Merci à mon Ami le Professeur Graham Evans d’avoir corrigé la traduction anglaise du résumé et celle des légendes des figures. Que soient aussi remerciés Messieurs Guillaume Bourguetou et Bernard Hypolite de l’Agence de l’Eau Adour-Garonne pour la mise à ma disposition des MNT « ombrés » qui permettent de distinguer, par leur morphologie, les deux générations de dunes côtières. Merci à Pascal Bartout pour sa lecture attentive du manuscrit et ses judicieuses corrections.
1L’Aquitaine présente sur sa façade océanique une immense côte sableuse qui s’étend, sur près de 250 km, entre la Pointe de Grave au nord et l’embouchure de l’Adour au sud. La zone côtière se caractérise par l’existence d’un chapelet de lacs et d’étangs (Fig. 1), dont on va tenter de reconstituer l’histoire.
2Après avoir présenté le contexte géologique des lacs aquitains et la chronologie de la mise en place des dunes côtières, nous verrons comment les résultats des études archéologiques subaquatiques du lac de Cazaux-Sanguinet permettent d’en établir la genèse. L’analyse du cadre géomorphologique des autres lacs et étangs côtiers nous montrera que l’on peut extrapoler cette histoire à l’ensemble de ces plans d’eau.
3Tous ces lacs sont enchâssés dans la formation géologique pléistocène du « Sable des Landes » et séparés de l’océan par le cordon des dunes côtières (Fig. 1). On peut donc raisonnablement penser que l’histoire de la mise en place de ces plans d’eau se confond, au moins en partie, avec l’histoire des dunes comme le suggérait déjà Buffault (1897) dans son premier ouvrage.
4La formation de ces lacs est due à l’obstruction des petites rivières côtières par la dérive littorale nord-sud combinée à la migration des sables pendant les épisodes de forte activité éolienne et de formation des dunes. Ainsi les embouchures, estuaires ou lagunes, ont été transformées en lacs lorsque leur débouché océanique a été complètement obstrué (Welsch, 1910 ; Buffault, 1906, 1942 ; Enjalbert, 1960 ; Normand, 1968 ; Legigan, 1979 ; Penin, 1980 ; Froidefond, 1982 ; Capdevielle, 1986 ; Lalanne, 1990, Maurin, 1992).
5Il s’agit d’une couverture sableuse d’origine fluvio-éolienne qui s’étend jusqu’à 100 km à l’intérieur des terres (Fig. 1) et dont la surface est accidentée de dunes et de rides (Legigan, 1979). Le « Sable des Landes » s’est mis en place entre 25000 et 15000 ans avant notre ère (Bertran et al. 2011, Sitzia, 2014). Cette couverture sableuse a pu être remaniée par l’action du vent au cours du refroidissement du Dryas récent (vers 12000 ans) et, plus près de nous, pendant le Petit Âge Glaciaire. Sur cette formation ont pu se développer des sols podzoliques à alios (Legigan, 1979), l’alios étant un grès à ciment ferro-humique qui prend naissance dans l’horizon B (horizon d’accumulation) des sols sableux.
6Elles constituent un cordon sableux, actuellement boisé, dont la largeur peut atteindre 10 km (Fig. 1). Ce cordon n’est interrompu que par l’embouchure de la lagune du Bassin d’Arcachon et par les exutoires (localement appelés « courants ») de certains lacs côtiers encore reliés à l’Océan. D’un point de vue du vocabulaire, nous distinguerons la « dune littorale » (« foredune » des anglo-saxons) qui est l’étroit cordon sableux, non boisé, bordant la plage et entretenu par l’Office National des Forêts (ONF) des dunes côtières boisées, situées à l’est de ce cordon.
Figure 1 - Situation géographique et cadre géologique des lacs et étangs côtiers aquitains. L’altitude de la surface et du fond des lacs est donné par rapport au zéro NGF (Normand, 1968).
7Les études pionnières de Duregne (1890) et Buffault (1897) reconnaissaient dans les dunes côtières deux générations dont Buffault (1942) proposait la cartographie (Fig. 2). Il distinguait des « dunes primaires » (anciennes), les plus à l’est et d’altitude maximum de 70 m, et des « dunes modernes », à l’ouest, toujours plus élevées et pouvant culminer à 88 m.
