Formes et fonctions des habitats groupés du haut Moyen Âge (ve-xie siècles) entre Loire et Saône
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Mots-clés :
Bourgogne, Antiquité tardive, haut Moyen Âge, village, habitat groupé, site de hauteur, peuplement, église, cimetière, artisanatPlan
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Historique
Reçu : 29 janvier 2026 – Accepté : 29 mars 2026
Texte intégral
1. Introduction : aux origines d’une recherche doctorale
- 1 É. Peytremann, Archéologie de l’habitat rural dans le nord de la France du ive au xiie siècle, Sain (...)
1La découverte et l’étude par l’archéologie de plusieurs milliers d’établissements du haut Moyen Âge en France depuis les années 1970 constituent un changement de paradigme majeur dans l’histoire de la recherche sur les sociétés post-antiques. Cette révolution a été engendrée et permise par la mise en œuvre d’un suivi plus systématique des travaux d’aménagements du territoire, la mécanisation des décapages préliminaires, mais aussi une meilleure prise en compte de l’architecture en terre et bois. Plus largement, ces basculements méthodologiques illustrent un regain d’intérêt pour l’étude de l’habitat et des systèmes de peuplement du haut Moyen Âge1.
- 2 J. Chapelot et R. Fossier, Le village et la maison au Moyen Âge, Paris, 1980 ; é. Zadora-Rio, « Le (...)
- 3 L. Schneider, « De la fouille des villages abandonnés à l’archéologie des territoires locaux. L’étu (...)
- 4 Le terme apparaît sous la plume de Christian Goudineau en 1980 ; P.-A. Février, M. Fixot, C. Goudin (...)
- 5 Voir par exemple les actes d’un colloque centré sur le thème du vicus, parus en 1976 ; R. Chevallie (...)
- 6 N. Mahé-Hourlier et S. Poignant (dir.), Archéologie du village, archéologie dans le village dans le (...)
2Sans revenir sur les débats touchant à l’interprétation des occupations révélées par l’archéologie et le blocage sémantique sur la notion de village au haut Moyen Âge rencontré à partir des années 19802, les archéologues médiévistes se sont concentrés sur la notion d’habitat rural. Celle-ci s’est avérée tout à fait adaptée pour qualifier les vestiges rencontrés dans leur diversité, mais a parfois eu tendance à enfermer quelque peu la discipline. Ce faisant, dans des régions méridionales et souvent au relief prononcé, l’étude des habitats perchés a montré de nettes distinctions entre les établissements et mis l’accent sur le fonctionnement en réseau de ces lieux de peuplement3. Ces expériences avaient tendance à rejoindre les travaux des antiquisants, plus avancés dans la catégorisation et la hiérarchisation des habitats groupés à travers l’usage ouvert du concept d’agglomération secondaire4, ceux-ci bénéficiant par ailleurs d’une plus ample profondeur historiographique dans leurs recherches5. Enfin, le développement de l’archéologie villageoise, où les archéologues explorent parcelle après parcelle le sous-sol des sites de peuplement actuels6, constitue une évolution notable dans la recherche archéologique, illustrée en Bourgogne par le cas de Sevrey, village de potiers dont l’exploration démarre dès les années 1970 (fig. 1).
Fig. 1 – Localisation des opérations archéologiques réalisées dans le village de Sevrey au début de l’année 2026, reportées sur le cadastre de 1830. Les références des opérations sont les rapports ou les publications en l’absence de rapport (A. Guicheteau, Archives départementales de Saône-et-Loire).
- 7 L. Schneider, « Le territoire de l’archéologue et l’archéologie des territoires médiévaux », in B. (...)
- 8 M. Chaume, Les origines du Duché de Bourgogne, Dijon, 1925-1937.
- 9 A. Déléage, La vie économique et sociale de la Bourgogne dans le haut Moyen-Âge, Mâcon, 3 vol., 194 (...)
- 10 G. Duby, La société aux xie et xiie siècles dans la région mâconnaise, Paris, 1953.
- 11 O. Bruand, Les origines de la société féodale. L’exemple de l’Autunois (France, Bourgogne), Dijon, (...)
3Les questions touchant au classement des établissements ont été au cœur de ce travail doctoral, dont l’aire d’étude embrasse une large part de l’ancienne région administrative de Bourgogne. L’espace concerné par la recherche couvre la majeure partie des actuels départements de la Côte-d’Or, de la Nièvre et de la Saône-et-Loire. Cet ensemble est relativement cohérent du point de vue géographique et historique, des cités antiques d’Autun et de Langres au duché des Bosonides en passant par le royaume mérovingien de Bourgogne. La cohérence se trouve surtout sur un plan personnel, dans la mesure où cet espace est un véritable « territoire parcouru7 » par la propre expérience du doctorant. La thèse se fonde principalement sur les sources archéologiques, foisonnantes et largement inédites, mais s’appuie également sur la documentation textuelle, dont la richesse dans l’espace étudié est à souligner d’autant plus qu’elle est, pour l’essentiel, accessible sur le site du CBMA. Elle est à l’origine de la belle tradition de recherche historique sur le monde rural bourguignon au Moyen Âge, illustrée par les travaux de Maurice Chaume8, André Déléage9, Georges Duby10 ou Olivier Bruand11. Numismatique, toponymie, voire épigraphie, constituent également d’autres sources convoquées, mais, bien évidemment, dans une moindre mesure, compte tenu des données disponibles pour la période concernée par l’enquête.
4Une soixantaine de sites ont été considérés dans la recherche, en fonction de la qualité et de la disponibilité des données (fig. 2). Le corpus ainsi établi a permis d’atteindre une certaine représentativité dans la catégorisation des établissements.
Fig. 2 – Localisation des habitats groupés du haut Moyen Âge en Bourgogne pris en compte dans le cadre de la thèse (A. Guicheteau).
5Bien sûr, l’accent a été mis sur les dossiers inédits ou plus directement examinés, notamment les travaux réalisés sur les sites de Sevrey, Coulanges-lès-Nevers et Mesmont. Le raisonnement se fonde sur trois grands axes : étudier des vestiges archéologiques et leur organisation ; considérer les questions touchant aux trajectoires des sites durant un long haut Moyen Âge, du ve au xie siècle ; enfin interroger la place des différents types d’habitat groupé dans l’évolution des systèmes de peuplement.
- 12 C. Sapin, « Oratoires et chapelles, domus et villae. Une origine des monastères », Bulletin du Cent (...)
6La définition retenue d’un habitat groupé est assez large, au sens où a été considéré l’ensemble des occupations entre la simple exploitation agropastorale et la cité épiscopale. En outre, les occupations repérées en contexte de centre-bourg, souvent mal caractérisées du fait d’interventions limitées, ont également été considérées afin de prolonger les réflexions sur l’origine des villages actuels. Les monastères n’ont pas été intégrés à l’analyse. Leur spécificité apparaît d’ailleurs nettement à travers l’importance de l’historiographie qui leur est consacrée en Bourgogne, même si les établissements antérieurs aux fondations monastiques ont été pris en compte12.
2. Archéologie des habitats groupés du haut Moyen Âge
- 13 é. Peytremann (dir.), En marge du village : la zone d’activités spécifiques et les groupes funérair (...)
- 14 Rejoignant peut-être ainsi un constat dressé pour le nord de l’Auvergne ; J. Chamoillaux, « La prod (...)
- 15 R. Carme et Y. Henry, « L’ensilage groupé et les campagnes du premier Moyen Âge dans le Toulousain (...)
