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Chronique

La Souvenance

Approche génétique d’un fonds
Fanny Margras

Résumés

À “La Souvenance”, à Goyave (Guadeloupe), sommeille un fonds composite et multidimensionnel qui témoigne de la richesse de la collaboration entre les écrivains Simone et André Schwarz-Bart. Située dans leur maison guadeloupéenne, cette collection rassemble manuscrits, objets, œuvres d’art et documents divers, révélant une dynamique créative qui dépasse la seule écriture pour intégrer des pratiques mémorielles, esthétiques et patrimoniales. Depuis 2011, l’association La Souvenance Maison Schwarz-Bart œuvre à la conservation, à l’inventaire et à la valorisation de ce patrimoine, en dialogue avec des institutions telles que la Bibliothèque nationale de France et des chercheuses et chercheurs spécialisés, et invite à élargir la notion d’œuvre littéraire, en considérant la co-création comme un processus protéiforme et ancré dans une réalité matérielle et culturelle.

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Texte intégral

  • 1 Respectivement, pour André Schwarz-Bart, Le Dernier des justes, Paris, Éditions du Seuil, 1959 ; La (...)
  • 2 Simone et André Schwarz-Bart, Un Plat de porc aux bananes vertes, Paris, Éditions du Seuil, 1967 ; (...)

1Il est un fait fascinant et grandement méconnu des lecteurs et lectrices qui connaissent l’incroyable production littéraire (singulière1 ou plurielle2) du couple d’écrivains Schwarz-Bart : l’existence d’un fonds composite – mêlant mobilier caribéen, peintures, dessins, photographies, objets du quotidien, documents administratifs et manuscrits – conservé dans la maison (classée Maison des Illustres) qu’ils habitèrent pendant près de trente ans, à Goyave, en Guadeloupe. Il témoigne de la richesse matérielle, artistique et intellectuelle d’une œuvre qui dépasse largement le cadre littéraire et s’ancre dans un travail de mémoire, de circulation.

2Ce fonds, préservé et valorisé aux yeux du public par l’association La Souvenance Maison Schwarz-Bart, a été constitué par Simone et André Schwarz-Bart dans une perspective sans doute similaire à celle qui habite leur projet encyclopédique Hommage à la femme noire3, c’est-à-dire comme une forme de collaboration, mise au service d’une mémoire, et se déployant bien au-delà des écrits de fiction4. Le lieu devient alors l’écrin d’une œuvre nouvelle, surprenante. Il s’agira ici de voir comment elle révèle et met en lumière une nouvelle dynamique collaborative, nourrie au fil des années, des découvertes, des projets, et des déplacements du couple.

I. La Souvenance, lieu de vie, de création et de transmission

  • 5 On appelle « bourg » le centre des villes et villages de Guadeloupe.

3À quelques kilomètres du bourg5 de Goyave, en Guadeloupe, nichée dans les hauteurs et dissimulée derrière une forêt de bambous, se trouve la maison que Simone et André Schwarz-Bart ont occupée à partir de 1978, après des années passées à Paris, à Dakar (Sénégal, 1961-1963), à Lausanne (Suisse, 1963-1976) puis à Évian (1976-1978). Offerte par les parents de Simone, cette maison construite en 1962 s’est progressivement transformée au gré des besoins de la famille, et surtout, de la trajectoire d’écriture du couple.

Fig. 1.

Fig. 1.

La Maison Schwarz-Bart, 2008.

Photographie, archives personnelles Schwarz-Bart

4Classée Maison des Illustres6 en 2011, elle constitue un espace d’hospitalité autant que de solitude créatrice. Témoin des années 1970 et 1980, elle porte les marques de l’habitat populaire antillais7, dont l’une des particularités est l’adaptabilité, et qui d’année en année grandit et s’étend, au fur et à mesure des besoins de la famille. Au cube de béton initial s’ajoute un couloir puis une chambre ; une grande cuisine est aménagée plus loin, et un salon intérieur la relie à la maison initiale. La pièce qui deviendra le bureau-bibliothèque8 d’André Schwarz-Bart est pensée par Simone pendant un de ses séjours d’écriture à Paris. Elle semble résumer à elle seule l’esprit du lieu : ouverte sur le monde9, suspendue entre mer et montagne, et peuplée de meubles en acajou, de peintures caribéennes, de statuettes africaines, et d’ouvrages annotés, ce bureau est autant un refuge qu’un laboratoire.

Le domaine d’André se trouvait à l’étage, tout comme notre maison de Pully. L’escalier menait à un salon composé de meubles en acajou, de tableaux de Celnikier et de Borvine, de statues dogon, et de peintures de l’école haïtienne Saint-Soleil. Faisant suite à cet espace ouvert et lumineux venait une pièce, en pénombre foisonnante, emplie d’une charge de livres vivants, annotés de partout, revues, photos, feuillets noircis de mots qui garnissaient des rayonnages en bois épais entourant un grand lit. Les auteurs de sa bibliothèque étaient sa compagnie, ses compagnons avec lesquels il entretenait une conversation ininterrompue. Une large table lui tenait lieu de bureau, encombrée de papiers, de journaux, des crayons, de stylos et de statuettes africaines.