Figure 2 – « Carte des dunes anciennes et des affleurements d’anciens sols », extrait de Buffault (1942). Seule la couleur bleue a été ajoutée pour mettre en évidence le chapelet des lacs côtiers.
8Du point de vue morphologique, ces dunes sont en forme de croissant (Fig.3). Les dunes primaires sont essentiellement des dunes paraboliques chevauchantes (« overlapping parabolic dunes » des anglo-saxons) alors que les dunes modernes sont pour la plupart de type barkhane (Froidefond 1970, Tastet & Pontee 1998, Tastet 1998).
Figure 3 - Différentes morphologie des dunes côtières d’Aquitaine.
9Au pied de la dune littorale, des « affleurements d’anciens sols » (Buffault, 1942) sont reconnus sur presque toute la longueur de la côte aquitaine (Fig. 2). Il s’agit de niveaux organiques horizontaux qui séparent des épandages sableux d’origine éolienne. On peut y rencontrer des souches d’arbre en position de vie.
10Chronologie
11Jusqu’en1998, ces dunes étaient considérées comme d’âge préhistorique (Froidefond, 1970, Dubreuilh, 1971 ; Marionnaud & Dubreuilh, 1972 ; Dubreuilh & Marionnaud, 1973, Froidefond & Legigan, 1985 ; Tastet, 1998 ; Tastet & Pontee, 1998) à partir de datations au 14C effectuées dans le nord du Médoc sur certains « affleurements d’anciens sols » alors considérés, à tort, comme la prolongation, vers l’océan, et sous la dune littorale, des surfaces des deux générations de dunes (Dubreuilh, 1971). Ces âges ont été extrapolés vers le sud aux dunes côtières de l’ensemble des cartes géologiques du littoral aquitain (Dubreuilh & Marionnaud, 1974 ; Gayet et al.,1976 ; Dubreuilh et al., 1991 ; Karnay et al., 1991 ; Karnay, 1992a ; Karnay, 1992b ; Mazurier & Karnay, 1992).
12Les études les plus récentes (Clarke et al., 1999, 2002 ; Tastet, 2004) ont pu préciser la chronologie de la mise en place de ces deux générations grâce à des datations complémentaires au 14C sur des niveaux organiques et, surtout, à partir de datations par luminescence infra rouge (OSIRL). Cette dernière méthode, appliquée aux grains de sable, donne la date du moment où le grain a été mis à l’obscurité, c’est à dire la date de son enfouissement (Clarke et al., 1999, 2002).
13Il a été ainsi montré (Fig. 4) que les dunes primaires avaient été mobiles entre l’an 500 et l’an 1000 et les dunes modernes entre l’an 1500 et le début du XIXème siècle, époque à laquelle elles ont été fixées par semis d’une forêt de pins maritimes.
Figure 4 – Synthèse des datations obtenues sur les dunes côtières et les affleurements de paléosols (d’après Tastet, 2004). Les flèches rouges indiquent les dates obtenues par luminescence : les flèches tournées vers la gauche concernent les grains de la face de dune située sous le vent, elles donnent l’âge approximatif de l’arrêt du mouvement dunaire. Les flèches tournées vers la droite concernent les grains prélevés sur la face au vent et datent des périodes de mobilité de la dune. La longueur des flèches correspond à la marge d’erreur de la mesure.
Les traits verts correspondent aux datations au 14C obtenues sur des niveaux de sols anciens affleurant sur le littoral. Ils indiquent des périodes de répit dans l’activité éolienne et de réchauffement climatique avec développement de la forêt. La longueur du trait correspond à la marge d’erreur.
14Les paléosols affleurant en haut de plage et séparant des niveaux horizontaux de sables éoliens sont d’âge préhistorique (entre 2000 BC et 750 BC – Before Christ-) ou gallo-romains (antérieurs à l’an 500).
15La comparaison de ces informations avec les données concernant les variations climatiques des derniers millénaires (Van de Plassche, 2000, Desprat et al., 2003) permet de relier la genèse des systèmes dunaires aux fluctuations historiques du climat (Fig. 4).
16Après la période chaude gallo-romaine qui a permis le développement d’une forêt dont les paléosols ont été datés en Médoc le climat se dégrade.
