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Repenser les diasporas depuis les Suds. Espaces et pratiques à l’aune des rapports sociaux / Rethinking diasporas from the perspective of the Global South. Spaces and practices through social relations

Date limite d’envoi des articles : 15 mars 2026/Deadline for article submission : 15 March 2026.

Repenser les diasporas depuis les Suds. Espaces et pratiques à l’aune des rapports sociaux. Appel à articles (français)

Depuis une vingtaine d’années, nombre de travaux en sciences sociales se sont penchés sur les migrations depuis les pays de départ des Suds et ont permis de décentrer le regard des pays d'exil dans les Nords et des approches orientées sur les questions d'intégration. Dans les travaux francophones, rares sont ceux dans lesquels le concept de diaspora est présent ou discuté. Or le renouvellement des recherches nous amène à actualiser sa critique et ses apports à partir d’une réflexion depuis les pays de départ situés dans les espaces urbains ou ruraux des Suds. En explorant les potentialités du concept de diaspora depuis les pays de départ, ce numéro vise à objectiver les liens matériels et symboliques qu’entretiennent des diasporas avec les pays de départ dans les Suds en plaçant au centre de la réflexion la dimension spatiale et les rapports sociaux.

Nous proposons trois axes de réflexion dans lesquels les articles pourront s’inscrire.

Axe 1. Décrire et nommer. Enjeux terminologiques et méthodologiques du concept de diaspora depuis les pays de départ

L’usage du terme diaspora et des différentes notions qui lui sont afférentes a été et demeure sujet à une pluralité de controverses (Dufoix, 1999). Le terme a été amené à dépasser le champ même des thématiques liées aux migrations et le champ académique, étant employé également dans les médias, les organisations internationales, les politiques de développement, etc. Il a été approprié non seulement par les États de départ qui cherchent à intégrer les expatrié.es à la vie politique du pays (Dufoix et al, 2010), mais aussi par les personnes qui se déplacent elles-mêmes, car le terme est connoté plus positivement que celui de « migrant.e », renvoyant à l’idée de choix dans le déplacement, d’entreprenariat, d’ascension sociale. Les travaux mobilisant le concept se sont principalement développés et structurés en un champ de recherches publié principalement en anglais, les Diaspora Studies, travaillé par les approches décoloniales, postcoloniales, comme par exemple les African et Black Studies, elles-mêmes traversées par des oppositions et contradictions. Ce numéro aimerait s’inscrire en partie dans le prolongement des travaux postcoloniaux et décoloniaux qui ont montré combien le concept de diaspora permettait une « échappée hors d’une histoire profondément eurocentrée » (Renault, 2012) et « met[tait] en danger le centre originel » (Appadurai, 1996). Ces travaux ont ainsi participé à la réinscription des questions migratoires dans les rapports de domination à différentes échelles. En France, les discours politiques républicains sur les migrations sont en partie responsables de l’usage moindre du terme de diaspora, ayant conduit les chercheur.ses à se centrer longtemps sur la question de l’assimilation puis de l’intégration des immigré.es (Gueye, 2006). Or le concept de diaspora, parce qu’il s’intéresse à la présence d’une population dans plusieurs États, permet de penser des déplacements pluridirectionnels, aux étapes, rythmes et durées variés, à l’échelle individuelle et de plusieurs générations. Il interroge la persistance ou non d’un lien avec un espace de départ pouvant être considéré comme l’espace d’origine voire de retour possible. Mobiliser le terme invite à penser hors du concept « d’intégration », à « démigrantiser » les études sur les déplacements dans les Suds (Dahinden, 2006) et à reconsidérer l’agentivité des personnes concernées par ces mobilités.

  • 1 Voir par exemple le colloque sur « les diasporas internes en Afrique » (2023). Appel à article en l (...)

Les évolutions du concept de diaspora invitent à poursuivre les interrogations sur la manière dont les problématiques, vocabulaires et catégories ont évolué pour penser les migrations dans les recherches scientifiques mais aussi dans les pratiques des migrant.es elles et eux-mêmes, dans les institutions étatiques, associatives, internationales... Quels apports le concept de diaspora offre-t-il pour penser les migrations depuis les sociétés de départ ? Peut-on parler de diaspora pour des dynamiques migratoires internes à un continent, comme l’avancent par exemple des travaux récents portant sur les dynamiques migratoires au sein de l’Afrique1 ?

