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Thèses

De l’intercompréhension entre langues romanes : sources, tensions et variations épistémologiques

Thomas de Fornel

Texte intégral

1Thèse de doctorat en cotutelle internationale préparée sous la direction de Pierre Escudé (université de Bordeaux) et de Francisco Calvo del Olmo (Universidade Federal do Paraná) et soutenue le 19 décembre 2023 à l’Université de Bordeaux, 344 pages.

International co-supervised doctoral thesis prepared under the supervision of Pierre Escudé (University of Bordeaux) and Francisco Calvo del Olmo (Universidade Federal do Paraná) and defended on 19 December 2023 at the University of Bordeaux, 344 pages.

Plan

  • A la recherche de la généalogie perdue du concept d’intercompréhension entre langues romanes

  • Réflexions épistémologiques, matériaux historiographiques : méthodologie et corpus

  • Aux sources de l’intercompréhension entre langues romanes : résultats et contributions

  • Conclusion et perspectives

À la recherche de la généalogie perdue du concept d’intercompréhension entre langues romanes (ICLR)

2L’intercompréhension entre langues proches (ICLP) représente une réalité doublement ancestrale. D’une part, elle se manifeste comme un phénomène de communication spontanée, observable dans les interactions humaines à l’échelle planétaire et ce, bien avant la normalisation de nos langues actuelles. C’est d’ailleurs parmi les langues romanes que ce phénomène millénaire et tout à fait banal sur le territoire de la France a été désigné et décrit pour la première fois en langue française, en 1913, par Jules Ronjat, plus précisément parmi les variétés de l’occitan, dans sa thèse intitulée Essai de syntaxe des parlers provençaux modernes. De l’autre, elle sert de clef didactique pour apprendre (à apprendre) une ou plusieurs langue(s) dite(s) étrangères (Escudé & Calvo del Olmo 2019), l’exploitation des similitudes entre langues pour l’apprentissage relevant aussi d’une histoire très ancienne (Meissner 2012).

3Toutefois, ce n’est que depuis les années 1990 que l’intercompréhension (IC) est devenue objectif et compétence à développer dans le domaine de la Didactique des Langues (DL) dont elle a participé à la reconfiguration épistémologique (Alarcão et al. 2009). En effet, les pratiques d’enseignement/apprentissage centrées sur une seule langue ont progressivement intégré plusieurs langues et variétés de langues simultanément, afin de les mettre en contact et en synergie, transposant ainsi ce phénomène ancestral de communication (Calvo del Olmo, 2019) en action didactique. Elle fait d’ailleurs désormais partie des approches plurielles des langues et des cultures (Candelier et al. 2012). Les principes adoptés dans la didactique de l’IC sont l’acquisition de compétences réceptives partielles (écrites et orales), le transfert de compétences et la réflexion métalinguistique (Escudé & Calvo del Olmo 2019). Son parcours conceptuel est donc à l’image d’une transposition interdisciplinaire : de la linguistique, qui s’est constituée en tant que science à partir de la description comparée des langues, dans laquelle l’IC servait de méthode pour délimiter langues et dialectes (Séré 2009), à la DL sous l’égide de politiques linguistiques et éducatives, notamment celles de l’Union européenne qui ont financé les premiers projets d’expérimentation didactique ayant donné lieu à la réalisation de méthodes et de manuels, de référentiels de compétences et de sites web.

4Ce glissement disciplinaire et ce changement de perspective (Dabène 1994) participent, en définitive, de la complexité et de la polysémie de cette idée linguistique et didactique qui reste encore difficile à cerner aujourd’hui dans toute son ampleur, malgré son ancestralité. Par ailleurs, cela soulève un paradoxe : le plurilinguisme individuel et le multilinguisme sociétal, longtemps invisibilisés et dépréciés bien qu’il s’agisse de la situation la plus habituelle si l’on considère les différences existantes à l’intérieur de tout groupe humain et la variation de toutes les langues, sont aujourd’hui (re)valorisés dans les discours de préservation et de défense de la diversité linguistique.

