Navigation – Plan du site

AccueilNuméros70Le rôle du milieu associatif dans...

Le rôle du milieu associatif dans la formation des enseignants grecs de français langue étrangère : le cas de l’Association des professeurs de français de formation universitaire (1975-2010)

The role of the associative commitment in the training of Greek teachers of french as a foreign language: the case of the Association of certified French Teachers (1975-2010)
Konstantina Pliaka

Résumés

Le milieu associatif grec déploie une activité considérable dans le domaine de l’enseignement du français langue étrangère, associant l’action formatrice et syndicale. Nous nous focaliserons sur l’Association des professeurs de français (1975-2010), qui a joué un rôle décisif dans la formation continue des enseignants de français langue étrangère en coopération avec les institutions françaises et grecques. Nous exposerons ses engagements et son action en faveur de la formation des enseignants, son apport à l’innovation scientifique et à la diffusion des idées pédagogiques, au renouvellement et à l’évolution des pratiques didactiques, et surtout sa contribution à l’insertion professionnelle des enseignants de FLE.

Haut de page

Texte intégral

1La formation des enseignants en didactique des langues constitue incontestablement une question importante dans une société de plus en plus complexe et en proie à des transformations et évolutions tenant compte des conditions et des publics toujours changeants et diversifiés. Cette formation s’articule avec les différents profils des enseignants à travers les générations, avec leurs différents rôles, de « source d’information » à celui d’« animateur » ou de « partenaire » (Dabène 1985 : 39), avec leur parcours (Castellotti & de Carlo 1995) et l’acquisition d’une identité professionnelle et leur volonté d’un investissement académique et militant. Notre étude aborde un engagement exceptionnel chez les enseignants grecs, qui se manifeste par l’« appartenance à un groupe qui développe des stratégies de promotion et de valorisation » (Altet 2010 ; Paquay 2012 : 4), permettant une mise en question du « paysage » institutionnel dans le contexte spécifique de l’enseignement du français en Grèce.

  • 1 [https://apf.gr/?lang=fr].

2La formation dont il est question ici est de caractère « qualifiant » (Proscolli 2021 : 26), fonctionnel et pratique, complémentaire de la formation initiale, liée à l’intégration professionnelle. Bien que considéré comme « processus institutionnalisé », ce type de formation renvoie plutôt à un « projet d’action volontaire » (Besnard & Liétard 1976 : 20) et à une initiative associative des enseignants de français, avec la création de l’Association des professeurs de français de formation universitaire (créée en 19751) siégeant à Athènes. Pour cette étude, nous prendrons en considération les rapports franco-helléniques et les fluctuations d’un cadre historico-politique marqué par le rétablissement des libertés publiques, la normalisation de la vie politique, des réformes significatives du système éducatif grec et de l’enseignement de la langue française dans les écoles publiques, à partir de 1974 (la chute de la junte militaire) jusqu’aux premières années du XXIe siècle, lorsque la Grèce se plie à « la surveillance renforcée de la Commission européenne ».

L’enseignement du français en Grèce et la formation des enseignants

  • 2 Sofoulis (1860-1949) est un député libéral depuis 1915 et le Premier ministre à trois reprises : en (...)

3La langue et la culture françaises monopolisent en Grèce, depuis 1836, l’enseignement des langues étrangères, constituant un phénomène social et un facteur d’occidentalisation étroitement lié à la formation d’une identité nationale (Provata 2011). Figurant dans les premiers programmes scolaires, en deuxième position, après l’enseignement du grec ancien et avant celui des mathématiques et de l’histoire (Choida 2003 : 15-18), l’enseignement de la langue française reste prédominant même au XXe siècle (Zerva 2020 : 47). La culture française bénéficie aussi d’un accueil favorable à partir de la création, en 1915, de l’Institut d’Études françaises à Athènes (l’actuel Institut français de Grèce) et de son grand nombre d’annexes, grâce à l’action de ses directeurs Octave Merlier (1897-1976) et Roger Milliex (1913-2006) (Manitakis 2022 : 35, 529). Malgré les liens forts qui unissent la culture grecque à la culture française, la langue française traverse aussi ses périodes de crise en raison de nouveaux défis posés par la domination du « tout anglais » et le plurilinguisme. Le premier coup porté à la prédominance de la langue française survient en 1945, lorsque le gouvernement de Themistoklis Sofoulis2, élaborant un nouveau programme économique, planifie par voie obligatoire l’insertion de l’anglais dans l’enseignement secondaire, révélant l’influence américaine sur l’orientation politique du pays (Griva & Iliadou-Tahou 2020 : 65). Pourtant, cette réforme ne se réalise qu’à partir de 1960, suite à l’entrée du pays dans l’OTAN et à ses velléités d’insertion dans la Communauté européenne, et dans un cadre encore favorable au français, dû aux rapports d’estime mutuelle entre Constantinos Karamanlis et Valéry Giscard d’Estaing.

4À cette ambiance « francophile » s’ajoutent les « grandeurs et misères » du système éducatif grec qui est affecté par l’instabilité du régime, alors que les enseignants sont pris dans le tourbillon de subversions politiques, de réformes éducatives, de programmes d’ajustement économique tant dans le secteur public que dans le privé. Entre 1834 et 1974, se sont succédé 230 ministres de l’Éducation nationale (Bouzakis 2007 : 3), alors qu’à partir de 1974 et jusqu’à nos jours on en compte à peu près une trentaine.

5Ces difficultés d’ordre politique et institutionnel ont aussi marqué la formation initiale d’un corps professoral pour le français, issu d’un accord bilatéral signé entre la Grèce et la France dès 1930 (Efthymiou 2015b : 6). Cet accord attribuait à l’Institut supérieur d’Études françaises l’enseignement de la langue et de la civilisation française, ainsi que « la formation des professeurs de français et l’organisation des cours de perfectionnement à l’intention des professeurs hellènes de français » (J.O., no138, 2-05-1930 : 1134).

  • 3 Il est à noter que deux sections de langue et de littérature françaises sont créées en décembre 195 (...)

6Les premiers enseignants du secondaire formés par la Section d’Études françaises3 sont destinés à l’enseignement non seulement de la langue française mais aussi de la littérature, de l’histoire et du grec ancien. Les études d’une durée de quatre ans sont divisées en deux cycles : le premier était organisé par la faculté des lettres avec les cours de « culture générale » enseignés en grec, le second comprenant des enseignements de spécialisation, autrefois appelé « Cours spécial de préparation de professorat de français », est confié à l’Institut et à des lecteurs français (Marius-François Guyard, Jean Richer, Suzanne Bérard etc.) jusqu’aux années 60 où son personnel s’hellénise (Efthymiou 2015a : 266).

