Bibliographie
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BATAILLE Georges, La Part maudite, Paris, Les Éditions de Minuit, 1967.
DÉCORET-AHIHA Anne, Les Danses exotiques en France 1880-1940, Pantin, Centre National de la Danse, 2004.
DEVAL Frédéric, « Le flamenco et ses valeurs : une identité en question », Actes du colloque Le flamenco à la question, 8 juin 2002, Fondation Royaumont [en ligne], https://www.royaumont.com/medias/pdf_colloques/colloque_leflamencoalaquestion_part1_royaumont_2002.pdf, page consultée le 27 mars 2018.
DONNIER Philippe, « Flamenco : structures temporelles », Cahiers d’ethnomusicologie [en ligne], no 10, 1997, http://ethnomusicologie.revues.org/854, page consultée le 27 mars 2018.
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GARCÍA LORCA Federico, Jeu et théorie du duende [1930-1933], Paris, Allia, 2008.
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GÓMEZ-GARCÍA PLATA Mercedes, « La juerga flamenca : le plaisir du duende », in SALAÜN Serge, ÉTIENVRE Françoise (dir.), Le(s) plaisir(s) en Espagne (XVIIIe – XXe siècle), Les travaux du CREC en ligne, no 1, octobre 2004, http://crec-paris3.fr/wp-content/uploads/2011/07/14-Gomez.pdf, page consultée le 27 mars 2018.
LEBLON Benard, Flamenco, Paris/Arles, Cité de la musique/Actes Sud, 1995.
MANFREDI CANO Domingo, Cante y baile flamencos [1973], León, Everest, 1983.
MEYER Leonard B., Émotion et signification en musique [1956], Arles, Actes Sud, 2011.
RIEGLER Anne-Sophie, « Le duende, du terme au concept. Généalogie d’un ineffable », in LAUNAY Isabelle, PAGÈS Sylviane (dir.), Mobiles : Mémoires et histoires en danse, no 2, Paris, L’Harmattan, 2011, pp. 403-420.
RIEGLER Anne-Sophie, « Vers une définition du duende dans le flamenco », communication donnée lors du colloque Le flamenco. Nouvelles approches artistiques et critiques, Grenoble, 1er et 2 décembre 2016.
RIZZOLATTI Giacomo, SINIGAGLIA Corrado (dir.), Les Neurones miroirs [2006], Paris, Odile Jacob, 2011.
ROUGET Gilbert, La musique et la transe [1980], Paris, Gallimard, « tel », 1990.
SCHAEFFER Jean-Marie, « Le plaisir », in HEINICH Nathalie (dir.), Par-delà le beau et le laid. Enquêtes sur les valeurs de l’art, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2014, pp. 105-115.
SHERRINGTON Charles Scott, The Integrative Action of the Nervous System, Londres, A. Constable, 1906.
VARGAS Rafael, Tras las huellas del tiempo y de los mitos (el flamenco visto por los flamencos), Alcalá de Guadaira, Editorial Guadalmena, 1995.
WOLFF Francis, Pourquoi la musique ?, Paris, Fayard, 2015.
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Notes
Ce déplacement du centre de la performance depuis le chant vers la danse est remarqué dès les années 1970. Cf. MANFREDI CANO Domingo, Cante y baile flamencos [1973], León, Everest, 1983, p. 152.
Amateurs, au sens de ceux qui sont passionnés, connaissent, et parfois pratiquent.
Nous empruntons cette expression à Jean-Marie Schaeffer dans « Le plaisir », in HEINICH Nathalie (dir.), Par-delà le beau et le laid. Enquêtes sur les valeurs de l’art, Rennes, Presses Universitaires de Rennes, 2014, p. 111.
Le terme, ici, est pris au sens de l’œuvre qui ne fait qu’une avec l’acte qui l’engendre.
Au sens courant, le duende désigne depuis le XVe siècle un être mythologique au statut ambigu, à la fois intermédiaire entre les dieux et les hommes et capable de bienveillance comme d’hostilité ; suite à un processus de métaphorisation, il en est venu à revêtir un sens esthétique, en particulier au sein du flamenco (Cf. RIEGLER Anne-Sophie, « Le duende, du terme au concept. Généalogie d’un ineffable », in LAUNAY Isabelle, PAGÈS Sylviane (dir.), Mobiles : Mémoires et histoires en danse, no 2, Paris, L’Harmattan, 2011, pp. 403-420). Même ainsi, le mot comprend en réalité de multiples acceptions (pouvoir artistique, « esprit », génie, état second, etc.). Celle qui nous paraît la plus proche du noyau conceptuel est celle de climax émotionnel, ce que nos recherches en cours visent à démontrer (Cf. RIEGLER Anne-Sophie, « Vers une définition du duende dans le flamenco », communication donnée lors du colloque Le flamenco. Nouvelles approches artistiques et critiques, Grenoble, 1er et 2 décembre 2016.).
