Navigation – Plan du site

AccueilNuméros64EditorialUn état des lieux : comment la gl...

Editorial

Un état des lieux : comment la globalisation, le capitalisme et la politique influencent les institutions de l’art contemporain

Anita Hosseini
Traduction de Laurent Vannini
p. 17-26
Cet article est une traduction de :
An Inventory: How Globalization, Capitalism, and Politics Influence the Institutions of Contemporary Art
Art contemporain, manipulation et géopolitique : chronique d’une domination économique et culturelle
Aude de Kerros, Art contemporain, manipulation et géopolitique : chronique d’une domination économique et culturelle

Paris : Eyrolles, 2024, 356p. 18 x 11cm

Bibliogr.

ISBN : 9782416017100. _ 8,90 €

La Globalisation de l’art contemporain
Jérôme Glicenstein, La Globalisation de l’art contemporain

Saint-Denis : Presses Universitaires de Vincennes, 2024, 165p. 18 x 12cm, (Libre cours)

Bibliogr.

ISBN : 9782379244667. _ 10,00 €

L’Art contemporain : une infographie
L’Art contemporain : une infographie

Paris : CNRS Editions, 2024, 106p. ill. en coul. 24 x 22cm, (Homo Graphicus)

Bibliogr.

ISBN : 9782271152503. _ 26,00 €

Textes de Guillemette Crozet, Béatrice Joyeux-Prunel

Haut de page

Texte intégral

  • 1 Sheikh, Simon. « The Roads of Rage and Ruin: Contemporary Art and Its Publics after the Global », J (...)

1La chute du rideau de fer et la fin de la guerre froide en 1989 furent suivies d’espoirs et d’attentes pluriels : un monde ouvert, libéral, démocratique, et réticulaire à l’échelle planétaire. Les valeurs occidentales s’exportèrent, ainsi que la démocratie et le capitalisme. La globalisation économique mena à l’adoption d’accords de libre-échange, mais elle favorisa aussi les travaux à bas salaires, exacerbant ce faisant les inégalités sociales et l’hégémonie d’une élite économique. La globalisation culturelle augmenta la visibilité de l’art non-occidental, diversifia ses médiums et sa présence esthétique, et essaima ses compositions thématiques. Elle fut source de bouillonnement et d’inclusivité pour les arts, mais elle généra inégalités, ambivalence et contrôle. Tout en reliant le monde et en abolissant partiellement les frontières, elle instaura à l’échelle planétaire des structures et des systèmes de valeur élaborés par l’Occident qui exercèrent une influence globale. Ces contradictions transparaissent dans l’art contemporain qui oscille entre une représentation de la diversité mondiale et une critique des inégalités économiques et culturelles1. Le monde tenta l’universalisme et la péréquation derrière lesquels néanmoins, jaillirent des inégalités et une perspective euro-états-unienne. Les structures et les épistémès évoluèrent à l’aune de la vision occidentale. Prenons l’exemple de l’emblématique exposition Magiciens de la terre, qui incarnait le désir de créer un monde artistique global, mais n’y parvint pas en raison des structures hégémoniques existantes.

  • 2 Hanru, Hou. « In Defense of Difference: Notes on Magiciens de la terre, Twenty-five Years later », (...)
  • 3 Spivak, Gayatri Chakravorty. « Looking at Others », Making Art Global. 2: Magiciens de La terre 198 (...)
  • 4 Ibid. p. 266

2Organisée par Jean-Hubert Martin, l’exposition ouvrit à Paris le 17 mai 1989, avec pour objectif de servir de lieu de rendez-vous pour les arts du monde. Néanmoins, ce lieu de rencontre n’était pas un lieu sans Etat. Il était profondément ancré dans les structures occidentales présentant de l’art, et était imbibé de théories concernant l’art des « autres ». L’intention curatoriale était dès lors de subvertir la traditionnelle séparation entre centre et périphérie et de remettre en question l’illusion eurocentriste de supériorité dans le domaine de la représentation artistique, et la vision du monde datant de l’époque coloniale2. Cependant, alors même que se déroulait l’exposition, Gayatri Chakravorty Spivak la critiqua, soulignant qu’elle renforçait une vision occidentale de l’art des « autres » plutôt que de la déconstruire. La globalisation, dit-elle, offrait de nouveaux tremplins pour rendre visible l’art non-occidental, mais cette visibilité était souvent contrôlée par les marchés et institutions de l’Occident. Par conséquent, Magiciens de la terre évoquait un « art mondial », mais ignorait le fait que globalisation ne rime pas forcément avec égalité, reproduisant au contraire souvent les rapports de pouvoir existant3. Spivak en appelle à un examen approfondi de la manière dont l’art peut être présenté et reçu dans un monde véritablement global sans retomber dans les vieux schémas coloniaux4. L’égalité authentique requiert une transformation fondamentale des institutions de l’art à l’échelle globale.