  • 4 François Weiss, enseignant d’anglais et didacticien, pendant 5 ans, chargé du cours de la didactiqu (...)

7La SÉF se transforme en département autonome en 1984 et son programme se répartit en 4 sections en 2000, alors que la première tentative de « professionnalisation » des diplômes date de 2004, suite au projet opérationnel « éducation et formation professionnelle initiale II » qui impose une réforme générale des programmes d’études universitaires (Proscolli 2021). Jusqu’à son entière transformation en 2014, la formation initiale repose sur des enseignements théoriques, la formation à visée professionnelle étant négligée. Ainsi, la formation didactique remplit grosso modo 8% de l’ensemble du cursus, avec un cours de Didactique générale et spéciale (1955) enseigné par un professeur grec, de Didactique de FLE, par un lecteur français (1976-1980), une chaire de Linguistique appliquée d’abord occupée par François Weiss4 (1985-1989) et deux modules de Linguistique appliquée en 1995, assurés par la professeure Pinelopi Calliabetsou-Coraca (Delveroudi et al. 2011 : 12-13). C’est à partir de 2000-2001, suite aux résultats du premier concours national de recrutement des enseignants et à l’apparition du Cadre européen commun de référence pour les langues, que la formation didactique s’enrichit considérablement en vue d’optimiser l’approche didactico-pédagogique des étudiants (Proscolli 2021 : 25).

  • 5 Les stages de formation s’adressaient aux enseignants du secondaire (ΣΕΛΜΕ) et aux enseignants du p (...)

8Quant à leur formation pratique, longtemps considérée comme « un parent pauvre », elle suit un parcours sinueux, sans véritable planification, jusqu’aux années 1990. Soumise aux grandes crises nationales et au centralisme ministériel (Theodoropoulou & Théodoridis 2010 : 120), la formation continue concerne surtout les enseignants du primaire (Didaskaleion). En 1978, le gouvernement de Karamanlis prévoit les premières Écoles de formation5, remplacées en 1992 par les Centres régionaux de formation. Leur fonctionnement était conçu suite à un rapport effectué, en 1988, par deux experts de l’UNESCO, Ν. Chiappano et L.Vandevelde (Veniopoulou 2015), prévoyant plusieurs types de formation courte et permanente, sur mesure pour les enseignants fraîchement nommés dans l’enseignement public, en liaison avec la formation initiale dispensée dans les universités. Pourtant peu d’enseignants de français (4%) seront concernés par cette formation, étant donné que leur perfectionnement pratique fut longtemps confié, par les autorités helléniques, au bureau pédagogique de l’Institut français d’Athènes (IFA) qui à partir de sa création en 1971, organise des formations et des stages dits de « recyclage » (Manitakis & Arnoux 2023 : 81). Entre 1995 et 2011, une « période européenne » de la formation s’annonce car les programmes supervisés par des institutions expérimentées comme les universités ou l’Institut pédagogique, tentent d’acquérir autonomie et diversité. À partir de 2009, la formation pratique est considérée comme indispensable et obligatoire, surtout pour les enseignants en début de carrière et dont le perfectionnement professionnel devrait s’appuyer sur « un dosage bien équilibré entre une recherche universitaire solide et une grande expérience pratique » (Journal officiel de l’Union européenne 2009). Pourtant, on note peu de progrès dans le domaine de cette formation, les formateurs sont rares, peu spécialisés en didactique, les inspecteurs généraux et les conseillers sont peu qualifiés, bref on constate une hétérogénéité et une fragmentation (Zangogianni 2013 : 36) qui nuit à la qualité et à l’efficience de la formation. C’est face à cette formation pratique mal encadrée par l’État que les associations des enseignants prennent des initiatives innovantes en ouvrant le chemin vers une véritable professionnalisation du métier.

Contexte favorable et premières expériences associatives

9À partir de 1974, le gouvernement de Karamanlis a mis en place des réformes éducatives conçues dix ans plus tôt, en 1964, et conformes aux exigences d’une européanisation des institutions dans le cadre de la reprise des négociations pour l’adhésion de la Grèce à la Communauté économique européenne (CEE) (Minotou 2021). Avec la Constitution de 1975, le système éducatif est au centre de la préoccupation politique, d’où la conception de nouveaux programmes et la création d’un Centre de planification de l’éducation et de formation des enseignants (J. O. no 214, 04-10-1975 : 1563-1564). Deux décrets, en 1977 et en 1978, déterminent que l’enseignement de la langue française (en position dominante dans les écoles publiques) sera de trois heures hebdomadaires pour les trois années du collège et la première année du lycée, et de deux heures pour les deux dernières années du lycée. Les programmes mettent l’accent sur la dimension culturelle de la langue étrangère mais aussi sur la contribution de celle-ci au développement de la personnalité de l’élève, sur la pensée critique et la comparaison entre les cultures. L’enseignement se focalise sur l’apprentissage du vocabulaire, de quelques éléments de grammaire et de syntaxe, tandis que l’expression orale est mise en valeur au moyen d’exercices de phonétique corrective et de l’usage des « comptines » pour améliorer la prononciation, la lecture à haute voix des textes littéraires ou historiques et la mémorisation des poèmes (J. O., no 270, 20-09-1977 : 2521-2522 & no 79, 15-05-1978 : 726-727). En septembre 1979, le ministère propose le choix dans l’enseignement de la première langue étrangère entre le français et l’anglais et la création d’un poste d’inspecteur général pour la langue française (Malouta 2009 : 68).

  • 6 Archives de l’Association des professeurs de français de formation universitaire (APF-fu-Grèce), At (...)

10Dans ce contexte favorable à l’enseignement du français, le tribunal de grande instance d’Athènes6 accrédite en 1976 la demande faite par 28 enseignants de français de fonder une « Association des professeurs de français du secondaire » (suivant la loi 281/1914 sur la création des associations à but non lucratif, modifiée par l’arrêté de 42/1974 relatif aux libertés syndicales) ; l’association siège à ses débuts dans une salle du 1er collège d’Athènes situé à Plaka, et ensuite au siège de l’Association des professeurs des sciences (fondée en 1930). Deux facteurs sont à l’origine de sa création : d’une part une certaine politique linguistique favorisant l’intégration progressive d’autres langues européennes dans le système éducatif grec ; d’autre part, un besoin intense de « regroupement » en vue d’une valorisation du métier de l’enseignant de français. Il s’agit alors d’organiser « une défensive face à des contraintes d’ordre politique, économique ou historique », comme le constate Jean-Pierre Cuq (2009 : 154) au sujet des associations des professeurs de français du Brésil.

