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Pratiques et réflexivités

L’atelier Jump’n Turn

Sauter, tourner, se faufiler dans les méandres d’un dispositif d’éducation artistique et culturelle
Agnès Benoit

Résumés

Dans le texte qui suit, je propose de partager un retour d’expérience autour d’une pratique pédagogique que je développe depuis de nombreuses années et que je partage depuis sept ans, au sein d’un dispositif d’éducation artistique et culturelle (EAC). L’atelier Jump’n Turn est une approche pédagogique, au croisement du mouvement dansé et de l’apprentissage d’une langue. Il s’adresse aux enfants à partir de quatre ans. Ce témoignage explore la manière dont un dispositif en milieu scolaire a pu évoluer au fil des années. Comment une approche pluridisciplinaire trouve-t-elle sa place dans un contexte scolaire ? Comment la proposition initiale peut-t-elle s’adapter à un tel environnement ? Et de quelle manière l’intervenante s’adapte-t-elle à l’institution et vice versa, comment l’institution s’ouvre-t-elle peu à peu à différents modes d’enseignements ?

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Texte intégral

Langue et mouvement

1L’atelier Jump’n Turn est une approche pédagogique pluridisciplinaire, au croisement de l’exploration du mouvement dansé et de l’initiation à l’anglais. C’est une pratique que je développe depuis de nombreuses années et qui a connu diverses étapes, pour des publics différents. Lors de mes études pour un master en danse (Master of Fine Arts) à l’université de Bennington, aux États-Unis, deux de mes professeures m’ont sollicitée afin de développer un cours pluridisciplinaire, construit autour de la rencontre entre la danse et l’apprentissage du français. L’idée était non seulement de faire dialoguer deux disciplines mais aussi de faire collaborer des étudiant·e·s universitaires venant de cursus d’études différents, et de créer au sein de l’université un nouveau cours expérimental qui aborderait simultanément l’improvisation en danse et l’initiation au français. Ces deux professeures, Susan Sgorbati, du département de danse, et Isabelle Kaplan, directrice du centre des langues et cultures, s’étaient adressées à moi pour plusieurs raisons : je parlais le français, j’étudiais l’improvisation et la chorégraphie, et je suivais également une formation d’apprentissage d’une langue étrangère à destination des enfants. Malgré moi, j’étais la candidate idéale et l’idée de construire un nouveau programme pédagogique en collaboration avec deux professeures que j’estimais énormément m’a tout de suite séduite. L’enjeu fut de concevoir un programme sur un semestre, à destination d’étudiant·e·s de niveaux différents en danse mais aussi en français. Il s’agissait donc d’instaurer un environnement où chacun et chacune allaient évoluer à son propre rythme et apprendre des un·e·s et des autres. Nous étions ici préoccupées par une approche pédagogique transversale, ce qui nous intéressait était le croisement de ces deux disciplines et également l’échange au niveau des connaissances et expériences de chaque apprenant·e. En tant qu’enseignante, je proposais un contenu pédagogique qui se transmettait également par le biais de chaque étudiant·e. Par exemple, lors d’un exercice avec un·e partenaire, un·e étudiant·e en français pouvait enrichir le vocabulaire d’un·e étudiant·e en danse, qui à son tour mettait à l’aise son partenaire au niveau du mouvement par sa pratique de la danse. Ce cours s’intitulait « Moving From Words, Speaking Through Movements – and Learning French », mais les étudiant·e·s l’appelaient tout simplement « Dancing in French ». Il avait lieu deux fois par semaine.

Un milieu, un environnement...

2« The classroom », le studio de danse, était notre espace de rencontre. J’ai tout d’abord désiré créer un environnement propice au jeu, ce qui facilitait une détente des corps et éloignait une certaine appréhension de devoir danser ou de parler en français, et peut-être même un mélange des deux pour les plus courageux et courageuses qui n’étudiaient ni la danse ni le français. Il me semblait aussi que plus le corps était en confiance, plus il se détendait, et plus les muscles de la langue se déliaient, ce qui libérait ainsi la parole. Cette parole libre connaissait paradoxalement une règle très stricte : nous travaillions en situation d’immersion totale, cent pour cent en langue française, sans aucune possibilité de traduction. Alors, dans ce milieu, dans cet espace plus ou moins cloisonné, l’intention était d’apprivoiser cette langue que la plupart des participants et participantes ne connaissaient pas ou très peu. Lors de certains exercices à deux, il s’agissait d’accepter de se laisser guider sans forcément que cela passe par une compréhension cognitive, d’accepter de se couler dans un milieu où nous pouvions perdre nos repères, sans perdre confiance en l’autre, notre partenaire de danse. Par exemple, nous pouvions commencer assis·e·s au sol, avec un·e partenaire, dos à dos, sans se regarder. Tout en sentant le contact du dos de l’autre personne, nous commencions à nous adosser l’un·e contre l’autre et à rentrer en dialogue via les points de contact de nos dos et les mots échangés. Ces conversations toutes simples se déroulaient à partir d’une thématique en lien avec des activités quotidiennes, telle que : « Qu’as-tu mangé ce matin ? » Tout en portant son attention, simultanément, sur le contact physique et l’échange verbal, la danse et/ou la conversation devenaient plus ou moins fluides suivant l’expérience de chacun·e. Il était alors important de se laisser guider d’une manière ludique tout en évitant un mode de conversation plus statique, plus frontal, qui pouvait éventuellement mettre fin au mouvement. Dans cette optique, je me suis tout naturellement tournée vers deux pratiques artistiques qui m’étaient familières et propices à cette aventure. En guise d’échauffement, nous commencions toujours par des exercices de contact-improvisation : ressentir ses appuis au sol, jouer à partir de la masse de son propre corps avec un partenaire, se familiariser avec la perte de ses repères et de son orientation, rester en contact physique tout en partageant quelques mots, voire quelques phrases, les laisser résonner dans l’espace et dans le corps... Ceci nous amenait à improviser à partir d’un vocabulaire précis, toujours en dialogue avec un·e partenaire, laissant les mots et les mouvements s’entrelacer, se juxtaposer, sans forcément se préoccuper de la signification des phrases prononcées... Nous arrivions toujours à des instants de pure poésie, comme par exemple, deux étudiantes rampant au sol, tout en répétant d’une seule voix « j’aime les fleurs qui nagent avec les poissons ». Ces moments-là résonnaient avec les ateliers de Logomotion de la danseuse et chorégraphe américaine Simone Forti, avec qui j’avais suivi de nombreux stages aux États-Unis et en Europe. Ma pratique de Logomotion est donc devenue une source d’inspiration pour le développement de ce cours universitaire.

