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Entretiens

“Amoureux-fou d’une fleur”

Entretien avec Malcolm de Chazal
Malcolm de Chazal, Françoise Ligier, Yves Loiseau et Jadwiga Rostowska

Notes de la rédaction

Cet entretien mené, en 1990 par Françoise Ligier, Yves Loiseau et Jadwiga Rostowska, a été diffusé par Radio France internationale (RFI, ARCL. 21) et recueilli par la journaliste et productrice Jacqueline Sorel dans un ensemble intitulé Les Voix de l’écriture. Archives sonores de la littérature noire francophone, qu’elle souhaitait publier. Sa famille a autorisé cette publication. Nous l’en remercions vivement.

Certaines des positions de Chazal dans cet entretien paraissent aujourd’hui brutales, voire choquantes. Jacqueline Sorel indique ceci : « Nous devons à l’amabilité de Mme Nadja Rostovska la copie de l’entretien qu’elle a réalisé à la Radiodiffusion mauricienne. Il en ressort le caractère ombrageux mais aussi plein d’humour de Malcolm de Chazal. »

Texte intégral

I. Entretien

Malcolm de Chazal (MC) : Je suis l’homme qui s’est retrouvé. Qui s’ignorait. Qui a créé. Qui a œuvré, pour savoir qui il était. Personne ne se connaît, sans se donner. Alors j’ai eu besoin, pour me connaître, et savoir qui je suis, de retrouver un nouveau sens, un autre sens à l’amour.

Je vous dirai que, près de Curepipe, la ville où j’habite, il y a un superbe jardin. Je commençai Sens-plastique, quand, un jour, par un beau soleil d’après-midi, personne n’étant dans ce jardin, je passai devant un groupe d’azalées. Et puis, le miracle s’est produit. Une fleur que je regardais… me regardait. La fleur d’azalée tenait une conversation avec moi. Dans cet acte, qui oblitère l’état objectif de vision et qui cause une réciprocité du sujet et de l’objet, dans cet acte où je vois la fleur d’azalée me regarder, j’ai connu pour la première fois le sens de l’amour. C’est-à-dire l’amour qui est à la fois cosmique, humain, universel. Dans ce sens, aimer c’est intégrer, c’est devenir l’autre.

Françosie Ligier (FL) : Quand on lit Sens-plastique, on a justement l’impression de cette grande communication de vous-même et du végétal : de la fleur, de la plante, de la feuille, et même peut-être plus du végétal que de l’humain ou plus généralement de l’animal.

MC : La solitude n’existe pas pour le poète. La seule solitude qu’il connaît, c’est la solitude en société, dans des réceptions. Là c’est atroce. Mais jamais un poète n’est seul quand il est parmi les arbres, au bord de la mer, parce que tout lui répond. Il est entouré d’amis qui ne lui demandent rien. Toutes ces choses l’aiment, le reçoivent, elles sont là pour sa venue. Mais, pour y arriver, il faut une ascèse. Je vous dirai que le poète, c’est l’homme le plus sensible de la terre, le plus aimant, et l’être qui est… torturé par la vie. Et toutes ces comédies qu’il fait, c’est le poisson hors de l’eau…

Je regrette d’avoir à vous dire que, selon moi, dans mon cas personnel, je n’aurais jamais pu y arriver, sans de très grandes souffrances, sans que la société m’ait pilé, écrasé, sans que j’aie senti toutes les affres du rejet, sans que j’aie connu toutes les angoisses possibles et imaginables. Alors, à ce moment-là, je n’ai eu qu’une ressource en moi-même : m’échapper. M’échapper voulait dire sortir de moi-même pour ne rien faire en retour, mais pour me délivrer.

J’ai peut-être été jusqu’ici – je ne dirai pas hypocrite – mais en même temps très donnant et très rétracté. Je suis extrêmement… fermé et ouvert ; fermé dans le bon sens, c’est-à-dire que je garde mon tabernacle fermé avant de l’ouvrir un petit peu. Ce qui arrive est ceci : qu’est-ce que vous avez autour de vous ici, au Morne-Brabant, à Maurice ? Vous avez la mer, une lagune, vous avez des filaos, vous avez une merveilleuse bordure, vous avez un grand calme, vous sentez une évasion… mais qu’est-ce que vous avez ? Qu’est-ce que vous voyez ? Ces arbres, ces fleurs, ce meuble, ce tapis… ce ne sont que des images. N’existent que des images… Il n’y a pas d’idée. L’idée, c’est une forme abstraite de l’image, un chiffre, un poème, une image. La moindre couleur est une image. Tout est image, et tout est verbe. L’homme qui a changé ces images, a changé sa vie. Un homme meurt, ce qui reste de lui c’est un nom, c’est une image. Aimer, c’est aimer une image. C’est dire que la poésie n’est pas partielle ; la poésie c’est absolument tout, c’est le fondement et le sel de la vie… Remarquez aujourd’hui, tout est envahi par l’image, vous avez la TV, mais ce sont des images qui ne peuvent aider. Il nous faut des images qui nous libèrent. Quelles sont ces images ? C’est l’image du poète mais dans le sens que je vous dis.

