Bibliographie
Bellis Delphine, Le visible et l’invisible dans la pensée cartésienne : figuration, imagination et vision dans la philosophie naturelle de René Descartes, Université Paris-Sorbonne et Radboud Universiteit Nijmegen, 2010.
Bellis Delphine, « The Perception of Spatial Depth in Kepler’s and Descartes’ Optics : A Study of an Epistemological Reversal », in : Vermeir Koen et Regier Jonathan (ed.), Boundaries, Extents and Circulations. Space and Spatiality in Early Modern Natural Philosophy, Dordrecht : Springer, 2016, p. 125-152.
Bennett Jonathan, Locke, Berkeley, Hume. Central Themes, Oxford : Oxford University Press, 1971.
Bloch Olivier, La philosophie de Gassendi, Nominalisme, matérialisme et métaphysique, La Haye : Martinus Nijhoff, 1971.
Boutroux Pierre, L’imagination et les mathématiques selon Descartes, Paris : Alcan, 1900.
Buzon Frédéric (de), « Le problème de la sensation chez Descartes », in : Vieillard-Baron Jean-Louis (dir.), Le dualisme de l’âme et du corps, Paris : Vrin, 1992, p. 85-99.
Chen-Morris Raz, « Optics, Imagination, and the Construction of Scientific Observation in Kepler’s New Science », The Monist, 84/4, 2001, p. 453-486.
Chevalley Catherine, « Sur le statut d’une question apparemment dénuée de sens : la nature immatérielle de la lumière », XVIIe siècle, n° 3, 1982, p. 257-266.
Dupré Sven, « Inside the Camera Obscura : Kepler’s Experiment and Theory of Optical Imagery », Early Science and Medicine, 13/3, 2008, p. 219-244.
Dupré Sven, « Kepler’s Optics without Hypotheses », Synthese, 185/3, 2012, p. 501-525.
Eustache de Saint-Paul, Summa philosophiæ quadripartita de rebus dialectiis, moralibus, physicis et metaphysicis, Paris : Charles Chastellain, 1609.
Gassendi Pierre, Lettre à Élie Diodati du 29 août 1634, Carpentras : Bibliothèque Inguimbertine, ms. 1832, fol. 17r°-19r°.
Gassendi Pierre, Opera omnia, Lyon : Annisson & Devenet, 1658 (abrégé OO).
Gassendi Pierre, Recherches métaphysiques, ou doutes et instances contre la métaphysique de R. Descartes et ses réponses, trad. Bernard Rochot, Paris : Vrin, 1962.
Gassendi Pierre, Vie de l’illustre Nicolas-Claude Fabri de Peiresc, conseiller au Parlement d’Aix, trad. Roger Lassalle, Paris : Belin, 1992.
Gassendi Pierre, De la phantaisie ou imagination, trad. Sylvie Taussig, Turnhout : Brepols, 2018.
Hamou Philippe, Voir et connaître à l’âge classique, Paris : PUF, 2002.
Hatfield Gary, « Natural Geometry in Kepler and Descartes », Res philosophica, 92/1, 2015, p. 117-148.
Huygens Christiaan, Œuvres complètes, t. X, La Haye : Martinus Nijhoff, 1905.
Kepler Johannes, Gesammelte Werke, Band II, Munich : C. H. Beck, 1939 (abrégé KGW II).
Kepler Johannes, Gesammelte Werke, Band VI, Munich : C. H. Beck, 1940 (abrégé KGW VI).
Kepler Johannes, Gesammelte Werke, Band IV, Munich : C. H. Beck, 1941 (abrégé KGW IV).
Kepler Johannes, Les fondements de l’optique moderne : Paralipomènes à Vitellion (1604), trad. Catherine Chevalley, Paris : Vrin, 1980.
Lindberg David, Theories of Vision from Al-Kindi to Kepler, Chicago, Londres : The University of Chicago Press, 1976.
Malet Antoni, « Keplerian Illusions : Geometrical Pictures vs Optical Images in Kepler’s Visual Theory », Studies in History and Philosophy of Science, vol. 21, n° 1, 1990, p. 1-40.
Murr Sylvia, « L’âme des bêtes chez Gassendi », Corpus, 16/17, 1991, p. 37–63.
Pintard René, Le libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle, Genève : Slatkine, 1983 (1re éd. 1943).