  • 1 Extrait du texte de FORTI Simone, « Danse animée, une pratique de l’improvisation en danse », in GE (...)

« Annonce de stage de Logomotion :
Les mots et le mouvement fonctionnent toujours simultanément pour aller vers ce dont nous avons besoin, construisant notre compréhension et notre expression. En allant et en bougeant en même temps, en se laissant guider par nos impulsions et en réagissant aux dynamiques et images qui en résultent, nous intégrons différents aspects de notre savoir et permettons l’expression d’une gamme plus complète de notre propre univers. Le stage proposera un échauffement afin de réveiller nos flux cinétiques et une attention complète, ainsi que des temps d’écriture minutés pour se relier à nos pensées et observations les plus sauvages. Nous concentrerons notre attention sur l’improvisation, incorporant des exercices qui éveillent la conscience des perceptions et de la composition, et qui développent un flux intuitif entre notre mouvement et nos mots
1. »

3À la fin de chaque classe, je proposais un moment d’écriture, où chacun·e se rendait devant une grande feuille de papier, accrochée au mur, pour y écrire un mot ou une phrase, ou bien dessiner. Nous retracions collectivement tout ce qui avait été dit et traversé durant l’heure et demie de classe, sans aucune correction d’orthographe ou de grammaire. Avant la fin du cours, chaque étudiant·e prenait note de ce vocabulaire dans son propre cahier, et c’est seulement plus tard, en guise de devoir, que chacun·e pouvait vérifier l’exactitude de ce qui avait été écrit et poursuivre ce temps d’écriture s’ils ou elles le désiraient. Ces cahiers étaient collectés deux à trois fois par semestre, et c’est seulement alors que j’y apportais des corrections et observations.

D’un enseignement universitaire vers un dispositif EAC proposé dans des établissements scolaires du premier degré

4Ce cours fut proposé au sein du cursus universitaire de Bennington College durant mes deux années d’études, ainsi qu’à l’université de Rochester dans l’État de New York, où j’ai enseigné pendant six ans. Lors de mes études à Bennington et dans le contexte de ma formation d’apprentissage d’une langue étrangère pour les enfants, j’avais également expérimenté ce travail en milieu scolaire et périscolaire, de la maternelle jusqu’au CM2. Puis, à mon retour en Europe, alors que je m’installais à Berlin, je l’ai proposé au sein de la Deutsch-Französischer Kindergarten.

5La bascule de l’enseignement du français vers l’anglais s’est effectuée en 2013, alors que je revenais en France. Au sein de l’association Books on the Move2, nous avons proposé cette approche pédagogique en anglais, sous forme d’ateliers hebdomadaires en partenariat avec différentes structures culturelles. Pour les enfants, un atelier qui s’intitulait Jump’n Turn et, pour les adultes, un atelier qui se nommait On the Move. Deux ans plus tard, je me suis adressée à La Manufacture CDCN (Centre développement chorégraphique national), qui était alors le Cuvier CDC (Centre de développement chorégraphique), afin de proposer l’atelier Jump’n Turn au sein de leurs dispositifs EAC, en partenariat avec la Direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) de la Gironde. Pour cette première collaboration sur l’année scolaire 2015-2016, j’ai découvert ce qu’était un dispositif EAC, doté d’une charte bien établie3.

6La Manufacture CDCN propose plusieurs parcours EAC4, chacun avec ses propres caractéristiques et reliés entre eux par un éventail de propositions communes, une offre complète comprenant, entre autres, pour chaque classe : une sortie de spectacle lors du festival Pouce5 et un temps de restitution6 lors dun après-midi durant lequel toutes les écoles impliquées dans un dispositif se réunissent. De plus, un accompagnement est proposé au corps enseignant. Il inclut une réunion de présentation générale de tous les différents dispositifs EAC, deux demi-journées de formation qui se déroulent avant que les ateliers ne débutent, ainsi que des outils de médiation qui sont mis à disposition par La Manufacture CDCN.

