Notes
Jean-Claude Driant, « Les mutations en sourdine du financement du logement social », Regards croisés sur l’économie, vol. 1, n°9, 2011, « Pour sortir de la crise du logement », pp. 187-197 ; Ludovic Halbert, Pierre Bouché, Elisabeth Decoster, Les Mutations du financement de la production du logement locatif social en France métropolitaine (2004-2013) : dynamiques, facteurs et différenciations spatiales, rapport de recherche pour la Caisse des dépôts, 2016 ; Matthieu Gimat, Ludovic Halbert, « Le logement social contraint à la rentabilité », Métropolitiques, 12 juillet 2018, [en ligne] https://www.metropolitiques.eu/Le-logement-social-contraint-a-la-rentabilite.html
Anne-Laure Jourdheuil Hincker, Une architecture de promoteur pour le logement social : la Véfa-HLM, thèse, Université Paris 10/CRH UMR Lavue 7218, 2019.
Cet aspect a été étudié notamment en regard des situations espagnoles et finlandaise par Sophie Némoz. Voir Sophie Némoz, « L’“éco-logis” politique : un dépaysement critique de l’habitat durable », Sciences de la société, n 98, 2017, p. 30-44.
Ibid, p. 30.
Rendre possible. 40 ans de réalisations expérimentales, PUCA, juin 2012 ; « Habitat original par la thermique (HOT) 1975-1980 », le programme H2E85 19 1981-1985, les REX HQE, le programme « Écologie et Habitat », le programme « Villa Urbaine Durable », le REHA, etc.
Voir notamment les bilans de cette époque dressés dans : Christian Moley, L’innovation architecturale dans la production du logement social, Paris, Éditions du Plan Construction, 1979 ; Jean-Michel Léger, Derniers domiciles connus. Enquête sur les nouveaux logements, 1970-1990, Grane, Creaphis, 1990.
Isabelle Grudet, « Le “moment écoquartier” en France. Expérimentations et labellisation », dans G. Debizet et P. Godier, « Architecture et urbanisme durables : modèles et savoirs », Cahiers RAMAU, n°7, 2015, pp. 22-37 ; F. Valégeas , « L’habitat durable contre la mixité sociale ? Production et réception des normes d’habiter dans les écoquartiers », Sciences de la société, 98, 2017, pp. 45-64.
Julien Milanesi, Laurent Teresi, « Normes et bâtiment durable : une emprise technicienne », Sciences de la société, 98, 2017, pp. 65-78.
Monique Eleb, Philippe Simon, Le logement contemporain. Entre confort, désir et normes (1995-2012), Mardaga, Liège, 2013.
Entretien A.S, chargé de mission, 03/12/2018.
Mathilde Chamodot et Basile Cloquet, « Pour un habitat écoresponsable de qualité en Saône-et-Loire » ? Les Cahiers de la recherche architecturale et urbaine, déc. 2014, n°30-31, pp. 131-144.
« La Foncière Chênelet en levée de fonds » ? LITA [en ligne] https://fr.lita.co/fr/projects/614-fonciere-chenelet, consulté le 13 oct. 2018.
Entretien A.S, chargé de mission, 03/12/2018.
« Foncière Chênelet », LITA, [en ligne] oct.https://fr.lita.co/fr/projects/614-fonciere-chenelet, consulté le 11 oct. 2018.
« Le logement écologique permet des économies de consommations importantes, mais sa filière est encore peu développée en France et ne s’adresse qu’à une population aisée. Nous construisons donc des maisons écologiques saines et confortables pour les populations ayant les plus bas revenus ». « Missions », Foncière Chênelet [en ligne] https://fonciere-chenelet.org/nous/histoire, consulté le 20 nov. 2018.
La commune de Soye-en-Septaine est située à 7 km au sud de Bourges, dans un environnement doté de certaines qualités (cadre naturel et boisement important, bourg ancien bien entretenu). Sa population est en légère augmentation dans un département pourtant en déclin démographique. Dans sa grande majorité, elle est constituée de jeunes ménages aux revenus modestes travaillant à Bourges, qui sont des propriétaires habitants. Le village possède une école (maternelle, élémentaire, primaire), mais n’a plus de commerce. L’habitat est constitué de maisons individuelles privées de petite taille, dont seulement cinq sont louées. L’opération de la Foncière Chênelet est envisagée par la municipalité comme une première expérimentation amenée à être dupliquée si la demande locative sociale se confirme dans les prochaines années. La mairesse qui a initié le projet est également assistante sociale. Elle a réalisé quatre mandats à la tête de la commune.
