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AccueilNumérosvol. 17, n°1One Health, quel rôle des science...IntroductionSanté et environnemen...

One Health, quel rôle des sciences sociales et quelle opérationnalisation ?

Introduction
Santé et environnement : One Health, quel rôle des sciences sociales et quelle opérationnalisation ?

Introduction
Health and environment: One Health, what role for social sciences and how to operationalize it ?
Bruno Boidin et Léo Delpy

Résumés

Cet article introduit le numéro « Santé et environnement : One Health, quel rôle des sciences sociales et quelle opérationnalisation ? ». Le concept One Health s’est imposé comme référence dans les politiques de santé publique. Le numéro spécial s’intéresse à la place des sciences sociales dans l’analyse, la diffusion et la mise en pratique de cette notion. Trois axes de recherche sont explorés : (i) la place des sciences sociales dans One Health ; (ii) l’effet du concept sur la fabrique des politiques publiques ; (iii) la place et la circulation du concept dans le champ de l’aide internationale. Les articles inclus dans ce numéro soulignent l’importance cruciale des sciences sociales pour mieux appréhender les perspectives et les limites de One Health. Ils mobilisent des cadres d’analyse, des méthodes et des cas d’étude variés, soulignant la richesse de ces disciplines et la fertilité de leur croisement.

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Texte intégral

  • 1 On peut citer par exemple Science in One Health et One Health de l’éditeur Elsevier B. V., ainsi q (...)

1Le concept One Health (Une seule santé) s’est imposé comme une référence incontournable dans les politiques de santé publique, aussi bien dans les pays du Nord que dans ceux du Sud (Gardon et al., 2022, Zinsstag et al., 2011). Aujourd’hui largement encouragé par les organisations onusiennes (i. e. Organisation mondiale de la santé, Organisation mondiale de la santé animale, Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, Programme des Nations unies pour l’environnement), ce concept vise à une intégration plus poussée entre santé humaine, santé animale et santé environnementale, dans la gestion d’un ensemble relativement divers de problèmes de santé (surveillance et gestion des zoonoses et de la lutte contre la résistance aux antimicrobiens, adaptation aux conséquences du changement climatique sur les différentes formes de santé). L’émergence du concept One Health s’est faite à un rythme accéléré depuis les années 2010, dans plusieurs domaines. Dans le champ politique, le terme a été intégré aux politiques de santé dans la quasi-totalité des pays du monde en l’espace d’une quinzaine d’années (Milazzo, 2025). Dans le champ académique, le nombre d’articles mobilisant ce même concept a connu une forte croissance (Humboldt-Dachroeden, 2020). De nombreuses revues1 et des numéros spéciaux ont contribué à son expansion. Le concept a également pris une place importance dans le financement de la recherche.

2Cette double dynamique, politique et académique, entraîne d’importantes distorsions dans la définition du concept et dans son opérationnalisation. One Health demeure une notion large et interprétée de façon différenciée selon le prisme disciplinaire, professionnel ou institutionnel (Kinglsey et al., 2017). Elle est également soumise à des risques d’instrumentalisation (captation de fonds par l’utilisation de la notion One Health dans des programmes mobilisant peu son contenu) et d’applications encore cloisonnées alors que l’idée centrale est l’interaction entre les trois volets (santé humaine, santé animale et environnement).

