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Introduction au recueil

Béatrice Fracchiolla

Texte intégral

1Ce recueil de textes fait en partie suite au colloque international et interdisciplinaire Discours de haine, approches plurielles. Débats, enjeux et controverses, organisé du 18 au 20 mai 2022 à l’université Paris Descartes par le réseau de chercheur·euses DRAINE (Haine et rupture sociale : discours et performativité - https://groupedraine.github.io/​index.html). Les textes qui s’y trouvent explorent les liens tissés entre la sémantique, l’axiologie, les discours, les stéréotypes, les processus de médiation linguistiques et discursifs, l’histoire et la mémoire, et plus encore. La problématique qui sous-tend cet ensemble est la suivante : les mots sont les instruments de la haine, laquelle s’exprime avec des mots ; il semble donc envisageable d’utiliser ces mêmes instruments pour la combattre. Mais comment s’y prendre ? quels sont les ressorts de cette contre performativité recherchée ? comment rendre populaire et linguistiquement utilisables les grands principes de la communication non violente (voir en particulier les nombreux ouvrages de Marshall Rosenberg) ? et surtout, comment faire en sorte que ce jeu duel entre mots offensifs et mots positifs puisse finir par renverser la tendance actuelle, qui est à l’offense et à l’attaque ? Comment, en d’autres termes, passer d’un mode défensif face à cette vague communicationnelle négative, à un mode positif performatif ? Ce sont là les questions qui ont présidé à la conception de ce numéro HS.

  • 1 Thierry Breton, ancien commissaire européen au numérique et démissionnaire de son poste le 16/09/24 (...)

2De fait, l’idée de contrer les maux avec des mots n’a jamais été à la fois et aussi paradoxalement nécessaire qu’utopique. Au moment précis où se boucle ce numéro, la haine se déchaîne de par le monde sous diverses formes : qu’il s’agisse des élections américaines avec un Donald Trump qui s’en prend à Kamela Harris, ou de la guerre qui a surgi et s’étend progressivement dans le Moyen-Orient, partout, ici et ailleurs, les mots et discours convergent pour tenter de justifier, toujours de manière fallacieuse et par catégorisations, la violence en actes. Les femmes, comme catégorie humaine sont historiquement et toujours aujourd’hui, les premières visées par la haine – en Afghanistan où de nouvelles interdictions leurs sont faites, dont celle simplement de parler ensemble ou de chanter, depuis septembre 2024. Les nouvelles guerres (depuis 2022, la Russie contre l’Ukraine ; depuis le 7 octobre 2023 Israël et la Palestine, conflit qui s’est étendu à l’automne 2024 au Liban, à l’Iran…), sont par définition déshumanisantes et déshumanisées – et toujours initiées par des déclarations, des mots énoncés pour les justifier. Dernier élément en date de janvier 2025 : la guerre proclamée par Donald Trump et quelques grands patrons américains des réseaux sociaux (Musk, Zuckerberg), à la dénonciation des « fake news » et du « fact checking », pour promouvoir une parole débridée au prétexte d’une liberté d’expression qui devrait être absolue. Tout converge à faire penser que le titre choisi pour ce numéro renvoie lui-même à une utopie. Pourtant, les mots/maux forgent le réel autant que le réel forge les mots/maux. Les polémiques et désaveux qui ont fait rage en décembre 2024 à propos du réseau social X, anciennement Twitter, racheté par Elon Musk le confirment. Elles témoignent également de la complexité de la circulation internationale des discours, via les réseaux sociaux et, plus particulièrement, de leur manipulation, que ce soit via des fake news ou des algorithmes et de l’influence que peut avoir, à travers des discours, une seule personne capable de les racheter1. Les grandes fortunes qui soutiennent également médiatiquement les discours extrêmes comme Bolloré, en France – et en particulier à (l’extrême) droite et aussi par conviction religieuse, montrent les dangers du système et des communications numériques tel qu’il existe aujourd’hui. Le pouvoir des mots et des discours est réel et puissant ; la politisation des mots/maux et leur idéologisation n’a jamais été aussi présente et en expansion – précisément en raison de l’hyper puissance communicationnelle des réseaux sociaux. Notre préoccupation dans ce volume, sera d’essayer de comprendre comment, et si possible d’entrevoir également pourquoi.