Ces considérations terminologiques s’articulent à des questions méthodologiques. Quelles difficultés et quels apports des enquêtes statistiques, par entretiens ou par observations, des enquêtes multi-situées (Marcus, 1995) pour penser le concept de diaspora ? Des innovations méthodologiques sont-elles nécessaires ?

Axe 2. Interroger la dimension spatiale des diasporas

La série de controverses qui a agité la communauté scientifique au sujet du concept de diaspora a amené les géographes, dans le contexte français, à lui préférer ceux de champ migratoire, réseau, circulation ou transnational, à l’exception de quelques chercheur.ses comme Bruneau (2004) ou Chivallon (2001) qui ont contribué à réfléchir à une approche spatialisée des diasporas. Pourtant, les diasporas et la (re)configuration des liens matériels et symboliques dans les pays de départ se saisissent de manière efficace par l’espace. Classiquement, notamment en géographie, le concept de diaspora a permis d’interroger les frontières de l’État-nation pour penser les migrations mais il peut également amener à s’interroger sur d’autres échelles d’analyse.

Les diasporas sont-elles seulement transnationales, ne sont-elles pas plutôt translocales (Trémont, 2021) ? Les articles pourront par exemple se pencher sur les effets locaux des actions menées par les migrant.es de retour dans les villages, villes, régions d’origine de leur famille et ailleurs (dans les pôles urbains à proximité ou dans les espaces touristiques), pour les sociétés qui les accueillent, en les considérant comme actives dans leur rapport aux migrant.es. Des travaux menés au Nicaragua (Fréguin et al., 2015) ont ainsi dévoilé l’existence de systèmes multilocalisés, la dispersion d’une partie de la famille en ville et dans les pays voisins soutenant l’économie agricole.

S’attachant à « saisir les appartenances en situation », Jennifer Bidet (2021) a montré l’heuristicité de l’attention portée à l’échelle de l’espace domestique pour saisir les diasporas depuis les pays de départ. Les maisons familiales dans les sociétés de départ apparaissent dans ses travaux comme des marqueurs notamment matériels de la réussite sociale des émigré.es. À l’intérieur même des maisons, les formes d’appropriation de l’espace domestique, son découpage, sa décoration, les objets entreposés peuvent apparaitre comme le reflet des formes matérielles d’ascension sociale de femmes migrantes de retour au Mali le temps des vacances (Le Bars, 2023). Quant à l’échelle de l’espace public comme les plages algériennes, leur appropriation différenciée, le rapport au bronzage, peuvent apparaître comme révélatrices « des bouleversements que l’émigration produit sur la structure sociale des sociétés de départ » (Bidet, 2021).

Les articles pourront également s’intéresser à la dimension spatiale des inégalités sociales que la présence diasporique peut accroître dans les pays de départ. Par exemple, comment l'investissement de membres de diasporas dans l'activité touristique dans les espaces urbains centraux participe-t-il à leur gentrification ? Comment la construction par des migrant.es de maisons dans des quartiers périphériques contribue-t-elle à l'étalement des villes ?

Ensuite, il convient d’approfondir l’étude des formes différentes prises par les mobilités dans les pays de départ et de retour, qui peuvent varier selon les moments de vie et au fil des générations (Bredeloup, 2021). Nous nous intéresserons également aux étapes dans ces parcours : quand des Français binationaux, dont les parents ont migré depuis un pays du Maghreb, s’installent comme entrepreneurs touristiques en Thaïlande (Ouamrane Saboukoulou, 2022), quels liens entretiennent-il.elles avec les pays d'origine de leur famille ? Comment les lieux du parcours migratoire peuvent-ils (re)configurer les positions sociales dans la société de départ et dans celle d’arrivée ?

Concernant le rôle des membres des diasporas dans la reconfiguration des territoires locaux, des réseaux de migrant.es ont par exemple appuyé la labellisation de « produits du terroir » comme le safran dans l'Anti Atlas au Maroc (Oiry Varacca, 2019) et s’intéressent à l’agroécologie pour développer des productions agricoles réclamant moins d’eau, complémentaires et tournées vers le marché local. Les personnes ayant migré en Europe comme employées agricoles investissent-elles à leur retour dans l’agriculture (si c’est le cas, quels modèles agricoles choisissent-elles ?) ?