7L’étude s’attache à l’analyse des composantes des habitats et de leur organisation. Si le panel des structures rencontrées s’accorde dans ces grandes lignes avec ceux d’autres régions, l’analyse du corpus appelle néanmoins plusieurs remarques. Les cabanes excavées sont ainsi bien moins fréquentes que dans d’autres régions, notamment dans le nord-est de la France actuelle13. De même, si le stockage par silo excavé est bien attesté, l’archéologie n’a pas mis au jour ces vastes aires d’ensilages14, observées par exemple dans le sud de la France15.
8La reconnaissance régulière de niveaux de remblais et la mise en évidence de phénomènes de stratification peuvent être soulignées. Elles s’expliquent pour partie par la conservation des vestiges, a fortiori lorsque les contextes d’intervention sont favorables, par exemple en cœur de villages actuels, mais aussi peut-être par une certaine densité et intensité des occupations, qui transparaît par la quantité de déchets produits et de matériaux mis en œuvre.
- 16 P. Chopelain, A. Guicheteau, V. Jolly et P.-H. Tilmant, « L’habitat rural du haut Moyen Âge dans le (...)
- 17 A. Baud et C. Sapin, Cluny : les origines du monastère et de ses églises, Paris, 2019.
- 18 N. Roiné, « Pannecot-Limanton (Nièvre). Église d’Anizy », Archéologie médiévale, 23 (1993), p. 387- (...)
- 19 A. Guicheteau et R. Labeaune, « Le site de la Montagne de Saint-Laurent à Mesmont : des origines au (...)
9Surtout, l’archéologie montre un emploi récurrent de la pierre dans l’architecture, même si la terre et le bois sont des matériaux omniprésents et dominants dans le bâti, notamment en contexte de plaine alluviale, où le sous-sol est limono-sableux. La pierre est employée dans la construction religieuse bien sûr, mais aussi civile, à la fois pour la confection de solins dans des régions où la pierre est facilement accessible16, notamment sur les reliefs et plateaux bourguignons, mais aussi dans les élévations. L’usage du mortier de chaux et des terres cuites architecturales peut également être souligné. Il suggère d’emblée une certaine stratigraphie sociale au sein des habitats groupés, puisque l’emploi de ces matériaux est plutôt l’apanage de groupes privilégiés, à même de contrôler et d’employer des artisans qualifiés et d’assumer un coût de production plus élevé. Les vestiges de la domus villae dégagés sous l’abbaye de Cluny sont à cet égard emblématiques17, sans pour autant constituer un unicum, comme le montrent d’autres découvertes, par exemple sur le site d’Anizy à Limanton18 ou sur celui de la Montagne de Saint-Laurent à Mesmont19 (fig. 3).
Fig. 3 – Le bâtiment G5 des vie-viie siècles du site de la Montagne de Saint-Laurent à Mesmont. Il recoupe un petit édifice, daté, lui, du ve siècle (J. Berthet et A. Guicheteau).
- 20 L. Bourgeois, « En guise de conclusion. Catalogues de mobilier et approche matérielle des cultures (...)
- 21 S. Hurard, « Réflexions sur les marges du village alto-médiéval ou la marginalité des élites rurale (...)
10Ce constat transparaît également dans la culture matérielle, même si le manque de référentiels publiés dans la région et au-delà limite encore les interprétations20. La présence de quelques objets supposés relever de la sphère élitaire ou privilégiée est parfois surinterprétée, sans doute du fait d’un manque de recul par rapport à la massification des lots d’objets métalliques liée à la systématisation de l’emploi du détecteur à métaux. C’est bien, en effet, l’assemblage de plusieurs types de mobiliers qui semble être significatif : abondance de la vaisselle en verre, céramiques d’importation, assemblage faunique suggérant la surreprésentation de la sauvagine ou d’une viande de qualité, monnaies, matériel d’écriture et d’équitation, etc. Cela étant, ce bilan succinct tend à montrer que l’habitat groupé est aussi le lieu d’une certaine hétérogénéité sociale et souligne également la diversité des élites du haut Moyen Âge21.
- 22 C. Dunikowski, Le gisement paléosidérurgique, Volesvres « Les Trois Vernats », 715900002 Saône-et-L (...)
- 23 A. Guicheteau, A. Ahü-Delor, A. Beaudet, C. Brun, A.-L. Bugnon, D. Cambou, S. Coubray, G. Daoulas, (...)
11Les activités agropastorales prédominent, a priori dans un large panel de sites proches du monde rural et qualifiables de villages dans une définition ouverte, aux côtés d’activités artisanales, exercées dans un cadre sans doute domestique, comme le tissage, ou les travaux de forge, notamment ceux liés à la réparation des objets, rencontrés sur la plupart des occupations. Les indices d’artisanat plus spécifique, comme le travail du verre ou des alliages cuivreux, sont en revanche plus rarement mis au jour. Enfin, la présence de sites spécialisés dans des productions particulières est à souligner, comme l’illustre le site des Trois Vernats à Volesvres, caractérisé par l’extraction intensive du minerai de fer et la production de ce métal durant les viiie-xe siècles22, et le village de potiers de Sevrey, actifs dès la fin du ve siècle et durant tout le haut Moyen Âge, jusqu’au xixe siècle23.
12Du point de vue de la structure des habitats, le plan lâche domine dans le monde rural durant toute la période, mais apparaît aux viiie-ixe siècles la forme du village-rue. Ce type de structuration peut même suggérer une certaine planification dans l’organisation de l’habitat, comme dans le cas de Coulanges-lès-Nevers, où le toponyme renvoie au terme colonia et peut-être à une création ex nihilo (fig. 4).
Fig. 4 – Plan des vestiges des ixe-xe siècles mis au jour à Coulanges-lès-Nevers, village qualifié de villa au xe siècle (R. de Lespinasse, Cartulaire de Saint-Cyr-de-Nevers, Nevers, 1916, 13, p. 28) (A. Guicheteau).
13L’organisation des habitats de statut supérieur est plus délicate à déceler, dans la mesure où ces sites demeurent souvent très partiellement explorés, a fortiori quand il s’agit d’agglomérations actuelles. Dans ces configurations, la lecture de l’organisation spatiale des sites s’effectue à partir de l’analyse d’éléments structurants, comme les lieux de culte, les espaces funéraires ou encore les fortifications.
14Enfin, les liens entre les sépultures et les édifices cultuels sont aussi questionnés. Ils sont souvent examinés par le biais d’opérations archéologiques conduites au pied des lieux de culte actuels, généralement limitées en termes d’emprise et de moyens (fig. 5).
Fig. 5 – Vue vers le sud-ouest de tombes mises au jour au pied de la chapelle latérale sud de l’église Saint-Jean-Baptiste de Parigny-les-Vaux (cl. A. Guicheteau).
- 24 é. Peytremann et A. Pélissier, « Des morts polysémiques : les sépultures en contexte d’habitat rura (...)
- 25 D. Billoin, C. Goy avec la collaboration de é. Henrion, « Des sépultures isolées du haut Moyen Âge (...)
15L’archéologie observe fréquemment une origine des cimetières remontant aux vie-viie siècles, qui transparaît régulièrement en Bourgogne par la découverte de sarcophages trapézoïdaux, mais aussi, à compter des viiie-ixe siècles, par la densification des espaces funéraires. Ceux-ci sont sans doute alors plus systématiquement associés à des édifices de culte, même si la précocité de certains d’entre eux peut être évoquée. Ce processus est notamment perceptible grâce à la multiplication des analyses de datation au radiocarbone. En corollaire de ce constat, le phénomène des sépultures implantées en dehors des grands ensembles funéraires, souvent localisées en marge de l’habitat au sein des simples établissements ruraux comme des habitats groupés, et largement reconnu par les archéologues en contexte rural24 comme urbain25, tend à se raréfier à partir du xe siècle, sans pour autant totalement disparaître.