Missions, transformations, enjeux

  • 7 APF-fu-Grèce, Athènes, décision 2430 du 24/07/1976 (art. 1-5), (Acte no 1445/2007).

11L’association athénienne, suivant ses statuts, a « comme but l’étude, le développement et la diffusion de la langue et de la culture française en Grèce »7, alors que sa mission consiste en la promotion du français et le soutien aux professeurs et surtout, leur formation sur « les récentes évolutions et le développement des sciences apparentées à l’enseignement de la langue française et plus spécialement sur la glossologie [sic], méthodes d’enseignement, psychologie et pédagogie ». Un réseau de partenaires possibles s’esquisse déjà : les organismes pédagogiques et les sociétés scientifiques grecques ou étrangères, les universités mais aussi l’Institut français et la Fédération Internationale des professeurs de français (FIPF). Des congrès, des séminaires, des conférences et des échanges conviviaux sont proposés, ainsi qu’un projet de revue francophone à la fois culturelle et didactique. Dans son bulletin d’information intitulé Contact, qui deviendra la « revue scientifique Contact+, revue trimestrielle d’information, d’analyse et de recherche », l’enseignant et futur conseiller Jean Roughéris fait allusion au besoin de « professionnalisation » de l’enseignant de français, à commencer par la bonne maîtrise de la langue qui contribue à la consolidation de sa présence au sein de la communauté scolaire :

L’important pour l’enseignant c’est donc d’avoir ou mieux d’être une personnalité. [...]Il va de soi que notre influence sur nos élèves dépend d’abord et surtout du degré dont nous possédons nous-mêmes la matière que nous enseignons. (Roughéris 1982 : 12)

12Il faudrait donc éviter d’être « dépassé », de « perdre l’estime » des élèves et de s’enliser dans la « médiocrité », alors que grâce au travail collectif, l’enseignant prend en charge sa propre formation, en privilégiant la réflexion, la pratique et surtout l’échange :

Très souvent dans la même école nous sommes deux et parfois plus de collègues ; (cela peut aussi se faire avec des collègues d’une autre école) invitons-les dans nos classes, prions-les de nous faire remarquer ce qui ne va pas. (ibid.)

  • 8 APF-fu-Grèce, Athènes, Acte 2430/24/07/1976 (art. 10).

13En ce sens, les membres de l’association sont des professeurs de français en principe nommés dans l’enseignement secondaire public ; parmi les 9 membres du conseil d’administration se trouve la future professeure de linguistique appliquée à l’Université d’Athènes, Calliabetsou Coraca (à l’époque enseignante dans une école expérimentale d’Athènes). Des membres extraordinaires (« toute personne munie de diplôme de Philologie française […] servant à [sic] des institutions et écoles privées »8) sont aussi acceptés mais sans droit de vote ni de participation aux réunions. Dès 1981, apparaissent les premiers membres honoraires, les inspectrices générales et François Weiss, directeur du bureau pédagogique de l’IFA et professeur à l’Université d’Athènes. Il est à noter que les statuts sont calqués sur ceux de l’Association des professeurs de langue française-diplômés d’université siégeant à Thessalonique depuis 1975 (dont une des membres fondatrices est la professeure de linguistique appliquée et de didactique de l’Université Aristote, Vassiliki Tocatlidou) et sur ceux du « Syllogue du personnel enseignant et administratif de l’Institut français d’Athènes » créé en 1961 (Manitakis & Arnoux 2023 : 58).

  • 9 APF-fu-Grèce, Athènes, décision 54 du 13-01-1984 (Acte 1445/2007).

14Les premiers pas de l’association sont hésitants en raison des renouvellements fréquents du bureau et des déplacements de ses membres comme enseignants vacataires dans les écoles des régions éloignées. La collaboration avec les instances grecques est à l’état embryonnaire en raison de l’attitude ambivalente du ministère grec, entre conservatisme et libéralisme. L’association gagne en autonomie à partir de 1981 mais elle doit toujours prendre en compte les nouveaux impératifs dus à l’orientation du gouvernement vers l’enseignement professionnel : ainsi, le décret de 1566/1985 met l’accent sur « l’esprit d’amitié et de collaboration entre les peuples » (J.O., no167, 167/30.09.1985, cf. Vorrissi 2011 : 120) et privilégie l’enseignement des langues par niveau en créant le type de lycée « multi sections/polyvalent ». En 1985, elle se transforme en « Association des professeurs de français de l’enseignement secondaire et professionnel »9, avec une extension de la durée du mandat du conseil d’administration en deux ans, et une forte mobilisation en faveur de la langue française dans les écoles publiques. Les actions formatrices s’intensifient indépendamment ou en coopération avec les instances françaises et en revendiquant une place dans les comités ministériels et pédagogiques dont la section de l’enseignement des langues étrangères était étrangement occupée par des universitaires de formation classique et une participation à l’élaboration de nouveaux programmes et à la rédaction de nouveaux manuels pour le français.

  • 10 APF-fu-Grèce, Athènes, décision 2010 du 26-06-1995 (Acte 4209/2019).
  • 11 APF-fu-Grèce, Athènes, décision 6289 du 28-02-2008 (Acte 4209/2019).
  • 12 L’association constituait depuis sa création un vivier de spécialistes en didactique alimentant les (...)