A., jeune mère d’une trentaine d’années, occupe le T4 à l’étage depuis l’inauguration de l’opération, avec son compagnon et leur fils.
Laurent Delattre, « Économes et écologiques : les maisons SPL », La Maison écologique, déc. 2003-janv. 2004, n°18, pp. 31-35.
Sans dresser tout le détail de l’évolution des modes constructifs mis en œuvre, on peut néanmoins faire remarquer qu’entre les premières constructions du groupe à Landrethun-le-Nord dans les années 2000, les premiers logements de la Foncière Chênelet à Calais en 2011, et ceux de Soye-en-Septaine en 2017, le modèle Chênelet a beaucoup évolué, passant d’une structure bois poteaux-poutres et isolation blocs copeaux bois-chaux et briques de terre crue, à une structure bois massif cloué, isolation ouate de cellulose et briques de terre crue, puis à une structure en ossature bois, isolation botte de paille et briques de terre crue.
Paul Wallez, « Développement durable et logement social, une tension dialectique autour de la qualité ». Pensée plurielle, 2006, 2, n°12, pp. 35-43.
Foncière Chênelet, Mémorandum d’investissement 2018.
Les dernières opérations livrées se rapprochent d’un coût de 3000 € du mètre carré hors taxe, hors foncier. A titre de comparaison, la moyenne française des coûts de logements ordinaires neufs Plai, Plus, PLS (charge foncière comprise) est de 2351 € hors taxe par mètre carré de surface utile. « Bilan 2017 des logements aidés, les caractéristiques des opérations de financement des logements et leur répartition territoriale », Ministère de la Cohésion des territoires, Financement du logement social, 24/08/2018, [en ligne], http://www.financement-logementsocial.logement.gouv.fr, consulté le 4 nov. 2018. Pour soutenir ces coûts de construction, la Foncière Chênelet s’appuie sur un financement tripartite, à la fois participatif, solidaire et partenarial : « Ce qu’on vise c’est un tiers de financement par fonds propres, un tiers de financement par prêt de la Caisse des Dépôts et de Consignation, puisqu’on est bailleur social [...]. Et la troisième partie, ce sont les financements publics et privés qu’on va appeler hybrides. » Entretien A.S, chargé de mission, 08/10/2018.
Foncière Chênelet, Mémorandum d’investissement 2018.
La mairesse se remémore ainsi : « On a tous été conquis, et donc le conseil municipal a suivi tout de suite. C’est pour ça que ça s’est réalisé très, très, vite, il n’y a pas eu du tout d’opposition. […] Alors que quelques fois des logements sociaux ça fait aussi grincer dans des villages. Et le fait qu’il n’y en ait pas beaucoup, et qu’il y ait toutes ces nouvelles techniques, ça a fait que ça a tout de suite été accepté, par tout le monde. Je n’ai jamais eu d’obstacles. » Entretien M-F.L, maire, 16/10/2018.
« Nos procédés de construction écologique », Foncière Chênelet [en ligne] https://fonciere-chenelet.org/strategie/procedes-deconstruction, consulté le 17 déc. 2018.
« Des logements sociaux et bioclimatiques », Le Berry Républicain, 20/05/2017 [en ligne] https://www.leberry.fr/soye-en-septaine/2017/05/20/des-logements-so-ciaux-et-bioclima-tiques_12410523.html#refresh, consulté le 20 mai 2018.
Amélie Flamand, Rémi Laporte, Effet de serre. Techniques, usages et imprévisibilité. Évaluation de l’îlot Achard-Blanqui-Estrangers à Bordeaux et retour sur une opération des années 1980 à Saint-Etienne, Paris, Ministère de l’Équipement, des Transports et du Logement/PUCA, 2018.
Les murs et rampants de toiture sont constitués de caissons de bois autoportants, fabriqués et remplis de paille au sein des ateliers du Chênelet. Les planchers d’étages sont en bois massif cloué, de même que certaines cloisons. Le reste du cloisonnement est réalisé en ossature bois avec un remplissage en fibre de bois, ou en briques de terre crue. Ces briques de terre comprimée ne sont quant à elles pas préfabriquées mais réalisées localement par les partenaires éco-constructeurs de la Foncière.
Notamment, l’utilisation de planchers en bois massif entre étages est réputée périlleuse pour atteindre un confort acoustique satisfaisant pour de l’habitat. Malgré le système de dissociation acoustique prescrit par le Chênelet, l’habitante rencontrée à Soye-en Septaine énonce qu’elle et ses voisins perçoivent mutuellement des bruits d’usages ordinaires et s’inquiète de la gêne que pourrait produire son enfant : « mes voisins m’entendent marcher, ils entendent mon chat. », « je l’entends tousser ou éternuer ma voisine d’en-dessous ». Entretien A, habitante, 19/10/2018.