Lors d’une performance, les accompagnateurs de Concha Vargas lui lancent : « ¡ Que tiene duende ! » (« Comme elle a du duende ! »), https://www.youtube.com/watch?v=VyvwkQUCLXk (11’15), page consultée le 27 mars 2018.
Selon Pedro Peña, cité par Bernard Leblon, dans Flamenco, Paris/Arles, Cité de la musique/Actes Sud, 1995, p. 111.
Il s’agit d’une expérience de spectatrice menée depuis 2002 et de praticienne amateure de la danse flamenca (2002-2017).
La proprioception nous renseigne sur les positions, attitudes et mouvements de nos corps et de nos membres (Cf. SHERRINGTON Charles Scott, The Integrative Action of the Nervous System, Londres, A. Constable, 1906).
Le plaisir de la dépense est avant tout le fait de celui qui bouge. Mais grâce à l’activité des neurones miroirs qui permet de simuler l’action chez le spectateur (Cf. RIZZOLATTI Giacomo, SINIGAGLIA Corrado, Les Neurones miroirs [2006], Paris, Odile Jacob, 2011), ce dernier pourra éprouver ce qu’on peut appeler une « dépense simulée », d’intensité moindre par rapport à celle, proprement vécue, du danseur. Précisons cependant qu’il est contingent que le spectateur éprouve un plaisir en lien avec celui du danseur. Partager l’état émotionnel de quelqu’un au niveau visuo-moteur ne signifie pas être en empathie avec lui. Reconnaître le dégoût et la souffrance des autres, à quoi on pourrait aussi ajouter le plaisir, n’est pas la même chose que les ressentir soi-même : « [c]ertes, cela arrive souvent, mais ces deux processus sont distincts, au sens où le second implique le premier, mais non l’inverse » (Ibid., p. 201). Que le spectateur partage lui-même le plaisir du danseur dépend de plusieurs facteurs, comme sa connaissance de celui-ci, leurs relations, sa capacité à s’identifier à lui, son désir d’endosser sa situation émotionnelle, etc.
WOLFF Francis, Pourquoi la musique ?, Paris, Fayard, 2015, p. 103.
ESTÉBANEZ CALDERÓN Serafín, Escenas andaluzas, Madrid, Colección de escritores castellanos, 1883, p. 242.
Ibid.
Cf. DÉCORET-AHIHA Anne, Les danses exotiques en France 1880-1940, Pantin, Centre National de la Danse, 2004, pp. 33-34.
Cf. cette photo de Pastora Galván et de Bobote :
https://www.deflamenco.com/fotos/especiales/bienal10/fotos/grandes/Pastora_630.jpg, page consultée le 27 mars 2018.
Battue du rythme par les mains et les pieds.
On exécute généralement des types de flamenco joyeux et rapides comme le tango, la bulería et la rumba, propices à l’improvisation.
C’est ce qu’on appelle la juerga de señoritos.
GÓMEZ-GARCÍA PLATA Mercedes, « La juerga flamenca : le plaisir du duende », in SALAÜN Serge, ÉTIENVRE Françoise (dir.), Le(s) plaisir(s) en Espagne (XVIIIe – XXe siècle), Les travaux du CREC en ligne, no 1, octobre 2004, http://crec-paris3.fr/wp-content/uploads/2011/07/14-Gomez.pdf, page consultée le 27 mars 2018.
Ibid.
BATAILLE Georges, La part maudite, Paris, Les Éditions de Minuit, 1967, p. 115.
Ceux qui soutiennent le rythme par des battements de mains et de pieds.
L’espagnol dit « para atrás », que l’andalou contracte en « pa’trás ».
On parle par exemple de « tocar para bailar » : « jouer pour danser ».
Une exception est le « ballet flamenco » qui comprend un corps de ballet. On trouve aussi dans d’autres contextes, mais rarement, des performances de deux ou trois danseurs.
Percussion des pieds.
Ce caractère mesuré serait moins fort en l’absence de danse. La plupart des chants flamencos sont au départ non mesurés. Quand ils sont accompagnés de musique instrumentale, ils jouent avec la mesure à laquelle tend à les ramener la guitare, mais dont ils cherchent à s’extraire de façon subtile. (Cf. DONNIER Philippe, « Flamenco : structures temporelles », Cahiers d’ethnomusicologie [en ligne], n° 10, 1997, http://journals.openedition.org/ethnomusicologie/854, page consultée le 27 mars 2018).