  • 10 Yann Plougastel et Simone Schwarz-Bart, Nous n’avons pas vu passer les jours, Paris, Grasset, 2019, (...)

Au fond de sa baignoire nichée dans un renfoncement de la galerie, André passait des heures, lisant ou annotant carnets et revues qui se trouvaient parfois à l’eau dans ses moments de somnolence, et qu’il faisait alors sécher10

  • 11 Pour le projet « Creole Spirit », en 2015, dont il existe quelques traces enregistrées pour l’émiss (...)
  • 12 Aurine Crémieux, « Mon nom est Solitude », France, 2015, 52 minutes, produit par Mano a Mano.
  • 13 Franck Cassenti, « Jacques Schwarz-Bart – La voix des ancêtres », France, 2016, 52 minutes, produit (...)
  • 14 Camille Clavel, « Simone et André Schwarz-Bart, la mémoire en partage », France, 2018, 52 minutes, (...)

5La Maison Schwarz-Bart accueille en son sein quantité d’objets, d’œuvres ayant marqué la vie du couple, mais aussi des projets de mise en valeur de la cuisine antillaise et guadeloupéenne. Entre 2004 et 2005, la maison devient, pendant quelques mois, une table d’hôtes nommée « Canapé Vert ». Elle entre en silence après le décès d’André Schwarz-Bart en 2006, et devient « La Souvenance », un lieu marqué par le deuil. Il faut alors attendre 2011 et la création de l’association « La Souvenance Maison Schwarz-Bart » pour qu’elle revive et réouvre ses portes au public (accueillant des visites, des concerts, des conférences) et aux artistes et leurs projets de création – musicale, comme celui qui réunit Jacques Schwarz-Bart, Omar Sosa et Moonlight11 ; documentaires, comme celui d’Aurine Crémieux autour de Solitude12, de Franck Cassenti sur Jacques Schwarz-Bart13, ou celui de Camille Clavel autour des deux écrivains14 ; ou enfin plastiques, comme le projet « Ombre et Lumière » porté par un collectif d’artistes locaux en 2018.

6La maison des écrivains Schwarz-Bart est donc à la fois un lieu de résidence qui favorise l’émergence créatrice de projets, un lieu d’accueil et d’hospitalité, et un lieu dans lequel reposent de précieuses archives, qui disent beaucoup du couple, de leur création commune, mais également de leur rapport au monde. C’est cette double dimension qui suscite, depuis de nombreuses années déjà, d’ambitieux projets de sauvegarde du lieu.

II. Un fonds multidimensionnel : entre manuscrits, mobilier et mémoire

  • 15 Ce projet de rénovation, inspiré d’un travail déjà réalisé en 2012 par la mairie de Goyave, sous l’ (...)
  • 16 Un dossier complet est commandité par la mairie de Goyave. La définition d’un projet artistique et (...)
  • 17 Projet Patriman « Patrimoine culturel caribéen en péril : comment prévenir les dégâts causés par le (...)

7Textes, objets, meubles et œuvres d’art, conjuguant matériaux littéraires, documents intimes et objets du quotidien, composent une mémoire vivante, que depuis 2011 l’association « La Souvenance Maison Schwarz-Bart » travaille à archiver et valoriser, aux côtés de l’autrice Simone Schwarz-Bart. En 2022, un projet de rénovation et de valorisation du fonds et de la mémoire des écrivains, assorti d’un projet de création d’un espace de résidences littéraires, est présenté à la Fondation du patrimoine15. Il défend une rénovation complète du lieu, s’appuyant sur les projets qui l’ont précédé, portés par des collectivités et des chercheurs comme Francine Kaufmann et Élie Duprey en 201216, qui ont fait du lieu un espace de résidence et d’exposition ; ou encore, en 2018, par Isabelle Mette, Jérôme Villeminoz, Jean-Pierre Orban et Fanny Margras, en collaboration avec le Centre de recherche interdisciplinaire en lettres, langues, arts et sciences humaines (CRILLASH), et la Bibliothèque numérique Manioc, dans le cadre d’un projet de l’Institut des textes et manuscrits modernes (ITEM, CNRS–ENS) pour la préservation des archives du couple d’écrivains17.

8La sauvegarde des œuvres et de la mémoire apparaît aussi urgente qu’essentielle. En 2017, la signature de la convention entre Simone Schwarz-Bart et la Bibliothèque nationale de France, suivie du transfert d’une partie des manuscrits et de la bibliothèque d’André Schwarz-Bart de Goyave à Paris18, ont permis de jeter les premiers jalons d’un travail d’analyse approfondie des œuvres du couple Schwarz-Bart. Ce don, concomitant de la constitution du groupe Schwarz-Bart au sein de l’ITEM, amorçait le développement d’une recherche vivante et active, consacrée à l’écriture collaborative et à l’héritage littéraire19 des deux écrivains.

