L’architecture urbaine, cinquante ans après
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1L’architecture urbaine comme champ spécifique de la discipline de l’architecture émerge au cours des années 1960. C’est à ce moment que s’impose, au sein d’un groupe relativement important d’universitaires, la nécessité d’un travail épistémologique sur les fondements du métier de l’architecte. La recherche du sens de sa posture intellectuelle n’est pas séparée d’une réflexion sur sa traduction en une œuvre construite suivant la triade vitruvienne : respect des normes techniques, recherche d’harmonie esthétique et ouverture sur la société ; cette triade correspondant aux notions connues : 1) celles de firmitas, venustas et utilitas – qui ont permis, maintes fois réinterprétées, de construire les fondements de l’architecture à travers les siècles et les cultures. Transversales à plusieurs disciplines institutionnellement reconnues qui vont de la théologie à la linguistique, de la philosophie à l’histoire, 2) deux autres notions, celles de type et de modèle se voient réinterrogées par ces architectes au cours des années 1960. Ceci avec un but précis : ancrer l’architecture dans le champ des sciences humaines et sociales et, par là, lui donner une plus grande légitimité et une plus forte institutionnalisation au sein des milieux universitaires où elle s’est installée, bien précairement, depuis la séparation opérée d’avec les sciences de l’ingénieur. Si cette approche épistémologique et conceptuelle est déjà présente en France et en Allemagne à des moments précis de l’histoire de l’architecture – on pense notamment au travail des architectes des Lumières et aux pionniers du Mouvement moderne allemand – c’est tout particulièrement en Italie qu’elle se traduit, au cours des années 1960, en une véritable vague et se cristallise autour de l’idée d’un rapport retrouvé entre l’Architecture et la Ville.
2En partant de la définition donnée par les architectes italiens du champ spécifique de l’architecture urbaine, nous voudrions retracer dans cet article les transferts opérés entre la culture italienne et la culture française à son sujet. Nous nous concentrerons essentiellement sur le rôle des notions clés dans la structuration du champ et dans la théorisation autour des approches du projet, en partant de l’hypothèse d’un décalage entre l’approche italienne et l’approche française dans la construction de la systémique autour de l’architecture urbaine.
Discipline et sous-champ disciplinaire
Architecture versus Ville
- 1 Dominique Maingueneau est professeur de sciences du langage à la Sorbonne. Voir en particulier D. M (...)
3Afin de rappeler brièvement l’opération qui sous-tend la construction d’une discipline, nous nous appuyons ici sur un passage très éclairant de Dominique Maingueneau, écrit à propos des sciences du langage1. Comme toute autre discipline, l’architecture, pour se construire en tant que telle, doit pouvoir se définir comme un champ d’étude constitué d’un certain nombre de principes fondateurs, d’hypothèses générales et de concepts qui permettent de construire un phénomène en objet d’analyse. En relisant aujourd’hui les textes écrits par les jeunes architectes italiens actifs au cours des années 1960 à l’Instituto Universitario di Architettura de Venise et au Politecnico de Milan, on se rend compte qu’ils s’inscrivent, malgré leurs différences, à l’intérieur d’un mouvement d’idées – celui de la Tendenza – qui pose pour postulat la construction de l’architecture comme cadre conceptuel à l’intérieur duquel peuvent trouver leur place diverses théories, telles des propositions d’une systémique autour d’idées-guides bien définies. Sans ce cadre théorique il n’y aurait pas de discussion et de communication possibles avec les autres disciplines. Il s’agit bien, pour ces architectes qui inscrivent doublement leur travail dans le cadre de l’enseignement universitaire et de la pratique opérationnelle, de rechercher un principe de pertinence :
« Discuter les explications que l’on donne sur le monde n’est possible que si l’on connaît le cadre conceptuel de référence, les catégories, les modes de raisonnement et les procédures d’analyse dont elles dépendent. Pour être opérationnel, ce cadre a besoin de se doter d’outils de description et de probation qui permettent à la fois de construire l’objet d’analyse, de le décomposer autant que de besoin, d’effectuer des distinctions ou des rapprochements, de mettre au jour des mécanismes de fonctionne- ment du phénomène étudié, et de présenter le tout sous forme de résultats à interpréter. Cet outillage constitue une méthodologie, et c’est ce couple théorie-méthodologie qui fonde une discipline en en déterminant le lieu de pertinence » (D. Maingueneau, 2010).
