Sophie Lapalu, Street Works, New York, 1969

Saint-Denis : Presses Universitaires de Vincennes, 2020, 270p. ill. 22 x 16cm, (Esthétiques hors cadre)
ISBN : 9782379240775. _ 21,00 €
Texte intégral
1Actions furtives dans l’espace public, dans une « situation de non-galerie, non-atelier, non-musée », les Street Works ont marqué la scène artistique new-yorkaise de la fin des années 1960. Sophie Lapalu s’intéresse à la manière dont ce qui sortait de tout cadre normatif et s’apparentait à un désir de ne pas assumer le statut d’œuvre d’art a semblé répéter ce modèle des avant-gardes tant critiqué. Si l’ouvrage accorde sans doute une part trop importante à Vito Acconci – dont la participation œuvra certainement à l’historicisation de l’événement –, il propose une interrogation solide sur le « devenir œuvre » de telles actions. La désignation « street works » devient, sous la plume de Lucy Lippard, non plus un événement daté, mais bel et bien un « médium ». La distinction entre posture et ambition est fondamentale. Vito Acconci, en faisant prendre des photographies après l’action, assume pleinement la volonté de l’inscrire dans le champ des arts visuels. Certaines réalisations, comme celles de Rosemarie Castoro, qui jouent de matériaux traditionnels, auraient pu être plus étudiées pour nuancer ce paradoxe, cette ambiguïté de l’œuvre. Que signifie « dissimuler le statut artistique de l’action » ? On y lit une analyse très juste du « secret » (à partir d’une œuvre de Stephen Kaltenbach), et l’exploration du statut de ces actions se poursuit jusque dans l’interrogation sur l’accessibilité même des sources, principalement écrites : une question absolument nécessaire que l’ouvrage met très bien en évidence. Sophie Lapalu souligne ainsi l’importance du langage dans la perception de ces « performances invisibles », revenant par là à son introduction et aux enjeux littéraires d’un tel médium. Dans un va-et-vient stimulant entre descriptions des actions et références poétiques (principalement Edgar Allan Poe), l’ouvrage révèle aussi la figure de John Perreault, poète et critique, dont le rôle sur cette scène new-yorkaise de la fin des années 1960 mérite un tel éclairage.
Pour citer cet article
Référence électronique
Pauline Chevalier, « Sophie Lapalu, Street Works, New York, 1969 », Critique d’art [En ligne], Toutes les notes de lecture en ligne, mis en ligne le 30 novembre 2021, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/critiquedart/67651 ; DOI : https://doi.org/10.4000/critiquedart.67651
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