Moi, je me sers des paraboles, par exemple comme l’arc-en-ciel, la parabole de l’arc-en-ciel. La parabole du reflet ; la nature nous parle, mais nous sommes aveugles et sourds. Ce qu’il faut, c’est d’abord trouver ce langage que le monde recèle. C’est de revenir à Baudelaire qui disait « la nature est un temple où de vivants piliers/laissent parfois sortir de confuses paroles… » qu’on n’entend pas. On pourrait parler d’allégorie dans un sens neuf. C’est-à-dire que, par le conscient et l’inconscient liés, on s’intègre à l’objet qu’on voit. Par effet, il y a réciprocité entre le sujet et l’objet. Ayant réciprocité entre sujet et objet, se dégage un lien conceptuel, vivant, entre l’homme et l’arbre, et on voit qu’il y a une parenté entre l’homme et l’arbre. Ce n’est pas de dire seulement les branches sont des bras, à ce moment on est au-delà du symbole. Si vous voyez dans Sens-plastique toutes les conformations du corps humain, par exemple bouche, dents, œil, elles n’ont pas du tout un sens symbolique. Ce sont des verbes d’animation. Par exemple, je vous cite un verset de Sens-plastique assez osé. Il n’y a nulle pornographie dans ce que je vais lire : « La mer ayant ouvert ses cuisses, on sentait l’odeur des algues ». Les cuisses de la mer, cuisse n’est pas un symbole, cuisse est allégorique. C’est le verbe d’animation, c’est ça qui lie l’homme et l’univers. Alors l’analogie n’est pas transversale, extérieure à l’homme. Je me sers du terme analogie, mais il faudrait trouver d’autres mots pour exprimer cela.

J’ai écrit Sens-plastique au-delà des mots ; le mot vient d’un alphabet mais c’est simplement le brisement des onomatopées. Le parler des choses n’est pas un langage articulé, on l’a rendu articulé en créant l’alphabet. Mais il y a un langage que tout le monde peut comprendre. Le baiser est un langage, que tout le monde peut comprendre, et mille choses comme ça. C’est le problème du mot, et nous arrivons à l’Art. Le mot se vide de son sens aujourd’hui… on crée des sigles, on invente des mots, l’ONU et ceci et cela. Les mots sont devenus morts ; ils n’ont plus aucun sens, ils ont perdu leurs voix, ils ont tout perdu parce qu’ils sont vidés de toute forme de poésie. Ce qui donne un sens au mot, c’est son intériorité. C’est comme la musique, son intériorité n’est pas dans les vocalises extérieures. Alors, quand j’ai écrit Sens-plastique, je me suis dit que je devenais complètement fou et que je ne serai pas compris pendant des millions d’années, parce que tout s’est dit au-delà des mots.

Après que Sens-plastique a été publié, celui qui l’a compris le mieux a été Jean Paulhan, et puis Georges Braque qui m’a demandé de peindre, en disant que je ne faisais pas de littérature mais que j’étais un peintre en naissance. C’est aussi Gaston Bachelard, du Collège de France, qui m’a dit : « Mais vos couleurs sont des êtres ». Voyez, tous ces gens à Paris avaient pressenti qu’il y avait là un message extraordinaire qui se présentait. Mais… comment y arriver ? Comment changer la conscience des gens pour leur faire percevoir ce message ? Nous avons les surréalistes, des êtres à particules, des êtres qui se jettent dans l’inconscient par l’écriture automatique. Et puis il y a Raymond Roussel qui essaye – timidement – d’associer le conscient et l’inconscient. Pour avoir une conscience totale et pour vivre la communion avec la vie, il faut lier le conscient et l’inconscient. C’est-à-dire, arriver à ce qu’un homme se sente un besoin vital d’embrasser l’écorce d’un arbre. Vous m’entendez ? D’être amoureux-fou d’une fleur… amoureux-fou d’une fleur ! Mais qui est amoureux-fou d’une fleur ? L’enfant l’est, l’enfant adore la fleur, l’enfant caresse une petite pierre ; c’est cette forme d’amour qu’il faut changer dans le monde, et elle ne peut se faire que par la poésie.

FL : Vous semblez faire une grande confiance en l’espèce de pureté des enfants, dans le génie des enfants ; or, vous avez dit tout à l’heure que, pour arriver au degré de connaissance que vous avez acquis, il vous a fallu énormément de souffrances, énormément de rejets, de refus, de recherches. Est-ce que vous croyez donc que l’enfant n’est pas un début, mais qu’il faut toute cette vie d’homme, toute cette maturation pour arriver à faire quelque chose ?

