Jacques Girault, Bordeaux et la Commune (1870-1871)
Jacques Girault,Bordeaux et la Commune (1870-1871), Périgueux, éditeur Fanlac, 2009, 390 p.
Texte intégral
1L’ouvrage de Jacques Girault a été publié une première fois aux Éditions sociales en 1971. Il était épuisé depuis longtemps et libre de droits. La présente réédition n’aurait pas été possible sans l’initiative, l’engagement militant et l’opiniâtreté d’Espaces Marx Aquitaine-Bordeaux-Gironde qui a notamment lancé une souscription pour contribuer au financement.
2Le sous-titre de ce livre de 389 pages éclaire son propos : Contribution à l’étude du mouvement ouvrier et de l’idéologie républicaine en province au moment de la Commune de Paris.
3Il s’agit plus largement d’un travail approfondi sur la société bordelaise et son expression politique depuis la Deuxième république, et d’un récit documenté sur les événements contemporains de la Commune de Paris dans la région bordelaise. Toute la presse de l’époque a été consultée par l’auteur et les informations ainsi collectées éclairent ses propos. Paul Lafargue, gendre de Marx et membre de l’Internationale, auteur du célèbre Droit à la paresse, présent à Bordeaux durant ces journées, témoigne des événements et les met en relation avec les journées parisiennes (reproduction du récit de son voyage à Paris).
4L’ouvrage porte un regard sur la société bordelaise de 1848 à 1870 car, à travers l’étude du mouvement ouvrier, il met en perspective les grandes transformations économiques et urbaines de l’agglomération : c’est bien tout un moment de l’histoire de Bordeaux qui est ainsi mis en valeur
5L’ouvrage est séquencé en six chapitres qui emmènent le lecteur, après une présentation riche du contexte des journées d’avril 1871, à la fin de la Commune et l’après-Commune. À Bordeaux, devenue centre de la vie politique dans une France vaincue, s’expriment les rapports de force entre les républicains et leurs adversaires et, au sein même des républicains, entre les éléments modérés et les radicaux, et parmi ces derniers, les militants de l’Internationale. Ces différents courants se manifestent dans la presse de l’époque. Les opinions, souvent ambiguës, oscillent de la compréhension de la Commune au rejet de la guerre civile
6Quelques annexes, ainsi que de nombreuses sources (sources manuscrites, périodiques, bibliographie) enrichissent l’ouvrage. L’intention dans cette réédition, en effet, est d’offrir aux lecteurs un ouvrage qui allie le sérieux de la recherche historique à une approche en images qui facilite la lecture et permette une compréhension sensible des lieux et de l’époque. C’est pourquoi les apports iconographiques (affiches, tracts, journaux, photographies anciennes, portraits des personnages politiques, gravures, plans et cartes) collectés tant auprès des archives municipales que de la bibliothèque municipale ou des archives départementales, constituent une part importante de l’ouvrage.
7L’auteur, pour cette nouvelle édition, tout en mettant à jour le texte initial, offre en conclusion une nouvelle synthèse qui tient compte des apports de l’historiographie depuis la première édition.
8De plus, une introduction de Jacques Rougerie, spécialiste de l’histoire de la Commune, resitue le projet dans le contexte des recherches sur le sujet et, plus particulièrement, dans l’état des connaissances sur la province française au moment de la Commune de Paris.
Pour citer cet article
Référence électronique
Patrick Coulon, « Jacques Girault, Bordeaux et la Commune (1870-1871) », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique [En ligne], 114 | 2011, mis en ligne le 22 juin 2011, consulté le 10 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/chrhc/2250 ; DOI : https://doi.org/10.4000/chrhc.2250
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