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Thèses

La lexicographie bilingue français-néerlandais et néerlandais-français (1527-1656) : étude de métalexicographie historique

Elizaveta Zimont

Texte intégral

1Thèse de doctorat préparée sous la direction de Pierre Swiggers et de Nicolas Mazziotta (FNRS/Université de Liège) et soutenue le 22 avril 2022 à l’Université de Liège, 2 vols, XXXII+643&IV+373 pages.

PhD thesis prepared under the supervision of Pierre Swiggers and Nicolas Mazziotta (Université de Liège) and defended on 22 April 2022 at the University of Liege, 2 vols., XXXII+643&IV+373 pages.

Pourquoi étudier les dictionnaires bilingues anciens ?

  • 1 Il est à noter que ce biais n’est pas, au reste, spécifique à la lexicographie française : une situ (...)
  • 2 Il est au demeurant établi que les monolingues français plongent leurs racines dans la lexicographi (...)

2Comme le remarquait déjà Bray (2000 : 1), les recherches métalexicographiques de langue française se concentrent traditionnellement sur les dictionnaires réalisés dans les limites géographiques et politiques de la France actuelle. En outre, les travaux en histoire de la lexicographie française tendent à se focaliser sur les dictionnaires monolingues qui jouissent d’un statut particulier dans la société française (Glatigny 1989 : 700). En revanche, les dictionnaires anciens bilingues et multilingues, souvent produits en dehors de France, restent en marge du discours historiographique1 malgré le rôle crucial qu’ils ont joué dans le développement de la lexicographie européenne moderne (Auroux 1994 : 119-120). Pourtant, avant l’apparition des premiers dictionnaires français monolingues à la fin du XVIIe siècle2, c’est bien le dictionnaire bilingue qui accompagne la popularisation du français en dehors des régions francophones.

3L’intérêt particulier de la production lexicographique français-néerlandais des XVIe et XVIIe siècles repose sur trois aspects. Premièrement, ses premiers échantillons datant de la première moitié du XVIe siècle fournissent les plus anciens exemples d’ouvrages lexicographiques qui sont conçus expressément pour apprendre le français (cf. Lindemann 1994 : 387). Deuxièmement, cette production tient un rôle de premier plan dans le développement de la lexicographie vernaculaire en Europe. Le cas du Vocabulaire (1527) rédigé par le maître de langues anversois Noël de Berlaimont en fournit l’exemple le plus éclatant. Au fil des remaniements, ce petit opuscule néerlandais-français a intégré de nombreuses langues européennes et parfois non européennes : pour plusieurs d’entre elles, une adaptation du Vocabulaire a jeté les fondements d’une tradition lexicographique (Verdeyen 1925-35 ; Pablo Núñez 2010). Un autre exemple marquant est celui d’Elcie Edouard Leon Mellema dont les dictionnaires se trouvent à l’origine des premiers bilingues français-allemands (Hausmann 1984) et néerlandais-anglais (Osselton 1969). Troisièmement, au cours du XVIe siècle, la lexicographie français-néerlandais se caractérise par un rythme de production particulièrement soutenu pour l’époque. Témoignage précieux des réalités linguistiques des Pays-Bas anciens, le corpus de textes lexicographiques qui en résulte permet de suivre de près l’évolution du dictionnaire bilingue en tant que type de produit à la fois lexicographique et éducatif.

4Dès lors, l’objectif principal de cette thèse est de combler une lacune majeure dans l’histoire de la lexicographie européenne bilingue en intégrant dans le circuit des connaissances les produits lexicographiques anciens qui combinent le français et le néerlandais. Concrètement, cette étude se construit autour de trois questions de recherche :

  1. Quels sont les types de produits lexicographiques bilingues français ↔ néerlandais qui existent aux XVIe et XVIIe siècles ?

  2. Quels sont les traits distinctifs de ces types de produits lexicographiques ?

  3. À l’intérieur de ces types, peut-on observer des changements significatifs ?

Corpus de répertoires lexicographiques français-néerlandais (1527-1656)

5Les ouvrages qui font partie du corpus d’analyse ont été sélectionnés sur la base de quatre critères :

  1. le type de support ;

  2. la combinaison de langues ;

  3. le genre textuel ;

  4. les limites chronologiques.