WOLFF Francis, op. cit., p. 123. L’isochronie désigne alors la régularité (les intervalles entre les battements sont de même durée). C’est à la fois celle de la musique et celle de notre horloge interne.
Ibid.
Un palo désigne un « type » de flamenco, comme par exemple la siguiriya, la bulería, etc. Les palos ont été originairement déterminés par des types de chant.
WOLFF Francis, op. cit., p. 124.
Ibid.
GÓMEZ-GARCÍA PLATA Mercedes, art. cit., p. 237. La vidéo suivante en serait une illustration : https://www.youtube.com/watch?v=dSOUMfkjjek, à partir de 0’08, page consultée le 27 mars 2018.
BATAILLE Georges, op. cit., p. 115.
Signalons cependant que les différences de genre s’estompent aujourd’hui.
DONNIER Philippe, art. cit., § 70.
MEYER Leonard B., Émotion et signification en musique [1956], Arles, Actes Sud, 2011.
Ce courant de la psychologie apparaît à la fin du XIXe siècle en Allemagne et défend l’idée que le plaisir naît de l’arrêt ou de l’inhibition d’une tendance. La meilleure preuve en serait qu’en l’absence de délai dans la satisfaction de cette tendance, il n’y a que peu ou pas de plaisir.
MEYER Leonard B., op. cit., p. 73.
Cf. DONNIER Philippe, art. cit.
Les artistes disent souvent qu’il peut arriver que le jour où ils se sentent bien, en pleine possession de leurs moyens, rien ne se passe, alors qu’un autre jour, où la performance se présente mal de prime abord, un moment particulier se produit. La formulation-type est : « Le duende vient quand il veut ». Cf. Interview de José Mercé, in VARGAS Rafael, Tras las huellas del tiempo y de los mitos (el flamenco visto por los flamencos), Alcalá de Guadaira, Editorial Guadalmena, 1995, p. 207.
Les émotions peuvent bien entendu être vécues en silence.
ROUGET Gilbert, La musique et la transe [1980], Paris, Gallimard, « tel », 1990, p. 58.
Dans les entretiens que nous avons menés avec des artistes, nombre d’entre eux affirment qu’ils ont vécu en dansant des moments d’absence à eux-mêmes, dont ils se souviennent sans pouvoir leur attribuer de contenu particulier, si ce n’est qu’ils les relient au sentiment de plaisir le plus intense de la performance. Les expressions les plus récurrentes sont : « je ne savais plus où j’étais » ; « je ne sais pas ce que j’ai fait » ; « ce n’est pas moi qui dansais ».
On considère depuis Goldstein le frisson comme une mesure objective du plaisir : GOLDSTEIN Avram, « Thrills in Response to Music and Other Stimuli », Physiological Psychology, Vol. 8, n° 1, mars 1980, pp. 126-129.
« La transe résulte du choc vécu lorsqu’on entend inopinément des paroles chantées correspondant exactement à la situation dramatique où l’on se trouve » (ROUGET Gilbert, op. cit., p. 457).
Entretien d’avril 2014, Séville. José de la Tomasa est le petit-neveu de Manuel Torre, réputé pour être un très grand chanteur de siguiriya, et auteur de la phrase célèbre : « Tout ce qui a des sonorités noires a du duende » (cité par Federico García Lorca dans Jeu et théorie du duende, Paris, Allia, 2008, p. 13).
ROUGET Gilbert, op. cit., p. 233.
ALVAREZ Germinal, Eva la robe de Grenade : portrait d’Eva la Yerbabuena, Mezzo, 2004, documentaire, 46 minutes, DVD.
Pour évacuer toute confusion entre extase et transe, Rouget propose « de spécialiser l’emploi de ces deux termes, de réserver “extase” à un certain type d’états, disons seconds, atteints dans le silence, l’immobilité et la solitude, et de désigner par “transe” ceux qui ne s’obtiennent que dans le bruit, l’agitation et la société des autres » (op. cit., p. 47).
DEVAL Frédéric, « Le flamenco et ses valeurs : une identité en question », Actes du colloque Le flamenco à la question, 8 juin 2002, Fondation Royaumont [en ligne], https://www.royaumont.com/medias/pdf_colloques/colloque_leflamencoalaquestion_part1_royaumont_2002.pdf, p. 5, page consultée le 27 mars 2018.
Témoignages recueillis par nos soins auprès de nombreux artistes, parmi lesquels Andrés Marín, Leonor Leal, El Torombo, Chloé Brûle-Dauphin, José de la Tomasa, Noemí Martínez Chico, etc.
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