3« Je me demande, à mon tour, comment sauver les mots et nous sauver nous-mêmes, de ce que la haine fait aux uns et aux autres » écrit Delphine Horvilleur dans son livre Comment ça va pas ? Conversations après le 7 octobre (Grasset, 2024). La haine est un sujet auquel nous avons déjà beaucoup réfléchi et travaillé, en collectif (voir Lorenzi-Bailly et Moïse, 2021 ; Fracchiolla et Sini ; Fracchiolla et Moïse dans ce même ouvrage). Pourtant, malgré le mal qu’elle lui fait, l’être humain semble lui être paradoxalement très attaché. Cela est probablement dû à la croyance qui la motive, selon laquelle la haine apporterait plus de bonheur, de bien-être, que l’amour lui-même, en raison du pouvoir, de l’ascendant qu’elle permettrait d’obtenir sur autrui. Ainsi, la jalousie, la volonté de dominer, de soumettre de manière irrationnelle et violente contre l’autre que nous aimons, sont dans le camp de la haine, non de l’amour. Il est probable que ce soit sur ce malentendu fondamental, une interprétation destructrice de l’autre comme concurrent et non partenaire de vie, quel que soit cet autre, que la haine connait un si grand succès chez les êtres humains. Cantonner autrui à une relation polarisante est en lui-même discriminant.

4Dans ce numéro, les notions de discours alternatif et de contre discours traversent toutes les publications. Il s’agit, d’une manière ou d’une autre de faire face, de s’opposer, de contrer, de détourner, de « rediscursiviser » (Mills, 2008). C’est là, plus particulièrement tout l’enjeu éducatif de transformation, de renversement discursif qui repose, finalement, sur des outils rhétoriques d’argumentation, de maîtrise de l’art du paradoxe, connus depuis fort longtemps, mais pour la maitrise desquels nous sommes devenus paresseux face à la facilité technologique de l’AI. Nous réagissons de plus en plus avec notre cerveau émotionnel, dans la rapidité, la réactivité, l’assistance ; alors que nous défendre nécessiterait une maîtrise rationnelle des outils rhétoriques qui existent pour combattre les discours fallacieux. Ainsi, comme le rappelle Battaglia et Caon, les récits alternatifs à la haine sont souvent fondés sur les droits humains et les valeurs démocratiques comme l’ouverture d’esprit, le respect des différences, la liberté, l’égalité.

5Ce numéro s’ouvre sur le texte : « « Fusillé par les Boches », « fusillé par les Nazis » : le discours de haine et son effacement », rédigé par Céline Largier Vié. A travers les écrits sur plaques commémoratives, et un focus plus spécifique sur la valeur historique et axiologique portée par certains termes (ce dont témoigne le titre), l’autrice s’intéresse au sens des mots dans l’Histoire et, plus particulièrement, à leur feuilletage sémantique qui peut se teinter avec le temps d’une forme de désir d’être politiquement correct en les modifiant pour les remettre au goût sémantique du français contemporain. Pourtant, revendique-t-elle, aller dans ce sens, c’est oublier l’Histoire – peut-être même souscrire à une certaine forme de révisionnisme, ajouterons-nous – effacer la mémoire que les écrits, a fortiori ceux gravés dans du marbre, permettent au contraire de conserver. Le questionnement porte ici sur la manière dont certains mots, parfois haineux, mais qui portent un sens historique fort malgré tout, tendent à être gommés à l’écrit : le doit-on ? le faut-il ? comment résoudre la question de l’équilibre à maintenir entre savoir, mémoire, et présent énonciatif vécu, qui nécessite une certaine forme de diplomatie ?

6Sur un autre versant sémantique, également dans la veine du politiquement correct et du questionnement sur l’usage des mots, leur valeur et leurs usages sémantiques et axiologiques, Beatriz Collantes propose en seconde position un dossier bibliographique sur un thème encore peu traité : « La réappropriation des « Gros-Mots » pour lutter contre la grossophobie : Les origines de l’activisme gros », en France. Ici également, c’est la construction sémantico-axiologique offensive d’un mot, « gros », sa charge, qui est étudiée à la loupe afin de montrer comment s’est élaboré historiquement aussi, une construction idéologique et une normativité irréelle des corps, en particulier féminins.