3. Trajectoires et temporalités des établissements
- 26 P. Nouvel et S. Venault, « Les agglomérations du Centre-Est de la Gaule : quel devenir durant l’Ant (...)
- 27 B. Saint-Jean Vitus, Tournus : le castrum, l’abbaye, la ville, xie-xve siècles et prémices : analys (...)
16L’examen du devenir des formes d’habitat antique apparaît nécessaire pour mieux souligner l’évolution des formes des établissements du haut Moyen Âge. La continuité d’occupation de bien des agglomérations secondaires antiques se caractérise généralement par une contraction de l’espace occupé26, voire par un déplacement progressif au profit d’un nouveau pôle, qui peut être fortifié. Le cas des castra du Val de Saône, comme Beaune ou Tournus27, peut ainsi être souligné, de même que le repli de l’agglomération de Decize sur l’île cernée de deux bras de la Loire. Il ressort de l’étude une certaine diversité dans l’évolution de ces sites, où l’étiolement et la multipolarité peuvent conduire de la disparition pure et simple à un essor urbain en passant par la « ruralisation » progressive, témoignant de la recomposition des réseaux de peuplement au cours du haut Moyen Âge.
- 28 A. Guicheteau, « Archéologie du village dans le Chalonnais : du triptyque cimetière/église/habitat (...)
17Les trajectoires des vastes établissements ruraux antiques de fort statut, au plan généralement caractérisé en Bourgogne par une partie résidentielle ouvrant sur une vaste cour abritant des bâtiments standardisés voués à l’exploitation du domaine, sont également considérées, dans la mesure où plusieurs de ces établissements servent d’ancrage à l’apparition d’un habitat groupé. Ces lieux sont parfois encore occupés aujourd’hui par des villages ou des bourgs, l’exemple de Granges en Saône-et-Loire étant emblématique de ce type de destin28.
18Au-delà des questionnements touchant au devenir des sites antiques durant le haut Moyen Âge, ce travail doctoral a mis en avant l’émergence à compter du ve siècle de deux phénomènes majeurs dans les formes de peuplement que sont le perchement de l’habitat ou d’une partie de ses composantes, notamment un pôle élitaire et/ou funéraire et cultuel, et l’apparition puis la généralisation du village, peut-être un peu plus tardive que le développement des sites perchés.
- 29 D. Martinez, « L’église paléochrétienne de l’établissement fortifié de hauteur de La Couronne à Mol (...)
19Le renouveau des habitats perchés en Bourgogne, là où le relief est marqué, est un processus désormais largement attesté, même si la diversité des établissements de hauteur reste à évaluer plus précisément. Si certains sites semblent en effet correspondre à des établissements aristocratiques29 et annoncent, dans une certaine mesure, le château féodal, d’autres, en revanche, comme celui de la Montagne de Saint-Laurent à Mesmont, s’apparentent à de véritables agglomérations perchées, fortement structurées (fig. 6).
Fig. 6 – État des connaissances sur l’occupation des ve-viiie siècles sur le site de la Montagne de Saint-Laurent à Mesmont (A. Guicheteau).
- 30 S. Grappin, « Saint-Romain. Recherches sur l’histoire rurale médiévale », Mémoires de la Commission (...)
- 31 C. Sapin et N. Deflou-Leca, « Saint-Valentin de Griselles : du culte érémitique à la fondation mona (...)
- 32 A. Barthélemy, Fouilles de sauvetage, Jalogny (Saône-et-Loire), lieu-dit : la montagne Saint-Pierre(...)
- 33 R. Adam, « Quatre campagnes de fouilles sur le mont Châtelet : un bilan », Les annales du pays nive (...)
20Surtout, la recherche met en évidence une catégorie d’établissements où seules les composantes élitaires, religieuses et funéraires sont perchées, l’habitat, souvent au statut plus proche du monde rural, se situant en contrebas de ces pôles. Des sites, comme Saint-Romain30, Griselles31, Jalogny32 ou encore Varzy33, semblent ainsi emblématiques de ce mode de développement, où le pôle élitaire peut d’ailleurs parfois prendre le relais d’un vaste établissement aristocratique antique, localisé en plaine et abandonné au Bas-Empire.
- 34 I. Catteddu avec la collaboration de B. Clavel et M.-P. Ruas, « L’habitat rural mérovingien de Genl (...)
- 35 P. Chopelain, « Rouvres-Marliens (Côte-d’Or). Village mérovingien », Bulletin du Centre d’études mé (...)
- 36 I. Cartron, « églises et espaces funéraires ruraux du premier Moyen Âge en Gaule. Rythmes d’une tra (...)
21L’apparition dès la fin du ve siècle ou le début du vie siècle du village, habitat groupé à vocation agropastorale, puis le développement marqué de cette forme de groupement humain constitue un fait majeur dans l’évolution des formes de peuplement des campagnes. En Bourgogne, l’exemple de Genlis constitue un cas emblématique de ce type d’occupation, reconnue sur plusieurs hectares34. Le site de Marliens, sans doute plus complexe du point de vue de la chronologie et exploré pour l’essentiel par des diagnostics et des fouilles plus limitées en superficie, relève également d’un schéma semblable35. L’abandon de plusieurs de ces établissements autour du viiie siècle interroge, et s’explique peut-être par la concordance de facteurs environnementaux et sociaux. Ce mouvement pourrait aussi s’être effectué au profit de sites où l’habitat se regroupe autour d’un pôle funéraire et d’un lieu de culte, dont le développement est mesuré par les textes comme par l’archéologie36.
- 37 A. Guicheteau, « Archéologie du village dans le Chalonnais : du triptyque cimetière/église/habitat (...)
- 38 A. Poirot, « 3.1. Gueugnon/Les Gravoches (Saône-et-Loire). Un village carolingien en bordure de l’A (...)
22De fait, à partir des viiie-ixe siècles, le groupement des morts et des vivants participe pleinement à un processus de concentration de l’habitat, observé par exemple dans le Chalonnais37, où l’archéologie semble démontrer que l’habitat groupé constitue alors la norme des formes de lieu de peuplement au détriment d’établissements assimilables à une simple exploitation agropastorale. Cependant, les habitats groupés des viiie-xie siècles ne sont pas systématiquement dotés d’un pôle funéraire et ecclésial, ainsi aux Gravoches à Gueugnon38. Une vague d’abandon est également constatée par l’archéologie entre la fin du xe et le début du xie siècle, signe de nouvelles recompositions du peuplement.
4. Habitats groupés et systèmes de peuplement
- 39 Grégoire de Tours, Historia Francorum, Gregorii episcopi Turonensis libri historiarum X, éd. B. Kru (...)
- 40 A. Rauwel et C. Sapin, « ve-xiie siècle. La ville des clercs », in D. Le Page (dir.), Histoire de D (...)
- 41 J. Marilier, « Les privilèges épiscopaux de l’église de Losne (Côte-d’Or) », Mémoires de la Société (...)