Rochot Bernard, Les travaux de Gassendi sur Épicure et sur l’atomisme. 1619-1658, Paris : Vrin, 1944.
Simon Gérard, « La théorie cartésienne de la vision, réponse à Kepler et rupture avec la problématique médiévale », in : Biard Joël et Rashed Roshdi (dir.), Descartes et le Moyen Âge, Paris : Vrin, 1997, p. 107-117.
Simon Gérard, Kepler, rénovateur de l’optique, Paris : Classiques Garnier, 2019.
Spruit Leen, Species Intelligibilis. From Perception to Knowledge, 2 vol., Leyde, New York, Cologne : Brill, 1994-1995.
Tachau Katherine H., Vision and Certitude in the Age of Ockham, Leyde : Brill, 1988.
Voltaire, Le Siècle de Louis XIV, t. III, Francfort : Veuve Knoch & J.-G. Eslinger, 1753.
Vuillemin Jules, Mathématiques et métaphysique chez Descartes, Paris : PUF, 2e éd. 1987 (1re éd. 1960).
Haut de page
Notes
L’image critique de la physique cartésienne comme « roman » est aussi bien utilisée par Christiaan Huygens dans une note sur la Vie de M. Descartes d’Adrien Baillet (cf. Œuvres complètes t. X, p. 403) que par Voltaire (cf. Le Siècle de Louis XIV, chap. XXIX, t. III, p. 53-54).
J. Vuillemin, Mathématiques et métaphysique chez Descartes, p. 11.
P. Boutroux, L’imagination et les mathématiques selon Descartes, p. 20 (nous soulignons).
Nous nous permettons de renvoyer à notre thèse de doctorat : Le visible et l’invisible dans la pensée cartésienne : figuration, imagination et vision dans la philosophie naturelle de René Descartes, Université Paris-Sorbonne et Radboud Universiteit Nijmegen, 2010, p. 588-690.
Cf. D. Lindberg, Theories of Vision from Al-Kindi to Kepler.
Cf. L. Spruit, Species Intelligibilis. From Perception to Knowledge ; K. Tachau, Vision and Certitude in the Age of Ockham.
Cf. par exemple Eustache de Saint-Paul, Summa philosophiæ, Tertia pars, t. II, p. 432 : « Dicimus igitur intellectum agentem concurrente simul phantasia per suas imagines seu phantasmata corporea alias intellectuales imagines puriores & simpliciores elicere ».
Cf. Ph. Hamou, Voir et connaître à l’âge classique, p. 39-47.
Eustache de Saint-Paul, op.cit., p. 340 : « Quæstio igitur est, an eiusmodi species seu imagines rerum obiectarum necessario admittendæ sint ut possit fieri sensatio ». Un peu plus loin, il écrit encore : « Quod vero admittendæ sint imagines seu species intentionales » (idem., p. 364).
Idem, p. 342 : « Secunda, quomodo species illæ differant ab obiectis quorum dicuntur imagines. Respondetur differre tum realiter cum formaliter : realiter quidem, quia recipiuntur in subiectis realiter diversis, exempli gratia, color est in pariete, at species coloris tum in aëre cum in oculo videntis : formaliter vero, quia sunt diversæ naturæ & speciei ; res enim obiectæ sunt sensu perceptibiles, species vero intentionales non item, ut alias minutiores differentias prætermittam ».
Sur l’optique de Kepler, cf. G. Simon, Kepler, rénovateur de l’optique.
Sur la genèse de ces deux types d’image, cf. S. Dupré, « Inside the Camera Obscura : Kepler’s Experiment and Theory of Optical Imagery » ; « Kepler’s Optics without Hypotheses ».
J. Kepler, Paralipomènes à Vitellion, p. 180 ; J. Kepler, Ad Vitellionem Paralipomena, cap. III, definitio I, in : Gesammelte Werke (désormais abrégé KGW) II, p. 64 : « Dicunt enim imaginem Optici, cùm res ipsa quidem cum suis coloribus et figuræ partibus cernitur, sed situ alieno, alicubi et alienis induta quantitatibus et partium figuræ proportione inepta. Breuiter, imago est visio rei alicuius, cum errore facultatum ad visum concurrentium coniuncta. Imago igitur per se penè nihil est, imaginatio potiùs dicenda. Res est composita ex specie coloris vel lucis reali, et quantitatibus intentionalibus ».
