« Notarius Inquisitionis ». Le poids de l’office de notaire auprès du tribunal de l’Inquisition des deux côtés des Pyrénées (XIIIe-XIVe siècles)
Résumés
Cette étude investigue quel travail incombe à l’office du notaire auprès du tribunal de l’Inquisition dans le royaume d’Aragon et dans le sud du royaume de France au cours des XIIIe-XIVe siècles. Le début institutionnel de l’Inquisition voit apparaître une nouvelle charge du notaire : rendre service à l’inquisiteur. C’est pourquoi le notaire du tribunal de l’Inquisition s’associe étroitement à l’inquisiteur. Il transcrit tout document inquisitorial. Le nouvel aboutissement de l’office du notaire permet de comprendre toute une histoire mouvementée de l’Inquisition du Moyen Âge par le biais des archives notariales tant manuscrites qu’éditées. Le notaire du tribunal de l’Inquisition perd parfois la vie, parfois son office. Cependant, on doit tout registre important de l’Inquisition médiévale à l’office du notaire qui mérite certainement une meilleure évaluation historiographique.
Entrées d’index
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Introduction
- 1 Othmar HAGENEDER, Werner MALECZEK, Die Register Innocenz’ III., 2. Pontifikatsjahr, 1199/1200, Text (...)
- 2 Lucien AUVRAY, Les Registres de Grégoire IX, Paris : Librairie Thorin et Fils – Albert Fontemoing É (...)
- 3 Jean-Louis BIGET, « L’inquisition en Languedoc, 1229-1329 », in : Agostino BORROMEO (éd.), L’Inquis (...)
- 4 Peter BILLER, Caterina BRUSCHI, Shelagh SNEDDON, Inquisitors and Heretics in Thirteenth-Century. Ed (...)
1C’est surtout au cours des XIIIe-XIVe siècles que la naissante institution de l’Inquisition, après s’être munie tant de la bulle1 Vergentis in senium du pape Innocent III en mars 1199 que de deux bulles2 du pape Grégoire IX – Excommunicamus et anathematizamus en février 1231 et Ille humani generis en avril 1233 –, s’attaque progressivement à l’endiguement des hérésies3 qui pullulaient des deux côtés des Pyrénées – Cathares, Vaudois, Pseudo-Apôtres, Béguins – où chaque tribunal inquisitorial avait fortement besoin de personnels qui sachent écrire à la lumière du droit canon. Il s’agit plus précisément de notaires. C’est alors que la charge4 notariale gagne inopinément une importance appréciable au service du pouvoir spirituel. Le notaire devient omniprésent partout où son inquisiteur enquête des hérétiques.
- 5 Philippe VAN LIMBORCH, Historia Inquisitionis, Amstelodami : Apud Henricum Wetstenium, 1692, p. 118 (...)
- 6 Lu Ann HOMZA, The Spanish Inquisition 1478-1614. An Anthology of Sources, Indianapolis : Hackett Pu (...)
2Il suffit de relire un bref chapitre5 de l’Historia Inquisitionis de Philippe van Limborch (1633-1712), afin de comprendre quels devoirs incombaient à l’office de notaire de l’Inquisition – notarius Inquisitionis haereticae pravitatis – en chaque circonstance pertinente à la cause inquisitoriale. Cependant, Philippe van Limborch ne se réfère pas tant à l’office de notaire de l’Inquisition du Moyen Âge qu’à l’office6 de notaire du Tribunal du Saint-Office de l’Inquisition ou de la Congrégation Sacrée de l’Inquisition Romaine qui se sont institués au cours des XVe-XVIe siècles, puisqu’il faut comprendre que cet office de notaire inquisitorial évolue au cours des époques où diverses Inquisitions étaient instituées. C’est pourquoi cette investigation de l’office de notaire se limite strictement à l’Inquisition médiévale.
Notaires et Inquisiteurs
- 7 Martí AURELL I CARDONA, « Le personnel politique catalan et aragonais d’Alphonse Ier en Provence (1 (...)
- 8 Sergi GRAU TORRAS, Eduard BERGA SALOMÓ, Stefano Maria CINGOLANI, L’herètica pravitat à la Corona d’ (...)
- 9 Damian John SMITH, Crusade, Heresy and Inquisition in the Lands of the Crown of Aragon (c. 1167-127 (...)
3Le notaire7 royal Guillaume de Bassia – ac Guillermo de Bassia regio notario – apposait son seing à l’édicte8 qu’Alphonse II (1152-1196) – roi d’Aragon, comte de Barcelone et marquis de Provence – édictait en octobre 1194, afin de poursuivre davantage la secte de Vaudois ou Pauvres de Lyon – Valdenses, videlicet sive sabbatatos, qui et alio nomine se vocant pauperes de Lugduno – qui devait être bannie de son royaume, de même que son confrère Jean de Berax – per manum Iohannis Beraxensis, domini regis notarii –, notaire royal qui apposait ensuite son seing à l’édicte similaire de Pierre II d’Aragon (1178-1213), bien qu’en Aragon la judiciarisation9 inquisitoriale de toute secte des hérétiques soit dorénavant en marche.
- 10 Josep PERARNAU I ESPELT, « Fórmula d’abjuració d’un matrimoni de Valdesos barcelonins », Arxiu de T (...)
- 11 Ms. Sessorino 15 Roma, Biblioteca Nazionale, XIIIe-XIVe siècles, fol. 68ro-vo.
- 12 Ms. Lat. 370 Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, XIIIe siècle, fol. 7va-b. Ms. Otto. Lat. 5 Vatican, (...)
- 13 Ms. H 9 Montpellier, Bibliothèque Universitaire, XIIIe siècle, fol. 198vb. Ms. Lat. 8964 Paris, Bib (...)
- 14 Othmar HAGENEDER, Andrea SOMMERLECHNER, Die Register Innocenz’ III., 8. Pontifikatsjahr, 1205/1206, (...)
- 15 Nicolas EYMERIC, Directorium Inquisitorum, Romae : In Aedibus Populi Romani Apud Georgium Ferrarium (...)
4Le personnel du tribunal de l’Inquisition se dotait juridiquement de la procédure inquisitoriale – per inquisitionem – qu’Innocent III adoptait en 1215, lors du Concile de Latran IV, puisqu’elle s’affermit ensuite de quelques apports importants des docteurs en droit canon ou même des inquisiteurs. Le notaire n’apprête pas encore son office à l’inquisiteur naissant, mais à l’évêque, tel que Bérenger de Palou, évêque de Barcelone entre 1212 et 1241, qui obligeait un couple à l’abjuration formelle de la doctrine des Vaudois qu’un notaire devait transcrire en document public – tali, notario, quatenus de hoc publicum faciat instrumentum – que Josep Perarnau i Espelt n’attribuait qu’à un seul manuscrit10 de la Summa de poenitentia11 du docteur en droit canon Raymond de Penyafort (1175-1275), tandis qu’au moins deux autres manuscrits12 de la somme pénitentielle de Raymond de Penyafort contiennent encore la même formule abjuratoire, puisqu’elle s’ajoute au chapitre qui traite des hérétiques. Le notaire appose obligatoirement son seing à l’abjuration des hérétiques réconciliés. Le document notarial de la formule abjuratoire semble écrit entre 1218 et 1222, quand Raymond de Penyafort rédigeait la Summa iuris canonici13 où une décrétale14 du 6 juin 1205 du pape Innocent III à Pierre II d’Aragon – reconduite par Innocent IV (1180-1254) au Concile de Valence de 1248 et défendue15 par Nicolas Eymeric (1320-1399) dans son Directorium Inquisitorum – prohibait toute assistance de la part des notaires – et scriniariis firmiter inhibemus – au service des hérétiques qui se voyaient privés de documents notariés – publica instrumenta – qu’aucun notaire ne pouvait plus émettre sans perdre son office notarial.
5C’est le pape qui confère directement à l’office des notaires de l’Inquisition son autorisation pontificale. Le mandat apostolique de l’inquisiteur Ferrier – frater Ferrarius, prior Fratrum Praedicatorum Narbonensis – étendait la poursuite inquisitoriale des hérétiques en deux évêchés aragonais – Narbonne et Elne – depuis 1229 jusqu’en 1235, quand Pierre Romain, notaire de l’archevêque de Narbonne – et Petri Romani, notarii domini archiepiscopi –, se munit encore des sceaux tant de l’inquisiteur que de l’archevêque, afin de transcrire la sentence de condamnation de Catbert de Barbaira – haereticorum receptator, defensor et credens – qui était lâchée dans l’église Saint-Jean-le-Vieux de Perpignan, le 24 décembre 1235, donc quelque temps avant qu’une émeute n’éclate à Narbonne contre ledit inquisiteur Ferrier qui s’aguerrit ensuite à l’inquisition des hérétiques en quelques cités – Elne, Caunes, Carcassonne –, pour étendre après 1242 sa juridiction inquisitoriale. Le vicomte Roger IV de Castelbon (1220-1265) n’acquiesçait qu’à cause du conseil de son père Roger-Bernard II (1195-1241), comte de Foix, à l’obstination de Guillaume de Montgrí, archevêque élu de Tarragone, afin de permettre la poursuite inquisitoriale des hérétiques de son vicomté qu’un document du notaire archiépiscopal Raymond de Villeneuve – Raimundus de Villanova, notarius domini electi –, présent le 27 mai 1237 à Solsona, comptait sommairement à l’ordre des soixante-dix-huit condamnés, bien qu’un certain nombre de poursuites soit également en cours.