3Ce dossier propose de contribuer à la clarification de ces éléments en adoptant un angle de vue encore largement marginalisé dans l’analyse du concept One Health, celui des sciences sociales. La mobilisation des sciences sociales autour de One Health nous semble en effet nécessaire pour mieux appréhender la façon dont cette notion est interprétée, diffusée et mise en œuvre sur des terrains variés. Plus spécifiquement, les coordinateurs de ce numéro ont privilégié trois angles complémentaires d’analyse dans l’appel à contributions : (i) la place des sciences sociales dans One Health ; (ii) l’effet du concept sur la fabrique des politiques publiques ; (iii) l’influence de celui-ci dans le champ de l’aide internationale. Nous présentons maintenant plus en détail ces trois axes. En ce qui concerne d’abord la place des sciences sociales dans One Health (axe 1), il convient de mettre en évidence la façon dont elles peuvent apporter une perspective critique sur ce concept qui oscille entre une véritable intégration des déterminants des différentes formes de santé et un simple étiquetage de programmes déjà existants, souvent dominés par les sciences dures. Déconstruire la notion et apporter des éléments d’analyse systémiques peut alors être fructueux. Ensuite (axe 2), dans le prolongement du premier point, les sciences sociales peuvent aider à opérationnaliser ou à examiner de façon critique les politiques qui se réclament d’une conception One Health. Face aux conséquences du changement climatique et aux désastres environnementaux, le concept est appelé à jouer un rôle important dans la reconfiguration des politiques publiques. Dans ce contexte d’immenses défis pour les politiques publiques, les sciences sociales devraient être mobilisées pour prendre leur part dans les réflexions et l’opérationnalisation de ces stratégies. Enfin (axe 3), One Health est une notion qui est actuellement diffusée à grande échelle par des organisations internationales, ce qui pose la question de la légitimité et de l’adaptabilité de celle-ci dans des contextes variés. La construction des politiques et programmes One Health à l’échelle locale est influencée, voire guidée par les initiatives internationales et la rhétorique qui les accompagne. La compréhension de ces logiques est un objet d’étude pertinent pour les sciences sociales. Ces dernières peuvent apporter un regard spécifique sur la façon dont la notion est diffusée à travers différentes institutions, allant des acteurs internationaux jusqu’aux acteurs locaux, et sur les biais que recèle cette dynamique prescriptive. À cet égard, les analyses de l’application territoriale de One Health à différentes échelles (internationale, nationale, locale) et des interactions entre ces échelles sont pertinentes.

1. La place des sciences sociales dans One Health

4Le premier axe de ce numéro se penche sur la place des sciences sociales dans l’étude et l’opérationnalisation de l’approche One Health. Régulièrement identifiées comme essentielles dans la mise en place et l’évaluation des approches One Health, les sciences sociales sont pourtant encore largement marginalisées (Michalon, 2019 ; Whittaker, 2020). Il paraît intéressant d’interroger ce paradoxe. Quel rôle jouent les sciences sociales dans l’analyse du concept One Health et dans le développement des interventions liées ? Quelles sont les sciences sociales mobilisées dans l’opérationnalisation de One Health ? Quels sont les apports potentiels des sciences sociales à la compréhension et à l’opérationnalisation des approches One Health ?

5À titre d’exemple, quelques jalons peuvent être posés dans le domaine de l’économie (Boidin, 2024a, 2024b). On constate non seulement que les sciences dures continuent de dominer la thématique One Health, mais également qu’au sein de la discipline économique, c’est l’économie standard qui est souvent associée aux équipes scientifiques engagées dans des projets de recherche sur ce sujet. Ainsi, dans de nombreux programmes conduits en Afrique, l’économie est, au mieux, intégrée à travers les très classiques analyses cout-bénéfice qui pourtant ne suffisent ni à cerner l’ensemble des interactions entre santé humaine, santé animale et santé environnementale, ni à prendre en compte l’ensemble des impacts potentiels des programmes. Pourtant, des perspectives fructueuses se dessinent à partir de cadres d’analyse plus subtils, ancrés en économie politique, tels que ceux proposés par la socio-économie écologique ou l’école de la régulation, pour ne prendre que ces exemples (Boidin, 2024b : 35-41). Mais ces outils sont sous-utilisés dans les programmes et les évaluations des approches One Health qui demeurent inscrits dans des démarches linéaires et des échéances calées sur les agendas politiques.