Jumpn Turn en collaboration avec La Manufacture CDCN depuis 2015

  • 7 Texte de présentation du dispositif EAC Jumpn Turn dans la plaquette de saison 2015-2016 du Cuvier (...)

« Jump’n Turn - Apprendre une langue vivante... en dansant !
Le Cuvier CDC propose, d’après un concept de l’association Books on the Move, un nouvel accompagnement aux enseignants et leurs élèves, qui les amène à découvrir simultanément une langue vivante et l’exploration du mouvement. Inspirée par le travail artistique de la chorégraphe américaine Simone Forti, cette approche pluridisciplinaire expérimentale, menée par Agnès Benoit, offre un moment d’immersion totale, où mouvement et parole jaillissent spontanément. Ce dispositif reliant danse et langue vivante donnera lieu à une rencontre avec des artistes chorégraphes et un temps de restitution en juin7. »

7L’atelier Jump’n Turn tel qu’il avait été conçu devait maintenant s’adapter au dispositif EAC de La Manufacture CDCN. Se posaient alors les questions suivantes : Comment une approche pluridisciplinaire trouve-t-elle sa place et fait-elle sens dans un contexte scolaire ? Comment utiliser cette approche pédagogique transversale avec un large groupe d’enfants n’ayant pas choisi cette activité (en moyenne vingt-trois élèves par classe, certaines classes pouvant accueillir jusqu’à trente enfants) ? Comment adapter la proposition initiale à un tel environnement ? De quelles manières l’intervenante s’adapte-t-elle à l’institution et vice versa, et comment l’institution s’ouvre-t-elle peu à peu à différentes approches et modes d’enseignements ? De quelle manière accompagner au mieux les enseignant·es dans une telle démarche ?

8En 2015, j’intervenais dans quatre classes, dans des écoles différentes du département de la Gironde. J’enseignais six heures d’atelier par classe. L’équipe de La Manufacture CDCN me demandait également de créer un lien entre l’atelier Jump’n Turn et le spectacle auquel les enfants assisteraient. Suivant les âges des enfants, il se pouvait que les classes dans lesquelles j’intervenais aillent voir différents spectacles. J’essayais donc d’amener les enfants à affiner leur regard, tout en posant des questions toutes simples, telles que : « qu’avez-vous vu ? », restant dans la description concrète de ce qui s’était déroulé devant leurs yeux. Nous allions petit à petit vers un regard critique qui se faisait avec bienveillance. Bienveillance envers les un·e·s et les autres par l’écoute de ce qui se disait, de ce qui se partageait à propos du spectacle, mais aussi bienveillance envers les artistes sur scène par la description d’un vécu, d’un ressenti, au lieu de tout simplement apporter un jugement hâtif tel que « j’ai aimé », « je n’ai pas aimé ». Puis, tout en préparant une restitution en vue de partager leur travail avec les autres classes et écoles, chaque enfant se mettait également dans la posture de créateur ou créatrice. Ces restitutions pouvaient se dérouler sur scène ou bien sous forme de vidéos ou encore d’objets plastiques.

Au sein de ce parcours complet, que se passe-t-il dans l’atelier Jump’n Turn ?

9Je propose une immersion totale dans la langue enseignée, un environnement propice au jeu mais aussi à la collaboration et à l’écoute des autres. L’atelier avec les enfants commence toujours par un moment de rassemblement, où j’explique en français ce que nous allons faire durant ce temps de travail, je reviens aussi peut-être sur certaines expériences de la séance précédente, je pose et rappelle les consignes, la plus importante étant que nous ne parlerons qu’en anglais durant toute la durée de l’atelier. Au début, cela interroge et même effraie un peu certain·e·s élèves, puis très vite, cela n’a plus grande importance. Alors, nous nous levons pour notre rituel de début d’atelier, nous formons un grand cercle, les bras ouverts et les index touchant légèrement l’index de nos voisin·e·s de gauche et de droite. Nous nous regardons. Nous savons que nous allons partir en voyage dans un pays imaginaire où nous ne parlerons qu’en anglais, puis nous faisons semblant de nous « connecter » pour nous « envoler » vers un « ailleurs » : « Un, deux, trois, connexion, hello everybody, how are you ? »

10Dans un premier temps, on pourrait dire qu’un certain mimétisme s’opère, les enfants répètent et copient plus ou moins tout ce que je dis et tout ce que je fais. Les élèves s’imprègnent d’un vocabulaire de mots et de mouvements avant de pouvoir se les approprier. Nous construisons ensemble ce vocabulaire, basé tout d’abord sur les parties du corps, qualités de mouvement, directions dans l’espace (en bas, en haut, devant, derrière...). À chaque début d’atelier, nous répétons le même échauffement afin, non seulement, d’affiner les perceptions du corps mais aussi d’intégrer ce vocabulaire. Nous nous essayons à quelques exercices de contact-improvisation suivant l’âge des enfants et la disponibilité de chacun et chacune. Suivant la tranche d’âge, le contact physique est plus ou moins aisé, et depuis la crise sanitaire, cela est devenu plus compliqué, voire impossible, alors nous adaptons les exercices en les remplaçant par des auto-massages, des câlins à soi-même, un travail au sol : se couler dans le sol, rouler, sentir son poids, se relever, chuter, etc. Puis je travaille autour de la question suivante : comment faire goûter aux enfants un état de danse, aussi futile soit-il, alors qu’ils et elles sont guidé·e·s dans une langue qu’ils et elles ne comprennent pas encore (a priori) ?