6Seuls les ouvrages imprimés ont été retenus dans le corpus d’analyse, les ouvrages manuscrits ayant eu une diffusion limitée et un impact faible sur le développement de la lexicographie imprimée. Concernant la combinaison de langues, le corpus analysé ne contient que des répertoires bilingues : une analyse adéquate des ouvrages multilingues aurait nécessité une méthodologie plus poussée permettant de prendre en compte l’ensemble des langues mises en correspondance. Le critère du genre textuel permet de distinguer le répertoire lexicographique bilingue de plusieurs genres connexes tels que les listes de vocabulaire insérées dans des grammaires, les collections de proverbes et aphorismes qui ne disposent pas d’une macrostructure ou bien encore les glossaires qui répertorient les mots et expressions d’un texte particulier. Les ouvrages retenus dans le corpus possèdent une macrostructure et une microstructure qui comprend obligatoirement une mise en correspondance entre le français et le néerlandais ; la sélection des matériaux lexicaux (qui englobent la nomenclature et les correspondants traductionnels) y est autonome et ne dépend pas du contenu lexical d’un texte tiers.

7Pour ce qui est du découpage chronologique, la limite inférieure du corpus correspond à la parution du plus ancien ouvrage lexicographique bilingue combinant le français et le néerlandais : le Vocabulaire (1527) de Noël de Berlaimont cité plus haut. Quant à la limite supérieure, celle-ci est associée à un moment de renouveau dans la production lexicographique français-néerlandais. En effet, après un demi-siècle de stagnation, durant lequel les ouvrages lexicographiques mis au point à la fin du XVIe siècle continuent à être réédités, de nouveaux dictionnaires sont lancés sur le marché vers le milieu du XVIIe siècle : ceux de Jean Louis d’Arsy en 1643 et ceux de Casparus Vanden Ende en 1654. L’apparition de ces nouveaux produits indique clairement que les rééditions d’ouvrages plus anciens, remontant au XVIe siècle, ne satisfont plus les demandes du public.

  • 3 Pour un aperçu (déjà dépassé) de la documentation, voir Swiggers & Zimont (2015).

8Le corpus constitué sur la base de ces quatre critères comporte près de 150 éditions distinctes qui se laissent regrouper en 22 ouvrages. Ce corpus est associé à 15 noms d’auteurs, auxquels s’ajoutent deux auteurs anonymes et plusieurs remanieurs dont les noms ne nous sont pas parvenus3.

Comment étudier la lexicographie ancienne ?

9La méthodologie adoptée pour répondre aux trois questions de recherche (cf. ci-dessus), s’inscrit dans le cadre disciplinaire de la métalexicographie historique (cf. Petrequin & Swiggers 2007) et repose sur une conceptualisation multidimensionnelle du répertoire lexicographique. Produit complexe, le répertoire lexicographique doit être envisagé à la fois comme un texte, comme un objet et comme un produit utilitaire. Selon la modélisation proposée dans cette thèse, un répertoire lexicographique présente trois facettes : les contenus (qui englobent les matériaux lexicaux et leur traitement métalinguistique), les structures qui sous-tendent l’organisation du texte et les fonctions sociologiques qui sont liées à l’usage des répertoires lexicographiques. L’analyse comparative de ces trois facettes sert de fondement à une typologie évolutive multidimensionnelle.

10L’étude des fonctions sociologiques forme l’objet de la première partie de cette thèse. Le chapitre 1 pose les balises permettant de délimiter les répertoires lexicographiques en tant que type de texte éducatif bien particulier à l’intérieur de l’ensemble des outils didactiques qui s’adressent aux apprenants néerlandophones du français aux XVIe et XVIIe siècles. Le chapitre 2 propose une typologie des répertoires fondée sur des critères sociohistoriques (profils des auteurs et des imprimeurs, lieux d’impression, usages attestés ou supposés). En établissant une typologie des sources utilisées pour chaque répertoire, le chapitre 3 reconstruit la place qu’ils occupent dans les réseaux de circulation des connaissances.

11La deuxième partie de cette thèse est consacrée à l’examen des structures qui sous-tendent l’organisation du texte lexicographique et des moyens typographiques déployés pour en mettre en évidence certaines composantes. L’analyse des macrostructures et des principes de classement sur lesquelles elles reposent (chapitre 4) est suivie d’une étude du programme minimal obligatoire de la microstructure (chapitre 5) tandis que les champs informationnels optionnels, c’est-à-dire les éléments non obligatoires de la microstructure, font l’objet du chapitre 6. Finalement, le chapitre 7, consacré aux informations sur la prononciation, examine la façon dont celles-ci peuvent être réparties à travers les différents niveaux structurels d’un répertoire lexicographique (macrostructure, microstructure, paratextes, autre).

12La troisième et dernière partie de cette thèse est centrée sur les matériaux lexicaux et les critères de leur sélection. Le chapitre 8 examine la part des informations encyclopédiques dans les répertoires du corpus en prenant pour exemple les noms propres (leur place dans la nomenclature et leur traitement lexicographique). Le chapitre 9 fait le point sur les rapports proportionnels entre les matériaux lexématiques, syntagmatiques et phrastiques parmi l’ensemble des matériaux lexicaux enregistrés dans un répertoire. Enfin, le chapitre 10 étudie la question de la délimitation diatopique du français dans les répertoires néerlandais-français du corpus.

