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Version française
1C'est après une longue réflexion et un long intermède que CeROArt reprend ses publications. Plus que jamais, nous revendiquons notre statut de revue « Open Access Diamond ». Qu’est-ce à dire ? Que CeROArt, revue à comité de lecture et cecilia duminuco2024-10-27T20:39:00cdpeer-review, demeure totalement gratuit, libre d’accès pour le lecteur et sans APC (Access proceeding charges) pour les auteurs. À l’heure où les éditeurs-prédateurs font porter sur ces derniers les coûts de publication de leur recherche, entravant la diffusion de celle-ci, nous la valorisons au niveau international, et sur les cinq continents. Depuis près de vingt ans à présent, nous continuons à incarner avec fierté cecilia duminuco2024-10-27T20:40:00cdl’Open access en conservation-restauration.
2Concrètement néanmoins, cela signifie que, puisque nous ne bénéficions pas de soutien des pouvoirs publics, tout le travail d’édition, de la publication des appels à la correction des articles et leur mise en ligne, est réalisé bénévolement. Notre budget annuel équivaut à l’APC d’un seul article de Studies in Conservation. C’est dire si nous sommes appelés à être multitâches.
3Nous serons malheureusement amenés à réfléchir à la viabilité de la formule Diamond access au-delà de 2025, année charnière où nous prévoyons de publier deux numéros : un numéro « EGG » consacré aux jeunes diplômés, au premier semestre, et un numéro à dossier, consacré à « Conservation et soutenabilité sociale », à l’automne. Ce numéro spécial sera largement international, avec des contributions émanant d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine. L’appel est ouvert… et nous avons déjà reçu des contributions.
4Dès à présent, je serai secondée par Cécilia Duminuco, qui a accepté de se former à l’édition sous Lodel. Elle assurera le secrétariat d’édition de la revue. Elle cherchera avec nous les moyens de pérenniser financièrement l’aventure de CeROArt et mettra toutes ses compétences de conservatrice-restauratrice et d’éditrice au service des auteurs.
5La présente publication est un numéro particulièrement fourni, qui accueillera encore plusieurs articles d’ici fin d’année. Le numéro en flux tendu se clôturera au 15 décembre. Qu'est-ce que cela signifie, concrètement? Les numéros Varia en flux tendu (donc, à publication étalée tout au long de l'année) ne sont pas consacrés à des dossiers spécifiques. Les rubriques classiques, telles que l’« Électron libre », le « Coup de projecteur », les comptes-rendus de recherche et d'ouvrages sont approuvés par le seul comité éditorial; les articles consacrés à la conservation-restauration paraissent quant à eux au fur et à mesure de leur révision et approbation par le comité de rédaction ET du processus de peer-review externe. Le délai de publication moyen est donc ramené à deux ou maximum trois mois après la soumission, permettant ainsi de visibiliser rapidement les recherches. Nous connaissons en effet toute l’importance des publications pour les jeunes chercheurs et doctorants.
6Le présent numéro est particulièrement volumineux -ainsi sont les bébés au terme d’une longue gestation. On notera que l’ « Électron libre » a été rebaptisé « Conversation », car plus que d’une interview, il s’agit ici d’un échange entre trois professionnelles. Une rubrique « Essais » est brillamment inaugurée par Claudine Houbart, d’une part, et Hiltrud Schninzel, de l’autre. Le but de cette rubrique est de susciter une approche réflexive de nos pratiques, de nos méthodologies, ou tout simplement, de notre discours. Les essais ne sont pas limités en nombre de pages : nous faisons confiance au lecteur pour les appréhender dans toutes leurs nuances, comme source et ressource critique.
7Un simple parcours du sommaire illustre l’incroyable diversité de la conservation aujourd’hui. Nous comptons parmi nos auteurs non seulement un large panel européen, mais aussi des Tunisiens, Marocains, Mexicains, Thaïlandais ; l’un des articles nous amène à Singapour. Nos champs d’application et de réflexions touchent tour à tour le matériel ethnographique, les zelliges marocains, les répliques d’instruments de musique ou l’obsolescence d’œuvres lumineuses, une réflexion théorique usant de catégories philosophiques, la conservation des performances, la collaboration d’une conservatrice avec un artiste contemporain, l’adaptation de la méthode QuickScan à d’autres domaines que muséaux, l’appréhension esthétique de la dégradation par un artiste contemporain, une méthodologie porteuse pour le TimeBasedMedia, enfin des approches analytiques de la matérialité de peinture, comme de répliques moulées.
8Enfin, parce que jamais on ne perd la mémoire des belles choses, et des belles personnes: nous rendons tardivement un hommage au travail de Marie-Hélène Breuil, qui nous a quittés en abandonnant bien malgré elle un projet qui lui tenait à cœur. Les étudiants qui ont participé à son côté à l’aventure « Replace ou Remake » trouveront ici les derniers textes qu’elle y a consacrés, et la mise en perspective d’auteurs qu’elle avait elle-même édités. Ce travail est une symphonie inachevée, qu’elle aurait pourtant voulu faire entendre. Marie-Hélène était très impliquée dans les démarches en faveur de l’Open Access. CeROArt tient à lui dire, au travers de ce modeste hommage, un « merci » nostalgique.