11Se pose aussi la question de la place de l’atelier Jump’n Turn au sein d’un tel dispositif, proposition très riche, mais aussi très étirée, qui demande de faire un grand écart entre la nature même de l’atelier et les diverses propositions qui constituent le parcours EAC de La Manufacture CDCN. Je me suis alors interrogée sur plusieurs points : le nombre d’heures d’intervention au sein du dispositif, la qualité de relation avec chaque enseignant·e et la pertinence d’outils pédagogiques qui pourraient leur être proposés, la faisabilité de trouver des liens concrets entre les spectacles que les enfants vont voir et le contenu de l’atelier… Tout ceci sachant que La Manufacture CDCN ne rémunère que les temps d’interventions. Les réunions, les temps d’organisation de planning, le suivi avec les enseignant·e·s et la présence lors du ou des spectacle·s s’effectuent en dehors des temps d’interventions et ne sont donc pas rémunérés.

  • 8 En réponse à une commande de La Manufacture CDCN pour la plateforme numérique Danse on air, et à pa (...)

12Initialement, le dispositif proposait six heures d’interventions par classe – l’atelier Jump’n Turn est une approche pédagogique pluridisciplinaire qui demande un certain temps d’adaptation. Dans un premier temps, les enfants ont besoin de s’installer dans une routine et de prendre leurs repères pour justement accepter de se laisser guider vers un ailleurs, un environnement dans lequel on s’exprime dans une langue qu’on ne connaît pas encore. Je m’adresse aux enfants dans une langue qui leur est encore étrangère, et tout de même, j’aborde avec chaque élève des exercices très subtils de perceptions, de coordination, allant jusqu’à la composition instantanée, des temps de danse improvisée, durant lesquels les élèves commencent à composer des petits enchaînements chorégraphiques dans l’instant et à partir d’un vocabulaire acquis. À un moment bien précis au sein de ce processus de travail, les enfants intègrent le déroulement de l’atelier, et un changement d’attitude dans chaque groupe se fait ressentir. Je peux alors observer un relâchement dans les corps et une écoute encore plus fine, qui nous amènent vers un travail de groupe de grande qualité. Au bout de quatre ou cinq séances de travail, nous ne débutons plus l’atelier par un rassemblement ; lorsque les enfants arrivent, la musique est présente et je suis déjà en train de danser... sans un mot, les enfants me rejoignent et se mettent aussi à danser, puis la musique s’arrête : « hello everybody » et nous commençons notre échauffement, tout en parlant en anglais, comme si soudain, le rythme de la langue pénétrait les corps. C’est alors posé la question : comment s’arrêter au bout de six heures d’ateliers, alors que nous commencions à peine à rentrer dans une matière ? Je ressentais une vraie frustration. Soudain, le temps réparti sur quatre ateliers, d’une heure trente chacun, me semblait dérisoire. Je l’ai alors exprimé à l’équipe de La Manufacture CDCN, et, quelques années plus tard, avec l’aide de la direction régionale des Affaires culturelles (DRAC) Nouvelle-Aquitaine, les heures d’atelier pour le dispositif Jump’n Turn sont passées de six à dix heures d’intervention. Cette décision fut accueillie avec grande joie, car lorsque nous arrivons à notre cinquième ou sixième séance, une vraie bascule s’opère, les enfants ont alors à leur disposition non seulement un vocabulaire en anglais, mais chaque élève commence également à acquérir de vrais outils d’improvisation et de composition, et quel bonheur de savoir qu’il y a encore du temps devant nous et que nous allons pouvoir poursuivre cette expérience et continuer à naviguer avec aisance entre langue et mouvement. Jusqu’à la cinquième ou sixième séance, les enfants répètent ce que je dis, nous sommes très souvent dans le mimétisme, et à un moment donné, ils et elles s’approprient du vocabulaire langagier et dansé, chaque enfant, à son propre rythme, commence peu à peu à s’exprimer en anglais, à utiliser le vocabulaire lors de petits modules chorégraphiques. Par exemple, je leur demande de dessiner un mouvement sur des petites cartes. Chaque dessin peut être interprété en anglais, puis les cartes sont distribuées. Les enfants se mettent en groupe de trois ou quatre et à partir des cartes en mains, ils et elles construisent une petite phrase chorégraphique qui peut se « lire » à voix haute par les autres enfants qui regardent. Les élèves apprennent à s’observer et à lire ce qui se danse, nous pouvons alors entendre des mots tels que : up, cross, butterfly, under, through8