3Aujourd’hui – trente-six ans plus tard – nous sommes confrontés à des défis similaires. Nous nous retrouvons à un tournant de l’histoire, issu de l’héritage de la globalisation et de la capitalisation liées et qui préfigure un nouvel ordre mondial. L’inflation, l’émigration et l’insatisfaction grandissante de nombreux citoyens entraînent des conséquences politiques qui conduisent à un retour aux valeurs traditionalistes, un virage national des populations autochtones et une condamnation du global. Les transformations géopolitiques et le capitalisme néolibéral ont une semblable influence sur le système des arts, tout comme la perpétuation des réseaux culturels à l’échelle mondiale. Au milieu de cette dynamique binaire, l’art cherche un point d’équilibre.

  • 5 Sheikh, Simon. Op. cit., p.2
  • 6 Glicenstein, Jérôme. La Globalisation de l’art contemporain, Saint-Denis : Presses Universitaires d (...)
  • 7 De Kerros, Aude. Art contemporain, manipulation et géopolitique : chronique d’une domination économ (...)
  • 8 L’historien de l’art Kobena Mercer a inventé l’expression « fardeau de la représentation » pour déc (...)
  • 9 De Kerros, Aude. Op. cit., p. 15-20
  • 10 Jones, Amelia. « Ethnic Envy and Other Aggressions in the Contemporary ‘Global’ Art Complex », Nka (...)

4Les institutions de l’art telles que les biennales et les musées se sont transformées en sphères publiques transnationales qui mettent en avant diversité et cosmopolitisme, mais elles se trouvent souvent dépendantes des mécanismes du capitalisme global et menacées par la droitisation croissante des sociétés occidentales5. Les biennales, qui représentent une alternative bon marché à la construction de musées d’art contemporain, se sont multipliées partout dans le monde depuis les années 1990. Leur mise en œuvre dans des régions périphériques a pour visée de contrebalancer localement une situation économique ou politique difficile. Cependant, elles parviennent rarement à attirer ou à mobiliser un public international, et un grand nombre d’entre elles ne durent que le temps d’une ou deux éditions6. Par conséquent, les institutions se trouvent elles-mêmes fréquemment exposées à des logiques de profit, tout en contribuant, sans esprit critique parfois, à la diffusion des valeurs néolibérales lorsqu’elles privilégient la consommation et le gain financier. Le marché est ici un élément décisif qui détermine la valeur de l’art indépendamment des catégories esthétiques. Les investissements définissent quel art devient pertinent économiquement et, par extension, socialement7. La globalisation de l’art conduit à des structures de pouvoir centralisées qui renforcent les valeurs et l’esthétique occidentales, tandis que les artistes des pays des Suds sont souvent cooptés sans qu’évoluent fondamentalement les rapports de pouvoir dans le monde de l’art. Par conséquent, les artistes non-occidentaux subissent le « fardeau de la représentation », qui requiert d’eux de rendre visible des perspectives variées, mais aussi de répondre aux attentes d’une audience globale et du marché de l’art8. En outre, le statut de l’art en général et de l’art contemporain en particulier est en train de changer. Ils sont de plus en plus considérés comme des marchandises échangées dans les réseaux globaux de galeries, de foires et de biennales9. Cette inclination mercantile promeut le consumérisme, tout en utilisant l’art pour dissimuler la violence et l’injustice des systèmes néolibéraux et autoritaires10.

5Dans ce contexte, il est essentiel d’analyser les questions suivantes qui sont au cœur de la réflexion d’Aude de Kerros dans Art contemporain, manipulation et géopolitique : chronique d’une domination économique et culturelle et de Jérôme Glicenstein dans La Globalisation de l’art contemporain. Comment définit-on l’art contemporain dans un monde globalisé ? Dans quelle mesure l’art contemporain est-il toujours autonome lorsqu’il est contrôlé par des intérêts économiques et géopolitiques ? Quel rôle joue le marché de l’art dans la production artistique actuelle et quelles stratégies les artistes peuvent-ils mettre en œuvre pour échapper aux nouveaux marchés et structures de pouvoir ?

  • 11 Sheikh, Simon. Op. cit., p. 10
  • 12 Moraru, Cristina. « Post-politics and contemporary art in the era of global capitalist crisis », St (...)
  • 13 Les journalistes Margaret Carrigan et Adam Schrader étudient et publient leurs données concernant l (...)
  • 14 Le rapport « Systematic Suppression : Hungary’s Arts & Culture in Crisis » donne à voir comment le (...)
  • 15 En dépit des incertitudes économiques, les collectionneurs chinois d’art continuent à jouer un rôle (...)