MC : L’enfant est l’être le plus malheureux de la terre ; sa souffrance est indicible, parce que, tout le temps, le père et la mère lui font sentir le paradis, pour entrer dans l’enfer d’une société. Quelle différence faites-vous entre l’enfant et un adulte comme moi ? L’adulte qui revient à l’enfant, c’est l’homme qui a passé la puberté et qui a mérité et retrouvé l’état d’enfance. Alors, la puberté est le plus grand événement de l’homme et de la femme. Le génie, c’est l’homme qui a résisté à la puberté… Qui a résisté. Je vous dirai une chose, absolument idiote, qui va fixer ma manière de voir : comme enfant, mes parents allaient au bord de la mer et ils y passaient l’été pendant les vacances. À l’époque on chauffait les fours avec le bois de filao. Moi, je prenais les écorces de filao et je les transportais religieusement au bord de la mer où il y avait des plants de filao, afin que ce filao qu’on avait coupé et jeté près de la cuisine, puisse retrouver son compagnon et ami, l’arbre. Eh bien, ça, c’est un concept essentiellement poétique. Et il m’est resté, sous d’autres formes.

Sens-plastique n’existe pas à travers moi. Moi, je ne suis simplement qu’un homme de hasard, qui transcrit une vérité, qui la fait passer. Un grand homme est un homme qui n’apporte rien de nouveau, mais qui révèle ce qui est. Le poète n’est pas l’homme qui fait des systèmes, il est le porte-parole de la vie. Ce qui lui permet d’être un grand homme, c’est qu’il s’est dénudé en lui-même, il a donné une part à l’esprit. Ce qu’il nous faut c’est nous libérer, c’est nous purger d’abord, rejeter tout jusqu’au moment où tout est propre en nous… mais si vous avez encore des choses qui vous bloquent, il n’y a rien à faire. Alors Sens-plastique est simplement une chose qui peut se trouver enterrée en n’importe quel homme, en n’importe quelle planète, c’est une chose innée à l’homme. Moi, Malcolm de Chazal, je ne suis rien, mais ma grandeur – si j’en ai une – c’est d’avoir pu transmettre une chose qui est, et d’avoir un cerveau assez libre pour être un homme indépendant, et penser, et me faire penser par la vie.

Si vous voyez les montagnes de l’île Maurice, elles sont uniques au monde ; elles sont comme un décor wagnérien, elles ressemblent à des êtres ; il y a des personnages qui sont en elles, vous les voyez de près. La montagne s’anime, ce sont des montagnes-fées. J’avais remarqué qu’au bord des plages, la pierre travaillée par l’eau donnait – sous le regard impressionniste – des images, des mythes pétresques où l’oiseau dans la pierre était prédominant ; et au haut des montagnes, j’avais aussi remarqué que la pierre donnait des poissons pétrés… donc réversibilité. Fait étrange : j’ai voulu dessiner ces mythes mais je ne le pus. C’était purement occulte. Et je compris que la pierre parlait dans le langage des allégories. Et que le parler de la pierre était lié à l’inconscient cosmique, et que les rêves de la pierre donnaient des messages, une instruction. C’est cela que j’ai dégagé dans mon livre Petrusmok. Dans Petrusmok, la thèse est double. La montagne taillée d’une part, et d’autre part la pierre qui parle.

On peut aller vers des milliards d’années on n’inventera pas dans l’humain si l’on n’arrive pas à résoudre le problème de Dieu. Le problème de Dieu c’est la clé de tout, mais il faut trouver un nouveau sens de Dieu. Comment y arriver ? Nous y arrivons, par exemple, comme ceci. En peinture, quand je prends des couleurs, je les associe, je les marie et j’en fais une unité : chaque couleur est complètement distincte des autres couleurs, je ne peins que des couleurs pures. Elles restent là, il n’y a de confusion d’aucun ordre. Et cependant tout ça c’est lié. C’est une démonstration, je dirai, de ma peinture, une démonstration de Dieu et de l’harmonie.

Le noir est la lumière trouée, le gris est la robe du soir de la nuit, le lilas est le rose qui rêve. Mouchez le jaune, et il devient blanc. Le rose semble toujours étonné d’être rose. Le vert passa la main sur l’épaule du jaune qui eut un frisson mauve ; le bleu pâlit de bonheur… c’était le printemps.

La poésie n’a rien à faire avec des livres. Mes livres n’ont aucune valeur, même les meilleurs livres, si ça n’aide pas l’homme à vivre. Le livre doit devenir un livre de vie. Du moment que c’est passé dans l’univers, le livre peut être détruit. Parce que c’est entré dans le sang et la vie des êtres. C’est ça qu’il faut. Il faut sortir de la littérature et entrer dans la vie.