J. Kepler, Paralipomènes à Vitellion, p. 352 ; J. Kepler, Ad Vitellionem Paralipomena, cap. V, 3, definitio, KGW II, p. 174 : « Cùm hactenus Imago fuerit Ens rationale, iam figuræ rerum verè in papyro existentes, seu alio pariete, picturæ dicantur ».
J. Kepler, Ad Vitellionem Paralipomena, cap. III, 2, propositio XVII, KGW II, p. 72 : « Primum visus in plaga aberrat […] ; imaginatur sibi rem in eam plagam, unde refractus vel repercussus advenit. Deinde visus et in angulo aberrat. Imaginatur enim sibi, qua inclinatione incedant usque ad binorum oculorum centra radii refracti vel repercussi, eadem inclinatione seu angulo incedere etiam illos, qui a puncto radiante in puncta repercussum vel refractionum respondentia oculo primum allabantur » ; J. Kepler, Paralipomènes à Vitellion, p. 191-192 : « la vue [visus] se trompe à propos de la plage […] : elle s’imagine en effet l’objet dans la plage d’où vient le <rayon> réfracté ou répercuté. Ensuite, la vue se trompe encore à propos de l’angle. Car elle s’imagine que les rayons issus du point lumineux sont initialement tombés aux points de répercussions ou de réfractions correspondant à l’œil avec la même inclinaison, ou le même angle, sous lesquels les rayons réfractés ou répercutés s’avancent jusqu’aux centres des deux yeux ».
J. Kepler, Ad Vitellionem Paralipomena, cap. V, 2, KGW II, p. 152 ; J. Kepler, Paralipomènes à Vitellion, p. 318 : « […] les esprits ne sont pas un corps optique et leur mince cavité nerveuse n’est pas optiquement droite et même si elle l’était elle deviendrait aussitôt sinueuse du fait de la rotation de l’œil, et elle exposerait ses propres parties opaques à la petite ouverture, c’est-à-dire à l’entrée du passage. Par conséquent la lumière ne traverse pas la surface arrière du vitreux et n’y est pas réfractée, mais elle vient frapper dessus ».
J. Kepler, Ad Vitellionem Paralipomena, cap. V, 2, KGW II, p. 151-152 : « Quomodo idolum seu pictura hæc spiritibus visoriis, qui resident in retina et in neruo, coniungatur, et vtrum per spiritus intro in cerebri cauernas ad animæ seu facultatis visoriæ tribunal sistatur, an facultas visoria, ceu quæstor ab Anima datus, è cerebri prætorio foras in ipsum neruum visorium et retinam, ceu ad inferiora subsellia descendens, idolo huic procedat obuiam, hoc inquam Physicis relinquo disputandum » ; J. Kepler, Paralipomènes à Vitellion, p. 317 : « Quant à savoir comment cette représentation ou cette peinture, est liée aux esprits visuels qui ont leur siège dans la rétine et le nerf, et si c’est amenée par <ces> esprits à l’intérieur des cavités du cerveau qu’elle comparaît devant le tribunal de l’âme ou de la faculté visuelle, ou bien si c’est la faculté visuelle qui, telle un Questeur délégué par l’Ame, descend du prétoire du cerveau jusque dans le nerf visuel et la rétine, qui sont comme des tribunaux intérieurs, et s’avance à la rencontre de cette interprétation – tout cela, dis-je, je laisse aux Physiciens le soin d’en disserter ». Dans son Harmonice mundi, en 1619, Kepler réitère son aveu d’ignorance : cf. Harmonice mundi, lib. IV, cap. VII, KGW VI, p. 274.
J. Kepler, Ad Vitellionem Paralipomena, cap. V, 4, KGW II, p. 186 ; J. Kepler, Paralipomènes à Vitellion, p. 372. Kepler aboutit à cette formule après avoir affirmé que la fonction du cristallin n’est pas d’agrandir la peinture sur la rétine, mais de la rendre plus précise. L’objet peint sur la rétine ne doit pas « occup[er] une quantité supérieure à la norme » (ibid.).
P. Gassendi, Vie de Peiresc, p. 224.
Bibliothèque Inguimbertine, Carpentras, ms. 1832, fol. 17, 18-18v° (notre transcription ; nous avons modernisé l’orthographe et la ponctuation).