6Le néolibéralisme impose de nouveaux défis à l’art, à l’histoire de l’art et au marché de l’art, particulièrement à une époque marquée par l’essor du populisme et de la polarisation culturelle. Simon Sheikh, par exemple, insiste sur le fait que le monde de l’art doit se réinventer radicalement s’il veut rester pertinent au cœur d’une crise globale. Il s’agit entre autres de déconstruire les structures du pouvoir colonial, et de créer un monde de l’art multipolaire qui reconnaît différents systèmes et récits de connaissance11. Les pratiques artistiques décoloniales devraient chercher à surmonter la prééminence des influences occidentales et à concevoir des espaces abritant d’autres perspectives. Le système artistique devrait délibérément promouvoir des approches décoloniales et opposées au néo-libéralisme, afin d’inclure des perspectives non-occidentales, tout en les renforçant et en respectant leur autonomie. Dans le même temps, les pratiques artistiques devraient traiter les symptômes de la crise et contribuer activement à la transformation des structures de pouvoir12. Aujourd’hui, au milieu d’une ignorance généralisée à l’égard des arts dans les Etats-Unis de Trump13, de la suppression radicale de pratiques artistiques primordiales au sein d’Etats répressifs tels que la Hongrie de Orbán14, et de l’expansion du marché de l’art sous l’influence de l’élite chinoise15, il est d’autant plus urgent de promouvoir la puissance critique et décoloniale de l’art. Construire un espace qui ne reproduit pas lui-même les structures hégémoniques, mais dans lequel ces structures sont soumises à une réflexion critique à travers l’art, et dans lequel le néolibéralisme, le néocolonialisme et le néoimpérialisme sont abordés, déconstruits et détruits. Dès lors, les stratégies pédagogiques, curatoriales et artistiques devraient reposer sur des pratiques collectives, des dialogues interculturels et une justice structurelle. Les espaces d’art post-hégémoniques ne peuvent être conçus et mis en œuvre qu’à travers des réseaux de solidarité, de politiques de financement équitable et un rejet délibéré de la vision néolibérale de l’art. C’est en interrogeant de manière critique les politiques d’exposition, l’historiographie, les méthodologies et les structures de l’art, et en étant désireux d’apprendre et de transformer nos pratiques que nous contribuons à déterminer ce à quoi l’art contemporain ressemblera dans le futur.

Haut de page

Notes

1 Sheikh, Simon. « The Roads of Rage and Ruin: Contemporary Art and Its Publics after the Global », Journal of Aesthetics & Culture, vol. 13, n°1, 1er janvier 2021, p. 2

2 Hanru, Hou. « In Defense of Difference: Notes on Magiciens de la terre, Twenty-five Years later », Yishu: Journal of Contemporary Chinese Art, n°13, 2014, p. 7

3 Spivak, Gayatri Chakravorty. « Looking at Others », Making Art Global. 2: Magiciens de La terre 1989, Cologne, 2013, p. 263 (cet article est une transcription de la conférence donnée par Gayatri Chakravorty Spivak au Centre Georges Pompidou le 4 juin 1989)

4 Ibid. p. 266

5 Sheikh, Simon. Op. cit., p.2

6 Glicenstein, Jérôme. La Globalisation de l’art contemporain, Saint-Denis : Presses Universitaires de Vincennes, 2024, (Libre cours), p. 125-135

7 De Kerros, Aude. Art contemporain, manipulation et géopolitique : chronique d’une domination économique et culturelle, Paris : Eyrolles, 2024, p. 71

8 L’historien de l’art Kobena Mercer a inventé l’expression « fardeau de la représentation » pour décrire la pression politique exercée sur les artistes noirs britanniques. Voir Mercer, Kobena. « Black art and the burden of representation », Third Text, vol. 4, n°10, 1990, p. 61-78. Cette contrainte est également soulignée dans l’ouvrage magnifiquement illustré L’Art contemporain : une infographie, qui fut conçu en collaboration avec l’historienne de l’art Béatrice Joyeux-Prunel et la graphiste Guillemette Crozet : « Les créateurs africains connus sont tous passés par New York, Londres, Berlin ou Paris. Ils sont trop souvent poussés, pour exister, à citer les pratiques plastiques considérées comme "africaines". » Cette remarque est juxtaposée à une représentation graphique illustrant la place de l’Afrique sur la scène de l’art des années 1960 aux années 2010, soulignant ce faisant la décolonisation relative. Voir : L’Art contemporain : une infographie, Paris : CNRS Editions, 2024, (Homo Graphicus), p. 24-25.