Et voici ce moment de temps, incarcéré dans une couleur ; voici l’espace de voir intégré à une forme. Deux images, visible et invisible, et c’est la fleur. Et quand je cherche la couleur, je vois l’objet ; et quand je cherche l’objet, j’ai la couleur dans les yeux. Tout m’échappe… et c’est… l’enivrement. Bientôt, il n’y aura ni espace et ni temps, ni couleur, ni objet… mais moi… dans moi, au sein de la conscience universelle. Et me voici en pleine lumière, décalé, entre deux lumières. Je suis devenu couleur, je suis devenu forme, je suis devenu espace, je suis devenu temps. Enfin, je suis dans la vérité de cette chose.

Le grand perturbateur

  • 1 Panier tissé en rafia qui sert à faire les courses et à transporter ses effets.

MC : Nous sommes au Chaland. L’eau, gonflée, c’est comme un ballon bleu, par la brise. Il y a là tout un groupe. Des gens importants, directeurs de compagnies aériennes, une femme ici ou là, pour ponctuer le bouquet. Je parle dans la grande salle à manger, chapeau sur la tête. Ici je fais une digression. Je considère que l’homme, l’esprit, la personnalité sont liés à l’habillement. Si j’étais bien vêtu, je ressemblerais à un niais ; donc, je m’habille mal, avec intention, pour insister sur ma distinction. L’homme qui a du style l’est surtout en pyjama. Je n’accepte pour ma part aucune convenance, et je porte une tente1 où je mets mes affaires ; je voyage ainsi, avec cette tente, à Port-Louis, dans le bus, afin de signifier que je peux tout faire et que j’ai tous les droits ; mais, qu’on ne cherche pas à m’imiter, on se ridiculiserait.

Yves Loiseau (YL) : Malcolm de Chazal, vous êtes le Mauricien le plus célèbre à l’extérieur de son pays, alors la première question que je dois vous poser, puisque nous sommes en ce moment à quelques kilomètres de la capitale de l’île Maurice, Port-Louis, qu’est-ce que ça représente pour vous l’île Maurice ?

MC : Rien. Absolument rien. Parce que l’île Maurice n’existe pas, d’abord. Ca n’a aucune personnalité, ça n’a aucune âme, ça n’a aucun folklore et une prétention infinie.

YL : On dit que c’est un continent, justement à cause de cette juxtaposition de races, d’ethnies, de religions, dont vous venez de parler.

MC : L’île Maurice est née il y a une dizaine d’années, avec un livre que j’ai créé, qui s’appelait Petrusmok. C’est un livre qui donne l’essence poétique du pays. En dehors de ça, il n’y a que du verbiage.

YL : Et le français, la langue française bien sûr ?

MC : Disparu complètement le français, et comme langue, et comme sentiment. Le français est une chose morte à Maurice. Il n’y a pas de Français, et le Mauricien n’est rien.

YL : Alors qu’est-ce qui le remplace ? Il y a quand même un moyen de communication ?

MC : À mort, KO, nullité. Il n’y a que quelques poètes.

Dernièrement, un ambassadeur à Maurice qui voulait faire ma connaissance – je ne nomme pas de quel pays il était – finit par me retrouver dans une rue de Port-Louis, la capitale. Le chauffeur bloque ses freins… Monsieur se présente à moi, et je lui dis « Monsieur, écoutez, je ne veux pas causer dans une auto, voulez-vous marcher dans les rues de Port-Louis… » Nous avons marché dans les rues de Port-Louis, et la première chose que je lui ai dite : « Pourquoi voulez-vous me voir, je suis l’homme le plus monstrueux que la terre ait créé ; je suis un être sans sentiment, sans amour, sans rien… je hais l’humanité, en bloc ». II était abasourdi. Quelques temps après je rencontre sa femme, une très charmante femme, au bord de la mer ; nous marchions sur le sable blond de l’île Maurice et elle me dit : « Eh ! Vous ! N’essayez pas de tromper une femme, vous êtes l’homme le plus aimant de la terre. Mon mari n’a rien compris… »

YL : Et pourquoi aviez-vous rejeté l’ambassadeur ?

MC : Non, je ne l’ai pas rejeté. Il a voulu causer avec moi, alors j’ai voulu le choquer parce que c’est un homme qui est « dans le monde ». Il faut devenir démoniaque, devenir un être vil, c’est-à-dire qui déteste son semblable, c’est-à-dire un être absolument épouvantable. Vous comprenez, l’homme qui ne fait pas des petits compliments, qui ne donne pas des coups de téléphone si quelqu’un est mort, qui n’est pas dans le social, et qui ne s’occupe pas des autres, c’est un monstre, c’est un homme qui est coupé de la vie… Ils vous diront « Mais vous êtes en dehors de la société, mais vous êtes un dégoûtant, parce que vous ne vivez pas avec les hommes, vous n’êtes pas humain ». Ce qu’ils appellent humain, eux, ces gens-là, c’est le non-humain.