Axe 3. Enjeux et fondements matériels et symboliques des liens diasporiques dans les sociétés de départ

Envisageant les positions sociales des migrant.es dans un espace transnational aux prises avec deux ou plusieurs espaces nationaux de classement social, cet axe s’inscrit dans les travaux en sociologie et en anthropologie qui ont creusé les reconfigurations, dans les sociétés de départ, des rapports de classe en lien avec les migrations (Bidet et al, 2023 ; Grysole, Bonnet, 2021) mais aussi des rapports de genre (Feldman, 2018) et de race (Quashie, 2015). Il s’agit donc de s’interroger sur les formes de mobilités sociales que peuvent connaître les migrant.es de retour croisées aux rapports de genre, de race, de sexualités et autres hiérarchies sociales (par exemple celles des différences statutaires en Afrique de l’Ouest), sans oublier de les replacer dans leur historicité. Dans la lignée de ces travaux sur les rapports de classe, une attention particulière mérite d’être portée aux pratiques et non au seuls discours et représentations, afin d’étudier « la place matérielle » (Bidet, 2021, p. 16) des migrant.es dans les sociétés de départ.

Concernant les types de liens entretenus par les diasporas avec les sociétés de départ, les études précédemment citées se sont focalisées sur les aspects matériels (transferts de fonds et d’objets), tout en montrant l’importance des liens immatériels (circulation d’idées, de normes, d’émotions, liens affectifs). Il s’agit de prolonger et renouveler ces travaux en s'intéressant aux référents politiques apparus récemment comme les discours écologistes ou féministes, diffusés par les diasporas : comment sont-ils réappropriés localement et comment alimentent-ils les mobilisations sociales ? Quelles nouvelles normes sociales (de parentalité, d'éducation, de genre, de religion, etc.) apportent les membres des diasporas avec eux, interrogeant celles en vigueur localement ? Une attention pourra aussi être portée aux formes de l’engagement des membres de diasporas dans les pays de départ. De très nombreux travaux se sont intéressés depuis les années 1980 aux associations de migrant.es créées dans les pays d’immigration, en lien avec les communautés locales, comme dans le cas des associations de Marocains ayant migré en France dans l’Anti Atlas (Lacroix, 2005). Des études portent sur les engagements militants dans les pays d’immigration de la diaspora tamoule (Dequirez, 2011) à travers des associations, des ONG. Quels cadres (associatifs, syndicaux, familiaux, amicaux ou autres) sont considérés comme pertinents par les diasporas pour agir dans et avec les sociétés de départ actuellement, et comment les investissent-elles ? D’un point de vue politique, comment l’engagement des diasporas via les réseaux sociaux, dans des manifestations et à travers des résistances à bas bruit – comme le soutien à des projets touristiques faisant entendre à l’international les revendications amazighes (Oiry Varacca, 2019) – alimente-t-il les dynamiques de la société civile ? Comment les diasporas alimentent-elles les résistances de la société civile, infléchissent-elles les répertoires d’action et les registres de justification ?

La forme, la fréquence, l’intensité des relations existant entre la diaspora et la société de départ sont en partie conditionnées par les politiques publiques, et en premier lieu par les politiques migratoires des États d'exil et des États de départ/retour, concernant la binationalité par exemple. Plusieurs études ont aussi montré la nécessité pour les associations de migrant.es de s’adapter aux échelles d’intervention imposées par les processus de décentralisation, comme au Mali où les domaines d’intervention des migrant.es sont devenus des prérogatives des communes (Lima, 2005). Dans le cadre institutionnel du codéveloppement, l’expérience des migrant.es dans le domaine du développement local n’est pas toujours valorisée (Hameth ba, 2010). Dès lors, quel est le rôle joué par les institutions dans la définition des frontières de la diaspora (dans les consulats, etc.) et dans la délimitation de ses actions ? Comment les acteur.ices peuvent-il.elles contourner leur assignation à une identification juridique ? On pourra également étudier les multiples possibilités de critique des politiques migratoires, à la suite de travaux portant sur des initiatives menées à ce sujet par des associations de migrant.es (Arab, 2017). Plus largement, comment les prises de position des États de départ vis à vis des États d'exil influencent la place que peuvent prendre les migrant.es dans le pays de départ?