- 2 Umberto Eco s’exprime dans ce sens dans la préface au livre de Vittorio Gregotti, Le territoire de (...)
4Inscrite dans le champ des sciences humaines et sociales, l’architecture définit son principe de pertinence avant tout autour de la démarche de projet. Suivant l’interprétation donnée par Umberto Eco, ces jeunes architectes cherchent à prouver la « scientificité » et la « rationalité » du projet dans le but de donner une pertinence à la recherche architecturale comme recherche « scientifique » : ils présupposent un traitement scientifique des données internes au projet dans ses liens avec le monde extérieur ; ils visent un positionnement critique par rapport à la méthodologie du modernisme fonctionnaliste ; ils critiquent profondément les conformismes et corporatismes qui se répandent dans l’après-guerre ; ils opèrent au nom d’une continuité avec la modernité des années 1920 et 1930, ainsi que d’une recherche de la signification de l’œuvre architecturale2. Leur recherche scientifique peut se développer indépendamment du projet ou bien en être un instrument, le projet étant considéré, pour sa part, comme l’une des formes possibles et sans doute privilégiée d’analyse architecturale et de connaissance du lieu dans lequel il s’inscrit. Le terrain d’enquête et de projet s’élargit aux contextes urbains et métropolitains, ces territoires de cohabitation de différentes échelles et formes bâties (U. Eco, 1982).
5Aldo Rossi, figure centrale de la Tendenza, ainsi que Giorgio Grassi et Guido Canella, publient au cours de la seconde moitié des années 1960, de nombreux articles, conférences, livres et cours universitaires qui leur permettent d’inscrire leur engagement dans ce mouvement de réforme de l’enseignement de la discipline architecturale ainsi que du métier de l’architecte. En ces mêmes années, Carlo Aymonino, Vittorio Gregotti, Manfredo Tafuri, Massimo Cacciari jouent le rôle de référents intellectuels du mouvement, nourrissant une dialectique fertile entre les approches architecturales, urbanistiques, historiques et philosophiques. Les livres, essais et publications de ces architectes sont assurés par la création de nouvelles collections sur l’architecture chez différents éditeurs italiens. Deux autres supports de diffusion et de transmission des connaissances permettent au groupe d’émerger et d’être remarqué sur la scène internationale : les revues d’architecture et les polycopiés relatifs aux séminaires collectifs organisés dans deux importantes institutions universitaires : le Politecnico de Milan et l’Istituto Universitario di Architettura de Venise, dirigé à l’époque par Giuseppe Samonà. Avec l’éclairage des approches des géographes et urbanistes français, ainsi que des premiers Modernes allemands, ces cours universitaires, articles, essais, introductions à des textes de théorie opèrent un glissement d’échelle de l’Architecture vers la Ville. Ils cherchent ainsi à définir son sous-champ disciplinaire à partir d’un travail dialectique sur les mots de l’architecture dans leur articulation à la dimension urbaine. Ces mots et notions – ceux de type, de modèle, d’analogie, de locus, de morphologie – sont considérés comme des outils conceptuels permettant de construire la relation entre théorie et œuvre construite, analyse et projet à l’échelle de la ville. La première relecture des positions de la Tendenza opérée en Italie dès les années 1970 s’inscrit dans une volonté d’élargissement du débat à l’échelle internationale et de consécration du passage de la spéculation intellectuelle sur l’architecture de la ville à la réponse à des commandes architecturales de plus en plus centrées sur l’échelle de l’objet bâti pris dans sa singularité et son autonomie. Malgré la fortune critique des ouvrages de Rossi, Grassi, Gregotti, Aymonino, aussi bien sur le territoire italien qu’en dehors de ses frontières, ce revirement a provoqué une perte partielle des objectifs sémantiques définis au cours des années 1960. Ainsi, lors que le mouvement s’internationalise, celui-ci commence à s’éteindre, ses épigones italiens choisissant, pour des raisons inhérentes au mouvement même, de se focaliser principalement sur leur pratique d’architectes professionnels.