Lisez Newsweek et Times, mettez-vous au courant de ce grenier qu’est l’Amérique ; il y a de tout dedans, l’expérience du monde se fait là-bas, tous les extrêmes sont là. Au fond, ce qui est désespérant, c’est que la foi est morte. Un grand journaliste new-yorkais qui était à Maurice a voulu me rencontrer… Je lui ai dit : « Écoutez, je n’ai pas trop envie de causer avec vous mais what happen in America, qu’est-ce qui arrive en Amérique ? » Il me dit : « Monsieur c’est foutu, les Américains, they have no purpose, ils n’ont aucun but ». L’homme n’a aucun but, il vit, il n’a pas de but, avant il avait la foi, cette foi est en train de se désagréger. Mais il y a une nouvelle foi qui se forme par l’amour, un nouveau sens de Dieu par l’amour. Prenez les préjugés de couleur, les préjugés contre la race, toutes les barrières tombent, les gens se jettent dans les bras l’un de l’autre, c’est ça qui va nous ouvrir les yeux… pas les théories. Par le fait, il vont trouver un nouveau sens de Dieu en s’embrassant dans les rues ; ils vont trouver un bonheur incroyable par l’amour, vous comprenez ?

Je me trouvais dernièrement à Port-Louis, dans un bureau avec un homme considéré comme très intelligent. Je voyais le ciel bleu et, à travers une lucarne, des maisons anciennes. Il y avait une paix, une tranquillité, ici le temps ne coule pas comme en Europe et on goûte la vie. Mon visiteur me dit : « Mon cher, tout ça c’est beau, tout ce que vous dites est merveilleux, mais donnez-moi une chose dans laquelle je peux mordre, que je peux attraper, quelque chose qui va me changer… Comment allez-vous changer l’homme ? » J’ai dit : « Attention, je ne suis pas un prophète, un psychologue avec des systèmes, moi, je ne compte pas changer l’homme, je veux le laisser à son bouillon de culture ; il n’y a rien à faire pour le tirer de son bouillon de culture, laissez-le crever et faire ce qu’il veut, je ne vais pas changer l’homme… » je veux changer ceci : « voulez-vous me dire qu’est-ce qu’il y a à travers la fenêtre ? » Il me dit « une maison ». « Mais qu’est-ce qu’il y a devant la maison ? », il me dit « un arbre », mais « qu’est-ce que c’est qu’un arbre ? » Il me dit « Ah, mais un arbre, c’est un arbre », je lui dis « un arbre se dit tree en anglais ; est-ce qu’un homme sait ce que c’est qu’un arbre ? Vous ne savez pas ce que c’est qu’un arbre, mais si vous pouvez changer le sens de l’arbre – commencez à réfléchir Monsieur – est-ce que vous pouvez changer l’homme ? » Alors il me dit « peut-être ». Je dis « oui, il a changé parce que le sens que vous aviez de l’arbre a fait l’homme que vous êtes ; mais si vous changez le sens de l’arbre, votre conscience change ». Ce qu’il faut, c’est revenir à l’enfance et considérer l’arbre comme un ami… pas du tout comme une chose. Il faut sentir les choses, il faut être en communion avec la vie en changeant le concept de l’arbre. Eh bien moi, quand je peins, je ne fais pas des arbres – d’abord je le peins en chambre close, je ne m’occupe pas du tout des arbres – je prends l’arbre en moi, je l’exprime, et cet arbre en moi n’est pas l’arbre que Dieu a créé, c’est une autre sorte d’arbre ; mon arbre, c’est mon verbe. Cet arbre que j’ai créé est une parole, cet arbre parle. Si cet arbre-là existe et qu’on peut le créer en dehors de soi, c’est signe que cet arbre que vous voyez là et qui meurt dans le temps, est un arbre mortel, mais l’arbre que j’ai créé est immortel. Par le fait, j’arrive à un nouveau concept de l’image. Vous savez comment on appelle ça, on appelle ça l’humanisation.

Picasso disait : « À douze ans, je peignais et dessinais comme Raphaël… et c’était fini ! ». Moi je ne dessine pas, je ne sais pas dessiner. L’homme qui dessine bien l’image, il la bloque. Il ne faut pas savoir dessiner pour donner du mouvement à l’image. Alors, Picasso : c’est un sorcier, un grand intellectuel, il est très intelligent, il est diabolique. Il connaît le secret de la forme humaine, mais c’est le snobisme poussé au dernier cran. Ecoutez bien ce que je vais vous dire : ni vous, ni moi, ni personne sur terre, ne peut comprendre ce que Picasso fait. C’est une mystification globale. Personne ne peut dire ce qu’il fait, mais on le trouve fantastique.