6Le notaire de Sabarthès, Arnaud Sicre, certifiait la missive du vicomte Roger IV de Castelbon – devenu entretemps comte de Foix – qui répondait à l’inquisiteur de Narbonne Étienne de Gâtine, le 8 décembre 1264 – fratri Stephano de Vastino […], et mei Arnardi Cicredi, notarii publici Savartesii –, au sujet de quelque fugitif qui était enquis pour hérésie. Il s’ensuit qu’Arnaud Sicre assiste son confrère, Bonnet David, notaire public de Pamiers – Arnaldi Sicredi, notarii publici Savartesii, et mei Boneti David, publici Appamiensis notarii –, qui rédige la missive du 12 décembre 1264 où Roger IV de Foix protestait instamment à l’encontre de l’inquisiteur Étienne de Gâtine qui préjudiciait gravement la plupart des terres du comte de Foix, puisqu’un tel inquisiteur ne saurait être qu’un fauteur de troubles. Le comte Roger IV de Foix meurt en février 1265, mais son fils, Roger-Bernard III, nouveau comte de Foix, ne remboursait pas encore Guillaume de Montgrí, sacristain de Gérone, qui payait .lx. livres melgoriennes comme dépens processuels aux inquisiteurs Pierre de Cadreyta et Raymond de Lérida dans un acte notarial du 26 mai 1271 que deux des trois notaires publics de Barcelone ne signaient qu’à titre de témoins, tandis qu’un troisième notaire public s’en portait scribe :
- 16 S. GRAU TORRAS, E. BERGA SALOMÓ, S. M. CINGOLANI, op. cit., 2, p. 504.
Sig(+)num Petri de Termino, notarii publici Barchinonae, qui hic pro teste subscribo. Sig(+)num Petri Sugnealis, notarii publici Barchinonae, qui hic pro teste subscribo. Sig(+)num Bernardi de Caderita, notarii publici Barchinonae, qui hoc scribi fecit et clausit die et anno prefixis16.
7Le payement de la part du comte de Foix était toujours en retard quand Guillaume de Montgrí soumettait en gage tant une Bible qu’un exemplaire du Liber Sententiarum de Pierre Lombard aux inquisiteurs Pierre de Cadreyta et Guillaume de Calonge qui procédaient à l’excommunication provisoire du comte de Foix jusqu’au remboursement des .lx. livres melgoriennes que Guillaume de Montgrí avait payées. Le portefeuille du notaire de l’Inquisition semble assez divers, parce que Raymond de T. Savall, notaire public de Puycerdan – Raimundus de T. Savalle, notarius publicus Podiicerdani – rédigeait une charte du comte Roger de Comminges qui confirmait en mai 1238 à l’inquisiteur Pierre de Tenes son mandat inquisitorial contre toute secte des hérétiques, mais le 6 décembre 1242 Bernard de Bernis, notaire public de Montpellier – Bernardum de Bernicio, publicum Montepessulani notarium –, rédigeait une autre charte qui authentifiait deux copies de quelques bulles de Grégoire IX – concernant Provence, Toulouse et Vienne – que deux inquisiteurs, Ferrier et Pierre de Marseillan, demandaient à l’évêque de Maguelone, Jean de Montlaur, parce que la multitude des inquisiteurs était tellement grande en Provence ou même en Dauphiné qu’ils ne possédaient pas assez de copies notariées.
- 17 Sergi GRAU TORRAS, « Ramon de Penyafort i el procediment inquisitorial contra els heretges », Revis (...)
- 18 Edmond MARTÈNE, Ursin DURAND (éd.), Thesaurus novus anecdotorum, Lutetiae Parisiorum : Sumptibus Fl (...)
- 19 Kurt-Victor SELGE, Texte zur Inquisition, Gütersloh : Gütersloher Verlagshaus Gerd Mohn, 1967, p. 5 (...)
8C’est également en 1242 que Raymond de Penyafort contribuait décisivement à la compilation17 du Directorium inquisitoriale qui tient une influence durable jusqu’à l’anonyme18 de la Doctrina de modo procedendi contra haereticos qui ne saurait être écrit qu’à la fin du XIIIe siècle. Le directoire19 inquisitorial de Raymond de Penyafort, confesseur du roi d’Aragon Jacques Ier (1213-1276), formalise clairement la procédure inquisitoriale à l’injonction de Pierre d’Albalat, archevêque de Tarragone entre 1238 et 1251, qui décidait de faire une consultation de légistes où Raymond de Penyafort participait volontiers, après la mort de l’évêque de Barcelone, Bérenger de Palou, en septembre 1241, afin de rendre une forme convenable à l’encadrement juridique du processus inquisitorial des juges épiscopaux ou diocésains contre la dépravation hérétique dans la province de Tarragone – inquisitionem inceptam […] in civitate Barchinoniae […], in Terraconensi provincia –, puisqu’un tel encadrement respecte entièrement la jurisprudence du Saint-Siège au sujet des hérétiques.
- 20 Adolphe TARDIF, « Document pour l’histoire du processus per inquisitionem et de l’inquisitio haeret (...)
- 21 Guillaume PELHISSON, Chronique (1229-1244), suivie du récit des troubles d’Albi (1234), Paris : Édi (...)
- 22 Yves DOSSAT, « Une figure d’inquisiteur : Bernard de Caux », Cahiers de Fanjeaux, 6, 1971, p. 253-2 (...)
- 23 Monique Combescure-Thiry, « Les assassins de l’inquisiteur Pedro Arbués », in : Françoise CAZAL, C (...)
9Il n’y a pas de doute que Raymond de Penyafort s’intéressait encore à l’institution des inquisiteurs en Aragon, afin de combattre au-deçà des Pyrénées la plupart des hérésies importées de l’au-delà des Pyrénées. Le directoire inquisitorial de Raymond de Penyafort, maître général de l’Ordre de saint Dominique entre 1238 et 1240, ne se réfère pas explicitement à l’office de notaire. Il inspirait certainement la compilation20 brève du Processus Inquisitionis qui succède tant à l’assassinat de deux inquisiteurs21, Guillaume Arnaud de Montpellier – Guillelmo Arnaldi iurisperito qui erat de Montepessulano – et Étienne de Saint-Thibéry en Hérault – Fratrem Stephanum de Sancto Tyberio, virum modestum et admodum curialem –, en mai 1242 à Avignonet, qu’à la nomination de deux autres inquisiteurs, Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre, qui enquêtaient successivement des hérétiques en quatre diocèses – à Agen entre 1243 et 1244, à Cahors entre 1244 et 1245, à Toulouse entre 1245 et 1248, à Carcassonne entre 1248 et 1249 – avant que Bernard de Caux ne décède en novembre 1252, mais entre 1248 et 1249 Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre pouvaient être à l’origine22 du susdit bréviaire inquisitorial – très utile à l’office de notaire – où une procédure inquisitoriale était brièvement établie en huit points essentiels. Le sort tragique des notaires Raymond Carbonnier et Pierre Arnaud – assassinés en même temps que leurs inquisiteurs – ne diffère pas du cas de « Pierre d’Arcagno, notaire de l’Inquisition, qui subit un sort identique à Milan, en 1245 »23, lorsqu’il n’échappe pas à l’assassinat.
- 24 Célestin DOUAIS, Documents pour servir à l’histoire de l’Inquisition dans le Languedoc, 2 t., Paris (...)
- 25 Ms. Doat 22 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 1ro-106vo.
- 26 Ms. 609 Toulouse, Bibliothèque Municipale, XIIIe siècle, fol. 1ro-254vo.
- 27 Ms. Doat 24 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 240ro-286vo.
- 28 Jean DUVERNOY, « Registre de Bernard de Caux, Pamiers 1246-1247 », Bulletin de la Société Ariégeoi (...)
- 29 Ms. Lat. 9992 Paris, Bibliothèque Nationale de France, fol. 2ro-106vo.
10C’est au moyen du bref manuel inquisitorial que Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre – fratres ordinis Praedicatorum B. de Caucio et Johannes de Sancto Petro – donnent forme à la matière du processus de l’Inquisition ainsi qu’à l’office de notaire, puisqu’il sert également à l’enregistrement notarial tant des Confessions24 – à Bas-Quercy Toulousain25 entre 1243 et 1246, à Lauragais26 entre 1245 et 1246 ou en 1253, à Sabarthès27 entre 1246 et 1247 – que des Sentences28 qu’entre août 1246 et juin 1248 ces deux inquisiteurs29 du diocèse de Toulouse prononçaient à l’égard des milliers de citoyens qu’ils avaient enquêtés. Il permet de comprendre qu’un procès de l’Inquisition n’en suppose pas moins une longue enquête processuelle où la transcription de la plupart des documents de l’Inquisition incombe à l’office de notaire – acta Inquisitionis ad confessiones et depositiones sive per notarium confecta, sive per scriptorem alium – qui doit produire encore des documents notariés – publica instrumenta – censés être déclamés en sermon public.
11Le notaire public Pierre Aribert assiste soit seul le 28 mai 1246 et le 20 octobre 1247 – et mei P. Ariberti, notarii– soit avec son collègue Pierre Frezapa le 24 juin 1247 – P. Ariberti et P. Frezapa, publici notarii – aux sentences des inquisiteurs Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre – fratres ordinis Praedicatorum, B. de Caucio et Johannes de Sancto Petro – qui condamnaient quelques hérétiques du diocèse de Toulouse à l’emprisonnement perpétuel. Il rédige, entre le 20 août et le 10 décembre 1247, la plupart des dépositions censées confondre Pierre Garcias, frère de l’Ordre de saint François, qui succombait à l’endoctrinement hérétique.
- 30 Ms. 160 Clermont-Ferrand, Bibliothèque Municipale, XIIIe siècle, fol. 1vo-40vo.
12Le fonds30 notarial du Registre du notaire de l’Inquisition de Carcassonne comporte une multitude de brèves notariales – cautions, aménagements de peine, dépositions, interrogatoires – qui se partagent principalement entre deux notaires, Bomassip de Peyriac-Minervois et Pierre Aribert – Boni Mancipii, notarii […], et P. Ariberti, publicus notarius […], et Guiraudi Trepaci, notarius –, néanmoins sans omettre Guiraud Trépat qui s’y portait tantôt témoin tantôt notaire. Il semble que deux notaires, Raymond Carbonnier et Pierre Arnaud, étaient au service des inquisiteurs Guillaume Arnaud et Étienne de Saint-Thibéry qui précédaient Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre, mais ils n’échappaient pas à l’assassinat de leurs inquisiteurs.