7À la suite, la contribution de Cristian Monforte Rubia : « Dispositifs de fraternité et de remédiation de la haine terroriste par les victimes d’attentats : le cas des attaques djihadistes de Barcelone et Cambrils du 17 août 2017 », s’intéresse aux gestes symboliques et linguistiques de médiation qui relèvent du domaine de la performativité dans la mesure où ils permettent de sortir d’une situation d’opposition et de haine entre deux camps. Il revisite à cette occasion, en l’adaptant à son contexte, la notion de « dispositif » et, plus particulièrement, la manière dont un seul geste permet parfois de sortir d’une dichotomie binaire de type (eux/nous) pour reconfigurer l’espace symbolique en même temps que public. Ce faisant, son analyse s’intéresse à cette notion de « dispositif » à travers le pouvoir de médiation individuel qui émerge d’un seul geste, accomplit publiquement par le père d’un enfant de trois ans, tué dans les attentats : prendre dans ses bras et embrasser un imam lors d’une réunion publique.

8Dans les textes de cette première partie, l’objet se porte sur la dimension discursive et sémantique des mots pour sortir de la haine et sur leur rôle dans l’Histoire. Ces textes font un focus sur la dimension conciliatrice et réconciliatrice recherchée à travers certains actes forts : prendre un « ennemi » dans ses bras ; ne pas heurter les touristes en les assimilant à des personnes du passé auxquelles ils ne sont aucunement rattachés et, globalement, ne pas assimiler un individu précis à un groupe tout entier. En cela, il s’agit bien ici de s’extraire d’un potentiel discours de haine et de condamnation.

9En seconde partie du recueil, l’entreprise se poursuit dans des textes qui s’intéressent non plus seulement à la catégorisation via une sémantique axiologique, mais aux mises en scène discursives pour déconstruire la haine et, en particulier, à travers les contre discours et les discours alternatifs, qui sont ici progressivement et méthodologiquement définis d’un point de vue discursif, dans leur rapport combinatoire avec la notion de stéréotype.

10Ainsi, dans l’article « Supports pédagogiques pour lutter contre les discriminations : du contre-discours au discours alternatif, des formes explicites aux formes dissimulées », Fabienne Baider et Christina Romain s’intéressent, à travers un corpus de bande dessinées constitué de documents trouvés sur le site « Égalité contre le racisme » au discours alternatif. Elles définissent le discours alternatif comme ayant la particularité de se construire en interaction « avec », ce qui n’est ni le cas du contre discours ni celui a fortiori du discours de haine. L’objectif est de tester l'efficacité potentielle de ces dispositifs pédagogiques pour contrer les discours discriminatoires et, plus largement, les discours de haine.

11Une seconde contribution, de Christina Romain, Béatrice Fracchiolla, Louise Burté et Léa Romain, développe les spécificités et, par la même occasion, la définition, de ce qui distingue le contre discours du discours alternatif. Leur contribution, intitulée « Le discours alternatif, meilleur antidote aux stéréotypes de genre : l'exemple des albums de jeunesse utilisés à l’école primaire en France et en Espagne », présente les résultats d’une recherche réalisée au sein du projet ARENAS (Horizon Europe 2022), coordonné par Julien Longhi (Université de Cergy Pontoise). Leur étude porte sur les discours plus ou moins stéréotypés sur le genre tels qu’ils sont portés par un corpus d’albums de littérature de jeunesse français et espagnols susceptibles, in fine, de conduire à une discrimination sexiste. Il s’agit d’albums utilisés comme supports en primaire dans les deux pays pour travailler l’égalité filles-garçons. L’analyse conduit à classifier les albums selon trois familles de stéréotypes liés soit à l’apparence, soit au comportement, soit à l’activité professionnelle. La trame narrative de chaque album est analysée en regard des représentations et stéréotypes de genre, en termes de contre-discours ou de discours alternatif.