Un jour, au bord de la mer dans un lieu isolé, j’ai jeté dans un fossé une armoire de manuscrits et mis le feu. J’ai cru devenir fou, et je me suis précipité pour sauver quelque chose que je n’aurais pas dû laisser aller. C’étaient des livres de contes de fées. Tout a brûlé et je suis revenu, abîmé comme un fou, comme un dément. Puis, peu à peu, j’ai compris qu’il fallait brûler tout ça… Je considère qu’il doit y avoir une loi qui, périodiquement après une consultation nationale, dicte qu’on brûle tous les livres d’académiciens et bien d’autres… qu’on y mette le feu. Il faut libérer l’humanité de ces horreurs. Ces livres sont nocifs et poisons. Ils renforcent les mythes dans l’humanité. Mais certes il ne faut pas brûler Baudelaire. Certes il ne faut pas brûler les poètes comme Rimbaud, au contraire il faut les mettre en livre d’or. Mais les gens qui font des livres policiers, il faut les brûler. Brûler les gens, les livres des académiciens. Ce sont des nuisants.

Le grand révolté

Jadwiga Rostowska (JR) : Malcolm de Chazal, aimez-vous votre pays ?

MC : Je dis ceci : l’île Maurice serait un paradis… sans les Mauriciens. Je n’aime pas les hommes de l’île Maurice.

JR : Que vous ont-ils fait, les hommes ? Les hommes en général, je ne parle pas seulement des hommes de Maurice, de vos concitoyens, mais je parle des hommes. Pourquoi les fuyez-vous ?

MC : Je ne les fuis pas mais, parlant un autre langage qu’eux, je n’ai nul moyen de communication avec eux. Je les fais souffrir, et je souffre. Ils ne peuvent pas me comprendre, moi je les perçois comme étant sur un autre plan de vie. Nous sommes arrivés à un point dans l’histoire de l’humanité où les contacts ne sont plus possibles entre deux types d’hommes. Il faut s’arranger pour vivre chacun de son côté en attendant qu’avec le ferment la lie se sépare du vin, le blé de l’ortie… et ainsi de suite.

JR : Pourquoi ne cherchez-vous pas à les appeler vers vous, vous les appelez avec vos œuvres, moi je les ai lues vos œuvres, pourquoi ne voulez-pas dialoguer avec eux ?

MC : Pourquoi vivre avec un homme qui ne peut pas vous comprendre ? Il y a des points, aux temps actuels, où il n’y a aucune possibilité de contact entre deux types humains.

JR : Si vous ne faites pas un effort, vous, pour chercher de vous faire comprendre, croyez-vous que les autres vont le faire ?

MC : Si je pouvais me faire comprendre de ces gens, je ne serais pas là où je suis ; je serais sur leur plan. Ils vont rester sur leur plan et moi sur le mien. Je ne peux pas les amener à moi, et je ne compte pas venir à eux. C’est irrémédiable.

JR : Vous croyez que c’est une vie, la vie que vous menez ? Est-ce que cela vous suffit : votre nature, vos tableaux, tous vos livres… ?

MC : Je ne conçois pas une autre vie. Toute autre vie serait l’enfer des enfers.

JR : Pour vous ?

MC : Oui, et je vous dirai que je ne fais aucun effort pour plaire aux autres. Je considère que je ne suis pas venu sur terre pour plaire aux gens. Je suis venu sur terre pour devenir ce que je suis. Je ne peux pas m’empêcher d’être ce que je suis, je ne peux pas être un aigle et descendre à plat de terre. Je suis l’aigle. Je suis un prophète, je reste prophète. L’aigle… il préfère sa solitude, et la plus grande solitude c’est d’être parmi les autres humains qui ne peuvent pas le comprendre.

JR : Pourquoi alors écrivez-vous des livres ? Vous cherchez à vous faire comprendre ?

MC : J’écris comme l’arbre fleurit, comme le vent avance par la brise, comme la rosée sourit. J’ai été mis au monde pour créer, je crée. Je ne cherche pas à comprendre pourquoi je crée. C’est une fonction, je dois me réaliser. Et si je ne me réalise pas, je me détruis complètement. Alors il n’est pas question que je me détruise. Je compte être ce que je suis, vivre ma vie, obéir à mes instincts, et créer. Et, du fait que je crée, je ne peux pas être réellement seul. Parce que mon œuvre remplace tout, c’est une compagne. Je suis dans la vie, et je considère que je ne peux pas vivre avec les autres parce que pour moi ce sont des monstres. Moi je progresse en devenant de plus en plus humain, et eux ils progressent en devenant des grands hommes, des grands généraux, de grands êtres. C’est-à-dire qu’ils progressent vers des complexes de supériorité dans l’abstrait. Moi, j’avance de plus en plus dans l’humain. Je deviens de plus en plus humain.

À Maurice, personne ne peut me comprendre, mais je peux comprendre l’homme du peuple du fin fond de l’île Maurice. Les sauvages me comprennent et moi je les comprends. Mais, du fait de mon statut social, de ma manière de vivre, je les vois très peu. Moi, je suis à la fois dans ce monde-ci et dans le monde des morts. Je suis à la fois dans le temps et dans l’éternité. L’œuvre que je crée est immortelle parce que je la porte en moi. Si toute mon œuvre était détruite, elle existerait dans l’invisible, elle existerait dans l’absolu. Par le fait, elle est moi, et je suis mon œuvre. Si personne ne me comprenait, l’œuvre existerait en soi. Parce que l’œuvre, telle que je la fais, me rebâtit, me reconstruit, et me refait.