9Le lecteur remarquera enfin que nous avons ajouté une rubrique : Colloques et Journées d’étude. Elle nous permet de publier des comptes rendus détaillés, mais aussi des textes de communication et des transcriptions de table-ronde, dans des domaines importants. C’est le symposium « What’s in a name : le conservateur-restaurateur, une définition » organisé par la FFCR et ICOM-CC qui inaugure cette rubrique. Les transcriptions sont prévues pour la mi-décembre, mais nous avons tenu à mettre dès à présent à disposition, les liens vers les vidéos de ces échanges importants pour la profession de conservateur-restaurateur.
10Le 5 décembre prochain, CeROArt sera un des invités de la table-ronde organisée par le DIM-PAMIR, à Paris, pour discuter de la diffusion des recherches en conservation. Nous espérons que la présente publication trouvera un large écho, démontrant la puissance de l’Open Access et de la foi aux utopies, dont CeROArt demeure l’expression.
English version
11After much reflection and a long interlude, CeROArt has resumed publication. More than ever, we're asserting our status as an “Open Access Diamond” revue. What does this mean? That CeROArt, a peer-reviewed journal, remains totally free of charge, with free access for readers and no APC (Access proceeding charges) for authors. At a time when predatory-publishers are passing on the costs of publishing research to authors, thereby hindering its dissemination, we are actively promoting free publication on all five continents. For almost twenty years now, we have proudly embodied open access principles in the field of conservation.
In concrete terms, however, this means that, since we receive no support from the public authorities, all editing work, from the publication of calls for papers to the correction of articles and their posting online, is carried out on a voluntary basis. Our annual budget is equivalent to the APC cost of a single article in Studies in Conservation. This means that we are called upon to multitask.
Unfortunately, we'll have to think about the viability of the Diamond Access formula beyond 2025, a pivotal year when we plan to publish two issues: an “EGG” issue devoted to young graduates in the first half of the year, and a special issue devoted to “Conservation and Social Sustainability” in the autumn. This special issue will be largely international, with contributions from Africa, Asia and Latin America. The call is open... and we've already received contributions.
As of now, I'll be assisted by Cécilia Duminuco, who has agreed to train as an editor with Lodel. She will act as the journal's editorial secretary. She will work with us to find ways of perpetuating the CeROArt adventure financially, and will put all her skills as a conservator-restorer and editor at the service of the authors.
The current issue is an especially active issue, with several more articles to be added between now and the end of the year. The just-in-time issue will close on December 15. What does this mean practically? Varia's just-in-time issues (i.e., published throughout the year) are not devoted to specific cecilia duminuco2024-10-27T20:40:00cddossiers. Classic sections such as “Électron libre”, “Coup de projecteur”, research and book reviews are approved by the editorial board alone; articles on conservation-restoration are published as and when they are revised and approved by the editorial board AND the external peer-review process. the average publication time is thus reduced to two to three months at most, enabling research to be rapidly made visible. We know how important publications are for young researchers and PhD students.
The present issue is particularly voluminous - so are babies at the end of a long gestation period. Note that “Électron libre” has been renamed “Conversation”, because rather than an interview, this is an exchange between three professionals. An “Essays” section has been brilliantly inaugurated by Claudine Houbart on the one hand, and Hiltrud Schninzel on the other. The aim of this section is to encourage a reflective approach to our practices, our methodologies, or quite simply, our discourse. The essays are not limited in number of pages: we trust the reader to apprehend them in all their nuances, as a source and critical resource.
A glance at the table of contents illustrates the incredible diversity of today's conservation. Our authors include not only a broad European panel, but also Tunisians, Moroccans, Mexicans, Thais; one article takes us to Singapore. Our fields of application and reflection range from ethnographic material to Moroccan zelliges, from replica musical instruments to the obsolescence of luminous works, from theoretical reflections using philosophical categories on contemporary works to the conservation of performances, a conservator's collaboration with a contemporary artist, the adaptation of the QuickScan method to fields other than museums, a contemporary artist's aesthetic apprehension of degradation, a promising methodology for TimeBasedMedia, and analytical approaches to the materiality of paintings or molded replicas.
Finally, because we never lose the memory of beautiful things, and beautiful people: we are belatedly paying tribute to the work of Marie-Hélène Breuil, who left us, leaving behind a project that was close to her heart. Students who took part with her in the “Replace ou Remake” adventure will find here the last texts she devoted to it, and the perspective of authors she herself had edited. This work is an unfinished symphony, which she would nevertheless have liked to have heard. Marie-Hélène was deeply involved in the open access movement. With this modest tribute, CeROArt would like to say a nostalgic “thank you” to her.
12Readers will also notice that we have added a new section: Colloquia and Study Days. This allows us to publish detailed reports, as well as texts of papers and transcriptions of round-table discussions, in important fields. The symposium “What's in a name : le conservateur-restaurateur, une définition” organized by the FFCR and ICOM-CC inaugurates this section. The transcriptions are scheduled for mid-December, but we've already made available the links to the videos of these important exchanges for the conservator-restorer profession.
13On December 5, CeROArt will be one of the guests at the round table organized by DIM-PAMIR, in Paris, to discuss the dissemination of conservation research. We hope that the present publication will find a wide echo, demonstrating the power of Open Access and faith in utopias, of which CeROArt remains the expression.
References
Electronic reference
Muriel Verbeeck-Boutin, “Éditorial”, CeROArt [Online], 13 | 2024, Online since 28 October 2024, connection on 09 October 2026. URL: http://journals.openedition.org/ceroart/9172; DOI: https://doi.org/10.4000/12ld0
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