P. Gassendi, Vie de Peiresc, p. 225.
Cf. J. Kepler, Ad Vitellionem Paralipomena, cap. V, 4, KGW II, p. 186.
P. Gassendi, Vie de Peiresc, p. 226.
L’expression a été forgée par Jonathan Bennett dans son ouvrage Locke, Berkeley, Hume. Appliquée à la philosophie de Locke, l’expression a donné lieu à des discussions parmi les commentateurs pour savoir si l’on devait considérer ce voile comme matériel ou comme immatériel. L’ambiguïté du voile réside dans le fait qu’il joue à la fois le rôle d’obstacle et de modalité d’accès à la réalité extra-mentale.
Trad. B. Rochot, Les travaux de Gassendi sur Épicure, p. 100 ; P. Gassendi, Opera Omnia (désormais abrégé OO) III, p. 426b-427a : « lux jugi fluore emanet a lucido, et non desit unquam, quæ a tergo instet ; inde fit, ut a corpore primum occurente varie repercussa, repercutiatur iterum ab occurente alio, iterumque a primo, seu alio, neque sit reflectendi finis, donec fluor constiterit, neque intervenit obex ».
Trad. B. Rochot (modifiée), Les travaux de Gassendi sur Épicure, p. 101 ; Sommaire de la lettre à Liceti, OO III, s. p. : « § 5. Dicitur 2° de speciebus visibilibus (intentionales etiam appelant) quæ esse videantur non mera accidentia, sed substantialia quædam effluvia […]. § 8 : Non sunt species formæ sine materia, neque se instar rerum incorporearum habeantur ».
Cf. J. Kepler, Ad Vitellionem Paralipomena, cap. I, propositio V, KGW II, p. 21.
Idem, cap. I, propositio I, KGW II, p. 20 : « Dictum enim est, debuisse illam communicari corporibus omnibus. Ea communicatio fieri debuit dimensionum coniunctione ».
Idem, cap. I, KGW II, p. 22 : « Lux non impeditur soliditate corporum, quatenus solida, quò minus per ea transire possit. […] Lux afficitur à superficiebus occurrentium quorumcunque corporum ».
Cf. C. Chevalley, « Sur le statut d’une question apparemment dénuée de sens : la nature immatérielle de la lumière », p. 257-266 ; A. Malet, « Keplerian Illusions : Geometrical Pictures vs Optical Images in Kepler’s Visual Theory », p. 1-40 ; R. Chen-Morris, « Optics, Imagination, and the Construction of Scientific Observation in Kepler’s New Science ».
OO VI, p. 154a : « Oh ! si vel hoc unum intelligeremus, quomodo eliciatur Visio » ; notre traduction : « Oh ! si nous pouvions comprendre une seule chose, à savoir comment s’opère la vision ».
Cf. Épicure, Lettre à Hérodote, § 46-52 ; Lucrèce, De rerum natura, IV, v. 48-109.
O. Bloch, La philosophie de Gassendi, p. 13.
Trad. B. Rochot, Les travaux de Gassendi sur Épicure, p. 102 ; OO III, p. 425a : « species seu imagines esse ἀπορροίας hoc est effluxus substantiales, membranulas nempe, seu quasi exuvias ex corporibus derasas, et oculos versus per medium trajectas ».
Kepler présente la lumière comme « un corps géométrique » (J. Kepler, Paralipomènes à Vitellion, p. 108 ; KGW II, p. 20), une entité géométrique qui n’a que deux dimensions, un corps immatériel. J. Kepler, Paralipomènes à Vitellion, p. 109 (KGW II, p. 20) : « la lumière n’a pas de matière ni de poids, c’est-à-dire pas de résistance » ; idem, p. 112 (KGW II, p. 22) : « Les solides ont trois dimensions, en tant que solides. La lumière […] n’en a que deux ».
Trad. B. Rochot, Les travaux de Gassendi sur Épicure, p. 102 ; Sommaire du § 20 de la lettre à Liceti, OO III, s. p. : « Lux corporea est, et lucidi radii tenuissima corpuscula. Lux nihil aliud quam flammula summe dilatata ».
Recherches métaphysiques, p. 620 ; OO III, p. 407b : « radios lucidos, a quibus species rei non differt ».