JR : Vous avez envoyé à New-York des tableaux et vous allez avoir une exposition de vos oeuvres, de vos tableaux, est-ce que cela vous fait plaisir, est-ce que cela vous donne satisfaction ?

MC : Ca ne me donne absolument aucun plaisir. Je voudrais avoir des milliards de dollars pour vivre une vie édénique sur terre du point de vue extérieur ; je voudrais créer des îles enchantées ; je voudrais dépenser chaque jour deux ou trois millions de dollars pour créer des mondes stupéfiants. Pour moi l’or, les dollars, ont une valeur spirituelle ; l’or, l’argent, c’est une des plus belles choses sur terre que Dieu ait faite, parce que l’argent pour moi égale poésie. Je transforme, je transmute l’argent en poésie. Mais, je m’en contrefiche de l’opinion des autres. L’opinion des femmes ne compte pas pour moi. Dieu ? Eh bien, écoutez, c’est bien simple, je ne fais aucune différence entre Dieu et moi. Je vous dis que je n’aime personne. Je n’aime pas les hommes, j’aime l’homme. Je n’aime pas les femmes, j’aime la femme… Vous comprenez ?

JR : Vous n’aimez pas les femmes, vous aimez « la femme » ?

MC : C’est bien clair, je suis un monstre par rapport aux femmes. Je n’accepte aucune contrainte d’aucune femme. Je pourrai l’aimer à la démence et, dans une demi-seconde, la rejeter. L’ultimatum : « tu me suis, ou tu t’en vas, quel que soit l’amour que j’ai pour toi. Tu auras à te courber car je suis le maître. Je suis né pour être le maître Tu n’es pas ma servante, tu n’es pas mon égale, tu es mon complémentaire, mais c’est moi qui ait la direction. Toi, femme, tu es comme les fontaines lumineuses, tu ne peux pas diriger, tu n’as pas de direction, ton corps vacille à tout moment, tu n’as pas de jugement, tu n’es rien, tu es comme le lierre qui s’accroche à moi. Tu me suivras, ou je te rejetterai ».

JR : Qu’est-ce que vous lui donnez, à cette pauvre femme ?

MC : Tout ! Vous savez que Picasso disait, en anglais, « Woman is a doormat ». Je suis d’accord avec lui. On s’essuie les pieds dessus…

JR : Comptez-vous un jour venir en France, en Europe ?

MC : J’abomine la France, parce que c’est un pays de sales bourgeois. Vous pouvez leur dire. C’est le pays le plus bête de la terre, parce qu’ils sont trop intelligents. Je disais à Jacques de Lacretelle que le Figaro littéraire c’est de la paille, Les Nouvelles littéraires, c’est de la paille, le carnet du jour, c’est une horreur… Ce sont des gens bêtes, je préfère les gens les plus sauvages de l’Afrique que le Français. Il est mort parce qu’il coupe les cheveux en mille ; il n’a aucune vie, il n’a aucune vitalité. Et ce qui pourrait peut-être vous intéresser, c’est l’opinion d’André Breton. En 1946, alors qu’André Breton était à Washington, il avait préfacé le catalogue de l’Ambassadrice du Brésil, une femme qui faisait du statuaire ; et il y disait « le mystère Nord est fini. Ils se sont sclérosés, ils ont fini leur temps. Ils ont touché au pic de l’intellect sensible… l’art va disparaître, ils vont tomber à la machine. Tout va revivre à partir du Sud de la planète, et il y aura peut-être un cataclysme ».

Je considère qu’à Paris, pour moi, ce serait l’enfer des enfers. Alors je reste ici et je vais vous expliquer pourquoi : en Amérique et ailleurs, je verrais des gens qui me comprendraient à demi, alors qu’ici personne ne me comprend. Me comprenant à demi, ils m’auraient torturé. Je préfère ne pas être compris du tout, je suis libre.

JR : Aimez-vous la liberté ?

MC : Je suis la liberté.

JR : Comment êtes-vous arrivé à trouver la liberté, on n’est jamais libre dans la vie ?

MC : Je suis libre, pour une seule raison : du coucher au lever, à toute heure du jour, je me donne. Je me libère par la grâce, je cause avec les arbres, je m’exprime à tout moment, je sors de moi-même… Nul n’est libre s’il ne connaît pas le véritable sens de l’amour, le don de soi, gratuitement

JR : Vous êtes bon, vos paroles le disent, mais vous êtes révolté envers la société.

MC : En me disant que je suis bon, vous m’avez fait la plus grosse insulte qu’aucune personne ne m’ait jamais faite.

JR : Je regrette, tant pis pour vous ; vous en avez dit assez ; je vous dis que vous êtes bon.

MC : La bonté n’est simplement qu’une survivance. Je ne suis pas bon, je suis humain.