2. One Health pour repenser les politiques

6Le deuxième axe retenu par les coordinateurs du numéro se concentre sur la reconfiguration des politiques publiques en lien avec l’intégration du concept One Health. Cet axe invite ainsi à réfléchir aux moyens d’intégrer One Health dans les politiques. Il interroge également la manière dont le concept est intégré dans les structures et réseaux institutionnels et comment il contribue à la restructuration de ces ensembles. Plus précisément, ce deuxième axe soulève plusieurs questions : quels sont les rapports de force intersectoriels dans l’intégration du concept One Health ? Quelle est la place de ce dernier dans la fabrique des politiques publiques ? Ces questions permettent également d’interroger le rôle de certains secteurs dans la fabrique des politiques publiques. Elles soulignent notamment que les questions environnementales dans le développement des approches One Health demeurent encore largement structurées autour des secteurs de la santé humaine et animale (Essack, 2018). Enfin, cet axe permet d’examiner dans quelle mesure l’approche One Health favorise l’émergence de nouvelles formes de gouvernance intersectorielle à différentes échelles territoriales.

3. La mise en œuvre de One Health dans le champ de l’aide internationale

7Le troisième axe porte sur le rôle des organisations internationales dans la diffusion et la mise en œuvre de l’approche One Health. En se concentrant sur la dynamique de l’aide internationale et son influence sur les politiques de santé publique, cet axe vise à analyser comment le positionnement des organisations internationales façonne l’adoption et l’adaptation du concept One Health, dans divers contextes, par les acteurs locaux, qu’ils soient publics ou privés. La dimension territoriale (analyse à différentes échelles et liens entre celles-ci) est également essentielle. Cet axe s’intéresse à plusieurs questions cruciales : comment les rapports de force entre acteurs internationaux et locaux influencent-ils la création et la contextualisation de ces politiques de santé ? Comment expliquer l’importance du concept One Health dans l’agenda international de l’aide ? Quel paradigme international est à l’œuvre ?

4. Apports du numéro et présentation des contributions

8L’ambition du présent numéro thématique n’était pas de retracer l’ensemble des travaux et des applications de One Health, projet impossible au regard des trajectoires et dynamiques multiples du concept. Il était plutôt de proposer une réflexion portant sur la place des sciences sociales dans la formation et la mise en œuvre de ce dernier. Composé de sept articles académiques et d’une étude de cas (rubrique Points de vue), ce dossier illustre également la diversité des travaux proposant de penser les sciences sociales dans One Health.

9Ce numéro spécial souligne à la fois la dimension heuristique portée par l’introduction des sciences sociales dans One Health, mais également l’importance de ces approches dans la mise en place du concept dans les territoires. Ces approches permettent en effet d’intégrer un ensemble d’éléments fondamentaux dans la mise en place de One Health : (i) comprendre et tenir compte des inégalités socioéconomiques, des enjeux de genre, des processus de racialisation et des discriminations structurelles qui influencent les trajectoires de santé et l’accès aux soins ; (ii) proposer des modèles alternatifs face aux modes de production capitalistes en partie responsables de la dégradation des conditions de vie et des inégalités sanitaires ; (iii) penser les rapports de pouvoir Nord/Sud, les héritages coloniaux et les dynamiques postcoloniales qui continuent de structurer les politiques de santé, la circulation des savoirs et les hiérarchies entre acteurs internationaux et locaux ; (iv) proposer une analyse réflexive de la construction des concepts et de la circulation des idées dans des contextes traversés par des rapports de pouvoir historiques, sociaux et politiques. Enfin, ce numéro s’inscrit dans la filiation des travaux critiques que les sciences sociales proposent sur les concepts mobilisateurs que construisent et diffusent les institutions. En effet, comme l’illustrent plusieurs articles présents dans ce numéro, si « Une seule santé » a le mérite de promouvoir une approche interdisciplinaire et située dans les contextes locaux, on pourrait en attendre une véritable inclusion des savoirs locaux, dans une perspective de communs de connaissances sur la santé. Or, comme l’indiquent Hurel et al. (2026), la traduction de ce concept en actes ne devrait pas reproduire les biais de la santé mondiale, en particulier la production d’injustices épistémiques, « des situations où certaines personnes, en raison de leur appartenance à un groupe marginalisé, ne sont pas reconnues comme des productrices de savoir valide ».