  • 20 Jean-Pierre Orban, « Provocation du silence : André Schwarz-Bart », Diacritik, 24 juin 2020 ; mais (...)
  • 21 Dans le cadre de la rénovation de la Maison Schwarz-Bart : en septembre 2022, la Fondation du patri (...)
  • 22 Un grand bâtiment proche de la maison actuelle de Simone Schwarz-Bart, lieu de stockage aménagé en  (...)
  • 23 Venus bénévolement prêter main forte aux bénévoles Fanny Margras, Kévin Bataille, David Grégoire, N (...)
  • 24 Le fonds iconographique est, quant à lui, bien plus conséquent, et la méthode, mise au point par Al (...)
  • 25 Dès le retour des écrivains en Guadeloupe en 1978, on note que naissent de nombreux projets d’aména (...)
  • 26 Dont le nom fait référence à la phrase qui ouvre les contes antillais « Tim-Tim ? » à laquelle l’as (...)

9Depuis, le fonds est donc officiellement scindé en deux20 : les documents les plus fragiles et annotés ont été transférés à la BnF, tandis qu’une autre partie – plus stable matériellement, moins abîmée par le temps, l’humidité ou les insectes xylophages – reste conservée sur place par l’association La Souvenance Maison Schwarz-Bart. Le travail de l’association s’est intensifié à partir de 2024, lors du déménagement21 et du regroupement des archives dans deux espaces situés non loin de La Souvenance : le bureau de Simone Schwarz-Bart et un dépôt sécurisé et mis hors d’eau22. Aidée par les archivistes du département de la Guadeloupe23, une équipe de bénévoles a engagé un inventaire patient, pièce à pièce. Ont ainsi été répertoriés, numérotés, dépoussiérés ou placés dans des boîtes de conservation adaptées des centaines de documents, certains très endommagés, d’autres mieux conservés : un ensemble administratif (documents notariaux, attestations, certificats d’aptitude, traces d’un engagement dans la Résistance), une iconographie composite24 (plus de mille photographies et cartes postales, numérisées par David Grégoire), et un fonds mobilier25. Soulignons ici que ce mobilier caribéen était initialement destiné à la vente dans la boutique Tim-Tim26 : berceuses « au pied griffon » de Martinique et de Guadeloupe, fauteuils Napoléon en ébène avec dossier médaillon, console Louis-Philippe, lits en courbaril avec des colonnes à ruban, lits à colonnes à feuilles d’acanthe en bois précieux d’acajou des Antilles, lit « ananas » et secrétaire en acajou. La rénovation et la transformation d’une partie de la Maison Schwarz-Bart (prévue dans le projet présenté par l’association) en zone muséographique sera l’occasion de s’atteler plus précisément à la valorisation de ce mobilier.

  • 27 La maison est en effet ouverte plusieurs jours par an, notamment à l’occasion des Journées du patri (...)
  • 28 Un ordre tout à fait hypothétique, la bibliothèque ayant été plusieurs fois déplacée après la mort (...)
  • 29 Un travail qu’il s’agira d’approfondir.

10L’engagement de l’association au service des archives Schwarz-Bart est donc de deux ordres : d’une part, la conservation et l’inventaire du fonds, afin d’en avoir une vision précise et de nourrir un dialogue fructueux avec la Bibliothèque nationale de France comme avec et les chercheurs et chercheuses qui travaillent sur ces auteurs. D’autre part, la mise en valeur de ce fonds, autant que possible, pour les visiteurs et visiteuses du lieu. Le travail de l’association « La Souvenance Maison Schwarz-Bart » est alors un travail d’inventaire, doublé d’une mission de mise en lumière pour les visites au public27. Dans cette perspective, certaines photographies sont numérisées pour être exposées, et la bibliothèque est organisée, à partir des observations scientifiques et des travaux du groupe de recherche Schwarz-Bart (ITEM–CNRS), suivant l’ordre qui était, sans doute, celui choisi par l’auteur dans les années 199028 : les livres possédés par André Schwarz-Bart sont en effet numérotés à la main, à l’encre bleue, sur une petite étiquette apposée sur l’épine, numéro reporté dans un carnet conservé à la BnF29.

  • 30 Peintre de l’école de Dakar, figure marquante du Sénégal, dont les œuvres sont aujourd’hui exposées (...)
  • 31 Peintre et sculptrice haïtienne, dont le travail s’inscrit dans le mouvement Saint-Soleil, qui appa (...)

11Un travail de précision et d’inventaire est encore à faire sur le fonds mobilier et pictural, avec l’aide de conservateurs du patrimoine et de spécialistes. Un premier aperçu a été consigné par l’association en vue de visites guidées destinées au public, avec les indications de Simone Schwarz-Bart. Il se fonde sur une partie des pièces exposées, elles-mêmes ne représentant qu’une partie du fonds total : tableaux de Georges François dit Géo, d’Alexandre Grégoire, d’Iba N’Diaye30, de Roland Saint Hubert, de Louisianne Saint-Fleurant31 (école haïtienne de Saint Soleil).