- 31 Ms. Doat 21 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 143vo-145vo.
13Le 26 mai 1237, Raymond Carbonnier, notaire31 public avant de prendre habit de l’Ordre des Frères Mineurs, rédigeait la sentence de condamnation de l’hérétique Alaman de Roais qu’une sentence du 19 janvier 1248 renvoyait définitivement à la maison d’arrêt de Saint-Étienne, bien qu’un tel document inquisitorial n’accorde qu’un simple nom – in praesentia domini […], et P. Ariberti – à l’identification du notaire. Il s’agit de Pierre Aribert, notaire public qui, de même que la plupart des scribes ou notaires assermentés auprès des inquisiteurs Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre – et fratris Johannis de Cambalhols, notarii domini episcopi Tholosani […], B. de Ladinhac et Nepotis de Davinia, B. de Gaurs, P. Frezapa […] et Boni Mancipii, notarii –, ne se désigne jamais comme notaire de l’Inquisition, mais comme simple notaire ou notaire public, tout comme Raymond Carbonnier se mentionnait comme notaire public – et fratris Raimundi Carbonnii de ordine fratrum Minorum, publici notarii […] et Bernardi Aymerici, notarii de Tholosa – à la fin de quelques sentences de condamnation en contumace ou à l’emprisonnement perpétuel.
- 32 Ms. Doat 21 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 323vo.
- 33 Ibid., fol. 315ro.
14Le notaire public Pierre Aribert se joignait à l’équipe de notaires des inquisiteurs Bernard de Caux et Jean de Saint-Pierre après qu’il travaillait auprès des inquisiteurs Ferrier, Pierre Durand et Guillaume Raymond – frater Ferrarius et frater P. Duranti, ordinis Praedicatorum –, qui héritaient de la juridiction inquisitoriale – Narbonne, Albi, Rodez, Mende – des deux inquisiteurs assassinés. Il n’assiste qu’à titre de témoin – tout comme Pierre Grand, notaire de Béziers – tant à la sentence32 du 16 août 1244 – Petri Grandis, notarii Biterris, Petri Ariberti […], et mei Guiraudi Trepati, notarii publici –, quand Ferrier et Pierre Durand prononçaient la condamnation de plusieurs chevaliers à l’emprisonnement perpétuel, qu’à l’arrêt33 du 30 août 1244 – P. Grandis, notarii Biterris, Petri Ariberti […], et mei Guiraudi Trepati, notarii – quand Ferrier et Guillaume Raymond ordonnaient la crémation des ossements désenterrés de Ramond de Malafalgaria qui était mort en hérétique.
- 34 Ms. Doat 24 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 171vo.
- 35 Ibid., fol. 61vo-62ro.
15Le notaire Pierre Aribert était encore témoin, lorsqu’un sergent de Montségur, Imbert de Salles, répondait longuement du massacre34 des inquisiteurs Guillaume Arnaud et Étienne de Saint-Thibéry à l’interrogatoire de l’inquisiteur Ferrier que le 19 mai 1244 son notaire Guiraud Trépat – testes P. Ariberti, et Guiraudus Trepati, notarius – retenait soigneusement par écrit, de même qu’il se trouvait auprès des inquisiteurs35 Ferrier et Pierre Durand, tout comme le notaire Bomassip de Peyriac-Minervois, le 21 avril 1244, quand Guiraud Trépat transcrivait la déposition de Bérenger de Lavelanet – testes P. Ariberti, et Bonum Mancipium, et Guiraudus Trepati, notarius –, ou le 2 mai 1244, quand Guillaume de Bouan témoignait devant Pierre Durand en présence du même notaire Guiraud Trépat – testes Petrus Ariberti, et Guiraudus Trepati, notarius – qui notariait plusieurs témoignages importants où quelques témoins décrivaient en quelles circonstances la trésorerie cathare était extraite du château de Monségur avant que la chute n’en soit accomplie.
- 36 Célestin DOUAIS, Les sources de l’histoire de l’Inquisition dans le Midi de la France au XIIIe & XI (...)
- 37 Claude DEVIC, Joseph VAISSÈTE, Histoire générale du Languedoc, 16, Publiée par Édouard DULAURIER, c (...)
16Il ne reste qu’un fragment36 du registre de l’inquisiteur Jean de Saint-Pierre auprès duquel Bérenger du Vernet, notaire public – Berengarius de Verneto, notarius publicus […], fratres P. Blegerii, Berengarius de Verneto, Bertrandus de Scho. […], et P. Capellanus Drulhe notarius –, faisait office tantôt de notaire tantôt de témoin, puisqu’il rédigeait quelques confessions faites devant deux inquisiteurs, Jean de Saint-Pierre et Réginald de Chartres – coram fratribus Johanne de Sancto Petro et Reginaldo de Carnoto –, tandis qu’il n’est que témoin aux autres confessions qu’un autre témoin ou même notaire, comme Pierre de Dreuilhe, écrivait à la place du notaire public. Le notaire prend soin de transcrire une brève liste de noms des citoyens dénoncés à la fin de chaque témoignage des prévenus interrogés. Le comte Alphonse de Poitiers et de Toulouse reçoit de l’inquisiteur Réginald de Chartres, parlant également au nom de l’inquisiteur Jean de Saint-Pierre – cum frater Johannes de Sancto Petro et ego invenerimus in dyocesi Tholosana – une lettre37 du 31 janvier 1257 qui pouvait paraître étrange, puisqu’elle dénonçait la pratique illégale de leurs prédécesseurs du diocèse de Toulouse qui ne se sont pas opposés à l’abus du juge séculier qui envoyait des hérétiques au bûcher, même s’ils n’y étaient pas condamnés. Surtout Réginald de Chartres s’inquiète de l’assentiment qu’un tel juge séculier reçoit de la part des inquisiteurs dénoncés, puisqu’ils nuisent gravement à l’Inquisition qui pourrait être compromise. Le nom du témoin P. Blegier, frère de l’Ordre de saint Dominique, réapparaît à Carcassonne, le 31 octobre 1259, lorsqu’un notaire, Rainaud de Castries, souscrit à la confession que Guillaume Sicre fait à l’inquisiteur Baudoin de Montfort – testes fratres P. Blatgerii […], et Rainaldus de Castris, notarius –, après qu’il assistait auprès des inquisiteurs Jean de Saint-Pierre et Réginald de Chartres à l’office de quelques-uns de leurs notaires.
- 38 Emmanuel PASTORET, Ordonnances des Rois de France de la troisième race, Paris : Imprimerie Impérial (...)
- 39 Yves DOSSAT, « Le chroniqueur Guillaume de Puylaurens était-il chapelain de Raymond VII ou notaire (...)
- 40 Guillaume DE PUYLAURENS, Chronica magistri Guillelmi de Podio Laurentii, Texte édité, traduit et an (...)
17Le 12 août 1241, Guillaume de Puylaurens, n’était que notaire38 de l’évêque de Toulouse – magistro Guillelmo de Podio Laurentio, notario domini episcopi Tholosani –, mais en 1253 son office de notaire sert encore à l’archidiacre de Lézat, Raymond Resplandi, qui devait à l’évêque de Toulouse son délégation inquisitoriale. Le 7 mai 1274, Bernard de Montesquieu, fils d’un chevalier de Puylaurens, se confesse devant Guillaume de Puylaurens qui supplée à l’inquisiteur absent. C’est en juillet 1274 que le notaire Bérenger du Vernet – magistrum Berengarium de Verneto – fait relire la confession de Bernard de Montesquieu, entendue à Toulouse, en présence tant de l’inquisiteur Pons de Parnac que de deux notaires de l’Inquisition, Athon de Saint-Victor et Bernard Bonnet – magister Atho de Sancto Victore, B. Bonus, notarius inquisitionis – qui n’y sont que témoins. Il persiste encore une controverse39 historiographique à l’égard de Guillaume de Puylaurens, qui ne saurait être moins notaire de l’Inquisition qu’auteur40 de la Chronica, parce que deux manuscrits contiennent quelques dépositions qu’à titre de notaire Guillaume de Puylaurens avait rédigées au cours de son office inquisitorial.
18Le notaire Bérenger Bardina – Berengarius Bardina, notarius publicus Ilerdensis – rédigeait, le 23 août 1257, la charte du roi Jacques Ier qui permettait aux acolytes des hérétiques de rejoindre Lérida, puisqu’ils étaient absous de toute coulpe, mais Jacques Ier édictait une telle charte contre deux milles morabatins alfonsins, tandis que quelques mois plus tard Jacques Ier assistait à la condamnation posthume du chevalier Raymond de Josa en tant qu’hérétique à plusieurs égards – Raimundum de Iosa, militem, ex eo quod dicebatur receptator, ocultator, defensor, fautor et credens haereticorum –, le 11 janvier 1258, quand Bernard de Costa, notaire public de Barcelone et scribe de l’Inquisition – Sig(+)num Bernardi de Costis, notarii publici Barchinonae et scriptoris inquisitionis – constatait qu’en dépit de quelques serments notariés Raymond de Josa désobéissait jadis – tout comme son fils Guillaume Raymond – à l’évêque barcelonais Bérenger de Palou ou même aux inquisiteurs Pierre de Tenes et Pierre de Cadreyta qui conformaient justement leurs enquêtes à l’injonction des décrétales du pape et des lettres reçues par Raymond de Penyafort de la part du prieur provincial et des lettres que Raymond de Penyafort envoyait aux inquisiteurs susdits.
