Théâtre, cinéma, l’autre scène
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- 1 Alain Resnais, Jeune Cinéma, no 31, p. 5.
J’aime mieux dire spectacle, sinon vous supposez qu’il y a le théâtre d’un côté, le cinéma de l’autre1.
1Théâtre / Cinéma / Spectacle : ces maîtres mots dans la bouche d’Alain Resnais valent moins comme synonymes que par la différenciation qu’ils suggèrent et l’articulation qu’ils génèrent.
2Est-ce pour autant au trouble de la mise en abyme de type renoirien (les célèbres boîtes dans les « boîtes » de La règle du jeu) que ce dispositif renvoie ou bien à l’inverse n’induit-il pas cet effet de distanciation brechtien que le cinéma emprunte au théâtre à la fin des années cinquante marquées par le soupçon généralisé à l’encontre de l’illusion représentative ?
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3Officiellement la filmographie d’Alain Resnais fait état d’un glissement progressif du cinéma vers le théâtre. En apparence absent des courts-métrages, puis intégré comme dispositif dans ses premiers films, il culmine comme objet exclusif de la mise en scène à partir de Mélo.
4Et si tout simplement le théâtre était chevillé au cinéma d’Alain Resnais.
Le mythe du théâtre
Le goût des acteurs
- 2 Il était le partenaire de Delphine Seyrig dans L’année dernière à Marienbad, il le sera (...)
5Une représentation de La mouette de Tchekhov donnée par Serge Pitoëff2 en 1937 lui révèle le théâtre au point de devenir l’assistant de celui-ci et d’envisager une carrière d’acteur. Ainsi, son inscription au cours Simon (mais le traumatisme des tournées théâtrales au cours desquelles il interprète des petits rôles mettent un terme à cette ambition d’acteur), sa fréquentation assidue des théâtres (où il se rend muni d’un carnet noir, y notant le nom des comédiens avec lesquels il aimerait travailler) ou bien encore sa collaboration avec les comédiens de théâtre qui en découle (ainsi pas moins de huit comédiens de la Comédie de Saint-Étienne dans la troupe crée et dirigée par Jean Dasté participent au tournage de Muriel, parmi lesquels Jean Dasté lui-même) ramènent-ils au seul théâtre.
Écrivains et dramaturges
6Certes, il est tentant d’opposer les dramaturges (David Mercer, Providence ; Henry Bernstein, Mélo ; Jules Feiffer, I want to go home ; Alar Ayckbourn, Smoking / No smoking, Cœurs ; Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, On connaît la chanson ; André Barde et Maurice Yvain, Pas sur la bouche) aux écrivains proprement dits alors même que le cinéaste a toujours préféré travailler avec des gens de théâtre qu’avec des écrivains. Et si David Mercer constitue à ses yeux l’auteur idéal parce qu’il n’a jamais écrit de roman, de Marguerite Duras (Hiroshima mon amour) il retient l’auteur de Square représenté au Théâtre des Mathurins ; de Jean Cayrol (Muriel) et Jacques Sternberg (Je t’aime, je t’aime) le fait qu’ils aient écrit une pièce et d’Alain Robbe-Grillet (L’année dernière à Marienbad) avant tout sa passion du théâtre, même s’il n’avait écrit aucune pièce.
- 3 Alain Resnais, Image et son, no 196, juillet 1966.
- 4 Robert Benayoun, Alain Resnais, arpenteur de l’imaginaire, Paris, Stock-cinéma, 1980, p (...)
7Dès 1966, il avouait : « Je rêve d’un grand film où l’on entende parler un langage qui soit comme celui de Shakespeare ou de Giraudoux »3. La beauté de la langue du film Les anges du péché (Robert Bresson, 1944) réalisera selon lui « ce rêve de cinéphile : quelqu’un avait enfin demandé à Giraudoux d’écrire un scénario »4.
- 5 Ibid., p. 155.
- 6 Ibid., p. 65.
- 7 Alain Resnais, France Observateur, 18 mai 1961.
- 8 Jean Cayrol, L’Arc, no 31, 1990, p. 12.
8Plus que « l’affaire » elle-même, plusieurs décennies plus tard, c’est encore Giraudoux, et sa pièce Intermezzo ainsi que Je t’aime de Sacha Guitry, qui inspire Stavisky… (pièces toutes les deux jouées au début des années trente). Il n’est pas jusqu’aux scénarios de ses commanditaires qui ne soient découpés en actes par ses soins, et ce « quel que soit le scénariste »5. Qu’il s’agisse d’Hiroshima mon amour où il suggère à M. Duras d’écrire comme si elle mettait en musique une pièce de théâtre, « comme Debussy avec le Pelléas et Mélisande de Maeterlinck »6, de L’année dernière à Marienbad conçu « comme une comédie musicale sans chansons »7 de Mon oncle d’Amérique et Muriel clairement découpés en actes (« L’idée du découpage en cinq actes vient de lui […] Resnais est d’ailleurs très marqué par le théâtre » poursuit l’écrivain-scénariste Jean Cayrol8) ou bien encore de L’amour à mort ponctué par des plages musicales sur fond d’écran blanc, tout son cinéma part (du) et ramène au théâtre.