13En ce qui concerne l’accompagnement des enseignant·e·s, je me rendais compte que cette toute première rencontre, où chaque dispositif était présenté, s’avérait être une réunion purement administrative et organisationnelle, avec à peine dix minutes de présentation destinées à chaque projet. Par manque de temps, il n’y avait jamais de véritables échanges sur le contenu des ateliers proposés. Le réel contact avec les enseignant·e·s se faisait lors du tout premier atelier au sein de leur école, où il était toujours difficile de discuter. Les enseignant·e·s sont très pris·e·s par les enfants, que ce soit entre l’atelier et leur classe, la récréation, la cantine ou bien encore une réunion parentale. Cela demande donc quelques séances d’adaptation et j’ai très vite réalisé qu’il y avait parfois des malentendus entre ce que je proposais et leurs attentes. Les enseignant·e·s choisissent les dispositifs via des fiches rédigées par La Manufacture CDCN et la DSDEN. Quelques mois avant mon intervention dans les classes, je reçois une liste des classes et écoles inscrites au dispositif Jump’n Turn, mais je ne sais rien de la motivation des enseignant·e·s. La DSDEN se charge des inscriptions et choisit les écoles suivant une répartition géographique des publics, entre le centre-ville de Bordeaux, l’agglomération et le territoire du département de la Gironde. Comme je ne connais pas leurs motivations, cela prend toujours un certain temps, peut-être trois ou quatre séances, avant que nous puissions vraiment communiquer sur le contenu de cette approche pédagogique. Nos échanges via les courriers électroniques ne suffisent pas. J’ai alors, dès 2018, instauré sur mon temps personnel, et le leur, une réunion supplémentaire où j’invitais les enseignant·e·s impliqué·e·s dans le dispositif Jump’n Turn à venir se retrouver dans les locaux de Books on the Move, autour d’un déjeuner partagé. Cette réunion s’est avérée très importante. Tout d’abord, une toute première question leur était adressée : pourquoi avoir choisi le dispositif Jump’n Turn ? Quelles étaient leurs motivations ? Les réponses variaient, mais il y avait toujours un élément de curiosité qui les reliait, ce petit quelque chose en lien avec le croisement de l’apprentissage d’une langue et de la danse qui les intriguait. À partir de cette série de questions, nous pouvions alors commencer à échanger au sujet de leur connaissance linguistique, leur expérience en danse, soit par la pratique ou en tant que spectateur·rice·s, etc. Puis, je prenais le temps de partager l’historique de cette démarche, mon parcours en danse… Après avoir entendu leurs attentes, je pouvais à mon tour expliquer les miennes. C’était un moment très important où, ensemble, nous posions les bases du travail. Elles et ils comprenaient que nous n’allions pas traduire, que l’éveil corporel et le travail abordé autour du mouvement dansé étaient tout aussi importants que l’initiation à l’anglais, que je veillais très fortement à ce que les enfants goûtent au plaisir de danser, de faire bouger leurs corps et de se laisser guider par une autre langue que celle qu’ils et elles parlent déjà. J’insistais aussi sur leur propre engagement physique durant l’atelier avec les enfants qui est très important. Outre le fait que je fasse moi-même leur connaissance, les enseignant·e·s prenaient aussi le temps de se rencontrer, nous formions alors une vraie équipe pédagogique. Même si chaque classe est très différente l’une de l’autre, nous avions eu un échange collectif, les courriers envoyés plus tard faisaient alors sens. Dans ces mails que j’envoie régulièrement après chaque séance, il y a par exemple une liste du vocabulaire qui a été abordé en atelier. Il est évident que ce dispositif ne pourrait pas fonctionner sans l’implication des enseignant·e·s ; c’est chacun et chacune qui assurent la continuité de ce travail auprès des enfants. Elles et ils s’approprient ce que nous traversons ensemble dans l’atelier pour l’utiliser par la suite avec les enfants, à leur manière. Dans ces courriers, je réponds donc aux questions, aux doutes, cela devient un mode de communication en plus des quelques mots que nous arrivons à échanger avant et après chaque atelier. Les temps de formation qui se déroulent sur deux demi-journées sont aussi très importants pour les enseignant·e·s. La première session est proposée par la conseillère pédagogique d’éducation physique et sportive (EPS) de la DSDEN du département de la Gironde, autour des fondamentaux de la danse (corps, espace, temps, relation aux autres, qualité du mouvement, mémoire, imaginaire…). Depuis 2015, plusieurs propositions ont été faites pour la deuxième session : une année, j’ai proposé l’atelier Jump’n Turn aux enseignant·e·s de chaque dispositif. Puis, durant deux années consécutives, les trois heures de formation étaient réparties entre trois intervenant·e·s différent·e·s, qui en une heure de temps, présentaient leur atelier. Une autre année encore, un intervenant hors dispositif EAC, est venu travailler avec les enseignant·e·s sur une proposition au croisement de plusieurs pratiques artistiques. Et enfin, depuis deux ans, je propose une demi-journée de formation, uniquement aux enseignant·e·s impliqué·e·s dans le dispositif Jump’n Turn. Non seulement, le temps de réunion que nous prenions sur notre pause déjeuner est dorénavant inclus dans le temps de formation du dispositif, mais, encore plus important, les enseignant·e·s ont la possibilité d’expérimenter un atelier Jumpn Turn. Avant même le premier atelier avec les enfants, elles et ils ont fait l’expérience de cette approche pédagogique, ce qui facilite énormément la communication. Durant ces trois heures de formation, nous avons amplement le temps de faire un atelier, d’accomplir la tâche complexe du calendrier des ateliers et de prendre le temps de répondre aux questions de chacun·e. Ceci est une excellente initiative de la part de la Manufacture CDCN et je m’en réjouis.