Sur le plan des représentations, des mémoires et des identifications collectives, comment les diasporas contribuent-elles à leur recomposition ? Jennifer Bidet (2021) a documenté la façon dont le rapport des descendant.es d’immigré.es algérien.nes à la mémoire familiale évolue au gré des « vacances au bled ». Qu’en est-il du côté de celles et ceux qui restent : comment se représentent-il.elles la migration, celles et ceux qui partent, et comment leurs façons de s’identifier personnellement et collectivement change au contact de la diaspora ? Ces identifications collectives peuvent être analysées également au prisme des tensions que génère l’intervention de la diaspora, ses membres pouvant chercher à imposer, à travers des processus de patrimonialisation, un récit collectif qui ne fait pas forcément l’unanimité localement (Garnier et Leblon, 2016).

De manière transversale, les conflits liés à la présence des diasporas gagneraient à être étudiés, rares étant les travaux prenant à bras le corps les effets controversés de leurs engagements, comme le fait Nasser Rebaï (2013) dans l'étude qu'il consacre aux conflits liés à l’argent investi par les migrants dans le foncier agricole en Équateur. Comment ces conflits sont-ils traversés par des tensions liées à la classe, au genre, à la race des personnes en jeu ? L’implication de membres de la diaspora conduit-elle à rebattre les cartes, renforce-t-elle ou déjoue-t-elle les rapports de pouvoir locaux ?

Le présent dossier cherche à répondre à ces questionnements en se basant sur des articles empiriques originaux, portant sur différents horizons historiques ou géographiques usant de terminologies et d’entrées méthodologiques variées, de toutes disciplines des sciences sociales, si tant est que les auteur.rices portent attention aux espaces investis par les diasporas et à la dimension spatiale des rapports de domination qui (re)jouent avec ces dernières. Si la réflexion sur le concept de diaspora n’est pas l'enjeu principal du numéro, les considérations épistémologiques et méthodologiques susceptibles de discuter les apports et la pertinence de ce concept pour penser les transformations sociales et politiques dans les pays de départ/retour sont bienvenues.

Procédure de soumission d’un texte

Les articles de ce dossier, rédigés en français, en anglais ou en espagnol, comporteront environ 35 000 à 40 000 signes espaces compris (plus les illustrations). Merci de vous reporter aux recommandations aux auteurs d’EchoGéo pour les normes de présentation du texte et de la bibliographie (https://journals.openedition.org/echogeo/25004) ainsi que des illustrations (https://journals.openedition.org/echogeo/1940).

Tous les textes proposés devront être envoyés avant le 15 mars 2026 à Joanne Le Bars (joanne.le.bars@univ-poitiers.fr) et Mari Oiry Varacca (mari.oiry-varacca@univ-eiffel.fr), avec copie à Karine Delaunay (EchoGeo@univ-paris1.fr), secrétaire éditoriale d’EchoGéo, qui les transmettra aux évaluateurs et évaluatrices. Le dossier sera publié dans le n° 77 d’EchoGéo (juillet-septembre 2026).
NB. En plus des articles de ce dossier Sur le Champ, des propositions qui abordent la thématique générale de cet appel pourront nourrir les autres rubriques de la revue EchoGéo (Sur le métier, Sur l’image, Sur l’écrit). Ces propositions doivent se conformer aux attentes de ces rubriques, comme indiqué dans la ligne éditoriale https://journals.openedition.org/echogeo/1927.

Coordination

Joanne Le Bars, maîtresse de conférences en géographie à l’université de Poitiers, laboratoire Migrinter.
Mari Oiry Varacca, maîtresse de conférences en géographie à l’université Gustave Eiffel, laboratoire Analyse Comparée des Pouvoirs.

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Rethinking diasporas from the perspective of the Global South. Spaces and practices through social relations. Call for papers (English)

Over the past two decades, numerous social science studies have examined migration dynamics from departing countries in the Global South, shifting the focus away from countries of destination and exile in the Global North and integration issues. Few French-language studies mention or discuss the concept of diaspora. However, renewed research has led us to update our critique and contributions based on reflections from countries of origin located in urban or rural areas of the Global South. By exploring the potential of the concept of diaspora from the perspective of countries of origin, this issue aims to objectify the material and symbolic links between diasporas and countries of origin in the Global South, placing spatial dimensions and social relations at the centre of the discussion.

We propose three areas of reflection in which articles may be placed.