La scène et l’avant-scène
- 9 Jean-Louis Leutrat, Suzanne Liandrat-Guiges, Alain Resnais : liaisons secrètes, accords (...)
9« J’ai forcément beaucoup d’admiration pour Ophuls. D’abord parce que je suis un homme de studio »9. Aussi les intérieurs sont-ils construits en studio (tels ceux de L’année dernière à Marienbad ou de Muriel) tandis que les lieux réels eux-mêmes se transforment en décor de studio, tels les châteaux munichois et la ville de Boulogne des deux films en question. Les intérieurs, les extérieurs et les villes ne forment plus alors qu’une immense scène au service de l’invention du cinéaste qui peut faire sienne cette réplique du Baron (Charles Boyer) dans Stavisky… : « Sur scène, tout est permis. Dans la vie, cela ne se passe pas comme au théâtre ».
- 10 Claude Beylie, Avant-Scène Cinéma, no 263, mars 1991.
10Chez Resnais, les acteurs le sont à la ville ainsi qu’à l’écran. Est en effet remarquable la récurrence des personnages comédiens dans ses films. Aussi bien Emmanuelle Riva est-elle désignée comme actrice en tournage à Hiroshima tandis que la jeune Françoise de Muriel (Nita Klein) évoque son métier de comédienne à propos de ses trous de mémoire et que le véritable récit de L’année dernière à Marienbad s’ouvre avec deux acteurs sur scène, Roger Pierre dans Mon oncle d’Amérique semble avoir été choisi selon Claude Beylie10, en raison de son appartenance au théâtre de boulevard. Il n’est pas jusqu’au personnage de l’employé immobilier (André Dussolier) dans On connaît la chanson qui n’aspire à être auteur dramatique.
11Sur le plateau, les consignes données aux acteurs relèvent de la tradition de l’Actor’s Studio :
- 11 J.-L. Leutrat, S. Liandrat-Guiges, Alain Resnais, Liaisons secrètes…, p. 192.
Je demande toujours au scénariste de me donner une biographie. C’est l’influence de Stanislavski et de Lee Strasberg puisque j’ai eu la chance d’être auditeur libre pendant un ou deux mois à l’Actor’s Studio11.
- 12 François Thomas, L’atelier d’Alain Resnais, Paris, Flammarion (Cinémas), 1989, p. 31.
12Sur le plateau également, le cinéaste ayant préalablement pris soin de se procurer les enregistrements des comédiens vus au théâtre et au cinéma (« Son choix repose sur la voix, les qualités musicales, son phrasé, son débit autant que sur le visage et le jeu physique »12) établit des combinaisons d’acteurs à la recherche d’un théâtre polyphonique :
- 13 Alain Resnais, « Portrait d’un cinéaste en explorateur », Esprit, no 96, dé (...)
Pour L’amour à mort, par exemple, la rencontre de la voix d’Ardant et de la voix d’Azema, du type de jeu de l’une et de l’autre […] était une espèce d’expression de polytonalité et de polyrythmie qui me stimulait13.
- 14 Alain Resnais, « Jouer avec le temps », L’Arc, no 31, 1990, p. (...)
13Le cinéaste, à propos de Marienbad, affirmait pour sa part que le trio Seyrig, Albertazzi et Pitoëff « est d’abord un trio de voix »14.
14De l’autre côté de la rampe, le spectateur est à la fois au théâtre et au cinéma et cette ambiguïté que le cinéma de Resnais affectionne et cultive, culmine ainsi dans Mélo où Resnais a selon sa propre expression :
- 15 Alain Resnais, cité par R. Benayoun, Alain Resnais, arpenteur…, p. 269.
[…] plutôt cherché à être à cheval sur le théâtre et le cinéma. Je n’ai jamais ressenti cette frontière entre les deux. Au contraire, j’ai toujours ressenti le rapport entre le théâtre et le cinéma. Ce film est une tentative de donner le plaisir du théâtre au cinéma15.
15Il n’est pas jusqu’à l’émotion du spectateur qui ne soit redevable au théâtre. Qu’il soit côté scène :
ou côté salle :
- 17 J.-L. Leutrat, « Entretien avec Alain Resnais », in Alain Resnais, Liaisons secrètes…, (...)