14Lors des dispositifs proposés par La Manufacture CDCN, les enfants sont amené·e·s à assister à un spectacle. C’est un moment collectif très important. Pour certain·e·s enfants, ce sera la première fois qu’il ou elle assistera à un spectacle et cette expérience pourra être partagée en classe. C’est ainsi l’occasion pour l’enseignant·e et l’intervenant·e d’aborder le regard du spectateur·rice. Je prends toujours quelques minutes de l’atelier pour présenter d’une manière très succincte le spectacle qu’ils et elles iront voir : est-ce un solo, un duo ? Combien de personnes sur le plateau ? Mais surtout je vais essayer de les amener à prendre note de ce qu’ils et elles verront. Je leur demande toujours de me faire un retour concret avec le plus de détails possible, qui peut aussi être accompagné d’un dessin, lorsque je sais que la scénographie ou les costumes jouent un rôle important dans le spectacle. À partir de cet échange, nous parlons aussi du regard bienveillant que nous portons les un·e·s sur les autres lors de l’atelier. Durant les séances de travail, il y a toujours un moment d’improvisation ou bien de construction de petits modules chorégraphiques en duo ou trio, qui sont ensuite partagés. Les enfants sont alors à la fois interprètes et spectateur·rice·s.

15Parfois aussi, j’inclus à l’atelier un élément du spectacle qu’ils et elles ont vu. Celui-ci peut devenir un fil conducteur pendant plusieurs séances ou bien n’apparaître qu’une seule fois. Par exemple, une année, le spectacle d’Ana Rita Teodoro Plateau a été présenté. Il portait sur l’observation du genou en tant qu’articulation. Durant cette année-là, j’ai décidé de travailler autour des articulations et du squelette. Ou bien encore, dans le spectacle Bang, d’Herman Diephuis, les interprètes disaient ces phrases en anglais : « Let’s dance. Let’s shout. Shake your body down to the ground. » Nous les avons repris et avons créé notre propre danse à partir de ces phrases.

Une septième année de collaboration

16Pour l’année 2021-2022, l’aventure entre l’atelier Jump’n Turn et le dispositif EAC porté par La Manufacture CDCN et la DSDEN de la Gironde se poursuit. Ce dispositif est toujours très demandé et il est dorénavant proposé à six classes. Au fil des années, j’ai pris certaines libertés afin de trouver une articulation entre l’approche pédagogique que je propose et les directives plus ou moins imposées par un dispositif EAC. Tout comme dans une partition chorégraphique, j’apprends à me faufiler à l’intérieur de ces contraintes afin que ma manière d’enseigner puisse évoluer tout en restant en dialogue avec les enseignant·e·s et les institutions partenaires. Cette évolution peut aussi s’expliquer en termes de chiffres : durant l’année 2015-2016, l’atelier Jump’n Turn était proposé à quatre classes (du CP au CM2) réparties dans trois écoles différentes. Le temps d’intervention était de six heures par classe distribué sur quatre ateliers d’une heure trente chacun, avec une moyenne de vingt-quatre élèves par classe. Une école était en centre-ville et les deux autres en milieu rural. Cette année-là, j’ai effectué un total de six cent quatre-vingt-huit kilomètres. Pour l’année 2021-2022, j’interviens dans six classes (du CP au CM2) réparties dans quatre écoles différentes. Le temps d’intervention est désormais de dix heures par classe, réparti différemment, suivant le lieu géographique des écoles. Depuis trois ans, j’essaie de privilégier des ateliers d’une heure pour les plus petits. Pour cette année scolaire, la répartition du nombre d’heures sera la suivante : dix ateliers d’une heure ou bien quatre ateliers d’une heure trente, plus deux ateliers de deux heures, ou encore huit ateliers d’une heure et quinze minutes. La moyenne d’élèves par classe est de dix-neuf, et les écoles sont situées en agglomération et en milieu rural. Cette année j’effectuerai un total de mille trois cent soixante kilomètres. À ce jour, la distance parcourue reste un point sensible par rapport aux heures qui me sont rémunérées.

Continuité dans l’accompagnement des enseignant·es et des enfants, outils pédagogiques et autres partenariats

17Suite à ces sept années de collaboration, la création d’outils pédagogiques et l’accompagnement des enseignant·e·s et des enfants deviennent une priorité. Une fois le dispositif terminé, que se passe-t-il ? De quelle manière le corps enseignant peut-il s’approprier cette approche pédagogique et la poursuivre avec de nouvelles classes ? Faut-il imaginer des outils pédagogiques ? La demi-journée de formation, avec moi, qui leur est destinée, devrait-elle être plus longue, imaginée autrement ?