Sous-champ disciplinaire et pratique opérationnelle
Architecture urbaine versus Projet urbain
- 3 Voir à ce sujet Jean-Louis Cohen, « La coupure entre architectes et intellectuels ou les enseigneme (...)
- 4 Umberto Eco, préface à Vittorio Gregotti, Il territorio dell’architettura, Le territoire de l’archi (...)
6En France, les premières vagues provoquées par ce mouvement s’inscrivent, dès le début des années 1970, dans la réforme de l’enseignement de l’architecture au sein des nouvelles unités pédagogiques nées de la séparation entre architecture et beaux-arts. La situation de contestation par rapport à l’image de l’architecture véhiculée par l’École des beaux-arts et la recherche d’un cadre conceptuel à l’intérieur duquel construire de nouvelles approches et théories, conduisent les architectes à se tourner vers l’Italie et à interroger, tout particulièrement, les positions exprimées par la Tendenza. Comme en Italie, la pertinence scientifique de la systémique construite autour du projet architectural et de ses liens avec la ville est établie au profit d’une nouvelle figure, absente en France des débats du début des Trente Glorieuses : celle de l’« architecte-intellectuel3 ». À la base des positions théoriques exprimées dans les éditoriaux de Bernard Huet de l’Architecture d’aujourd’hui, on retrouve ce qu’Umberto Eco définit comme le « rêve léonardien » de l’architecte, celui de l’« intellectuel complet » qui cherche à dialectiser à travers sa démarche les problèmes et les réponses de la culture de son temps4. Et, comme en Italie, le champ de l’urbain émerge avec péremption pour être interrogé et construit avec les outils propres à la discipline de l’architecture.
- 5 Voir en particulier Jean Castex, Jean-Charles Depaule, Philippe Panerai, Formes urbaines : de l’îlo (...)
- 6 Philippe Panerai, « Typologies », Les Cahiers de la recherche architecturale, no 4, décembre 1979, (...)
7En parallèle aux éditoriaux et articles de Bernard Huet, des architectes tels Philippe Panerai, Christian Devillers, Pierre Micheloni publient, au cours des années 1970, des écrits qui visent à décrire, dans la polarité architecture/ville, les aspects morphologiques des quartiers et des paysages urbains5. Dans ces livres et articles revendiquant l’appartenance au champ de l’architecture urbaine, plus que l’approche typologique et morphologique inductive de Rossi et des auteurs qui ont su créer en Italie un débat disciplinaire aux accents fortement dialectiques, c’est la lecture positiviste et déductive d’Aymonino qui a été retenue. Cette position s’éloigne non seulement de la charge poétique et politique de la lecture rossienne de l’espace et de la place donnée à la perception individuelle et intuitive de l’architecture de la ville au sein du mouvement de la Tendenza, mais aussi de la capacité à créer, de par sa propre force, des transversalités avec les autres disciplines. Se positionnant de manière critique par rapport à l’approche rossienne, Philippe Panerai souligne que, à lire Aymonino les choses semblent beaucoup plus « simples et tout à l’opposé de l’interprétation mystique qui accompagne parfois l’évocation du couple morpho/typo. Les mots d’ailleurs, débarrassés de la redondance qui entoure certains textes italiens, évoquent des observations concrètes, des images que chacun, pour peu qu’il ait déjà porté quelque intérêt aux villes, peut comprendre6 ».
8L’important travail accompli au sein des unités pédagogiques par les architectes « italophiles » français, à la fois sur les outils conceptuels de l’architecture urbaine – les notions de type, de modèle, de génie du lieu, etc. – et sur la construction logique qui sous-tend leur champ d’influence, a permis d’orienter le regard vers la construction d’un véritable processus de projet de la ville. Plus que pour renforcer la construction disciplinaire autour de la pratique du projet à l’échelle urbaine, dans une situation d’enseignement et de débat absolument coupée de l’université, ces auteurs ont essentiellement œuvré pour définir les bases théoriques sur lesquelles s’est appuyée la naissance d’une nouvelle pratique : celle du Projet urbain. L’exemple le plus intéressant à évoquer dans ce contexte me semble celui du projet urbain de la Plaine Saint-Denis. Porté par un collectif d’architectes, dont certains sont des enseignants des écoles d’architecture, ce projet connu sous le nom de Hippodamos 93 peut être cité comme un véritable modèle d’innovation dans les pratiques et processus de projet. Ceci pour la démarche qu’il met en place, prenant en compte à la fois la temporalité longue de construction de la ville, la pluralité d’acteurs qui y prennent part et les différentes échelles d’intervention, pour certaines ouvertes sur l’interprétation et la lecture des paysages architecturaux et urbains.