« Nos procédés de construction écologique », Foncière Chênelet, op. cit.
« Le modèle Foncière Chênelet », Foncière Chênelet, op. cit.
Pour le projet de Soye-en-Septaine, les entreprises sont toutes de la région, à l’exception de la Société de Construction Écologique basée à Andruicq dans le Pas-de-Calais, qui intervient sur le lot structure bois, menuiseries extérieures et intérieures, plâtrerie. Mais elle a pour cela travaillé en collaboration avec une entreprise locale, Boisia Habitat (artisans menuisiers charpentiers), et l’association d’insertion Le Relais, qui dispose d’un pôle d’insertion par l’activité économique.
Le maître d’ouvrage avait déjà anticipé ces exigences avant l’entrée en vigueur de la RT 2012. Les logements Chênelet ont ainsi atteint les exigences du label BBC avant que ce niveau de performance ne soit rendu obligatoire, et se sont ensuite rapprochés de la construction “passive” alors que ce niveau de performance n’est pas encore requis.
« Nos procédés de construction écologique », Foncière Chênelet, op. cit.
Idem.
« Les rencontres, lectures et recherches lors de nos premières constructions dans les années 2000 nous ont en effet vite fait comprendre que ces matériaux possèdent des propriétés connues des anciens qui avaient appris à les mettre en œuvre. » Foncière Chênelet, Mémorandum d’investissement 2018.
« Q2 : Faibles besoins énergétiques – Maison passive », Chênelet. L’écologie au service du solidaire, 30/11/2011, [en ligne] http://www.chenelet.org, consulté le 20 déc. 2018.
Caroline Guilhot-Gaudeffroy, architecte au sein de la SARL Rond comme un carré, a travaillé pour la première fois avec la Foncière Chênelet dans le cadre de l’opération de trois logements sociaux à Lussault-sur-Loire, livrée en 2013. Une collaboration renouvelée en 2017 pour cette opération de Soye-en-Septaine, et en 2018 pour la création de douze logements senior à Nazelles-Négron (37).
Entretien C.G-G, architecte, 27/06/2018.
Incohérence telle que le positionnement récurrent du local chaufferie et VMC en façade sud, qui permet de regrouper les entrées des appartements au nord et de simplifier la distribution des fluides mais prive une chambre d’une orientation plus favorable.
L’habitante indique des températures mesurées de jusqu’à 32°C dans la journée en maintenant les volets et rideaux fermés, et 26°C la nuit en ouvrant toutes les fenêtres. Entretien A., habitante, 19/10/2018.
Une pergola métallique a été réalisée au RDC, qui doit recevoir des plantes grimpantes, et sur laquelle des rouleaux de canisse ont été fixés en attendant.
C’est en tout cas l’effet valorisé dans l’un des films d’accueil diffusé par le Chênelet à ses locataires. Une famille en Chênelet [en ligne], https://www.youtube.com/watch ?v =pYRaNRYsG6Y&list =PLahC7MOpZUKWVxUtGpU9Jvjg152T5Cfm6&index =4, consulté le 4 nov. 2018.
L’habitante, qui mentionne chauffer à 20°C environ, indique que ses factures énergétiques s’élevaient à 180 Euros par mois dans son précédent logement, mais à peine à 60 euros dans son nouvel appartement. Ce montant s’ajoute aux charges locatives (environ 70 euros par mois), qui comprennent une base de chauffage jusqu’à 18°C, le surcroît étant directement réglé au fournisseur d’électricité. Entretien A, habitante, 19/10/2018.
RAMAU et Nadine Roudil, « Fabriquer la ville à l’heure de l’injonction au “durable” », Métropolitiques, 14/11/2012, [en ligne] https://www.metropolitiques.eu/Fabriquer-la-ville-a-l-heurede-l.html, consulté le 25 mai 2018.
Entretien A.S, chargé de mission, 03/12/2018.
Idem.
Entretien M-F.L, maire, 16/10/2018.
« Je reconnais qu’il y a des choses qui ne sont pas jolies encore, autour, tout a été très vite, donc nous il y a des choses, on n’a pas pu suivre financièrement. Mais on va continuer à aménager : il y a une espèce de grosse butte derrière elle est affreuse, il y a de la grave, enfin, il faut enlever tout ça. » Idem.
Entretien A., habitante, 19/10/2018.