15En 1995, elle se transforme en « Association des professeurs de français de formation universitaire (APF fu) »10, face à la grande croissance des diplômés de l’Institut français enseignant dans le secteur privé. Ses membres actifs sont des diplômés des départements universitaires grecs et français, et à partir de 2006, l’association, désormais « scientifique », réunit aussi les diplômés du « Cours spécial » de l’IFA, employés dans le secteur privé ou public. Les 110 membres inscrits en 1981 deviennent 1600 en 2010, malgré l’augmentation considérable de la cotisation annuelle (de 400 à 3.000 drachmes) jusqu’à ce que la crise économique saisisse bel et bien la population grecque. Ses dispositifs varient suivant les exigences de chaque période : des « imprimés et supports audio-visuels », puisque les TICE sont intégrées aux nouveaux programmes, mais aussi la diffusion « des biens culturels francophones » et la création des bibliothèques, des cinémathèques en partenariat avec les médias grecs et étrangers, dans le souci d’assurer une « information culturelle [sic] » et la pratique permanente de la langue. Son comité aspire à « la participation à des programmes de formation financés par l’Union européenne » et à « la création et [au] fonctionnement des comités d’étude traitant les questions scientifiques et pédagogiques »11 en collaboration étroite avec les autorités grecques. Un suivi et un dispositif de soutien concernant les moyens didactiques ou les conditions de travail est aussi assuré aux membres par une présence constante (bien que non officielle) de l’association aux côtés du syndicat des enseignants du secondaire et une étroite coopération avec les conseillers scolaires12. Il s’ensuit que l’association compte à l’heure actuelle une cinquantaine de séminaires de formation et de « Journées pédagogiques » organisées à Athènes et en province. Les congrès sont nombreux au cours des années : neuf congrès panhelléniques sont organisés en coopération avec l’association des professeurs de français siégeant à Thessalonique, l’Association Panhellénique des professeurs de français (en principe syndicale formée en 2002), et les comités régionaux. Un Congrès mondial est organisé à Thessalonique (1988) et un Congrès européen (2019) à Athènes. À cet engagement actif s’ajoute une grande production éditoriale, à commencer par les pré-actes et par les actes des congrès et cent volumes de la revue Contact et Contact+ en vue de promouvoir l’information et la recherche en didactique tout en offrant à ses membres une culture générale en matière de langue et de culture françaises.

Un dispositif de formation permanente

  • 13 Voir Κatsikas & Therianos (2007) : la simplification de la langue par la suppression de l’accentuat (...)
  • 14 En 1982, on compte déjà 3.000 centres privés d’enseignement de l’anglais en Grèce et en 1987, le no (...)
  • 15 Pour l’année 1982, on compte 27 séjours individuels de perfectionnement linguistique et pédagogique (...)

16Au cours de la décennie 1980 et 1990, l’association met en place son action de formation, vu la conjoncture politique favorable aux associations et à une série de réformes éducatives de base13. À l’initiative politique d’optimiser la formation en faveur de la professionnalisation des enseignants s’ajoute l’institution du conseiller scolaire (J.O., no 144, 07-12-1982 : 1227) remplaçant celle de l’inspecteur. Le premier gouvernement socialiste (1981-1989) fait preuve d’une attitude relativement positive envers la langue et la culture françaises, malgré la réticence du premier ministre Andreas Papandreou envers les tentatives d’ingérence de la France dans les affaires internes grecques (Cattaneo 2018). Pendant cette période, on constate une hyperactivité au sein de l’association : entre 1981 et 1986, son réseau d’actions à la fois syndicales et pédagogiques s’élargit pour mieux organiser une « défense gréco-française » contre la domination désormais irréversible de l’anglais14. Ses membres participent aux congrès pédagogiques, organisés par le syndicat des enseignants du secondaire, à la planification de nouveaux programmes ; ils organisent même la mise en place d’un laboratoire pédagogique pour l’élaboration des textes authentiques et la constitution d’un matériel mis à la disposition de tous les enseignants du public. Les initiatives de coopération associative sont aussi impressionnantes, avec la constante participation des membres du conseil administratif aux « journées de réflexion » organisées par la FIPF, l’organisation de concours et du premier séminaire d’informatique pour des enseignants de FLE en collaboration avec la société Bull et l’étroite coopération avec l’IFA au sujet de stages de perfectionnement linguistique et pédagogique en France destinés aux enseignants du public15.

  • 16 Suivant le rapport (4/11/1983) des ex-inspectrices Sophie Kourkoutidou S. & Aggeliki Patsa au minis (...)

17Le conseil d’administration de l’association élabore une technique empirique de la formation en petits groupes d’enseignants formés par les stagiaires-membres de l’association du premier cycle de formation pédagogique, encadrés par des formateurs français expérimentés, dans des ateliers organisés à Volos, à Thèbes, Irakleion, Aspra Spitia, ou encore à Ioannina. Y sont présentées les notions pédagogiques ou didactiques et quelques techniques de planification de cours suivant les principes de l’approche audio-visuelle et communicative et de l’approche interculturelle, avec l’usage des documents authentiques ou encore une initiation aux actes de parole. Les premiers bilans sont satisfaisants : 80 à 100 enseignants du secteur public (sur 1300 enseignants du français) suivent ces « journées pédagogiques » d’une durée de quatre à cinq heures, placées sous l’égide du ministère, avec la coordination du directeur de l’IFA et des inspectrices16.

  • 17 Sur les cours de méthodologie et les pratiques de classe voir, entre autres, les articles de Niki C (...)
  • 18 Voir l’interview de Jack Lang dans « L’Heure de vérité », 9/12/1982 (Archive INA Politique). Dispon (...)

18Suite aux efforts pour mettre en avant sa mission, le bulletin d’information se transforme en revue au titre significatif Contact, comportant de véritables cours de méthodologie (des articles scientifiques sur la didactique appliquée, la suggestopédie et l’approche systémique) et constituant un réservoir des propositions de mise en pratique (actes de parole et « Niveau Seuil », barrières culturelles et stéréotypes, des guides pratiques pour les méthodes Orange et Alouette enseignées au collège grec), de gestion efficace de la classe, alors que les premières tentatives d’appariement/jumelage des collèges grecs et français attirent l’intérêt des enseignants17. Cette activité prolifique est aussi renforcée par la subvention généreuse de l’ambassade de France en Grèce sensible à la menace directe pesant sur la langue française par « l’impérialisme financier et intellectuel des USA » dénoncé par Jack Lang18 et l’hégémonie de l’anglais.

  • 19 En 1983, on recense 476 collèges où l’on enseigne le français et 224 lycées, tandis que les chiffre (...)

19Des raisons économiques diffèrent cependant l’enseignement des deux langues (française et anglaise) dans les écoles grecques, aux dépens du français19, ainsi que le projet d’une éventuelle introduction de la langue française en primaire. Le français disparaît du programme de la dernière année du lycée public et on remarque une diminution considérable du nombre d’étudiants des deux départements (150 contre 250 à l’université Aristote de Thessalonique et 200 au lieu de 300 à l’université d’Athènes). La situation est donc critique pour l’enseignement du français d’autant plus que les nouveaux programmes analytiques (J.O., fasc. A, 146/27/09/1984 :1748) et les recommandations du ministère pour un apprentissage actif et efficace du français ne sont pas applicables car elles ne correspondent pas aux conditions réelles de l’enseignement. La continuité et la progression dans l’apprentissage n’y sont pas prises en compte, étant donné que la grande hétérogénéité des classes et les insuffisances des ressources pédagogiques compromettent la qualité du travail et nuisent au profil de l’enseignant de français.