23Les vastes cités d’Autun et de Langres connaissent un processus de démantèlement progressif entamé dès le Bas-Empire et qui se prolonge dans les premiers siècles du haut Moyen Âge. Il est marqué par l’émergence de cités épiscopales dans des lieux de fort statut et dont la distribution est orientée sur des axes de communication stratégiques, souvent fluviaux, comme Auxerre, Chalon-sur-Saône, Nevers et Mâcon. La documentation textuelle montre également l’émergence ou le maintien d’agglomérations, parfois anciennes comme Tonnerre, siège provisoire d’un évêque de Langres au vie siècle39, ou comme Dijon dont le statut semble réévalué au cours du Bas-Empire et qui tend à remplacer Langres comme siège épiscopal de la cité aux ve-viie siècles40. Le cas de Losne, éphémère résidence d’un évêque au viie siècle, lieu de concile mais aussi résidence du roi Clotaire II, peut également être évoqué41. Ces sites de statut élevé apparaissent fréquemment dans les sources textuelles comme des chefs-lieux de pagi.
- 42 P. Wahlen, « La basilique Sainte-Reine d’Alésia », in P. Boutry et D. Julia (dir.), Reine au Mont A (...)
- 43 M. Kasprzyk, « Les agglomérations / vici / castra du Centre-Est de la Gaule : morphologie et foncti (...)
- 44 Germanus episcopus Autisiodorensis, Vita Germani interpolata, éd. BHL 3454, AASS juillet VII, p. 20 (...)
- 45 G. Depeyrot, Le numéraire mérovingien. L’âge de l’or, t. 3 (Les ateliers centraux), Wetteren, 1998, (...)
- 46 P.-é. Poble., « Les structures territoriales qualifiées de pagus dans l’Auvergne du xe siècle », in(...)
24Le pagus peut être un territoire de traditions antérieures, ainsi celui de l’Auxois, héritier du possible peuple gaulois autonome des Mandubiens. Il s’agit d’un exemple emblématique, ce territoire et son centre, Alésia, ont été étudiés par l’archéologie depuis le xixe siècle, d’abord sous l’angle du célèbre siège mené par César. Les travaux portant sur le devenir du site durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge ont été lancés dès le début du xxe siècle par la découverte d’une vaste basilique funéraire, réexaminée par P. Walhen à la fin des années 198042. L’agglomération antique d’Alésia, chef-lieu du pagus Alisiensis, connaît un déclassement progressif, marqué d’abord par l’étiolement de son tissu urbain entamé dès le Bas-Empire43 et par le déplacement progressif de l’occupation résidentielle au niveau du village actuel d’Alise-Sainte-Reine, auprès d’une église dédiée à Saint-Léger et vraisemblablement associée à une résidence des évêques d’Autun. Une intervention archéologique limitée dans ce secteur a en effet permis de mettre au jour des segments de murs liés par un mortier de chaux sableux, associés à des niveaux ayant livré un petit lot de céramique attribuable aux ve-viie siècles. Alésia reste un lieu central avec de nombreuses fonctions polarisantes. Le site demeure encore un centre religieux aux ve-viie siècles, comme le montrent la mention d’un prêtre au ve siècle44 et l’existence d’une vaste basilique funéraire qui accueille les reliques de sainte Reine. Le statut du site transparaît également dans le qualificatif de castro associé aux émissions monétaires45. Ces fonctions sont déplacées au fil du temps sur des castra concurrents, lieux de pouvoir perchés émergents qui assument des fonctions politico-administratives, comme Semur-en-Auxois et Flavigny, où est implantée une abbaye bénédictine au début du viiie siècle et qui capte les reliques de Reine au ixe siècle. Le délitement du pagus de l’Auxois transparaît également dans l’émergence de lieux centraux concurrents, comme Pouilly-en-Auxois, contrôlant un espace qualifié lui aussi de pagus (fig. 7). L’existence d’un possible système de pagi minores, reconnu par exemple en Auvergne46, est sans doute à envisager.
Fig. 7 – Le pagus Alisensis (A. Guicheteau, d’après M. Chaume, op. cit., partie 2, fasc. 3, p. 855-866. Les mentions de lieux proviennent pour l’essentiel du cartulaire de l’abbaye de Flavigny : C. Bouchard (éd.), The Cartulary of Flavigny, 717-1113, Cambridge (Massachusetts), 1991).
- 47 T. Vergine, « Le Châtillonnais, contester et administrer un espace en marge (ixe-xiiie siècles) », (...)
- 48 Verolus presbiter Marcennacensis, Vita, translatio, miracula, éd. BHL 8547, AASS, Juin, III, col. 3 (...)
- 49 A. Guicheteau et R. Labeaune, « Le site de la Montagne… », op. cit.
25Ce mouvement se poursuit au-delà des premiers siècles du haut Moyen Âge, au gré des conflits et remaniements politiques, à l’instar du transfert de fonctions politico-administratives du Mont Lassois vers l’agglomération de Châtillon-sur-Seine au ixe siècle, site dont le statut est alors considérablement réévalué47. L’arrivée des reliques de saint Vorles, jusqu’ici conservées dans la villa de Marcenay48, qui intervient à la même période, l’illustre également. Dans le pagus du Mesmontois, l’agglomération perchée de Mesmont ne semble pas être occupée au-delà du ixe siècle, à l’exception de son pôle funéraire et sans doute d’un lieu de culte. Son abandon se fait probablement au profit du site voisin de Sombernon, qui apparaît dans les sources du xe siècle lié aux évêques de Langres49. Cette lecture de l’évolution des lieux centraux dans les territoires locaux et les différents transferts fonctionnels illustrent également l’opportunisme et le caractère évolutif des réseaux, dont les trajectoires ne sont pas linéaires.
- 50 Faute de publications récentes concernant ces deux agglomérations, nous renvoyons aux notices parue (...)
26Ces quelques cas de déclassement progressif ne sont en effet pas systémiques, puisque plusieurs exemples d’agglomérations secondaires du Haut-Empire, parfois d’origine laténienne, comme Decize ou Cosne-Cours-sur-Loire50, pourtant concernées par une contraction de l’espace occupé et sans devenir des lieux centraux importants du point de vue territorial d’après la documentation, ne semblent pas touchés par ces mouvements de déclin.
- 51 Pagus Tolvedunensis, à la fin du ixe siècle, cf. M.-C. Ragut, Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon (...)
- 52 F. Mazel, L’évêque et le territoire. L’invention médiévale de l’espace (ve-xiiie siècle), Paris, 20 (...)
27Des processus de reconfiguration sont également à l’œuvre à plus large échelle, comme le montre par exemple l’émergence en marge des cités épiscopales d’Autun et de Mâcon de plusieurs entités territoriales parfois qualifiées de pagi, comme le Brionnais, le Dunensis et le Tolvedunensis, évoqués dans des sources des ixe-xie siècles51. Ces pagi, qui apparaissent somme toute plutôt tardivement dans la documentation, sont généralement centrés sur des lieux de pouvoir comme Briant, le mont Tourvéon ou Dun, fréquemment perchés dans cette région au relief marqué. Le phénomène a pu conduire les historiens à considérer le haut Moyen Âge comme une période de déterritorialisation des espaces, dans le cadre du passage de la civitas de l’Antiquité au diocèse médiéval52. Il montre cependant l’importance de ces lieux de pouvoir situés sous l’échelon des chefs-lieux de cité dans la structuration des systèmes de peuplement à un niveau plus local.
- 53 F. Bange, « L’ager et la villa : structures du paysage et du peuplement dans la région mâconnaise à (...)
28La riche documentation écrite bourguignonne démontre le poids de la villa comme ancrage des réseaux de peuplement à l’échelle locale. Entre 350 et 400 villae sont ainsi recensées dans le Mâconnais à la fin du haut Moyen Âge, il est vrai grâce à l’exceptionnelle documentation clunisienne53. Les villae semblent presque toujours regroupées dans le niveau supérieur de l’ager, particulièrement dans le Mâconnais (fig. 8) ou le Chalonnais, ou du finis, notamment dans le Dijonnais, entité territoriale qui tend à évoluer au fil des partages et successions.