10Les contributions réunies dans ce numéro ont été regroupées selon les trois axes définis (supra). Cependant, certains articles s’inscrivent dans au moins deux axes et le regroupement proposé ne reflète pas un positionnement figé.

4.1. La place des sciences sociales dans One Health (axe 1)

11L’article d’Alessandra Manzini, Marco J. Haenssgen et Elizabeth Auclair (« Repenser One Health par les sciences sociales : savoirs locaux, patrimoine écologique et méthodes de recherche en action ») part du constat de la sous-exploration des dimensions sociales de One Health, en particulier les facteurs culturels et structurels. L’article aborde alors le paradoxe de la marginalisation des sciences sociales dans un domaine où leurs contributions sont pourtant essentielles. Afin de progresser vers un cadre One Health plus inclusif et plus efficace, les auteurs proposent une meilleure intégration des méthodologies des sciences sociales dans leur application contextuelle, à partir d’outils de recherche innovants. L’article s’intéresse également aux défis éthiques et pratiques liés à l’utilisation des connaissances traditionnelles et des ontologies locales. Enfin, il propose une revue des méthodologies de médiation artistique afin de souligner l’importance de l’interaction et de la portée épistémologique prospective de la recherche. Les auteurs s’appuient à cet effet sur le concept de patrimoine ordinaire.

12L’article de Nicolas Duracka, Mariline Poupaud, David Gomis et Aurélie Binot (« L’approche “Une seule santé” face aux défis de la communication ») analyse les enjeux communicationnels liés à l’approche One Health et les différentes visions qui la traversent. Les auteurs distinguent trois visions : une vision biomédicale, une vision environnementale et une vision socio-écologique. L’article montre que penser la communication dans le cadre de One Health implique de reconnaître la pluralité des visions du monde et d’accepter l’incommunication comme point de départ des échanges. Les auteurs soulignent ainsi l’importance de créer des espaces de dialogue permettant l’élaboration collective de compromis, de récits partagés et de formes d’action soutenables. L’analyse met également en avant le rôle central de l’intermédiation, conçue non comme une simple médiation fonctionnelle, mais comme un travail de traduction symbolique, culturelle et territorialisée entre les différents acteurs et savoirs impliqués.

13La contribution de Florence Lebeaupin et al. (« Perspectives locales sur la santé marine, la santé humaine et leurs interactions : une contribution exploratoire à l’approche One Health dans le sud-ouest de Madagascar ») étudie les représentations locales de la santé marine, humaine et de leurs interconnexions dans le sud-ouest de Madagascar, à partir de la revisite d’une centaine d’entretiens. Les résultats mettent en évidence quelques éléments pour une définition de la « bonne santé marine », ainsi que l’importance de considérer la santé humaine au prisme de différents types d’eau et de la complémentarité entre médecines dites « moderne » et « traditionnelle ». L’article fait également apparaître un décalage entre les représentations des scientifiques et celles des autres acteurs et actrices enquêtés concernant les interconnexions entre santé marine et santé humaine.

14S’ajoute à ce premier axe un Point de vue proposé par Stéphanie Maltais et Janyck Beaulieu (« Perceptions et intégration des sciences sociales dans l’approche One Health : enseignements du projet Doperaus en Guinée et en République démocratique du Congo »). Le projet Doperaus vise à opérationnaliser l’approche One Health, freinée par des défis de gouvernance, de financement et de collaboration intersectorielle. La contribution aborde la perception et l’intégration des sciences sociales dans ce projet, essentielles pour comprendre les vulnérabilités (genre, inégalités), mobiliser les communautés et améliorer la gouvernance. Les résultats soulignent une reconnaissance large de leur rôle, mais une mobilisation encore inégale, révélant leviers (soutien institutionnel, interdisciplinarité) et défis (méconnaissance, tensions épistémologiques).