9 De Kerros, Aude. Op. cit., p. 15-20

10 Jones, Amelia. « Ethnic Envy and Other Aggressions in the Contemporary ‘Global’ Art Complex », Nka Journal of Contemporary African Art, n°48, 1er mai 2021, p. 102

11 Sheikh, Simon. Op. cit., p. 10

12 Moraru, Cristina. « Post-politics and contemporary art in the era of global capitalist crisis », Studies in Visual Arts and Communication – an international journal, vol. 9, n°1, 2022, p. 10

13 Les journalistes Margaret Carrigan et Adam Schrader étudient et publient leurs données concernant l’influence de l’administration Trump sur les collections nationales d’art et les projets d’exposition aux Etats-Unis sur le site Artnet.com. A ce jour, 26 000 œuvres d’art ont déjà été affectées et les expositions consacrées aux artistes noirs ont été annulées. Voir : « Trump Administration Slashes Office Overseeing 26,000 Artworks, » Artnet News, 12 mars 2025, URL : https://news.artnet.com/art-world/trump-executive-orders-arts-2605142 (dernière consultation le 26 avril 2025).

14 Le rapport « Systematic Suppression : Hungary’s Arts & Culture in Crisis » donne à voir comment le régime d’Orbán exerce un contrôle sur les arts visuels, le théâtre et la littérature en Hongrie. Les mécanismes systématiques de répression comprennent des modifications constitutionnelles et législatives destinées à restreindre la liberté d’expression et à étendre le pouvoir de réglementation du gouvernement sur les arts afin de déployer des récits culturels nationalistes et de supprimer les voix de l’opposition. Voir : Sethi, Sanjay. Bankston, Johanna. Jurich, Joscelyn. Putti, Roisin. Monterroso, Sofia. Systematic Suppression: Hungary’s Arts & Culture in Crisis, Artistic Freedom Monitor, Hongrie. Artistic Freedom Initiative, 2022.

15 En dépit des incertitudes économiques, les collectionneurs chinois d’art continuent à jouer un rôle moteur sur le marché mondial de l’art. Selon le Rapport 2024 d’Art Basel et UBS sur le marché de l’art, les acheteurs provenant de Chine continentale ont dépensé plus d’argent en objets d’art et en antiquité que les acheteurs de tout autre pays en 2023 et durant le premier semestre 2024, avec une valeur médiane d’achat de 97 000 $US, et investissaient tant dans des artistes reconnus qu’émergents. Voir : Uttam, Payal. « China’s collectors defy market uncertainty. Recent data shows economic headwinds haven’t dampened enthusiasm for blue-chip and emerging art », Art Basel, 10 février 2025. URL : https://www.artbasel.com/stories/china-collector-defy-market-uncertainty?lang=de (Dernière consultation le 26 avril 2025).

Haut de page

Pour citer cet article

Référence papier

Anita Hosseini, « Un état des lieux : comment la globalisation, le capitalisme et la politique influencent les institutions de l’art contemporain », Critique d’art, 64 | 2025, 17-26.

Référence électronique

Anita Hosseini, « Un état des lieux : comment la globalisation, le capitalisme et la politique influencent les institutions de l’art contemporain », Critique d’art [En ligne], 64 | Printemps/été, mis en ligne le 16 juin 2026, consulté le 14 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/critiquedart/122193 ; DOI : https://doi.org/10.4000/147kh

Haut de page

Auteur

Anita Hosseini

Anita Hosseini est chercheuse senior au département d’histoire de l’art de l’Université des Arts appliqués de Vienne. Ses recherches et enseignements explorent les cultures de la connaissance, le potentiel épistémique de l’art et les rapports entre art, politique et historiographie d’un point de vue transculturel et transhistorique. L’ouvrage sur lequel elle travaille actuellement est consacré au réexamen de la botanique impériale à travers l’art contemporain. Elle est également la co-fondatrice de l’initiative Kunstgeschichte inklusiv, qui analyse de manière critique le contenu, la structure et les pratiques au sein du champ de l’histoire de l’art dans une perspective critique du pouvoir. Ses publications récentes comprennent : « Flasche mit Falkner und Europäer » dans Blick Richtung Europa ? (Munich, 2024, p. 106-117, dirigé par Matthias Weiß, Tanja Michalsky) ; Valleys of the Simorgh: A transhistorical Quest for Democracy and Equality, catalogue d’exposition dirigé par A. Hosseini, Vienne, 2024 ; Patterns of Disillusion (Galerie 5020, Salzburg, 2024, p. 1-4) ; Ins Bild kommen. Spielräume der Kunstkritik, une anthologie dirigée par A. Hosseini, Anna Kipke, Holger Kuhn et Mimmi Woisnitza (Paderborn, 2023) ; « Freiheit und Diversitätskompetenz! Für bessere Arbeitsbedingungen in der (Kunst)Wissenschaft », dans Kunstgeschichte kommunizieren. kritische berichte. Zeitschrift für Kunst und Kulturwissenschaften (1.2023, p. 20-25).

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-ND-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC-ND 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

Haut de page
  • Logo Les Archives de la critique d’art
  • OpenEdition Journals
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search