Fig. 8 – L’ager de Jalogny (A. Guicheteau). Les références des actes mentionnant les lieux figurant sur la carte sont les suivantes : Jalogny, cf. M. C. Ragut, Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon : connu sous le nom de Livre enchaîné, Mâcon, 1864, n° 52, p. 40 et n° 200, p. 129 ; Rhôdes, cf. A. Bernard et A. Bruel, Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, Paris, 1876-1903, t. 1, n° 35, p. 42 ; Nière, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 52, p. 60 ; Vaux, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 54, p. 63 ; Buillet, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 206, p. 194 ; Château, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 75, p. 84 ; Ravry, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 179, p. 168 et n° 400, p. 386 ; Brout, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 375, p. 353 et t. 2, n° 1092, p. 185 ; Saint-Léger, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 434, p. 422.
- 54 A. Guicheteau, « Archéologie du village dans le Chalonnais : du triptyque cimetière/église/habitat (...)
- 55 P. Chopelain, « De la villa au village (vie-xiie siècle) : le processus d’agglomération des habitat (...)
- 56 C. Delaplace et S. Aumard, « L’articulation entre les sources archéologiques et les sources écrites (...)
29La contribution de l’archéologie est ici essentielle dans la mesure où, lorsque les sources écrites sont disponibles, les habitats groupés à vocation agropastorale apparaissent systématiquement qualifiés de villae. Des variantes du point de vue des formes et de l’organisation selon les territoires peuvent être observées, comme le suggèrent les nombreuses découvertes de lieux de culte associés à des espaces funéraires dans le Chalonnais54, contrastant avec l’absence d’un pôle funéraire et cultuel sur des sites a priori de statut similaire dans d’autres secteurs de la Bourgogne, ainsi dans le Dijonnais55. En filigrane, la villa chef-lieu d’ager ou de finis apparaît par contre, en cette fin du haut Moyen Âge, presque systématiquement dotée d’un lieu de culte et d’un espace funéraire, et les habitats groupés de cet échelon supérieur sont appelés à devenir des chefs-lieux de paroisse à partir des xe-xie siècles. Les débuts de la morphogenèse du réseau paroissial sont d’ailleurs peut-être plus anciens, comme le suggère, par exemple, la documentation auxerroise évoquant une forme de structuration dès les vie-viie siècles56. Au-delà de ces considérations, les mentions régulières de prêtres, voire d’archiprêtres, dans les textes confirment le rôle religieux de ces villae de statut supérieur.
5. Conclusion : essai de classement et synthèse
- 57 C. Whickham, « L’identité villageoise entre Seine et Rhin 500-800 », in J.-M. Yante et A.-M. Bultot (...)
30Les processus de formation des territoires et d’émergence des sites sont sans doute relativement opportunistes, même si des logiques de regroupement des hommes, voire certaines planifications sont mises en évidence. Les documentations écrite et archéologique soulignent la valeur du modèle de la villa, lieu-territoire pour reprendre les mots de Chris Whickham57, dont la force réside dans une certaine souplesse, tant du point de vue des formes que des fonctions, adaptabilité probablement liée aux terroirs comme aux élites qui les contrôlent. La villa des textes semble correspondre à un premier échelon d’habitats groupés, désormais bien reconnus et mieux caractérisés par l’archéologie.
- 58 L. Schneider, « Les églises rurales de la Gaule (ve-viiie siècles). Les monuments, le lieu et l’hab (...)
- 59 G. Pertuisot, « Les récents apports de l’archéologie préventive à la connaissance de la formation d (...)
- 60 L. Schneider, « Du pagus aux finages castraux, les mots des territoires dans l’espace oriental de l (...)
31L’échelon supérieur du chef-lieu d’ager ou de finis, souvent qualifiée de villa, mais aussi parfois de vicus, apparaît souvent caractérisé par la présence d’une résidence élitaire, mais surtout plus systématiquement par un espace funéraire et une église. Cela étant, les dimensions et la qualité des matériaux employés dans ces lieux de culte doivent toutefois être distinguées des vastes basiliques des ve-vie siècles de sites de statut supérieur comme Mesmont ou Alésia58. Le matériel peut y être aussi plus diversifié, signe possible d’une meilleure insertion dans les réseaux économiques, et ils peuvent même apparaître comme des lieux de frappe monétaire. En outre, il n’est pas rare d’y trouver une celle monastique, ainsi à Fleurey-sur-Ouche59. Dans certains cas, ces sites peuvent être à la tête d’entités territoriales, parfois qualifiées de pagus dans la documentation textuelle, mais la réalité de cette terminologie reste alors questionnée60. Des établissements qualifiés de castra ou apparentés peuvent également être associés à cet échelon intermédiaire, et plusieurs, ainsi Volesvres, apparaissent comme centre de vicaria dans la documentation textuelle de la fin du haut Moyen Âge.
- 61 Isidore de Séville, Etymologiae, XV, De aedificiis et agris, trad. fr. J.-Y. Guillaumin, Paris, 201 (...)
32Une strate de sites de rang supérieur apparaît, souvent qualifiés d’oppida ou de castra dans les sources écrites. Des aristocraties sénatoriales et comtales peuvent y résider, et les établissements disposent d’un caractère stratégique affirmé, dans le contrôle d’axes de communication et d’un territoire, généralement qualifié de pagus. La précocité de leur rôle dans la mise en place de l’emprise de l’Église sur l’espace est également à souligner et transparaît notamment dans la documentation hagiographique, d’autant plus que les textes y évoquent fréquemment la présence de prêtres et de clercs. Ces sites disposent en outre généralement de plusieurs édifices cultuels et peuvent conserver des reliques prestigieuses. Ils sont par ailleurs très régulièrement dotés d’un système de fortification, souvent appuyé sur la topographie, relief ou île. La présence d’un élément de défense constitue d’ailleurs un critère de distinction évoqué par Isidore de Séville61.
- 62 I. Daveau, V Goustard et J.-J. Bahain, « Un complexe métallurgique et minier du haut Moyen Âge. Le (...)
- 63 L. Bourgeois, « Melle : la ville, le pouvoir et les hommes », in F. Téreygeol (dir.), Du monde fran (...)
- 64 D. Billoin et C. Perrault, « Des bourgs salicoles du haut Moyen Âge dans le Jura : l’exemple de la (...)
33Enfin, le cas des sites spécialisés dans des productions artisanales est plus spécifique, mais se rencontre de manière récurrente, ainsi en Bourgogne, le village de Sevrey pour la céramique et le site des Trois Vernats à Volesvres pour le fer. Cette catégorie d’établissements est par ailleurs plus largement reconnue en Gaule, ainsi les sites minier et métallurgique de Vert-Saint-Denis en Île-de-France62 et de Melle dans le Poitou63, ou encore le site salin de Grozon dans le Jura64.
34Ces quelques pistes de classement sont en partie fondées sur des logiques d’emboîtement, parfois un peu artificielles compte tenu de la nature de la documentation, et tendent à souligner la prégnance du cadre de la cité. Au-delà de ces propositions, c’est bien sûr aussi la question des marqueurs qui est posée par cette contribution. Elle montre également l’apport décisif de l’archéologie sur ces problématiques. C’est de toute évidence le croisement des sources et des critères qui offre de belles perspectives en matière de catégorisation et de hiérarchisation des habitats groupés. Ce travail doctoral souligne tout l’intérêt d’une archéologie de programme et des recherches collectives, qui sont les plus à même de permettre d’une part la création d’une matière nouvelle, d’autre part l’élaboration de synthèses, et donc le développement de nouvelles voies d’étude. À l’issue de cette thèse, il nous faut donc saluer l’engagement des acteurs de la recherche, historiens comme archéologues, qui œuvrent pour la récolte des données par la truelle et le clavier.