- 41 Charles BAUDON DE MONY, Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu’au commence (...)
19Le directoire inquisitorial de Raymond de Penyafort servait déjà aux inquisiteurs en Aragon bien avant que lesdites lettres n’y soient envoyées. Le jugement solennel des inquisiteurs Pierre de Tenes et Pierre de Cadreyta conclut inévitablement à l’exhumation des ossements de Raymond de Josa qui devaient être brûlés et privés de sépulture ecclésiastique. Le même inquisiteur Pierre de Cadreyta n’avait plus besoin de notaire, lors du chapitre des Frères Prêcheurs de Barcelone du 2 novembre 1269, où Pierre de Cadreyta aboutit et à la condamnation41 posthume tant du vicomte de Castelbon, Arnaud Ier, que de sa fille Ermessinde – vicomtesse de Castelbon et comtesse de Foix – et à l’exhumation de leurs ossements censés être brûlés, puisqu’il s’y accompagne de son confrère, Guillaume de Calonge – Ego frater P. de Caderita, praedictus, suscribo+ ; ego frater Guillelmus de Colonico, praedictus, suscribo+ –, afin de faire comparaître Roger-Bernard III (1243-1302), comte de Foix, qui se soustrayait à l’inquisiteur.
20Le notaire Bernard de Costa se trouvait à Montpellier, le 24 avril 1262, quand Jacques Ier lui fait don des biens confisqués que la famille hérétique de Pericon de Butsènit possédait à Prades – damus et concedimus tibi Bernardo de Costis, notario et scriptori inquisicionis –, parce qu’elle était fugitive. Il est bien remarquable que trois notaires – Barthélemy Adalbert, Pierre Boyer, Arnaud Assalit – apposent leurs seings à l’authentification du registre de dépositions recueillies entre le 14 mars 1283 et le 28 mars 1289 par les inquisiteurs Jean Galand et Guillaume de Saint-Seine qui employaient quelques notaires expérimentés :
- 42 Ms. Doat 26 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 99ro-vo.
Nos, Bartholomaeus Adalberti de Carcassona, clericus, et Petrus Boerii de Carcassona, clericus, publicus Regia et officii Inquisitionis auctoritate notarius, et Arnaldus Assalliti de Villamartino, clericus, publicus Regia auctoritate notarius, qui in generali subscriptione in fine praesentis Libri posita nos subscripvimus, et signa nostra apposuimus consueta nihilominus ad maiorem roboris firmitatem hic, et in fine quarumlibet depositionum, et confessionum in praedicto praesenti Libro hic, et inferius insertarum nos subscribimus, et signa nostra consueta apponimus in testimonium veritatis. Signum mei, Bartholomaei, notarii supradicti. Signum mei, Petri Boerii, notari supradicti. Signum mei, Arnaldi Assaliti, notarii supradicti42.
21Le notaire ne saurait être moins utile à l’évêque qu’à l’inquisiteur, s’ils collaborent à l’enquête. Le notaire Pierre Sanç travaillait auprès de l’archevêque de Tarragone, Rodrigue de Tello, lorsqu’il rédigeait une lettre du 12 juin 1299 – feta per Pere Sanç, notari de la cort de l’archebisbe, a fra Joan de Lotgerio, inquisidor – où Rodrigue de Tello voulait se joindre à l’inquisiteur Jean de Llotger, afin de poursuivre ensemble R. Dominique de Ulldemolins comme hérétique. Le notaire ne sert pas indéfectiblement à l’inquisiteur. Il fait défection, puisqu’il succombe parfois à l’hérésie. Le tribunal inquisitorial s’attaque également à l’hérésie du notaire relaps. Le tableau synoptique du registre de l’inquisiteur Nicolas d’Abbeville montre d’abord que plusieurs notaires s’étaient hérétiqués. Le registre avertit ensuite de la sentence définitive que deux inquisiteurs, Étienne de Gâtine entre 1264 et 1276 suivi par Hugues de Boniols entre 1276 et 1279 – fratris Stephani Vastinensis et fratris Hugonis de Bonmiolis –, prononçaient en mai 1276 contre quelques hérétiques fugitifs, puisqu’elle fait partie du Liber sententiarum inquisitorum apud Carcassonam où chaque notaire enregistrait son archive de documents notariés.
22Il semble que Foulques de Saint-George n’était pas encore inquisiteur à la fin du XIIIe siècle. Le prieur du couvent dominicain d’Albi était simplement témoin en décembre 1299, quand Guillaume de Mauran répondait de son hérésie tant à l’évêque d’Albi, Bernard de Castanet, qu’à l’inquisiteur Nicolas d’Abbeville, qui mandataient deux notaires – Pierre Raols et Bertrand Vidille – de transcrire la confession du prévenu qui dénonçait entre le 2 décembre 1299 et le 2 mars 1300 plusieurs notaires – Raymundi Agulho […], magistri Raymundi Calverie […], magister Durantus de Lasala […], et magister Armannus –, parce qu’ils étaient familiers des hérétiques :
- 43 Georgene Webber DAVIS, The Inquisition at Albi 1299-1300. Text of Register and Analysis, New York : (...)
In praesencia et testimonio religiosi viri fratris Falconis de Sancto Georgio prioris albiensis conventus fratrum Praedicatorum […], et domini P. Radulphi rectoris ecclesiae de Malo Leone appamiensis dyocesis, auctoritate sedis apostolicae publici officii inquisicionis haereticae pravitatis notarii, ac mei Bertrandi Vidille publici in senescallia carcassonensi et bitterrensi domini regis et domini episcopi antedicti in civitate et dyocesi albiensibus notarii43.
- 44 Jean-Louis BIGET, « Un procès d’inquisition à Albi en 1300 », Cahiers de Fanjeaux, 6, 1971, p. 273- (...)
23Le notaire Pierre Raols n’accompagnait plus son confrère Bertrand Vidille à la transcription de cette dénonciation de notaires hérétiqués. C’est le notaire Guillaume-Raymond d’Alayrac qui remplaçait passagèrement Pierre Raols – et magistri Guillermi Raymundi de Alayraco, ac mei Bertrandi Vidille –, bien qu’un docile notaire de l’Inquisition n’encoure pas autant de dangers qu’un inquisiteur brutal. Il s’ensuit qu’à plusieurs occasions, le 4, le 17 et le 20 décembre 1299, Pierre Raols rejoint Bertrand Vidille – et domini Radulphi […], ac mei Bertrandi Vidille […], praefati duo notarii –, afin de transcrire ensemble deux dépositions de Raymond Auger qui apportait son témoignage – tout comme Bérenger Brosa, Jean Constant, Guiraud Delort – à l’accointance de tel ou tel notaire avec les hérétiques. Il est certain que Raymond Constant, notaire à la curie de l’official d’Albi, et Raymond Claverie, notaire44 à la curie du seigneur roi d’Albi – Raymundum Constantii […], magistrum Raymundum Calverie […], magistrum Johannem Constantii […], et Guillelmum de Mauriano, de Regali Monte –, étaient condamnés comme hérétiques par les inquisiteurs Nicolas d’Abbeville et Foulques de Saint-George, tout comme Jean Constant et Guillaume Mauran, parce qu’ils se retrouvaient ensemble au Mur de Carcassonne, le 20 avril 1306, lorsqu’une commission pontificale des cardinaux arrivait à l’effrayante prison carcassonnaise.
24Le notaire Guillaume-Raymond d’Alayrac intervient parfois en compagnie du notaire Pierre Raols ou du notaire Bertrand Vidille, de même que Nicolas d’Abbeville fait équipe tantôt avec Bertrand de Clermont tantôt avec Foulques de Saint-George – fratribus Nycholao de Abbatis Villa et Bertrando de Claro Monte […], fratribus Nycholao de Abbatis Villa et Falcone de Sancto Georgio –, afin de parfaire leurs révoltantes enquêtes. Le 6 août 1303, il appartient à l’office du notaire Bertrand Vidille de produire un document notarial – requirens me Bertrandum Videlle notarium infrascriptum cum affectu ut de praedictis eidem facere publicum instrumentum – qui confirme que Sycard Fabre, vicaire de l’inquisiteur Geoffroy d’Ablis, recevait la confession de Guillaume Salavert, qui se confessait en mars 1300 à l’inquisiteur Nicolas d’Abbeville en présence tant du prieur Foulques de Saint-George que des notaires Guillaume-Raymond d’Alayrac et Bertrand Vidille, mais qu’un autre notaire de l’Inquisition, Barthélemy Adalbert – et mei Bertholomei Adalberti notarii inquisitionis –, reconfirme encore en mars 1319, lorsque Guillaume de Salavert soumettait son témoignage tant à l’évêque d’Albi, Béraud de Fargues, qu’à l’inquisiteur Jean de Beaune au sujet de son accointance avec des citoyens qui se sont hérétiqués auprès des hérétiques.
- 45 Irene BUENO, Definire l’eresia. Inquisizione, teologia e politica pontificia al tempo di Jacques Jo (...)
25Le simple notaire devient parfois la cible des inquisiteurs. Il advient même qu’un notaire suspect d’hérésie rédige personnellement son témoignage45 – per me Petrum de Galliaco praedictum confessata et manu mea scripta in praesenti libro –, lorsqu’il se confessait comme prévenu à l’inquisiteur. C’est le cas de Pierre de Gaillac, notaire de Tarascon-sur-Ariège, qui comparait plusieurs fois devant Geoffroy d’Ablis et ses lieutenants – Jean de Faugoux et Géraud de Blomac –, parce qu’il fréquentait occasionnellement des hérétiques. Le notaire Pierre de Gaillac fomentait également une cabale contre Guillaume Tron, notaire de Tarascon-sur-Ariège, qu’il dénonçait fautivement comme adhérant à l’hérésie cathare. Le notaire fautif échappe finalement à l’inquisiteur, puisqu’il consent volontiers à l’aveu de ses délits.