II. Biographie (1990)

1Malcolm de Chazal est né à Vascoas, dans l’île Maurice, le 12 septembre 1902. Sa famille d’origine française s’était établie au xviiᵉ siècle dans ce qui était alors l’isle-de-France. Son éducation franco-anglaise lui donne des atouts pour partir aux États-Unis, où il se rend à seize ans, y poursuit des études et décroche un diplôme d’ingénieur sucrier. Il travaille un temps à Cuba, puis se rend en France ; il a alors 23 ans. Son séjour est bref, et il regagne son île natale.

2Grâce à son diplôme d’ingénieur, Chazal travaille dans l’industrie sucrière, puis textîle, mais son caractère fantasque et ombrageux le met en conflit avec les dirigeants, et il quitte le secteur de l’industrie pour devenir fonctionnaire des télécommunications, ce qui lui laisse la liberté d’écrire, de peindre et de se livrer à des activités diverses dont l’herborisation.

3Dans le domaine de la littérature, Malcolm de Chazal occupe une place à part. On l’a classé dans la catégorie des surréalistes, ce dont il s’est défendu. On peut dire qu’il était avant tout poète, car, s’il est l’auteur de pensées philosophiques ou d’ouvrages d’économie politique ou d’études diverses publiés dans des revues, c’est surtout l’originalité des ses écrits poétiques qui l’ont fait découvrir par les milieux intellectuels français, qui l’on classé parmi les « grands perturbateurs de génie ».

4Sens-plastique, qui paraît chez un imprimeur de l’île Maurice, atteint la France en 1947, et suscite l’admiration de Jean Paulhan, qui en fait part dans le Figaro littéraire. En 1948, Gallimard le réédite avec une préface de ce même Jean Paulhan. André Breton, le « pape du surréalisme », en fait à son tour l’éloge et reconnaît l’auteur comme l’un des siens.

5En 1949, Chazal récidive avec La Vie filtrée, que Gallimard s’empresse de publier. Pour lui, la poésie n’est qu’un moyen de connaissance qui permet d’exprimer ce qui n’est pas « vu » mais « senti », ce qui est « derrière les mots ».

6Dans les années qui suivent, ses ouvrages, souvent qualifiés d’élucubrations, n’atteindront pas les mêmes tirages. Il se plaindra de leur manque d’écho. Ce sera le cas pour Aggenèse, Petrusmok, et Pentateuque, publiés en 1951, et pour Les Deux infinis et Les Dieux, publiés en 1954.

7En 1957, Sens magique voit le jour à Tananarive. Il s’agit à nouveau de poèmes, dont certains très brefs destinés à faire sentir au lecteur la vérité du monde végétal et de la relation amoureuse, en passant de la sensation à la rêverie et de celle-ci à la perception.

8Viendront ensuite Apparadoxes en 1958 et La Bouche ne s’endort jamais, recueil de ses poèmes principaux, publié en 1980 aux éditions Saint-Germain-des-Prés. Dès lors, Chazal prend place dans les rayons des bonnes librairies en tant que poète surréaliste. Ses œuvres se diffusent en France, lui se sent incompris dans son île, mais il y finira sa vie. Malcolm de Chazal s’est éteint à Curepipe, dans l’île Maurice, le 1ᵉʳ septembre 1981.

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Notes

1 Panier tissé en rafia qui sert à faire les courses et à transporter ses effets.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Malcolm de Chazal, Françoise Ligier, Yves Loiseau et Jadwiga Rostowska, « “Amoureux-fou d’une fleur” »Continents manuscrits [En ligne], 27 | 2026, mis en ligne le 15 mai 2026, consulté le 12 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/coma/14690 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16abe

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Auteurs

Malcolm de Chazal

Malcolm de Chazal (1902-1981) est un poète surréaliste mauricien, philosophe et économiste, “grand perturbateur” admiré de Jean Paulhan et d’André Breton.

Françoise Ligier

Françoise Ligier est une journaliste et productrice-réalisatrice d’émissions radiophoniques historiques et littéraires, née le 24 septembre 1929 à Paris, où elle est décédée le 22 novembre 2006. Amie de Sony Labou Tansi, elle a échangé avec lui une correspondance qui a été publiée par Nicolas Martin-Granel aux éditions Revue noire en 2005 dans le coffret L’atelier de Sony Labou Tansi.

Yves Loiseau

Yves Loiseau est un journaliste né le 26 avril 1943. Après avoir été animateur culturel en Afrique, Yves Loiseau débute sa carrière de journaliste à l’Agence de presse Libération, puis à la Direction des affaires extérieures et de la coopération de l’ORTF, avant de rejoindre la 3ᵉ chaîne de télévision. Producteur à France Culture, puis grand reporter à France Inter, il est ensuite journaliste à France 3.

Jadwiga Rostowska

Jadwiga Rostowska a réalisé des entretiens à la Radio-télévision mauricienne.

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Droits d’auteur

CC-BY-SA-4.0

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