9L’aventure dialectique des mots de l’architecture urbaine qui avait donné lieu, en Italie, à des débats constructifs bien que déchirants avant de se transformer au cours des années 1980 et 1990 plutôt en une aventure des formes et des formalismes, a donné lieu, en France, à la migration d’un processus de projet du champ de l’enseignement à celui d’une pratique opérationnelle définie par un nouveau cadre juridique et normatif. Dès le milieu des années 1990, le processus exemplaire du projet urbain de la Plaine Saint-Denis (1985-1993), intervenant en même temps que le processus de décentralisation, a permis essentiellement de consolider juridiquement l’ensemble des phases des processus d’intervention architecturale dans la ville. Ceci sans que les écoles d’architecture fassent émerger avec force un débat théorique disciplinaire proactif, capable de dépasser les acquis normatifs du projet urbain.
Pratique opérationnelle et thèses de doctorat proactives
Projet urbain versus Projet métropolitain
- 7 Françoise Choay, L’urbanisme, utopies et réalités. Une anthologie, Paris, Le Seuil, 1965.
10Aujourd’hui, à cinquante ans de distance des premiers débats et des écrits fondateurs de la Tendenza, c’est cette posture visant une théorisation proactive autour du projet qu’il est important de retrouver dans l’enseignement de l’architecture, et notamment au sein du cycle doctoral. Au premier regard, nous vivons la même « crise » de la ville et des disciplines qui la concernent, dénoncée par Françoise Choay dans son analyse des contextes urbains, italiens et français, de l’après-guerre7. Cependant, la complexité des territoires s’est encore accrue et la discipline architecturale est de plus en plus désarmée face au chaos des situations métropolitaines actuelles, issues de l’éclatement des échelles de la ville consolidée. Le processus propre à la démarche du projet urbain tel qu’il a émergé au cours des années 1980, a invité les politiques, techniciens, scientifiques, architectes, urbanistes, usagers à avoir un rôle à jouer et une culture urbaine à exprimer. Mais, dans ce processus qui vise une pacification des conflits, quelle place peut prendre un discours engagé sur le caractère et la forme multiple de la ville, avec ses innombrables tensions ? Comment retrouver, face aux différentes échelles métropolitaines, la pertinence du rapport entre recherche scientifique et recherche architecturale, entre formes décisionnelles de pouvoir et postures individuelles, créatives, collectives, politiques, qui viennent du terrain ?
11Ces questions trouvent une première réponse dans la relecture critique des débats italiens des années 1960. C’est en comprenant l’esprit maïeutique, la liberté de pensée et la volonté d’un dialogue transversal mis au service d’une commune volonté de construction d’une discipline, tels que défendus par Ernesto Nathan Rogers et Ludovico Quaroni déjà à partir des années 1940, que l’on peut retrouver aujourd’hui des éléments théoriques structurants pour qu’un dialogue transversal redonne force aux racines de la discipline architecturale dans son interrogation sur la forme urbaine à toutes ses échelles. Ces éléments théoriques permettraient de définir le cadre conceptuel de référence, les catégories, les modes de raisonnement et les procédures d’analyse dont ils dépendent et, par conséquent, de discuter les explications que nous donnons sur le monde à travers le projet. Ils formeraient des outils de description et de probation qui permettent de construire l’objet d’analyse, de le décomposer, d’effectuer des distinctions ou des rapprochements, de mettre au jour des mécanismes de fonctionnement des territoires étudiés, et de présenter ce processus sous forme de scénarios à interpréter. Ils permettraient de constituer une méthodologie, et, dans ce couple théorie-méthodologie, refonder le champ de l’architecture urbaine autour du projet métropolitain en en déterminant le lieu de pertinence.
- 8 Je ne pourrai pas approfondir dans ce bref article la réflexion sur les significations multiples ma (...)