12Dans leur texte, « Contre-discours et récits alternatifs : l’humour une stratégie discursive efficace pour lutter contre la circulation et les effets des discours haineux ? » Emmanuel Choquette, Sylvain Bédard et Amal Ben Ismaïl, s’intéressent, eux, à ce qui distingue le discours alternatif du contre discours en faisant plus particulièrement un focus sur l’humour que l’on peut, dans ce contexte, dire de deux types : offensif, à la serpe, ou plus diplomate. Sur une base sociolinguistique, leurs résultats sont fondés sur un recueil de données mixtes, constituées à la fois d’entretiens d’experts et de réactions anonymes en ligne. Clairement, l’apport des auteur·ices est ici de traiter d’un corpus en ligne et d’aborder le sujet sous cet angle, qui comporte certaines spécificités comme le fait de s’intéresser à la réactivité plus ou moins rapide aux propos haineux produits, tenus. Leur article rejoint les préoccupations de Baider et Romain, ainsi que de Romain, Fracchiolla, Burté et Romain dans ce même recueil, mais à un autre niveau. Il s’agit en effet dans les deux cas de chercher à définir sur une base d’usages et de pratiques, certaines des stratégies en même temps que de définir véritablement ce que l’on nomme contre discours et discours alternatif.

13Enfin, dans leur article : « Intercultural Communication, Hate Speech, and Sport », Fabio Caon et Sveva Battaglia présentent les résultats d'une recherche menée dans le cadre d'un projet Erasmus+ intitulé RIGHTS qui avait pour but la lutte contre les discours de haine dans les milieux sportifs, en particulier au niveau local. L’hypothèse formulée étant que, pour y parvenir, il est nécessaire de promouvoir dans le milieu sportif une culture du respect et le développement de compétences interculturelles qui permettent de faire écran aux discours de haine, à l'intolérance et à l'extrémisme qui y circulent. Le présent article traite plus particulièrement de la recherche, de la formation et des ressources élaborées à l'intention des entraîneurs sportifs – cela, sachant que les entraîneurs peuvent être eux-mêmes des locuteurs de haine. Le Cadre européen pour l'entraînement sportif (UE, 2017 : 7) stipule en effet à propos du rôle des entraîneurs, que : « le sport et l'éducation jouent un rôle clé dans la construction d'une citoyenneté active. À cet égard, [...] il ne s'agit pas seulement d'enseigner des compétences techniques, mais aussi d'éduquer et de promouvoir des valeurs, la solidarité et le respect ». La spécificité de l’approche proposée par les auteur·ices est ici le centrage sur le sport et l'interculturel, qui agit comme vecteur de médiation par essence : pour gagner, une équipe de sport a besoin de profils, de compétences diverses (attaquant, défenseurs, etc.) ; aussi, la notion d'inclusion, d'intégration et de valorisation des compétences respectives de chaque personne comme étant uniques et nécessaire, est centrale. Fabio Caon et Sveva Battaglia s’appuient plus particulièrement à cette occasion sur « le modèle de compétence communicative interculturelle » créé par Balboni et Caon (2015) qui énumère les aspects de la compétence communicative (aspects verbaux, aspects non verbaux et valeurs de référence) qui entrent en jeu dans différents événements communicatifs (un courriel, un jeu, etc.). La caractéristique interculturelle est donnée par l'ajout de capacités comportementales spécifiques à mettre en pratique pour aborder la diversité, à savoir : point de vue décentré, le relativisme du point de vue, la retenue du jugement, l’écoute active, l’empathie, la négociation des significations.

14Qu’il s’agisse des plaques commémoratives, de la grossophobie, des bandes dessinées, des albums de jeunesse, ou des coachs sportifs, on constatera dans chaque communication, qui s’attache à mettre en œuvre des moyens et mediums de médiation ou remédiation aux discours de haine, un certain type d’appel aux émotions, qui correspond exactement mais à l’inverse, à la démarche de celles qui sont mobilisées dans la construction de la haine (accueil vs rejet ; empathie vs incompréhension/méconnaissance, etc.) (Moïse et Lorenzi, 2021). Dans tous les textes, la démarche engagée avance vers un même objectif : tendre un miroir à l’autre afin qu’il puisse s’y reconnaitre, et s’identifie à un alter – potentiellement ego ; potentiellement égal.