Fig. 2.

Fig. 2.

Le bureau, à l’étage de la maison, 2021.

Photographie, archives personnelles Schwarz-Bart. Elisa Margras et Etienne Régis

Fig. 3.

Fig. 3.

Le salon, au rez-de-chaussée de la maison, 2021.

Photographie, archives personnelles Schwarz-Bart. Elisa Margras et Etienne Régis

12Si ce fonds doit aujourd’hui encore être classé, coté, décrit, identifié, de manière à cibler et faciliter les démarches de consultation, il est cependant déjà le reflet d’un projet bien plus large que celui de la seule œuvre écrite : un projet enraciné dans les objets, dans les gestes, dans l’architecture même d’un lieu.

III. Une œuvre collaborative entre mémoire et création

13Le fonds Schwarz-Bart met en lumière une autre manière de penser la collaboration entre Simone et André Schwarz-Bart : au-delà de la co-écriture romanesque, c’est toute une œuvre de collecte, de transmission, d’agencement du réel qui se dessine. Ce que révèle La Souvenance, c’est que la collaboration est aussi patrimoniale, esthétique, matérielle.

14Ainsi, l’entreprise Hommage à la femme noire (1988-1989), vaste encyclopédie visuelle et littéraire en six tomes et plus de mille pages, trouve dans les archives iconographiques de La Souvenance un ancrage préparatoire tangible : des centaines d’images, cartes postales, dessins32, portraits de femmes noires provenant d’Afrique, d’Amérique, et de toute la Caraïbe, rassemblées en vue de restituer une contre-mémoire des représentations coloniales. La galerie d’ancêtres de Simone Schwarz-Bart, accrochée dans le salon, n’est composée que de ces visages féminins : ni père, ni mère, ni aïeul du couple, mais des présences collectives, transmises. Aux murs, sont accrochés des tableaux, des dessins, des portraits de femmes noires de toute la Caraïbe, ou peintes par des artistes de Martinique, Dominique, Cuba, Jamaïque, Haïti : « galerie d’ancêtres choisies ».

15Le fonds mobilier, également impressionnant, constitué au fil des années par Simone et André Schwarz-Bart, est composé de pièces ou d’objets achetés aux enchères dans la Caraïbe, commandées aux États-Unis ou importées d’Indonésie, où le couple put faire quelques voyages. Ce fonds mobilier est le fruit d’un travail commun. Dans les carnets d’André Schwarz-Bart, on retrouve les traces de repérages, de commandes, de devis et de contacts avec les artisans. À première vue, tout porte à croire que c’est surtout lui qui prospecte et veille aux rénovations, ainsi qu’à la formation de jeunes artisans talentueux : les archives de Goyave donnent à voir des traces de prospection, des catalogues (2002), des photographies de mobilier – photographies prises sur la terrasse de la maison ou chez des personnes souhaitant vendre leurs meubles. Simone, elle, vend, accueille, raconte.

Fig. 4.

Fig. 4.

Dessin d’André Schwarz-Bart, NAF 28942, carnet 6, fᵒ 21 vᵒ.

Crédits manquants

Fig. 5.

Fig. 5.

Liste d’achats d’André Schwarz-Bart, NAF 28942, carnet 6, fᵒ 20

Crédits manquants

Fig. 6.

Fig. 6.

Liste d’étapes pour la restauration établie par André Schwarz-Bart, photographié dans la bibliothèque d’André Schwarz-Bart par Jean-Pierre Orban en 2017.

Crédits manquants

Fig. 7.

Fig. 7.

Liste établie par André Schwarz-Bart dans Les naufragés et les escapés. Quarante ans après Auschwitz de Primo Levi, Paris, Gallimard, 1989, coll. « Arcades ». On y lit, entre autres, “matériel ponçage (et documentation ?)”, “essais avec placage acajou”, “appareil à polir”, “voir métal, et colle et emboutissage”, “plaques émaillées” en page de gauche, et une liste de meubles en page de droite.

Fonds Simone et André Schwarz-Bart, NAF 28942, BnF

Fig. 8.

Fig. 8.

Liste de questions à poser à « Harry » annotée dans un ouvrage de la bibliothèque d’André Schwarz-Bart.

Département des Manuscrits, BnF

16Dans une perspective génétique, il s’agirait de comprendre, concrètement, comment s’organise et se déploie cette dynamique particulière de collaboration, ancrée dans une réalité concrète, palpable, celle de la vente de meubles. Il nous semble que se posent en effet des questions similaires à celles qui s’ancrent dans un travail collaboratif d’écriture. En réalité, si les rôles semblent clairement attribués (à André Schwarz-Bart la charge des commandes, et des contacts avec les fournisseurs, que ce soit à la Barbade ou en Indonésie, et à Simone celle de l’accueil et de la vente à Pointe-à-Pitre, de la gestion du personnel qui l’entoure, et, sans doute, de la réception des livraisons de meubles rénovés par le soin d’artisans locaux), qui énonce les choix définitifs ? Qui porte le projet, et, en définitive, le signe ?