Syntagma philosophicum, OO I, p. 441b (nous traduisons) : « Siquidem ex dictis concipere licet illam Imaginem, siue speciem, quæ ex re lucida, siue illustrata, ad oculum peruenit, illumque ad videndum rem mouet, nihil esse aliud, quam ipsammet Lucem, referentem rei colorem circonscriptum, delineatumque. […] Sic Imago Hominis nihil aliud, quam reflexa ex ipso Lux, eius colorem referens, figura propria terminatum, lineamentisque propriis interstinctum ».
Recherches métaphysiques, p. 262 ; OO III, p. 329a : « tenuis illa substantia, quæ ex me effluxit, et in intellectu recepta, inque Ideam conformata est. (Nisi velis autem speciem ex objecto procedentem effluxionem esse subtantialem, fac quodcumque lubuerit, realitatem semper imminues.) ».
Recherches métaphysiques, p. 584 ; OO III, p. 399b.
De apparente, OO III, p. 472b-473a.
Idem, p. 473a.
Syntagma philosophicum, OO II, p. 405a.
Ibid. ; P. Gassendi, De la phantaisie ou imagination, p. 66 : « ce quelque chose qui reste peut être tenu pour une sorte de pli fait dans le cerveau (à condition que le coup ait été asséné sur une chose molle), car de cette façon chaque fois que les esprits [spiritus] qui courent çà et là dans le cerveau entreront dans ce pli, ils exciteront une nouvelle fois un pareil mouvement, et la faculté pareillement affectée sentira pareillement ou imaginera qu’elle sent. Et cette sorte de pli sera véritablement une trace, puisque, comme la trace imprimée par le pied d’un animal est telle qu’elle conduit à l’appréhension et à l’image de l’animal qui l’a imprimé, de même le pli est tel qu’il crée une imagination renouvelée de la chose sensible qui l’a d’abord fait. Il sera vraiment une certaine empreinte [typus] ; car il se fait par une impression et il reçoit une figure spéciale, à la mesure de l’impression, de sorte qu’il sera le signe spécial de cette chose plutôt que d’une autre. Assurément même la couleur, l’odeur, la saveur et toutes les autres qualités ou corpuscules dont les choses sont constituées ont une figure spéciale, et c’est d’une manière spéciale qu’ils affectent les organes sensoriels et impriment des coups. »
Syntagma philosophicum, OO II, p. 405b.
Recherches métaphysiques, Contre la Méditation VI, p. 612 ; OO III, p. 405b.
Préface, OO III, p. 102.
Cf. R. Pintard, Le libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle, p. 497.
OO I, 92.
Recherches métaphysiques, Contre la deuxième Méditation, Sixième doute, p. 150 (OO III, p. 304a).
Idem, p. 150-152 (OO III, p. 304a) : « <les bêtes> manquent bien d’une raison humaine, mais non de celle qui est la leur, et tellement qu’on ne peut plus dire, semble-t-il, qu’elles soient privées de raison, si ce n’est par rapport à nous ou à notre espèce ; et d’ailleurs la faculté discursive ou la raison semble être une faculté générale, qui peut leur être attribuée aussi bien que la faculté de connaître ou le sens interne. […] et il semble qu’il n’y ait rien de différent, sinon quant au plus et au moins ».
Cf. Syntagma Philosophicum, OO II, p. 411b où Gassendi distingue la raison sensitive des animaux et la raison intellective des hommes : « Et pour que nous ne soyons pas d’emblée choqués par le mot même, au titre qu’il s’ensuivrait que ce ne serait pas seulement l’homme qui serait doué de raison, mais aussi les autres animaux que nous appelons des bêtes, dans la mesure où ils ont part à la phantaisie, c’est pour cette raison que nous semblons pouvoir dès le départ distinguer deux raisons, une sensitive et une intellective, et affirmer que la sensitive, qui est la même chose que la phantaisie et qui n’est appelée raison qu’improprement et par analogie, est commune à l’homme et aux bêtes » (P. Gassendi, De la phantaisie ou imagination, p. 88).
En comparant des idées singulières, le chien peut produire des idées générales et identifier les objets de son expérience sensible en fonction de ces notions générales (par exemple, reconnaître un homme en général) : cf. idem, OO II, p. 410b-411a.
Gassendi parle ainsi des mouvements « volontaires » (voluntariarum) des animaux : cf. idem, OO II, p. 260b.
