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1La fonction essentielle des festivals de cinéma est de donner un coup de projecteur sur des films afin de faciliter leur sortie en salle et d’augmenter leur public potentiel. C’est particulièrement vrai pour les films qualifiés “d’art et essai” en France, car ils ont moins de moyens de promotion au moment de leur sortie ; pour les films latino-américains qui sont peu diffusés en Europe, le rôle des festivals est plus important encore.

2Roma, d’Alfonso Cuarón, est l’un des plus beaux films de l’année. Reconnu comme tel à la Biennale de Venise où il a obtenu le Lion d’Or, il est mexicain, comme son réalisateur, mais produit et distribué par Netflix, chaîne nord-américaine. Que les productions soient multinationales ne pose pas de problème particulier ; cela fait déjà longtemps que c’est la règle pour les cinématographies latino-américaines. Dans le cas de Netflix, pour la France, c’est l’exclusivité de la diffusion sur une chaîne câblée et donc l’impossibilité d’une distribution en salle de cinéma qui pose problème.

3Quant à nous, amoureux du cinéma et cinéphiles, nous sommes convaincus que la salle de cinéma, le grand écran, le temps fixé et la connivence collective sont indispensables à la magie du septième art. L’écran de télévision, quelle que soit sa taille, ne remplacera pas cette sensation particulière que procure la séance de cinéma. La projection en salle est indispensable pour beaucoup de films, et c’est le cas du film de Cuarón, où le quartier Roma de Mexico est filmé en panoramique et dans un noir et blanc particulier qui rend compte de l’ambiance de Mexico. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous sommes très heureux de le projeter sur grand écran aux prochaines Rencontres.

4Bien sûr, il est très positif qu’une plateforme disposant de gros moyens s’intéresse aux auteurs et réalisateurs latino-américains, mais son mode de diffusion interpelle. Il faudra bien s’asseoir à une table et trouver une solution de compromis.

5Notre revue s’attache cette année à donner la parole à des auteurs latino-américains qui abordent le thème “Écrire sur le cinéma”. Le sujet n’est pas nouveau et la Nouvelle vague française l’a déjà exploré (par exemple François Truffaut sur Hitchcock) mais il nous semblait utile de renouveler l’exercice en Amérique latine, avec une nouvelle génération de chercheurs et chercheuses.

6Dans ce numéro, trois thèmes font écho à la programmation des 31es Rencontres de Toulouse Cinélatino :

  • Le cinéma des Caraïbes insulaires, avec notamment la nouvelle manière de produire des films à Cuba indépendamment des budgets de l’État.

  • Le cinéma d’animation qui est d’une grande richesse et touche de nombreux pays du continent, en particulier le Brésil.

  • Le film argentin La Flor de Mariano Llinás qui fut une révélation cette année, tant par sa qualité filmique que par sa durée exceptionnelle de quatorze heures.

7À vous d’explorer l’actualité des cinématographies latino-américaines.

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Para citar este artículo

Referencia en papel

Francis Saint-Dizier, «Éditorial»Cinémas d’Amérique latine, 27 | 2019, 3.

Referencia electrónica

Francis Saint-Dizier, «Éditorial»Cinémas d’Amérique latine [En línea], 27 | 2019, Publicado el 04 agosto 2019, consultado el 17 julio 2026. URL: http://journals.openedition.org/cinelatino/5470; DOI: https://doi.org/10.4000/cinelatino.5470

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Autor

Francis Saint-Dizier

Directeur de Cinémas d’Amérique latine

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CC-BY-NC-ND-4.0

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