15L’ensemble des contributions témoigne, comme l’évoquait également dans une autre perspective, l’article de Cristian Monforte, un intérêt pour ce qui est, peut-être, avant d’être un discours ou un dispositif, un processus alternatif dans la mesure où, dans les deux cas, nous trouvons un recours une tierce voie, à un procédé autre, qui permet d’enclencher quelque chose au-delà de l’attendu binaire (en pour ou contre). Ou, pour le dire autrement : l’enjeu cesse d’être la seule discussion, entre deux points de vue uniques qui s’opposent, souvent sans offrir d’issue, pour devenir la réflexion, critique, qui débouche sur un autre type d’ouverture, de stratégie ou de solution à laquelle personne n’avait pensé ; et que personne n’aurait pensé. Autrement dit, la solution arrive non pas exactement de l’extérieur, mais simplement d’une modification du point de vue, d’un simple glissement, qui permet de faire apparaître l’impensé (Watzlawick et al., 2014). L’intérêt est ici, par cette translation, cette mise en regard, en miroir, d’ouvrir sur les voies de médiation et remédiation aux discours de haine et aux discours extrêmes grâce à la notion de diversité, laquelle permet d’envisager une voie de sortie à la binarité, toujours dichotomique.

Les auteurs et autrices

Fabienne H. Baider est diplômée de l'Université de Toronto et professeure à l'Université de Chypre au Département d'études françaises et européennes. Elle travaille sur la sémantique et l'analyse du discours dans une perspective socio-cognitiviste. Ses travaux ont été publiés dans diverses revues telles que Journal of Pragmatics et Pragmatics and Society. Elle a co-dirigé plusieurs numéros spéciaux et volumes, se focalisant sur l’interface discours et idéologie, émotions et langage, et la compétence interculturelle. Ses recherches actuelles portent sur le discours en ligne et les pratiques discriminatoires. Elle a coordonné ou a été partenaire dans plusieurs programmes européens tels que C.O.N.T.A.C.T., SHELTER et IMsyPP, tous axés sur le discours de haine/les crimes de haine, ainsi que dans des programmes de recherche nationaux tels que H.O.P.E. axé sur les contre-discours et MIGDISCY focalisé sur les représentations et les perceptions des étrangers.

Sveva Battaglia (PhD), after her Phd in “Linguistic and Literary Sciences”, specialized in “intercultural communication”. As a post-doc researcher at Ca’ Foscari University, she has investigated how to use intercultural communication to tackle intolerance, racism, and hate speech. Currently, she is a teacher in the secondary school.

Sylvain Bédard est détenteur d’une formation multidisciplinaire et d’une expérience pratique en communication et en stratégie politique, agit comme coordonnateur de recherche à la Chaire UNESCO-Prev ainsi qu’à l’Archipelago of design sur les questions de conspirationnisme, de désinformation et de résilience démocratique.

Amal Ben Ismaïl est doctorante en analyse de discours à l’Université du Québec à Trois-Rivières. Elle a obtenu sa maîtrise en linguistique à l’Institut Supérieur des Langues de Tunis en 2019. Son mémoire portait sur la question de la violence verbale dans un contexte postrévolutionnaire avec un accent sur les publications des blogueurs tunisiens. Dans ses études doctorales, qu’elle mène sous la direction de la professeure Geneviève Bernard Barbeau, elle s’intéresse à la construction des discours « cyberhaineux » entre manipulation médiatique et représentations sociales préétablies dans un contexte post-attentats. Elle est aussi auxiliaire de recherche au sein de la Chaire de recherche sur le discours et la construction du lien social. 

Louise Burté est doctorante contractuelle (CNRS) dans le cadre du projet H2022 ARENAS et rattachée à l’Université de Lorraine. Dans le cadre de sa thèse, elle s’interroge sur les voies de médiation des éléments langagiers inégalitaires et extrémistes envisageables en contexte européen, sollicitant notamment les outils propres à une approche non-violente.

Fabio Caon is Associate Professor at Ca’ Foscari University of Venice, where he teaches Educational Linguistics, Intercultural Communication, and Didactics of Literature. He is the Director of LabCom, Laboratory of Intercultural Communication and Teaching at Ca’ Foscari University. He has a long experience in planning and carrying out national and international projects involving language, interculture, and sports.