17- Entre l’an 500 et l’an 1000, c’est la période sombre médiévale, froide et favorable aux vents de tempêtes. Les dunes primaires se mettent en place envahissant les forêts gallo-romaines qui recouvrent les épandages sableux éoliens préhistoriques (niveaux de sable séparés par des sols organiques fossiles visibles à la base des falaises d’érosion de la côte et, en particulier, à la base de la dune du Pilat).
18- Les dunes primaires se sont couvertes naturellement de forêts pendant l’optimum climatique médiéval, plus chaud et plus humide (période chaude médiévale).
19- La dégradation climatique du Petit Âge Glaciaire (P.A.G.), qui débuta autour de l’an 1500, a conduit au remaniement des dunes primaires et à leur envahissement par les dunes modernes. Ces dunes, qui recouvraient cultures et villages, ont été fixées, par semis d’une forêt de pins maritimes, dans la première moitié du XIXème siècle en application d’un décret consulaire de 1801, signé du Premier Consul Bonaparte.
20Le lac de Cazaux-Sanguinet est, comme les autres lacs et étangs aquitains, enchâssé dans la formation géologique du « Sable des Landes » et séparé de l’Océan par le système des dunes côtières (Fig. 5). C’est le lac le plus profond (25 m) et celui dont le plan d’eau est le plus élevé à 20,90 m d’altitude (Normand, 1968).
Figure 5 – Topographie de la région du lac de Cazaux-Sanguinet, montrant la morphologie et la distribution des dunes primaires et modernes (d’après Tastet et al., 2008). Position approximative des sites archéologiques subaquatiques : 1 Losa, 2 L’Estey du large, 3 La Forêt, 4 Put Blanc, 5 Matocq.
21Parallèlement aux travaux sur les dunes, les études menées sur les témoins archéologiques gisant au fond du lac (voir la bibliographie dans Tastet et al., 2008) ont permis d’établir une courbe de l’évolution probable du niveau du plan d’eau (Fig. 6).
Figure 6 – Reconstitution des variations du niveau du lac durant les derniers 4000 ans (Tastet et al., 2008). Avant 1000 ans BC le niveau de la paleo-lagune devait être influencé par la marée.
22La comparaison de l’histoire du niveau du lac et de la mise en place des formations d’origine éolienne permet de proposer les paléogéographies successives du lac de Cazaux-Sanguinet (Fig. 7).
Figure 7 – Reconstitution de la paléogéographie du lac de Cazaux-Sanguinet depuis 4000 ans (Tastet & Clavé-Papion, 2008). BC = Before Christ (Avant JC). La flèche indique la situation de la partie la plus profonde du lac actuel.
23La dernière période glaciaire a culminé il y a 18000 à 20000 ans et, à cette époque, le niveau de la mer était à quelques 120 m en dessous du niveau actuel. Les rivières ont alors creusé leurs vallées pour rejoindre ce niveau de base. Le réchauffement climatique qui a suivi a vu le niveau de la mer remonter pour atteindre un niveau proche de l’actuel vers 3000 à 4000 ans avant notre ère. Depuis cette date le niveau marin a certainement très légèrement fluctué autour de l’actuel. Ces fluctuations sont imperceptibles sur le littoral aquitain aussi peut-on considérer le niveau marin comme stable depuis 5000 à 6000 ans.
24Les éléments de datation dont nous disposons (Clarke et al., 1999, 2002 ; Tastet et al., 2008) pour reconstituer l’histoire du Lac de Sanguinet remontent à 2000 ans BC.
25Vers 2000 BC, la vallée de la petite rivière, la Gourgue, a été envahie par la remontée marine post-glaciaire. La dérive littorale nord-sud, qui devait déjà affecter la Côte Aquitaine, avait construit une flèche sableuse séparant partiellement de l’Océan Atlantique ce qui devait être une lagune, soumise à la marée (Fig. 7a). Le fond du lac actuel est atteint par la mer dont le niveau est, depuis lors, plus ou moins stable. Vraisemblablement la côte est déjà en érosion.