5Cette thèse a ainsi pour objectif d’interroger cette trajectoire, la nature et la dynamique de traitements de cette double réalité de l’ICLR, articulant (la didactique de) l’IC comme domaine de connaissance et comme ligne de recherche selon une orientation historiographique (Swiggers 1983). Elle vise, en ce sens, à répondre à un certain besoin soulevé par la communauté académique intercompréhensionniste (Ollivier 2013 ; Melo-Pfeifer & Pinho 2021) face à la complexité de ce concept dont les fondements théoriques étaient jusqu’alors peu étudiés. Comment la constellation de connaissances relatives à l’ICLR est-elle apparue et a-t-elle été acquise ? Comment ont-elles été formulées et diffusées ? Ont-elles été préservées ou délaissés ? Pourquoi ont-elles été préservées ou perdues, et de quelle manière ? Ce travail de recherche propose dès lors une étude approfondie sur l’histoire de/et la conceptualisation des savoirs (socio)linguistiques et didactiques de l’ICLR, à la lumière des tensions épistémologiques et idéologiques qui ont marqué son émergence conceptuelle. Pour ce faire, elle s’est focalisée sur ses soubassements, ses premières formes, descriptions et réflexions attestées, en somme sa phase de gestation, dans le contexte multilingue de la France, de ses langues et de leurs contacts avec celles des sociétés voisines, au prisme de la linguistique romane entre 1816 et 1916. L’étude porte sur plus ou moins un siècle, partant des années 1816/1821, terminus a quo, dates de publication de la Grammaire romane, ou grammaire de la langue des troubadours puis de la Grammaire comparée des langues de l’Europe latine de François-Just-Marie Raynouard, considéré comme le premier romaniste français, le premier à avoir comparé entre elles les grammaires des langues romanes européennes et à avoir fourni les bases de l’établissement d’une linguistique romane comparée ; et elle prend pour terminus ad quem le Cours de Linguistique Générale publié par les disciples de Saussure en 1916.

Réflexions épistémologiques, matériaux historiographiques : méthodologie et corpus

6En tant que pratique sociale ordinaire, l’ICLR est en définitive à entendre en tant que réalités/faits linguistiques. Ces faits ont été décrits, étudiés et ont fait l’objet de réflexions qui ont soutenu et contribué au développement de connaissances linguistiques, ainsi qu’à l’exploration des potentialités didactiques de ce même phénomène. Celles-ci ont, à leur tour, été soumises à des analyses et réflexions propres à l’écriture de l’histoire de la linguistique et, dans une certaine mesure, à celle de la didactique des langues. Ainsi, historiographier le concept d’ICLR revient à décrire et interpréter ces différentes stratifications et leur articulation, en s’appuyant sur des supports documentaires concernant les agents et les matériaux qu’ils ont produits, tout en tenant compte d’une base théorique de référence sur la pratique même de l’historiographie (Swiggers 2017).

7Dans cette perspective, cette thèse s’est concentrée sur les spécificités de l’IC au sein de la famille des langues romanes, à savoir les traitements et réflexions sur ces dernières au sein d’un cadre précis : celui de la naissance puis de l’institutionnalisation de la linguistique romane en France et en relation avec celle des pays limitrophes, étant donné que le comparatisme précède l’IC (Escudé & Calvo del Olmo 2019) et que cette dernière s’appuie notamment sur l’exploitation de ressemblances interlinguistiques. Elle s’est intéressée, en cela, tout d’abord aux instances productrices de cette idée, les auteurs et leurs textes, mais aussi aux relations qu’entretiennent ces mêmes instances entre elles, laissant apparaitre un champ, un réseau discursif, une constellation qui ont participé de l’analyse des racines de l’ICLR. L’enquête historiographique se base sur un corpus de 22 textes (essais et articles scientifiques, préfaces de manuels linguistiques et de grammaires comparées, entrées de dictionnaires, etc., voir la bibliographie – sources primaires) de 10 auteurs (philologues, linguistes, pédagogues, politiciens), à savoir :