- 46 Annette PALES-GOBILLIARD, L’Inquisiteur Geoffroy d’Ablis et les Cathares du comté de Foix (1308-130 (...)
26Le registre des Acta Inquisitionis Carcassonensis contra Albigenses annis 1308 et 1309 de l’inquisiteur général de Carcassonne, Geoffroy d’Ablis, consigne qu’un certain Géraud de Rodes, en présence de deux notaires – magistri Jacobi Marquesii notarii inquisitionis Tholosanae et mei Petri Radulphi publici auctoritate apostolica officii inquisitionis notarii –, confessait en mai 1308 son accointance avec deux hérétiques. Le notaire Jacques Marquès ne participait pas effectivement à la transcription de ladite confession que seul son collègue, Pierre Raols, notaire de l’Inquisition depuis 1286, avait transcrite, mais Jacques Marquès transcrit ensuite la confession46 – et mei Jacobi Marquesii notarii inquisitionis – qu’un certain Athon du Château fait devant deux lieutenants de l’inquisiteur Geoffroy d’Ablis au sujet des mêmes hérétiques. Il n’est qu’un des notaires – Pierre Raols, Arnaud Assalit, Guillaume-Raymond d’Alayrac, Pierre Boyer, Barthélemy Adalbert, Jacques Marquès – qui travaillaient auprès de l’inquisiteur Geoffroy d’Ablis au début du XIVe siècle. Le notaire Pierre Boyer notariait en mai 1306 la nomination des procureurs religieux de l’inquisiteur Geoffroy d’Ablis auprès de la Curie romaine au siège de l’Inquisition de Toulouse où Jacques Marquès ne participait qu’à titre de témoin, pendant que quelques cardinaux du pape Clément V daignaient tant à Carcassonne qu’à Albi une enquête pontificale :
- 47 C. DOUAIS, Documents pour servir à l’histoire de l’Inquisition…, 2, p. 337-339.
In praesentia mei Petri Boerii, notarii et testium subscriptorum, religiosus vir frater Gaufridus de Ablusiis, fratrum ordinis Praedicatorum, inquisitor haereticae pravitatis in regno Francie a Sede Apostolica deputatus […]. Actum fuit hoc Tholosae, in domo Inquisitionis, praesentibus religiosis viris […], magistro Jacobo Marquesii, notario inquisitionis ac rectore ecclesiae Beati Petri Avitz, Albiensis diocesis, ad haec testibus vocatis et rogatis. Et ego P. Boerii de Carcassona, publicus imperiali auctoritate notarius ac inquisitionis haereticae pravitatis notarius, praedictis omnibus interfui et ea recepi et scripsi, anno, die, loco et praesentibus supradictis, et in hanc publicam formam redegi, solitoque meo signo signavi, a dicto inquisitore requisitus et rogatus. Et ego frater Gaufridus de Ablusiis, inquisitor praedictus, in testimonium praemissorum, et quod dictus P. Boerii sit et est publicus imperiali auctoritate ac inquisitionis haereticae pravitatis notarius, sigillum nostrum duxi praesentibus apponendum, anno, die et loco praedictis47.
- 48 Ms. Lat. 4269 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XIVe siècle, fol. 43ro-vo.
- 49 Philippe VAN LIMBORCH, Liber sententiarum Inquisitionis Tholosanae, Amstelodami : Apud Henricum Wet (...)
27C’est pourquoi, Jacques Marquès ne rend pas service tant à l’inquisiteur Geoffroy d’Ablis – son bienfaiteur qui lui avait offert une église de la paroisse d’Avits en juillet 1304 – qu’à Bernard Gui (1261-1331), fameux inquisiteur de Toulouse entre 1308 et 1323, qui employait également plusieurs notaires parmi lesquels Jacques Marquès gagne progressivement une importance majeure. Le notaire Jacques Marquès fait apparaître souvent son nom en quelques archives notariales de l’Inquisition de Toulouse où Jacques Marquès enregistre nombre de documents48 notariés au moyen de son seing notarial qui n’est autre qu’un des quatre seings de notaires de l’Inquisition qui s’ensuivent à la préface du Liber sententiarum Inquisitionis Tholosanae où Philippe van Limborch publiait une multitude de dossiers49 relatifs à l’Inquisition de Toulouse au début du XIVe siècle.
- 50 Bernard GUI, Manuel de l’Inquisiteur, édité et traduit par Guillaume MOLLAT avec la collaboration d (...)
28Il s’agit effectivement du Livre des Sentences de Bernard Gui qui apporte beaucoup de renforts à l’office de notaire. Le quartet de ces notaires de l’Inquisition – Bernard Sudre, Guillaume Julia, Pierre de Clavières, Jacques Marquès – jouit du mandat de Bernard Gui, afin de transcrire tout acte inquisitorial qui incombe à l’office de notaire. Le nombre de notaires employés – dès deux jusqu’à six – dépendait du volume de travail. Le notaire devait écrire une multitude de sentences inquisitoriales. C’est pourquoi, chacun des quatre notaires susdits s’approprie la plupart des améliorations que Bernard Gui apportait à l’office de notaire. Le pape Urban IV manifestait, entre le 28 juillet et le 4 août 1262, la gratitude qu’il tenait tant aux inquisiteurs délégués en Aragon qu’à leurs notaires. Il croyait sincèrement que la poursuite du laborieux négoce de l’Inquisition en Aragon requiert la diligence et des inquisiteurs et de leurs notaires qui ne pouvaient plus être excommuniés sans mandat du Saint-Siège – et notariis vestris, qui una vobiscum in prosecutione huiusmodi negotii laboraverint –, mais aucun des inquisiteurs de l’Ordre des Frères Prêcheurs n’en devient plus conscient que Bernard Gui qui s’inspire de cette intuition du pape Urban IV, lorsqu’il rédige son manuel inquisitorial. Le notaire se liait étroitement à l’inquisiteur. C’est pourquoi, Bernard Gui se rapporte doublement à l’office de notaire, puisqu’il tenait recours à l’office de notaire pendant chaque enquête, de même que son manuel50 de la Practica inquisitionis haereticae pravitatis pourvoyait constamment à l’amélioration juridique de l’office de notaire – per notarium publicum scribatur – qui devait être aussi légal qu’efficace.
29Le prévoyant inquisiteur Bernard Gui s’inspire largement des documents du Saint-Siège qui contribuaient à l’institution juridique de l’Inquisition de son temps, afin de concéder beaucoup plus de pouvoirs à l’office de notaire. C’est à l’avis de Bernard Gui que son notaire participait tant à la capture qu’à la détention des hérétiques. Le clerc diocésain – clericum talis dyocesis, notarium publicum Tholosae –, s’il est notaire de l’Inquisition de Toulouse, doit être fidèle à l’inquisiteur. Il jouit de toutes libertés, immunités, grâces et privilèges que la plupart des officiels de l’Inquisition reçoivent du Saint-Siège ou même du pouvoir royal – ab apostolica sede quam etiam a regia majestate concessis notariis –, s’il ne déroge pas à l’office notarial.
30Le notaire se joint à l’inquisiteur – per inquisitorem cum notario […] per inquisitorem vel notarium – qui lit en vulgaire ou en latin quelque bref aperçu des accusations du prévenu – brevis extractio culparum personae – qui osait parfois la rétractation des accusations notariées – sicut per notarium scripta fuerant et recepta –, avant de lire ces mêmes accusations en sermon public. Il rédige ensuite quelque acte du sermon public de l’inquisiteur sous une forme assez stricte en bas de laquelle la mention du notaire ou des notaires doit apparaître en dernière – et me N. tali notario infra scripto […], recepi et scripsi una cum talibus notariis infra scriptis –, puisqu’un tel acte notarial prouve que Bernard Gui impose une certaine formalisation à l’office de notaire. Le notaire apprend également de la part de Bernard Gui comment une lettre de témoignage doit être inscrite au registre de l’Inquisition qui contient des documents publics. Il se munit des sceaux de l’inquisiteur, lorsqu’il publie définitivement une sentence absolutoire. Le notaire use de la même mention finale, s’il rédige une sentence excommunicatoire des opposants à l’office de l’Inquisition ou même une sentence pénitentielle des emmurés, mais ces sentences doivent être écrites en forme publique munie du coutumier seing de notaire.
31Le retour en grâce des prévenus supposait une obligation de pénitence, mais qu’un ou plusieurs notaires devaient notarier à la demande de l’évêque ou de l’inquisiteur qui disposait des instruments publics notariés – requirimus tales notarios hic praesentes ut de praedictis faciant nobis publica instrumenta –, afin de pouvoir être indulgent à l’égard de prévenus censés être absous. C’est toujours à l’office de notaire que Bernard Gui requiert des instruments publics – volentes et requirentes notarios infra scriptos ut de praedictis faciant publica instrumenta – qui autorisent la confiscation des livres de Juifs – surtout le Talmud – qui devaient être brûlés.
- 51 Bernard Gui, Le Livre des Sentences de l’inquisiteur Bernard Gui 1308-1323, 2, Texte édité, traduit (...)