Notes
1 É. Peytremann, Archéologie de l’habitat rural dans le nord de la France du ive au xiie siècle, Saint-Germain-en-Laye, 2003, t. 1, p. 25-66.
2 J. Chapelot et R. Fossier, Le village et la maison au Moyen Âge, Paris, 1980 ; é. Zadora-Rio, « Le village des historiens et le village des archéologues », in é. Mornet (éd.), Campagnes médiévales : l’homme et son espace (900-1350). Études offertes à Robert Fossier, Paris, 1995, p. 145-153 ; é. Peytremann, « La notion de village en France au premier Moyen Âge. Retour sur un débat », Archéopages, 40 (2015), p. 84-91.
3 L. Schneider, « De la fouille des villages abandonnés à l’archéologie des territoires locaux. L’étude des systèmes d’habitat du haut Moyen Âge en France méridionale (ve-xe siècle) : nouveaux matériaux, nouvelles interrogations », in J. Chapelot (dir.), Trente ans d’archéologie médiévale en France. Un bilan pour un avenir, Caen, 2010, p. 133-161.
4 Le terme apparaît sous la plume de Christian Goudineau en 1980 ; P.-A. Février, M. Fixot, C. Goudineau et V. Kruta, 1980, « La ville antique des origines au ixe siècle », in G. Duby (dir.), Histoire de la France urbaine, t. 1, Paris, 1980.
5 Voir par exemple les actes d’un colloque centré sur le thème du vicus, parus en 1976 ; R. Chevallier, Le vicus gallo-romain, Paris, 1976.
6 N. Mahé-Hourlier et S. Poignant (dir.), Archéologie du village, archéologie dans le village dans le nord de la France (ve-xiiie siècles), Saint-Germain-en-Laye, 2013.
7 L. Schneider, « Le territoire de l’archéologue et l’archéologie des territoires médiévaux », in B. Cursente et M. Mousnier (dir.), Les territoires du médiéviste, Rennes, 2005, p. 309-327.
8 M. Chaume, Les origines du Duché de Bourgogne, Dijon, 1925-1937.
9 A. Déléage, La vie économique et sociale de la Bourgogne dans le haut Moyen-Âge, Mâcon, 3 vol., 1941.
10 G. Duby, La société aux xie et xiie siècles dans la région mâconnaise, Paris, 1953.
11 O. Bruand, Les origines de la société féodale. L’exemple de l’Autunois (France, Bourgogne), Dijon, 2009.
12 C. Sapin, « Oratoires et chapelles, domus et villae. Une origine des monastères », Bulletin du Centre d’études médiévales d’Auxerre, hors-série n° 10, 2016, en ligne [https://doi.org/10.4000/cem.14477].
13 é. Peytremann (dir.), En marge du village : la zone d’activités spécifiques et les groupes funéraires de Sermersheim (Bas-Rhin) du vie au xiie siècle, Dijon, 2018 (Revue archéologique de l’Est, supplément n° 45) ; M.-C. Truc avec la collaboration de A. Rémy, Archéologie de l’habitat rural du premier Moyen Âge en Champagne-Ardenne (fin ve-xiie siècle). Bilan régional de trente ans d’archéologie préventive, 2 vol., Saint-Germain-en-Laye, 2024.
14 Rejoignant peut-être ainsi un constat dressé pour le nord de l’Auvergne ; J. Chamoillaux, « La production agricole », in J. Charmoillaux et S. Gaime (dir.), Les formes de l’habitat rural au Moyen Âge en Limagne septentrionale et Sologne bourbonnaise, Paris, 2019, p. 129-169.
15 R. Carme et Y. Henry, « L’ensilage groupé et les campagnes du premier Moyen Âge dans le Toulousain : quelques réflexions à l’aune de deux fouilles récentes (L’oustalou à Préserville et Clos-Montplaisir à Vieille-Toulouse) », Archéologie du Midi médiéval, 28 (2010), p. 33-101.
16 P. Chopelain, A. Guicheteau, V. Jolly et P.-H. Tilmant, « L’habitat rural du haut Moyen Âge dans le département de la Nièvre, un état de la recherche », in B. Bazin, F. Capron, A. Corrochano et S. Joly, Se vêtir au premier Moyen Âge, Tours, 2024, t. 1, p. 197-204.
17 A. Baud et C. Sapin, Cluny : les origines du monastère et de ses églises, Paris, 2019.
18 N. Roiné, « Pannecot-Limanton (Nièvre). Église d’Anizy », Archéologie médiévale, 23 (1993), p. 387-388.
19 A. Guicheteau et R. Labeaune, « Le site de la Montagne de Saint-Laurent à Mesmont : des origines au haut Moyen Âge », in D. Martinez et A. Quiquerez, Approches diachroniques des sites de hauteur, Dijon, 2023, en ligne [https://books.openedition.org/artehis/31674].
20 L. Bourgeois, « En guise de conclusion. Catalogues de mobilier et approche matérielle des cultures médiévales et modernes : quelques éléments pour un débat », in Y. Henigfeld, P. Husi et F. Ravoire, L’objet au Moyen Âge et à l’époque moderne : fabriquer, échanger, consommer et recycler, Caen, p. 423-431. L’absence de travaux de synthèse dans plusieurs domaines touchant à l’habitat en Bourgogne a déjà été soulignée, de même que le déficit de publications en la matière : voir B. Saint-Jean Vitus, « Habitat et processus d’agglomération en Bourgogne au cours du Moyen Âge (ve- xvie siècles) : l’apport des travaux archéologiques des années 1995-2005, contribution au Bilan scientifique régional », Revue archéologique de l’Est, 61 (2012), p. 259-301.
21 S. Hurard, « Réflexions sur les marges du village alto-médiéval ou la marginalité des élites rurales ordinaires : l’exemple des Petits Ormes de Saint-Pathus (Seine-et-Marne - ve-xie siècles) », in Table ronde sur l’archéologie du village en Île-de-France, éd. Revue archéologique d’Île-de-France, 12 (2021), p. 223-240.
22 C. Dunikowski, Le gisement paléosidérurgique, Volesvres « Les Trois Vernats », 715900002 Saône-et-Loire, DFS de fouille préventive, SRA Bourgogne, Dijon, 1998.
23 A. Guicheteau, A. Ahü-Delor, A. Beaudet, C. Brun, A.-L. Bugnon, D. Cambou, S. Coubray, G. Daoulas, F. Delencre, G. Gouérou, L. Jaccottey, D. Sordoillet et V. Thirion-Merle, « Les ateliers de potiers du haut Moyen Âge du 8 rue Georges Brusson à Sevrey », Revue archéologique de l’Est, 72 (2023), p. 359-427 ; A. Ahü-Delor, C. Brun, F. Delencre, A. Genevey, A. Guicheteau et V. Thirion-Merle, « La céramique bistre fine des ve-vie siècles et les origines du centre potier de Sevrey (Saône-et-Loire) », Revue archéologique de l’Est, 73 (2024), p. 341-367 ; A. Guicheteau, A. Latron, A.-L. Bugnon, G. Gouérou et D. Sordoillet, « Mourir à Sevrey (Saône-et-Loire) au Moyen Âge », Revue archéologique de l’Est, 74 (2025), p. 283-325.