  • François Just Marie Raynouard (1761-1836) ;

  • Jean Jacques Aimé Gilles Vayssier (dit l’abbé Vayssier) (1821-1874) ;

  • Michel Bréal (1832-1915) ;

  • Charles de Tourtoulon (1836-1913) ;

  • Gaston Paris (1839-1903) ;

  • Ferdinand Buisson (1841-1932) > Charles Marty-Laveaux (1823-1899) ;

  • Ferdinand de Saussure (1857-1913) ;

  • Jean Jaurès (1859-1914) ;

  • Jules Ronjat (1864-1925) ;

  • Antoine Meillet (1866-1936).

8La présentation de l’analyse de ce corpus a été structurée selon un mode d’exposition thématique, partant de la présentation des auteurs, passant au crible leurs profils sociolinguistiques, leurs rattachements institutionnels, à l’appui d’une généalogie et d’une cartographie. Ce mode de traitement, d’exposition et de compte-rendu historiographique apparaît pertinent face à la complexité du concept en lui-même, tenant compte de sa double réalité linguistique et didactique, ainsi que de l’instrumentarium de l’historiographie de l’ICLR, de son appareil conceptuel de base et de sa dynamique. Entre éléments biographiques, historiographiques et épistémologiques, le travail a ainsi mis en évidence quatre thèmes, tels des balises pour repérer et organiser les données de recherche, à savoir des extraits de textes relevant de ces personnalités, auteurs et acteurs ayant participé, d’une manière ou d’une autre, à l’appréhension et au moulage conceptuel de l’ICLR. Tout d’abord, puisque l’ICLR procède du comparatisme, la thèse s’est attachée à rendre compte de cette (1) comparaison des langues et de ce qui se joue au travers de celle-ci, d’autant plus à une époque où l’on mesure plusieurs (2) éveils linguistiques et culturels et de fortes revendications identitaires dans l’espace de la Romania ; ce qui, dès lors, est (3) sources de tensions, de forces sous tensions quant à l’objet langue et de ce qui est mis en question par cette intercompréhension de (variétés) de langues, principalement autour de la reconnaissance des dialectes et des patois, en somme de la diversité linguistique et culturelle en France. Enfin, dans ce jeu de contact de langues, de cultures et d’identités, (4) les orientations didactiques de l’ICLR ont été mises en exergue, la mise en valeur de la diversité, de la variation et de la comparaison linguistique ayant été très tôt considérées comme une richesse et, ensuite, comme une clé pour l’apprentissage des langues. Dans un souci de synthèse, dans le cadre de ce compte-rendu, les résultats et contributions seront cependant résumés en un seul mouvement.

Aux sources de l’intercompréhension entre langues romanes : résultats et contributions 

9En présentant ce panorama des sources francophones de l’ICLR, cette thèse a démontré comment la comparaison et l’étude de la variation diachronique et diatopique de ces langues ont constitué un premier jalon dans la construction de cette idée. Le comparatisme a en effet été la mèche de la linguistique romane au début du XIXᵉ siècle, dont la flamme a été ravivée par la didactisation de l’ICLR à la fin du XXᵉ siècle. Cela indique que l’approche linguistique centrée sur la comparaison de langue à langue a servi de fondement technique à la didactique du plurilinguisme, comme en témoigne l’usage des tableaux synoptiques comparatifs. On est ainsi passé d’un usage descriptif visant à reconstituer l’origine commune de la famille des langues romanes - notamment dans les travaux de François Raynouard et de Jean Vayssier - à un usage pédagogique pour l’enseignement et l’apprentissage simultanés et intégratifs de ces langues, en faveur d’un projet d’éducation plurilingue dont les prémices étaient manifestes dans les réflexions et propositions didactiques de Michel Bréal, Charles Marty-Laveaux et Jean Jaurès. De plus, l’émergence de nouvelles idées en intercompréhension a été rendue possible par la prise en compte des variations linguistiques à l’oral, et non plus seulement à l’écrit, au fondement des études de dialectes et de patois. Cela a contribué au renouvellement des connaissances linguistiques et de leurs méthodes d’enquête, comme en témoigne l’étude de délimitation géographique entre langue d’oc et langue d’oïl menée par de Tourtoulon.