32Le registre du Livre des Sentences de l’inquisiteur Bernard Gui montre qu’à l’occasion du sermon public de 29 juin 1321 deux inquisiteurs – Bernard Gui et Jean de Beaune – chargeaient deux notaires de l’Inquisition – Guillaume Julia et Menet de Robécourt – de parfaire la notarisation des documents publics qui confirment la réconciliation du Château de Cordes où la plupart des prévenus sont absous de leurs sentences excommunicatoires sous réserve de faire quelque pénitence : « Nous voulons et réclamons que soient établis un ou plusieurs documents officiels par vous, maître Guillaume Julia, clerc de Royère au diocèse de Limoges, et Menet de Robécour, clerc du diocèse de Tulle, notaires publics et notaires de l’Office de l’Inquisition ici présents »51. Ledit tandem de notaires de l’Inquisition n’y travaille pas seul, puisqu’il faut au moins deux religieux ou clercs qui assistent à l’audition de dépositions des témoins qu’un tabellion – per tabellionem seu notarium publicum […], aut per duos viros ydoneos loco notarii – peut aussi bien transcrire qu’un notaire public. Le religieux issu de quelque ordre des clercs séculiers accède plus facilement à l’office de notaire de l’Inquisition, s’il avait office de tabellion – tabellionatus officium […], tabellionis officium – pendant qu’il était séculier en vie active. Le mode de conclure la confession judiciaire des prévenus passés à l’abjuration en absence du notaire de l’Inquisition n’est valide que s’il y a deux religieux – loco notarii poterunt se subscribere duae personae religiosae – qui suppléent à l’absence du notaire. Il faut qu’un notaire de l’Inquisition – notarium inquisitionis – puisse finalement lire la confession en vulgaire.
Notaires déchus
- 52 Ms. Lat. 3381 A Paris, Bibliothèque Nationale de France, XIVe siècle, fol. 1ro-276vo.
- 53 Alan FRIEDLANDER, The Hammer of the Inquisitors. Brother Bernard Délicieux and the Struggle Against (...)
33Le pape Jean XXII (1244-1334) arrêtait à Avignon, en 1317, Bernard Délicieux (1260-1319) – fratrem Bernardum Delitiosi ordinis fratrum Minorum –, frère montpelliérain de l’Ordre de saint François contre lequel Jean XXII retenait beaucoup de charges. Il rassemblait toujours à Avignon, entre 1318 et 1319, une commission de théologiens qui devaient conclure la réfutation des erreurs de la Lectura super Apocalypsim de Pierre de Jean Olivi (1248-1298) que la chancellerie papale rédige ensuite sous la forme de l’ouvrage52 collectif des Errores condemnandi in Petri Johannis Olivi Postilla super Apocalypsim qui contient la réfutation doctrinale des erreurs condamnées. C’est précisément le contexte du procès de l’Inquisition contre Bernard Délicieux qui répond premièrement en septembre 1319 à l’interrogatoire de l’inquisiteur Jean de Beaune – fratre Joanne de Belna inquisitore haereticae pravitatis in regno Franciae a sede apostolica deputato – qui chargeait trois notaires publics, Guillaume de Rosières de Maguelone, Raymond Piscis de Mende, Guillaume-Peyre Barthe de Mirepoix, de transcrire la plupart des dépositions de Bernard Délicieux, bien qu’un nombre plus important de notaires53 – environ une quarantaine – intervienne de différentes façons au cours du procès de Bernard Délicieux jusqu’au 8 décembre 1319, quand Menet de Robécourt, clerc du diocèse de Toul et notaire de l’Inquisition, recopie en forme publique la sentence de condamnation de Bernard Délicieux à l’incarcération perpétuelle :
- 54 Alan FRIEDLANDER, « Processus Bernardi Delitiosi : the trial of Fr. Bernard Délicieux, 3 September (...)
Menueto de Roberticuro, clerico Tullensis diocesis, publico imperiali et regia authoritate notario ac officii inquisitionis praedictae pravitatis haereticae […], et magistris Guilhelmo de Roseriis et Guilhelmo Barta, notariis suprascriptis, qui receperunt requisiti facere publica instrumenta, vice quorum et mandato ego Menuetus de Roberticuro, notarius suprascriptus, haec scripsi54.
34Le frère Bernard Délicieux entravait fortement la riposte brutale de l’inquisiteur Geoffroy d’Ablis contre la mouvance cathare de Carcassonne, lorsqu’au début du XIVe siècle Geoffroy d’Ablis devient inquisiteur général. Le décès de l’inquisiteur Geoffroy d’Ablis intervient au plus tard en 1319, donc certainement avant la lecture de la sentence de condamnation de Bernard Délicieux en sermon public. Le tribunal inquisitorial condamne également Bernard Délicieux pour son opposition farouche à l’inquisiteur Geoffroy d’Ablis qui décède avant la lecture de la sentence de Bernard Délicieux, mais trois notaires de l’inquisiteur Geoffroy d’Ablis, Arnaud Assalit, Pierre Boyer, Barthélemy Adalbert – Arnaldo Assaliti […], Petro Boerii, Bartholomeo Adalberti –, assistaient tant à la lecture de la sentence qu’à la dégradation monacale de Bernard Délicieux, même s’ils n’y apportent aucune contribution directe. Le maître Arnaud Assalit assiste ensuite, entre le 9 et le 10 décembre 1319, à l’appel qui entérine la condamnation de Bernard Délicieux au Mur de Carcassonne, mais que Pierre Boyer – me Petrum Boerii, tabellionem publicum infrascriptum […], magistro Arnaldo Assaliti, procuratore domini regis –, notaire de l’Inquisition depuis 1285 et tabellion public, devait transcrire en document notarial – publicum instrumentum – à la demande des appelants. C’est au moyen de quelques notaires que Geoffroy d’Ablis se venge posthumément de Bernard Délicieux, bien que Jean XXII oblige les évêques de Pamiers et de Saint-Papoul à l’enlèvement tant de l’habit monacal de Bernard Délicieux que de tout aménagement des conditions carcérales.
- 55 Ms. Doat 28 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 7vo-8ro.
35Le nom du notaire Menet de Robécourt – copiste de la sentence de Bernard Délicieux – réapparaît plus souvent en quelques archives notariales de l’Inquisition au cours des dernières années du mandat de l’inquisiteur Bernard Gui qui cessait en 1323, lorsqu’il devient évêque de Tui-Vigo et ensuite évêque de Lodève en octobre 1324, mais Menet de Robécourt n’arrête pas de rendre service à l’Inquisition languedocienne. Le 3 juillet 1323 Menet de Robécourt se trouvait auprès de l’inquisiteur Jean de Beaune en compagnie de nombreuses autorités55 ecclésiastiques – praelatos, abbates, canonicos, religiosos, clericos – qui tenaient conseil au sujet de l’affaire des Béguins de Lodève censés être condamnés – in negotio fidei et potissime Begguinorum – dans le cloître de l’église de Lodève où deux notaires, Bernard Navas et Menet de Robécourt – magistris Bernardo Navani Lodovensis, et Menneto de Roberticuria, Tullensis diocesis, notariis –, consignaient tant leurs sentences qu’un serment tenu dans le cimetière Saint-André de Lodève où plusieurs seigneurs juraient être fidèles à l’inquisition des hérétiques.
36C’est le 21 décembre 1357 que la salle épiscopale de Montpellier accueillait presque une trentaine de docteurs, maîtres et bacheliers en théologie ou droit canon qui devaient être consultés au sujet de la validation à la fois théologique et juridique du procès inquisitorial qu’un notaire public devenu commissaire inquisitorial – Menet de Robécourt – instrumentait abusivement en octobre 1325 contre Pierre Tournemire – presbytre de Montpellier, mort au Mur de Carcassonne, avant la fin de son procès –, donc trente-deux ans avant qu’un des deux notaires du tribunal de l’Inquisition ne rédige soigneusement la plupart des actes – signés et scellés au seing du notaire Bernard Michaël – de cette importante consultation juridique qui conduit finalement à l’acquittement du presbytre.
- 56 Tadeusz MANTEUFFEL, Naissance d’une hérésie. Les adeptes de la pauvreté volontaire au Moyen Âge, Tr (...)
- 57 Alexandre-Charles GERMAIN, « Une consultation inquisitoriale au XIVe siècle », Mémoires de la Socié (...)
37Le presbytre Pierre Tournemire – bénéficiaire de cette réhabilitation posthume – fréquentait divers fidèles56 Béguins du Tiers Ordre de saint François qui s’appropriaient la lecture spirituelle de Pierre de Jean Olivi au sujet des visions de l’Apocalypse qui fascinaient encore nombre de spirituels franciscains. Le notaire public Menet de Robécourt – dictum magistrum Maynecum, notarium et comissarium – empruntait son pouvoir à l’agrément apostolique du Saint-Siège, puisqu’il subvient à l’absence de l’inquisiteur de Carcassonne, lorsqu’il reçoit la déposition57 finale du presbytre Pierre Tournemire en compagnie de quelques témoins.
38Le document notarial du notaire Bernard Michaël décrit clairement quel pouvoir convenait à l’office du notaire Menet de Robécourt qui obtenait, le 29 octobre 1323, son agrément apostolique du Saint-Siège par lequel Menet de Robécourt pouvait rendre service à l’Inquisition en causes inquisitoriales difficiles, lorsqu’un inquisiteur ou son vicaire était absent. Le notaire apostolique Menet de Robécourt – in quo loco constitutus coram magistro Meneco de Roberti curia, publico auctoritate apostolica et Officii Inquisitionis notario – se sert illicitement du pouvoir qu’il avait reçu, lorsqu’il s’improvise inquisiteur qui cède tant à l’abus qu’à la corruption de son accru pouvoir de notaire. Il importe qu’un tel document notarial advient de la part du notaire Bernard Michaël, puisqu’il transmet une problématique cause inquisitoriale où Menet de Robécourt intervenait abusivement deux années après que Bernard Gui quittait son office inquisitorial toulousain. C’est pourquoi, aucun des documents notariés que Menet de Robécourt enregistrait dans l’archive notariale de l’inquisiteur Bernard Gui ne se réfère à ladite cause inquisitoriale.
- 58 Jacques FOURNIER, Le Registre d’Inquisition de Jacques Fournier, Évêque de Pamiers (1318-1325), Man (...)
- 59 Jean-Marie VIDAL, « Menet de Robécourt, commissaire de l’Inquisition de Carcassonne (1320-1340) », (...)