Axis 1. Describe and name: Terminological and methodological issues surrounding the concept of diaspora from the countries of departure

The use of the term diaspora and the various concepts associated with it has been and remains the subject of much controversy (Dufoix, 1999). The term has come to extend beyond the field of migration and academia, being used in the media, international organisations, development policies, etc. It has been appropriated not only by countries of origin seeking to integrate expatriates into the political life of the country (Dufoix et al, 2010), but also by the people who move themselves, as the term has more positive connotations than “migrant”, referring to the idea of choice in movement, entrepreneurship and social advancement. Work using the concept has developed into a field of research published mainly in English - Diaspora Studies - working with decolonial and postcolonial approaches, such as African and Black Studies, which are themselves marked by opposition and contradictions.

This issue aims to build on postcolonial and decolonial work that has shown how the concept of diaspora allows for an ‘escape from a deeply Eurocentric history’ (Renault, 2012) and ‘endangers the original centre’ (Appadurai, 1996). This work has contributed to bringing the study of migration back into the centre of questions about relations of domination at different levels. In France, Republican political discourse on migration is partly responsible for the lesser use of the term diaspora, having led researchers to focus for a long time on the issue of assimilation and then integration of immigrants (Gueye, 2006). However, because the concept of diaspora focuses on the presence of a population in several states, it allows us to consider multidirectional movements, with varying stages, rhythms and durations, on an individual and multigenerational scale. It questions whether or not there is a persistent link with a place of departure that can be considered the place of origin or even a possible place of return. Using this term encourages us to think beyond the concept of ‘integration’, to ‘de-migrantise’ studies on displacement in the Global South (Dahinden, 2006) and to reconsider the agency of those affected by these movements.

Developments in the concept of diaspora invite us to continue questioning how issues, vocabulary and categories have evolved in terms of how migration is viewed in scientific research, but also in the practices of migrants themselves, in state institutions, associations, international organisations, etc. What contributions does the concept of diaspora offer to thinking about migration from the perspective of the societies of departure? Can we talk about diaspora for internal migration dynamics within a continent, as suggested, for example, by recent work on migration dynamics within Africa?

These terminological considerations are linked to methodological questions. What are the difficulties and contributions of statistical surveys, interviews or observations, and multi-sited surveys (Marcus, 1995) to thinking about the concept of diaspora? Are methodological innovations necessary?

Axis 2. Examining the spatial dimension of diasporas

The series of controversies that have stirred up the scientific community regarding the concept of diaspora has led geographers, in the French context, to prefer terms such as migratory field, network, circulation or transnational, with the exception of a few researchers such as Bruneau (2004) and Chivallon (2001), who have contributed to the development of a spatialised approach to diasporas. However, diasporas and the (re)configuration of material and symbolic links in countries of departure are effectively captured through space. Traditionally, particularly in geography, the concept of diaspora has been used to question the boundaries of the nation-state in order to reflect on migration, but it can also lead to questions about other scales of analysis.

Are diasporas only transnational, or are they rather translocal (Trémont, 2021)? Articles could, for example, examine the local effects of the actions of migrants returning to their families' villages, towns, regions of origin and elsewhere (in nearby urban centres or tourist areas) on the societies that welcome them, considering them to be active in their relationship with migrants. Research conducted in Nicaragua (Fréguin et al., 2015) has revealed the existence of multi-localised systems, with part of the family scattered across the city and neighbouring countries supporting the agricultural economy.

Focusing on ‘understanding belonging in context’, Jennifer Bidet (2021) has demonstrated the heuristic value of focusing on the domestic space to understand diasporas from countries of origin. In her work, family homes in countries of origin appear as material markers of the social success of emigrants. Within the homes themselves, the ways in which domestic space is appropriated, its layout, its decoration and the objects stored there can be seen as reflecting the material forms of social advancement of migrant women returning to Mali for the holidays (Le Bars, 2023). As for public spaces such as Algerian beaches, their differentiated appropriation and relationship to sunbathing can be seen as revealing ‘the upheavals that emigration produces on the social structure of the societies of departure’ (Bidet, 2021).

Articles may also focus on the spatial dimension of social inequalities, which may be exacerbated by the presence of diasporas in countries of origin. For example, how does investment in tourism by members of diasporas in central urban areas contribute to gentrification? How does the construction of houses by migrants in peripheral neighbourhoods contribute to urban sprawl?

Next, we need to take a closer look at the different forms of mobility in countries of departure and return, which can vary depending on the stage of life and across generations (Bredeloup, 2021). We will also look at the stages in these journeys: for example, when French dual nationals, whose parents migrated from a Maghreb country, set up as tourism entrepreneurs in Thailand (Ouamrane Saboukoulou, 2022), what links do they maintain with their families' countries of origin? How can the places along the migratory journey (re)configure social positions in the society of departure and in the society of arrival?