  • 1 « Le Félibrige possède en son sein une académie appelée consistoire (counsistòri), garante de la ph (...)

10Cette étude a aussi mis en évidence les tensions identitaires et linguistiques qui ont marqué la France à travers l’imposition du français comme langue nationale unique, marginalisant ainsi les langues régionales telles que l’occitan. Ce processus d’unification linguistique, lié à la montée du nationalisme, a relégué les dialectes régionaux au rang de patois, souvent associés à l’illettrisme, dans un rapport hiérarchique (langues/ dialectes, patois). L’une des conséquences de ce processus fut sans doute l’amenuisement du phénomène d’intercompréhension, en termes de fréquence, d’intensité, dans les pratiques langagières, dans le mouvement même d’uniformisation linguistique de la France. Dans ce contexte, en réaction à cette homogénéisation politique, plusieurs mouvements d’éveil linguistique et culturel, tels que le Félibrige pour l’occitan et le catalan, la Renaixença pour le catalan, et le Rexurdimento pour le galicien, ont cherché à préserver l’identité des territoires et des sujets parlants, en réponse finalement à ce processus centralisateur d’uniformisation. Contre une représentation nationale aseptisée de toute variation linguistique et culturelle, des mouvements d’éveils linguistiques et culturels résistent donc aux sorts qui leur sont fatalement destinés, dans un esprit de reconquêtes de pratiques langagières et d’affirmation identitaire. C’est ainsi dans cette mouvance que Jules Ronjat va finalement qualifier, pour la première fois, le fait ancestral de se comprendre sans parler la même (variété de) langue, du nom d’intercompréhension, lui-même ayant été membre du Félibrige, nommé Baile (secrétaire général) en 1902 par Mistral puis Majoral1 en 1904.

11Par ailleurs, il a été mis en évidence que l’ICLR est intrinsèquement liée, dès l’origine de sa compréhension et de sa description en tant que phénomène linguistique, à une controverse socio-politico-idéologique concernant les frontières dialectales et l’existence même des dialectes. À ce titre, deux démarches épistémologiques antagonistes ont été identifiées : celle de Gaston Paris, centraliste, livresque et silencieuse, qui se cantonne à la langue nationale et annihile toute variation et diversité linguistique ; et celle de de Tourtoulon et de Ronjat, situés en périphérie, au plus près des interactions langagières, à l’oral, sur le terrain, où dialectes, patois et variétés de langues revêtent une importance majeure. Cette controverse exprime un certain malaise, atypique en France, quant à la reconnaissance politique de sa diversité linguistique et culturelle, laquelle fut originellement et continuellement source de mépris et de condescendance. Les fondements épistémologiques de l’ICLR se situent ainsi au cœur de ces tensions idéologiques, dans un contexte de fractures nationalistes et de revendications identitaires. Ils illustrent d’ailleurs son aspect bicéphale, presque énantiosémique, ne pouvant se définir que dans la dialectique du contact des langues, des cultures et des identités.