Formations et promotion

  • 20 [https://www.eap.gr/].

20A partir de 1990, l’évolution dans les orientations de politique linguistique du Conseil de l’Europe et le grand nombre des programmes de mobilité, de formation et d’action imposent une optimisation des systèmes éducatifs des États membres. Suite au Traité de Maastricht en 1992, la langue française est officiellement catégorisée en deuxième position (avec la langue allemande) dans les écoles publiques et, dans ce cadre plurilingue, deux décrets présidentiels rendent obligatoire la formation professionnelle des enseignants (J.O., no138, 10-08-1992 : 2691) et favorisent la création de l’Université Ouverte Hellénique20 (J.O., no 159, 21-09-1992 : 2941), privilégiant la spécialisation à distance par la création d’un master de la didactique du français. Une série de réformes annoncées par le gouvernement conservateur de Constantin Mitsotakis (1918-2017) suscitent des réactions de la part des enseignants, comme le changement radical du système de recrutement du personnel enseignant dans le public après la création du Conseil supérieur pour la sélection du personnel dans la fonction publique (ΑΣΕΠ) et l’institution d’un concours national qui remplace le système préexistant. L’Association prend en charge la préparation des enseignants en collaboration avec les professeurs de didactique des langues de l’université d’Athènes et de Thessalonique. D’autres priorités sont désormais prises en compte comme la promotion de la langue française dans les écoles publiques, l’enseignement privé et un dispositif de formation destinée à l’enseignement du français au niveau préscolaire, primaire et du français à objectifs spécifiques. En 2005, est inauguré de manière expérimentale l’enseignement de la langue française pour les deux dernières classes du primaire, ce qui entraîne un changement d’orientation vers une formation plus pratique en conjonction avec les premières conclusions tirées du stage d’enseignement dans la formation initiale des futurs enseignants (Calliabetsou-Coraca 2006a : 173). On s’oriente vers les activités ludiques, l’usage des TICE, la pédagogie du projet, l’usage du CECRL dans l’enseignement. La revue Contact+ change de format et de couleur, son prix augmente, tandis qu’on privilégie la vie associative au moyen de photos des manifestations et d’invitations à des programmes. Les rubriques s’étoffent avec des thématiques de culture générale, des dossiers littéraires, des propositions des stage de formation linguistique et didactique (hormis ceux offerts par l’IFA) alors que les articles portant sur les notions didactiques se transforment en pratiques de classe et en échange d’expériences didactiques.

  • 21 Il suffit d’observer les titres des actes des séminaires et des congrès, « Enseigner le français à (...)

21L’ouverture vers d’autres associations européennes accroît la visibilité associative, d’où un agenda bien rempli de congrès et de colloques avec la présence de spécialistes grecs et étrangers. L’association est affiliée à la Fédération des professeurs des langues vivantes (FPLV) et à l’Association pour le rayonnement des langues étrangères de la Communauté (ARLE) et le projet d’une Fédération grecque des professeurs des langues étrangères s’esquisse dans un effort d’adapter la formation professionnelle à la réalité préoccupante de « l’impérialisme actuel de l’anglais » et aux nouvelles exigences des politiques éducatives21.

22L’enseignement privé est désormais amplement représenté dans les Conseils d’administration et les écoles confessionnelles se lancent dans la bataille des certifications. Le nombre des membres actifs passe de 800 à 1600, les étudiants du département d’études françaises d’Athènes suivent stages et formations, et une augmentation considérable du budget permet aux enseignants-membres des déplacements fréquents à l’étranger et satisfait aux besoins des publications et de diffusion de matériel pour la promotion de la langue française.

  • 22 L’entrée de la Grèce dans l’Organisation internationale de la Francophonie était un événement trans (...)
  • 23 Marietta Giannakou (1951-2022) a été députée au Parlement européen et au Parlement hellénique, mais (...)

23Cependant, malgré l’adhésion de la Grèce en 2004 à l’Organisation internationale de la Francophonie (Papathanasiou 2004 : 11)22, la situation en 2005 se dégrade, lorsque la ministre de l’Éducation nationale, Marietta Giannakou23 prend la décision (vivement critiquée par les syndicats enseignants) de diminuer le nombre d’heures d’enseignement du français dans les collèges grecs (gymnases) au profit de l’enseignement du grec ancien. À ce véritable « coup de grâce » (Voulgaridis 2005 : 3) s’ajoutent des chiffres inquiétants concernant la place de la langue française dans les écoles publiques : en 2001, on compte 271 000 apprenants de français contre 25 047 apprenants d’allemands et 331 466 apprenants d’anglais dans les collèges publics.

  • 24 D’après les résultats de la recherche menée par Stelios Markantonakis (Contact+ 41 2008 : 19).

24En 2008, le nombre d’heures d’enseignement du français diminue considérablement, au profit de l’enseignement de la langue allemande, surtout pour la Grèce du Nord et la Crète24. En même temps, le nombre d’enseignants de français recrutés dans l’enseignement public reste stable jusqu’en 2010, lorsque les nouvelles conditions économiques imposent de nouvelles restrictions au domaine public et orientent le conseil de l’association vers d’autres actions d’ordre plutôt syndical.

Conclusion

25La contribution de l’Association des professeurs de français de formation universitaire à la préservation, à la sauvegarde de la langue française en territoire grec et en particulier au maintien de son enseignement au sein des établissements publics est considérable. Dans cette étude, nous avons parcouru brièvement les conditions de sa création et ses premières actions, en mettant l’accent sur sa contribution à la « professionnalisation » (Perrenoud 2023) du métier des enseignants de français, grâce à un dispositif de formation variée, en collaboration parfois étroite avec l’Institut français d’Athènes ou de manière autonome. Les enseignants grecs de français ont donc profité d’une formation à caractère collectif, articulant théorie et pratique, dans un cadre de solidarité et d’entraide, répondant au besoin de « se former pour ne pas être oubliés, manipulés, aliénés » (Besnard & Liétard 1976 : 28). Si elle a pris en charge la formation pratique des enseignants du français, longtemps négligée par les institutions grecques, l’Association a pu aussi gérer les défis liés au plurilinguisme et à l’hégémonie de l’anglais, grâce à ses actions culturelles. Servant d’intermédiaire entre, d’une part, les enseignants et le milieu scolaire et, d’autre part, les institutions politiques, face à la gestion « pyramidale et inhumaine » de l’Éducation nationale (Debarbieux 2017 cité par Gibert 2018 : 7), elle a finalement réussi à équilibrer leurs relations parfois « conflictuelles », dans un cadre politique et institutionnel instable.