17Car la répartition des tâches, qui semble claire dans les faits, redevient, à nouveau, floue lorsqu’il s’agit de penser la signature, d’autant plus que le cas Schwarz-Bart est un cas d’étude qui englobe une grande partie des problématiques et questionnements propres à la coauctorialité : leur œuvre se déploie dans un continuum qui floute les frontières de l’auctorialité33. Ainsi, s’il faut le penser en termes de signature, le projet Tim-Tim nous semble plus proche d’Hommage à la femme noire, qui porte et affiche le nom de Simone, avec une mention discrète de la « collaboration d’André » (alors même qu’on sait, par des témoignages concordants34, la part importante qu’il a pu prendre dans les recherches préparatives de l’ouvrage), que d’Un plat de porc aux bananes vertes, signé des deux noms. Si Tim-Tim est présenté dans la presse comme l’œuvre de Simone, les archives démontrent l’implication active d’André.

18Jusqu’à quel point est-il alors possible de faire le lien entre l’écriture en collaboration, comme celle de l’ouvrage Hommage à la femme noire, et l’élaboration d’un projet commun comme l’ouverture et la gestion quotidienne d’une boutique de mobilier ? La démarche, d’abord, est similaire, en ce qu’il s’agit de combler le « sentiment d’un manque35 », créé par l’amnésie progressive d’un peuple face à son passé. Il y a création collective, dans ce projet, dans la mesure où il y a élaboration d’une méthode visant à l’aboutissement d’une réflexion commune, née d’un constat partagé. Il s’agissait, dans Hommage à la femme noire, de « trouver dans le passé des exemples exaltants36 », de « donner pleine valeur37 » à ceux-ci. Or, dans la boutique Tim-Tim, c’est un mobilier ancien, relégué aux souvenirs, qui est mis en lumière, et avec lui, un travail artisanal remarquable : Simone Schwarz-Bart en vante la robustesse comme la beauté, et s’insurge en faux contre celles et ceux qui trouvent qu’il appartient à un autre temps. Elle parcourt, avec André Schwarz-Bart, les boutiques d’antiquaires ; mais les meubles qu’ils vendent ne sont plus considérés comme les témoins d’un monde passé dès lors qu’ils passent les portes de Tim-Tim.

Fig. 9.

Fig. 9.

Simone Schwarz-Bart dans sa boutique Tim-Tim, à Pointe-à-Pitre, non datée, archives personnelles Schwarz-Bart.

Anonyme, photographie recolorisée par David Grégoire

Fig. 10.

Fig. 10.

Carte de visite de la boutique Tim-Tim, à Pointe-à-Pitre, non datée, archives personnelles Schwarz-Bart.

Crédits manquants

19Il y a donc là matière à penser une autre forme de génétique : une génétique de l’œuvre collective et concrète, non plus seulement textuelle, mais ancrée dans des objets, des pratiques. À ce titre, La Souvenance est une archive vivante, un palimpseste poétique et politique, qui rassemble œuvres et productions du monde entier, pour les donner à voir et admirer.

Conclusion

20Le fonds Schwarz-Bart, dans son ensemble, nous invite donc à élargir notre définition de l’œuvre littéraire : il révèle une entreprise collaborative de longue haleine, protéiforme, traversant l’écriture, la mémoire, l’architecture, le mobilier, la photographie. À La Souvenance, chaque meuble, chaque photographie, chaque carnet témoigne de cette volonté de transmission.

  • 38 Le terme « matrimoine » nous semble ici le plus propre à décrire ce travail de transmission. Il fai (...)
  • 39 S. et A. Schwarz-Bart, Hommage à la femme noire, op. cit.
  • 40 S. et A. Schwarz-Bart, Un plat de porc aux bananes vertes, op. cit.

21Depuis 2011, l’association « La Souvenance Maison Schwarz-Bart » s’attelle à cette œuvre de préservation, avec l’aide de la BnF, de chercheurs et chercheuses et d’institutions locales et nationales. Ce travail, en cours, mérite d’être amplifié, reconnu, soutenu : car penser La Souvenance, c’est penser le matrimoine en acte38 – un matrimoine caribéen, mondial, fragile, mais infiniment précieux. Tim-Tim, Le bout du Monde, Canapé Vert, Hommage à la femme noire39, Un plat de porc aux bananes vertes40… autant de noms pour une collaboration protéiforme, riche et complexe, qui s’étend du monde de la littérature à celui d’autres arts, dans laquelle elle s’ancre. La création schwarz-bartienne se déploie au-delà de l’écriture, fidèle à son histoire, et c’est sur cette autre genèse, cet autre récit du couple Schwarz-Bart que travaille l’association « La Souvenance Maison Schwarz-Bart ».