Une typologie multidimensionnelle évolutive

13L’examen combiné des fonctions, des structures et des contenus permet tout d’abord de distinguer trois types de produits lexicographiques dans le corpus analysé : répertoire parémiologique, vocabulaire et dictionnaire. Le type répertoire parémiologique est représenté dans le corpus d’analyse par un seul ouvrage : les Motz tresbeaux ou dictons/ et proverbes (Anonyme, 1549). Le type vocabulaire englobe cinq ouvrages (signés Berlaimont, Berthout, Luython, Meurier et Françoys) tandis que le type dictionnaire recouvre quinze ouvrages.

14La nouveauté de ce travail consiste à définir les trois types par une série de traits distinctifs. Les trois types de produits présentent des différences nettes relevant de chacune des trois facettes examinées. Au niveau de la sélection des matériaux lexicaux, les distinctions concernent l’étendue de la nomenclature (quantifiée à travers le nombre d’articles) ; l’absence ou présence de noms propres et, dans le second cas, leur typologie ; enfin, l’absence ou la présence de mots isolés dans la nomenclature et la variété des types de syntagmes. En ce qui concerne l’ampleur du traitement lexicographique des matériaux lexicaux, les principales distinctions portent sur les noms propres (traités de façon contrastive dans les vocabulaires et davantage encyclopédique et métalinguistique dans les dictionnaires) et le nombre et le choix de champs informationnels optionnels. Quant aux structures, les distinctions majeures se situent au niveau du choix des principes de classement et de leur hiérarchie ainsi qu’au niveau de la mise en forme typographique de la microstructure. Enfin, en ce qui concerne les fonctions sociologiques, des différences nettes ont été observées quant aux profils des auteurs et des imprimeurs, au succès éditorial (nombre de rééditions), à la typologie des sources utilisées et, dans une moindre mesure, aux usages.

15Pour ce qui est de l’évolution de ces trois types de produits dans le temps, le répertoire parémiologique s’avère une voie sans issue. Son évolution est stoppée dès le milieu du XVIe siècle, très vraisemblablement à cause de la concurrence avec les recueils de proverbes et aphorismes non lexicographiques qui, certes, ne disposent pas d’une macrostructure, mais présentent plusieurs avantages en ce qui concerne la commodité d’utilisation.

16Le type vocabulaire subit au cours de la période examinée deux changements significatifs qui trahissent l’influence du type dictionnaire. Premièrement, entre les années 1570 et le début du XVIIe siècle, la mise en forme de la microstructure subit une transformation majeure. À l’issue de cette période, les articles de vocabulaires se présentent sous la forme d’alinéas successifs et des polices différenciées sont utilisées pour l’entrée et pour les correspondants. Secondement, vers le milieu du XVIIe siècle, la microstructure des vocabulaires s’étoffe avec des indications de genre et de nombre, paradigmes de conjugaison.

17L’évolution du type dictionnaire présente une chronologie similaire. Les années 1570 connaissent un saut qualitatif et quantitatif qui affecte toutes les facettes du produit. Les principaux changements concernent : (i) l’augmentation considérable de la nomenclature, (ii) l’introduction de toute une série de nouveaux champs optionnels (notamment marques d’usage, étymologie, ordonnateurs de sens, nouveaux outils de délimitation et de désambiguïsation sémantique) et (iii) la mise en place de nouvelles conventions typographiques (marquage de la vedette à l’aide d’une majuscule ; italique employée pour le métadiscours du lexicographe). Après une période de systématisation et de stagnation, une nouvelle conception du produit se dessine dans les dictionnaires du milieu du XVIIe siècle. Cette conception est guidée par la volonté de mieux compartimenter les matériaux. Chez Jean Louis d’Arsy, elle se traduit essentiellement par la multiplication des marquages, en particulier du marquage normatif. Chez Casparus Vanden Ende, en revanche, la nouvelle conception d’inspiration puriste donne lieu à un élagage radical des matériaux lexicaux.

Conclusion

18La typologie évolutive multidimensionnelle élaborée dans cette thèse permet trois avancées scientifiques non négligeables. Premièrement, elle met au jour la spécialisation et la complémentarité qui unit les trois types de produits dégagés. Deuxièmement, cette typologie met en évidence l’importance du type vocabulaire dans la production lexicographique ancienne. Troisièmement, elle permet de réévaluer la position d’auteurs individuels. Ainsi, bien que les dictionnaires de Mellema soient les mieux connus dans la recherche historiographique et diachronique, la thèse démontre que ce sont les contributions de Gabriel Meurier, Matthias Sasbout et de leur imprimeur Jan (I) van Waesberghe qui ont été cruciales pour le développement de la lexicographie français-néerlandais.