Haut de page

Bibliographie

Sources primaires

Journal officiel [Εφημερίς της Κυβερνήσεως της Ελληνικής Δημοκρατίας]

« Περί μορφώσεως καθηγητών γαλλικής γλώσσας » [Loi 4595 (26-04-1930) relative à la formation des professeurs de langue française]. J.O., fasc. A, n138, 02-05-1930.

« Κέντρον Εκπαιδευτικών Μελετών και Επιμορφώσεως » [Loi 186 relative à la création d’un Centre d’études éducatives et de formation des enseignants (ΚΕΜΕ)]. J. O. fasc. A, n214, 04-10-1975.

« Περί ωρολογίου προγράμματος του Ημερησίου Γυμνασίου και αναλυτικού προγράμματος Α’ και Β’ τάξεων αυτού » [Décret présidentiel relatif aux programmes d’enseignement du collège]. J. O., fasc. A, no 270, 20-09-1977.

« Περί του ωρολογίου και αναλυτικού προγράμματος της πρώτης (Α΄) τάξεως Λυκείου Γενικής Κατευθύνσεως, ημερησίου και εσπερινού και της πρώτης (Α΄) τάξεως των Προτύπων Ελληνικών Κλασσικών Λυκείων » [Décret présidentiel relatif aux programmes du lycée]. J.O., fasc. A, no 79, 15-05-1978.

« Για την επιστημονική-παιδαγωγική καθοδήγηση και τη διοίκηση στη Γενική και τη Μέση Τεχνική-Επαγγελματική Εκπαίδευση και άλλες διατάξεις » [Loi 1304 relative à l’accompagnement scientifique et pédagogique des enseignants]. J.O., fasc. A, no 144, 07-12-1982.

« Τροποποίηση του αναλυτικού προγράμματος των σχολείων μέσης και γενικής εκπαίδευσης » [Décret présidentiel sur la modification des programmes]. J.O., fasc. A, no146, 27-09-1984.

« Δομή και λειτουργία της Πρωτοβάθμιας και Δευτεροβάθμιας Εκπαίδευσης » [Loi 1566 relative à la structure et au fonctionnement de l’enseignement primaire et secondaire]. J.O., fasc. A, n167, 30-09-1985.

« Ρύθμιση θεμάτων υποχρεωτικής επιμόρφωσης εκπαιδευτικών και λειτουργίας των Περιφερειακών κέντρων επιμόρφωσης » [Décret présidentiel 250 relatif à la formation obligatoire des enseignants]. J.O., fasc. A, n138, 10-08-1992.

« Εκσυγχρονισμός της ανώτατης εκπαίδευσης » [Loi 2083 relative à la réforme de l’enseignement supérieur]. J.O., fasc. A, no 159, 21-09-1992.

Sources secondaires

Altet, Marguerite (2010). « Deux décennies de formation des enseignants dans les IUFM : un processus de formation professionnalisante en héritage ». Recherche en Éducation 8. En ligne : [https://journals.openedition.org/ree/4458?lang=en].

Besnard, Pierre & Lietard, Bernard (1976). La formation continue. Paris : PUF.

Bouzakis, Sifis (2007). Εκπαιδευτικές μεταρρυθμίσεις στην Ελλάδα (1974-2000) σε Ευρωπαϊκό πλαίσιο. Συγκλίσεις, Αποκλίσεις, Προοπτικές [Réformes éducatives en Grèce (1974-2000) dans un cadre européen. Convergences, écarts et perspectives]. En ligne : [https://alba.acg.edu/media/2665/bouzakis-presentation-2007.pdf].

Castellotti, Véronique & De Carlo, Maddalena (1995). La formation des enseignants de langue. Paris : CLE International.

Dabène, Louise, (1985). « Pour une taxinomie des opérations métacognitives en classe de langue étrangère ». Étude de linguistique appliquée 55, 39-46.

Calliabetsou-Coraca, Pinelopi (2006a). «Εκπαιδεύοντας τους φοιτητές/µελλοντικούς εκπαιδευτικούς ξένων γλωσσών στη διαχείριση της παιδαγωγικής σχέσης. Η Συµβολή της Πρακτικής Άσκησης» [« Formant les étudiants /futurs enseignants de langues étrangères en vue de la gestion des relations pédagogiques. La Contribution du stage pratique »]. Πρακτικά Πανελλήνιου συνεδρίου του Παιδαγωγικού Ινστιτούτου σε συνεργασία με το Εθνικό και Καποδιστριακό Πανεπιστήμιο Αθηνών. [Actes du Congrès panhellénique organisé par l’Institut pédagogique en collaboration avec l’Université Nationale et Capodistrienne d’Athènes] Athènes : Institut Pédagogique. En ligne :[http://www.pi-schools.gr/download/news/pract_sinedr_xenes_glosses.pdf].

Calliabetsou-Coraca, Pinelopi (2006b). « Discours de clôture ». Actes du 5e Congrès Panhellénique des professeurs de français. Athènes : Association des professeurs de français de formation universitaire-Grèce), 9-10.

Cattaneo, Stefano (2018). « La France et la Grèce : une vision française des relations franco‑grecques à l’épreuve de l’intégration européenne, 1981‑1989 ». Cahiers balkaniques 45. En ligne : [http://journals.openedition.org/ceb/11965].

Choida, Kondylia (2003). Το μάθημα των γαλλικών στα ελληνικά σχολεία της Μέσης εκπαίδευσης στο Ελεύθερο κράτος και του έξω ελληνισμού κατά τον 19ο αιώνα [Le cours de français dans les écoles grecques du secondaire, de l’État libre et des territoires assujettis durant le XIXe siècle]. Thèse de doctorat, Université Aristote de Thessalonique, 444p. En ligne : [http://hdl.handle.net/10442/hedi/14534].

« Conclusions du Conseil du 26 novembre 2009 sur le perfectionnement professionnel des enseignants et des chefs d’établissement », Journal officiel de l’Union européenne (2009/C 302/04), 12.12.2009. En ligne : [https://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:C:2009:302:0006:0009:FR:PDF].

