El Hadji Sy: Painting, Performance, Politics

Zurich : Diaphanes : Francfort : Weltkulturen Museum, 2015, 407p. ill. en noir et en coul. 29 x 22cm, eng/ger
Bibliogr. Biogr. Index
ISBN : 9783037348413
Sous la dir. de Clémentine Deliss, Yvette Mutumba. Textes d’Hans Belting, Mamadou Diouf, Julia Grosse, Philippe Pirotte, Manon Schwich, El Hadji Sy
Texte intégral
1Si l’art contemporain d’Afrique suscite un intérêt grandissant, l’art développé au lendemain des Indépendances reste encore mal connu. Elizabeth Harney faisait figure de précurseur en 2004 avec In Senghor’s Shadow: Arts, Politics and the Avant-Garde in Senegal (1960-1995), tandis que Chicka Okeke-Agulu vient de publier Postcolonial Modernism : Art and Decolonization in Twentieth Century Nigeria (2015) sur l’art moderne au Nigéria, envisagé dans un contexte globalisé. Le catalogue de l’exposition El Hadji Sy complète ces études, en se concentrant sur la figure de l’artiste et curator sénégalais, El Hadji Sy. Clémentine Deliss, commissaire de l’exposition, renoue ici les liens tissés avec ce dernier dans les années 1990, à l’époque où elle organisait Seven Stories about Modern Art in Africa (27 septembre-26 novembre 1995) à la Whitechapel Art Gallery de Londres, et lui confiait la section dédiée à l’art au Sénégal. Le catalogue de 2015 complète et enrichit celui de 1995 en faisant découvrir une somme considérable de documents d’archives inédits. Ni monographique, ni hagiographique, l’ouvrage se concentre à la fois sur l’œuvre de l’artiste, sa démarche de performeur et d’activiste, ainsi que sur l’évolution de la scène artistique au Sénégal depuis les années 1970. Proche et à la fois critique de la politique culturelle du Président Senghor, El Hadji Sy compte parmi les deux seuls artistes sénégalais à exposer au musée dynamique fondé par Léopold Sédar Senghor en 1966, à la suite de Pablo Picasso (1972), ou de Pierre Soulages (1974). Au milieu des années 1970, il crée avec l’artiste Issa Samb, AGIT’ART, un laboratoire d’expérimentations artistiques qui questionne la notion d’art « nègre », et critique le néo-colonialisme qu’il y voit associé. Il fonde le groupe « Huit facettes » dont les expérimentations artistiques dans les villages du Sénégal furent exposées à la Documenta de Kassel en 2002 et organise différents workshops d’artistes dans les années 1990, au moment où naît la Biennale d’art contemporain de Dakar. En 1989, il rédige une anthologie de l’art sénégalais publiée par le Museum für Völkerkunde de Francfort, en écho à la politique d’acquisition d’œuvres d’artistes contemporains africains menée par le musée bien avant l’exposition Les Magiciens de la terre, ou le tournant impulsé par la mondialisation. Par la richesse des documents reproduits et la qualité des textes publiés, ce catalogue constitue une contribution importante à l’histoire de l’art global.
Pour citer cet article
Référence électronique
Maureen Murphy, « El Hadji Sy: Painting, Performance, Politics », Critique d’art [En ligne], Toutes les notes de lecture en ligne, mis en ligne le 20 mai 2017, consulté le 07 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/critiquedart/21309 ; DOI : https://doi.org/10.4000/critiquedart.21309
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