Regarding the role of diaspora members in the reconfiguration of local territories, migrant networks have, for example, supported the labelling of ‘local products’ such as saffron in the Anti-Atlas in Morocco (Oiry Varacca, 2019) and are interested in agroecology to develop agricultural production that requires less water, is complementary and geared towards the local market. Do people who have migrated to Europe as agricultural workers invest in agriculture when they return? And if so, which agricultural models do they choose?

Axis 3. Material and symbolic issues and foundations of diasporic ties in societies of origin

Considering the social positions of migrants in a transnational space grappling with two or more national spaces of social classification, this axis is part of work in sociology and anthropology that has explored the reconfigurations of class relations in relation to migration in societies of origin (Bidet et al., 2023; Grysole, Bonnet, 2021), but also gender relations (Feldman, 2018) and race relations (Quashie, 2015). The aim is, therefore, to examine the forms of social mobility that returning migrants may experience in relation to gender, race, sexuality and other social hierarchies (e.g. those based on status differences in West Africa), without forgetting to place them in their historical context. In line with this work on class relations, particular attention should be paid to practices, rather than just discourse and representations, in order to study the ‘material place’ (Bidet, 2021, p. 16) of migrants in their societies of origin.

With regard to the types of links maintained by diasporas with their societies of origin, the studies cited above have focused on material aspects (transfers of funds and objects), while also highlighting the importance of immaterial links (the circulation of ideas, norms, emotions and emotional ties). The aim is to extend and renew this work by looking at recently emerged political references, such as environmentalist or feminist discourses, disseminated by diasporas: How are they reappropriated locally and how do they fuel social mobilisation? What new social norms (in terms of parenting, education, gender, religion, etc.) do members of diasporas bring with them, and how do these challenge established local norms? Attention may also be paid to the forms of engagement of members of diasporas in their countries of origin. Since the 1980s, a great deal of research has focused on migrant associations created in countries of immigration, in connection with local communities, as in the case of associations of Moroccans who migrated to France in the Anti-Atlas (Lacroix, 2005). Studies have examined the militant engagement of the Tamil diaspora in countries of immigration (Dequirez, 2011) through associations and NGOs. What frameworks (associations, trade unions, family, friends or others) are currently considered relevant by diasporas for acting in and with their countries of origin, and how do they invest in them? From a political point of view, how does the engagement of diasporas via social networks, in demonstrations and through low-key resistance – such as support for tourism projects that give international voice to Amazigh demands (Oiry Varacca, 2019) – fuel the dynamics of civil society? How do diasporas fuel civil society resistance, influence repertoires of action and registers of justification?

The form, frequency and intensity of relations between the diaspora and the society of origin are partly determined by public policies, primarily the migration policies of the countries of destination and the countries of origin/return, for example, with regard to dual nationality. Several studies have also shown the need for migrant associations to adapt to the levels of intervention imposed by decentralisation processes, such as in Mali, where migrants' areas of intervention have become the prerogative of local authorities (Lima, 2005). Within the institutional framework of co-development, the experience of migrants in the field of local development is not always valued (Hameth Ba, 2010). What role do institutions play in defining the boundaries of the diaspora (in consulates, etc.) and in delimiting its actions? How can actors circumvent their assignment to a legal identification? The many possibilities for criticising migration policies, following work on initiatives carried out on this subject by migrant associations (Arab, 2017), can also be analysed. More broadly, how do the positions taken by countries of departure vis-à-vis countries of destination, influence the place that migrants can occupy in their country of origin?

In terms of representations, memories and collective identities, how do diasporas contribute to their recomposition? Jennifer Bidet (2021) has documented how the relationship of descendants of Algerian immigrants to family memory evolves during ‘holidays in the bled’. What about those who remain: how do they view migration and those who leave, and how does their personal and collective identity change through contact with the diaspora? These collective identifications can also be analysed through the prism of the tensions generated by the intervention of the diaspora, whose members may seek to impose, through processes of heritage preservation, a collective narrative that is not necessarily unanimously accepted locally (Garnier and Leblon, 2016).

Across the board, conflicts linked to the presence of diasporas would benefit from being studied, as there is little research that tackles head-on the controversial effects of their involvement, as Nasser Rebaï (2013) does in his study on conflicts linked to money invested by migrants in agricultural land in Ecuador. How are these conflicts affected by tensions related to the class, gender and race of the people involved? Does the involvement of members of the diaspora lead to a reshuffling of the deck, reinforcing or disrupting local power relations?