Cuq, Jean-Pierre (2009). « La vie associative des professeurs de français, un engagement entre intérêt et idéalisme ». Synergies Brésil 7, 153-159.

Delveroudi, Rea et al. (dir.) (2011). Croisements. Mélanges de didactique des langues-cultures étrangères, de linguistique et de traduction offerts à Pinelopi Calliabetsou-Coraca. Athènes : Institut du livre-A. Kardamitsa.

Debardieux, Éric (2017). Ne tirez pas sur l’école ! Paris : Armand Colin.

Efthymiou, Loukia (2015a). La formation des francisants en Grèce : 1836-1982. Paris : Publibook.

Efthymiou, Loukia (2015b). « Le rôle de l’École française d’Athènes dans l’institution d’une formation des francisants en Grèce, 1897-1930 ». Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde 55, [Gérard Vigner & Gisèle Kahn (dir.). (Se) former pour enseigner le français à ceux qui ne le parlent pas nativement], 121-136.

Gibert, Anne-Françoise (2018). « Le travail collectif enseignant, entre informel et institué ». Dossier de veille de l’IFÉ 124, Lyon : ENS de Lyon.

Griva, Eleni & Iliadou-Tahou, Sophia (2020). « Historical aspects of the English language’s introduction in the public Greek education: the strategies, the programs and their effects ». Contemporary Society, Education and Mental Health 3, 64-75. En ligne : [https://www.researchgate.net/publication/280317708_-2010_S_Iliadou].

Katsikas, Christos & Therianos, Costas (2007). Ιστορία της Νεοελληνικής εκπαίδευσης [Histoire de l’enseignement néo-hellénique] Athènes : Savvalas.

Malouta, Maria (2009). Η διδασκαλία της Γαλλικής και της Αγγλικής Γλώσσας στην Ελληνική Δευτεροβάθμια εκπαίδευση : από το 1976 έως σήμερα [L’enseignement des langues française et anglaise au secondaire grec : de 1976 à nos jours]. Thessaloniki : University Studio Press.

Manitakis, Nicolas (2022). Το Γαλλικό Ινστιτούτο Αθηνών (1915-1961) [L’Institut français d’Athènes (1915-1961)]. Athènes : Αssini.

Manitakis, Nicolas & Arnoux, Lucile (2023). De l’« école Giffard » à l’Institut français de Grèce, École française d’Athènes.

Markantonakis, Stelios (2008). « Στοιχεία έρευνας για την δημιουργία τμημάτων διδασκαλίας της Γαλλικής Γλώσσας στην Α/θμια » [Résultats de la recherche effectuée sur la formation des groupes de français au primaire pour l’année 2008]. Contact+ 40, 19-21.

Minotou, Marietta (2021). « La politique européenne de l’État hellénique et la contribution de la France à travers les fonds archivistiques grecs ». In Maximilien Girard & Claire Béchu (dir.). La France et la Grèce au XXe siècle : des archives à l’histoire. École française d’Athènes. En ligne : [https://doi.org/10.4000/books.efa.13482].

Papathanasiou, Fotis (2004). «Η Ελλάδα στη Γαλλοφωνία» [La Grèce et la Francophonie]. Apofasi 526. En ligne : [http://repository.costas-simitis.gr/sf-repository/pdf.js/web/viewer.html?file=/sf-repository/retrieve/82383/A1S6_Typ_F8T13.pdf].

Paquay, Léopold (2012). « Continuité et avancées dans la recherche sur la formation des enseignants ». Les Cahiers de Recherche du Girsef 90. En ligne : [https://hal.science/hal-00978949/document].

Perennoud, Philippe (1993). « La formation au métier d’enseignant : complexité, professionnalisation et démarche clinique ». En ligne : [https://www.unige.ch/fapse/SSE/teachers/perrenoud/php_main/php_1993/1993_03.html].

Proscolli, Argyro (2021). « La formation initiale des enseignants de FLE à l’Université nationale et capodistrienne d’Athènes ». Contact+ 90, 22-29.

Provata, Despina (2011). « Construction identitaire et enseignement du français en Grèce au XIXe siècle ». In Dimadis Konstantinos (ed.) Identities in the Greek world (from 1204 to the present day) 4th European Congress of Modern Greek Studies, Granada, 9-12 September 2010, vol. 5. European Society of Modern Greek Studies. Athens. 281-291. En ligne : [https://www.eens.org/EENS_congresses/2010/Provata_Despina.pdf].

Rougheris, Jean (1982). « Απόψεις για μια σωστή ξενόγλωσση παιδεία » [Propositions en vue d’un enseignement efficace des langues étrangères]. Contact 3, 9-13.

Theodoropoulou, Elena & Theodoridis, Alexandros (2010). « Le cercle de craie : la formation des enseignants en Grèce ». Revue Internationale d’éducation de Sèvres 55, 119-128.

Veniopoulou, Katerina (2015). Η επιμόρφωση των εκπαιδευτικών στην Ελλάδα κατά την περίοδο 1992-2012: Διερεύνηση μελετών από ελληνικά εκπαιδευτικά περιοδικά [La formation des enseignants en Grèce au cours de la période 1992-2012]. Mémoire de master, Université Aristote de Thessalonique, 129p. En ligne : [https://ikee.lib.auth.gr/record/267447/files/GRI-2015-14426.pdf].

Voulgaridis, Constantin (2005). « Coup de grâce à l’enseignement du français en Grèce », Contact+ 30, 2.

Zangogianni, Paraskevi (2013). La formation des enseignants de FLE et celle de leurs formateurs. Mémoire de master. Université Hellénique ouverte, 171p. En ligne : [https://www.academia.edu/36230436/La_formation_des_enseignants_de_FLE_et_celle_de_leurs_formateurs].

Zerva, Adamantia (2020). « Les études françaises en Grèce ». Synergies Europe 15, 47-57.

Haut de page

Notes

1 [https://apf.gr/?lang=fr].

2 Sofoulis (1860-1949) est un député libéral depuis 1915 et le Premier ministre à trois reprises : en 1924, entre 1945-1946 et entre 1947-1949, jusqu’à la fin de la guerre civile.