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Notes

1 Respectivement, pour André Schwarz-Bart, Le Dernier des justes, Paris, Éditions du Seuil, 1959 ; La Mulâtresse Solitude, Paris, Éditions du Seuil, 1972 ; L’Étoile du matin, Paris, Éditions du Seuil, 2012, et pour Simone Schwarz-Bart, Pluie et vent sur Télumée Miracle, Paris, Éditions du Seuil, 1972 ; Ti Jean l’horizon, Paris, Éditions du Seuil, 1979 ; Ton beau capitaine, Paris, Éditions du Seuil, 1989.

2 Simone et André Schwarz-Bart, Un Plat de porc aux bananes vertes, Paris, Éditions du Seuil, 1967 ; Hommage à la femme noire, Paris, Éditions Consulaires, 6 vol., 1987-1988 ; L’Ancêtre en Solitude, Paris, Éditions du Seuil, 2015 ; Adieu Bogota, Paris, Éditions du Seuil, 2017.

3 S. et A. Schwarz-Bart, Hommage à la femme noire, op. cit.

4 Voir à ce sujet Fanny Margras, « Hommage à la femme noire : entre encyclopédie et roman, maillon de l’œuvre schwarz-bartienne » Acta Fabula, 2022.

5 On appelle « bourg » le centre des villes et villages de Guadeloupe.

6 Créé en 2011, le label « Maisons des Illustres » signale des lieux dont la vocation est de conserver et transmettre la mémoire de femmes et d’hommes qui se sont illustrés dans l’histoire politique, sociale et culturelle de la France.

7 Jack Berthelot, Martine Gaumé, Kaz antiyé : jan moun ka rété, L’habitat populaire aux Antilles, Pointe-à-Pitre, Perspectives créoles, 1982.

8 Voir Jean-Pierre Orban, « Comme un voleur qui enrichirait la maison cambriolée : la bibliothèque d’André Schwarz-Bart », Genesis. nᵒ 51, 2020, p. 111‑126 ; mais aussi Jean-Pierre Orban, « Dans la bibliothèque d’André Schwarz-Bart », En attendant Nadeau, 26 février 2019.

9 Que l’on contemple en déambulant dans une coursive aux murs entièrement percés de fenêtres, protégées du soleil par des volets en bois dits « à la barbadienne », inspirés des vieilles maisons de Speightstown, à Saint Pierre, sur l’île de la Barbade, constitués de persiennes en bois, s’ouvrant vers l’extérieur à partir d’un point d’attache haut.

10 Yann Plougastel et Simone Schwarz-Bart, Nous n’avons pas vu passer les jours, Paris, Grasset, 2019, p. 167-168.

11 Pour le projet « Creole Spirit », en 2015, dont il existe quelques traces enregistrées pour l’émission « Il existe un endroit » réalisée par Alexandre Héraud et diffusée sur France Inter le 03 juin 2015 : « Jacques et Simone Schwarz-Bart, une session musicale à Goyave, en Guadeloupe. Invité spécial : Omar Sosa. ».

12 Aurine Crémieux, « Mon nom est Solitude », France, 2015, 52 minutes, produit par Mano a Mano.

13 Franck Cassenti, « Jacques Schwarz-Bart – La voix des ancêtres », France, 2016, 52 minutes, produit par Beau comme une image.

14 Camille Clavel, « Simone et André Schwarz-Bart, la mémoire en partage », France, 2018, 52 minutes, produit par l’INA.

15 Ce projet de rénovation, inspiré d’un travail déjà réalisé en 2012 par la mairie de Goyave, sous l’égide d’un conseil scientifique dont faisait notamment partie la chercheuse Francine Kaufmann, prévoit de faire de la maison des écrivains un lieu de résidences d’écritures croisées.

16 Un dossier complet est commandité par la mairie de Goyave. La définition d’un projet artistique et culturel donne lieu à un rapport piloté par Zoé Durell et Françoise Marianne, qui s’appuie sur une expertise commanditée par la Région Guadeloupe en 2011.

17 Projet Patriman « Patrimoine culturel caribéen en péril : comment prévenir les dégâts causés par les catastrophes naturelles dans les zones tropicales – le cas de la maison des écrivains Simone et André Schwarz-Bart », élaboré dans le cadre de l’investigation proposée par l’Agence nationale de la recherche sur les modalités de reconstruction et d’adaptation des systèmes, pour faire face aux prochains événements météorologiques extrêmes, février 2018.

18 Jean-Pierre Orban, « De l’achevé à l’inaccompli en passant par le recomposé : corpus, archives et enjeux génétiques des écrits de Simone et André Schwarz-Bart », Continents manuscrits, nᵒ 16, 2021.

19 On compte aujourd’hui un numéro (nᵒ 16, 2021) de la revue Continents Manuscrits consacré aux auteurs, huit années de séminaires du groupe Schwarz-Bart (ITEM–CNRS/ENS), une journée d’étude à Lausanne (2021) et un colloque international en Guadeloupe (2024), sans compter des dizaines d’articles consacrés aux auteurs et à leur œuvre.