26Jusqu’au début de notre ère le niveau du lac ne dépasse pas 7 à 8 mètres en altitude (Fig. 6), on peut donc supposer que la lagune s’est transformée en lac, encore en relation avec l’océan (Fig. 7b et 7c) comme le sont actuellement les lacs d’Aureilhan ou de Léon. Le niveau du lac est alors celui de la nappe phréatique.
27Entre le début de notre ère et l’an 500, le niveau du lac s’élève faisant penser qu’il est alors plus ou moins fermé (Fig. 7d), vraisemblablement par l’action de la dérive littorale. C’est la période chaude gallo-romaine qui favorise le développement de la forêt.
28Entre l’an 500 et l’an 1.000, pendant la période sombre médiévale, la détérioration climatique conduit à la mise en place les dunes primaires (Fig. 4) qui envahissent la forêt gallo-romaine et atteignent alors leur maximum d’extension (Fig. 7e). La formation de ce premier cordon dunaire sépare définitivement le lac de l’océan et son niveau connaît un premier maximum autour de 20 m d’altitude (Fig. 6).
29Pendant la période chaude médiévale, entre l’an 1000 et 1500, les dunes primaires se couvrent naturellement d’une forêt (Fig.7f). Le niveau du lac s’abaisse.
30A partir de l’an 1500, c’est le début du Petit Âge Glaciaire, la détérioration climatique et la déforestation d’origine anthropique, conduisent à la mise en place des dunes modernes (Fig. 7g). Le niveau du lac s’élève alors à 23,35 m. Ces dunes modernes envahissaient cultures et villages (Buffault, 1942). Elles furent fixées définitivement par semis d’une forêt de pins maritimes (Fig. 7h) au début du XIXème siècle.
31En 1840, l’installation d’un déversoir artificiel vers le lac de Biscarrosse-Parentis fixe alors le niveau du lac à 20,94 m au- dessus du niveau de la mer (Fig. 6).
32L‘analyse comparée des MNT « ombrés » (Modèle Numérique de Terrain RGE ALTI® de l’IGN) qui nous ont été fournis par l’Agence de l’Eau Adour-Garonne va nous permettre de démontrer la similitude géomorphologique de l’ensemble des lacs et étangs du littoral aquitain. Dans un premier temps nous avons rapporté les données géologiques exposées plus haut sur le MNT du lac de Cazaux-Sanguinet (Fig. 8). Par la suite nous interprèterons la géomorphologie de la plupart des lacs et étangs (Fig. 9) par comparaison avec ces données.
Figure 8 – Cadre géomorphologique et géologique du lac de Cazaux-Sanguinet.
33Ces cartes montrent clairement que les lacs sont tous enchâssés dans la « plaine », peu accidentée du Sable des Landes et séparés de l’Océan par les reliefs tourmentés des dunes côtières.
Figure 9 – Localisation des lacs et étangs du littoral aquitain. Les figures suivantes illustreront le cadre géomorphologique et géologique des lacs et étangs dont les noms sont soulignés
34C’est au droit de l’étang de Cazaux-Sanguinet (Fig.8) que le cordon des dunes côtières est le mieux diversifié. On notera l’importance des dunes primaires et l’altitude particulièrement élevée des dunes modernes en grandes rides barkhanoïdes qui culminent ici à 88 mètres.
35La barrière dunaire de l’étang de Carcans-Hourtin (Fig. 10) présente la même disposition. Les dunes modernes bordent la rive occidentale du lac, il s’agit de grandes rides barkhanoïdes coalescentes dont l’altitude, plus faible qu’à Sanguinet, ne dépasse pas 66 mètres. Au nord du lac seules deux petites dunes primaires paraboliques constituent la Pointe de Piqueyrot. Le massif des dunes primaires est plus développé au sud du lac. Il est amusant de noter que c’est dans ce massif de dunes primaires paraboliques que se situe la voie nommée « Chemin des Barkhanes » : une « hérésie géologique ».
Figure 10 – Cadre géomorphologique et géologique de l’étang de Carcans-Hourtin.
36L’étang de Lacanau (Fig. 11) est lui aussi séparé de l’Océan par les dunes modernes, qui passent d’une disposition en rides plus ou moins coalescentes à des barkhanes isolées, ou simples. L’altitude maximum des dunes modernes est de 59 mètres. Au nord du lac, le « massif » des dunes primaires est continu jusqu’au lac de Carcans-Hourtin.