19Les résultats de cette étude sont susceptibles de servir à tout domaine qui utilise (ou utilisera) les répertoires lexicographiques français-néerlandais comme sources documentaires. En facilitant l’accès aux ouvrages analysés et leur interprétation, le travail réalisé profitera tout particulièrement à l’histoire de l’enseignement des langues vivantes dont celle du français langue étrangère et seconde.

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Bibliographie

Auroux, Sylvain (1994). La révolution technologique de la grammatisation. Liège : Mardaga.

Bray, Laurent (2001). Matthias Kramer et la lexicographie du français en Allemagne au XVIIIe siècle : avec une édition des textes métalexicographiques de Kramer. Tübingen : Niemeyer.

Glatigny, Michel (1989). « Les commentaires normatifs dans le dictionnaire monolingue ». In Franz Josef Hausmann, Oskar Reichmann, Herbert Ernst Wiegand & Ladislav Zgusta. (éds), Wörterbücher. Dictionaries. Dictionnaires. An international encyclopedia of lexicography. Berlin/New York : De Gruyter, 700-704.

Hausmann, Franz Josef (1984). « Das erste französisch-deutsche Wörterbuch, Levinus Hulsius’ Dictionaire von 1596-1607 ». Zeitschrift für romanische Philologie 100-3, 306-320.

Lindemann, Margarete (1994). Die französischen Wörterbücher von den Anfängen bis 1600 : Entstehung und typologische Beschreibung. Tübingen : Niemeyer.

McLelland, Nicola (2024). « Christian Ludwig (1660–1728) and the beginnings of German/English lexicography ». Oxford German Studies. Publié en ligne le 5 avril 2024, 25 pages [https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/00787191.2024.2313897].

Osselton, Noel Edward (1969). « The sources of the first Dutch and English dictionary ». The Modern Language Review 64-2, 355-362.

Pablo Núñez, Luis. (2010). El arte de las palabras. Diccionarios e imprenta en el Siglo de Oro. 2 vols. Mérida : Editora Regional de Extremadura.

Petrequin, Gilles & Swiggers, Pierre (2007). « La métalexicographie. Contours et perspectives d’une (sous-)discipline ». L’information grammaticale 114, 7-10.

Swiggers, Pierre & Zimont, Elizaveta (2015). « Dutch-French bilingual lexicography in the Early Modern period: A checklist of sources ». Beiträge zur Geschichte der Sprachwissenschaft 25-1, 110-148.

Verdeyen, René (1925-1935). Colloquia et Dictionariolum septem linguarum, gedruckt door Fickaert te Antwerpen in 1616 [réimpression d’Anvers 1616]. 3 vols. Antwerpen : Vereeniging der Antwerpsche Bibliophilen.

Wooldridge, Terence Russon (1980 [11977]). Les débuts de la lexicographie française : Estienne, Nicot et le Thresor de la langue françoyse (1606). Toronto/Buffalo : University of Toronto Press.

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Notes

1 Il est à noter que ce biais n’est pas, au reste, spécifique à la lexicographie française : une situation similaire s’observe tant pour l’anglais que pour l’allemand. Selon McLelland (2024 : 2), elle résulte probablement d’une idée préconçue selon laquelle les dictionnaires bilingues ne seraient au fond que des produits dérivés de dictionnaires monolingues.

2 Il est au demeurant établi que les monolingues français plongent leurs racines dans la lexicographie bilingue (Wooldridge 1980).

3 Pour un aperçu (déjà dépassé) de la documentation, voir Swiggers & Zimont (2015).

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Pour citer cet article

Référence électronique

Elizaveta Zimont, « La lexicographie bilingue français-néerlandais et néerlandais-français (1527-1656) : étude de métalexicographie historique »Documents pour l’histoire du français langue étrangère ou seconde [En ligne], 70 | 2024, mis en ligne le 28 novembre 2024, consulté le 13 septembre 2026. URL : http://journals.openedition.org/dhfles/10535 ; DOI : https://doi.org/10.4000/12u3j

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Auteur

Elizaveta Zimont

Université de Reims Champagne-Ardenne
elizaveta.zimont@univ-reims.fr.

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Droits d’auteur

CC-BY-NC-4.0

Le texte seul est utilisable sous licence CC BY-NC 4.0. Les autres éléments (illustrations, fichiers annexes importés) sont susceptibles d’être soumis à des autorisations d’usage spécifiques.

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