This issue seeks to answer these questions on the basis of original empirical articles covering different historical and geographical horizons and using a variety of terminologies and methodological approaches from all disciplines of the social sciences, provided that the authors pay attention to the spaces occupied by diasporas and the spatial dimension of the power relations that (re)shape them. While reflection on the concept of diaspora is not the main focus of this issue, epistemological and methodological considerations that discuss the contributions and relevance of this concept for thinking about social and political transformations in countries of departure/return are welcome.

Text submission procedure

The articles in this dossier, written in French, English or Spanish, will be around 35,000 to 40,000 characters including spaces (plus illustrations). Please refer to the EchoGéo recommendations to authors for standards of presentation for the text and bibliography (https://journals.openedition.org/echogeo/26928) and illustrations (https://journals.openedition.org/echogeo/26933).

All submissions must be sent by 15 mars 2026 to Joanne Le Bars (joanne.le.bars@univ-poitiers.fr) and Mari Oiry Varacca (mari.oiry-varacca@univ-eiffel.fr), the dossier's co-coordinators, with a copy to Karine Delaunay (EchoGeo@univ-paris1.fr), EchoGéo's editorial secretary, who will forward them to the evaluators. The dossier will be published in issue n° 77 of EchoGéo (Juillet-septembre 2026).
NB.
In addition to the articles in the Sur le champ (On the field) dossier, submissions that address the general theme of this call for papers may be included in the other sections of EchoGéo (Sur le métier/On the job, Sur l'image/On image, Sur l'écrit/On writing)). These proposals must comply with the expectations of these sections, as indicated in the editorial line (https://journals.openedition.org/echogeo/22070).

Coordinators of the thematic dossier:

Joanne Le Bars, lecturer at Université de Poitiers, and member of research unit Migrinter.
Mari Oiry Varacca, lecturer at Université Gustave Eiffel, and member of research unit Analyse Comparée des Pouvoirs.

Bibliographie

Appadurai A., 1996. Modernity At Large: Cultural Dimensions of Globalization. University of Minnesota Press.

Arab C., 2017. Initiatives migrantes et politiques migratoires de développement entre la France et le Maroc. Norois [En ligne], n°  244, p. 35-46. URL: http://journals.openedition.org/norois/6159 - DOI: https://doi.org/10.4000/norois.6159

Bidet J., 2021. Vacances au bled. La double présence des enfants d’immigrés. Paris, Raisons d’agir, 256 p.

Bidet J., Bréant H., et al. (dir), 2023. Se (dé)placer. Mobilités sociales et migrations. Aix-en-Provence, PUP.

Bredeloup S., 2021. Migrations intra-africaines : changer de focale. Politique africaine, n° 161-162, p. 427-448.

Bruneau M., 2004. Diasporas et Espaces transnationaux. Paris, Economica (Anthropos Ville), 249 p.

Chivallon C., 2001. Une diaspora peut-elle en cacher une autre ? Diversité des interprétations sur la culture noire des Amériques. Cahiers Charles V [En ligne sur Persée], n° 31, p. 17-52. URL: https://www.persee.fr/doc/cchav_0184-1025_2001_num_31_1_1316

Dahinden J., 2006. A plea for the ‘de-migranticization’ of research on migration and integration. Ethnic and Racial Studies, vol. 39, n° 13, p. 2207-2225.

Dequirez G., 2011. Les mobilisations politiques transnationales de la diaspora tamoule. In Delon M., Dequirez G. et Meyer E. (dir), Les communautés tamoules et le conflit sri-lankais. Paris, L’Harmattan, p. 153-171.

Dufoix S., 1999. Chronique bibliographique : l’objet diaspora en question. Cultures et conflits [En ligne], n° 33-34. URL: http://journals.openedition.org/conflits/495 - DOI: https://doi.org/10.4000/conflits.495

Dufoix S., Pina-Guerassimoff C. et Tinguy A. de (dir), 2010. Loin des yeux, près du cœur. Les États et leurs expatriés. Paris, Presses de Sciences Po.

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Notes

1 Voir par exemple le colloque sur « les diasporas internes en Afrique » (2023). Appel à article en ligne. URL : https://calenda.org/1083460. Voir aussi Néya (2025).

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