Cf. Recherches métaphysiques, Contre la seconde Méditation, doute VI, p. 150 ; OO III, p. 304a ; Syntagma Philosophicum, OO II, p. 411b-413b, 415a-b sur la ratiocinatio des bêtes. Cf. Sylvia Murr, « L’âme des bêtes chez Gassendi », p. 37-63. Il ne s’agit cependant pas de la pleine liberté humaine car le comportement des animaux, même s’il n’est pas déterminé par la pulsion immédiate, l’est par leur nature animale et les données héréditaires transmises par la semence.
Cf. OO II, p. 441a.
Descartes à Mersenne, 31 mars 1638, AT II, 86.
Cf. G. Simon, « La théorie cartésienne de la vision, réponse à Kepler et rupture avec la problématique médiévale ».
Cf. à ce sujet le texte des Six. Rép. (AT VII, 436-439 ; AT IX-1, 236-238). De ce point de vue, l’image rétinienne représente plutôt, pour l’opticien, le support à partir duquel il devient possible d’améliorer la vision. L’image rétinienne (ou son corrélat cérébral) n’est en effet jamais vue elle-même, « comme s’il y avait derechef d’autres yeux en notre cerveau » (Diopt., VI, AT VI, 130).
AT VI, 114 : « Vous voyez donc assez que, pour sentir, l’âme n’a pas besoin de contempler aucunes images qui soient semblables aux choses qu’elle sent ; mais cela n’empêche pas qu’il ne soit vrai que les objets que nous regardons, en impriment d’assez parfaites dans le fond de nos yeux ».
Même dans L’Homme où Descartes met davantage l’accent sur le fonctionnement mécaniste de la vision, il recourt déjà à cette notion de géométrie naturelle : « encore que l’âme ignore d’ailleurs la longueur de ces bâtons, toutefois, parce qu’elle saura la distance qui est entre les deux points f et g, et la grandeur des angles fgh, et gfi, elle pourra connaître, comme par une géométrie naturelle, où est l’objet K » (AT XI, 160). La persistance de ce thème dans les écrits cartésiens manifeste selon nous son importance conceptuelle pour l’auteur.
Diopt. VI, AT VI, 137-138.
Dans les Paralipomènes à Vitellion, Kepler recourt à un triangle distanciométrique comparable au sujet de l’évaluation de la distance des images vues par réflexion et réfraction : cf. KGW II, p. 66. En ce qui concerne la vision directe, la Dioptrique se contente d’un retour à l’optique euclidienne s’appuyant sur la grandeur de l’angle de vision : cf. § 66-69, KGW IV, p. 376-377. Sur cette question, nous nous permettons de renvoyer à notre article « The Perception of Spatial Depth in Kepler’s and Descartes’ Optics ».
Pour une interprétation différente de la notion de géométrie naturelle (ne faisant pas intervenir la conscience de la distance entre nos yeux ni celle de leur rotation pour aboutir à la perception de la distance par une inférence), cf. G. Hatfield, « Natural Geometry in Kepler and Descartes ».
Pass., I, art. 20-21, AT XI, 344-345.
Les deux autres reposent, respectivement, sur un changement de la figure de l’œil (accommodation) et sur le plus ou moins grand degré de distinction et de luminosité de la représentation sensible : cf. Diopt. VI, AT VI, 137-140.
Idem, AT VI, 140 : « Au reste, pour la façon dont nous voyons la grandeur et la figure des objets, je n’ai pas besoin d’en rien dire de particulier, d’autant qu’elle est toute comprise en celle dont nous voyons la distance et la situation de leurs parties ».
Idem, AT VI, 134.
Diopt. VI, AT VI, 134-135 (nous soulignons).
Méd. V, AT VII, 63 ; AT IX-1, 50.
Ibid.
Cinq Rép., AT VII, 382 ; OC IV-1, 574.
F. de Buzon, « Le problème de la sensation chez Descartes », p. 97 : « Il faut donc inverser la position empiriste : la spatialité de mon corps et des corps dépend en sa reconnaissance immédiate puis en sa connaissance scientifique de l’idée innée d’étendue ».
Les travaux de recherche nécessaires à la rédaction de cet article ont été menés dans le cadre du programme ANR GASSENDI (JCJC 2019) financé par l’Agence Nationale de la Recherche.
Haut de page