39Le notaire Menet de Robécourt notariait encore plusieurs documents58 du Registrum confessionum et depositionum haereticorum in civitate Appamiis de l’évêque Jacques Fournier (1285-1342) – devenu le pape Benoît XII au début de janvier 1335 – auprès duquel Menet de Robécourt travaillait longuement, lorsqu’il était notaire dudit inquisiteur. Si le notaire Menet de Robécourt – promu commissaire inquisitorial – devient un exemple de notaire59 corrompu à l’avis de J.-M. Vidal, son cas n’est nullement singulier. Le notaire Barthélemy Adalbert – Bartholomeus Adalberti notarius tenens locum discreti viri domini Petri Radulphi, procuratore domini Regis super incursibus – procédait illicitement à l’enlèvement du séquestre des biens de deux complices des hérétiques manichéens, puisqu’un des complices – Guillaume Escaunier d’Ax –, en janvier 1320, soumet à l’avis du lieutenant de l’inquisiteur de Carcassonne une lettre du 24 décembre 1305 où Barthélemy Adalbert au lieu de Pierre Raols – alors procureur royal aux encours entre 1301 et 1305 – décidait ledit enlèvement de séquestre. Le renom du notaire Barthélemy Adalbert s’en ternit au fief de l’Inquisition de Carcassonne, mais Barthélemy Adalbert ne semble pas perdre son office de notaire au moins jusqu’en juillet 1340, même s’il séjournait deux années au mur de Carcassonne, tandis qu’une sentence définitive du 18 février 1340 frappait son confère Menet de Robécourt que Benoît XII – nom pontifical de l’ancien évêque de Pamiers, Jacques Fournier, devenu pape –, décide de démettre de son office de notaire. Le notaire Menet de Robécourt dérogeait beaucoup plus que son confrère Barthélemy Adalbert à l’interdiction qu’à titre de sentence excommunicatoire Grégoire IX imposait en février 1231 à l’office de notaire. Le notaire ne devait aucunement soumettre son office à l’hérétique. C’est pourquoi Menet de Robécourt perd son office.
Conclusions
40Le notaire pratique assidûment son office auprès du tribunal inquisitorial. Il s’y retrouve occasionnellement au banc des accusés. Le destin des notaires de l’Inquisition n’est pas toujours enviable. Le meurtre des inquisiteurs, même s’il reste assez rare, occasionne parfois la perte tragique de leurs notaires. Le bannissement des notaires s’ensuit parfois à la révocation papale de leurs inquisiteurs. Le notaire de l’Inquisition est avant tout agent du processus inquisitorial. Il n’en devient patient que s’il cède à l’infraction pour laquelle il pâtit la peine conséquente.
41Le recensement de quelques archives notariales de l’Inquisition montre suffisamment qu’en pays occitan tout tribunal de l’Inquisition recourt largement à l’office de notaire. Il s’agit de l’office indispensable qui était requis à l’enregistrement de tout document inquisitorial – confessions, dépositions, verdicts –, lorsqu’un notaire de l’Inquisition assistait à l’inscription de confessions des hérétiques aux registres des inquisiteurs. Le notaire du tribunal de l’Inquisition n’était pas moins important en pays catalan où une multitude de documents notariés décrivent quelle importance convient à l’office de notaire.
42Le poids de l’office de notaire est proportionnel à l’enjeu du processus inquisitorial. Il se mesure généralement à l’échelle de quelques autorités –apostolique, impériale, royale, épiscopale, seigneuriale– qui confèrent ou enlèvent leurs agréments à l’office de notaire. Le notaire apostolique tient une juridiction universelle, puisqu’il devait son office à l’autorisation du Saint-Siège qui valait auprès de n’importe quel tribunal inquisitorial. C’est à cet égard qu’il ressemble plus à l’inquisiteur qu’un notaire diocésain qui recevait son agrément des dignitaires de l’Église qui jouissaient du droit de nomination des scribes ou qu’un notaire public qui doit son office à l’agrément des hauts seigneurs auprès desquels son expertise est requise à l’exercice du pouvoir temporel. Le notaire de l’Inquisition, s’il était indispensable aux inquisiteurs des XIIIe-XIVe siècles, n’en est pas moins à l’historien du XXIe siècle qui enquête les façons obscures des inquisiteurs aux rayons des archives de leurs notaires.
Notes
1 Othmar HAGENEDER, Werner MALECZEK, Die Register Innocenz’ III., 2. Pontifikatsjahr, 1199/1200, Texte, Rom – Wien : Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 1979, 2, p. 3-5. Julien THÉRY, « Innocent III équipare le crime d’hérésie et le crime de lèse-majesté », in : Patrick GILLI, Julien THÉRY (éd.), Le gouvernement pontifical et l’Italie des villes au temps de la théocratie (fin XIIe-mi-XIVe s.), Montpellier : Presses Universitaires de la Méditerranée, 2010, p. 554-559. Jacques CHIFFOLEAU, « Note sur la bulle Vergentis in senium, la lutte contre les hérétiques du Midi et la construction des majestés temporelles », Cahiers de Fanjeaux, 50, 2015, p. 89-144.
2 Lucien AUVRAY, Les Registres de Grégoire IX, Paris : Librairie Thorin et Fils – Albert Fontemoing Éditeur, 1896, 1, c. 351-352. Eduard WINKELMANN, Acta imperii inedita saeculi XIII., Innsbruck : Verlag der Wagner’schen Universitäts-Buchhandlung, 1880, 1, p. 499-501. Yves DOSSAT, Les crises de l’Inquisition toulousaine au XIIIe siècle (1233-1273), Bordeaux : Imprimerie Bière, 1959, p. 326-329.
3 Jean-Louis BIGET, « L’inquisition en Languedoc, 1229-1329 », in : Agostino BORROMEO (éd.), L’Inquisizione, Atti del Simposio Internazionale, Città del Vaticano, 29-31 ottobre 1998, Città del Vaticano : Biblioteca Apostolica Vaticana, 2003, p. 41-94. Walter Leggett WAKEFIELD, Heresy, Crusade and Inquisition in Southern France 1100-1250, Berkeley – Los Angeles : University of California Press, 1974, p. 15-26. Christine THOUZELLIER, « La répression de l’hérésie et les débuts de l’Inquisition », in : Augustin FLICHE, Christine THOUZELLIER, Yvonne AZAIS (éd.), La Chrétienté Romaine (1198-1274), Paris : Éditions Bloud & Gay, 1950, p. 291-340.
4 Peter BILLER, Caterina BRUSCHI, Shelagh SNEDDON, Inquisitors and Heretics in Thirteenth-Century. Edition and Translation of Toulouse Inquisition Depositions, 1273-1282, Leiden - Boston: Koninklijke Brill, 2011, p. 83-106. Mark Gregory PEGG, The Corruption of Angels. The Great Inquisition of 1245-1246, Princeton – Oxford: Princeton University Press, 2001, p. 23. Chris SPARKS, Heresy, Inquisition and Life Cycle in Medieval Languedoc, York : York Medieval Press, 2014, p. 24.
5 Philippe VAN LIMBORCH, Historia Inquisitionis, Amstelodami : Apud Henricum Wetstenium, 1692, p. 118-120.
6 Lu Ann HOMZA, The Spanish Inquisition 1478-1614. An Anthology of Sources, Indianapolis : Hackett Publishing Company, p. 26. Bárbara SANTIAGO MEDINA, « Pablo García, notario del secreto : retazos de una vida al Servicio del Santo Oficio », in : Felipe LORENZANA DE LA PUENTE, Francisco Javier Mateos ASCACÍBAR (coord.), Inquisición, XV Jornadas de historia de Llerena, Llerena : Sociedad Extremeña de Historia, 2014, p. 109-121, p. 111-112. Id., « Los señores del secreto: historia y documentación de los secretarios del Santo Oficio madrileño », in : Juan Carlos GALENDE DÍAZ, Susana CABEZAS FONTANILLA (dir.), Nicolás ÁVILA SEOANE (coord.), Paseo documental por el Madrid de antaño, Madrid : Universidad Complutense de Madrid – Fundación Hospital de San José de Getafe, 2015, p. 349-374, p. 353-354.
7 Martí AURELL I CARDONA, « Le personnel politique catalan et aragonais d’Alphonse Ier en Provence (1166-1196) », Annales du Midi, 93/152, 1981, p. 121-139, p. 129.
8 Sergi GRAU TORRAS, Eduard BERGA SALOMÓ, Stefano Maria CINGOLANI, L’herètica pravitat à la Corona d’Aragó : documents sobre càtars, valdesos i altres heretges (1155-1324), 2, Barcelona : Pagès Editors, 2015, 1, p. 73-78.
9 Damian John SMITH, Crusade, Heresy and Inquisition in the Lands of the Crown of Aragon (c. 1167-1276), Leiden – Boston : Koninklijke Brill, 2010, p. 171-188.
10 Josep PERARNAU I ESPELT, « Fórmula d’abjuració d’un matrimoni de Valdesos barcelonins », Arxiu de Textos Catalans Antics, 11, 1992, p. 331-346, p. 332-333.
11 Ms. Sessorino 15 Roma, Biblioteca Nazionale, XIIIe-XIVe siècles, fol. 68ro-vo.
12 Ms. Lat. 370 Paris, Bibliothèque de l’Arsenal, XIIIe siècle, fol. 7va-b. Ms. Otto. Lat. 5 Vatican, Bibliotheca Apostolica Vaticana, XIIIe siècle, fol. 5ra.
13 Ms. H 9 Montpellier, Bibliothèque Universitaire, XIIIe siècle, fol. 198vb. Ms. Lat. 8964 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 307vo-308vo.
14 Othmar HAGENEDER, Andrea SOMMERLECHNER, Die Register Innocenz’ III., 8. Pontifikatsjahr, 1205/1206, Texte und Indices, Wien : Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 2001, 8, p. 159.