20 Jean-Pierre Orban, « Provocation du silence : André Schwarz-Bart », Diacritik, 24 juin 2020 ; mais également J.-P. Orban, « De l’achevé à l’inaccompli en passant par le recomposé » art. cit..

21 Dans le cadre de la rénovation de la Maison Schwarz-Bart : en septembre 2022, la Fondation du patrimoine reçoit le projet de résidence d’écritures, porté par l’association « La Souvenance » et la mairie de Goyave. Il aboutit en février 2023 à l’attribution au projet d’un chèque de la Fondation du patrimoine. Il faut ensuite attendre octobre 2024 et l’implication des collectivités régionales et départementales, en appui à la mairie de Goyave, pour que les travaux commencent.

22 Un grand bâtiment proche de la maison actuelle de Simone Schwarz-Bart, lieu de stockage aménagé en lieu d’exposition en avril 2023 : Simone Schwarz-Bart a inauguré en ce lieu, pour la visite du ministre des Outre-mer Jean François Carenco, une exposition pensée par André et elle-même, « Origines », qui donnait à voir une partie des meubles et objets non exposés à La Souvenance.

23 Venus bénévolement prêter main forte aux bénévoles Fanny Margras, Kévin Bataille, David Grégoire, Nora et Elie Szwarcbart : Charly Jollivet, directeur des Archives départementales de Guadeloupe, conservateur du patrimoine et docteur en archivistique ; Véronique Parmentier, responsable du contrôle scientifique et technique sur les archives de l’état aux Archives de Guadeloupe ; et Anita Bouka, responsable bibliothèque aux Archives de Guadeloupe.

24 Le fonds iconographique est, quant à lui, bien plus conséquent, et la méthode, mise au point par Aline Amat, avec la collaboration de David Grégoire et Fanny Margras, a été celle d’une division en deux types : d’un côté, les documents rassemblés suivant un classement établi par Francine Kaufman en 2009, et de l’autre ceux éparpillés au fil du temps, accumulés en grande quantité, que nous nous proposons de classer par type : cartes postales, photographies, dessins, peintures.

25 Dès le retour des écrivains en Guadeloupe en 1978, on note que naissent de nombreux projets d’aménagement patrimoniaux : deux restaurants voient le jour à Pointe-à-Pitre, Le Petit Démélé et Un bout du monde (à l’îlet Brumant), et une table d’hôte, le Canapé Vert à Bonfils, Goyave, avec l’ambition de mettre en lumière et redonner ses lettres de noblesse à la cuisine antillaise. On trouve aussi les traces de projets de musée à l’îlet Brumant ou à Goyave. Enfin, la boutique de mobilier, Tim-Tim, ouverte en 1981 au 15 rue Henri iv, devient quant à elle un lieu incontournable à Pointe-à-Pitre : plusieurs centaines d’objets acquis au fil des années dans la Caraïbe, aux États-Unis ou en Indonésie, sont restaurés avec soin et y sont vendus (témoignage de Béatrice Coquerelle, proche du couple, recueilli par Fanny Margras en septembre 2024).

26 Dont le nom fait référence à la phrase qui ouvre les contes antillais « Tim-Tim ? » à laquelle l’assistance répond « Bois-Sec ! ». Le lien avec le bois, matériau de prédilection des meubles de la boutique, est ici un clin d’œil assumé.

27 La maison est en effet ouverte plusieurs jours par an, notamment à l’occasion des Journées du patrimoine : l’association organise alors des visites guidées durant lesquelles l’histoire du lieu et des écrivains est dévoilée dans chacune des pièces de la maison.

28 Un ordre tout à fait hypothétique, la bibliothèque ayant été plusieurs fois déplacée après la mort d’André Schwarz-Bart, pour la protéger des cyclones, les ouvrages ont souvent été mis en cartons et stockés dans l’ancienne citerne de la maison, au sous-sol.

29 Un travail qu’il s’agira d’approfondir.

30 Peintre de l’école de Dakar, figure marquante du Sénégal, dont les œuvres sont aujourd’hui exposées au Centre Pompidou à Paris.

31 Peintre et sculptrice haïtienne, dont le travail s’inscrit dans le mouvement Saint-Soleil, qui apparaît dans les années 1970.

32 Fanny Margras, « Exploration iconographique des manuscrits d’André Schwarz-Bart », Continents manuscrits, nᵒ 18, 2022.

33 Fanny Margras, « Simone et André Schwarz-Bart : analyse d’une collaboration littéraire », thèse de doctorat, Antilles, 2022.

34 Celui de Simone Schwarz-Bart, mais aussi celui de Jacques Schwarz-Bart, qui lui aussi a contribué à l’écriture de l’ouvrage, sous la dictée des auteurs (témoignage de juin 2025 ; entretien réalisé par Jean-Pierre Orban, Jérôme Villeminoz et Fanny Margras – non publié) ; et encore celui de Malka Marcovitch (témoignage de mars 2025 réalisé par Fanny Margras – non publié).