On rentre dans un multiplexe, on voit le film, on sort, on est tous vraiment restés sur notre siège, je ne sens pas du tout de participation. Je la sens au théâtre oui mais au cinéma je ne la sens plus17.
« …Le théâtre par d’autres moyens… »
- 18 R. Benayoun, Alain Resnais, arpenteur…, p. 31.
Devant l’échec de ma carrière théâtrale, mon raisonnement était le suivant : être monteur, c’est une manière de rester en contact avec le spectacle18.
- 19 Serge Daney, cité par J.-L. Leutrat, Alain Resnais, Liaisons secrètes…, p. 160.
16Si chacun s’accorde à reconnaître l’inclination du cinéaste pour le théâtre depuis Mélo (qui sauvait au final l’œuvre du cinéaste aux yeux du critique Serge Daney en l’évoquant comme « l’élégance ultime de cet univers »19) moins nombreux sont ceux qui songent à l’étendre à l’ensemble de sa filmographie. Et plus rares encore ceux qui s’accorderaient à définir la « Resnais’ touch » par cette empreinte du théâtre.
17La marque de fabrique du cinéaste est en effet, pour l’ensemble de ses contemporains, à chercher ailleurs, et plus précisément du côté du travail formel qu’il imprime à ses récits par le montage. Le montage considéré comme l’arme absolue à l’encontre des scories théâtrales et littéraires dont on sous-tend qu’elles encombrent son univers.
- 20 J.-L. Leutrat, S. Liandrat-Guigues, Alain Resnais, Liaisons secrètes…, p. 17.
18Soit le cinéma contre le théâtre. Alors même que l’opération de montage considérée comme le noyau dur de sa cinématographie n’est que le moyen de prolonger le théâtre autrement. C’est d’ailleurs Myriam Borsaubky, monteuse de Sacha Guitry qui accueille Resnais à sa sortie de l’IDHEC. Sacha Guitry dont Jean-Louis Leutrat a raison d’affirmer que c’est d’abord l’homme de théâtre qui intéresse Alain Resnais20.
- 21 « Jouer avec le temps », p. 96.
19De cette imprégnation du théâtre, Muriel illustre la dialectique de la manière la plus exemplaire. Entamé par un montage intempestif (vingt-cinq plans en vingt-huit secondes), le film se referme sur le même appartement vidé de ses occupants, semblable à une scène de théâtre que le spectateur découvre au gré d’un travelling panoramique d’une minute trente-sept secondes ; plan séquence qui n’est pas sans rappeler celui de l’appartement vide à la fin de On connaît la chanson. Une ville martyre (Boulogne), une jeune femme torturée (Muriel), une histoire d’amour passée (Hélène, Alphonse), le retour d’Algérie (Bernard), le souvenir (certains vrais, d’autres faux) constituent les ingrédients dramatiques de ce quasi-huis-clos (cinq jours à Boulogne sur mer). Le montage fragmente, disloque, disjoint mais aussi reforme, ressoude des espaces et des temporalités à l’image de la conscience perturbée des protagonistes : le nom des rues évoque le passé de la ville bombardée, l’Algérie se transporte à Boulogne, les personnages sont englués dans leur passé quand le souvenir ne leur tient pas lieu de présent. Le montage libère une autre-scène, « l’inconscient (qui) est aussi du spectacle, le spectacle le plus fondamental »21 confie Alain Resnais à Bernard Pingaud. Il en va ainsi pour les trois premiers longs métrages.
Le théâtre de l’inconscient
20Les vues réalistes sur lesquelles s’ouvre Hiroshima mon amour s’échouent, quelque dix minutes plus tard, sur un long travelling marquant l’entrée du film dans la mémoire de l’héroïne et son long soliloque. Tout juste interrompu par quelques répliques brèves de son interlocuteur japonais, il confirmera la prophétie inaugurale de celui-ci : « Tu n’as rien vu à Hiroshima ». Filmer l’invisible devient alors le véritable objet du cinéaste. Le réel s’est replié sur cette scène intime de la mémoire ; le réel objectif, dont la caméra serait le garant, a fait place à l’intériorité de l’héroïne et à sa tentative de remémoration du passé de Nevers. Deux films sur Hiroshima étaient possibles, celui dont l’héroïne est l’interprète en tant qu’actrice conviée sur ce lieu de tournage et dont on ne verra rien, et celui que Resnais fait miroiter à son public et qu’il ne verra pas. Reste alors le film de ce théâtre à deux voix auquel s’attache dorénavant le cinéaste, où Hiroshima et Nevers ne font plus qu’une seule ville. Le récit d’Hiroshima s’apparente de ce fait à une thérapie dont l’aveu de la Française, à propos de la mort de son amant allemand à Nevers pendant la Seconde Guerre mondiale : « Notre histoire était racontable » fait office de « coming-out ». Il entrera plus tard en résonance avec l’histoire de Muriel, entamée par cette mise en garde « Muriel, ça ne se raconte pas » et conclue par le meurtre à Boulogne de l’un des tortionnaires de la jeune algérienne par le héros du film.