15 Nicolas EYMERIC, Directorium Inquisitorum, Romae : In Aedibus Populi Romani Apud Georgium Ferrarium, 1587, II, 9, p. 99 ; III, 39, p. 565.
16 S. GRAU TORRAS, E. BERGA SALOMÓ, S. M. CINGOLANI, op. cit., 2, p. 504.
17 Sergi GRAU TORRAS, « Ramon de Penyafort i el procediment inquisitorial contra els heretges », Revista de Dret Històric Català, 13, 2014, p. 143-176, p. 162-170.
18 Edmond MARTÈNE, Ursin DURAND (éd.), Thesaurus novus anecdotorum, Lutetiae Parisiorum : Sumptibus Florentini Delaulne et aliorum Bibliopolarum Parisiensium, 1717, 5, c. 1795-1814.
19 Kurt-Victor SELGE, Texte zur Inquisition, Gütersloh : Gütersloher Verlagshaus Gerd Mohn, 1967, p. 50-59. Célestin DOUAIS, « Saint Raymond de Peñafort et les hérétiques : Directoire à l’usage des inquisiteurs aragonais, 1242 », Le Moyen Âge, 12/3, 1899, p. 315-325.
20 Adolphe TARDIF, « Document pour l’histoire du processus per inquisitionem et de l’inquisitio haereticae pravitatis », Nouvelle Revue historique de droit français et étranger, 7, 1883, p. 669-678. K.-V. SELGE, op. cit., p. 70-76.
21 Guillaume PELHISSON, Chronique (1229-1244), suivie du récit des troubles d’Albi (1234), Paris : Éditions du Centre National de la Recherche Scientifique, 1994, p. 44-45.
22 Yves DOSSAT, « Une figure d’inquisiteur : Bernard de Caux », Cahiers de Fanjeaux, 6, 1971, p. 253-272, p. 264-266. Id., « Le plus ancien manuel de l’Inquisition méridionale : Le Processus Inquisitionis (1248-1249) », Bulletin philologique et historique du Comité des travaux historiques et scientifiques, années 1948, 1949 et 1950, 1952, p. 33-37.
23 Monique Combescure-Thiry, « Les assassins de l’inquisiteur Pedro Arbués », in : Françoise CAZAL, Claude CHAUCHADIS, Carine HERZIG (éd.), Pratiques Hagiographiques dans l’Espagne du Moyen Âge et du Siècle d’Or, Toulouse : Presses Universitaires du Midi, 2005, 1, p. 235-241, p. 235-236.
24 Célestin DOUAIS, Documents pour servir à l’histoire de l’Inquisition dans le Languedoc, 2 t., Paris: Librairie Renouard, 1900, 2, p. 1-124.
25 Ms. Doat 22 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 1ro-106vo.
26 Ms. 609 Toulouse, Bibliothèque Municipale, XIIIe siècle, fol. 1ro-254vo.
27 Ms. Doat 24 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 240ro-286vo.
28 Jean DUVERNOY, « Registre de Bernard de Caux, Pamiers 1246-1247 », Bulletin de la Société Ariégeoise des Sciences, Lettres et Arts, 45, 1990, p. 5-108.
29 Ms. Lat. 9992 Paris, Bibliothèque Nationale de France, fol. 2ro-106vo.
30 Ms. 160 Clermont-Ferrand, Bibliothèque Municipale, XIIIe siècle, fol. 1vo-40vo.
31 Ms. Doat 21 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 143vo-145vo.
32 Ms. Doat 21 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 323vo.
33 Ibid., fol. 315ro.
34 Ms. Doat 24 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 171vo.
35 Ibid., fol. 61vo-62ro.
36 Célestin DOUAIS, Les sources de l’histoire de l’Inquisition dans le Midi de la France au XIIIe & XIVe siècles, Paris : Librairie de Victor Palmé Éditeur, 1881, p. 120-132.
37 Claude DEVIC, Joseph VAISSÈTE, Histoire générale du Languedoc, 16, Publiée par Édouard DULAURIER, continuée jusqu’en 1790 par Ernest ROSCHACH, Toulouse : Édouard Privat Libraire-Éditeur, 1879, 8, c. 1409-1410.
38 Emmanuel PASTORET, Ordonnances des Rois de France de la troisième race, Paris : Imprimerie Impériale, 1811, 15, p. 424. Jean-Baptiste-Guillaume BELHOMME, « Notice historique sur le lieu d’Orfons, vulgairement Arfons, ancienne commanderie de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, dans la Montagne Noire, arrondissement de Castres, Tarn », Mémoires de la Société Archéologique du Midi de la France, 5, 1847, p. 223-276, p. 228-231.
39 Yves DOSSAT, « Le chroniqueur Guillaume de Puylaurens était-il chapelain de Raymond VII ou notaire de l’inquisition toulousaine ? », Annales du Midi, 65/23, 1953, p. 343-353.
40 Guillaume DE PUYLAURENS, Chronica magistri Guillelmi de Podio Laurentii, Texte édité, traduit et annoté par Jean DUVERNOY, Paris : Éditions du Centre National de la Recherche Scientifique, 1976, p. 3-230.
41 Charles BAUDON DE MONY, Relations politiques des comtes de Foix avec la Catalogne jusqu’au commencement du XIVe siècle, 2 t., Paris : Alphonse Picard et Fils Libraires-Éditeurs, 1896, 2, p. 140-141.
42 Ms. Doat 26 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 99ro-vo.
43 Georgene Webber DAVIS, The Inquisition at Albi 1299-1300. Text of Register and Analysis, New York : Octagon Books, 1974, p. 122-134.
44 Jean-Louis BIGET, « Un procès d’inquisition à Albi en 1300 », Cahiers de Fanjeaux, 6, 1971, p. 273-341, p. 311.
45 Irene BUENO, Definire l’eresia. Inquisizione, teologia e politica pontificia al tempo di Jacques Journier, Roma : Edizioni di Storia e Letteratura, 2016, p. 46.
46 Annette PALES-GOBILLIARD, L’Inquisiteur Geoffroy d’Ablis et les Cathares du comté de Foix (1308-1309), Texte édité, traduit et annoté, Paris : Éditions du Centre National de la Recherche Scientifique, 1984, p. 328.
47 C. DOUAIS, Documents pour servir à l’histoire de l’Inquisition…, 2, p. 337-339.
48 Ms. Lat. 4269 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XIVe siècle, fol. 43ro-vo.
49 Philippe VAN LIMBORCH, Liber sententiarum Inquisitionis Tholosanae, Amstelodami : Apud Henricum Wetstenium, 1692, p. vij.
50 Bernard GUI, Manuel de l’Inquisiteur, édité et traduit par Guillaume MOLLAT avec la collaboration de Georges DRIOUX, 2 t., Paris : Librairie Ancienne Honoré Champion Éditeur, 1926, 1, p. 4-5.
51 Bernard Gui, Le Livre des Sentences de l’inquisiteur Bernard Gui 1308-1323, 2, Texte édité, traduit et annoté par Annette PALES-GOBILLIARD, Paris : Éditions du Centre National de la Recherche Scientifique, 2002, 2, p. 1224.
52 Ms. Lat. 3381 A Paris, Bibliothèque Nationale de France, XIVe siècle, fol. 1ro-276vo.
53 Alan FRIEDLANDER, The Hammer of the Inquisitors. Brother Bernard Délicieux and the Struggle Against the Inquisition in Fourteenth-Century France, Leiden – Boston – Köln : Koninklijke Brill, 2000, p. 55-56.
54 Alan FRIEDLANDER, « Processus Bernardi Delitiosi : the trial of Fr. Bernard Délicieux, 3 September – 8 December 1319 », Transactions of the American Philosophical Society, 86/1, 1996, p. 1-393, p. 213.
55 Ms. Doat 28 Paris, Bibliothèque Nationale de France, XVIIe siècle, fol. 7vo-8ro.
56 Tadeusz MANTEUFFEL, Naissance d’une hérésie. Les adeptes de la pauvreté volontaire au Moyen Âge, Traduit du polonais par Anna POSNER, Paris – La Haye : Mouton & Co., 1970, p. 90-91.
57 Alexandre-Charles GERMAIN, « Une consultation inquisitoriale au XIVe siècle », Mémoires de la Société Archéologique de Montpellier, 23/4, 1855, p. 309-344, p. 335-336.
58 Jacques FOURNIER, Le Registre d’Inquisition de Jacques Fournier, Évêque de Pamiers (1318-1325), Manuscrit Vat. Latin 4030 de la Bibliothèque Vaticane, 3, Publié avec introduction et notes par Jean DUVERNOY, Toulouse : Édouard Privat Éditeur, 1965, 1, p. 1-521 ; 2, p. 1-544 ; 3, p. 1-543. Id., Le Registre d’Inquisition de Jacques Fournier (Évêque de Pamiers) 1318-1325, Traduit et annoté par Jean DUVERNOY, Préface de Emmanuel LE ROY LADURIE, 3 t., Paris – La Haye – New York : Mouton Éditeur, 1978, p. 1-1346.
59 Jean-Marie VIDAL, « Menet de Robécourt, commissaire de l’Inquisition de Carcassonne (1320-1340) », Le Moyen Âge, 16, 1903, p. 425-449, p. 425. Id., Le Tribunal d’Inquisition de Pamiers, Toulouse : Édouard Privat Libraire Éditeur, 1906, p. 107-109.
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Référence électronique
Constantin Teleanu, « « Notarius Inquisitionis ». Le poids de l’office de notaire auprès du tribunal de l’Inquisition des deux côtés des Pyrénées (XIIIe-XIVe siècles) », e-Spania [En ligne], 54 | Juin 2026, mis en ligne le 01 juin 2026, consulté le 14 juillet 2026. URL : http://journals.openedition.org/e-spania/60973 ; DOI : https://doi.org/10.4000/16emx
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