L’agence immobilière à vocation sociale mandatée par la Foncière pour l’opération de Soye-en-Septaine énonce ainsi avoir fait se rencontrer les quatre locataires dès leur emménagement afin d’amorcer des sociabilités et maintenir régulièrement un contact direct avec eux. Entretien J.-F., chef de service à l’agence sociale, 19/10/2018.
Philippe Deshayes, « Le secteur du bâtiment face aux enjeux du développement durable : logiques d’innovation et/ou problématiques du changement », Innovations, 2012, 1, n°37, pp. 219-236. Voir également Gilles Debizet, Éric Henry, Nadine Roudil, Silvère Tribout, « Les effets du développement durable sur la conception architecturale et urbaine », Le Cahiers RAMAU, n°10, 2019, pp. 112-135.
Entretien A.S, chargé de mission, 03/12/2018.
Foncière Chênelet, Mémorandum d’investissement 2018.
Véronique Biau, Les architectes au défi de la ville Néolibérale, Marseille, Parenthèses, 2020, p. 82.
Entretien A.S, chargé de mission, 08/10/2018.
Entretien C.G-G, architecte, 27/06/2018.
Entretien A.S, chargé de mission, 03/12/2018.
Entretien C.G-G, architecte, 27/06/2018.
Gabrielle Paoli, « Sortir de l’architecture conventionnelle ? », Colibris, 15/10/2018, [en ligne] https://www.colibris-lemouvement.org/magazine/sortirlarchitecture-conventionnelle, consulté le 1er nov. 2018. Sur ce phénomène et ses alternatives, voir également : Monique Eleb, Sabri Bendimérad, Ensemble et séparément : des lieux pour cohabiter, Mardaga, Liège, 2018.
Entretien A.S, chargé de mission, 08/10/2018.
Idem.
Les premières opérations de la foncière proposaient une diversité typologique plus étendue, notamment avec certains logements en duplex, progressivement réduite par le processus de rationalisation du modèle.
Pour exemple, le peuplement de l’opération de Soye-en-Septaine depuis sa livraison et jusqu’en octobre 2018 : les deux T3 du rez-de-chaussée étaient occupés par un couple de personnes âgées de la commune, dont le logement précédent n’était plus adapté, et par une femme avec jeune enfant travaillant à proximité de Soye. Le T3 à l’étage était loué à un homme seul venant de Bourges, y travaillant en intérim, séparé et accueillant parfois ses deux enfants et le T4 à une famille recomposée, résidant auparavant sur Bourges : un couple avec jeune enfant dont l’homme travaille dans l’agglomération berruyère, recevant occasionnellement des enfants d’une précédente union.
Le T4 de cette habitante affiche une surface habitable de 84 m² tandis que les T3 dépassent 73 m², soit 8 à 10 mètres carrés supplémentaires en regard de la surface courante des logements sociaux actuellement livrés en France. À titre informatif, en 2013 la surface moyenne d’un logement est de 68,7 m² pour les locataires du secteur social. Insee, Les conditions de logement en France, édition 2017.
Entretien A.S, chargé de mission, 08/10/2018.
Idem.
Ibid.
À ce sujet, voir Philippe Boudon, Philippe Deshayes, Frédéric Pousin, Françoise Schatz, Enseigner la conception architecturale. Cours d’architecturologie, Paris, Éditions de La Villette, 1994, pp. 131-134. Les conclusions des auteurs se fondent sur une acception élargie de la notion de modèle en architecture, qui concerne “ce qui est réutilisé, répété dans le projet, une organisation spatiale, un objet, une figure, un ensemble d’opérations, etc.”.
« Quand j’ai rencontré par hasard la Foncière Chênelet, d’un seul coup j’ai relié l’écologie et le social et ça, c’était le rêve, quoi. Ça correspondait complètement à ce que je recherchais, à l’enjeu que je me fixais. Parce que moi je commençais à faire de l’écologie, oui, mais avec des clients qui avaient beaucoup d’argent. Et du coup je me disais, si moi je ne peux pas me payer la maison que je construis pour mes clients… » Entretien C.G-G, architecte, 27/06/2018.
Entretien A.S, chargé de mission, 03/12/2018.
Véronique Biau, Les architectes au défi de la ville Néolibérale, op. cit.
Robert Prost, Pratiques de projet en architecture, Gollion, InFolio, 2014.
Dans le contexte français, nous pensons en particulier à Marcel Lods, dont l’industrialisation des procédés de construction applicables au logement collectif fut une source de réflexion et d’expérimentation tout au long de sa carrière d’architecte. Voir Marcel Lods, Hervé Le Boterf, Le métier d’architecte : entretiens avec Hervé le Boterf, Paris, Éditions France Empire, 1976.
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