35 Genevieve Abravanel et Simone Schwarz-Bart, « Hommage à la francophonie guadeloupéenne : entretien avec Simone Schwarz-Bart », Nouvelles études francophones, vol. 21, nᵒ 2, 2006, p. 71‑75.

36 G. Abravanel et S. Schwarz-Bart, art. cit.

37 G. Abravanel et S. Schwarz-Bart, art. cit.

38 Le terme « matrimoine » nous semble ici le plus propre à décrire ce travail de transmission. Il fait signe vers un héritage culturel légué par les générations de femmes ; ici, il nous semble d’autant plus pertinent qu’il s’applique dans un cas de transmission (mobilier et pictural) traditionnellement cantonné à la sphère domestique.

39 S. et A. Schwarz-Bart, Hommage à la femme noire, op. cit.

40 S. et A. Schwarz-Bart, Un plat de porc aux bananes vertes, op. cit.

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Table des illustrations

Titre Fig. 1.
Légende La Maison Schwarz-Bart, 2008.
Crédits Photographie, archives personnelles Schwarz-Bart
URL http://journals.openedition.org/coma/docannexe/image/13686/img-1.png
Fichier image/png, 3,0M
Titre Fig. 2.
Légende Le bureau, à l’étage de la maison, 2021.
Crédits Photographie, archives personnelles Schwarz-Bart. Elisa Margras et Etienne Régis
URL http://journals.openedition.org/coma/docannexe/image/13686/img-2.png
Fichier image/png, 2,9M
Titre Fig. 3.
Légende Le salon, au rez-de-chaussée de la maison, 2021.
Crédits Photographie, archives personnelles Schwarz-Bart. Elisa Margras et Etienne Régis
URL http://journals.openedition.org/coma/docannexe/image/13686/img-3.png
Fichier image/png, 2,8M
Titre Fig. 4.
Légende Dessin d’André Schwarz-Bart, NAF 28942, carnet 6, fᵒ 21 vᵒ.
Crédits Crédits manquants
URL http://journals.openedition.org/coma/docannexe/image/13686/img-4.png
Fichier image/png, 936k
Titre Fig. 5.
Légende Liste d’achats d’André Schwarz-Bart, NAF 28942, carnet 6, fᵒ 20
Crédits Crédits manquants
URL http://journals.openedition.org/coma/docannexe/image/13686/img-5.png
Fichier image/png, 1,4M
Titre Fig. 6.
Légende Liste d’étapes pour la restauration établie par André Schwarz-Bart, photographié dans la bibliothèque d’André Schwarz-Bart par Jean-Pierre Orban en 2017.
Crédits Crédits manquants
URL http://journals.openedition.org/coma/docannexe/image/13686/img-6.png
Fichier image/png, 1,4M
Titre Fig. 7.
Légende Liste établie par André Schwarz-Bart dans Les naufragés et les escapés. Quarante ans après Auschwitz de Primo Levi, Paris, Gallimard, 1989, coll. « Arcades ». On y lit, entre autres, “matériel ponçage (et documentation ?)”, “essais avec placage acajou”, “appareil à polir”, “voir métal, et colle et emboutissage”, “plaques émaillées” en page de gauche, et une liste de meubles en page de droite.
Crédits Fonds Simone et André Schwarz-Bart, NAF 28942, BnF
URL http://journals.openedition.org/coma/docannexe/image/13686/img-7.png
Fichier image/png, 1,8M
Titre Fig. 8.
Légende Liste de questions à poser à « Harry » annotée dans un ouvrage de la bibliothèque d’André Schwarz-Bart.
Crédits Département des Manuscrits, BnF
URL http://journals.openedition.org/coma/docannexe/image/13686/img-8.png
Fichier image/png, 1,4M
Titre Fig. 9.
Légende Simone Schwarz-Bart dans sa boutique Tim-Tim, à Pointe-à-Pitre, non datée, archives personnelles Schwarz-Bart.
Crédits Anonyme, photographie recolorisée par David Grégoire
URL http://journals.openedition.org/coma/docannexe/image/13686/img-9.png
Fichier image/png, 2,6M
Titre Fig. 10.
Légende Carte de visite de la boutique Tim-Tim, à Pointe-à-Pitre, non datée, archives personnelles Schwarz-Bart.
Crédits Crédits manquants
URL http://journals.openedition.org/coma/docannexe/image/13686/img-10.png
Fichier image/png, 2,6M
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Pour citer cet article

Référence électronique

Fanny Margras, « La Souvenance »Continents manuscrits [En ligne], 25 | 2025, mis en ligne le 02 septembre 2025, consulté le 23 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/coma/13686 ; DOI : https://doi.org/10.4000/14ksx

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Auteur

Fanny Margras

Fanny Margras est chercheuse-associée à l’ITEM.

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Droits d’auteur

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