24 é. Peytremann et A. Pélissier, « Des morts polysémiques : les sépultures en contexte d’habitat rural au premier Moyen Âge (ve-xie siècle) en Alsace », Archéologie médiévale, 52 (2022), p. 71-120.
25 D. Billoin, C. Goy avec la collaboration de é. Henrion, « Des sépultures isolées du haut Moyen Âge découvertes à Besançon et à Mandeure (Doubs) », in I. Leroy et L. Verslype (dir.), Communauté des vivants, compagnie des morts, Saint-Germain-en-Laye, 2017, p. 85-94 (Mémoires de l’AFAM 33).
26 P. Nouvel et S. Venault, « Les agglomérations du Centre-Est de la Gaule : quel devenir durant l’Antiquité tardive ? », in M. Kasprzyk et M. Monteil (dir.), Agglomérations, vici et castra du nord de la Gaule entre Antiquité tardive et haut Moyen Âge, Gallia, 74.1 (2017), p. 61-89 ; M. Kasprzyk, « Les agglomérations / vici / castra du Centre-Est de la Gaule : morphologie et fonctions (iiie-viie s. apr. J.-C.) », in M. Kasprzyk et alii, Agglomérations…, ibid., p. 91-117.
27 B. Saint-Jean Vitus, Tournus : le castrum, l’abbaye, la ville, xie-xve siècles et prémices : analyse archéologique d’un développement monastique et urbain, thèse de doctorat, Université Lumière Lyon 2, Lyon, 2006.
28 A. Guicheteau, « Archéologie du village dans le Chalonnais : du triptyque cimetière/église/habitat au centre potier », in A. Guicheteau, V. Marchaisseau et A. Quiquerez (dir.), La genèse du village. Archéologie de l’habitat groupé du haut Moyen Âge (ve-xiie siècles) dans le Centre-Est de la France actuelle, Dijon, 2021, en ligne [http://books.openedition.org/artehis/25654].
29 D. Martinez, « L’église paléochrétienne de l’établissement fortifié de hauteur de La Couronne à Molles (Allier, Auvergne) », Archéologie médiévale, 48 (2018), p. 1-36.
30 S. Grappin, « Saint-Romain. Recherches sur l’histoire rurale médiévale », Mémoires de la Commission des Antiquités du département de la Côte-d’Or, 36 (1990-1992), p. 139-146.
31 C. Sapin et N. Deflou-Leca, « Saint-Valentin de Griselles : du culte érémitique à la fondation monastique », Mémoires de la Commission des Antiquités du département de la Côte-d’Or, 39 (2000-2001), p. 75-126.
32 A. Barthélemy, Fouilles de sauvetage, Jalogny (Saône-et-Loire), lieu-dit : la montagne Saint-Pierre, rapport de fouille de sauvetage, SRA Bourgogne, Dijon, 1977.
33 R. Adam, « Quatre campagnes de fouilles sur le mont Châtelet : un bilan », Les annales du pays nivernais, 50 (1986), p. 14-28.
34 I. Catteddu avec la collaboration de B. Clavel et M.-P. Ruas, « L’habitat rural mérovingien de Genlis (Côte-d’Or) », Revue archéologique de l’Est., 43.1 (1992), p. 39-98.
35 P. Chopelain, « Rouvres-Marliens (Côte-d’Or). Village mérovingien », Bulletin du Centre d’études médiévales d’Auxerre, 9 (2005), en ligne [https://journals.openedition.org/cem/695].
36 I. Cartron, « églises et espaces funéraires ruraux du premier Moyen Âge en Gaule. Rythmes d’une transition vers le cimetière ecclésial chrétien », in G. Cuchet, N. Laubry et M. Lauwers, Transitions funéraires en Occident. Une histoire des relations entre morts et vivants de l’Antiquité à nos jours, Rome, 2023, p. 261-287.
37 A. Guicheteau, « Archéologie du village dans le Chalonnais : du triptyque cimetière/église/habitat au centre potier », in A. Guicheteau, V. Marchaisseau et A. Quiquerez (dir.), La genèse du village. Archéologie de l’habitat groupé du haut Moyen Âge (ve-xiie siècles) dans le Centre-Est de la France actuelle, Dijon, 2021, en ligne [http://books.openedition.org/artehis/25654].
38 A. Poirot, « 3.1. Gueugnon/Les Gravoches (Saône-et-Loire). Un village carolingien en bordure de l’Arroux », in A. Poirot (dir.), établissements ruraux médiévaux de l’Antiquité tardive au xiiie siècle, En Crausaz, 2025, p. 131-151.
39 Grégoire de Tours, Historia Francorum, Gregorii episcopi Turonensis libri historiarum X, éd. B. Krusch et W. Levison, MGH, SRM, I, 1, Hanovre, 1951, V, 5, p. 200.
40 A. Rauwel et C. Sapin, « ve-xiie siècle. La ville des clercs », in D. Le Page (dir.), Histoire de Dijon, Rennes, 2023, p. 42-55.
41 J. Marilier, « Les privilèges épiscopaux de l’église de Losne (Côte-d’Or) », Mémoires de la Société pour l’histoire du droit des anciens pays bourguignons, comtois et romands, 24 (1963), p. 247-288.
42 P. Wahlen, « La basilique Sainte-Reine d’Alésia », in P. Boutry et D. Julia (dir.), Reine au Mont Auxois. Le culte de sainte Reine des origines à nos jours, Paris, 1997, p. 61-80.
43 M. Kasprzyk, « Les agglomérations / vici / castra du Centre-Est de la Gaule : morphologie et fonctions (iiie-viie s. apr. J.-C.) », in M. Kasprzyk et alii, Agglomérations, vici et castra du nord de la Gaule entre Antiquité tardive et haut Moyen Âge, Gallia, 74.1 (2017), p. 91-117.
44 Germanus episcopus Autisiodorensis, Vita Germani interpolata, éd. BHL 3454, AASS juillet VII, p. 201-221.
45 G. Depeyrot, Le numéraire mérovingien. L’âge de l’or, t. 3 (Les ateliers centraux), Wetteren, 1998, p. 78.
46 P.-é. Poble., « Les structures territoriales qualifiées de pagus dans l’Auvergne du xe siècle », in O. Bruand (dir.), Châteaux, églises et seigneurs en Auvergne au xe siècle. Lieux de pouvoir et formes d’encadrement, Clermont-Ferrand, 2015, p. 69-79.
47 T. Vergine, « Le Châtillonnais, contester et administrer un espace en marge (ixe-xiiie siècles) », in D. Bardey et M.-A. Janin (dir.), Anticiper et gérer de l’Antiquité au Moyen Âge, Dijon, 2024, en ligne [https://books.openedition.org/artehis/36521].
48 Verolus presbiter Marcennacensis, Vita, translatio, miracula, éd. BHL 8547, AASS, Juin, III, col. 382-387.
49 A. Guicheteau et R. Labeaune, « Le site de la Montagne… », op. cit.
50 Faute de publications récentes concernant ces deux agglomérations, nous renvoyons aux notices parues dans la carte archéologique de la Gaule du département : H. Bigeard, La Nièvre 58, Paris, 1996.
51 Pagus Tolvedunensis, à la fin du ixe siècle, cf. M.-C. Ragut, Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon connu sous le nom de Livre enchaîné, Mâcon, 1864, n° 416 (p. 239-240), n° 39 (p. 32) et n° 425 (p. 245) ; pago Dunensi, vers 954-960, cf. M.-C. Ragut, Cartulaire…, ibid., n° 420 (p. 242) ; pago Brienensi, vers 1031-1070, cf. A. Bernard et A. Bruel, Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, Paris, 1876-1903, IV, n° 2874 (p. 69).