4.2. One Health et la fabrique des politiques publiques (axe 2)

15L’article de Sébastien Gardon, Amandine Gautier et Mariam Godde (« Repenser l’action publique dans les territoires : ce que fait One Health à l’administration territoriale de l’État ») étudie la mise en œuvre de One Health dans l’administration territoriale française et ce que fait l’approche One Health à l’administration territoriale de l’État. S’appuyant sur 56 entretiens, les auteurs mettent en évidence les tensions entre l’injonction à la transversalité portée par One Health et des modes d’action publique encore largement structurés par des logiques sectorielles, centralisées et orientées vers la gestion de crise. L’article montre que One Health apparaît davantage comme une incitation au changement que comme une doctrine stabilisée. Les auteurs soulignent que cette approche constitue un levier de transformation des politiques territoriales de santé et des pratiques managériales administratives, en faveur d’une gouvernance plus intégrée, multiniveau et réflexive. Cependant un ensemble de limites institutionnelles, culturelles et organisationnelles freinent son application et interrogent sa capacité à transformer durablement les politiques de santé territoriales.

16Mariline Poupaud et ses coauteurs (« Les territoires-écoles pour opérationnaliser l’approche One Health : l’habitabilité en débat dans la métropole de Montpellier ») présentent et analysent un dispositif pédagogique transdisciplinaire innovant favorisant l’ancrage territorial de l’approche One Health. Celui-ci a été expérimenté lors de l’École de Printemps « Territoires en santés » à Bordeaux. Si cette initiative a permis le dialogue et l’apprentissage entre institutions de recherche, collectivités et associations, elle a également mis en exergue des freins (langages, complexité administrative, place des non-humains) et proposé des pistes de gouvernance locale. Les « territoires-écoles » apparaissent comme des leviers prometteurs d’opérationnalisation de One Health par l’expérimentation collective.

4.3. La mise en œuvre de One Health dans le champ de l’aide internationale (axe 3)

17Jordie Blanc Ansari et Léo Delpy (« One Health et Buen Vivir : regards croisés de deux concepts pour repenser les relations humains-environnement ») mettent en discussion les concepts One Health et Buen Vivir qui cherchent à capter les relations humains-environnement. Ces deux concepts se sont cependant développés de façon relativement indépendante. Par une approche historique comparée, l’article analyse ces deux notions comme étant le résultat d’interactions sociales et de rapports de force multi-acteurs. L’étude s’appuie sur une proposition interdisciplinaire mêlant anthropologie et socio-économie et mobilisant deux expériences de terrain afin d’analyser la réception de ces concepts, leur évolution et leur appauvrissement. Cet article met alors en lumière leurs apports et leurs limites face aux défis écologiques et sociaux contemporains.

18L’article de Jean-Hugues Caffin, Julie Meunier, Valéry Ridde et Adama Faye (« Les politiques globales de sécurité sanitaire et la gouvernance “Une seule santé” au Sénégal ») étudie de quelle façon une politique « Une seule santé » peut être influencée par les conceptions dominantes portées par les acteurs internationaux. Il s’intéresse plus spécifiquement au Règlement sanitaire international, adopté en 2005 face aux risques de crises sanitaires. Les auteurs montrent comment la conception de la sécurité sanitaire sous-jacente à cet instrument, d’abord destiné à protéger la libéralisation économique, a été promue par des acteurs du Nord au détriment d’une conception fondée sur le droit universel aux soins de santé. L’article analyse la façon dont les inégalités générées par la crise du Covid-19 ont ensuite conduit les pays du Sud à se coaliser pour négocier, à travers le Pandemic Agreement, un compromis entre ces deux logiques. Une étude de cas au Sénégal illustre ces tensions et confirme la nécessité de mobiliser l’approche « Une seule santé » au service d’une conception fondée sur la coopération et la solidarité.

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Bibliographie

Boidin B., 2024a, « Les approches One Health dans les pays du Sud, quelle place de l’économie politique ? », Mondes en développement, vol. 52, n° 207(3), p. 71-86.

Boidin B., 2024b, « Insoutenabilités et approche One Health : une perspective d’économie politique », in Boidin B., Insoutenabilités : une perspective en économie politique, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion.