12Enfin, en plus d’avoir illustré son ancestralité en tant que phénomène tout au long de cette enquête historiographique, une certaine didactique de l’ICLR avant la lettre a été mise en lumière, dont les stratégies procédurales trouvent leurs racines épistémologiques dans l’exercice de la comparaison interlinguistique. Ces stratégies s’appuient sur une économie d’apprentissage visant à faciliter le commerce et la communication entre des individus ne partageant pas la même variété linguistique, en prenant comme point de départ les langues maternelles de chacun pour élargir l’apprentissage à d’autres langues en exploitant leurs similarités. Cette clé méta-didactique est presque atemporelle : la même logique comparatiste est en effet à l’œuvre dans les études de Doujat, Lancelot, Besnier au XVIIe siècle, dans celle de Beauzée au XVIIIe siècle et dans celles de Bréal, Marty-Laveaux, Jaurès et Antoine Meillet.

Conclusion et perspectives de l’étude

13Intercompréhension. Cette thèse aura en somme contribué à illustrer ses fondements et son évolution épistémologiques. Elle aura également mis en lumière les tensions idéologiques et sociopolitiques qui ont façonné sa conceptualisation et qui permettent de mesurer un certain malaise sur ce concept qui n’en finit pas d’être confronté à des idéologies linguistiques agoraphobes et profondément nationalistes. La didactisation de l’ICLR n’échappe dès lors pas à ce choc des représentations sur le langage, les langues et leur apprentissage, entre volonté de clôture monolingue et compartimentation de l’enseignement de chaque langue d’une part, et tentative d’ouverture, de passage et de fédération entre les peuples et les langues, de l’autre.

14Les travaux menés depuis Raynouard à Meillet ont ainsi participé à la création de la constellation de connaissances linguistiques et didactiques relatives à l’ICLR. Elles sont aux sources de cette idée puisque chaque texte est venu en dresser les contours, que ce soit dans l’appréhension du phénomène, dans les interactions langagières des êtres humains, comme attribut, compétence ou comportement intrinsèque à cet animal politique, ou que ce soit dans l’orientation didactique de cette approche qui transpose l’exercice de comparaison interlinguistique à l’enseignement/apprentissage des langues.

15Bien que ce travail de thèse se soit concentré sur le contexte français, il ouvre toutefois des perspectives intéressantes pour de futures études, notamment au moyen d’une approche comparée avec d’autres traditions épistémologiques et scientifiques, avec d’autres aires linguistiques et culturelles de la Romania ou en élargissant l’analyse à des contextes non européens. De plus, il propose des pistes pour contribuer au renouvellement de la linguistique romane au moyen de l’IC, notamment par l’élaboration de modules didactiques en intercompréhension intégrée sur les origines de l’ICLR. Suivant Marie-Christine Jamet & Antonella Negri (2018), ces deux disciplines des sciences humaines peuvent en effet représenter un exemple de dialogue fructueux pour contribuer à la valorisation des réalités multilingues dans l’environnement éducatif.

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Bibliographie

Sources primaires : corpus d’étude

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Notes

1 « Le Félibrige possède en son sein une académie appelée consistoire (counsistòri), garante de la philosophie félibréenne, composée de cinquante majoraux, dont le Capoulié, élus à vie par cooptation. Le majoral (majourau) est détenteur d’une cigale d’or portant le nom que lui donna son premier titulaire. Respectant l’usage académique, les nouveaux majoraux sont invités à prononcer après leur élection l’éloge (laus) de leur prédécesseur » [https://www.felibrige.org/le-felibrige/vocabulaire/].

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Pour citer cet article

Référence électronique

Thomas de Fornel, « De l’intercompréhension entre langues romanes : sources, tensions et variations épistémologiques »Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde [En ligne], 70 | 2024, mis en ligne le 28 novembre 2024, consulté le 10 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/dhfles/10478 ; DOI : https://doi.org/10.4000/12u3g

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Auteur

Thomas de Fornel

Université Grenoble Alpes, UFR LLASIC - Laboratoire Lidilemthomas.de-fornel@univ-grenoble-alpes.fr

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Droits d’auteur

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