Figure 11 – Cadre géomorphologique et géologique l’étang de Lacanau.
37La même disposition s’observe à l’étang de Biscarrosse-Parentis (Fig. 12) où les dunes modernes, en rides plus ou moins coalescentes, culminent à 74 mètres. Les dunes primaires paraboliques du nord sont en continuité avec celles de La Teste et celles du sud avec celles du nord du lac de Cazaux-Sanguinet (Fig. 8).
Figure 12 – Cadre géomorphologique et géologique l’étang de Biscarrosse-Parentis.
38À Aureilhan, les dunes modernes culminent à 69 mètres et ont presque totalement recouvert et/ou remanié les dunes primaires pré-existantes (Fig. 13). Il n’en subsiste au nord du lac que trois petites dunes paraboliques qui atteignent 34 mètres d’altitude. On peut les observer au lieu-dit Pourjaou en bordure de la route D87 entre Sainte-Eulalie-en-Born et Mimizan.
Figure 13 – Cadre géomorphologique et géologique l’étang d’Aureilhan.
39Plus au sud l’extension des dunes primaires s’accroit et les dunes modernes voient leur altitude considérablement diminuer. C’est le cas au droit de l’étang de Léon (Fig. 14) où les dunes primaires atteignent 59 mètres alors que les dunes modernes sont inférieures à 51 mètres.
Figure 14 – Cadre géomorphologique et géologique l’étang de Léon.
40Les étangs de Soustons (Fig. 15) et le groupe de l’étang d’Hardy, l’étang Blanc et l’étang Noir (Fig. 16) sont séparés de l’Océan par un important massif de dunes primaires paraboliques dont l’altitude atteint, au droit de l’étang d’Hardy, 65 mètres. Entre ces dunes primaires et l’Océan un no man’s land peu accidenté peut être rattaché au système des dunes modernes, en particulier au droit de l’étang de Soustons (Fig. 15). Cette zone se réduit vers le sud pour disparaître en face de l’étang Blanc.
Figure 15 – Cadre géomorphologique et géologique l’étang de Soustons.
Figure 16 – Cadre géomorphologique et géologique des étangs Blanc (1), Hardy (2) et Noir (3).
41Les plus méridionaux des plans d’eau du littoral aquitain sont le Marais d’Orx et les trois petits étangs d’Yrieu, du Turc et de Garros (Fig. 17). La partie nord du Marais d’Orx est bordée par le Sable des Landes alors que le sud occupe des dépressions de la topographie dans les calcaires et marnes tertiaires : éocènes et oligo-miocènes. Les dunes primaires paraboliques, qui atteignent une altitude de 64 mètres, séparent le Marais d’Orx et l’étang d’Yrieu d’une zone basse accidentée de petites dunes que l’on peut rattacher aux dunes modernes.
Figure 17 – Cadre géomorphologique et géologique du marais d’Orx et des petits étangs d’Yrieu, du Turc et de Garros.
42La description que nous venons de faire du contexte géomorphologique et géologique de l’ensemble des lacs et étangs côtiers aquitains montre qu’ils sont tous enchâssés dans la formation géologique du Sable des Landes et séparés de l’Océan par les dunes côtières. Cette disposition parfaitement étudiée et expliquée pour le lac de Cazaux-Sanguinet, nous permet d’extrapoler l’histoire de la genèse de ce dernier à l’ensemble des lacs et étangs du littoral aquitain (Fig. 9).
43Ils résultent tous du barrage de petites rivières par le système des dunes côtières. Certains ont gardé un exutoire sur l’Océan et alors leur niveau n’excède pas 7 à 8 mètres. D’autres ont été totalement séparé de l’Océan et ont vu leur niveau, qui est celui de la nappe phréatique, s’élever lors de la mise en place des dunes. Cette séparation est devenue définitive entre l’an 500 et l’an 1000 par la mise en place des dunes primaires durant la période sombre médiévale. Une seconde élévation du plan d’eau a pu intervenir lors de la mise en place des dunes modernes durant le Petit Âge Glaciaire, entre les années 1500 et 1800. Aujourd’hui, le niveau du plan d’eau de ces lacs ne subit que de légères variations saisonnières qui sont celles de la nappe phréatique.