18De mars à juin 2020, lors de la crise sanitaire et devant l’impossibilité de me rendre dans les écoles, j’ai conçu un Padlet autour de l’atelier Jump’n Turn, un tableau interactif et numérique, sur lequel j’ai déposé plusieurs vidéos. L’idée n’était pas de transmettre une nouvelle matière mais, au contraire, de revisiter des exercices déjà expérimentés en classe, construits sur le même format qu’un atelier : un échauffement, des exercices d’improvisation, un travail autour du vocabulaire déjà présenté, avec en bonus une petite boum (party time) et un moment de lecture d’un album jeunesse en anglais qui retrace le vocabulaire déjà maîtrisé. Ce Padlet n’a pas vraiment fonctionné lors du confinement, car sa mise en place a pris du temps, et, pour les enseignant·e·s, la logistique et mise en relation avec les élèves étaient très complexes. Cet outil a été tout de même utile dès l’année suivante, et j’ai pu m’en servir comme source de matières dans laquelle les enseignant·e·s peuvent puiser lorsqu’elles et ils travaillent seul·es avec les enfants. À cette fin, cet outil fut reçu avec grand enthousiasme. Ce Padlet, fabriqué depuis mon domicile à l’aide de mon téléphone portable, et d’une manière très artisanale, demande à être étoffé et approfondi. Cette année, il sera à nouveau utilisé avec le souhait de recueillir des retours de la part des enseignant·e·s, afin qu’elles et ils puissent être impliqué·e·s dans la confection d’un outil pédagogique en devenir. À cet effet, je souhaite également renouer des liens avec les enseignant·e·s ayant participé·e·s à l’atelier Jump’n Turn durant ces six dernières années. Dorénavant, en accord avec La Manufacture CDCN et la DSDEN, je leur propose de venir suivre les trois heures de formation et de rejoindre le nouveau groupe d’enseignant·e·s, puis par la suite d’utiliser le Padlet en échange de retours.

  • 9 L’atelier a eu lieu durant l’écriture de cet article. Une vidéo réalisée par Camille Auburtin et le (...)

19Pour les enfants se pose la question de poursuivre l’atelier au-delà d’une seule année. Que se passerait-il si cet atelier était conduit tout le long de leur scolarité en école primaire ? Que se passerait-il dans les corps, dans leur rapport à la langue ? Est-ce que nous nous rapprocherions d’un atelier de Logomotion tel que j’ai pu l’expérimenter avec des étudiant·e·s universitaires ? Ces questionnements, qui m’habitent depuis longtemps, vont peut-être trouver des réponses dans les prochaines années. Un nouveau dispositif vient de se mettre en place dans une école bordelaise du réseau d’éducation prioritaire renforcé (REP+), l’école Charles-Martin, à Bacalan. L’année dernière, au sein du dispositif Jump’n Turn porté par La Manufacture CDCN, je suis intervenue dans cette école sur deux classes de CP et deux classes de CE1, j’étais donc en contact avec quatre enseignantes. La synergie des groupes et l’implication de chacun et chacune, autant chez les élèves que chez les enseignantes, a vraiment concrétisé ce souhait de suivre une même classe du CP au CM2. Le dispositif EAC Jump’n Turn porté par La Manufacture CDCN est construit de telle manière qu’il se doit de rayonner sur tout le territoire du département de la Gironde et de toucher le plus grand nombre d’écoles. Il n’a donc pas vocation à être proposé plusieurs fois dans la même classe. Ce nouveau projet expérimental est donc porté directement par Books on the Move avec le soutien de la DRAC Nouvelle-Aquitaine et la ville de Bordeaux. C’est avec grand plaisir que j’ai pu retrouver les enfants, désormais en CE1, ainsi qu’une des enseignantes de l’année dernière. L’intention de ce projet expérimental est de poursuivre le travail autour de l’anglais et du mouvement avec ce même groupe d’enfants, mais aussi d’offrir un accompagnement au corps enseignant de l’école. Si ce projet continue sur les quatre prochaines années à venir, la plupart des enseignant·e·s de l’école auront expérimenté l’atelier Jump’n Turn et pourront le poursuivre à leur tour, tout en ayant la possibilité d’échanger entre collègues. Ce dispositif proposera également une approche pluridisciplinaire allant au-delà du croisement d’une langue et du mouvement. Chaque année, un·e artiste sera invité·e à me rejoindre pour exposer sa propre pratique à l’intérieur de l’atelier Jump’n Turn. Pour l’année scolaire 2021-2022, nous abordons l’univers de la vidéo-danse avec la réalisatrice Camille Auburtin9, en 2022-2023, la plasticienne Véronique Lamare interviendra. L’année suivante, nous explorerons le travail de la voix, puis lorsque les enfants seront en CM2, nous introduirons l’écriture. Les artistes pour ces deux années sont encore à confirmer.