Beatriz Collantes Sanche est Maîtresse de Conférences. Université Paris Nanterre et Chercheuse au Laboratoire Sophiapol - Sociologie, philosophie et anthropologie politiques.

Emmanuel Choquette est professeur adjoint en communication stratégique au Département de communication de l'Université de Sherbrooke. Il est également professeur-chercheur au sein du Groupe de recherche en communication politique (GRCP) et membre de l'Observatoire de l'humour (OH). Ses travaux sont axés sur la communication politique, les stratégies discursives, les enjeux de cohésion sociale et les études sur l’humour. Il a effectué des recherches postdoctorales au sein de la Chaire UNESCO-Prev et au Centre de recherche sur les innovations et les transformations sociales (CRITS) visant à développer des stratégies de communication efficace pour lutter contre les discours haineux.

Béatrice Fracchiolla est professeure en sciences du langage à l’université de Lorraine, et rattachée au Centre de Recherches sur les Médiations UR-3476 et membre du réseau de recherches DRAINE depuis sa création. D’abord professeure agrégée de lettres modernes, Béatrice Fracchiolla a occupé les fonctions d’attachée linguistiques auprès de l’ambassade de France à Boston puis été formatrice à l’INSHEA. Elle a ensuite été lectrice à l’Université de Gênes et attachée de coopération linguistique auprès du Centre culturel. Puis, attachée temporaire de recherche à l’Université d’Avignon, puis de Toulon, elle a enseigné comme Maîtresse de conférences à l’université de Paris 8 Vincennes-Saint Denis de 2006 à 2014, elle est aujourd’hui professeure en sciences du langage à l’université de Lorraine, au sein du Centre de recherche sur les médiations (CREM, UR 3476). Béatrice Fracchiolla travaille plus particulièrement sur le genre dans le langage et les discours de médiation et remédiation aux discours de haine, de discriminations, et à la violence verbale. Ses théories de références sont celles de l’énonciation, l’analyse de discours et des actes de langage. Elle a plus particulièrement travaillé sur les questions de genre en politique et dans la langue française, à partir des notions de discrimination, d’agression, d’injure, d’attaque courtoise, de politesse et d’impolitesse. Engagée depuis une vingtaine d’année dans des collaborations avec les Maisons des Sciences Humaines (MSH Lorraine et MSH Paris Nord), et coordinatrice du thème 7 « anthropologie de la communication » de l’Axe 1, Industries des Arts et de la Culture à la MSH Paris Nord (2007-2019) son approche scientifique est d’abord interdisciplinaire et interinstitutionnelle. Observer un même objet sous des angles multiples permet de mieux saisir la complexité du réel et des objets scientifiques, y compris lorsqu’ils sont linguistiques. Elle a également bénéficié récemment d’une bourse de recherche pour étendre son domaine de recherche à l’Inde, durant ses deux années de délégation auprès du CNRS. Béatrice Fracchiolla s’intéresse au langage dans sa dimension pragmatique et relationnelle, dans la mesure où toute parole est adressée à autrui selon certaines fins. Cette perspective l’a conduite à travailler en collaboration avec des médecins (projet COREV-CNRS) et, plus récemment à s’investir dans la recherche pour médier et remédier aux discours extrémistes et de haine (projet ARENAS-H2022). Elle coordonne dans ce cadre un Work Package dédié à l’éducation des adolescents à propos de l’impact que la mise en discours peut avoir sur leurs relations sociales, en particulier lorsque l’on parle de genre. Elle a également été membre du Conseil scientifique du Groupement Interdisciplinaire Scientifique sur le Genre (2015-2024).

Céline Largier Vié est maîtresse de conférences en linguistique allemande et française au département d’Etudes germaniques de la Sorbonne Nouvelle. Spécialiste d’analyse du discours, en particulier appliquée aux discours numériques, elle mène actuellement un travail de recherche à cheval sur la linguistique et l’histoire portant sur les plaques commémoratives relatives à la période 1939-1945 à Paris.