52 F. Mazel, L’évêque et le territoire. L’invention médiévale de l’espace (ve-xiiie siècle), Paris, 2016.
53 F. Bange, « L’ager et la villa : structures du paysage et du peuplement dans la région mâconnaise à la fin du haut Moyen Âge (ixe-xie siècles) », Annales. Économies, sociétés, civilisations, 3 (1984), p. 529-569.
54 A. Guicheteau, « Archéologie du village dans le Chalonnais : du triptyque cimetière/église/habitat au centre potier », in A. Guicheteau, V. Marchaisseau et A. Quiquerez (dir.), La genèse du village. Archéologie de l’habitat groupé du haut Moyen Âge (ve-xiie siècles) dans le Centre-Est de la France actuelle, Dijon, 2021, en ligne [http://books.openedition.org/artehis/25654].
55 P. Chopelain, « De la villa au village (vie-xiie siècle) : le processus d’agglomération des habitats du haut Moyen Âge dans la région dijonnaise d’après les données récentes », in F. Passard, S. Gizard, J.-P. Urlacher et A. Richard (dir.), Burgondes, Alamans, Francs, Romains dans l’Est de la France, le Sud-Ouest de l’Allemagne et la Suisse, Besançon, 2003, p. 275-286.
56 C. Delaplace et S. Aumard, « L’articulation entre les sources archéologiques et les sources écrites pour la période de l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge : l’exemple du diocèse d’Auxerre », in C. Delaplace (dir.), Aux origines de la paroisse rurale en Gaule méridionale (ive-ixe siècles), Paris, 2005, p. 35-58.
57 C. Whickham, « L’identité villageoise entre Seine et Rhin 500-800 », in J.-M. Yante et A.-M. Bultot-Verleysen (dir.), Autour du « village ». Établissements humains, finages et communautés rurales entre Seine et Rhin (ive-xiiie siècles), Louvain-la-Neuve, 2010, p. 141-151.
58 L. Schneider, « Les églises rurales de la Gaule (ve-viiie siècles). Les monuments, le lieu et l’habitat : des questions de topographie et d’espace », in M. Gaillard (dir.), L’empreinte chrétienne en Gaule du ive au ixe siècle, Turnhout, 2014, p. 419-468.
59 G. Pertuisot, « Les récents apports de l’archéologie préventive à la connaissance de la formation du village de Fleurey-sur-Ouche au cours du premier Moyen Âge », in A. Guicheteau et alii, La genèse du village…, op. cit., en ligne [https://doi.org/10.4000/books.artehis.25665].
60 L. Schneider, « Du pagus aux finages castraux, les mots des territoires dans l’espace oriental de l’ancienne Septimanie (ixe-xiie siècle) », in B. Cursente et M. Mousnier (dir.), Les territoires du médiéviste, Rennes, 2005, p. 109-128.
61 Isidore de Séville, Etymologiae, XV, De aedificiis et agris, trad. fr. J.-Y. Guillaumin, Paris, 2016, 2, 11 sq.
62 I. Daveau, V Goustard et J.-J. Bahain, « Un complexe métallurgique et minier du haut Moyen Âge. Le site des Fourneaux à Vert-Saint-Denis (Seine-et-Marne) », in C. Domergue et M. Leroy (dir.), Mines et métallurgies en Gaule. Recherches récentes, éd. Gallia, 57 (2000), p. 77-99.
63 L. Bourgeois, « Melle : la ville, le pouvoir et les hommes », in F. Téreygeol (dir.), Du monde franc aux califats omeyyade et abbasside : extraction et produits des mines d’argent de Melle et de Jabali, Bochum, 2014, p. 11-28.
64 D. Billoin et C. Perrault, « Des bourgs salicoles du haut Moyen Âge dans le Jura : l’exemple de la saline mérovingienne de Grozon (Jura) », in S. Bully, M. Causevic-Bully et D. Martinez, églises, monachisme, agglomérations et territoires en Bourgogne Franche-Comté entre l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge, éd. Bulletin du Centre d’études médiévales d’Auxerre, hors-série n° 15, 2025, en ligne [http://journals.openedition.org/cem/22788].
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|---|---|
| Titre | Fig. 1 – Localisation des opérations archéologiques réalisées dans le village de Sevrey au début de l’année 2026, reportées sur le cadastre de 1830. Les références des opérations sont les rapports ou les publications en l’absence de rapport (A. Guicheteau, Archives départementales de Saône-et-Loire). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/25177/img-1.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 420k |
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| Titre | Fig. 2 – Localisation des habitats groupés du haut Moyen Âge en Bourgogne pris en compte dans le cadre de la thèse (A. Guicheteau). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/25177/img-2.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 368k |
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| Titre | Fig. 3 – Le bâtiment G5 des vie-viie siècles du site de la Montagne de Saint-Laurent à Mesmont. Il recoupe un petit édifice, daté, lui, du ve siècle (J. Berthet et A. Guicheteau). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/25177/img-3.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 816k |
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| Titre | Fig. 4 – Plan des vestiges des ixe-xe siècles mis au jour à Coulanges-lès-Nevers, village qualifié de villa au xe siècle (R. de Lespinasse, Cartulaire de Saint-Cyr-de-Nevers, Nevers, 1916, 13, p. 28) (A. Guicheteau). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/25177/img-4.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 232k |
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| Titre | Fig. 5 – Vue vers le sud-ouest de tombes mises au jour au pied de la chapelle latérale sud de l’église Saint-Jean-Baptiste de Parigny-les-Vaux (cl. A. Guicheteau). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/25177/img-5.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 836k |
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| Titre | Fig. 6 – État des connaissances sur l’occupation des ve-viiie siècles sur le site de la Montagne de Saint-Laurent à Mesmont (A. Guicheteau). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/25177/img-6.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 376k |
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| Titre | Fig. 7 – Le pagus Alisensis (A. Guicheteau, d’après M. Chaume, op. cit., partie 2, fasc. 3, p. 855-866. Les mentions de lieux proviennent pour l’essentiel du cartulaire de l’abbaye de Flavigny : C. Bouchard (éd.), The Cartulary of Flavigny, 717-1113, Cambridge (Massachusetts), 1991). |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/25177/img-7.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 928k |
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| Titre | Fig. 8 – L’ager de Jalogny (A. Guicheteau). Les références des actes mentionnant les lieux figurant sur la carte sont les suivantes : Jalogny, cf. M. C. Ragut, Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon : connu sous le nom de Livre enchaîné, Mâcon, 1864, n° 52, p. 40 et n° 200, p. 129 ; Rhôdes, cf. A. Bernard et A. Bruel, Recueil des chartes de l’abbaye de Cluny, Paris, 1876-1903, t. 1, n° 35, p. 42 ; Nière, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 52, p. 60 ; Vaux, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 54, p. 63 ; Buillet, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 206, p. 194 ; Château, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 75, p. 84 ; Ravry, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 179, p. 168 et n° 400, p. 386 ; Brout, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 375, p. 353 et t. 2, n° 1092, p. 185 ; Saint-Léger, cf. éd. A. Bernard, ibid., t. 1, n° 434, p. 422. |
| URL | http://journals.openedition.org/cem/docannexe/image/25177/img-8.jpg |
| Fichier | image/jpeg, 1,0M |
Pour citer cet article
Référence électronique
Antoine Guicheteau, « Formes et fonctions des habitats groupés du haut Moyen Âge (ve-xie siècles) entre Loire et Saône », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre | BUCEMA [En ligne], 30.1 | 2026, mis en ligne le 01 juillet 2026, consulté le 10 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/cem/25177 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16maf
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