20L’atelier Jump’n Turn s’est construit en partenariat avec d’autres structures. En 2017, je suis intervenue sur plusieurs ateliers, au sein de la compagnie D’un instant à l’autre, lors d’une création de spectacle qui incorporait le chant en anglais, avec une classe de CM2 de l’école de Sémur-en-Auxois, en Bourgogne-Franche-Comté. Également, depuis l’année scolaire 2020-2021, Jump’n Turn est proposé au sein des projets EAC portés par Espaces Pluriels, à Pau, tout d’abord dans trois classes de CM1-CM2 de l’école Nandina-Park (REP+), un dispositif qui s’est déroulé sur deux années consécutives pour un total de six heures par classe chaque année, réparti sur des ateliers d’une heure. Vu les contraintes de déplacement, je me rendais à Pau deux journées consécutives, ceci sur trois semaines. Ce format fut très probant, l’énergie du premier jour trouvant une continuité dans la séance du lendemain. Les élèves, qui étaient en CM1 la première année, ont pu bénéficier de deux ans d’atelier et, l’année suivante, accompagner les nouveaux·elles arrivant·e·s à partir de leurs acquis du mouvement dansé et de l’anglais, ce qui a entraîné les nouveaux enfants et rendu l’expérience encore plus riche. Le partenariat avec Espace Pluriels s’est étoffé pour l’année 2021-2022, et l’atelier Jump’n Turn a également été proposé en collège pour une classe de sixième et en lycée pour une classe de seconde.

21Je me réjouis de poursuivre cette pratique et de la partager avec un grand nombre de personnes. L’année 2022-2023 sera une année d’expérimentation et de réflexion autour de l’apprentissage d’une langue par le mouvement. Grâce à une bourse d’aide à la recherche du Centre national de la danse, je prends le temps de réfléchir à une éventuelle mise en œuvre de certains outils pédagogiques, ainsi que de me questionner sur la pertinence d’une formation d’intervenant·e·s afin de pouvoir partager cette approche pédagogique avec d’autres danseur·euse·s ou personnes ayant une pratique du mouvement. Tout ceci sans m’éloigner des questions qui m’animent : De quelle manière une langue qui nous est encore inconnue ou peu familière peut-elle commencer à faire sens alors que nous sommes en mouvement ? Comment peut-elle résonner dans le corps et initier une danse ?

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Notes

1 Extrait du texte de FORTI Simone, « Danse animée, une pratique de l’improvisation en danse », in GELLY AUBARET Marie-Claire (dir.), Improviser dans la danse, Alès, Le Cratère Théâtre d’Alès, 1999, p. 26.

Version originale « Animate Dancing – A Practice in Dance Improvisation », in COOPER ALBRIGHT Ann, GERE David (dir.), Taken by surprise – A Dance Improvisation Reader, Wesleyan University Press, 2003, p. 62.

La version française fut publiée avant la version anglaise et traduite par Agnès Benoit à la demande de Simone Forti. L’ouvrage Improviser dans la danse donnait suite à la manifestation « Improviser dans la musique et la danse » qui se déroula du 25 au 29 avril 1998, au Cratère Théâtre d’Alès.

2 Site de Books on the Move, [en ligne], www.booksonthemove.fr, page consultée le 22 novembre 2022.

3 Site du Ministère de l'Éducation nationale, [en ligne], www.education.gouv.fr/l-education-artistique-et-culturelle-7496, page consultée le 22 novembre 2022.

4 Site de La Manufacture, [en ligne], www.lamanufacture-cdcn.org/faire/scolaires/, page consultée le 22 novembre 2022.

5 www.lamanufacture-cdcn.org/spectacles/pouce-festival-danse-jeune-public-bordeaux-metropole-nlle-aquitaine-1-11-fev-2022/

6 www.lamanufacture-cdcn.org/l-exposition-choregraphique-2021/

7 Texte de présentation du dispositif EAC Jumpn Turn dans la plaquette de saison 2015-2016 du Cuvier CDC.

8 En réponse à une commande de La Manufacture CDCN pour la plateforme numérique Danse on air, et à partir de cette expérience, j’ai conçu une partition chorégraphique intitulée « Dessiner, dire, danser… / danser, dessiner, dire… ». Celle-ci peut être visionnée ici, [en ligne], www.youtube.com/watch ?v =sOyZz5djVg4, page consultée le 22 novembre 2022 ; La Manufacture DDCN, « Objet de danse #7 :partition chorégraphique par Agnès Benoit », Danse on air, 2022, [en ligne], https://www.youtube.com/watch ?v =sOyZz5djVg4&ab_channel =LaManufactureCDCN, page consultée le 30 septembre 2022.

9 L’atelier a eu lieu durant l’écriture de cet article. Une vidéo réalisée par Camille Auburtin et les enfants peut être visionnée ici : vimeo.com/724856485 ; AUBURTIN Camille, « One, Two…Through ! film d'atelier », production.camillau & Books on the Move, 2022, [en ligne], https://vimeo.com/724856485, page consultée le 30 septembre 2022.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Agnès Benoit, « L’atelier Jump’n Turn »Recherches en danse [En ligne], 11 | 2022, mis en ligne le 14 décembre 2022, consulté le 12 août 2026. URL : http://journals.openedition.org/danse/5501 ; DOI : https://doi.org/10.4000/danse.5501

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Auteur

Agnès Benoit

Danseuse, pédagogue et fondatrice de Books on the Move, Agnès Benoit a longtemps partagé sa vie entre la France, l’Angleterre, les États-Unis et l’Allemagne. Le partage et la réflexion autour du corps en mouvement ont toujours été son point d’ancrage et son terrain de jeu... De sa longue pratique de l’improvisation découle une série d’entretiens (On the Edge/ Créateurs de lImprévu, Contredanse, 1997), ainsi qu’une approche pluridisciplinaire expérimentale autour de l’apprentissage des langues par le mouvement.

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Droits d’auteur

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