Cristian Monforte est doctorant en quatrième année au sein du CARISM (Centre d’Analyse et de Recherche Interdisciplinaires sur les Médias) de l’Université Panthéon-Assas Paris 2 et membre scientifique au sein de l’École des Hautes Études Hispaniques et Ibériques de la Casa de Velázquez de Madrid (EHEHI – Réseau des Écoles Françaises à l’Étranger). Actuellement inscrit en thèse doctorale en Sciences de l’Information et de la Communication, il s’intéresse à la question des attentats de Barcelone et de Cambrils en lien avec la dimension politique, sociale et citoyenne de ces événements. En parallèle, ses recherches s’intéressent également à la question des discours et des récits médiatiques, aux violences terroristes, aux cultures démocratiques contemporaines et aux identités collectives et nationales.

Christina Romain est maîtresse de conférences H.D.R. à Aix-Marseille Université. Elle enseigne en master Éducation, Enseignement, Formation à l’Inspé d’Aix-en-Provence et de Marseille et appartient au Laboratoire Parole et Langage et fait également partie du réseau de recherches DRAINE depuis sa création. Elle travaille à la compréhension et à la description des montées en tension verbale en milieu scolaire, de la construction de la relation interdiscursive et des enjeux de régulation et de rupture interactionnelles en classe de l’école maternelle au lycée. Depuis une dizaine d’année, en rapport avec le discours de haine, elle a travaillé à la description du discours de propagande et d’endoctrinement. Ses travaux la conduisent à analyser et caractériser les enjeux des contre discours et discours alternatifs à travers l’études de supports didactiques et au regard de leur intérêt et de leur efficacité.

Léa Romain est étudiante en Master Human Rights and Humanitarian Action à l’Institut de Sciences Politiques de Paris. Elle s’intéresse aux enjeux de responsabilisation du monde associatif, de l’entreprise et plus largement de la société civile à l’égard de l’égalité femmes-hommes et de la place occupée par les stéréotypes de genre. En 2023-2024, elle a contribué en tant qu’assistante de recherche, rattachée au Laboratoire Parole et Langage, au WP5 Mediations and remediations of extremist narratives du projet H2022 ARENAS.

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Bibliographie

Fracchiolla et Moïse, 2021, chapitre « Je suis ému·e et je te haine » in La haine en discours, Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Moïse (eds), le Bord de l’eau, collection documents. HAL-03088098.

Fracchiolla et Sini, 2021, chapitre « La haine, c’est les autres ! » in La haine en discours, Nolwenn Lorenzi Bailly et Claudine Moïse (eds), le Bord de l’eau, collection documents. HAL-03088100.

Mills, S. (2008), Language and Sexism, Cambridge, Cambridge University Press.

Moïse Claudine et Nolwenn Lorenzi Bailly (eds), 2021, La haine en discours, Le Bord de l’eau, collection documents.

Rosenberg, Marshall, 2005

Watzlawick, P., Weakland, J.H. & Fisch, R. (2014) 1974, angl.. Changements : paradoxes et psychothérapie. Paris : Points Seuil.

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Notes

1 Thierry Breton, ancien commissaire européen au numérique et démissionnaire de son poste le 16/09/24 s’est frontalement opposé aux dérives illégales du réseau X en les dénonçant face à Elon Musk en août 2024. La Commission européenne avait annoncé, le 18 décembre 2023, l'ouverture d'une enquête visant le réseau social X (Twitter) pour des manquements présumés aux règles européennes en matière de modération des contenus et de transparence. Cette enquête constitue la première procédure formelle dans le cadre de la nouvelle législation européenne sur les services numériques (DSA)". Le réseau X (Elon Musk) n’a jamais digéré la nouvelle réglementation européenne contre la haine en ligne et la désinformation, tout en étant complice pour avoir rétabli des comptes d’internautes sanctionnés pour racisme, négationnisme etc. (28 minutes, journal ARTE, le 20/09/2024).

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Pour citer cet article

Référence électronique

Béatrice Fracchiolla, « Introduction au recueil »Corela [En ligne], HS-42 | 2025, mis en ligne le 25 juin 2025, consulté le 16 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/corela/17059 ; DOI : https://doi.org/10.4000/147z9

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Droits d’auteur

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