12Si les mots du dialogue s’étaient cristallisés à l’époque notamment autour de la notion de type, aujourd’hui, à travers le même processus analogique, cette tension se concentre autour de la notion de figure8. En réinterprétant Rossi, on peut affirmer que l’outil conceptuel de la figure apparaît, dans le processus d’interprétation du réel, comme une invariante. En tant que telle, elle est un outil méthodologique qui permet de faire émerger, à travers la démarche de projet, la forte charge symbolique des territoires. Et cette charge symbolique propre à la figure résume en soi à la fois le caractère intrinsèque des lieux et la philosophie de ceux qui les interprètent. La notion de figure est ainsi investie à la fois d’une valeur épistémologique et d’une valeur d’usage, que les thèses de doctorat peuvent mettre à jour, contribuant à questionner et à redéfinir le cadre conceptuel de l’architecture urbaine.
Notes
1 Dominique Maingueneau est professeur de sciences du langage à la Sorbonne. Voir en particulier D. Maingueneau, « Analyse du discours et champ disciplinaire », Questions de communication, no 18, 2010, p. 185-196.
2 Umberto Eco s’exprime dans ce sens dans la préface au livre de Vittorio Gregotti, Le territoire de l’architecture, Paris, L’Équerre, 1982 (traduction française de l’édition italienne de 1966), p. 8.
3 Voir à ce sujet Jean-Louis Cohen, « La coupure entre architectes et intellectuels ou les enseignements de l’italophilie », In Extenso, no 1, Paris, école d’architecture Paris-Villemin, 1984.
4 Umberto Eco, préface à Vittorio Gregotti, Il territorio dell’architettura, Le territoire de l’architecture, 1982 (1966), op. cit. note 2, p. 8.
5 Voir en particulier Jean Castex, Jean-Charles Depaule, Philippe Panerai, Formes urbaines : de l’îlot à la barre, Paris, Bordas, 1977 ; Alain Borie, Pierre Micheloni, Pierre Pinon, Forme et déformation, Paris, CERA, 1978 (nouvelle édition : Forme et déformation des objets architecturaux et urbains, Marseille, Parenthèses, 2006).
6 Philippe Panerai, « Typologies », Les Cahiers de la recherche architecturale, no 4, décembre 1979, p. 12.
7 Françoise Choay, L’urbanisme, utopies et réalités. Une anthologie, Paris, Le Seuil, 1965.
8 Je ne pourrai pas approfondir dans ce bref article la réflexion sur les significations multiples mais convergentes de cette notion et sur son importance dans la construction du champ disciplinaire de l’architecture urbaine. Pour le rôle qu’elle a assumé dans le discours de Quaroni, je renvoie le lecteur à mon livre La Tendenza. Une avant-garde italienne, 1950-1980, Marseille, Parenthèses, 2013. L’origine et l’actualité de cette question sont au cœur de nombreuses thèses de doctorat que je dirige et que j’ai dirigées dans ce champ. Voir en particulier, Luna d’Emilio, Morphologie urbaine et ville durable : théories et projets au tournant du XXIe siècle, cotutelle université de Florence et université de Strasbourg, 2013 ; Andreea Grigorovschi, L’Architecture urbaine en débats. Du projet urbain au dessein métropolitain : cultures de projet en interactions, université de Strasbourg, année d’inscription 2010 ; et, indirectement, Roberta Borghi, Continuités et discontinuités entre architecture et ville. La contribution du débat culturel en Italie et en France à une théorie de l’architecture urbaine (1980-2000), cotutelle université de Parme, université Paris 8, 2010. La thèse de doctorat devient pour ces jeunes chercheurs en architecture le lieu de réflexion sur les notions structurantes de la pensée sur le projet – la figure ou les figures, le locus, la mémoire, etc. – ainsi que de leur application sur des cas d’étude précis
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Référence papier
Cristiana Mazzoni, « L’architecture urbaine, cinquante ans après », Les Cahiers de la recherche architecturale et urbaine, 30/31 | 2014, 41-46.
Référence électronique
Cristiana Mazzoni, « L’architecture urbaine, cinquante ans après », Les Cahiers de la recherche architecturale et urbaine [En ligne], 30/31 | 2014, mis en ligne le 14 septembre 2017, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/crau/374 ; DOI : https://doi.org/10.4000/crau.374
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