3 Il est à noter que deux sections de langue et de littérature françaises sont créées en décembre 1954, au sein de l’Institut des langues et littératures étrangères (pour l’université Aristote de Thessalonique), l’autre sous la tutelle du doyen de la faculté des lettres à l’université d’Athènes avec deux chaires : une de Langue et de Littérature françaises et une de Civilisation française. (Efthymiou 2015a : 205)

4 François Weiss, enseignant d’anglais et didacticien, pendant 5 ans, chargé du cours de la didactique du français langue étrangère à l’Université d’Athènes, dont il possède le titre de Docteur honoris causa depuis mai 2013.

5 Les stages de formation s’adressaient aux enseignants du secondaire (ΣΕΛΜΕ) et aux enseignants du primaire (ΣΕΛΔΕ). Il est à noter qu’au cours de cette période nous avons les premières tentatives d’organisation d’un séminaire d’autoformation par les premières associations syndicales, vite interdit par l’État (circulaire Γ/1149/19.2.1979) imposant son intention d’en monopoliser l’organisation (Veniopoulou 2015 : 27-28).

6 Archives de l’Association des professeurs de français de formation universitaire (APF-fu-Grèce), Athènes, décision 2430/76 (Acte 1445/2007).

7 APF-fu-Grèce, Athènes, décision 2430 du 24/07/1976 (art. 1-5), (Acte no 1445/2007).

8 APF-fu-Grèce, Athènes, Acte 2430/24/07/1976 (art. 10).

9 APF-fu-Grèce, Athènes, décision 54 du 13-01-1984 (Acte 1445/2007).

10 APF-fu-Grèce, Athènes, décision 2010 du 26-06-1995 (Acte 4209/2019).

11 APF-fu-Grèce, Athènes, décision 6289 du 28-02-2008 (Acte 4209/2019).

12 L’association constituait depuis sa création un vivier de spécialistes en didactique alimentant les listes de futurs conseillers scolaires, des coordinateurs pour le français jusqu’à ce jour-ci.

13 Voir Κatsikas & Therianos (2007) : la simplification de la langue par la suppression de l’accentuation (décret présidentiel 297/1982), l’assouplissement des programmes et de l’évaluation, la réforme universitaire, la durée d’études de 4 ans (1267/82) et la création de l’Institut pédagogique chargé de la surveillance mais aussi de la gestion des affaires éducatives (1268/1982).

14 En 1982, on compte déjà 3.000 centres privés d’enseignement de l’anglais en Grèce et en 1987, le nombre d’enseignants de l’anglais dans le public augmente, lorsque le premier ministre, Andreas Papandreou, fait voter une loi qui instaure l’enseignement obligatoire de l’anglais du primaire au lycée.

15 Pour l’année 1982, on compte 27 séjours individuels de perfectionnement linguistique et pédagogique dont cinq d’une durée de neuf mois en France à l’Université de Lyon, financées par l’IFA.

16 Suivant le rapport (4/11/1983) des ex-inspectrices Sophie Kourkoutidou S. & Aggeliki Patsa au ministère de l’Éducation nationale et des cultes, APF-fu-Grèce, Athènes (Dossier 2/1981-1990).

17 Sur les cours de méthodologie et les pratiques de classe voir, entre autres, les articles de Niki Chaldaiaki-Michala (Contact 3, 1982), Pinelopi Calliabetsou (Contact 4, 1983, 7, 1984, 12, 1985, 14, 1986 etc.), François Weiss (Contact 5, 1983 & 8, 1984), Sophie Kourkoutidou (Contact 12,1985) ou encore les remarques et suggestions à propos des manuels (Contact 3 et 4, 1983) et les contacts, synergies et les échanges entre écoles (Contact 15, 1986, 19, 1988 etc.).

18 Voir l’interview de Jack Lang dans « L’Heure de vérité », 9/12/1982 (Archive INA Politique). Disponible sur : [https://www.youtube.com/watch?v=KdWTr1T6Ms4/].

19 En 1983, on recense 476 collèges où l’on enseigne le français et 224 lycées, tandis que les chiffres pour l’enseignement de l’anglais varient entre 784 pour les collèges et 414 pour les lycées. APF-fu-Grèce, Athènes (Dossier 3/1983).

20 [https://www.eap.gr/].

21 Il suffit d’observer les titres des actes des séminaires et des congrès, « Enseigner le français à aube de l’an 2000 » (1999) ou « Enseigner le français à l’heure actuelle, enjeux et perspectives » (2006), pour repérer le changement d’orientation vers des objectifs didactiques et psycho-pédagogiques et les dimensions interculturelle et interdisciplinaire dans l’enseignement du français. P. Calliabetsou (2006b : 9) posait un questionnement sur « l’avenir du plurilinguisme et du pluriculturalisme européen » préparant le terrain pour des nouvelles réformes qui visaient à retransformer le paysage éducatif hellénique.

22 L’entrée de la Grèce dans l’Organisation internationale de la Francophonie était un événement transcendant les clivages politiques et idéologiques, ouvrant de nouvelles perspectives dans les rapports franco-helléniques mais surtout signalant un « blindage » culturel dans le contexte mondial. L’événement a été considéré de manière positive par tous les partis politiques d’autant plus que cela a été proposé par Georges Papandreou et le gouvernement du centre gauche de Constantinos Simitis mais réalisé par le gouvernement de droite de Constantinos Karamanlis.

23 Marietta Giannakou (1951-2022) a été députée au Parlement européen et au Parlement hellénique, mais aussi ministre de la Santé puis ministre de l’Éducation et des Cultes dans les gouvernements de droite de Costantinos Karamanlis. Il est surprenant qu’elle ait été décorée en 2010 « Officier dans l’ordre du mérite » pour sa contribution à la promotion du français, dans une cérémonie organisée par l’ambassadeur de France en Grèce Christophe Farnaud.

24 D’après les résultats de la recherche menée par Stelios Markantonakis (Contact+ 41 2008 : 19).

Haut de page

Pour citer cet article

Référence électronique

Konstantina Pliaka, « Le rôle du milieu associatif dans la formation des enseignants grecs de français langue étrangère : le cas de l’Association des professeurs de français de formation universitaire (1975-2010) »Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde [En ligne], 70 | 2024, mis en ligne le 02 novembre 2024, consulté le 06 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/dhfles/10438 ; DOI : https://doi.org/10.4000/12u3a

Haut de page

Auteur

Konstantina Pliaka

Université Nationale et Capodistrienne d’Athènes
kpliaka@frl.uoa.gr

Haut de page

Droits d’auteur

CC-BY-NC-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

Haut de page
Rechercher dans OpenEdition Search

Vous allez être redirigé vers OpenEdition Search