21Cet aveu de Resnais confirme l’une des impressions majeures reçues par le spectateur, hors toute interprétation, à savoir que les deux temporalités du film, celle de la supposée rencontre à Marienbad, un an auparavant, avec la jeune femme (Delphine Seyrig) évoquée par le protagoniste masculin (Giorgio Albertazzi) et celle de leur retrouvaille dans le temps donné comme présent sont aussi irréelles l’une que l’autre. Les séquences se rapportant au temps passé pourraient encore faire office de flash-back si le dialogue et le montage ne s’efforçaient de dissoudre cet hiatus temporel. Ces deux Marienbad, aux yeux du spectateur, finissent par constituer un seul et unique espace-temps imaginaire. Le point de résolution ne peut-il pas être assigné à cette représentation théâtrale sur laquelle s’ouvre et se clôt le film ? L’hypothèse vaut si on veut bien admettre que ce théâtre a déjà cessé d’être doté d’une existence tangible dès que le film commence. En effet, les longs travellings répétitifs, quasi incantatoires et les effets de montage répétés qui précèdent cette présence du théâtre libèrent un espace imaginaire, cette autre scène peuplée d’êtres et de décors tout aussi irréels et sur laquelle semble se rejouer à l’infini la « scène primitive » de la rencontre des deux amants.
22Boulogne-sur-Mer Mer, Hiroshima, Nevers, Marienbad autant de villes réelles aussi bien qu’imaginaires. Autant de décors de théâtre de l’inconscient.
Notes
1 Alain Resnais, Jeune Cinéma, no 31, p. 5.
2 Il était le partenaire de Delphine Seyrig dans L’année dernière à Marienbad, il le sera encore après le film dans la même pièce de Tchekhov. Tchekhov qui servira de lien avec l’acteur Eiji Okada d’Hiroshima mon amour également grand amateur du dramaturge russe.
3 Alain Resnais, Image et son, no 196, juillet 1966.
4 Robert Benayoun, Alain Resnais, arpenteur de l’imaginaire, Paris, Stock-cinéma, 1980, p. 33.
5 Ibid., p. 155.
6 Ibid., p. 65.
7 Alain Resnais, France Observateur, 18 mai 1961.
8 Jean Cayrol, L’Arc, no 31, 1990, p. 12.
9 Jean-Louis Leutrat, Suzanne Liandrat-Guiges, Alain Resnais : liaisons secrètes, accords vagabonds, Paris, Cahiers du cinéma, 2006, p. 190.
10 Claude Beylie, Avant-Scène Cinéma, no 263, mars 1991.
11 J.-L. Leutrat, S. Liandrat-Guiges, Alain Resnais, Liaisons secrètes…, p. 192.
12 François Thomas, L’atelier d’Alain Resnais, Paris, Flammarion (Cinémas), 1989, p. 31.
13 Alain Resnais, « Portrait d’un cinéaste en explorateur », Esprit, no 96, décembre 1984, p. 35.
14 Alain Resnais, « Jouer avec le temps », L’Arc, no 31, 1990, p. 101.
15 Alain Resnais, cité par R. Benayoun, Alain Resnais, arpenteur…, p. 269.
16 Alain Resnais, Positif Anthologie, cité par J.-L. Leutrat, Alain Resnais, Liaisons secrètes…, p. 133.
17 J.-L. Leutrat, « Entretien avec Alain Resnais », in Alain Resnais, Liaisons secrètes…, p. 197.
18 R. Benayoun, Alain Resnais, arpenteur…, p. 31.
19 Serge Daney, cité par J.-L. Leutrat, Alain Resnais, Liaisons secrètes…, p. 160.
20 J.-L. Leutrat, S. Liandrat-Guigues, Alain Resnais, Liaisons secrètes…, p. 17.
21 « Jouer avec le temps », p. 96.
22 Alain Resnais, cité par Gaston Bounoure, Alain Resnais, Paris, Seghers (Cinéma d’aujourd’hui), 1962, p. 33.
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Référence papier
Jean-Louis Libois, « Théâtre, cinéma, l’autre scène », Double jeu, 7 | 2010, 17-23.
Référence électronique
Jean-Louis Libois, « Théâtre, cinéma, l’autre scène », Double jeu [En ligne], 7 | 2010, mis en ligne le 21 juillet 2018, consulté le 15 octobre 2026. URL : http://journals.openedition.org/doublejeu/1179 ; DOI : https://doi.org/10.4000/doublejeu.1179
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