Essack S. Y., 2018, « Environment: the neglected component of the One Health triad », Lancet Plant Health, juin, vol. 2, n° 6, p. 238-239.

Gardon S., Gautier A., Le Naour G., Morand S., 2022, Sortir des crises. One Health en pratiques, Versailles, Quæ.

Humboldt-Dachroeden S., Rubin O., Frid-Nielsen S. S., 2020, « The state of One Health research across disciplines and sectors–a bibliometric analysis », One Health, vol. 10, article n° 100146.

Hurel L., Ridde V., Hane F., Abimbola S., 2026, « Une seule santé : les conditions d’un déploiement juste et efficace », ird Le Mag, 30 mars, https://lemag.ird.fr/fr/une-seule-sante-les-conditions-dun-deploiement-juste-et-efficace.

Kingsley P., Taylor E. M., 2017, « One Health: competing perspectives in an emerging field », Parasitology, vol. 144, n° 1, p. 7-14.

Michalon J., 2019, « One Health au prisme des sciences sociales : quelques pistes de lecture », Bulletin de l’Académie vétérinaire de France, vol. 172, p. 1-5, https://doi.org/10.4267/2042/70672.

Milazzo A., Liu J., Multani P., Steele S., Hoon E., Chaber A. L., 2025, « One Health implementation: A systematic scoping review using the quadripartite one health joint plan of action », One Health, vol. 20, article n° 101008, https://doi.org/10.1016/j.onehlt.2025.101008.

Ridde V., Fillol A., Kirakoya-Samadoulougou F., Hane F., 2023, « Agir pour une décolonisation de la santé mondiale en France… et ailleurs », Santé publique, vol. 35, n° 2, p. 109-113, https://doi.org/10.3917/spub.232.0109.

Whittaker M., 2020, « Le rôle des sciences sociales dans One Health-Bénéfices réciproques. One health, une seule santé », vol. 99, books.openedition.org/quae/pdf/35990.

Zinsstag J, Schelling E, Waltner-Toews D, Tanner M., 2011, « From “one medicine” to “One Health” and systemic approaches to health and well-being », Preventive Veterinary Medecine, vol. 101, n° 3-4, p. 148-56, https://doi.org/10.1016/j.prevetmed.2010.07.003.

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Notes

1 On peut citer par exemple Science in One Health et One Health de l’éditeur Elsevier B. V., ainsi qu’une myriade de journaux plus ou moins rigoureux.

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Pour citer cet article

Référence électronique

Bruno Boidin et Léo Delpy, « Introduction
Santé et environnement : One Health, quel rôle des sciences sociales et quelle opérationnalisation ? »
, Développement durable et territoires [En ligne], vol. 17, n°1 | Juillet 2026, mis en ligne le 24 juillet 2026, consulté le 13 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/developpementdurable/27770 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16ptt

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Auteurs

Bruno Boidin

Bruno Boidin est professeur des universités et travaille sur les questions de santé, développement et développement soutenable en Afrique. Il inscrit ses travaux dans une perspective de socio-économie et d’analyse critique des concepts portés par les acteurs de l’aide dominants. Il dirige le master 2 en ingénierie du développement, de l’action humanitaire et des transitions.
Université de Lille, laboratoire Clersé UMR 8019
bruno.boidin@univ-lille.fr
n° Orcid : 0000-0003-2221-7625

Articles du même auteur

Léo Delpy

Léo Delpy est maître de conférences en économie à l’université de Lille et est rattaché au Centre lillois d’études et de recherches sociologiques et économiques (Clersé UMR 8019). Ses recherches portent sur la protection des populations face aux conséquences du changement climatique dans les Suds. Il s’intéresse aux processus de fabrication des politiques de santé et de protection sociale et également aux dispositifs d’entraide interpersonnels.
Université de Lille, laboratoire Clersé UMR 8019
Leo.delpy@univ-lille.fr
n° Orcid : 0000-0001-6441-5000

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