agence Nationale de la Recherche au titre du programme d'investissements d'avenir intégré à France 2030, portant la référence ANR-17-EURE-0021 – École Universitaire de Recherche Paris Seine Humanités, Création, Patrimoine – Fondation des sciences du patrimoine.

12  En 2022, le projet SATHMA, lauréat de l’appel à projet du Groupement d’intérêt scientifique Collex-Persée a été doté de 95 000 euros. Cet appel à projet a été conjointement présenté par Anne Flammin de l’UMR 5138-ArAr et Blandine Nouvel de l’UMR 7299-Centre Camille Jullian.

13  Si le projet a en effet été commencé sur le modèle informatique à interface Wiki, élaboré par le laboratoire Le2i de l’université de Dijon, qui avait fait ses preuves dans le programme européen CARE, le logiciel de base de données Heurist, que favorise désormais l’infrastructure de recherche Huma-Num, s’est ensuite imposé.

14  https://heurist.huma-num.fr/heurist/startup/.

15  Créé par Frantiq – Fédération et ressources sur l’Antiquité constituée en groupement de service du CNRS n° 3378 (réunissant une cinquantaine d’UMR du CNRS, des services du ministère de la Culture, des musées d’archéologie, des collectivités territoriales et d’autres établissements publics) – le thésaurus Pactols est un vocabulaire contrôlé, normalisé et multilingue pour l’archéologie, depuis la préhistoire jusqu’à la période contemporaine, ainsi que pour les sciences de l’Antiquité. Il se présente comme un réservoir de mots-clés contrôlés et multilingues, utilisable comme référentiel thématique par des revues académiques, des bases de données scientifiques comme la nôtre, des programmes de valorisation patrimoniale, etc. : https://pactols.frantiq.fr/index.xhtml.

16  L’ingénieure a rédigé deux documents : un premier vadémécum Heurist de vingt-quatre pages, qui rappelle les moyens et les procédures pour se connecter à la base, les choix et la structure de la base de données, et un second pour le mode « utilisateurs », ceux qui participeront à la saisie des données.

17  https://corpussathma.hypotheses.org/.

18  Voir, par exemple, le billet de Damien Strzelecki, « Une base de données portant sur la sculpture de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge », in Corpus SATHMA, 26 octobre 2023, en ligne [https://corpussathma.hypotheses.org/463].

19  Ces références bibliographiques ont été extraites des thèses d’Anne Flammin (Nouvelle-Aquitaine, Centre-Val de Loire), de Marie-Pascale Flèche-Mourgues (Hauts-de-France), d’Anne-Bénédicte Mérel-Brandenburg (Occitanie), ainsi que des travaux de Pierre-Yves Le Pogam et Christian Sapin.

20  https://www.zotero.org/groups/5018505/corpus_sathma/library.

21  https://heurist.huma-num.fr/Corpus_Sathma/web/15681/17700.

22  Voir P. Chevalier, A. Flammin, P.-Y. Le Pogam, C. Sapin et A.-B. Mérel-Brandenburg, « Le projet SATHMA : les sculptures en ligne », Archéologia, 636 (novembre 2024), mis en ligne sur le site Actu-culture.com (rubrique Archéologie/Fouilles et découvertes), post du 23 novembre 2024, en ligne [https://www.actu-culture.com/archeologie/le-projet-sathma-les-sculptures-en-ligne/].

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Table des illustrations

Titre Fig. 1 – Ambon provenant de l’abbaye de l’Île-Barbe à Lyon, conservé au musée des Beaux-Arts de Lyon (cl. J. Crochat).
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-1.jpg
Fichier image/jpeg, 1,7M
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-2.jpg
Fichier image/jpeg, 1,5M
Titre Fig. 3 – Sarcophage dit « du Lege Filiciter » (cl. A.-B. Mérel-Brandenburg).
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-3.jpg
Fichier image/jpeg, 594k
Titre Fig. 4 – Couverture des volumes 1 et 3 du Recueil des monuments sculptés en France (ive-xe siècles).
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-4.jpg
Fichier image/jpeg, 1,9M
Titre Fig. 5 – Vues des archives conservées au département des sculptures du musée du Louvre (cl. A.-B. Mérel-Brandenburg).
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-5.jpg
Fichier image/jpeg, 1,5M
Titre Fig. 6 – Exemple de notice dans la base de données du Corpus SATHMA sous Heurist (capture d’écran).
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-6.jpg
Fichier image/jpeg, 872k
Titre Fig. 7 – Capture d’écran du Carnet Hypothèses du projet SATHMA.
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-7.jpg
Fichier image/jpeg, 1,0M
Titre Fig. 8 – Capture d’écran de la bibliographie SATHMA sous Zotero.
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-8.jpg
Fichier image/jpeg, 414k
Titre Fig. 9 – Capture d’écran d’une image des archives du fonds du Louvre déposée dans l’entrepôt de données Nakala.
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-9.jpg
Fichier image/jpeg, 404k
Titre Fig. 10a et 10b – Page d’accueil et de présentation du projet sur le site internet du Corpus SATHMA en ligne depuis novembre 2024 (captures d’écran).
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-10.jpg
Fichier image/jpeg, 1,2M
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-11.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Fig. 11a, 11b et 11c – Exemples de notices en ligne validées du Corpus SATHMA (captures d’écran) : 11a. notice illustrée par une fiche du fonds du Louvre (fragment de sarcophage) ; 11b. notice illustrée par une image noir et blanc du fonds du Louvre (chapiteau) ; 11c. notice fondée sur une découverte récente avec photo couleur (fragment d’arc de pergola).
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-12.jpg
Fichier image/jpeg, 1,2M
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-13.jpg
Fichier image/jpeg, 1,2M
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-14.jpg
Fichier image/jpeg, 930k
Titre Fig. 12 – Affiche de la journée d’études SATHMA du 22 novembre 2024.
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-15.jpg
Fichier image/jpeg, 3,4M
Titre Fig. 13 – Vue de l’une des communications de la journée d’études SATHMA du 22 novembre 2024 (A.-B. Mérel-Brandenburg et A. Devillechaise).
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-16.jpg
Fichier image/jpeg, 1,1M
Titre Fig. 14 – Les membres de l’équipe présents à la journée d’études SATHMA du 22 novembre 2024.
URL http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/23515/img-17.jpg
Fichier image/jpeg, 1,3M
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Pour citer cet article

Référence électronique

Pascale Chevalier, Aurélie Devillechaise, Anne Flammin, Cécile Gourhand, Pierre-Yves Le Pogam, Anne-Bénédicte Mérel-Brandenburg, Arnaud Millereux, Blandine Nouvel, Amélie Roger, Vincent Rousseau, Christian Sapin, Manon Sauvage-Cerisier et Damien Strzelecki, « Un recueil numérique pour la sculpture de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, le projet SATHMA »Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA [En ligne], 29.1 | 2025, mis en ligne le 15 juillet 2025, consulté le 20 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/cem/23515 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14ehw

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Auteurs

Pascale Chevalier

Université Clermont Auvergne – CHEC UPR 1001

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Archéologue contractuelle

Anne Flammin

UMR 5138-ArAr Lyon

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Musée du Louvre, département des sculptures

Anne-Bénédicte Mérel-Brandenburg

Centre de recherche de l’École du Louvre

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MSH Dijon

Blandine Nouvel

UMR 7299-CCJ Aix Marseille Université, MMSH

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Service Archéologie de la ville de Lyon

Vincent Rousseau

Musée du Louvre, département des sculptures

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Droits d’auteur

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